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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Caroline Motte revient sur les questions qui font l’actualité avec Philippe Ballard, député RN de l'Oise.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Caroline Motte revient sur les questions qui font l’actualité avec Philippe Ballard, député RN de l'Oise.
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00:01Merci, bonjour à tous et bonjour Philippe Ballard, merci d'être avec nous ce matin.
00:06Le fonctionnement de la justice est mis en cause après la découverte du corps de la jeune Liana dans le
00:11Gers.
00:11On sait aujourd'hui que le principal suspect a été visé par plusieurs signalements et plaintes depuis 2017.
00:17Des plaintes pour viols, dont une récente en août 2025.
00:21Est-ce que c'est un échec collectif ?
00:24Permettez-moi d'avoir une pensée déjà pour Liana, 11 ans.
00:27Et puis ses parents qui doivent vivre une épreuve terrible, je pense que c'est la plus terrible qu'on
00:32puisse vivre.
00:33Et puis à ses proches et à tous ses camarades.
00:36Oui, mais les Français, moi j'écoute vos journaux, dans les témoignages que vous recueillez,
00:40les Français sont révoltés par l'inaction des pouvoirs publics.
00:44C'est quelque chose d'effroyable qui s'est produit.
00:47Alors il y a une enquête administrative, oui, tout le monde a le mot dysfonctionnement à la bouche.
00:51Il y a un dysfonctionnement individuel, collectif, sans aucun doute les deux.
00:55Il faudra surtout qu'il y ait des sanctions, parce que la plupart des magistrats font très bien…
01:00Vous pensez qu'il faut sanctionner les magistrats qui n'ont pas appliqué les directives du ministère ?
01:03Écoutez, quand un policier ou un gendarme fait une faute, il est sanctionné, c'est tout à fait normal.
01:09Un médecin peut se prendre des procès.
01:11Il y a un corps de métier, encore une fois, la plupart des magistrats font très bien leur travail,
01:16mais qui ne sont quasiment jamais sanctionnés quand il y a une faute.
01:18Là, il y a, je vais reprendre le mot, dysfonctionnement, oui, il y a une sorte de léthargie.
01:24Alors l'enquête le dira, mais il faut qu'il y ait des sanctions à l'arrivée.
01:27Et chacun devra prendre sa part de responsabilité de haut en bas de la chaîne pénale.
01:33Est-ce que c'est, selon vous, un problème de moyens donnés à la justice ?
01:37Mais il peut y avoir un problème de moyens.
01:38Enfin, on a voté la loi de programmation du ministère de la Justice.
01:42Oui, on manque de greffier, par exemple.
01:44Alors, là, en l'occurrence, entre parenthèses, quand on s'aperçoit que c'est par courrier, par la poste,
01:49qu'on transmet une lettre, pourquoi pas les pigeons voyageurs aussi, pendant qu'on y est.
01:52Enfin, on est à l'époque du numérique, on est à l'époque de l'intelligence artificielle,
01:55et on envoie du parquet de Toulouse à Hoche par voie postale.
02:00Donc, il y a peut-être un manque de moyens.
02:03Entre parenthèses aussi, là, dans le coup de rabot qui va être annoncé pour le prochain budget,
02:07c'est dans le budget du ministère de la Justice qu'on rabote à peu près 275 millions d'euros.
02:14C'est autant de places de prison, d'ailleurs, qui ne seront pas construites.
02:17Mais enfin, encore une fois, tout le monde devra prendre sa responsabilité de haut en bas,
02:20parce qu'un ministère, c'est un petit peu comme un général en haut,
02:24puis il y a des officiers, des sous-officiers, des hommes de troupes.
02:26Donc, tout le monde devra prendre sa part de responsabilité.
02:28Votre allié à l'Assemblée nationale, le groupe d'Éric Ciotti,
02:30veut mettre fin à la confusion des peines pour les auteurs de crimes et délits commis sur des mineurs,
02:34c'est-à-dire qu'il veut additionner les peines quand il y en a plusieurs
02:38et supprimer les aménagements de peines.
