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Ce mercredi 14 octobre, Alain Pitous, senior advisor ESG, et Jean-Jacques Friedman, directeur des gestions déléguées chez VEGA Investment Solutions, étaient les invités de l’émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:01BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Nos experts du club ce soir, ils viennent de nous rejoindre.
00:06Jean-Jacques Friedman pour Vega Investment Solutions.
00:08Bonsoir Jean-Jacques.
00:09Bienvenue, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas croisé.
00:11Ravi de vous retrouver.
00:12Et Alain Pitouz, Senior Advisor ESG.
00:15Rebonsoir, non, pas rebonsoir, mais enfin on se suit souvent Alain.
00:17Bienvenue.
00:18Ravi de vous retrouver également.
00:19Le CAC donc pour une fois chante plus fort mieux que les autres.
00:22En tout cas, il est en hausse aujourd'hui alors que les autres indices sont plus timides.
00:25On essaiera de comprendre ce qui se passe sur le CAC 40.
00:27D'abord, le chiffre du jour.
00:29Allons-y directement au strict recul à cause de l'inflation.
00:31Les prix à la consommation ont été publiés aux Etats-Unis, supérieurs aux attentes.
00:34Elles progressent l'inflation de 7,6%.
00:37Et même sans tenir compte de l'énergie, 7,7%.
00:39Et même sans tenir compte de l'énergie, le chiffre est supérieur aux attentes.
00:41C'est peut-être ça la plus mauvaise nouvelle peut-être.
00:43Comment vous regardez ce chiffre des prix à la consommation, vous Jean-Jacques, aujourd'hui ?
00:46Si l'idée c'est que ça modifie finalement les anticipations de hausse des taux de la Fed
00:50et que ça les met avant octobre, nous on n'y croit pas.
00:52Donc je ne pense pas que ce chiffre à lui seul remette,
00:55nous on était dans un horizon 80-20, 80% qui ne se passe rien en octobre.
00:59Je ne pense pas que ce chiffre remette quand même en question une anticipation plus rapide.
01:03Ça serait juste avant finalement les élections de mi-mandat.
01:08Ça serait au moment où on a eu des autres chiffres qui étaient plus intéressants sur le PCE,
01:11dans les déflateurs de l'inflation qui étaient relativement corrects.
01:16Donc là on sait que c'est très volatil parce qu'il y a des chiffres du pétrole qui étaient
01:19assez volatiles.
01:20Il y avait aussi des chiffres derrière le prix du pétrole de produits raffinés aussi
01:24qui ont été vraiment élevés.
01:26Donc ce chiffre je pense qu'il n'y a quand même pas une diffusion de l'inflation.
01:30Il y a suffisamment de mauvaises nouvelles pour celle-ci.
01:32On puisse se dire qu'il n'y a quand même pas de diffusion finalement.
01:35Il y a un marché du travail qui n'est pas suffisamment tendu
01:38pour qu'il y ait vraiment des effets de second tour.
01:40Donc nous on est toujours dans l'anticipation.
01:42Elle accélère quand même hors énergie et alimentation à 2,6%.
01:45Oui, mais on est quand même loin.
01:47C'est à 2,5, 2,6.
01:48C'est-à-dire que tout est centré vraiment sur les anticipations finalement de la Fed
01:52et nous on reste dans le schéma comme quoi il n'y aura pas de hausse des taux en octobre.
01:56Pour les raisons que vous venez de citer.
01:58Néanmoins le marché, sans parier encore après ce chiffre d'inflation sur une hausse de taux en octobre,
02:01quand même, revoit la hausse, la probabilité.
02:04On était à 22% de probat il y a deux heures, de trois heures.
02:06Là on est à 45% de probabilité d'une hausse de taux en octobre après le chiffre d'inflation.
02:10Oui, c'est une réaction un peu à chaud.
02:13Donc il faut toujours se méfier un peu de ce genre de réaction.
02:15Mais je dirais que moi je trouve que ça va dans le narratif qu'on a en ce moment.
02:19C'est-à-dire qu'en fait on est dans la spirale qui se met en place depuis quelques mois
02:23maintenant
02:23qui est des déficits publics qui sont très importants
02:29et qui sont toujours pratiquement hors de contrôle dans plusieurs grands pays.
02:34Donc ça, ça continue.
02:36On pouvait espérer que ça s'améliore avec une inflation qui serait sous contrôle.
02:39Ce n'est pas le cas.
02:41Donc voilà, on a pas à pas les dominos qui continuent de vaciller du mauvais côté.
02:47Donc les éléments les plus fragiles sont les plus attaqués,
02:53et la France en particulier.
02:54Donc moi je trouve que c'est un chiffre qui est effectivement pas plus mauvais que ce qu'on pouvait...
03:01Rien de méchant sur l'inflation pour autant.
03:03Moyennant quoi, ça continue.
03:04C'est-à-dire qu'en fait on n'est pas sur un coup d'arrêt.
03:08Quand on évoque 22% de probabilité de hausse des taux et qu'on passe à 45, c'est plus
03:13la même chose.
03:14Et puis, ce qui se met en place derrière, c'est quelque chose qu'on a vu aussi par le
03:19passé.
03:19C'est hausse des taux longs qui continue.
03:24Et l'Europe va être un peu emmenée dans ce schéma-là.
03:26C'est-à-dire que quand les taux américains montent de 10 centimes,
03:29ils montent de 5 centimes en Allemagne et de 12 ou 13 en France.
03:33C'est un peu le tarif qu'on a en ce moment.
03:34Donc ça, ça va continuer.
03:36On a le dollar, l'euro qui baisse assez nettement avec un dollar qui monte contre toute devise.
03:41Fortement. L'euro vaut 1,1119.
03:43Forte hausse du dollar aujourd'hui après l'inflation.
03:45Voilà. Et puis, l'effet de bord aussi qui est un peu étonnant
03:49parce qu'avec une inflation qui monte, on pouvait penser que l'or allait servir un peu de refuge.
03:54Ce n'est pas du tout le cas.
03:55Alors, on a toujours cet îlot de résistance sur les techs.
03:59Tout le monde anticipe de bons résultats, ce qui est le cas quand même aujourd'hui.
04:01Tous les résultats qu'on peut voir sont quand même très bons.
04:03et SML, c'est très bon.
04:06Moi, je trouve qu'on est dans une situation qui n'est pas bonne sur le plan de l'espèce
04:10de contagion
04:11qui se met en place sur les marchés.
04:12Oui, effectivement.
