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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et membre de la commission des finances de l'Assemblée nationale.
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et membre de la commission des finances de l'Assemblée nationale.
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00:02Bonjour Maya, bonjour à tous, bienvenue dans Réca de Vérité, bonjour Jean-Philippe Tanguy.
00:05Bonjour M.
00:05Vous êtes spécialiste du budget ORN, ça tombe bien parce que les débats sur le budget ont commencé.
00:10Marine Le Pen a toujours dit « je préfère un budget mal fissé que rien du tout ».
00:12Mal fissé, ça veut dire quoi ?
00:14Écoutez, c'est malheureusement un budget qui ne fait pas du tout assez d'économie pour rétablir la situation,
00:19mais qui ne va pas faire la poche des Françaises et des Français sur leurs impôts.
00:24Malheureusement pour le moment, il y a des hausses d'impôts, il y a des privations de droits.
00:27Alors hier, on a réussi notamment à supprimer la fiscalisation des indemnités journalières pour les personnes malades,
00:33parce que le gouvernement était quand même en train de faire la poche des malades.
00:38Donc qu'est-ce que vous n'êtes pas prêt à accepter ?
00:43Toute hausse des impôts sur les ménages et sur les entreprises.
00:47La France, enfin le macroniste, dépense plus de 1600 milliards d'euros, il y a largement de quoi faire des
00:52économies.
00:53En tout cas, il y a urgence à avoir un budget, tout le monde est d'accord là-dessus.
00:56Ce serait mieux parce que vous savez qu'à la crise obligataire, la France est attaquée sur les marchés financiers.
01:01Il faut que ceux qui nous écoutent comprennent que quand on est attaqué, c'est les Français qui payent.
01:05À la fin, les intérêts, ce n'est pas les ministres qui paient les intérêts, c'est les familles.
01:08À ce propos, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a mis en guerre,
01:11en disant qu'il faut un budget très rapidement.
01:13Il a même suggéré qu'il y avait des outils dans la Constitution, comme le 49-3.
01:17Mais c'est honteux.
01:18Non mais M. Moulin, qui était, il n'y a pas quelques semaines encore, macroniste,
01:22se comporte toujours comme un macroniste et pas comme le gouverneur de la Banque de France.
01:26Donc vous avez, à la tête des institutions, Mme de Montchalin, à la Cour des comptes, M. Moulin,
01:32à la Banque de France et M. Ferrand, au Conseil constitutionnel,
01:35qui devraient être neutres au-dessus des partis politiques et ne pas faire de politique.
01:39En clair, qu'est-ce que vous leur demandez ?
01:40Il faut qu'ils partent.
01:42Tous ?
01:43Oui, quand on est à la tête d'une institution.
01:44Il faut qu'ils partent ou il faut qu'ils restent neutres ?
01:46Mais c'est trop tard.
01:47Ils ont, en tout cas pour ce qui est de M. Moulin et de M. Ferrand...
01:49Mais attendez, vous rajoutez une chose, parce que Marine Le Pen hier a dit,
01:52on va y revenir tout à l'heure,
01:53Richard Ferrand doit quitter la tête du Conseil constitutionnel.
01:54Vous dites la même chose pour Amélie de Montchalin et Emmanuel Moulin.
01:57Mais Mme de Montchalin n'aurait jamais dû être nommée.
01:59J'ai même attaqué sa nomination au Conseil d'État.
02:00Mais vous dites que tous ces gens-là doivent sortir.
02:02Pour le moment, Mme de Montchalin, même si je n'ai aucune confiance à neutralité,
02:05n'a pas franchi la ligne rouge.
02:07Mais M. Moulin a franchi la ligne rouge.
02:09Et M. Ferrand a franchi la ligne rouge.
02:11Donc vous dites qu'Emmanuel Moulin doit quitter la tête de la Banque de France ?
02:14Oui, comme M. Ferrand.
02:15Parce qu'on ne peut pas négocier.
02:17Quand vous êtes à la tête de la Banque de France,
02:20quand vous êtes à la tête du Conseil constitutionnel,
02:21vous devez être parfaitement neutre.
02:23Vous ne devez pas faire de politique.
02:25Alors je sais qu'aujourd'hui, le respect de la morale,
02:27de l'éthique, des principes,
02:29c'est à géométrie variable pour les macronistes,
02:31c'est insupportable.
02:31Et je ne le dis pas personnellement,
02:33parce que Moulin ne s'est pas attaqué à nous.
