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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Louis Aliot, vice-président du RN et maire de Perpignan.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Louis Aliot, vice-président du RN et maire de Perpignan.
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00:03Bonjour à tous, bonjour Louis Alliou, on va commencer par un élément très important du programme du Rassemblement National qui
00:08est les retraites.
00:09On va voir un titre du journal Le Monde, Jordan Bardella rond avec la réforme des retraites de Marine Le
00:15Pen et l'âge légal de départ.
00:17Et de fait, il dit, Jordan Bardella, l'âge de départ ne veut rien dire, il faut parler en année
00:23de cotisation.
00:24Alors que pour vous, au Rassemblement National, c'est un totem absolu, l'âge de départ, 60 puis 62 ans.
00:32Est-ce que vous êtes d'accord, vous Louis Alliou, pour abandonner cette référence à l'âge légal de départ
00:37en retraite ?
00:38Écoutez, je crois que rien n'est abandonné et notre réforme de 2022 est toujours sur la table.
00:45La vérité, c'est qu'il ne faut pas s'empêcher non plus d'émettre des hypothèses.
00:49Et dans tous les cas de figure, notre système, lui, il est progressif sur la durée.
00:53Vous n'êtes pas dans la même situation si vous commencez votre activité professionnelle avant 20 ans ou si vous
00:59la commencez à 25 ans.
01:00Et ce n'est pas la même durée de cotisation ni même l'âge de départ à la retraite.
01:05Si vous commencez à 25 ans avec notre réforme, vous partirez à 67 ans.
01:09Donc ce n'est pas un tabou sur l'âge de départ à la retraite.
01:12Mais ce qui est important dans la réforme, c'est à la fois la progressivité, mais sur l'âge et
01:19sur les cotisations.
01:20– D'accord, à la fois, mais vous dites, vous, Louis Alliot, vice-président du RN, vous dites, dans le
01:24projet que vous présenterez aux Français,
01:27il y aura cette référence à l'âge légal.
01:29– Écoutez, sérieux, on verra bien l'élection présidentielle.
01:32– Mais comment ?
01:32– Mais en contexte, vous comprenez, le contexte de 2022 ne sera pas celui de 2027.
01:36Dans tous les cas de figure, ce double standard…
01:39– Marine Le Pen a dit, notre réforme, le projet est le même que celui…
01:44– C'est ce que je veux dire.
01:44– Mais là, vous dites, ce n'est pas le même.
01:45Donc, ça ne sera pas le même ou ça ne sera pas le même ?
01:47– Je vous ai dit que c'était le même, mais je vous dis, il y aura toujours ce double
01:50standard.
01:51– Double standard, donc la référence à l'âge légal ne sera pas abandonnée.
01:56– Non, il n'en demeure pas moins qu'il faut s'intéresser aux conditions d'entrée sur le marché
02:01du travail
02:02et aux conditions de sortie et surtout sur ce qui pèse sur les cotisations retraites et sur l'âge.
02:09Et là, on peut parler de la sous-employabilité des seniors,
02:14on peut parler de l'immigration qui pèse quand même sur les retraites, etc.
02:18Tout cela est dans le débat.
02:19– Bien sûr, mais vous avez vu, vous aviez eu une réunion hier avec Marine Le Pen,
02:23elle a réaffirmé que cet âge légal resterait.
02:26– Écoutez, cette réforme, elle a été travaillée, elle a été pensée,
02:29elle a été défendue à l'Assemblée nationale.
02:31On ne va pas l'effacer d'un trait de plume comme cela.
02:34Et donc, ce double standard sera maintenu dans une réforme des retraites
02:38qui tiendra compte nécessairement du contexte à la fois budgétaire de la France
02:42et des évolutions nécessaires sur le marché du travail.
02:45– Mais si Jordan Bardella est le candidat, on verra ce que dit le tribunal,
02:50mais si Jordan Bardella est le candidat de votre parti à l'élection présidentielle,
02:54il devra appliquer ce programme, même s'il n'est pas d'accord.
02:56– Écoutez, on n'est pas un parti stalinien.
02:58S'il est candidat, il aura son propre programme et sa vision des choses.
03:03Mais heureusement, on n'est pas, si vous voulez, dans le parti communiste des années 50.
03:08Donc, nécessairement, il y a une réflexion.
03:10Et le candidat porte un projet qui, quelquefois,
03:13n'est pas nécessairement à la lettre celui du parti politique.
03:16– Ah ben voilà comment bien expliquer une divergence de vue.
03:19– Mais ce n'est pas une divergence de vue.
03:21– Si vous dites que le candidat peut avoir un programme qui n'est pas celui…
03:24– Mais ça a toujours été ça.
03:25– Au Rassemblement National, non.
03:26Le Rassemblement National est en partie, généralement, est assez vertical.
03:30– Vous connaissez assez le Rassemblement National.
