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  • il y a 11 minutes
Ce vendredi 10 octobre, François Rimeu, stratégiste senior chez Crédit MUTUEL AM, a abordé la progression du chômage aux États-Unis et l'accélération de l'inflation dans la zone euro en septembre, ainsi que le creusement de l'écart des taux entre la France et l'Allemagne, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'éco du monde.
00:04Parce que l'économie américaine a créé trois fois moins de postes qu'attendu au mois de septembre.
00:07François Rimeux est avec nous, Crédit Mutuel, Asset Management. Bonjour François.
00:11C'est donc un signal de ralentissement assez net du marché de l'emploi qu'envoie ce NFP.
00:16Je pense qu'il ne faut pas quand même surm'interpréter.
00:19Quand on regarde le chiffre dans le détail, on voit que le taux de participation augmente,
00:23deuxième mois consécutif, c'est plutôt pas mal.
00:25On voit que U3 monte un peu, donc le taux de chômage, mais que U6 baisse.
00:28Ça c'est plutôt une bonne nouvelle aussi.
00:30Donc effectivement, on a des créations d'emplois qui sont un peu décevantes,
00:32mais on sait que le chiffre est volatil, on sait que c'est souvent révisé.
00:35Et globalement, quand on regarde tous les chiffres d'emploi de la semaine,
00:37les autres rapports, le Challenger, l'ADP, etc.,
00:39on a une photo qui ne change pas beaucoup.
00:41On a un marché d'emploi qui reste assez stable aux Etats-Unis.
00:44Assez stable, mais après la publication de ce rapport,
00:46on a vu les attentes de hausse de taux de la Fed chuter drastiquement.
00:49On n'est plus qu'à 17% quand on regarde le FedWatch,
00:5217% de probabilité d'une hausse de taux là au mois d'octobre.
00:54On était à 75% au début de semaine, François.
00:58– Oui, après, le rapport d'emploi joue un peu quand même,
01:01mais on a eu d'autres chiffres.
01:02On a eu le changement de modèle de méthodologie sur le chiffre du PCE
01:06cette semaine qui a montré une inflation plutôt en baisse.
01:09On a eu des commentaires des banquiers centraux
01:10qui ont été plutôt à l'attentisme.
01:13On a eu Williams, on a même eu Logan qui a parlé,
01:15qui a été dans cette veine-là.
01:16Et puis on a quand même une petite baisse du pétrole aujourd'hui.
01:19Le pétrole va les 110 au plus haut, il vaut 100 aujourd'hui.
01:22Il y a pas mal d'éléments qui ont participé quand même
01:23à une petite détente obligataire sur les parties courbes de courbe
01:26depuis quelques jours.
01:28– Oui, donc on peut expliquer cette légère détente,
01:31effectivement la baisse de la probabilité du hausse de taux de la Fed
01:34dès le mois d'octobre.
01:35Et pourtant, sur le marché quand même,
01:37quand on regarde le 10 ans américain,
01:38on voit qu'on reste tout proche des plus hauts à 5,2%.
01:40Alors il se détend à peine là cet après-midi,
01:42c'est vrai ce 10 ans américain grâce à ce rapport sur l'emploi.
01:44Mais à peine à peine.
01:45Est-ce que quelqu'un a encore la clé pour détendre plus fortement ce marché américain ?
01:50– Le problème des parties longues de courbe,
01:52si on suit la théorie économique,
01:54c'est que sur le long terme, c'est fonction de la croissance nominale.
01:56Et quand on regarde la croissance nominale aujourd'hui aux États-Unis,
01:59elle est très forte.
01:59Et elle a été très forte depuis maintenant plus de 5 ans.
02:02Et donc il y a une effet mémoire quand même dans les marchés
02:05qui font qu'on va vers ce niveau de croissance nominale atteint.
02:08Et ça nous dit en gros 5,50, 6 autour de ça.
02:11Donc tant qu'on a cette pression et beaucoup de croissance aux États-Unis,
02:15ça va être compliqué de voir les taux longs rebaisser.
02:18En plus de ça, de manière un peu plus conjoncturelle,
02:20on a eu beaucoup d'émissions au cours des dernières semaines,
02:22de la sphère privée, de la sphère tech,
02:24et ils émettent beaucoup sur le long.
