Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec François Ruffin, député de la Somme et candidat à l'élection présidentielle.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00– Merci Louise, bonjour, bonjour à tous, bonjour François Ruffin, on va parler travail,
00:08premier vécu à d'abord quelques questions politiques.
00:11S'il n'y a pas de primaire à gauche, est-ce que vous êtes candidat quand même ?
00:14– Moi je viens parce que pas de présidentielle sont les essentielles.
00:17Moi je viens pour le vigile qui était à l'entrée ici à France Télévisions,
00:21pour la personne qui fait les femmes de ménage, ça veut dire que j'y vais.
00:25– Oui, nous avons recueilli 100 000 signatures pour nous présidents en 15 jours en janvier,
00:30ce samedi nous étions 2500 à Lyon pour un premier meeting,
00:34nous cherchons maintenant les 500 maires et aussi les millions qu'il faut
00:39pour mener une bataille présidentielle, donc je mets tout en place pour qu'on y aille,
00:43même si mon souhait est qu'il y ait une primaire, une primaire pour départager les talents qui existent à
00:48gauche
00:48et surtout pour avoir du débordement et faire qu'on aille chercher des millions de Français
00:52parce qu'aujourd'hui c'est 75% des électeurs de gauche qui disent
00:56on veut une primaire pour une investiture commune, c'est 75% des insoumis comme 75% des socialistes.
01:03Maintenant s'il y a des petits martillis de la politique qui pensent que ça va passer par des congrès
01:06rangés,
01:07par des négociations de salons, ça ne se fera pas comme ça.
01:10Il y aurait beaucoup de marquis, c'est Raphaël Glucksmann, Olivier Fausset, c'est qui ?
01:12Il y aurait beaucoup de noms à citer, mais ça ne se passera pas comme ça,
01:17ça ne se passera pas dans les arrangements derrière des portes closes,
01:20je souhaite que ça se fasse à ciel ouvert, au grand jour et que ça soit le peuple,
01:25le peuple de gauche qui tranche.
01:27Mais s'il n'y a pas de primaire et que d'autres sont candidats, vous serez candidat contre eux
01:30?
01:30C'est clair, c'est très clair, je souhaite qu'il y ait une manière de départager.
01:35Moi je me mets en situation d'être candidat à l'élection présidentielle.
01:38Votre but c'est de créer une sorte de vote utile à gauche sur votre nom,
01:43comme Jean-Luc Mélenchon a pu le faire en 2022 ?
01:45Moi mon but c'est que les gens qui travaillent dans ce pays,
01:49ou qui ont travaillé, puissent vivre de leur travail, bien en vivre,
01:54pas en survivre et bien le vivre.
01:56Et qu'à l'occasion de cette élection présidentielle, ils se sentent représentés.
01:59Ils se disent, il y a quelqu'un qui parle pour nous.
02:02La semaine dernière, j'étais à Poitiers, l'EHPAD des feuillants.
02:06Non, je sais que, je vous dis la situation de cet EHPAD.
02:09Je n'ai rien dit, rien pensé.
02:11Je vois votre respiration.
02:12Non, parce que je cherchais le nom de l'EHPAD sur ma feuille, figurez-vous.
02:15D'accord, l'EHPAD des feuillants à Poitiers.
02:17Vous avez là des personnes qui s'occupent des personnes âgées,
02:20qui courent dans les escaliers, qui font prendre des douches en 12 minutes top chrono,
02:24qui essayent de donner de la tendresse, de l'affection,
02:26qui en tirent 1700 euros par mois,
02:28et qui disent, nous, on se prive, on n'ira pas en vacances,
02:31on prend les marques éco au supermarché,
02:33on saute le repas du matin, le petit déjeuner.
02:35Qui détient cet EHPAD ?
02:38Vivalto V, qui appartient à BNP Paribas, à Arquia Capital,
02:43à un fonds d'investissement à Abu Dhabi,
02:45qui pratiquent des leverage buyout,
02:47des mécanismes financiers sur les maisons de retraite.
02:51C'est-à-dire que vous avez d'un côté une France,
02:54des financiers qui se gavent,
02:55et vous avez d'autres, ceux qui tiennent le pays debout,
02:58en l'occurrence sur nos personnes âgées, qui sont rationnées.
03:01Voilà la voix que je viens porter dans cette élection à venir.
03:04Voilà la voix que vous entendrez pendant un an maintenant,
03:07qui est une voix de justice,
03:08qui est une voix simplement pour qu'il y ait un rééquilibrage.
03:11Vous savez, c'est dans les échos de mon ami Bernard Arnault,
03:13je lis cette phrase,
03:14« Le dividende est roi ».
03:16Voilà qui règne sur le pays aujourd'hui.
03:19C'est la finance qui règne.
03:20Voilà pour qui les gens travaillent.
03:22Ils ne travaillent pas pour nous, pour nos enfants, pour notre pays.
03:25C'est pour ça qu'on devrait se retrousser les manches,
03:26parce qu'on a des défis à relever.
03:28Non, ils travaillent pour le marché,
03:30pour la compétitivité, pour les financiers.
03:32Donc voilà ce que je viens porter.
03:35Je précise que votre ami Bernard Arnault,
03:37c'était de l'humour, puisque vous lui aviez consacré votre film.
03:40Je suis prêt à être ami avec toute l'humanité.
03:42Vous savez, je pense que l'empathie est un moteur.
03:45Quand on pense à Rassalman,
03:46qui fait le tour des plateaux télé pour dire,
03:48« Regardez, il… »
03:50Je ne pensais pas que vous alliez la citer.
