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  • il y a 2 jours
Télématin reçoit Sébastien Aguilar, policier scientifique, expert en scènes de crime auprès de la cour d'appel de Paris.

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Transcription
00:007h15, c'est l'heure maintenant de l'invité d'actu.
00:03Après six jours de recherche, le corps d'un enfant,
00:06étant très probablement celui de la jeune Liana,
00:09a été retrouvé hier dans une usine agricole
00:12à quelques quinzaines de kilomètres du lieu de sa disparition au sud de Florence.
00:16Bonjour Sébastien Aguilar.
00:17Vous êtes policier scientifique, expert en scène de crime
00:21auprès de la Cour d'appel de Paris.
00:24Pour les inquièteurs, vous nous dites que le travail ne fait que commencer.
00:27Quelle est désormais l'urgence absolue pour eux ?
00:31L'urgence, ça va être vraiment de protéger la scène de découverte du corps
00:35puisqu'en plus on est en extérieur.
00:37Donc ça va être de protéger cette scène avec une rubalise de protection.
00:41Uniquement les personnes qui sont habilitées à rentrer sur cette scène vont pénétrer.
00:45Donc enquêteurs, techniciens d'identification criminelle, médecins légistes.
00:49Et également la priorité aujourd'hui, ça va être d'identifier ce corps.
00:53Ça va passer par des analyses génétiques avec des comparaisons,
00:56notamment avec la génétique des proches.
00:59Et effectivement aussi l'autopsie médico-légale qu'on va avoir dans les prochaines heures.
01:04Sur le lieu de découverte du corps, qu'est-ce qu'on peut découvrir concrètement ?
01:08Là, il va y avoir énormément de traces et indices qu'on va rechercher.
01:12Ça peut être des traces, on va dire, classiques, des traces papillaires,
01:15des traces biologiques, mais également des traces, on peut imaginer des traces de pneumatique.
01:20On l'avait par exemple dans l'affaire Jonathan Daval,
01:23donc pour pouvoir rapprocher un véhicule sur la scène de découverte.
01:27On va avoir également des recherches de traces de biotopes,
01:32donc de faire des prélèvements de terre.
01:33C'est quoi de biotope ?
01:34En fait, c'est la terre, les végétaux qu'on peut avoir dans cet environnement,
01:38qui vont nous servir aussi à effectuer des comparaisons,
01:41éventuellement avec les vêtements ou les chaussures du suspect.
01:45Qu'est-ce que l'autopsie va pouvoir révéler dans les prochaines heures ou les prochains jours,
01:49puisqu'on sait que le corps de l'enfant retrouvé est en train d'être autopsié,
01:54outre le fait que ce soit son identité et qu'on puisse faire le lien avec l'Iana ?
01:58L'autopsie va nous permettre déjà de déterminer ce qu'on appelle les causes et circonstances de la mort,
02:03donc de savoir exactement ce qui s'est passé,
02:06de regarder si on a des traces de lésions, des lésions de défense, des lésions d'agression.
02:10Il va y avoir également des prélèvements qui vont être effectués sur le corps,
02:14principalement des prélèvements génétiques.
02:16L'objectif là va être vraiment de relier, si vous voulez, la victime avec un agresseur potentiel.
02:23Il y a beaucoup d'émotions ce matin, une émotion nationale d'ailleurs,
02:27mais ça va prendre encore beaucoup de temps, cette enquête,
02:31parce qu'il y a des dizaines, des centaines peut-être de scellés à étudier.
02:34En fait, ce qui est compliqué dans cette affaire, c'est qu'on a, on va dire, plusieurs sites,
02:39plusieurs endroits où on va faire des prélèvements.
02:41Vous avez ce véhicule dont on a parlé très rapidement,
02:44où il y a eu énormément de prélèvements effectués à l'intérieur.
02:47Ce véhicule a d'ailleurs été transporté au siège de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie,
02:53à Sergi-Pontoise.
02:54Vous avez aussi des prélèvements qui sont faits sur le suspect,
02:58quand il a été interpellé samedi dernier.
03:01Vous avez la perquisition à son domicile,
03:04avec potentiellement plusieurs objets qui auraient été prélevés.
03:07On nous a parlé de téléphones, d'ordinateurs qui auraient pu être placés sous scellés.
03:13Et cette scène de découverte du corps, donc...
03:15Ce n'est que le début de l'enquête.
03:17Exactement, et c'est surtout que tout prend du temps.
