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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

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Transcription
00:03Bonjour Jean-Noël Barraud, incertitude au Liban, j'espère que vous allez nous permettre d'y voir plus clair.
00:08Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien, menace Beyrouth-Sud, et Donald Trump l'engueule,
00:13j'ai pas trouvé d'autres mots pour décrire le coup de fil qui nous a été relaté,
00:16l'engueule en lui ordonnant d'arrêter son offensive.
00:19Quelle est la situation ce matin au Liban, monsieur le ministre des Affaires étrangères ?
00:23Vous savez, nous reconnaissons le droit d'Israël à la légitime défense,
00:27y compris face aux attaques inacceptables du Hezbollah,
00:31mais rien ne peut justifier la poursuite des opérations militaires
00:34et l'occupation prolongée d'Israël dans la profondeur du territoire libanais.
00:38C'est la raison pour laquelle nous avons appelé, évidemment, à un cessez-le-feu,
00:43que le Hezbollah cesse d'attaquer Israël, qu'Israël cesse d'attaquer le Liban,
00:47et que ce dialogue qui s'est engagé pour la première fois depuis si longtemps
00:50entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais puisse se poursuivre.
00:54Des réunions sont prévues cette semaine à Washington,
00:57pour aller vers la restauration de l'autorité de l'État libanais,
01:00le désarmement du Hezbollah et le retrait d'Israël du Sud-Israël.
01:03Les armes se sont-elles tuent suite à ces coups de fil ?
01:07Vous savez, effectivement, des coups de fil ont été passés.
01:12D'ailleurs, nous y avons participé.
01:14Le président s'est entretenu, le président de la République,
01:16avec le président Trump dimanche.
01:17Moi-même, j'ai échangé avec mes homologues iraniens et américains hier,
01:22car il est hors de question que le Liban soit en quelque sorte une victime expiatoire
01:30d'un accord qui peine à se conclure entre l'Iran et les États-Unis.
01:34Ce que nous voulons, c'est que les discussions qui sont prévues cette semaine
01:38entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais puissent se tenir dans les meilleures conditions.
01:42Et ça n'aurait pas pu être le cas si Israël avait, je dirais, mis à exécution ses menaces,
01:48c'est-à-dire des frappes contre Beyrouth.
01:49Donc vous confirmez que ces frappes n'ont pas eu lieu
01:51et que la situation est relativement calme ce matin au Liban ?
01:54J'ai lu les déclarations des responsables des autorités israéliennes
02:00et je comprends qu'à ce stade, ces frappes n'auront pas lieu.
02:03Vous avez parlé de l'influence de la France.
02:04Force est de constater que si Benyamin Netanyahou s'est retenu de cette offensive,
02:08c'est davantage pour faire plaisir à Donald Trump qu'à Emmanuel Macron.
02:12Oui, j'entends des voix, et notamment en France,
02:15qui dénoncent une supposée inaction de la France au Liban.
02:19Mais c'est oublié que c'est bien la France qui a appelé, face à cette escalade,
02:24à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité,
02:26mais bien avant ça, que c'est la France qui, la première,
02:28s'est tenue aux côtés du peuple libanais et des autorités libanaises
02:31en apportant une aide humanitaire d'urgence dès le début de la guerre
02:35et en apportant plus récemment un soutien militaire
02:37avec une quarantaine de véhicules blindés.
02:39Et ceux qui dénoncent aujourd'hui l'inaction de la France
02:42insultent la mémoire des casques bleus français,
02:45l'adjudant Montorio et le sergent-chef Girardin,
02:49qui ont donné leur vie au sein du contingent français de la finule
02:53de la force des casques bleus au Liban,
02:55qui, présents sur place, par leur courage et par leur dévouement,
02:58contribuent à faire baisser la pression.
03:00Même incertitude dans le Golfe,
03:02suspension des négociations, a dit l'Iran.
03:04Les négociations continuent à un rythme soutenu, dit Donald Trump.
03:08Donc l'une de ces deux versions est vraie ou est fausse,
03:11comme vous voulez, lequel des deux dit la vérité ?
03:14Est-ce que ces négociations continuent selon les informations françaises ?
03:17Un accord est à portée de main et l'Iran et les États-Unis doivent désormais tout faire
03:23pour le conclure, car la situation est insoutenable,
03:26qu'elle ne fait que des perdants, à commencer par les États-Unis et l'Iran.
