Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 semaines
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Laurent Jacobelli, vice-président du groupe RN à l'Assemblée nationale.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00– Bonjour Maya, bonjour à tous, bienvenue dans les cas de vérité.
00:06Ça monte, ça monte, les prix de l'essence mais aussi l'exaspération des Français.
00:09Le gouvernement maintient les 100 euros pour les grands rouleurs qu'il faudra peut-être rallonger.
00:13En tout cas, la ministre de l'Énergie n'a pas fermé la porte hier sur ce plateau.
00:16Mon invité aujourd'hui est Laurent Jacobelli, bonjour.
00:19– Bonjour Monsieur Letellier.
00:19– Vous êtes vice-président des députés Rassemblement National et porte-parole de Marine Le Pen pour la campagne présidentielle.
00:23Vous demandez-vous toujours la baisse des taxes et de la TVA sur l'essence, sur les carburants en général.
00:28Mais il y a quelques mois, on vous entendait dire, Marine Le Pen, l'État profiteur de la crise.
00:32On vous entend moins dire ça en ce moment. Vous avez changé d'avis ?
00:35– Non, on n'a pas changé d'avis. Regardez, le prix aujourd'hui du litre, c'est 2,20
00:39euros pour l'essence.
00:40C'est 2,20 euros, il y a un peu plus de 50% qui vont dans les poches de
00:45l'État.
00:45Donc le premier à devoir faire un effort pour aider nos compatriotes, c'est l'État.
00:50On ne peut pas aujourd'hui accepter que des gens payent pour aller travailler tellement le plein d'essence est
00:55cher.
00:56Des gens qui choisissent entre le plein du frigo et le plein de la voiture, il faut agir.
01:00– Est-ce que c'est seulement l'État ? Parce que vous avez les pétroliers, les raffineurs, notamment les
01:04raffineurs.
01:05Est-ce qu'ils n'ont pas des comptes à rendre aussi ?
01:06– Bien sûr, on voit bien aujourd'hui…
01:08– Alors qu'est-ce qu'il faut faire contre eux ? Il faut aller sur leur marge ? Il
01:11faut plafonner ?
01:11– Première décision, une décision d'urgence pour ne pas mettre notre économie dans le mur.
01:17Baisser la TVA sur les énergies de 20% à 5,5%.
01:20C'est le rôle de l'État, c'est le premier à dégainer, c'est le premier à devoir montrer
01:24l'exemple.
01:25Les raffineurs, il faut regarder leurs profits. Soit leurs profits sont dus à des investissements,
01:30à des changements technologiques, et alors ce sont des profits qui sont tout à fait bénéfiques,
01:34soit ce sont des profiteurs de guerre. Et à ce moment-là, on peut imaginer une taxe sur la part
01:39des profits
01:40qui n'est pas due à leur activité, mais à la conjoncture.
01:43– Il y a deux options en l'occurrence. En l'occurrence, quelle est l'option que vous privilégiez ?
01:45– Mais on peut aller…
01:45– Ils profitent de la conjoncture ou pas ?
01:47– Eh bien, il faut l'étudier.
01:49– Non, ce n'est pas si évident que ça pour vous.
01:50– Pour vous, l'État, c'est évident. Pour les raffineurs, ce n'est pas évident.
01:53– L'État, on a les chiffres. Mais il faut aller voir. C'est probable entre nous, c'est probable.
01:58Et donc, il faut agir dans tous les sens. Pourquoi il faut agir et agir vite ?
02:01Parce que des consommateurs français qui payent trop cher leur plein d'essence,
02:05ils n'achètent pas autre chose. Ça veut dire demain un ralentissement de l'économie.
02:09Et donc, une perte de recettes futures pour l'État.
02:12Et puis moi, j'ai vu hier la colère des pêcheurs à fosse-sur-mer.
02:15– Et aujourd'hui, à Fontignan dans les roues.
02:16– Absolument. Le carburant est tellement cher que ça leur coûte,
02:20aujourd'hui, d'aller pêcher. C'est-à-dire qu'ils perdent de l'argent.
02:22Est-ce que c'est acceptable ?
02:24– Justement, Laurent Jacobo dit, eux, ils pointent du doigt l'État,
02:26mais aussi les raffineurs, puisqu'ils bloquent des dépôts d'essence.
02:29Ils ont choisi, ils disent c'est les deux.
02:31Tout le monde, si vous les soutenez, ils disent les deux.
02:33– Tout le monde doit prendre ses responsabilités.
02:35Je crois avoir été très clair avec vous.
02:37Et donc, il faut agir dans tous les sens.
02:39Mais celui qui peut agir le premier, vite, c'est l'État.
02:42Mais d'ailleurs, moi, je suis très étonné de cette passivité de l'État
02:45qui regarde la situation se dégrader en ne prenant pas de vraies mesures,
02:49de mesures fortes.