04:13Plus que l'inflation elle-même qui, aujourd'hui, certes, accélère un peu, mais n'est pas alarmante,
04:16c'est le niveau des déficits qui maintient le marché obligataire à ce niveau de pression.
04:19C'est l'idée.
04:20Alors, certains disent, Christopher Waller pour la fête, non, c'est la croissance.
04:23C'est la perspective de croissance de l'économie américaine qui fait monter les taux
04:26comme ils montrent plus que la question de l'inflation.
04:29Il n'évoque même pas les déficits.
04:31La question, c'est à partir de quel niveau de taux aux Etats-Unis le marché va commencer à flancher
04:35?
04:35Il se trouve qu'on a l'enquête mensuelle Bank of America.
04:38Et dans cette enquête mensuelle, il semble que le niveau de 5,9% pour les taux américains, les taux
04:43longs,
04:435,9% soit la bascule.
04:45Au-delà de 5,9%, les investisseurs en actions vendraient les actions
04:48parce que les actions feraient plus concurrence au marché obligataire.
04:50Si on avait interrogé les investisseurs il y a quelques mois, on aurait dit 5%.
04:54Aujourd'hui on dit 5,9%, c'est vrai que c'est même étonnant quand même que ça tienne.
04:58Sur la déclaration, elle est à moitié vraie, c'est-à-dire que je ne pense pas que ça soit
05:02l'inflation,
05:02mais ce qui est inquiétant, c'est l'équilibre, je dirais, entre l'épargne et les besoins de financement.
05:09C'est ça qui a été profondément modifié.
05:12C'est indirectement lié à la croissance.
05:13C'est-à-dire que les investisseurs japonais ne sont plus présents.
05:16Et surtout, il y a de tels besoins de financement des entreprises privées.
05:20Ce n'est pas qu'il y a une plus grande croissance, mais il y a un besoin de financement.
05:23Avant, vous étiez à Max7, vous aviez une trésorerie exédentaire, pléthorique,
05:28que vous placiez dans le marché.
05:29Aujourd'hui, vous allez demander l'argent dans le marché.
05:31Pour rejoindre ce que disait Alain, en plus, il y a presque l'inverse de ce qu'on connaissait avant,
05:35c'est-à-dire qu'il y a un effet d'éviction finalement des dettes d'État
05:39où les investisseurs ne croient plus finalement à une gestion saine.
05:42Alors, c'est très vrai pour la France, mais c'est vrai également pour les États-Unis.
05:45Et donc, ils préfèrent placer finalement sur des dettes privées.
05:49Et c'est ça qui contamine.
05:51Mais la question, c'est est-ce qu'ils vont même préférer au marché d'action,
05:54le marché obligataire et les dettes privées obligataires, voire les dettes souveraines ?
05:56Le disant américain, il est à 5,26% aujourd'hui.
05:59Dans cette enquête Bank of America, j'y reviens, on place les investisseurs,
06:02les grands investisseurs mondiaux en action, on place la limite maximale de ce qui est supportable à 5,9%.
06:06Au-delà d'un disant américain à 5,9%, ils vendraient leurs actions au profit de l'obligataire.
06:10Autrement dit, Wall Street ne tiendrait plus, ne battrait plus de records.
06:12Il y aurait une alternative possible, c'est ce que ça veut dire.
06:14C'est qu'il y aurait une alternative possible, mais on le voit déjà en France,
06:17on a beaucoup de signatures investment grade,
06:19codent déjà avec des taux plus bas que les dettes d'État françaises.
06:22Donc, il faut garder en tête qu'il y a cette défiance des États, etc., qui est extrêmement forte.
06:26Et en même temps, il y a des investissements,
06:28il y a vraiment une révolution technologique et des investissements massifs
06:31qui font qu'il y a encore des résultats.
06:33J'ai du mal à vous empêcher de parler d'IA, c'est très compliqué.
06:36C'est vrai, chaque jour, on démarre souvent le club par l'intelligence artificielle.
06:38Aujourd'hui, on s'était dit, on va démarrer par autre chose,
06:40il y a le chiffre d'inflation et tout, et ça fait déjà 3-4 fois qu'on évoque
06:42comme ça en filigrane l'IA, je vous promets qu'on va y revenir en détail dans un instant.
06:45Après, je pense qu'il y a aussi un autre point qui est dans la contagion qu'on évoque,
06:49c'est qu'en fait, une crise qui arrive par un accident sur une valeur,
06:55avec des tensions géopolitiques, avec un marché actions qui baisse nettement, etc.,
07:01les choses peuvent s'inverser très rapidement.
07:03C'est-à-dire qu'on voit que quelques bonnes publications,
07:06un secteur qui tire le reste de la cote peut permettre de passer le cap.
07:10C'est-à-dire que c'est vraiment quelque chose qu'on a vu à plusieurs reprises.
07:13Mais là, je trouve que ce qui change aussi, c'est que la contamination,
07:16elle se fait par les emprunts d'État à cause de l'inflation
07:19et à cause de déficits extrêmement importants.
07:22Et puis avec ce que dit Jean-Jacques, qui est quand même aussi un des facteurs déstabilisants en ce moment,
07:26c'est les grosses émissions qu'il peut y avoir en ce moment dans le marché.
07:29Et ça, ça ne va pas s'arrêter en 5 minutes.
07:31C'est-à-dire qu'en fait, plus le temps passe et plus le temps est long sur des taux
07:36d'intérêt,
07:37parce que c'est plus ce problème qui est là.
07:39C'est-à-dire que si on reste pendant 6 mois, 5,5, les gens vont commencer à regarder
07:44est-ce qu'il y a des dividendes plus bas, est-ce qu'il y a des perspectives plus faibles,
07:48un résultat pas terrible sur un secteur.
07:50On inverse les choses.
07:52Et c'est ça, je trouve, le problème en ce moment, c'est qu'aux États-Unis, il n'y
07:56a aucune velléité.
07:57Alors, il y a l'autre qui achète 6 milliards d'obligations longues, Bessane qui dit que je vais acheter
08:02avec sa petite...
08:03Oui, oui, oui, pour soutenir le marché, c'est quand même pratiquement ridicule.
08:09Il n'y a aucune perspective de baisse du déficit.
08:12En France, je n'en parle pas.
08:13Donc, on est quand même dans une situation où, au fil du temps, on fragilise le marché en restant avec
08:19tiré.
08:20Alors là, ça fait votre lien avec l'IA, c'est-à-dire qu'on est quand même sur quelques
08:23secteurs qui tirent l'ensemble de l'IA.
