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  • il y a 2 mois
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Aujourd'hui, dans les "4V", Myriam Encaoua revient sur les questions de l'actualité avec Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation nationale.

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Transcription
00:04Bonjour Jean-Michel Blanquet, vous réunissez à partir de ce soir et tout le week-end à Sens, la troisième
00:09université d'été du laboratoire de la République.
00:12C'est votre laboratoire d'idées, on va y croiser Sébastien Lecornu, Edouard Philippe qui va débattre avec François Hollande,
00:18Xavier Bertrand, Bernard Cazeneuve, presque tous les candidats.
00:20Mais pas de personnalité RN ou d'élus insoumis, pourquoi ? Est-ce que vous considérez qu'ils sont en
00:26dehors de la République ?
00:27En tout cas en dehors de ce rendez-vous, vous savez le but est précisément d'arriver à ce que
00:31ni l'extrême droite ni l'extrême gauche ne soient au pouvoir dans un an.
00:36Ça ne veut pas dire qu'il y a une excommunication mais ça veut dire qu'on doit voir aujourd
00:39'hui quelles sont les idées possibles pour éviter ce que je crois beaucoup de Français ont quand même envie d
00:44'éviter, c'est-à-dire ce duel-là.
00:46Donc je ne vais pas organiser le duel dont il rêve.
00:48Michel Blanquer, il se profile en tout cas à ce stade de la compétition et est à 8 mois du
00:52premier tour.
00:53Le Pen-Mélenchon, ça doit quand même vous interroger, pourquoi ? Qu'est-ce qui fait que le pays peut
00:58se donner aux extrêmes ? Qu'est-ce que vous avez raté au pouvoir ?
01:02Il y a beaucoup de raisons à cela et on les connaît bien. D'abord il y a des raisons
01:06mondiales. Regardez ce qui se passe aux États-Unis.
01:09Vous avez d'un côté le trumpisme, de l'autre vous avez du côté du Parti démocrate une tendance à
01:13aller aussi vers l'extrême gauche et vers des propositions démagogiques.
01:17Donc il y a un mouvement mondial dans ce sens. Par ailleurs, ça fait quelques décennies qu'en France on
01:22voit les choses se dégrader.
01:23– Mais en France, ces dernières années, ça fait dix ans qu'Emmanuel Macron gouverne, il est responsable ?
01:28– Il est co-responsable bien sûr, avec d'autres, avec nous tous en réalité. Je crois qu'il faut
01:33tous se responsabiliser sur ce qui se passe.
01:36Par exemple, le premier des sujets que j'ai tendance à souligner, c'est le divorce des territoires.
01:39On a aujourd'hui la France rurale, la France des banlieues, la France des centres-villes.
01:43Ça fait trois Frances économiques, sociales et politiques. Il faut en finir avec ce divorce. Il faut re-rassembler les
01:48Français.
01:49C'est pourquoi, au laboratoire de la République, la première des idées, c'est reprendre l'aménagement du territoire,
01:55c'est-à-dire dans une alliance État-collectivité-territoriale, à être beaucoup plus équitable avec le territoire de France.
01:59– Avec des services publics qui reviennent, y compris dans les zones les plus enclavées.
02:03Est-ce que vous allez vous engager ? On vous sent encore très politique.
02:05– L'agriculture et l'industrie aussi.
02:06– Est-ce que vous allez vous engager dans cette campagne ? Derrière qui ?
02:10– Alors, les deux questions n'ont pas la même temporalité. Sur le premier plan, c'est évident.
02:14C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a ce rassemblement à sens. Le slogan, c'est « Faire
02:17sens ensemble ».
02:18À mon avis, c'est une bonne définition de la République.
02:22– Soutiendrez-vous Édouard Philippe ?
02:23– C'est possible. Pour l'instant, ce n'est pas défini. En tout cas, il fait partie des gens
02:26qui sont évidemment tout à fait dignes de la fonction, il n'y a aucun doute.
02:29– Quand est-ce que vous allez l'annoncer ?
02:31– Je ne pense pas qu'il y a une urgence à ce que j'annonce quoi que ce soit.
