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  • il y a 2 mois
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Aujourd'hui, dans les "4V", Myriam Encaoua revient sur les questions de l'actualité avec Philippe Juvin, député LR des Hauts de Seine et rapporteur général du budget.

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Transcription
00:03Bonjour Philippe Juvin. Bonjour. Sur une échelle de 1 à 10, quel est le niveau de gravité de la situation
00:10budgétaire ?
00:11La situation n'est pas soutenable, donc on va dire qu'il est à 9.
00:15À 9 ? Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, en l'absence de mesures de correction, le risque de crise
00:23financière et d'ajustement brutal et désordonné augmente tous les jours.
00:28Crise financière, il faut expliquer. On peut être attaqué par les marchés financiers sur notre dette ?
00:33D'une certaine manière, nous le sommes déjà, puisque les taux ont beaucoup augmenté, comme vous l'avez vu.
00:39Cela signifie que ceux qui nous prêtent estiment qu'il y a un risque important et a beaucoup augmenté au
00:44mois d'août.
00:45Quel est le problème ? Le problème, c'est que nous vivons au-dessus de nos moyens, nous dépensons beaucoup
00:48plus que ce que nous produisons.
00:49Pour que les gens comprennent, l'État va dépasser à peu près 330-340 milliards en recettes, va encaisser à
00:58peu près 330-340 milliards en impôts et en taxes, d'ailleurs, que ça chaque année.
01:03Et en même temps, il emprunte à peu près la même somme.
01:06Donc c'est un peu comme si vous gagnez 2 000 euros par mois et chaque mois, vous devez emprunter
01:102 000 euros.
01:11Donc on est au port de la faillite, en fait ?
01:12Non, parce que les gens continuent à nous prêter. Et c'est ça qui nous sauve.
01:17Est-ce que le FMI nous surveille de près ?
01:19Alors tout le monde nous surveille. Moi, j'ai rencontré les gens du FMI il y a quelques semaines.
01:23Vous avez rencontré les gens du FMI ?
01:25Les gens du FMI sont venus vous voir ?
01:26Ils font le tour de ceux qui font la politique budgétaire du pays, dont le rapporteur général du budget, pour
01:32avoir le sentiment.
01:33Qu'est-ce que j'ai sorti de cette intervention ?
01:37Eh bien, la croyance que les marchés vont continuer à nous faire confiance, et continuer à nous faire confiance de
01:43plus en plus difficilement,
01:44mais continuer à nous faire confiance, mais que le risque de crise brutale, brutale, désordonnée, s'accroît, si demain, il
01:51y avait une perte brutale de confiance.
01:53Mais le FMI pourrait-il nous mettre sous tutelle ?
01:55Ce n'est pas comme ça que ça se passe.
01:57Tant que les marchés nous prêtent de l'argent, et c'est ce qui se passe aujourd'hui, il n
02:02'y a pas de raison que le FMI intervienne.
02:03La Banque Centrale Européenne, le FMI interviennent quant à pays à ce qu'on appelle une crise de dette,
02:11c'est-à-dire ne trouvent plus à se financer sur le marché.
02:13Ce n'est pas notre situation, ça n'arrivera pas si nous montrons notre bonne volonté, notre volonté de faire
02:19des...
02:19Est-ce que vous pensez que les oppositions seront cette fois sensibles à ces alarmes ?
02:25Vous avez vu, on va tout droit vers la censure, vous les entendez, ils nous disent, à chaque fois ils
02:32crient au loup,
02:33et rien ne se passe.
02:34Moi je suis frappé par le déni général sur la situation, c'est-à-dire que les gens sont comme
02:38des somnambules,
02:39et ils ont l'impression qu'au fond ça va bien se passer.
02:42En fait, ça va bien se passer si on montre qu'on veut réduire le déficit et la dette.
02:49C'est quoi le problème de la dette ?
02:50Le problème de la dette, c'est que tout l'argent qu'on met dans le remboursement de la dette,
02:54on ne le met pas dans les hôpitaux et l'éducation,
02:57et c'est le fait que nous dépendons de plus en plus, c'est notre souveraineté qui est en cause,
03:02de ceux qui nous prêtent.
03:03La méthode Lecornu est-elle la bonne ?
03:06Le Premier ministre a envoyé une lettre aux parlementaires pour les responsabiliser.
03:09Moi je pense que ce qu'il faut faire, c'est d'abord fixer un cap.
03:12Quel est notre objectif de désendettement ?
03:14Puisqu'il faut désendetter le pays, puisque vous comprenez bien que cette dette devient insoutenable et va nous étouffer.
03:195% ou en dessous des 5% de déficit, ce serait l'objectif, même si ce n'est pas
03:24noir sur blanc dans la lettre ?
03:26Justement, il faut que ça soit noir sur blanc.
03:28Les Français sont prêts à faire des efforts et comprennent que si eux-mêmes ne font pas des efforts,
03:33demain, quelqu'un d'autre de plus dur, vous allez parler du FMI, leur imposera des efforts,
03:38que nous ne contrôlerons pas, et c'est quoi l'objectif ?
03:40C'est de baisser l'endettement.
03:41Nous serons à 5,1 en fin d'année. Il faut absolument qu'à la fin de l'année prochaine,
03:46on affiche un déficit en baisse.
03:4928 milliards d'euros d'économie pour 2027, c'est suffisant ?
03:52Pour que les Français comprennent pourquoi on parle de 28 ou 30 milliards, c'est que si on ne faisait
03:56rien,
03:57si on laisse la dépense progresser naturellement, notre déficit augmentera, et notre dette aussi,
04:04parce que nous avons des dépenses qui augmentent naturellement.