02:34En l'occurrence, il s'est attaqué à M. Mélenchon.
02:37Mais il faut les mêmes principes pour tout le monde.
02:39Ils n'ont pas le droit de faire de la politique.
02:41D'accord, mais est-ce que vous pensez que
02:43Richard Ferrand, à la tête du Conseil constitutionnel,
02:45qui a un désaccord avec vous sur le référendum sur l'immigration,
02:47ou Emmanuel Moulin, qui prend position pour un 49-3 sur le budget,
02:50pour faire simple,
02:51vous pensez vraiment avoir,
02:53que vous aurez gain de cause, qu'ils vont quitter leur poste ?
02:55Il faut, je pense, qu'il faut qu'il y ait un consensus.
02:57Vous n'avez pas les moyens de le faire, vous ?
02:58Non, mais il y a le moyen.
02:59On est en train d'étudier les moyens qui sont à nos dispositions,
03:02notamment pour M. Ferrand,
03:03parce que M. Ferrand, il y a quand même des dispositions très claires
03:06pour le fait qu'il n'est pas le droit de prendre position.
03:07Et pourquoi ?
03:08Pour ceux qui nous écoutent,
03:09le Conseil constitutionnel, c'est une forme de magistrature.
03:12Donc, si vous vous exprimez avant qu'il y ait eu un problème de droit
03:15sur ce problème de droit,
03:16vous enfreignez votre rôle.
03:17Concernant le référendum sur l'immigration ?
03:18Oui, sauf que si Marine Le Pen est élue présidente de la République par les Français,
03:22qui ait fait ce référendum sur l'immigration,
03:24avec l'article 11, comme l'avait voulu le général de Gaulle,
03:26et que ça passe au Conseil constitutionnel,
03:28M. Ferrand aura pris position avant.
03:31Il n'a pas le droit de le faire.
03:32Et j'aimerais quand même que ça indigne tout le monde.
03:34Parce que ça pourrait concerner d'autres forces politiques.
03:38Quand vous dites que vous étudiez vos moyens d'action,
03:41vous pensez à quoi précisément ?
03:43Pour empêcher, par exemple, le président du Conseil constitutionnel ?
03:45On peut saisir le doyen du Conseil constitutionnel
03:48pour vérifier que M. Ferrand n'ait pas appliqué la règle.
03:52La règle de neutralité
03:53et la règle de ne pas s'exprimer sur un dossier
03:55avant que ce dossier arrive.
03:57Imaginez que ce soit d'autres personnes.
03:59Le doyen, donc le plus vieux.
03:59Par exemple, si une force de gauche
04:02voulait augmenter fortement les impôts,
04:04c'est aussi interdit par la Constitution
04:05de dépasser certains seuils.
04:06Vous savez, on dit que l'impôt est confiscatoire.
04:08M. Mélenchon, hier, il a annoncé plus de 100 milliards d'impôts.
04:11On peut estimer que c'est confiscatoire.
04:12Ça, c'est de la politique.
04:13Mais si M. Ferrand prenait la parole pour dire
04:15« je pense que c'est confiscatoire avant les élections »,
04:17il enfreindrait aussi ce rôle.
04:19Ça peut concerner toutes les forces politiques.
04:20Donc vous mettez Emmanuel Moulin aussi dans le même sens.
04:22Oui, mais vous savez, on avait prévenu,
04:24parce que j'étais venu sur votre plateau,
04:26M. Léthier, sur le service public,
04:28j'avais prévenu que M. Moulin était ce genre d'individu.
04:30Cette nuit, l'Assemblée nationale a voté
04:32la contribution de la France à l'Union européenne.
04:3431 milliards pour l'année prochaine.
04:36Marine Le Pen veut que ce soit limité à 5 milliards.
04:38Est-ce que ça veut dire, si Marine Le Pen arrive au pouvoir
04:40en juin prochain, que ce sera votre premier budget rectificatif ?
04:44Ça fera partie, oui, du premier budget rectificatif.
04:46Alors 5 milliards net.
04:47Hier, on a voté une contribution brute.
04:50Il faut savoir qu'elle a doublé.
04:52Quand M. Macron est arrivé, c'était 16 milliards.
04:54Aujourd'hui, c'est entre 31 et 33 milliards,
04:57selon la façon dont on compte.
04:58Est-ce que les Françaises et les Français
04:59ont vu les bénéfices de l'Union européenne
05:01doubler en leur faveur ?
05:02Je ne crois pas.