02:39C'est une solution, ça ?
02:41Ça peut mériter réflexion, parce qu'il faut savoir,
02:44si on veut prendre un point de comparaison aux États-Unis, par exemple,
02:47on additionne les peines.
02:49En France, on prend la peine la plus forte et c'est celle qui est appliquée.
02:52Mais la priorité, numéro un, priorité nationale, ça doit être la protection des enfants.
02:59Oui, évidemment qu'on doit encore faire plus.
03:01Alors, est-ce que ça passe par un changement de loi ?
03:03Ça mérite à être discuté.
03:04Mais la priorité, numéro un, c'est la protection de nos enfants.
03:08Autre sujet pour le gouvernement, la facture des dégradations
03:11en marge de la victoire du PSG le week-end dernier.
03:14Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de préparer des textes
03:17pour que les casseurs payent l'addition, y compris en fonctionnant
03:20dans les allocations sociales.
03:22Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
03:23Ça fait partie de vos propositions ?
03:25Oui, il aurait pu gagner un peu de temps, parce que déjà,
03:27il y a une loi qui date de 2019, mais qui n'est quasiment jamais appliquée.
03:30Oui, c'est une de nos propositions.
03:31On a même déposé une proposition de loi.
03:34Alors, un, tu casses, tu payes.
03:37Et puis, autre volet, il peut y avoir pour les familles
03:40qui ne sont pas capables d'éduquer leurs enfants,
03:42parce que c'est ça, en fait, les allocations familiales.
03:44On vous donne de l'argent, c'est normal, pour éduquer vos enfants.
03:46Mais quand vous n'accomplissez pas…
03:57Ce n'est pas plus compliqué que ça, à comprendre.
04:00Donc, un peu de fermeté, oui, ça ferait du bien.
04:02Donc, alors, on peut mettre un bémol, et c'était dans la proposition de loi
04:06que nous avions déposée.
04:09Si ils sont mineurs ou s'ils ne sont pas solvables, comment on fait ?
04:12Non, attendez, il y a deux choses.
04:14Déjà, parce qu'on nous dit souvent, et ce qui est vrai,
04:16il peut y avoir des mères de familles isolées,
04:18qui ont en charge 3-4 enfants, et puis des fois, à 15 ans,
04:22le gamin, il fait 1m80 pour l'empêcher de sortir à 23 heures,
04:25ça peut être compliqué.
04:26Donc, si elle peut prouver qu'elle n'a pas été en mesure,
04:28enfin, voilà, c'est de lui-même qu'il s'est retrouvé dans la rue
04:31à tirer des mortiers d'artifice sur les forces de l'ordre en pleine nuit,
04:35dont acte, il peut y avoir effectivement cette mesure mis de côté.
04:38Mais dans la plupart des cas, enfin, à 13 ans, 14 ans,
04:40mais qu'est-ce qu'on fait dans la rue à casser, à piller,
04:42à mettre le feu, à attaquer les forces de l'ordre ?
04:44Si la famille n'est pas capable de dire au gamin, tu restes à la maison,
04:47tu ne sors pas, sinon tu seras puni,
04:50il doit y avoir sanction.
04:50Oui, ce n'est pas plus compliqué que ça.
04:52Il y a une manifestation qui est prévue cet après-midi à Carcassonne
04:56pour s'opposer à la politique qui est menée par un maire
04:59Rassemblement National, Christophe Barthès.
05:01Il a été élu il y a trois mois.
05:02Sa première mesure, ça a été de prendre un arrêté anti-mandicité.
05:06Puis il a délogé les syndicats des locaux municipaux.
05:08Est-ce que vous approuvez sa manière de faire ?
05:10Écoutez, déjà, moi, on remarque que tous les maires Rassemblement National
05:14ont été réélus, parfois dès le premier tour.