03:33Quand Marine Le Pen a été candidate, elle a développé des idées
03:36qui n'étaient pas forcément celles du Front National.
03:39Il faut aussi tenir compte, comme je le dis, du contexte et de l'actualité.
03:44Mais très honnêtement, ce n'est pas le titre du monde
03:48qui va quand même faire la philosophie générale de notre projet,
03:51puisqu'on sait très bien que ce titre est totalement excessif
03:54et qui ne correspond pas à la réalité des débats internes
03:57au sein de notre formation politique.
03:58– Ce que je constate, c'est que pour certainement la question
04:01qui intéresse le plus les Français,
04:03nous sommes à moins d'un an de l'élection présidentielle
04:05et le Rassemblement National qui se dit être un parti de gouvernement
04:08a un projet qui fluctue, on ne sait pas trop, ça va changer,
04:12on verra selon le candidat.
04:13– Pas du tout, il fluctue pour vous,
04:16mais je vous signale que la réforme des retraites
04:18était partagée par une majorité très importante de tous les Français.
04:22Voilà, donc ça, pour le coup, nous sommes en adéquation
04:25avec ce que pensent les Français.
04:27Ce qui n'empêche pas de regarder attentivement les comptes de la nation
04:31et de défendre, je le répète, ce double standard
04:34et la progressivité du départ de l'âge à la retraite
04:38avec des possibilités, plus vous rentrez tard sur le marché du travail
04:41et plus vous cotisez et vous partez tard à la retraite.
04:44C'est aussi simple que ça.
04:45– Concernant les violences qui ont fait suite à la victoire du PSG,
04:49comment jugez-vous la réponse de l'État
04:51à la fois du point de vue de dispositifs policiers
04:55et de la réponse judiciaire ?
04:56– Alors, il y a deux choses.
04:57Il y a d'abord les paroles.
04:58On a vu, M. Macron a dit, on se rend à ras-le-bol
05:02et c'est définitif, on va être impitoyable.
05:06Hier soir, aucun de ceux qui ont été arrêtés par la police
05:09n'ont dormi en prison.
05:10Donc le signal est très mauvais.
05:12Ça veut dire que désormais, dans ce genre d'émeute post-match de football,
05:18eh bien vous pouvez aller casser, il ne vous arrivera rien
05:20puisque la justice vous remet en liberté.
05:21– Ou pas grand-chose, ou pas grand-chose.
05:23Et ça, je pense que les Français, effectivement, n'en peuvent plus.
05:26Donc je trouve que la réponse pénale qui a été donnée hier
05:30par une certaine partie des magistrats sur ce problème-là
05:34n'est pas en adéquation.
05:36– La police a fait son métier, mais pas la justice.
05:38– Écoutez, si la police arrête des gens,
05:40elle ne les arrête pas par hasard.
05:41Et si ensuite des juges remettent en liberté
05:44pourtant des gens très dangereux,
05:45qui ont y compris agressé des policiers,
05:47on a un problème, très certainement,
05:50avec une certaine magistrature.
05:51Je ne parle pas de tous les magistrats.
05:53– Pourtant, leur BQO a donné ordre
05:55d'avoir des incriminations beaucoup plus sévères.
05:57Jordan Bardella a parlé de problèmes d'immigration.
06:00Qu'est-ce qu'il en sait ? Il était aux audiences ?
06:01– Écoutez, je crois que ça a été relevé
06:04par beaucoup d'observateurs
06:05qu'une partie de ces émeutiers étaient issus.
06:09– Une partie. – Exactement.
06:10Mais moi, je ne vous dis pas, c'est général.
06:11Je vous dis, une partie était issue de l'immigration.
06:15Mais on est devant un phénomène d'émeute,
06:17de voyoucratie, de débilité humaine.
06:21Il faut dire les choses telles qu'elles sont.
06:22Et je pense que, précisément,
06:25la réponse à la fois policière et judiciaire
06:27devrait être à la hauteur de ces dérives-là.
06:30Ça fait plusieurs fois que ça arrive.
06:32Ça commence d'ailleurs à se généraliser sur le pays.
06:35Et on verra bien, la prochaine fois,
06:37comment les choses seront gérées.
06:38– Les institutions européennes se sont entendues hier
06:41pour que les États puissent créer des centres
06:44de rétention à l'étranger.
06:46Donc, il s'agirait de pouvoir envoyer des étrangers
06:49en situation irrégulière dans des pays tiers
06:51si leur pays d'origine ne les accepte pas.
06:54Est-ce que vous souhaitez que la France
06:56crée ce genre de centre ?
06:58– L'idée est bonne.
06:59Mais maintenant, je demande à voir dans quel pays,
07:02quel pays va pouvoir accueillir,
07:03comment ce sera financé.