02:25Ça joue un peu.
02:26On a eu le trésor américain.
02:28Donc vous vous rappelez que Bessent avait dit que c'était lui la banque
02:30il y a quelques semaines.
02:32Bon, les achats du trésor ont encore été assez décevants.
02:34Donc ça aussi, ça n'a pas beaucoup aidé les parties longues de courbe.
02:37Donc il y a pas mal de phénomènes conjoncturels qui jouent
02:40dans un phénomène plus structurel de hausse graduelle des taux.
02:43Et puis côté européen, il y a les statistiques.
02:46Et il y a de quoi avoir des taux tendus.
02:48On reste quand même sur une inflation en zone euro de 3,8% au mois de septembre.
02:53Et ça constitue quand même un plus haut depuis 3 ans.
02:57Oui.
02:58Ce n'est pas une énorme surprise,
02:59dans le sens où c'est que de l'énergie qu'il y a derrière.
03:02Quand on analyse les composantes,
03:04on voit même que sur les biens, il ne se passe pas grand-chose.
03:05Sur le mois de septembre, sur les services, c'est assez soft aussi.
03:08Ou en tout cas, c'est en ligne avec les attentes.
03:10Toute la surprise d'inflation, toute la hausse de l'inflation que l'on voit,
03:13elle ne provient que de l'énergie.
03:14Et c'est pour ça qu'il est quand même probable
03:16que la BCE ne surinterprète pas cette hausse de l'inflation.
03:19Elle était attendue.
03:20C'est un effet classique des hausses des prix de l'énergie.
03:24Et quand l'inflation corps, pour le moment, on n'est pas à la cible.
03:26Mais on est à 2,5.
03:27On n'est pas en pleine dérive non plus, en train d'augmenter par 3%.
03:30Oui, alors c'était à peu près attendu.
03:32Même si le chiffre est légèrement supérieur aux attentes quand même
03:34quand on tient compte des prix de l'énergie.
03:353,8% d'inflation, on est quasiment au double de la cible de la BCE.
03:39Même si, on est d'accord, on n'est pas dans une panique.
03:41Mais quand même, on a une inflation qui est là.
03:44Qui s'ancre quand on tient compte des prix de l'énergie.
03:45La BCE va-t-elle du coup forcément, ou très probablement,
03:48relever ses taux lors de la prochaine réunion ?
03:51Lors de la prochaine réunion, non, ce n'est pas du tout certain.
03:54En plus de ça, il faut quand même considérer que la BCE,
03:57même si elle ne le dira jamais, elle est très attentive
03:59à ce qui se passe sur les spreads, évidemment sur les spreads français.
04:03Et si elle a deux possibilités, monter ou pas monter,
04:07elle va très probablement choisir de ne pas monter
04:09si elle n'est pas obligée de monter les taux.
04:11Donc pour octobre, il est possible, slash probable,
04:15que la BCE ne bouge pas.
04:16Après, dans les mois qui suivent, ça dépendra évidemment
04:18de la trajectoire d'inflation, des matières premières,
04:20de l'évolution des spreads, de la quantité de facteurs.
04:22Oui, alors justement, les spreads français,
04:23venons-en, venons-y plutôt, c'est mieux.
04:25On est presque à 5%, on était tout à l'heure à 4,99.
04:28Et l'écart avec l'Allemagne, ça croit.
04:30On est autour des 150 points de base.
04:31Il y a désormais d'écart de spread entre la France et l'Allemagne.
04:34Hier, Gilles Mouet nous disait, le problème,
04:35ce n'est pas qu'on soit sur des niveaux élevés,
04:37le problème, c'est si on reste sur ces niveaux.
04:39Est-ce que vous pensez qu'on va y rester
04:41ou il est possible facilement d'en sortir ?
04:44Alors, je n'ai malheureusement pas de boule de cristal
04:46à vous offrir aujourd'hui, Guillaume, malheureusement.
04:49On est en pleine attaque, spéculatif, sur la France.
04:52Quand on regarde aujourd'hui un spread français à 150 BP,
04:54en termes de rating, ça équivaut en gros
04:56à un triple B moins pour la France.
