00:03Bonjour à tous, bonjour M. le maire Bally Bagayoko.
00:07Vous avez accueilli hier à Saint-Denis le premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon.
00:12La primaire est finie, a-t-il dit ?
00:14Jean-Luc Mélenchon est d'autorité, sans vote, sans discussion, sans débat, le candidat.
00:19C'est ça la démocratie ?
00:21C'est en tout cas ce qu'il dit de manière assez claire,
00:23ce qui est attendu aujourd'hui par la population de manière générale.
00:26Jean-Luc Mélenchon ne fait que traduire la volonté populaire qui est de dire
00:31désormais il faut que nous mettions en situation de pouvoir gouverner et diriger.
00:35Mais la volonté populaire elle se mesure à travers des votes, elle ne se décrète pas.
00:38Mais le vote aura lieu en 2027, c'est ça dont il s'agit.
00:42Mais concernant la gauche c'est lui, un point, un trait, c'est comme ça.
00:45Quand on est une première formation politique et qu'on est quasiment à la tête de l'ensemble de la
00:49gauche,
00:49on a une responsabilité et Jean-Luc Mélenchon hier se hisse à ce niveau de responsabilité.
00:53Il a eu l'occasion d'appeler à un grand rassemblement de l'ensemble d'ailleurs des formations politiques de
00:59gauche.
00:59Certains ont préféré prendre le choix de l'impasse.
01:01Et désormais, je suis d'accord avec lui, l'heure de la tergélisation est terminée.
01:05Et donc du coup, il faut qu'on se mette en ordre pour pouvoir gagner en 2027.
01:08On est chez nous, a repris la foule.
01:10La foule de votre ville a repris la foule.
01:13On est chez nous, c'est le slogan, c'est ce qu'on entend généralement dans les salles du Rassemblement
01:18National.
01:18Qu'est-ce que ça vous a fait, vous, d'entendre vos administrés reprendre « on est chez nous »
01:24?
01:24Le slogan du Rassemblement.
01:25Vraiment, le « on est chez nous » n'appartient pas à l'extrême droite.
01:28En revanche, ce qui est certain, c'est que tous celles et ceux qui considèrent qu'ils appartiennent à la
01:31République ont le droit de le dire.
01:33Et ce message est parti spontanément de la population qui était venue en nombre.
01:39Plus de 26 000 personnes se sont déplacées et ont scandé en fait ce message.
01:42Ce n'est pas le slogan de campagne de la grande nouvelle alliance populaire, mais c'est en tout cas
01:47le message que les personnes qui étaient présentes voulaient faire passer.
01:51Je suis très ravi d'ailleurs qu'ils assument aujourd'hui cette appartenance à la République en tant que tel.
01:56C'est un message extrêmement puissant.
01:57Alors vous venez de dire qu'il n'est plus temps de tergiverser concernant la campagne.
02:03Est-ce que vous êtes prêt à gouverner avec les socialistes que vous avez maltraité durant votre campagne municipale ?
02:10Vraiment, nous n'avons pas maltraité les socialistes.
02:13Les socialistes se sont maltraités eux-mêmes.
02:15Ça, ça prend un chose.
02:15En trahissant l'espoir de la gauche.
02:16Vous avez traité votre adversaire de petits bourgeois visqueux.
02:19Ce n'était pas non plus la moifou.
02:20D'accord, mais ce n'est quasiment pas du tout à la hauteur.
02:23En revanche, des conséquences des politiques qui ont été menées par le passé, par le Parti socialiste en tant que
02:27tel.
02:27C'est la raison pour laquelle il ne faut pas que l'on revienne en fin de compte sur ce
02:30qui s'est passé et qu'on construise des choses.
02:32Malheureusement, le Parti socialiste est beaucoup plus préoccupé à diviser.
02:34C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas de temps à perdre avec eux.
02:37Ok, alors la candidature, dites-vous, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est indiscutable.
02:42C'est vous qui le dites.