03:51Mais oui, parce qu'on l'a prise dans un film au boulot.
03:54Au départ, elle était très contre les travailleurs.
03:56Elle disait, « Regardez, ce sont des feignasses, des feignants.
03:58Ils ne veulent pas travailler, ils ne foutent rien. »
03:59On peut évangéliser tout le monde.
04:01Et à la sortie, on peut réinsérer.
04:02Et à la sortie, elle a changé.
04:04Vous mettez dans votre programme le SMIC à 1 700 euros net,
04:08ce qui fait plus de 2 000 euros pour l'employeur.
04:10Ça va davantage gêner les petits patrons de l'industrie
04:13que votre ami Bernard Arnault.
04:15Justement, il y a peu de SMIC-ards chez LVMH.
04:18D'abord, c'est une nécessité aujourd'hui pour les Français.
04:21Si on veut qu'ils vivent de leur travail,
04:23le SMIC français est celui qui s'est dix dernières années
04:26a le moins augmenté dans l'Union européenne.
04:28Il a augmenté de 23 % pendant qu'en Belgique, c'était 40 %.
04:31En Hongrie, c'était 120 %.
04:33Au Portugal, c'était 70 %.
04:34Donc, il a très peu augmenté.
04:36Il faut que les Français puissent vivre de leur travail.
04:37Et maintenant, j'entends la difficulté.
04:39On sait qu'il y a ce qu'on appelle des trappes à bas salaire.
04:42Ça a été documenté, le rapport Bozio-Wassner.
04:45À l'Assemblée, ça a été fait Ratchi-Gage.
04:47Et même, il y a un consensus entre la CGT et la CFDT
04:49pour dire que là, il y a un souci.
04:50Parce que quand on veut relever un salaire de 100 euros
04:53pour un patron au niveau du SMIC,
04:55il faut donner 483 euros.
04:57Donc, on voit l'immense fossé.
04:59Il faut une remise à plate, tout ça.
05:01Moi, je suis partisan, je vous le dis,
05:02d'États généraux, de la fiscalité,
05:04qui viennent, parce que personne ne comprend plus rien,
05:06ni à sa fiche de paye, ni à sa feuille d'impôt.
05:09Donc, il faut qu'il y ait un grand temps...
05:10C'est pas une question de fiscalité, c'est une question de charge.
05:12De cotisation.
05:14Vous savez, ce dont on parle,
05:16je sais que c'est un souci.
05:18Je vous le dis avec franchise, 100 euros, 483 euros.
05:21Mais disons-nous aussi que c'est notre trésor national,
05:23la sécurité sociale.
05:25que quand on est aux États-Unis,
05:27quand on est aux États-Unis,
05:29c'est 500 000 personnes par an qui font banqueroute
05:31parce que quand ils vont à l'hôpital,
05:33ils ne sont pas remboursés.
05:34Aujourd'hui, il y a des gens qui souffrent de maladies,
05:36ils vont à l'hôpital, ils sont remboursés.
05:37Donc, à la fois, voyons comment on doit financer ça,
05:43mais disons que c'est une nécessité
05:45de préserver ce trésor national.
05:47Dernière question.
05:48Hier, Emmanuel Macron,
05:48en visite dans un hôpital en Ariège,
05:50a dit, en parlant des médecins étrangers,
05:52on a besoin de ces hommes et de ces femmes
05:55qui servent notre pays.
05:56Est-ce qu'il y a raison ?
05:57Est-ce qu'il faut plus de main-d'œuvre étrangère ?
05:59Est-ce qu'il faut régulariser davantage de travailleurs ?
06:02D'abord, c'est une réalité que l'hôpital,
06:04aujourd'hui, repose sur deux catégories
06:07qui sont exploitées.
06:09Il y a les médecins étrangers
06:10et il y a les jeunes internes.
06:12Je le dis, la condition qui est faite
06:14aux jeunes internes dans les hôpitaux,
06:17à la fois leur niveau de revenu,
06:19les gardes qu'on leur fait faire,
06:20et c'est quelque chose qui est...
06:22Et donc, voilà sur quoi repose l'hôpital aujourd'hui.
06:24Ça ne doit pas être une fatalité,
06:26on ne doit pas s'en satisfaire.
06:27On doit chercher à en sortir.
06:28La France ne doit pas faire appel
06:30à des médecins algériens, tunisiens, roumains.
06:33Elle doit avoir ces médecins
06:35qu'elle forme et qui nourrit son système.
06:37Maintenant, en attendant,
06:38les médecins algériens, tunisiens, roumains
06:40qui travaillent dans notre pays,
06:42ils doivent avoir des pleins droits,
06:43ils doivent se sentir pleinement reconnus.
06:45Moi, je suis hostile à l'immigration pour le travail.
06:48Je ne souhaite pas qu'on fasse sur les services,
06:52je l'entends, de la part d'entreprises,
06:56des maisons de retraite, d'auxiliaires de ville,
06:58de dire, voilà, on va faire appel
06:59à la main-d'œuvre sub-sarienne.
07:00Contre l'armée de réserve du capitalisme,
07:02si je puis dire.
07:03Je ne veux pas que ce qu'on a fait hier
07:04sur l'industrie, sur les météalurgies,
07:07sur Renault, on le refasse aujourd'hui
07:08sur les services.
07:10Merci beaucoup François Ruffin
07:11qui est passé par le plateau de Télématin.
07:13Télématin !
Commentaires

Recommandations