02:33Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est qu'on commence par les idées avant de commencer par les personnes.
02:37Donc ce que les gens vont voir à sens, il y a beaucoup de personnes qui vont venir,
02:40beaucoup de participants. On attend plus de 1000 personnes à sens.
02:44Ce qu'on va voir, c'est des idées. C'est comment on transforme la France.
02:47– Alors les idées, on y vient. L'école. Vous êtes ancien ministre de l'Éducation nationale.
02:53Vous avez vu les propositions d'Édouard Philippe. Revalorisation, plus 20% d'augmentation
02:58pour les enseignants en 5 ans, plus d'autonomie, de liberté dans les classes.
03:02Et puis des amendes, de l'autorité pour les parents d'élèves défaillants.
03:06Ça, c'est Blanquerre compatible, non ?
03:08– Tout à fait, oui. Notamment, l'autonomie des établissements, ça va évidemment dans la bonne direction.
03:14Ce qui est très important, c'est qu'il a parlé aussi du dédoublement des classes.
03:16Vous savez, ça touche. On parle toujours de ce qui ne va pas.
03:18Vous y faisiez allusion tout à l'heure. Il y a aussi ce qui va.
03:21Il y a 400 000 enfants chaque année qui bénéficient du dédoublement des classes.
03:24Et ça produit de premiers effets sur la remontée du niveau.
03:27– Alors ça, c'est déjà fait, ça va monter en puissance ?
03:28– Non, il va le faire monter en puissance.
03:29– Mais la revalorisation, les amendes, la question aussi de l'autonomie, pourquoi on ne l'a pas fait avant
03:34?
03:34– Non, la revalorisation, elle est amorcée, elle n'est pas suffisante.
03:37Il y a une étude qui est sortie il y a quelques jours,
03:39qui a dit que la rémunération est de 3000 euros en moyenne.
03:42C'est beaucoup mieux qu'il y a quelques années encore.
03:44C'est quelque chose qui s'est amorcé à la fin du premier quinquennat.
03:46Mais bien sûr, il faut aller plus loin.
03:47Je suis le premier, je l'ai toujours dit, à dire qu'il faut mettre le professeur au centre de
03:51la société.
03:51Et donc le valoriser, pas seulement financièrement,
03:54mais au titre du projet éducatif du pays.
03:56Ce qui est très important, c'est de dire que l'éducation,
03:58c'est le premier des sujets avec l'équilibre des territoires.
04:00– Avec un ministre qui dure cinq ans, comme vous,
04:03ça c'est la proposition de Gabriel Attal,
04:04il veut que le ministre de l'Éducation ne puisse pas partir avant un quinquennat.
04:10C'est démago, c'est réaliste ?
04:11– Non, c'est tout à fait justifié, c'est extrêmement important.
04:13Je l'ai illustré, c'est la première fois que c'est arrivé dans l'histoire de la République,
04:17même pas seulement de la Ve République.
04:19C'est extrêmement important.
04:20Moi, ce que j'ai beaucoup regretté pour le deuxième quinquennat,
04:22c'est précisément l'instabilité ministérielle,
04:24les sept ministres qui se sont succédés.
04:26Ça, ça n'a pas de sens, quelle que soit la valeur des uns et des autres.
04:29On a besoin de stabilité, donc on a besoin, effectivement,
04:33là j'aurais aimé qu'en dix ans, si vous voulez,
04:34il y ait deux ministres, moi-même pendant cinq ans
04:37et une autre personne pendant cinq ans, avec des continuités.
04:40– L'IA à l'école, stop ou encore ?
04:42On y va franchement ou on y va doucement ?
04:45– Non, il faut y aller franchement dans une direction équilibrée,
04:48c'est-à-dire que plus le monde est technologique,
04:49avec l'IA et d'autres phénomènes comme la robotisation,
04:53plus il faut ancrer les enfants dans la nature, la culture, d'une part,
04:57et d'autre part, plus il faut tenir compte de l'IA,
04:59dans la nature de la pédagogie que l'on fait.