02:50Cet attentisme, en fait, cette incapacité d'Emmanuel Macron
02:54et de son gouvernement, ce sont des gens qui sont incapables
02:57d'anticiper les crises et incapables de les gérer au moment où elles arrivent.
03:01C'est une part de responsabilité extrêmement importante dans la chute de notre économie.
03:05– Mais ça veut dire, c'est de la préparation ou c'est voulu ?
03:08– C'est de l'amateurisme.
03:09– C'est pas voulu ?
03:10– Je ne pense pas qu'ils veuillent saper sciemment l'économie,
03:14quoique avec eux tout est possible.
03:15Non, je pense que ce sont simplement une équipe d'incompétents,
03:18les pieds nickelés de l'économie,
03:19qui regardent les choses se dégrader en disant
03:21« On ne peut rien faire, c'est l'Europe, c'est l'Iran, c'est les États-Unis. »
03:25Mais lorsqu'il s'agit d'agir, il n'y a plus personne.
03:26– Sébastien Lecornu demande au ministre, lui,
03:28de revoir à la baisse leurs dépenses pour cette année 2026.
03:31À tous les ministres.
03:32Vous, dans quel ministère vous verriez des économies à faire ?
03:35– Je crois qu'il y a des économies à faire dans tous les ministères.
03:38– Aucune exception ? – Attention, pas dans les investissements
03:41dans l'économie, pas dans les aides sociales, mais dans le fonctionnement.
03:44Je vais prendre un exemple, on a un besoin de santé terrible en France,
03:46donc bien évidemment, il ne faut pas que les dépenses de santé baissent,
03:49mais aujourd'hui, vous avez les agences régionales de santé
03:51qui gèrent la santé au niveau régional,
03:53qui prennent des mauvaises décisions, qui sont des agences administratives
03:56qui font qu'aujourd'hui, on investit l'argent de la santé
03:59dans l'administration, dans des gens qui font des tableurs Excel,
04:03et non pas dans des soignants.
04:04Vous voyez bien toute l'absurdité du système,
04:06il faut tout repeigner de fond en compte.
04:08– Alors, ça nous amène au budget, Marine de 2027, évidemment.
04:10Marine Le Pen dit préférer un budget mal ficelé
04:13qu'une loi spéciale qui reconduirait le budget de l'année prochaine.
04:16Mais mal ficelé jusqu'où ?
04:18Qu'est-ce que vous êtes prêts à accepter, à ne pas accepter ?
04:20– D'abord, permettez-moi de souligner le pragmatisme de Marine Le Pen.
04:24Beaucoup de candidats disent, il faut tout casser,
04:26comme l'extrême gauche, on ne votera rien,
04:28on censurera quoi qu'il arrive.
04:29Et oui, évidemment, ils censurent de ne pas arriver au pouvoir.
04:31En tout cas, je croise les doigts et je l'espère.
04:33Nous, on prend nos responsabilités.
04:35Comme Marine Le Pen dit ça, elle le dit pourquoi ?
04:37Parce que ce sera plus simple de corriger un budget moyen
04:39lorsqu'elle arrivera au pouvoir que de repartir à zéro.
04:42Or, on n'a pas de temps à perdre.
04:43Les lignes rouges, je vais vous répondre,
04:45pas d'impôt de taxes supplémentaires,
04:47pas de perte de pouvoir d'achat pour les Français.
04:49– Mais mal ficelé, ça c'est vos lignes rouges, on l'a compris.
04:51Mais un budget mal ficelé, ce serait quoi ?
04:53À quoi vous le jugez ? Au-delà des impôts ?
04:55– Vous savez, notre pays, il est sur-endetté,
04:57sur-taxé, en ralentissement économique
05:00et en perte de services publics.
05:01Si aucun de ces problèmes n'est réglé
05:03ou n'est en passe d'être réglé,
05:04ce sera un budget mal ficelé, je pense que…
05:07– Et là, vous censurerez ?
05:08– Non, mal ficelé, correctible
05:11et perfectible au moment où Marine Le Pen sera élue,
05:14c'est une chose,
05:15mal ficelé au point de nous engager, nous, demain,
05:18à ne pas pouvoir gérer la situation,
05:20alors là, oui, nous censurerons.
05:21– Vous censurerez à ce moment-là ?
05:23– Tout est possible, on ne s'interdit rien.
05:24– Mais la censure n'est pas exclue ?
05:26– Bien sûr que non.
05:28– Sébastien Lecornu demande à Ursula von der Rien,
05:30la présidente de la Commission européenne,
05:31de réduire la contribution de la France au budget européen.
05:33– Ça, j'imagine que c'est doux à vos oreilles,
05:35parce qu'il dit, grâce au procès contre Google,
05:39l'Europe a eu 4,8 milliards dans les caisses,
05:41il faut que la France en ait un bénéfice, 800 millions.