03:30L'Iran dit ce matin, les exigences américaines ne sont pas possibles.
03:36L'imminence de cet accord est démentie.
03:38L'imminence de cet accord, c'est ce que nous appelons de nos voeux,
03:42puisque, je le dis, cette situation ne fait que des perdants,
03:46à commencer par l'Iran et les États-Unis, mais jusqu'à nous,
03:48puisque nous subissons de plein fouet les conséquences de cette guerre
03:52que nous n'avons pas choisie.
03:53Nous appelons donc les deux parties à se mettre d'accord
03:56pour que ce détroit d'Ormouz puisse ré-ouvrir,
03:59que la circulation maritime puisse reprendre
04:01et que la circulation des hydrocarbures, mais aussi des engrais,
04:06bref, la circulation des marchandises puisse reprendre son cours normal.
04:09Le salon de l'armement Eurosatory se tient à Paris du 15 au 19 juin.
04:15Israël ne pourra y présenter que des armes de défense,
04:18ce qui était déjà le cas les années précédentes.
04:21Pourquoi, puisque la France condamne de façon assez véhémente
04:24l'action d'Israël, à la fois au Liban, en Cisjordanie,
04:27pourquoi ne pas tout simplement interdire les armes israéliennes ?
04:30Parce que, je vous l'ai dit tout à l'heure,
04:31nous reconnaissons le droit d'Israël, comme de tout État,
04:35à se défendre contre les agressions dont il est la victime,
04:38et en particulier les agressions menées par des groupes comme le Hezbollah,
04:43des agressions dont Israël a été la victime depuis l'Iran.
04:48Cependant, en pleine cohérence avec les décisions
04:50que nous avons prises par le passé,
04:51nous avons indiqué aux organisateurs de ce salon
04:53que seuls les matériels défensifs pourraient être exposés.
04:58Vous avez dit de la chroniqueuse russe, pro-russe,
05:00du groupe Bolloré, Madame Fedorova,
05:03que c'était une propagandiste patentée
05:05qui sert la soupe de Vladimir Poutine.
05:08C'est une journaliste ou une influenceuse ?
05:11Ça, c'est au journaliste de le dire,
05:12ce n'est pas à un membre du gouvernement
05:14de faire la police du journalisme, si vous voulez.
05:16Ce qui est clair, je l'ai déjà dit,
05:19c'est que chacun est libre de sa ligne éditoriale,
05:22mais qu'ouvrir ses plateaux, ses colonnes à Madame Fedorova,
05:27c'est tout simplement servir la soupe de Vladimir Poutine,
05:30puisque je crois qu'elle ne s'en cache même pas,
05:32elle sert de relais à la désinformation du Kremlin.
05:36En français, ça s'appelle une influenceuse à la solde du Kremlin.
05:40Il y a des influenceurs algériens qui ont été expulsés,
05:42pourquoi n'est-elle pas expulsée ?
05:44Vous savez, il y a un état de droit en France,
05:45on n'expulse pas les gens sur la base comme ça d'opinion,
05:50et donc il y a un certain nombre de critères
05:54qui peuvent déterminer si, oui ou non,
05:56il y a un trouble à l'ordre public.
06:00C'est d'ailleurs ce qui fait la différence entre la France et la Russie,
06:03où on ne s'embarrasse pas de telles précautions
06:07pour envoyer ce qu'on identifie comme des agents de l'étranger
06:11ou des opposants politiques au goulag ou dans des colonies pénitentiaires.
06:15Question au vice-président du Modem que vous êtes.
06:16Vous souhaitez qu'il y ait un candidat unique de la droite et du centre en 2027.
06:20Vous l'avez dit à plusieurs reprises, vous n'avez jamais dit lequel ?
06:24Non. D'abord, je récuse cette expression de la droite et du centre.
06:27Il existe une droite dans notre pays, il existe une gauche et il existe un centre.
06:31Et comme vous le savez, avec François Bayrou au Modem,
06:34nous considérons qu'il est indépendant et qu'il est libre de ses alliances
06:38et qu'il a vocation, en 2027, à présenter un projet, une vision devant les Français.
06:43Le centre, ça veut dire le Modem ou le centre comme concept philosophique ?