02:43Pour autant, si vous gagnez, il faudra bien gouverner avec quelqu'un.
02:46Est-ce que vous êtes prêt à gouverner avec des socialistes ?
02:48Moi, je suis aujourd'hui prêt, y compris, je vais dire, à assumer toutes celles de ceux qui s'inscrivent
02:52dans une gauche de rupture.
02:53C'est au Parti socialiste de clarifier sa ligne politique et de dire clairement est-ce qu'ils sont prêts
02:57à gouverner dans le cadre d'un programme de rupture.
02:59C'est ça la question.
03:00C'est ça, donc ils doivent se faire.
03:01En fait, vous leur demandez une réédition.
03:03Ils doivent accepter votre programme.
03:05Ce n'est pas accepter le programme, c'est d'accepter le programme qui sera majoritaire et qui sera plébiscité
03:10par la population.
03:11Donc c'est ça le sujet.
03:11Et s'ils ont un programme qui est autant plébiscité, à ce moment-là, on discutera.
03:14Mais ce qui n'est pas le cas.
03:15Par exemple, il a dit hier, Jean-Luc Mélenchon a parlé d'abrogation de la réforme des retraites à 64
03:21ans, donc retour à 72 ans, puis retour à la retraite à 60 ans, a-t-il dit.
03:27Est-ce que l'économie française peut se permettre un retour à la retraite à 60 ans ?
03:31L'économie française peut se permettre de le faire.
03:33En revanche, l'économie française doit aussi agir contre les inégalités importantes et sur le fait de corriger le fait
03:39qu'il y ait une minorité de grands milliardaires qui possèdent énormément de fortunes et donc du coup qu'ils
03:44doivent redistribuer.
03:45Et donc c'est cette masse financière, en fait, qui manque tant à la République pour pouvoir corriger les inégalités.
03:49Et la retraite, le SMIC à 1 700 euros, la retraite à... Vous êtes un homme d'entreprise, vous avez
03:53longtemps travaillé à la RATP.
03:55La retraite à 60 ans, l'économie française en a les moyens.
04:00L'économie française en a les moyens. En tout cas, elle doit se donner les moyens de le faire.
04:02Vous savez, il y a un temps peut-être plus ancien. Si nous avions proposé, par exemple, les congés payés,
04:09je pense que beaucoup de gens nous auraient dit que ce n'est pas possible qu'on puisse se le
04:12payer.
04:13Donc aujourd'hui, c'est une donnée qui est réelle et donc on voit bien qu'avec la volonté politique,
04:17beaucoup de choses sont possibles.
04:18Et avec l'alliance du nouveau Front populaire en tant que tel, y compris avec la candidature de Jean-Luc
04:22Mélenchon pour 2027,
04:24nous allons confirmer que l'idéal d'aspiration de la population sera traduit en acte avec des propositions concrètes.
04:31Un mot sur l'affaire Liana. Jérôme Barrella a été licencié d'un lycée à cause d'un comportement inapproprié
04:37envers une lycéenne.
04:38L'employeur, c'était la région Occitanie, n'avait pas averti la justice.
04:42Pour ce qui concerne les écoles, c'est vous, les maires, qui êtes responsables.
04:46Vous avez à Saint-Denis 45 écoles maternelles et 44 écoles primaires. C'est énorme.
04:52Est-ce que vous signalez, en tant que patron de ces écoles, si je puis dire,
04:56est-ce que vous signalez systématiquement à la justice ce genre d'incident ?
04:59C'est très clair. On a des systèmes de mesure d'alerte.
05:02Chaque fois que nous avons une information préoccupante, parce qu'il s'agit de ça,
05:07systématiquement, c'est remonté. C'est remonté pour une raison simple, c'est que...
05:09Remonté, c'est-à-dire ?
05:10C'est-à-dire, ça part, bien sûr, de... Alors, nous sommes responsables, nous, de la partie structure, c'est
05:15-à-dire les écoles.