05:44Vous l'applaudissez, là ?
05:45– Non, mais moi, je suis surpris à quel point
05:47ces gens qui nous expliquent du matin au soir
05:48qu'on ne sait ni lire ni écrire,
05:50qu'on n'a rien compris à l'économie mondiale,
05:52comme Marine Le Pen dit,
05:53il faut baisser la contribution à l'Union européenne,
05:54ces gens-là rigolent en disant,
05:56vous êtes pour l'autarcie, vous détestez l'Europe,
05:58vous n'avez rien compris à l'économie,
05:59et aujourd'hui, ils y viennent.
06:00Une fois encore, on avait raison, comme sur l'immigration,
06:03comme sur la sécurité, comme sur le social.
06:05Je vais vous dire, j'ai vu Bruno Le Maire,
06:07vous vous rendez compte, Bruno Le Maire,
06:08qui a été aux commandes de l'économie française,
06:10avec l'échec que l'on connaît,
06:12dire lui aussi, il faut baisser la contribution.
06:14Eh bien, soit, faisons-le, 5 à 7 milliards par an
06:17à gagner et à rendre aux Français, il est temps.
06:20– On va revenir sur le discours de Marine Le Pen
06:21le week-end dernier, où elle a remis sur le devant
06:23de la scène la priorité nationale,
06:25la priorité française, dans le domaine du logement.
06:27Est-ce que ça va être le fil rouge de la campagne ?
06:30Priorité nationale dans le sport, dans l'école,
06:32la santé, le travail ?
06:34– Écoutez, c'est en tout cas un thème
06:35qui sous-tend notre action politique,
06:37parce qu'on parle d'un postulat,
06:38ces Français qui bossent, qui cotisent,
06:41qui ont tout donné pour le pays,
06:43méritent bien quand même d'avoir un petit privilège
06:46chez eux, c'est d'être prioritaire.
06:48Effectivement, pour le logement, on peut parler…
06:49– Mais pour le travail, par exemple,
06:50si vous parliez du travail, vous savez bien,
06:52même le MEDEF le dit, on ne peut pas se passer
06:54de main-d'œuvre immigrée.
06:55Donc, est-ce qu'on peut parler de priorité nationale
06:57pour le travail ?
06:58– Il faut en parler, vous l'avez dit vous-même,
06:59il y a aujourd'hui des secteurs en tension.
07:01On a 3,5 millions de chômeurs en France.
07:03Donc, bien évidemment, si on peut former
07:05les chômeurs français pour occuper les travaux
07:08qui sont aujourd'hui libres, c'est une bonne chose.
07:10Vous savez, on est élu, pourquoi ?
07:11Pour protéger nos compatriotes,
07:14avant de protéger la Terre entière.
07:15Et donc, tant que des Français sont malheureux,
07:17tant que des Français n'ont pas de travail,
07:18c'est à eux qu'on doit penser.
07:20– Dernière question.
07:21Entre la campagne présidentielle,
07:22qui est déjà lancée pour Marine Le Pen,
07:24et la rentrée parlementaire et le budget,
07:26ça va prendre des semaines,
07:28Marine Le Pen, est-ce qu'elle pourra tout faire ?
07:29Être présidente du groupe à l'Assemblée nationale
07:31et candidate en même temps ?
07:33– Moi, je crois que tout est lié,
07:33c'est elle qui prendra la décision,
07:35mais je crois que c'est possible.
07:36Tout est lié, vous savez, on va faire le budget.
07:37– Il n'est pas question qu'elle quitte
07:38la présidence du groupe RN à l'Assemblée nationale ?
07:39– Je n'ai jamais entendu parler de ça, non ?
07:41– Je vous pose la question.
07:42– On va faire le budget,
07:43on va entrer dans le processus budgétaire.
07:44Un budget, c'est quoi ?
07:45C'est la retranscription en chiffres
07:46d'une vision politique.
07:48Et donc, elle va à travers le budget,
07:50et qu'elle présentera le 7 octobre,
07:51notre contre-budget,
07:52avec à terme 125 milliards d'économies
07:55sur le budget de l'État,
07:56eh bien c'est une vision politique de la France.
07:58Vous l'avez dit, la priorité aux Français,
07:59relancer l'économie,
08:00remettre la valeur travail au cœur de tout,
08:02et protéger nos compatriotes.
08:03– Merci Laurent Jacoboli d'avoir accepté
08:05notre invitation sur les cas de vérité.
08:07Vous avez annoncé ce matin
08:08que la censure n'est pas exclue sur le budget.
08:11– Merci beaucoup.
08:12C'est la fin de ces cas de vérité.
08:13À demain et à vous Maya.

Recommandations