07:05Et surtout, avec les procédures judiciaires complexes,
07:09notamment sur le droit des étrangers,
07:11tout cela va être appliqué.
07:12Je lisais hier un article sur un bulletin juridique
07:18qui disait que, par exemple, l'Italie a mis en place ces hubs,
07:24que ça a coûté beaucoup d'argent public
07:26et que, vu les procédures judiciaires en complexe, etc.,
07:29il y a eu peu de clients.
07:31Donc, si c'est pour créer des hubs
07:32qui sont une bonne idée, mais…
07:34– Vous souhaitez que la France le fasse ?
07:35– Oui, je souhaite qu'elle le fasse.
07:37– Ou dans quel pays ?
07:37– Mais il va falloir modifier les lois.
07:39– Parce que si on continue avec les lois
07:41qui sont celles actuellement et qui régit…
07:43– Ah non, ce n'est pas pareil.
07:43– Ça, c'est autre chose.
07:44– Ah non, ce n'est pas autre chose.
07:45Parce que c'est lié.
07:46Si vous avez des lois, on va dire,
07:48qui permettent aux étrangers de ne pas aller dans ces hubs,
07:52ce n'est pas la peine de les créer ces hubs.
07:53– Dans quel pays souhaitez-vous que la France crée
07:56ce genre de centre de rétention ?
07:57– Je ne sais rien, moi.
07:58– Je ne sais pas.
07:59– Il faudra mener des relations…
08:01– Vous vous apprêtez à gouverner.
08:02– Oui, mais il faudra mener des relations bilatérales
08:05avec un certain nombre de pays qui nous fournissent de l'immigration.
08:08Et dans tous les cas de figure,
08:09il faudra réformer les procédures judiciaires.
08:12– Là, il ne s'agit pas des pays qui fournissent l'immigration.
08:15Il s'agit des pays dans lesquels on peut créer des centres
08:18pour justement renvoyer les gens que leur pays d'accueil n'accepte pas.
08:22Que ce soit, cette mesure-là réglera le problème de l'immigration
08:26et de l'expulsion de ceux qui n'ont rien à faire chez nous sur le territoire.
08:30C'est pour ça que je vous dis que la réponse,
08:31elle est aussi dans la réforme du droit et notamment du droit des étrangers
08:35qui doivent permettre plus facilement de renvoyer chez eux
08:38ceux qui n'ont rien à faire chez nous.
08:39– Marine Le Pen, comme vous d'ailleurs,
08:41connaîtra son sort judiciaire le 7 juillet.
08:44Quels que soient les sondages,
08:45Jordan Bardella fait désormais assez nettement mieux qu'elle dans les enquêtes.
08:50Est-ce qu'elle ne doit pas lui laisser la place,
08:53même si elle avait le droit de se présenter ?
08:55– Si Marine Le Pen a le droit de se présenter, elle se présentera.
08:59Et dans tous les cas de figure, c'est un binôme,
09:02c'est un binôme avant l'élection…
09:04– Mais les Français n'élisent qu'un candidat.
09:05– Non, non, c'est un binôme avant l'élection.
09:08– On n'élit pas un binôme, on élit une présidente ou un président.
09:11– Pendant l'élection et ce sera un binôme après l'élection.
09:15– Ah bon ? Certes.
09:16– Ça veut dire quoi un binôme après l'élection ?
09:18Si Jordan Bardella est élue, Marine Le Pen aura un rôle ?
09:21Elle pourrait être Premier ministre ?
09:22– Marine Le Pen ne va pas disparaître de la scène politique.
09:24Elle sera toujours là.
09:26Elle sera toujours une voix écoutée en France.
09:29Et donc elle sera, j'allais dire, dans le débat public
09:31et au cœur de l'activité…
09:33– Une sorte de tuteur pour Jordan Bardella ?
09:34– Elle sera au cœur de l'actualité aussi de notre formation politique.
09:38Elle est une politique, elle restera une politique.
09:41– Vous concernant, en appel, le procureur Aroïki de la prison avec sursis
09:46et trois ans d'inéligibilité.
09:48Si vous êtes condamné, vous quittez instantanément la mairie de Perpignan ?
09:51– Non, puisqu'il y a un pouvoir en cassation
09:53et on verra après le pouvoir en cassation.
09:55Mais une fois que les voix de droit sont épuisées,
09:57eh bien on changera les choses.
09:59Mais je me refuse à croire,
10:01alors que je viens d'être réélu au premier tour à Perpignan
10:03et que je suis à la tête de la communauté urbaine de Perpignan,
10:07que pour, j'allais dire, cette affaire des assistants parlementaires,
10:11on me prive de la gestion de ces collectivités
10:13qui n'ont rien à voir précisément avec l'affaire en question.
10:16– Louis Alliot, maire, toujours maire de Perpignan,
10:19invité des 4V.
10:20Bonne journée à tout le monde.
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