- il y a 2 jours
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:02Bonjour Jean-Didier Berger. Bonjour à tous. Et à ce titre, vous êtes donc le numéro 2 de la place
00:06Beauvau, le ministère de l'Intérieur, où se déroulent les cellules interministérielles de crise face à cette canicule qui va
00:11donc prendre fin ce week-end.
00:12Des annulations, des reports d'événements comme le festival Solid Days ou la Gay Pride demain, c'est en quelque
00:18sorte des décisions, ce sont des décisions inévitables, c'est le principe de précaution ?
00:23Je crois que c'est le principe de prévention, surtout dans des épisodes aussi exceptionnels que celui que nous connaissons
00:28en ce moment. Il faut prendre toutes les mesures, à la fois pour protéger ceux qui seraient exposés,
00:33mais également pour protéger notre système sanitaire, nos systèmes d'urgence qui peuvent être aujourd'hui très encombrés. On a
00:41parfois doublé le nombre d'interventions des pompiers dans certains départements.
00:45Donc, en tout cas, pas exposer des milliers de personnes. Certes, parfois, les températures commencent légèrement à baisser, mais les
00:54organismes mettent plusieurs jours avant de récupérer.
00:56Le nombre de noyades a été particulièrement élevé. On en parlait encore dans le journal de 8 heures. Est-ce
01:01qu'il y a de nouveaux chiffres depuis le début de la semaine ?
01:04Hier, on était à 64 noyades en un peu moins d'une semaine. Donc, ce sont des chiffres extrêmement élevés
01:11qui concernent absolument toutes les générations.
01:14On a parfois tendance à penser que ce sont surtout les jeunes qui sont exposés et qui prennent le plus
01:18de risques.
01:19Mais en réalité, c'est malheureusement équitablement réparti entre toutes les générations.
01:23Qu'est-ce que vous observez ?
01:24Ce qu'on observe surtout, c'est que deux tiers de ces noyades ont lieu dans les endroits dits non
01:29baignables,
01:29c'est-à-dire les endroits qui ne sont pas surveillés, les cours d'eau, les rivières.
01:33Donc, il faut que tout le monde prenne conscience de ça. Un endroit qui peut paraître sympathique, paisible et même
01:38par forte chaleur, il faut faire attention.
01:42Il y aura de nouveaux chiffres et sans doute un bilan qui, malheureusement, va s'aggraver dans les heures qui
01:47viennent.
01:47Oui, il faut plusieurs jours avant d'avoir les remontées effectives.
01:51Et puis, certaines noyades, malheureusement, mettent du temps avant d'être, je dirais, comptabilisées.
01:57Mais il faut que tout le monde ait conscience que ce sujet, il est devant nous et il faut en
02:02tenir compte.
02:02Quand on parle des problèmes de santé causés par cette vague de chaleur chez les plus âgés,
02:07qui, par exemple, se retrouvent aux urgences, on le voit beaucoup, notamment en région parisienne,
02:13mais est-ce qu'il y a un message, effectivement, pour les jeunes, interdire la consommation d'alcool, par exemple,
02:19sur la voie publique ?
02:20En quoi c'est efficace ? Pourquoi vous croyez à l'efficacité de cette mesure ?
02:23D'abord parce qu'on sait que l'alcool, c'est une source de non-vigilance et donc on peut
02:29avoir, notamment, des comportements plus à risque encore
02:32quand on est sous consommation d'alcool ou de stupéfiants, mais également parce que l'alcool, en termes de forte
02:39chaleur, déshydrate encore beaucoup plus
02:42et donc on s'expose deux fois plus aux risques rencontrés.
02:46Comment recevez-vous, Jean-Didier Berger, le procès qui est fait en impréparation contre le gouvernement ?
02:50Est-ce qu'il n'aurait pas fallu anticiper davantage ? Cette canicule est exceptionnelle, mais on sait qu'avec
02:56le réchauffement climatique,
02:57il y a de plus en plus de canicules, notamment sur l'installation des climatisations dans l'espace public.
03:03C'est, par exemple, ce que vous reproche, entre autres parties, le Rassemblement national ?
03:07Je crois qu'il faut se souvenir de là où on vient. Quand on compare avec la situation de 2003,
03:11on voit qu'il y a énormément de choses
03:13qui ont été faites par les différents gouvernements et en particulier sur ces dix dernières années, notamment pour les EHPAD.
03:19Mais il faut aussi se souvenir d'où on vient en termes politiques. Il y a dix ans encore, toute
03:24la gauche nous disait
03:25qu'il ne fallait absolument rien climatiser. D'ailleurs, en Ile-de-France, je crois que les Français détestent qu
03:33'on se renvoie
03:33les responsabilités, mais il faut aussi que chacun prenne les siennes. Nous, nous sommes favorables à ce grand plan
03:39d'électrification lancé par le Président de la République et par le Premier ministre pour faire en sorte de se
03:43donner
03:44les capacités. Et puis, il ne faut pas oublier aussi qu'il y a eu beaucoup de choses de faites
03:47pour l'isolation
03:48des logements et des bâtiments publics. Dix millions de logements qui ont été isolés et beaucoup de bâtiments publics aussi.