08:24On fragilise le marché, mais il tient.
08:25Alors, pour cette raison que vous avez donnée, est-ce que quelque part, le signal, pour le coup, de véritable
08:30entrée dans une phase plus fragile du marché,
08:32ce sera quand les banques, quand le secteur bancaire réagira beaucoup plus mal aux hausses de taux ?
08:36On a les publications d'un secteur bancaire américain.
08:38Il a déjà réagi très mal, le secteur bancaire.
08:41Les banques françaises, quoi.
08:42Les banques américaines, elles ont fait moins 15, quand même.
08:46Après, il y a les banques et les banques.
08:48C'est-à-dire que j'entendais, en venant, j'écoutais, on comparait BlackRock avec, je ne sais plus si
08:54c'était Goldman Sachs,
08:55mais ce n'est pas du tout la même chose.
08:56BlackRock, ce n'est pas une banque.
08:58Donc, ça n'a strictement rien à voir.
09:00Et effectivement, Goldman Sachs, quand quelquefois vous vous demandez ce qui est devenu votre argent quand vous faites du trading,
09:05regardez les résultats de Goldman Sachs,
09:06et puis vous retrouvez votre argent.
09:08Par contre, les banques commerciales, elles, sont plus en difficulté
09:11parce qu'elles commencent à poser des questions sur le provisionnement
09:14parce qu'il y a quand même des segments qui ne sont pas terribles.
09:16Vous dites ça en référence aux publications américaines.
09:18Les banques américaines ont vraiment quasiment toutes publié leurs résultats.
09:21Ça y est, c'est le grand coup d'envoi des trimestriels.
09:23C'est la leçon que vous en tirez, à savoir plutôt des signaux de fragilité de ces banques américaines.
09:26Désormais, on entre dans cette phase-là.
09:27On commence à se poser des questions.
09:29Ce n'est pas encore massif, mais Bank of America, c'est quand même le moins bon de la bande.
09:34C'est sûr qu'à côté de ça, les banques de marché, elles, elles, s'en sortent.
09:37Mais ils ont une amende exceptionnelle.
09:39Il y a un exceptionnel dans les résultats.
09:40Non, il n'y a pas que ça.
09:40Il y a des provisions aussi qui sont un peu plus élevées quand même que précédemment,
09:43ce qui est normal.
09:44C'est la même nouvelle finalement quand on atteint un certain seuil.
09:47C'est-à-dire que l'histoire de la pontification des taux,
09:50c'est vrai que sur le papier, ça peut être bon pour une banque,
09:52mais si vraiment les taux montent trop et que ça engendre des défauts d'entreprise,
09:55eh bien là, on atteint un seuil où le marché ne réagit plus favorablement à la pontification des taux.
10:00Ce n'est pas ce qu'on voit dans les publications des banques américaines, non ?
10:03Non, sur les publications, ça a été varié entre les banques de marché et les banques qui sont plus de
10:08réseau.
10:09Mais sur les banques françaises, elles ont décroché, vous prenez un titre comme Sockgen,
10:14ça a décroché de 25% par rapport à ces plus hauts.
10:16Ça s'est fait un peu en catimini, mais oui, passé de 85 à 65 en gros.
10:20Et là, on se retrouve aussi, moi je trouve que ce qui est un peu,
10:22c'est des trucs, c'est un peu bovin peut-être comme réaction,
10:25mais les investisseurs ont refait le sketch de 2000 ans,
10:30c'est-à-dire taux souverain qui monte,
10:32donc je mets un gros tir sur les banques locales
10:34parce qu'il y a quand même un truc de consanguinité,
10:38on ne sait pas trop ce qu'elles détiennent, on ne sait pas trop l'impact, etc.
10:42Mais là aussi, c'est dans la contagion, on est typiquement là-dedans,
10:45c'est-à-dire que taux souverain, crédit qui commence à se dégrader un petit peu,
10:48les banques qui se dégradent en Europe particulièrement,
10:51donc voilà, ça se dégrade parce qu'on est sur quelque chose
10:56qui est assez logique par rapport à l'activité qui est moins bonne.
10:59Donc si l'activité est moins bonne en France,
11:01les banques françaises qui en tirent quand même une bonne partie de leurs résultats
11:04vont quand même souffrir.
11:05Après, je ne dis pas que c'est éternel, mais en tout cas, ce n'est pas terrible.
11:07Pour les Etats-Unis, il y a peut-être un bémol à porter,
11:09c'est-à-dire que, pour revenir à l'IA, il y a une telle rentabilité finalement
11:13que d'emprunter à 5 plutôt que 4,
11:15quand on a de tels niveaux de rentabilité
11:17et qu'on a déjà un cahier jusqu'à 2030 extrêmement soutenu,
11:21je veux dire, ce n'est pas le point central.
11:22Donc ils arrivent encore à investir.
11:24Et donc je pense que tant qu'on a des taux élevés,
11:26peut-être qu'il peut y avoir un miracle un peu autour du pétrole, etc.
11:29On a beaucoup de doutes au niveau des élections
11:31qui pourraient un peu calmer le jeu.
11:33On ne peut pas revenir à la case départ, ça c'est sûr,
11:35sur les taux, mais ça peut calmer un jeu.
11:36Tant qu'il y a ça, finalement, il y a une concentration
11:38vis-à-vis de quelques secteurs.
11:40Et pour espérer d'avoir peut-être un marché qui s'élargit,
11:43ce qui est souvent le cas dans les publications du troisième trimestre,
11:47là, il faudrait que les taux se calment
11:48pour que le reste de la cote puisse profiter.
11:51Il y a un peu un marché comme ça en accordé.
11:53C'est la question qu'on se posait déjà hier,
11:54mais on peut la retenter, la reposer.
11:56Qu'est-ce que vous préférez ?
11:57Vous préférez que la tech ralentisse et ralentisse ses investissements,
12:00ralentisse sa logique d'endettement,
12:01pour que le marché obligataire se calme aussi et se détende ?
12:05Mais dans ce cas, il y aurait moins de croissance,
12:06puisque la tech ralentirait.
12:07Ou au contraire, vous choisissez la croissance,
12:08la tech qui t'a payé des taux élevés ?
12:10La croissance qui t'a payé des taux élevés.
12:11Ah d'accord. Et vous, Alain ?
12:12Oui, pareil.
12:13De toute façon, c'est une course...