05:17Et je pense à Louis Alliot à Perpignan.
05:20Oui, mais sur Christophe Barthès, précisément.
05:22Je vais vous répondre, parce que c'est un dossier intéressant,
05:25c'est une bonne question.
05:26Bon, on a 70 maires qui ont été élus, 3000 conseils municipaux.
05:30Christophe Barthès, moi, je le connais parce qu'il a été député.
05:32Il applique son programme.
05:33Alors, souvent, on reproche aux politiques.
05:35De manière un petit peu autoritaire.
05:37Non, mais c'était son programme.
05:38Il a été élu par les gens.
05:41Après, il n'y a rien dans la Constitution qui oblige un conseil municipal, une municipalité,
05:46à donner un local, par exemple, à la CGT.
05:48Il y a des milliers de villes en France où la CGT n'a pas de local.
05:51C'est d'expulser des syndicats ou de supprimer des subventions aux associations
05:55sous prétexte qu'ils vont manifester contre l'extrême droite ?
05:57Vous savez, M. Bagayoko, le maire de Saint-Denis-LFI, avait dit
06:01que les fonctionnaires publics territoriaux ont un devoir d'obéissance.
06:07Enfin, voilà, là, ça n'a pas fait tant de vagues que ça.
06:09Mais M. Bagayoko et LFI.
06:11Mais moi, j'étais conseiller, enfin, j'étais maire adjoint d'une ville de 20 000 habitants.
06:15Au moment, une fois par an, on décide des subventions allouées.
06:18Il y a des associations qui sont subventionnées, d'autres un peu moins, d'autres plus du tout.
06:22Il n'y a rien qui oblige une mairie à subventionner.
06:26Mais il n'y a rien dans la loi qui oblige à subventionner la CGT, à lui donner un local,
06:30ou la Ligue des droits de l'homme qui passe son temps à nous faire des procès.
06:33Christophe Barthez a considéré qu'effectivement, il n'avait plus à soit donner un local, soit subventionner.
06:39Mais entre parenthèses, la dernière manifestation, j'ai regardé, il y avait 200 personnes.
06:42C'était par la grande foule, quand même.
06:44Demain, Jean-Luc Mélenchon fait son premier meeting de candidats à la présidentielle, à Saint-Denis, justement.
06:50Si on résume, les Insoumis, eux, ils ont un candidat, un programme, une équipe.
06:54Ils ont un coup d'avance sur vous, en fait.
06:56Ça ne vous a pas échappé que si on n'a pas de candidats ou de candidats,
06:59c'est parce qu'on attend le 7 juillet une décision de justice.
07:02Voilà.
07:03Et en fonction de ce résultat, on aura une candidate ou un candidat.
07:08Qui est de Jean-Luc Mélenchon ?
07:09Pour vous, c'est votre meilleur adversaire en 2027 ou pas ?
07:12Non, parce que Marine Le Pen l'a dit dans une interview, en fait,
07:15s'il y avait un deuxième tour entre Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou Jordan Bardella,
07:18en fait, ça serait un tel rejet.
07:20Je pense que vous regardez les sondages.
07:22Ça a été testé un deuxième tour.
07:23Alors, on ne va pas crier victoire avant le résultat final.
07:26Mais enfin, il y a un sentiment de rejet de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon.
07:30Et lui, il s'imagine le second tour.
07:31Oui, il peut toujours s'imagine un tas de choses.
07:33Vous avez regardé ce sondage hier qui est sorti sur la cote des partis politiques.
07:36La France Insoumise, 13% d'opinions positives, 41% pour le Rassemblement national.
07:42Voilà, c'est le parti qui suscite le plus de rejets, et notamment Jean-Luc Mélenchon.
07:46Mais ça peut se comprendre quand on voit ces déclarations, leur façon de faire.
07:49Ils sont dans la violence, dans l'outrance.