03:53En 2003, vous rappeliez ces événements. Il y avait eu 15 000 morts. Est-ce que vous craignez, lorsque cette
03:59canicule sera terminée,
04:00qu'on découvre qu'il y a eu beaucoup de victimes ? Peut-être par centaines ou on ne l
04:05'espère pas, mais peut-être encore plus.
04:07Qu'est-ce que vous redoutez ? Ce qui compte, c'est que ce gouvernement met tout en place pour
04:12faire en sorte
04:12de prévenir au maximum la situation. Vous avez vu qu'on a déclenché le niveau 3 du plan sain, c
04:18'est-à-dire le niveau
04:19le plus élevé, pour faire en sorte de prévenir au maximum les choses, de mobiliser le maximum de soignants
04:24et de capacités pour assister les Français. Donc, nous mettons tout en œuvre pour faire en sorte que les Français
04:30soient protégés. Au ministère de l'Intérieur, vous êtes très spécifiquement, Jean-Didier Berger, chargé des problèmes de sécurité.
04:36Et à ce titre, vous portez, j'allais dire la fameuse, mais tout le monde ne la connaît pas,
04:41cette loi Riposte qui est en discussion à l'Assemblée nationale. Alors, qu'est-ce que c'est la loi
04:44Riposte ?
04:45C'est un arsenal de mesures qui vise à lutter, notamment contre les produits urbains, les free parties,
04:51les violences dans les stades ou encore la lutte contre le protoxyde d'azote.
04:55Pour l'instant, en commission, parce que ce projet est déjà en commission, le texte a plutôt été raboté.
05:00Par exemple, votre projet de pénaliser les free parties, on en voit un exemple ici,
05:05de deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Pour l'instant, cette disposition a été rejetée.
05:10Cette loi que nous portons avec le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, c'est une loi de remontée de
05:14terrain.
05:14Tout ce que les Français nous ont dit sur les choses qui leur pourrissent la vie,
05:17dans les quartiers ou dans les campagnes, tout ce que les élus locaux nous ont fait remonter,
05:21tout ce que les forces de sécurité intérieure nous ont fait remonter, en nous disant,
05:23si on changeait une ou deux petites choses, voilà, on pourrait obtenir encore beaucoup plus de résultats,
05:27et bien c'est dans cette loi Riposte.
05:29Pour l'instant, elle n'est pas votée, elle est en commission.
05:31C'est un peu le grand classique, vous savez bien, la commission c'est un peu la répétition générale,
05:36donc les gens se font un peu plaisir, mais là, il faut que chacun fasse preuve de responsabilité
05:41pour lutter contre les tirs de mortier, pour permettre de renforcer l'amende forfaitaire délictuelle
05:46contre les stupéfies en passant de 200 à 500 euros,
05:48ou pour mettre en place la vidéoprotection assistée qui a très très bien marché pendant les Jeux Olympiques,
05:52on a besoin de cette loi Riposte.
05:54Alors, l'amende, précisément, puisque vous en parlez, pour la consommation de stupéfiants,
05:59une amende forfaitaire délictuelle que vous voulez faire passer à 500 euros,
06:02est-ce que pour vous c'est un moyen concret de faire baisser la consommation,
06:06qui est l'une des causes, le dit par exemple le président de la République, de l'explosion du narcotrafic
06:11?
06:11Oui, absolument, d'ailleurs ces 10 dernières années, il y a eu 500 000 amendes forfaitaires délictuelles
06:17sur le narcotrafic qui ont été payées par...
06:20Sur la consommation, vous voulez dire ?
06:22Sur la consommation, absolument.
06:23Mais la consommation, c'est la base du trafic.
06:25Mais ça n'a pas fait baisser le trafic, donc est-ce que vous croyez à cet effet dissuasif ?
06:29C'est pour ça qu'on renforce encore les moyens pour l'appliquer.
06:34D'ailleurs, il y a une autre loi qui va arriver ensuite, qui est la loi police municipale,
06:36qui va permettre aux policiers municipaux d'appliquer cette amende forfaitaire délictuelle.
06:40Donc, on démultiplie à la fois par le montant et par, je dirais, les moyens pour l'appliquer,
06:45parce qu'il faut bien se rendre compte qu'il n'y a pas de consommation festive.
06:48Ceux qui consomment ont une part de responsabilité, ont un peu de sang sur les mains.
06:53Mais est-ce que leur...
06:54C'est important ce que vous dites, un peu de sang sur les mains.
06:57Absolument.
06:57Est-ce que le fait de faire payer 500 euros plutôt que 200 euros, ça va inciter à moins consommer
07:02?