12:14Enfin là, c'est tellement important pour les entreprises de la tech
12:19d'être positionnées dans cette course.
12:21Et toutes les boîtes en avalent.
12:22Elles ne vont pas s'arrêter.
12:23C'est-à-dire qu'il y en a qui resteront sur le carreau à un moment donné,
12:26mais instantanément, elles ne vont certainement pas arrêter la course.
12:30Je pense qu'on est sur quelque chose qui est au moins jusqu'en mi-2027.
12:34Après, le premier...
12:35ASML a publié, ils annoncent que leur carnet de commandes, désormais,
12:37porte non plus sur 2028, 2029, mais sur 2030.
12:40On entame 2030 sur le carnet de commandes, là.
12:41Oui. Alors, je voulais répondre là-dessus,
12:44parce que Jean-Jacques, il disait, voilà,
12:45il y a une telle rentabilité qu'on continue...
12:48Mais, enfin, on se rappelle, Jean-Jacques,
12:50on y était à ce moment-là, 2005-2006,
12:52tout le monde voulait investir dans les banques,
12:53parce que la rentabilité des banques était telle
12:55que c'était l'Eldorado.
12:57C'est-à-dire que c'était vraiment là-dedans qu'il fallait investir,
12:59parce que vous comprenez, la rentabilité est telle
13:00que, même si les taux montent un peu,
13:02ce n'est pas très grave.
13:02On n'est pas du tout dans ce schéma-là, mais...
13:05Et puis, la crise financière est arrivée.
13:06La crise financière est arrivée,
13:07mais bon, on n'est pas du tout là-dedans.
13:09Mais l'histoire des carnets de commandes,
13:12annuler un carnet de commandes,
13:13ce n'est pas non plus...
13:14Annuler une commande,
13:15ce n'est pas non plus quelque chose de totalement impossible.
13:17Et je pense que le signal de fin de cette hausse,
13:20ce sera quand un hyperscaler quelconque
13:23va annoncer que, finalement,
13:24ils ne vont pas investir 250 milliards
13:26parce qu'ils ont du mal à lever des capitaux,
13:28mais qu'ils vont en investir seulement 125.
13:29Et là, ce jour-là,
13:31il va y avoir un réajustement,
13:32mais ce n'est pas grave.
13:34C'est comme ça.
13:35Il y a des moments, il y a des respirations
13:37et on aura une respiration.
13:38Est-ce que sur la tech,
13:39et on parlera après du secteur de la défense
13:40parce qu'il y a une info intéressante,
13:41en tout cas une valeur intéressante à suivre aujourd'hui,
13:43E-Telsat gagne 30%
13:45tout simplement parce que le marché se demande
13:48si les États-Unis ne vont pas lâcher l'Ukraine.
13:50Starlink qui pourrait lâcher éventuellement l'Ukraine
13:52dans son soutien Starlink à l'Ukraine.
13:53Du coup, est-ce que Telsat, OneWeb,
13:55qui est une alternative éventuelle,
13:56pas vraiment la même capacité,
13:57mais pourrait en profiter ?
13:58Est-ce que l'Ukraine pourrait choisir
13:59plutôt que Starlink, l'américain,
14:01un acteur européen comme Telsat ?
14:02On va en parler dans un instant,
14:03mais le titre Telsat cartonne aujourd'hui.
14:06Du coup, j'oublie ma question.
14:08Oui, sur l'IA.
14:09Vous vous dites quoi, Jean-Jacques,
14:11qu'on est dans la bulle
14:12et qu'il faut y être
14:14parce que ceux qui finalement
14:16ont le plus à perdre
14:17sont ceux qui ne prennent pas la hausse
14:18et à la bulle
14:18ou au contraire, y être,
14:19c'est prendre le risque de subir l'éclatement ?
14:21Non, je pense que
14:21quand on regarde les multiples de valorisation de 2027
14:24avec les prisions de croissance des résultats,
14:25le Nasdaq, ça ne se paye entre guillemets que 22 fois.
14:28C'est-à-dire que déjà,
14:29l'histoire finalement d'entreprises
14:34qui auparavant
14:34avaient une trésorerie pléthorique,
14:36aujourd'hui,
14:36leurs multiples de valorisation ont diminué
14:38et le marché en a tenu compte.
14:40Je pense qu'il y a une séquence,
14:41c'est-à-dire que
14:41la séquence d'investissement
14:43qu'on a à l'heure actuelle
14:44donne de la visibilité.
14:45Dans deux ou trois ans
14:46qu'il y aura des morts
14:47et qu'il n'y aura pas que des gagnants
14:50et on ne sait pas finalement
14:51si au niveau de l'IA,
14:52il y aura une boîte qui dominera
14:53un peu comme un Google
14:54ou s'il y aura plusieurs boîtes
14:55ou s'il y aura des boîtes spécialisées.
14:56Tout ça fait que dans quelques années,
14:58bien sûr que pas toutes
15:00arrivons à rentabiliser
15:01les énormes investissements
15:02qui ont été faits.
15:03Mais pour l'instant,
15:03c'est plus la capacité d'investissement.
15:05Et ce que je trouve très intéressant,
15:06c'est qu'on parle,
15:07il y a des investissements
15:08et c'est normal que
15:10les boîtes de l'IA montent.
15:11Mais il y a des fournisseurs,
15:13c'est normal qu'eux gagnent de l'argent,
15:15mais les clients aussi
15:16qui investissent beaucoup
15:18gagnent aussi de l'argent.
15:19Parce que les deux fonctionnent.
15:20Ça veut dire qu'il y a déjà
15:21une forme de financiarisation
15:22qui n'était pas forcément escomptée
15:24à ce niveau-là,
15:25qui se produit.
15:26Donc à la fois les fournisseurs
15:27et les clients,
15:28ce qui n'est pas évident,
15:29gagnent de l'argent.
15:30Et en plus, les deux,
15:31quand vous faites des data centers,
15:32c'est des semi-conducteurs,
15:34mais c'est aussi toute la chaîne
15:35sur de l'électricité,
15:37des terrains,
15:39de la construction.
15:39Et ces thématiques-là
15:40montent aussi, bien sûr.
15:41Et montent.
15:41Et en plus,
15:42il y a les donneurs d'or
15:43qui ont tellement les poches pleines
15:45que finalement,
15:46ça explique quand même
15:46les résultats très importants.
15:48Parce que comment se fait-il
15:49qu'avec 3% de croissance,
15:51on va avoir plus de 15%
15:52de croissance des résultats
15:53en Europe
15:53et presque 30% aux Etats-Unis.