06:47Le centre, c'est un courant ancien de la vie politique française
06:50qui a beaucoup de choses à dire et qui, dans les semaines et les mois qui viennent,
06:53va s'exprimer, s'affirmer dans sa singularité et sa radicalité.
06:57Ça veut dire quoi ?
06:58Ça veut dire tout simplement...
06:59Ça veut dire présenter un candidat ?
07:00Ça veut dire poser un diagnostic sur l'état du pays,
07:02ce dont il a besoin pour se projeter avec enthousiasme vers l'avenir.
07:06Et quant à la question du candidat, je crois qu'il ne faut pas se fixer là-dessus
07:10parce qu'on en a un ou qu'on n'en a pas, qu'on doit se taire.
07:14Je crois que ce qui se joue en 2027 est suffisamment important.
07:17Vous n'êtes convaincu ni par Édouard Philippe, ni par Gabriel Attal ?
07:19Non, ça veut dire que nous avons des choses à dire
07:21et que nous n'allons pas vous taire parce que nous n'avons pas de candidats
07:24ou pas encore de candidats sur la ligne de départ.
07:26La Ve République, c'est un candidat à l'élection présidentielle.
07:29Il faut que quelqu'un l'édise, c'est ça.
07:30Alors quoi ?
07:31Alors on va rester les bras ballants jusqu'en 2027
07:34en attendant que tous les candidats sur la ligne de départ...
07:37C'est pour vous, là, ou le meilleur pour éviter le tête-à-tête
07:39entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella ?
07:41Cette question-là viendra en temps utile.
07:43Aujourd'hui, c'est le temps de l'affirmation.
07:45Quelles sont les questions qui doivent être posées ?
07:46Moi, je refuse que le débat présidentiel soit confisqué
07:49par Mme Le Pen et M. Bardella d'un côté, M. Mélenchon de l'autre.
07:53Il y a des questions, des sujets que je vais vous voir poser.
07:56Le poids de la technocratie, le sacrifice de la jeunesse,
07:59le déclin du civisme dans notre pays.
08:01Voilà autant de questions dont je souhaite qu'elles puissent être
08:03au centre de ce débat présidentiel.
08:05Alors, il y a une autre question qui est déjà au centre,
08:07c'est celle de l'immigration.
08:08En parlant des incidents, des violences urbaines
08:10après la victoire du PSG,
08:12votre ancien collègue du gouvernement, Bruno Retailleau,
08:15a dit que ça ne se résoudra pas sans s'attaquer
08:17au désordre migratoire.
08:20Il fait un lien entre ces violences et l'immigration.
08:23Votre commentaire ?
08:23Il parle sans doute d'une actualité européenne
08:26qui est qu'une directive, une loi européenne,
08:29appelée la directive retour, mais pardonnez-moi de répondre.
08:31C'est pas ce que disait Bruno Retailleau.
08:32C'est ce que je dis, moi.
08:33puisque face à une situation dans laquelle
08:36nous ne parvenions plus à garder le contrôle
08:39et à maîtriser l'immigration irrégulière,
08:42nous avons pris un certain nombre de lois européennes
08:44car c'est un sujet qui ne peut en aucun cas,
08:46contrairement à ce que disent les extrêmes,
08:48être traité au niveau national.
08:50Avec un pacte sur l'immigration et l'asile
08:51et cette directive retour.
08:53Mais vous dites qu'il faut régler un problème d'immigration.
08:55Je dis qu'hier soir, un accord a été trouvé au niveau européen
08:58pour permettre à l'Europe de mieux prendre en compte
09:01cette immigration irrégulière et de la maîtriser.
09:04Dernière question.
09:05Votre actuel collègue, lui, Gérald Darmanin, garde des Sceaux,
09:07propose un moratoire sur l'immigration.
09:09Est-ce que c'est une bonne idée ?
09:10Je crois qu'il y a d'autres façons,
09:13à la fois de répondre à ce que peuvent être les besoins,
09:16qui sont ceux de l'économie française, de notre emprépris.
09:19Il y a beaucoup d'étrangers qui travaillent dans notre pays
09:21et dans beaucoup de secteurs d'activité,
09:22tout en jugulant l'immigration irrégulière
09:25qui reste une priorité absolue pour ce gouvernement.
09:29Eh bien, vous pourrez en parler ensemble au Conseil des ministres.
09:31Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères,
09:33invité des 4V.
09:35Très bonne journée à tous et à toutes.
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