07:02Est-ce que c'est seulement un problème de dissuasion, de peine, ou il y a un problème plus général
07:06dans la société
07:07qui fait que la consommation de drogue augmente ?
07:09Bien sûr, mais il faut faire feu de tout le bois, à la fois dissuader par le montant et par
07:13les conséquences.
07:14Il faut dissuader aussi par la prévention, en expliquant les conséquences sur la santé,
07:20sur l'environnement professionnel, sur l'environnement familial, sur les suites que ça peut générer, sur les conséquences.
07:27Et c'est la campagne choc qui est sortie sur tout le monde, sur les balles perdues que chacun...
07:32Et sur tout le monde, et sur les politiques aussi, vous êtes favorable à ce qu'a décidé le Premier
07:37ministre
07:37en demandant des tests de détection des drogues aux fonctionnaires, pour les ministres.
07:43J'y suis très favorable, d'ailleurs je me suis moi-même immédiatement soumis.
07:47Et je pense que c'est le début, évidemment, et c'est le début d'une démarche qu'il faut
07:52pérenniser.
07:53Vous savez, aujourd'hui dans le sport, les contrôles antidopage, ils sont présents tout le temps,
07:58de façon systématique, inopinée, aléatoire.
08:02Et il faut aussi, si on veut vraiment faire la guerre au narcotrafic,
08:06il faut être capable de montrer l'exemple au plus haut niveau de l'État.
08:10Et je pense que c'est une démarche qui est amenée à se généraliser.
08:13Alors M. Berger, pour la gauche, tout cet arsenal prévu par la loi Riposte,
08:17et je cite un texte de Brick et de Broc, la droite et l'extrême droite l'approuvent.
08:21Est-ce que c'est pour vous aussi, politiquement, une façon de répondre à la demande sécuritaire
08:25qui émane de la société et qui fait qu'aujourd'hui, le Rassemblement national,
08:29qui semble pour les électeurs le mieux l'incarner, est en tête des sondages ?
08:32En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que sur le terrain, lorsque je me déplace,
08:36y compris dans les villes de gauche, ces mesures, elles sont extrêmement attendues,
08:39y compris par les maires de gauche.
08:40Est-ce qu'il n'y a pas aussi une arrière-pensée politique derrière cela ?
08:43Nous, ce qu'on cherche à faire, c'est à mettre en place, pour les forces de l'ordre et
08:48pour les Français,
08:48tous les outils nécessaires, on resserre les mailles du filet,
08:51il y a des masques qui ont muté extrêmement rapidement, donc on vient s'adapter,
08:54on met en place des mesures nouvelles pour avoir des résultats.
08:56Je vais être plus direct dans ma question, est-ce que vous ne pensez pas que les électeurs
09:01estiment que le Rassemblement national ferait plus fort et mieux que vous sur ces questions-là ?
09:05Je savais, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont été faites,
09:07et moi je pense que les Français, ceux que je vois sur le terrain, ils se rendent compte,
09:1010 000 policiers et gendarmes supplémentaires, 239 brigades de gendarmerie.
09:15Écoutez, moi je fais tout pour qu'ils s'en rendent compte,
09:17et je pense que la loi Riposte et la loi police municipale sont deux nouvelles étapes
09:20de cette sécurité du quotidien, et c'est en obtenant des résultats,
09:23vous savez, les gens maintenant y croient ce qu'ils voient,
09:26nous ce qu'on veut c'est obtenir des résultats pour les convaincre.
09:28Alors je vais peut-être vous faire parler politique quand même,
09:30puisque vous êtes membre du gouvernement de Sébastien Lecornu,
09:33mais vous venez du parti des Républicains qui vous a suspendu suite à cette participation.
09:37Est-ce que vous, aujourd'hui, vous souhaitez qu'il y ait un candidat de la droite et du centre,
09:41un seul, pour éviter qu'il y ait ce que prévoient de nombreux sondages,
09:46à savoir un duel entre Jordan Bardella ou Marine Le Pen, face à Jean-Luc Mélenchon en 2027 ?
09:51Absolument, mais c'est absolument nécessaire pour éviter cette situation,
09:55mais aussi pour ensuite pouvoir redresser notre pays dans l'union.
09:58L'union de la droite et du centre, c'est ce qui nous permet de gagner,
10:01mais c'est ce qui nous permet de faire, et moi je choisirais celui qui est le mieux placé,
10:05celui ou celle qui est le mieux placé aujourd'hui.
10:07Vous n'avez pas une préférence ?
10:08Aujourd'hui, force est de constater que personne n'est suffisamment bien placé
10:12pour faire en sorte de faire l'unanimité et de rassembler tout le monde.
10:15Donc il faut mettre en place un processus qui nous permette d'aboutir à cette candidature unique,
10:19et moi je me battrai pour ça de toutes mes forces.
10:21Merci beaucoup Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur,
10:25et c'est la suite de Télématin.
Commentaires