05:01Donc j'ai beaucoup regardé ce point,
05:02il faut un grand plan de transformation de l'école
05:04qui prenne en compte cela, mais qui n'abandonne pas,
05:07au contraire, tout ce qui est ancrage de l'enfant,
05:09c'est-à-dire savoirs fondamentaux et relations au réel.
05:11C'est extrêmement important.
05:13Il y a une deuxième chose qui est très importante à dire
05:14et qui n'est pas tellement dit par les candidats aujourd'hui,
05:17c'est que l'éducation, c'est pas seulement ce qui se passe à l'école,
05:19c'est ce qui se passe tout autour.
05:21Le temps de l'enfant, il est majoritairement en dehors de l'école.
05:23C'est pourquoi on l'avait fait, les vacances apprenantes,
05:25le plan mercredi, etc.
05:27Il faut que ce soit un projet de société,
05:28que tous les Français soient concernés par la priorité à l'enfance,
05:32c'est-à-dire ce qui se passe de positif, d'intelligent,
05:35de culturel, de naturel pour les enfants,
05:38en dehors du temps scolaire.
05:38Tout ça, Jean-Michel Blanquer, ça coûte très cher,
05:413 500 milliards de dettes, des taux d'emprunts records.
05:46Quels sont les leviers de financement ?
05:48Vous avez vu les propositions.
05:50Raphaël Glucksmann veut taxer les super successions.
05:53L'héritage, c'est bien, c'est pas bien ?
05:56Au laboratoire de la République,
05:57on va faire toute une série de propositions sur l'équilibre des comptes.
05:59C'est l'un des principaux sujets que nous avons en face de nous aujourd'hui
06:03puisqu'il y a deux murs devant la France aujourd'hui.
06:05Il faut le dire avec une certaine gravité.
06:06Il y a un mur politique si l'extrémisme arrive au pouvoir.
06:09Et puis, il y a un mur économique et financier
06:11qui sera au lendemain de l'élection présidentielle
06:13si on a dit n'importe quoi pendant la campagne.
06:15Alors, je vois qu'on dit déjà n'importe quoi.
06:17Donc, il faut revenir à l'équilibre des comptes.
06:19Je ne pense pas que tous les concours lépines de taxation
06:22soient de bonnes idées.
06:24Je pense qu'on doit surtout regarder ces économies.
06:25À partir de 2 millions d'euros,
06:26ce n'est pas légitime de taxer l'avantage ?
06:29On peut repenser la fiscalité française, c'est certain.
06:32Et cette idée en fait partie.
06:34Mais le plus important, c'est surtout
06:35de réussir à beaucoup mieux dépenser.
06:37La France n'est pas divergente des autres pays
06:40quand on regarde ses dépenses régaliennes.
06:44Sécurité, éducation et même santé dans une certaine mesure.
06:47En revanche, tout ce qui a trait à ce qu'on appelle l'état-providence,
06:51c'est-à-dire notamment les retraites,
06:52les différentes indemnisations,
06:54c'est là que la France est totalement divergente
06:56et que les dépenses sociales se sont envolées.
06:58Donc, je vais vous prendre un exemple.
06:59Sur la santé, on a un plan au Laboratoire de la République
07:03qui est véritablement de passer à une autre logique de santé,
07:05d'abord en confiant aux régions,
07:07ensuite en étant beaucoup plus sur la prévention.
07:0980% de notre santé, c'est un enjeu de prévention
07:11et 20% c'est le curatif.
07:13Tout l'argent que nous mettons, c'est sur le 20%.
07:15Si on mettait un peu plus vers le 80%,
07:17et si on allait beaucoup plus près des Français
07:19pour l'accessibilité de la médecine en particulier,
07:21il y a beaucoup de choses à faire qui peuvent améliorer les choses
07:24et qu'on doit en deux ans revenir à un équilibre des comptes
07:27qui permettra ce type d'action.
07:28C'est possible, donc, selon vous.
07:29Merci beaucoup.
07:29Oui, nous le montrerons.
07:30Merci beaucoup, Jean-Michel Blanquer.

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