15:55C'est ça qui est totalement anormal.
15:56La différence, c'est quoi ?
15:56C'est l'IA ?
15:57La différence, c'est juste l'IA ?
15:58La différence, c'est les fournisseurs
16:00qui sont capables
16:02de faire payer cher
16:03l'ensemble de cette chaîne
16:04et qui profitent
16:04à toute la chaîne
16:06du CapEx.
16:07Et beaucoup d'experts se disent
16:08oui, oui.
16:09Et en plus, l'IA va infuser,
16:11toucher toutes les entreprises,
16:12leur permettre d'augmenter
16:13leur productivité.
16:15Bon, Internet est arrivé en 2000
16:16et a touché aussi toutes les...
16:17Enfin, en 2000, même un peu avant.
16:18Toutes les entreprises
16:19se sont équipées.
16:20Pour autant, ça n'a pas fait
16:21un choc de productivité
16:22si grand que ça, Internet.
16:23Là, c'est différent, Alain.
16:24Ah oui, c'est complètement différent.
16:26Et après, je dirais que...
16:27Bon, il y a tout ce que vient de dire Jean-Jacques
16:28et je n'ai rien à rajouter.
16:29Par contre, ce qui est intéressant,
16:30je trouve, c'est de regarder
16:31ce que fait le marché
16:31par rapport à tout ça.
16:32C'est-à-dire qu'on a tous appris
16:35dans nos écoles respectives
16:37et dans nos premiers investissements
16:38qu'il fallait se diversifier,
16:39qu'il fallait investir,
16:41rester investi
16:42et c'était comme ça
16:44qu'on gagnait de l'argent.
16:45Là, le marché, il est quand même
16:46sérieusement en train de changer.
16:47C'est-à-dire qu'en fait,
16:48là, aujourd'hui,
16:48on est quand même sur quelque chose
16:49qui est typique
16:50de la gestion hedge fund.
16:53C'est-à-dire qu'en fait,
16:56on investit massivement
16:57dans quelques paris.
16:58Je parle vraiment
16:58de l'investissement boursier.
17:00Je ne parle pas de l'investissement
17:02des entreprises
17:02qui est un peu différent.
17:04Mais les investisseurs,
17:06aujourd'hui,
17:06ceux qui ont vraiment
17:07un impact sur le marché,
17:09la diversification,
17:10c'est terminé.
17:11Et les modes de gestion
17:13où on se couvre gentiment,
17:14etc.,
17:15tout ça aussi, c'est terminé.
17:16C'est-à-dire que quand ils sortent,
17:17ils étaient investis
17:18à 40% sur une thématique,
17:20ils en sortent la moitié
17:20et puis ils se repositionnent
17:22quelques semaines,
17:23quelques mois après.
17:24On est dans un marché
17:25qui est totalement différent
17:26de l'époque du 60-40.
17:28Vous savez,
17:28la diversification classique.
17:30Regardez ce qui se passe
17:31sur le S&P équipondéré
17:34qui est complètement
17:35intérêt.
17:37Et vraiment,
17:38c'est d'énormes focus.
17:39C'est vraiment typiquement
17:40des gestions de hedge funds,
17:42très momentum,
17:43avec l'idée qu'à un moment donné,
17:45ça va exploser.
17:46Mais quand ça va exploser,
17:47ces gens...
17:47Qui a cette idée ?
17:48C'est vous qui avez cette idée ?
17:48Non, mais je peux...
17:49Non, mais l'histoire de la bulle,
17:50c'est un peu ça.
17:51Par contre,
17:52ce que je pense
17:52qui va se passer
17:53à un moment donné,
17:54c'est que...
17:54Enfin, ce qui se passe aujourd'hui,
17:55c'est que ces gens-là
17:56ont gagné tellement d'argent
17:57depuis 18-24 mois
17:59sur cette thématique
18:00qu'ils continuent
18:01à rester investis.
18:02C'est pas très grave,
18:03ça change complètement
18:03les profils de risque d'avant,
18:04mais c'est pas grave
18:05parce que s'ils en perdent
18:07la moitié,
18:07ils ont tellement gagné
18:08précédemment
18:09que c'est vraiment pas gênant.
18:10Voilà, je pense
18:11qu'on est dans des marchés
18:12totalement différents.
18:13Faut l'admettre,
18:15c'est plus les marchés d'avant
18:16avec...
18:17On met pas tous ses œufs
18:17dans le même panier.
18:18Voilà, c'est ça.
18:19Exactement.
18:20Et on voit même
18:21de plus en plus d'intervenants
18:22nous dire...
18:23Le réflexe, c'était de dire
18:24surtout diversifier.
18:25On en voit de plus en plus
18:26commencer à nous dire
18:27non, l'ennemi,
18:28c'est la diversification.
18:29On voit ce discours
18:30commencer à apparaître.
18:31Bon, jusqu'à ce que
18:32tout ça s'inverse.
18:33On est ensemble
18:34pour encore quelques minutes.
18:35On est à 13 minutes
18:36de la clôture.
18:37Là, on accélère
18:37dans la dernière ligne noire
18:38de cette séance.
18:39Notre CAC 40,
18:40d'ailleurs, aussi accélère
18:41et gagne 0,6%.
18:42Alors, pour une fois,
18:43le CAC fait mieux que tout le monde.
18:44Oui, oui, il progresse plus
18:45que les autres marchés européens.
18:49Au secteur de la défense,
18:50on va en parler.
18:51Donc, il y a le soupçon
18:52dans le marché
18:52que les Etats-Unis
18:54réduisent encore
18:55leur aide à l'Ukraine
18:56face à la Russie.
18:56Peut-être même Starling
18:57serait-il coupé pour l'Ukraine.
18:59Bon, ça a été démenti.
19:00Mais voilà, l'idée
19:01fait son chemin quand même
19:02et tout ça porte
19:03les acteurs de la défense européenne.
19:04On a Airbus qui gagne 2,2%.
19:06Thales plus 2,3%.
19:07En repli, en revanche,
19:08Renault, Stellantis
19:09qui signe les deux
19:10plus fortes baisses.
19:11Aujourd'hui, chacune perd 2%.
19:12Puis on évoquait SML,
19:13c'est un carton.
19:14Après sa publication,
19:15le titre gagne 2%.
19:16Alain Pithous et Jean-Jacques Freidman
19:18nous accompagnent.
19:19Et donc, l'idée que peut-être,
19:20rien n'est confirmé,
19:21mais voilà,
19:22Starling serait coupé.