03:19Un scellé judiciaire, vous pouvez avoir plusieurs analyses pluridisciplinaires dessus,
03:23de la génétique, du numérique, etc.
03:25Et donc, c'est des heures et des heures d'expertise.
03:28On parle d'ailleurs de scène du crime,
03:30on ne sait même pas si c'est la scène du crime,
03:32là où a été retrouvé le corps de l'enfant.
03:33Exactement, là on est sur un lieu de découverte,
03:35donc ça va être aussi le travail des enquêteurs et de la police scientifique sur place,
03:39de déterminer si on est sur ce qu'on appelle une scène primaire,
03:41donc la scène de crime où s'est passée l'action,
03:44ou si on est uniquement sur un lieu de découverte.
03:46Sur la voiture, des questions qui se posent quand même.
03:50Oui, absolument, parce qu'a priori, pour l'instant, aucun indice n'a été retrouvé.
03:54Ça ne veut pas dire que rien ne sera retrouvé par la suite.
03:57Effectivement, l'enquête ne nous parle d'aucun indice, on va dire,
04:01accablant à l'intérieur du véhicule.
04:03Quand on pense à un indice accablant,
04:04c'est la découverte de traces de sang ou traces de sang effacées.
04:07En l'occurrence, on a quand même retrouvé l'ADN de la victime à l'intérieur.
04:11Donc ce sont des traces qui permettent de dire qu'elle était à l'intérieur du véhicule.
04:15Mais ça, le suspect l'a reconnu en disant, je l'ai accompagné à la piscine.
04:18Exactement.
04:19Donc l'objectif, ça va être aussi de faire des prélèvements à l'intérieur du véhicule,
04:23mais de partout, également aussi dans le coffre.
04:25Souvenez-vous, dans l'affaire Maïlis,
04:28c'est vraiment au moment où on a retrouvé une trace de sang dans le coffre du véhicule
04:33que Nordal-Le-Landais était passée aux aveux.
04:36Donc vous pensez que ça peut avoir un impact aussi, là pour le coup,
04:38sur le suspect qui a été mis en examen, qui pour l'instant reste muet.
04:42Dans ce type d'affaires, les trouvailles, l'enquête qui va continuer peut avoir aussi des conséquences ?
04:48C'est l'objectif justement de la police scientifique de travailler sur des éléments matériels qui ne mentent pas.
04:54Et en fait, en recherchant traces et indices, que ce soit biologiques, numériques, traces papillaires,
05:01micro-traces également, traces de fibres, on va venir confronter le suspect à ces éléments.
05:07Et c'est justement pour avoir plus d'informations.
05:09J'aimerais qu'on parle d'une technique méconnue, l'odorologie.
05:13C'est quoi l'odorologie ?
05:14Alors l'odorologie, c'est ce qu'on appelle la science des odeurs.
05:17On peut très bien imaginer que dans ce véhicule, on va faire divers prélèvements,
05:22notamment numériques, biologiques, mais des traces d'odeurs,
05:25puisque chaque individu a une odeur qui est propre.
05:28Et là, on ne parle pas de parfum.
05:29On ne parle pas de parfum, on parle vraiment de l'odeur, ce qu'on appelle l'odeur primaire,
05:32donc génétique de chaque personne.
05:35Et en prélevant ces odeurs, à l'aide d'un tissu spécifique,
05:39on va pouvoir effectuer des comparaisons, donc pour pouvoir identifier une personne.
05:43Là, en l'occurrence, ça pourrait être intéressant d'identifier l'odeur de l'IANA à l'intérieur du véhicule.
05:48Mais ce qui va être intéressant aussi, c'est de la positionner dans le véhicule.
05:52Est-ce qu'elle était au niveau du siège passager avant ?
05:55Est-ce qu'elle était à l'arrière ? Est-ce qu'elle était au sol ?
05:57Ou est-ce qu'elle était dans le coffre ?
05:58Et ça, c'est possible grâce à l'odorologie.
06:00Je précise que les ministres de l'Intérieur et de la Justice sont convoqués ce matin
06:03par Sébastien Lecornu, le Premier ministre,
06:05pour faire toute la lumière sur les dysfonctionnements dans cette affaire,
06:08notamment concernant une plainte pour viol non traité au sujet du suspect qui date de l'été dernier.
06:14Merci Sébastien Aguilar.
06:15Je rappelle que vous êtes policier scientifique, expert en scène de crime à la Cour d'appel de Paris.
06:20Merci.
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