07:51Ils veulent diviser, cliver la société française.
07:53Et ils ont une vision purement raciale de la société.
07:56Ça, les Français n'en veulent pas.
07:57On veut faire corps.
07:59Justement, la France Insoumise a dénoncé des ingérences.
08:02Le gouvernement s'inquiète de ces ingérences en vue de la présidentielle.
08:05Le Premier ministre va réunir les forces politiques la semaine prochaine à Matignon.
08:08Est-ce que vous irez ? Est-ce que le Rassemblement national sera présent ?
08:11Écoutez, c'est une invitation.
08:12Nous, on a toujours Marine Le Pen, Jordan Bardella.
08:15Je ne sais pas qui serait invité, mais on a toujours répondu.
08:17Vous avez entendu l'ambassadeur d'Israël dans l'émission complément d'enquête qui dit n'importe qui plutôt que
08:23Jean-Luc Mélenchon.
08:24Ça, c'est de l'ingérence, par exemple ?
08:25En 2017, Barack Obama avait dit Emmanuel Macron plutôt que Marine Le Pen.
08:32Je ne sais pas si à cette époque-là, on avait parlé d'ingérence, si on s'en était farouché.
08:37Mais enfin, je pense que l'ambassadeur d'Israël en France connaît très bien la situation des Français de confession
08:41juive vivant en France
08:42et qui sont parfois chassés de leur quartier, de leur vie ou de leur département.
08:46Pas tellement. C'est un ambassadeur qui, par ailleurs, a rencontré Marine Le Pen.
08:48Oui, mais on rencontre tout le monde.
08:51Je veux dire, c'est la moindre des choses.
08:52On ne s'apprête à arriver au pouvoir.
08:54Mais enfin, je pense que l'ambassadeur d'Israël en France s'est très bien placé pour connaître la situation
08:57des Français de confession juive
08:59qui vivent dans notre pays et effectivement sous la menace, on peut le dire comme ça, de la France insoumise.
09:04Un dernier mot, M. Ballard, sur les retraites.
09:07Qui aura justement le dernier mot ? Marine Le Pen ou Jordan Bardella ?
09:10Mais ils disent la même chose, peut-être avec des mots différents.
09:13Ils ne disent pas du tout la même chose.
09:14Bon, ils font le même constat. On peut être d'accord là-dessus.
09:17C'est-à-dire qu'il faut augmenter la productivité de notre pays.
09:21Il faut surtout commencer à faire en sorte que les jeunes travaillent le plus tôt possible,
09:25rentrent le plus tôt possible dans la vie active.
09:27Il y a des économies à faire par ailleurs parce qu'effectivement, les caisses globalement sont en déficit.
09:33Mais si on fait des économies sur la politique migratoire, notre contribution au budget à l'Union Européenne,
09:37le train de vie de l'État, les énergies intermittentes...
09:40Mais 62 ans de départ d'âge légal ou pas, finalement ?
09:44Mais 62 ans...
09:45Ça dépendra du candidat, en fait.
09:46Les Français ont très bien compris que si vous partez à 62 ans...
09:49Effectivement, moi, je comprends très bien.
09:50C'est une bande pour un tas de gens.
09:52On se dit, voilà, j'ai 55, 57, il me reste 5, 6 ans.
09:55Mais si je n'ai pas mes annuités, je vais devoir continuer à travailler encore.
09:59Parce que j'aurai une telle décote sur ma pension de retraite
10:01que je vais être obligé d'aller au-delà de 62 ans.
10:03Est-ce que ce sera tranché d'ici le 7 juillet ? On ne sait pas.
10:05Mais il y a un séminaire le 12 juin.
10:07Voilà, je pense qu'on annoncera et qu'on va attendre le 7 juillet la décision de la justice.
10:13Merci beaucoup.
10:14Merci beaucoup, M. Ballard, d'avoir été notre invité pour les 4 V ce matin.
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