19:23Les Etats-Unis ont l'air
19:24de s'impatienter
19:25vis-à-vis de Volodymyr Zelensky
19:27et donc,
19:27les Américains
19:28pourraient couper Starling.
19:30L'idée fait son chemin.
19:31Aucune confirmation.
19:32Mais ça porte E-Telsat
19:34en hausse de 29%
19:35parce que E-Telsat,
19:36à travers OneWeb,
19:37propose quelque chose
19:37d'un peu similaire à Starling
19:38en format plus petit.
19:40Le marché se dit
19:40qu'un pays comme l'Ukraine
19:41pourrait choisir,
19:42pour le coup,
19:43de diversifier,
19:44moins dépendre des Américains
19:45et choisir une solution européenne
19:46comme celle de Telsat.
19:47Comment regarder ça, Jean-Jacques ?
19:50La défense européenne,
19:51c'est compliqué.
19:51Quand on voit l'Allemagne
19:52qui fait qu'il y a un baillier seul
19:53et la France qui est un peu
19:54mis de côté.
19:55Non, c'est très compliqué
19:57parce que le seul fait notable,
19:59c'est la collusion extraordinaire
20:00qui existe entre Trump
20:02et sa famille
20:02et des prises de participation possibles
20:06dans des boîtes comme New Coil.
20:07C'est complètement incroyable
20:08ce qui est en train de se passer.
20:11Donc, on pourrait se dire
20:13sur le papier,
20:13voilà, c'est un rééquilibrage durable
20:15de Trump
20:16pour une raison géopolitique.
20:18J'ai l'impression
20:19que c'est pour des raisons
20:21beaucoup plus mercantilistes
20:22et absolument incroyables.
20:24Et donc,
20:25est-ce que durablement,
20:26vraiment,
20:27c'est quelque chose
20:28vers Trump
20:29et vers la Russie ?
20:31Il peut dire tout
20:32et son contraire
20:33comme au fil des semaines.
20:37Et sur la thématique
20:38défense européenne,
20:39vous y croyez
20:39beaucoup moins qu'avant ?
20:40Plutôt les valeurs
20:41de défense allemandes,
20:41c'est vers celle-là
20:42qu'il faut aller
20:42parce que l'Allemagne
20:43a les moyens
20:44de ses ambitions ?
20:45Oui, je pense que la France,
20:46alors on a parlé des déficits,
20:48c'est compliqué,
20:49mais je pense que vraiment
20:50le choix qui a été fait,
20:51c'est non pas l'Allemagne
20:54qui joue l'Europe
20:55et donc qui est
20:57dans un schéma de coopération,
20:58mais l'Europe seule,
20:59l'Allemagne seule, pardon,
21:01et qui mise vraiment
21:02sur des réinvestissements
21:04massifs
21:04et je pense que ça
21:05contaminera aussi
21:06la chaîne des bitcaps
21:07ensuite allemande.
21:08Donc sur Hôtelsat,
21:10c'est quand même,
21:10enfin tout est possible,
21:12mais c'est très volatile,
21:14flottant à C3 quand même.
21:16Enfin voilà,
21:17Hôtelsat gagne 29%.
21:18Oui, très bien.
21:18Ça leur arrive assez souvent,
21:19c'est très volatile.
21:20Oui, c'est ça.
21:20Et puis après,
21:21ça met six mois
21:22pour rebaisser en dessous
21:23du niveau d'avant.
21:26Mais là,
21:26je ne suis peut-être
21:27pas d'accord,
21:28c'est-à-dire qu'en fait,
21:29je pense que la souveraineté
21:30européenne va être
21:30tellement importante
21:31dans les années qui viennent.
21:32On ne parle pas de,
21:33bon, il y a le bordel Trump,
21:34mais ça, je dirais
21:35que maintenant,
21:35on est quand même habitué,
21:36c'est tout est un fiasco
21:37total sur toute la ligne.
21:39Il n'y a rien qui va
21:42de A à Z.
21:43Enfin, vous prenez
21:43tous les chiffres.
21:44Ils ne seraient pas là,
21:45je ne sais pas
21:46où seraient les marchés.
21:47On serait à des niveaux
21:48nettement supérieurs.
21:49Enfin, les choses
21:50se seraient passées
21:52probablement nettement mieux.
21:53Alors peut-être
21:53les taux auraient monté
21:54avec une très forte activité,
21:55mais enfin,
21:55on n'en serait certainement pas là.
21:56Bref, c'est un autre sujet.
21:57Mais en tout cas,
21:58stratégiquement,
21:59parce que même si Trump
22:00est un peu ce qu'il est,
22:02la succession,
22:03que ce soit les démocrates
22:04ou les républicains,
22:05on sent bien
22:05qu'il y a une forme
22:07d'autocentrisme
22:08qui va revenir
22:09d'une manière ou d'une autre,
22:10soit par un manque de moyens,
22:12soit par un manque de volonté.
22:13En tout cas,
22:14les Européens doivent
22:15apprendre à se débrouiller
22:16tout seuls.
22:16Donc, alors peut-être
22:18que notre cirque en France
22:19va mettre deux ans de retard
22:21par rapport à tout ça,
22:21mais à un moment donné,
22:23il va bien falloir
22:24qu'on ait un opérateur
22:26satellite qui tienne la route.
22:27Il faudra bien
22:27qu'on ait de nouveaux chars,
22:29il faudra qu'on ait
22:30une industrie du drone
22:31suffisante.
22:32Enfin, on est là-dedans.
22:33Donc, la robotique,
22:35il va falloir qu'on s'y mette,
22:36robotique d'armement,
22:37on va bientôt avoir
22:38des robots qui vont arriver
22:38sur les champs de bataille.
22:40C'est déjà commencé
22:41en Ukraine.
22:41Donc, il va falloir
22:43qu'on soit autonome.
22:45Ce n'est pas un projet
22:46à cinq mois.
22:47Ce qui est terrible,
22:48c'est que la robotisation
22:49de la guerre,
22:49on peut y inclure les drones,
22:50doter d'intelligence artificielle,
22:52tout ça risque de rendre
22:52la guerre beaucoup plus rentable
22:54qu'elle ne l'a toujours été.
22:55Parce que la guerre,
22:57d'automatisation,
22:58ça peut devenir
22:59une sorte de rendement.
23:00Alors, ça, c'est un problème aussi.
23:01Oui, non, parce qu'en fait,
23:02ce qu'on constate...