05:03Les agriculteurs, les ouvriers,
05:06tous ceux qui ont besoin de travailler,
05:09l'Union européenne est plutôt un couteau dans le dos.
05:11On l'a vu avec les traités de libre-échange.
05:13Vous disiez tout à l'heure, il faut trouver des économies.
05:15160 milliards, vous savez ce que c'est ?
05:17C'est le montant des aides aux entreprises chaque année,
05:19alors que le chômage continue d'augmenter.
05:20Est-ce qu'il y a du ménage à faire là-dedans ?
05:22Il faudrait conditionner ces aides au fait
05:24qu'ils créent des emplois en France,
05:26qu'ils investissent en France,
05:27qu'ils fassent de la recherche en France.
05:28Mais est-ce que c'est dans votre programme, ça ?
05:29Ah oui, c'est dans notre programme.
05:30D'ailleurs, on le fait régulièrement adopter,
05:32comme quoi on arrive à faire parfois adopter
05:34des mesures au-dessus des clivages partisans.
05:37un amendement de notre collègue Emmanuel Taché
05:40sur la garantie...
05:42Aurélien Taché, non ?
05:42Non, Aurélien Taché, il est chez nous.
05:43Ah, pardon, Emmanuel Taché.
05:44Emmanuel Taché, il est chez nous.
05:45D'accord, d'accord.
05:46Député des Bouches-du-Rhône
05:47qui demande que les aides soient remboursées
05:50si les entreprises délocalisent.
05:52Donc ça, vous dites qu'il y a du ménage à faire dans les aides.
05:55Oui, mais par contre, il ne faut pas augmenter
05:56les impôts des entreprises qui sont lourdement taxées,
05:58qui sont en concurrence avec des puissances étrangères, on le sait.
06:01À propos de taxes et d'étrangers,
06:03dans le programme de Marine Le Pen,
06:03il y a l'instauration d'une taxe de 1 000 euros
06:05pour l'embauche de salariés étrangers
06:08qui ne l'appartiennent pas à des pays d'Union Européenne.
06:11Vous faites beaucoup de mécontents.
06:12Du côté des vignerons qui disent
06:14nous, on a besoin, par exemple, de salariés marocains.
06:16Du côté des organisations patronales
06:18qui disent dans la haute technologie,
06:19on a besoin de savoir-faire qui viennent d'Inde,
06:20des États-Unis ou ailleurs.
06:22Est-ce que vous êtes prêts à réétudier cette mesure ?
06:24Non, mais écoutez, on peut toujours regarder le détail.
06:26On peut imaginer...
06:27Où est-ce que vous restez ferme sur vos principes ?
06:29Une clause de sauvegarde pour certaines professions
06:30qui auraient des difficultés temporaires.
06:33La priorité nationale à l'emploi,
06:35il faut employer des Français.
06:37Il y a trop de personnes au chômage,
06:39il y a trop de personnes en inactivité.
06:41Il faut employer des Français.
06:43Et de toute façon, les agriculteurs, je leur dis,
06:45ils payent déjà une forme de taxe
06:47puisqu'avec 5 millions de chômeurs,
06:48il faut payer les allocations,
06:50il faut payer l'aide au chômage.
06:51Donc, ils payent ce chômage.
06:52Donc, en fait, si on emploie des Français,
06:53non seulement ils ne paieront pas les 1 000 euros,
06:55mais les cotisations, elles baisseront.
06:56Parce que si on fait baisser le chômage en France,
06:58il y aura moins de cotisations, évidemment,
07:00pour le système social.
07:02Pour payer le système social.
07:03Mais vous entendez ces récriminations.
07:06Marine Le Pen, par exemple,
07:07au salon de l'élevage en Auvergne,
07:09elle a été interpellée par l'élucteur.
07:10Mais il faut débattre.
07:11Nous, on est toujours pour le débat,
07:13on est toujours pour échanger,
07:14on peut toujours s'améliorer.
07:15Mais le principe, il est là.
07:16Nous avons 5 à 6 millions de chômeurs
07:19dans notre pays ou de gens mal employés.
07:21Il faut des emplois pour les Français.
07:22Jean-Philippe Tambi,
07:23merci d'être venu sur le 4D4.
07:25Vous avez annoncé ce matin
07:27que vous demandez le départ
07:28d'Emmanuel Moulin,
07:29président,
07:30gouverneur, pardon,
07:30de la Banque de France.
07:31Comme de M. Ferrand.
07:32Merci beaucoup.
07:33À vous, Maya.