05:16Ensuite, l'employeur de ces personnels, notamment sur le temps scolaire, c'est l'éducation nationale.
05:21Donc, c'est d'abord via l'éducation nationale que, en fait, les choses remontent.
05:24Pour les profs, pas pour le personnel périscolaire.
05:26Pour le personnel, ça monte directement chez nous. Ça, c'est très clair.
05:29Et à partir de là, il y a une enquête administrative qui est faite.
05:31Les personnes mises en cause, qui sont bien sûr, y compris, je veux dire, averties,
05:35sorties du dispositif, jusqu'à ce qu'une procédure justice s'est engagée.
05:38Mais vous alertez la justice ? Vous faites un article ? Vous faites un signalement à la justice systématiquement ?
05:43Mais à partir de... Pas systématiquement.
05:45Pas systématiquement ? Oui, pas systématiquement.
05:46À partir du moment où vous avez un ensemble d'éléments faisceaux qui remontent,
05:50vous analysez la situation.
05:51S'il y a matière, parce qu'on a quand même des services juridiques,
05:53à partir du moment où nous avons un certain nombre d'éléments
05:55qui fondent les dangers auxquels qu'ils sont remontés,
05:59il y a une action, bien sûr, qui est faite sur le plan judiciaire.
06:00Vous dites que la personne mise en cause est avertie.
06:03Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, ici même à votre place, a dit
06:06« Je suspends au premier signalement. Je préfère faire une injustice
06:10que laisser un enfant en danger. »
06:12Est-ce que vous suspendez ?
06:13Bien sûr.
06:14Vous suspendez au premier signalement ?
06:16On a déjà eu l'occasion.
06:18C'est-à-dire que la première chose, c'est bien sûr que la personne déjà est convoquée,
06:21suspendue, bien sûr, sur le dispositif,
06:23le temps que l'ensemble des éléments puissent être fournis.
06:25Ça, c'est une mesure qui est une mesure en réalité administrative et aussi politique.
06:28Parce qu'en termes d'impact, bien sûr que, d'abord, on protège,
06:31celles et ceux, bien sûr, qui sont les victimes.
06:33Et deux, nous allons créer des conditions pour que nous devions avoir une poursuite de l'enquête en particulier.
06:37Très clair. Dernière question.
06:38Il nous reste très peu de temps.
06:39Où en êtes-vous du désarmement de la police municipale à Saint-Denis ?
06:44Pour l'instant, le désarmement de la police municipale,
06:46en tout cas pour ce qui est du LBD, est désormais confirmé.
06:48Donc, il ne s'agit plus d'un sujet.
06:51Nous sommes plutôt maintenant concentrés sur...
06:53Donc, le LBD, c'est les lanceurs de balles de défense.
06:56Voilà.
06:56Et donc, du coup...
06:57Et pour ce qui est des armes, ils ont toujours leurs armes ?
06:58Des armes en tant que telles, nous avons toujours leurs armes.
07:00La question qui nous est posée, c'est plutôt la question de la définition de la doctrine,
07:03qui est en cours.
07:04Vous aviez dit que vous les désarmeriez, donc vous ne les avez pas désarmées.
07:07Nous n'avons jamais indiqué que nous allons désarmer intégralement la police municipale.
07:11Ça n'a jamais été discutant.
07:12Nous avons dit que nous rentrons dans un processus de désarmement de la police municipale,
07:15ce qui est deux choses différentes.
07:15Et beaucoup de gens sont partis de votre police ?
07:17Nous avons à peu près une vingtaine de policiers municipaux
07:20qui ont fait valoir leur volonté de partir.
07:22Mais nous avons aussi une direction de la Trente-Épublique qui arrive très prochainement
07:25et bien sûr, plusieurs équipes qui arrivent aussi très prochainement.
07:28Merci beaucoup Baliba Gayoko, maire de LFI de Saint-Denis.
07:32Bonne journée à tous.
Commentaires