23:02Si la guerre devient rentable,
23:03elle risque d'être plus fréquente.
23:04Mais ce qu'on constate aussi,
23:05c'est que, malgré tout,
23:07les frontières ont un sens.
23:10C'est quand même extrêmement compliqué
23:12pour un État
23:13de prendre ne serait-ce
23:15qu'un bout de terrain
23:15d'un autre État.
23:16On le voit, même les États-Unis
23:17ont du mal avec l'Iran.
23:18La Russie a quand même du mal
23:19avec l'Ukraine,
23:20même si finalement,
23:21ils vont peut-être avancer encore.
23:25Donc, on va être vraiment
23:26dans quelque chose
23:27de dissuasif.
23:28C'est-à-dire que,
23:28quand vous avez en face de vous
23:30300 000 drones,
23:31ce qu'est en train de faire
23:32Taïwan sur la Chine,
23:33ils ont investi massivement
23:35sur les drones.
23:36Ça va coûter extrêmement cher
23:37aux Chinois
23:37s'ils voulaient s'emparer
23:39de la Chine militairement,
23:40s'emparer de Taïwan militairement.
23:41Donc, on est tous dans un schéma...
23:42Tout cela nécessite des ressources,
23:44des ressources souveraines.
23:46C'est l'une des raisons
23:46pour lesquelles Donald Trump
23:48essaie de, comme ça,
23:49contrôler le Groenland.
23:50Il a expliqué hier
23:51qu'on était au bord
23:53d'un investissement massif
23:54dans le secteur des mines
23:55au Groenland.
23:56Qui en profite ?
23:57Les acteurs locaux
23:58qui sont cotés à Wall Street,
23:59figurez-vous.
24:00Greenland Mines
24:01gagne 30% aujourd'hui,
24:03mais c'est aussi volatil
24:04que Telsat,
24:04ce titre.
24:05Donc, avec un peu
24:06de prudence quand même.
24:07L'Europe ou Wall Street,
24:08dans vos choix d'investissement,
24:09on parlera de la France
24:09dans un instant.
24:10Jean-Jacques,
24:10qu'est-ce que vous privilégiez ?
24:11On est au début
24:12de la saison de publication,
24:13on attend plus aux Etats-Unis,
24:14mais Wall Street
24:14est quand même déjà plus cher.
24:16Oui.
24:16Jusqu'à présent,
24:17c'était Wall Street.
24:18On a rééquilibré
24:20avec l'idée justement
24:21qu'avec des taux
24:22qui, à un moment donné,
24:23peuvent se stabiliser un peu,
24:25les secteurs en retard,
24:26les pays en retard.
24:26On parlait tout à l'heure
24:27de prise de position spéculative.
24:29Je ne sais pas si la France,
24:30ça peut rebondir un peu,
24:31mais voilà,
24:31il y a eu tellement finalement
24:32de prise de position spéculative
24:34qu'à un moment donné,
24:35dans un marché
24:36qui peut un peu stabiliser,
24:37on pense...
24:38Nous, on le pense quand même
24:39sectoriellement.
24:40Vous parliez tout à l'heure
24:41des matières premières,
24:41c'est typiquement un exemple,
24:42pas un exemple européen,
24:43mais par exemple,
24:44on est beaucoup plus investi
24:46sur les matières premières,
24:46par exemple,
24:47que sur le pétrole.
24:47Il nous semble que c'est
24:48vraiment un thème
24:49vraiment très structurant
24:50et de long terme.
24:51Le pétrole,
24:52voilà, ça peut être très volatil,
24:53il peut y avoir des contre-chocs
24:54même qui surviennent.
24:56Donc, non, toujours tech,
24:58Europe, c'est de nouveau
24:58des points d'entrée,
24:59je pense, sur les bancaires
25:00et matières premières,
25:02voilà, ces trois thèmes par exemple.
25:03Je pense que sur la santé,
25:04il peut aussi advenir,
25:07notamment sur les boîtes américaines
25:08et peut-être les boîtes européennes,
25:10ça met du temps à décoller,
25:11mais voilà,
25:12on pense que ça peut arriver.
25:14Alain, on parle de la France
25:16dans un instant,
25:16l'Europe ou Wall Street
25:17pour la suite ?
25:19Oui, j'aurais bien eu envie
25:20de rééquilibrer il y a quelques semaines,
25:22mais là, aujourd'hui,
25:23avec un dollar qui monte autant,
25:25je me dis,
25:27quand on est surinvesti
25:28sur les États-Unis,
25:28ce qui est quand même
25:30statistiquement le cas
25:30de beaucoup d'investisseurs
25:32aujourd'hui,
25:32on se laisse porter
25:33et on attend que ça se passe.
25:34Ce n'est pas la peine
25:35d'aller se mettre en face
25:36d'un mouvement de ce type-là.
25:37quand vous êtes
25:38sur le Nasdaq
25:40et le S&P,
25:41quand vous avez fait ça
25:42il y a 18 mois,
25:43qu'est-ce que vous allez
25:45aujourd'hui
25:46vous amuser
25:46à rééquilibrer massivement ?
25:48Alors après,
25:48je sais bien
25:48quand on a des benchmarks,
25:49c'est quand même
25:50des approches
25:50qui sont différentes,
25:51mais pour quelqu'un
25:52qui est sans benchmark...
25:55Oh là, Chris,
25:5717h29,
25:57notre réalisateur
25:59qui vous écoute en douce
26:00manifestement,
26:00mais ceux qui veulent interagir,
26:02qui cherchent le contact
26:03peut-être...
26:03Bonsoir, Chris, salut !
26:05La question à poser, Chris.
26:06Bonsoir, Arnaud Clubber.
26:07On a 56% des investisseurs européens
26:10qui veulent réduire
26:11leur exposition au CAC.
26:12D'où ma question,
26:13jusqu'où la chute du CAC
26:14peut-elle aller ?
26:1756% ?
26:18Vous allez entendre
26:19le chiffre de Chris,
26:2056%,
26:21c'est dans le rapport mensuel
26:21Bank of America,
26:22des investisseurs européens,
26:24des grands investisseurs européens
26:25veulent réduire
26:26leur exposition à la France.
26:26C'est l'enquête
26:27du mois d'octobre.
26:28Alors, honnêtement,
26:29je pense que
26:30beaucoup l'ont déjà fait.
26:32Oui, c'est ça.