04:06Et si on effaçait une partie de la dette ? Jean-Luc Mélenchon veut la foutre au feu, je mets
04:11des guillemets bien sûr,
04:12ce sont ses mots, même le banquier d'affaires Mathieu Pigas y est favorable.
04:15Vous avez un emprunt à la banque. Si vous annoncez demain à votre banque, je vous préviens, je ne vous
04:19paye plus.
04:20Qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce que vous croyez que d'autres banques vous prêteront ?
04:23C'est pareil avec la dette du pays.
04:24Ce qui va se passer, c'est que si nous disons à la Banque Centrale Européenne, ce qui est par
04:28ailleurs illégal,
04:28mais passons à cet état détail, on ne vous rembourse pas, et bien à votre avis, ils ont 20%
04:33de notre dette,
04:34et 80% des autres prêteurs, ceux qui nous prêtent de l'argent grâce auquel on peut vivre, ils vont
04:40se dire quoi ?
04:41Ils vont se dire, le prochain coup c'est notre coup, ça sera notre tour, et ils ne vont pas
04:45nous prêter.
04:45Non, c'est une très mauvaise idée.
04:46Les retraités aisés, faut-il les mettre davantage à contribution ? Le gouvernement met dans le débat cette piste et
04:54a l'air d'y tenir.
04:55Écoutez, d'abord il faut fixer un cap de désendettement, moi je ne le connais pas, je veux le connaître,
04:58et deuxièmement, il faut en finir avec une gestion coup par coup. Qu'est-ce que je veux dire par
05:02là ?
05:04Comment on fait pour réduire un problème de déficit ? Soit on dépense moins, soit on a plus de recettes.
05:10Est-ce qu'on peut avoir plus de recettes ? Déjà les impôts sont au maximum, donc on ne va
05:13pas les augmenter.
05:14Est-ce qu'il peut y avoir de la croissance ? Oui, il faut l'espérer, mais il faut créer
05:18les conditions, et ça ne va pas se faire comme ça.
05:20On attend les chiffres de l'insé, mais sur les retraités aisés, c'est votre position ?
05:23Non mais attendez, il faut baisser la dépense. Où sont les grandes dépenses, les grandes masses ?
05:26C'est là où on peut trouver de l'argent. C'est sur les retraites d'abord, c'est la
05:29première des dépenses, et ensuite c'est la santé.
05:31Si vous ne touchez pas aux retraites, si vous ne touchez pas à la santé, vous ne pouvez pas rétablir
05:36le déficit public.
05:37Donc il faut toucher aux pensions de retraite, des plus riches, 2000, 3000 euros, quel est le seuil de pension
05:41?
05:41Réformer les retraites et que tout le monde participe à l'effort. Tout le monde.
05:44Même les retraités modestes ?
05:45Tout le monde. Ça signifie ceux qui travaillent aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il faut leur demander de
05:49travailler plus longtemps, probablement jusqu'à 67, 68 ans.
05:54Ça c'est pour la présidentielle, une réforme des retraites.
05:56Il faut le dire, parce que vous ne pouvez pas dire à quelques personnes, en particulier les retraités, vous allez
06:01être les seuls à porter la somme.
06:03Il faut que tout le monde...
06:04Tout le monde doit participer, y compris les retraités. Laurent Wauquiez est farouchement contre. C'est le patron de votre
06:10famille politique à l'Assemblée.
06:11Moi je suis payé pour vous dire la vérité. On rétablira les finances publiques si on baisse la dépense. Et
06:16parmi la dépense publique, la grande dépense c'est les retraites.
06:19Donc si on ne touche pas aux retraites, en fait, mécaniquement, on ne peut pas rétablir les comptes publics.
06:23Donc il faudra tailler dans le modèle social, vous l'avez dit. Le gouvernement n'en prend pas le chemin.
06:28La ministre de la Santé a déjà renoncé au doublement des franchises médicales.
06:33Est-ce que, Sébastien Lecornu, ce gouvernement peut y arriver ?
06:37Moi je veux bien que les gens décident ce qu'ils veulent. La question c'est comment on fait.
06:42Mais est-ce que le Premier ministre est l'homme de la situation ?
06:43Madame Thatcher disait, ne me dites pas ce qu'il faut faire, dites-moi comment le faire.
06:46Je vous répète, je suis en boucle là-dessus, mais je vous répète, la première dépense c'est la santé.
06:50Là c'est la retraite, deuxième dépense c'est la santé.
06:52Si vous touchez ni à l'un à l'autre, vous ne pouvez pas rétablir les comptes publics.
06:55Donc oui, il faut des efforts sur la santé.
06:57Moi je pense que sur la santé, il y a quelque chose qu'il faut qu'on regarde absolument.
07:00On met beaucoup d'argent sur la santé. Il y a beaucoup d'argent qui ne va pas directement aux
07:04soins.
07:05C'est probablement là une des pistes importantes d'économie.
07:08Dernière question d'un mot, vous soutenez toujours Bruno Retailleau ?
07:11Absolument, c'est le candidat des Républicains.
07:12Vous avez vu les derniers sondages, Marine Le Pen 35%, la dynamique, la forte dynamique de Jean-Luc Mélenchon.
07:18Il y a de la place pour plusieurs candidats de la droite et du centre aujourd'hui ?
07:21J'espère qu'il y a de la place et je vous le dis, je pense que l'élection présidentielle,
07:26c'est le dernier moment où la France pourra dire ce qu'elle croit.
07:31Et si nous n'élisons pas quelqu'un de sérieux, nous aurons de grandes difficultés.
07:35Nous sommes vraiment à la veille d'une grande crise et je veux que les Français en soient conscients.
07:40Merci beaucoup Philippe Juvin d'avoir été l'invité des 4 vérités ce matin.
07:43Merci.

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