04:58Donc, ça veut dire juste avant la notation à Gilles.
05:00Donc, c'est très sévère comme attaque.
05:03Et malheureusement, dans le calendrier,
05:04on n'a pas grand-chose pour se défendre.
05:07Et on est dans une situation en plus de ça
05:09qui est très différente de celle de 2011-2012,
05:11où on avait finalement des problématiques partout en zone euro,
05:14zéro inflation, et donc une BCE qui avait pu être très active.
05:17Là, la BCE, ça va être beaucoup plus compliqué pour elle d'intervenir.
05:20Elle nous le fera sans doute quand tout dernier ressort.
05:23Et donc là, on ne voit pas vraiment ce qui peut arrêter le spread de montée.
05:28Maintenant, encore une fois, il faut considérer
05:30que ce que l'on presse aujourd'hui,
05:31c'est déjà une très très forte dégradation de la notation française.
05:34Voilà, c'est tout ce que je peux vous offrir.
05:36Mais je n'ai pas de boule de cristal sur la suite.
05:38Au moment, ça dépendra de ce qui se passe politiquement, évidemment.
05:40Oui, oui.
05:41Non mais si vous nous offriez une boule de cristal,
05:42nous-mêmes, on se méfierait.
05:43Donc oui, oui.
05:44L'idée, c'est d'avoir, voilà,
05:45savoir quel scénario vous êtes en train d'établir avec vos équipes,
05:47sachant que donc le spread avec l'Allemagne s'accroît
05:50et que Matignon voit une explication de plus à cette tension sur la France.
05:53Il y a l'instabilité politique et il y a l'instabilité tout court.
05:56On a beaucoup d'images de lycées en ce moment,
05:58en train d'être incendiées.
06:00Des images qui commencent à parcourir aussi les médias anglo-saxons.
06:04Et Matignon, les sources à Matignon,
06:06expliquent que ça peut faire partie de l'image d'un pays instable.
06:10Est-ce que vous pensez que ces images qui commencent à apparaître
06:12sur les chaînes financières anglo-saxonnes
06:14peuvent concourir à dissuader les investisseurs de choisir la France ?
06:17Je pense qu'il y a énormément de raisons derrière le stress français
06:21et de manière conjoncturelle au cours du dernier mois.
06:24Et il y a beaucoup de raisons.
06:25Et les images que l'on voit depuis quelques jours participent à ça.
06:28Les discussions autour du potentiel effacement de la dette détenue par la BCE
06:32participent à ça.
06:33Le fait que le budget arrive participe à ça.
06:35Le fait qu'on rentre finalement dans une fenêtre de 3 à 9 mois classique
06:39pour les marchés financiers avant l'échéance électorale présidentielle.
06:42Tout ça participe à ce stress.
06:45Donc c'est une conjonction de facteurs.
06:47Évidemment que ça joue.
06:48Aujourd'hui, vous êtes un investisseur étranger.
06:50C'est compliqué de trouver des raisons pour investir sur la dette française
06:54quand vous pouvez avoir pour un Américain la même chose aux Etats-Unis,
06:57pour un Japonais la même chose au Japon,
06:59pour un Européen finalement quasiment la même chose en Italie.
07:03Donc effectivement, ça participe.
07:04Mais après, c'est difficile de savoir quel effet exactement a ce dernier stress
07:10par rapport à ce qui s'est fait.
07:12– Oui, une image d'instabilité peut-être un peu plus forte qu'ailleurs,
07:15sachant qu'aux Etats-Unis, on est à pile un mois.
07:17Demain, on sera à pile un mois des mid-terms,
07:19mid-terms pour lesquels les Républicains pourraient perdre les deux chambres,
07:22aussi bien la chambre d'apprésentant que le Sénat.
07:24C'est ce que montrent les tout derniers sondages.
07:26Merci beaucoup de nous avoir accompagnés.
07:27François Rimeux, Crédit Mutuel Asset Management,
07:29notre CAC, toujours en hausse.
07:31Et on se rebondit quand même, ça arrive de temps en temps de progresser.
07:33Le CAC gagne 0,9% actuellement.
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