26:32Depuis très longtemps
26:33sur les taux,
26:33vraiment,
26:34c'est pas histoire de dire
26:35on l'a bien vu,
26:35mais sur les taux,
26:36je pense que
26:37tout gérant obligataire,
26:38on ne pensait pas
26:39que ça allait se dégrader autant,
26:40mais vraiment,
26:41les gens jouaient
26:41la dégradation du spread.
26:43Donc, sur l'obligataire,
26:45c'est, je dirais,
26:45depuis un an
26:46qu'il y a une vraie
26:47sous pondération obligataire.
26:48Et sur les actions,
26:49c'est survenu,
26:50à mon avis,
26:51depuis quelques mois.
26:52Donc, je serais là
26:53au corps,
26:53peut-être un peu contrariant.
26:54L'enquête a été réalisée
26:55entre le 2 et le 8 octobre.
26:57La crise française,
26:57elle était déjà là.
26:58Et ils ont répondu
26:59à cette question.
27:00Quels sont vos choix ?
27:01Et ils ont répondu
27:02à 12 mois,
27:03dans cette période
27:04où la France avait déjà
27:04beaucoup baissé,
27:05le CAC 40 sous-performait déjà.
27:07À 12 mois,
27:07on compte prioritairement
27:08à 56%
27:09vendre les actions françaises.
27:11C'est un niveau
27:11de choix de vendre
27:13les actions françaises
27:13qu'on n'avait jamais vu
27:14par le passé.
27:15Alain ?
27:16Comme Jean-Jalais,
27:17je crois que le mouvement
27:18est fait un petit peu.
27:19C'est-à-dire que cette
27:20sous-performance du CAC,
27:22je pense qu'elle est faite.
27:23C'est-à-dire que
27:25sans changement majeur,
27:26bon après,
27:26le changement qu'on pourrait avoir,
27:27c'est que ce soit encore plus
27:28le bordel politiquement en France.
27:30Ça le sera.
27:30Ce qui est toujours possible.
27:32Et là,
27:32on peut avoir quand même
27:34une petite période
27:35un peu difficile.
27:36Parce que si les taux...
27:37Moi, j'ai toujours en tête
27:38un 200 BP de spread
27:40France-Allemagne
27:41sur les taux 10 ans
27:41et où un mouvement
27:44de 100 BP
27:44sur les taux longs
27:45de 1 %,
27:46donc sur les taux longs français
27:47en 5-6 séances,
27:50là,
27:50les actions françaises
27:51auront du mal
27:51à ne serait-ce que
27:52faire comme les actions européennes.
27:54Parce que les actions européennes,
27:56elles sont dans un environnement
27:56de croissance
27:57là où on n'est pas
27:57dans un environnement
27:58de croissance en France.
27:59C'est-à-dire que nous,
28:00les environnements de croissance,
28:01on les tire de contrats
28:02à l'étranger,
28:03de valeurs internationales
28:05pour leur chiffre d'affaires.
28:07Et bien,
28:08on a vite fait le tour quand même.
28:10Parce que pour faire le lien,
28:11exactement,
28:11c'est que les entreprises françaises,
28:13si on regardait le CAC,
28:13il y a toujours
28:14le chiffre habituel,
28:15c'est-à-dire qu'il n'y a
28:16que 15% de leurs ventes
28:18sur le marché français.
28:19Donc dans l'absolu,
28:20elles ne devraient même pas
28:21tellement sous-performer.
28:22Et ce qu'est le price,
28:22c'est justement
28:24une fiscalité plus grande.
28:26Une fiscalité plus grande
28:27qui vient empiéter
28:27les résultats
28:28et donc donner
28:29des dividendes moindres
28:30et donc des cours plus bas.
28:32C'est cette fiscalité accrue
28:33qui est vraiment pricée.
28:35Et qui se reflète
28:37qu'on paye également
28:38sur le marché financier,
28:39le marché français particulièrement.
28:40Ricky nous écrit
28:41sur le Félix BFM Bourse,
28:42il nous reproche
28:43et il a raison
28:44de ne pas avoir encore parlé
28:46ou pas suffisamment
28:47de shipping,
28:48de fret maritime
28:49alors que c'est le secteur
28:50avec la tech
28:50qui cartonne cette année,
28:52nous dit-il.
28:52En plus,
28:53on a les chiffres chinois
28:53de la balance commerciale
28:55qui confirme
28:55que les Chinois exportent
28:56de plus en plus.
28:57En septembre,
28:58les Chinois ont exporté
28:59plus 36% sur un an.
29:01Les exportations ont augmenté
29:0236% vers l'Europe
29:03et les Etats-Unis.
29:04C'est absolument gigantesque.
29:05Ça ne fera pas plaisir
29:06aux autorités
29:06ni à Washington
29:07ni à Bruxelles,
29:08cette balance commerciale
29:09déficitaire.
29:10Et donc,
29:10Ricky nous dit
29:11que c'est dans le fret maritime
29:12sans doute aussi
29:12qu'il y a le plus de potentiel
29:13avec cette explosion
29:14des exportations chinoises.
29:16Qu'est-ce que vous en pensez ?
29:17Est-ce que la thématique
29:17en bourse garde du potentiel ?
29:18Elle a déjà beaucoup progressé.
29:19Et pourtant,
29:20il y a quand même
29:21un thème durable.
29:23C'est-à-dire que je pense
29:24que sur les chaînes de valeur
29:25où auparavant,
29:26c'était un système mercantiliste,
29:27on allait prendre le petit boulon,
29:30on était sûr qu'il arrive à temps
29:32et on maximisait vraiment les frais
29:34en allant chercher les importations
29:36le moins chères possible.
29:38Tout à l'heure,
29:38on parlait de réarmement,
29:42je dirais,
29:43mais il faudrait parler
29:43un peu de réallocation.
29:45Et je pense qu'il y aura aujourd'hui
29:47des chaînes de production
29:49et de fournisseurs plus proches.
29:51Donc sur le shipping,
29:52je pense qu'il s'est passé
29:53des choses très particulières
29:56avec Hormuz,
29:58avec presque un mystère
29:59sur le prix du pétrole.
30:00Comment se fait-il
30:01que quand on a été bloqué
30:04avec 20 millions,
30:05même 10 millions de barils en moins,
30:07on arrivait encore
30:08à avoir un prix du pétrole
30:09qui n'expose pas plus ?
30:10Donc il va y avoir
30:10des liens avec le shipping.
30:11Alain, le fret maritime
30:12avec les exports chinois
30:13qui explosent en septembre.
30:14Oui, je pense que
30:15votre auditeur a raison,
30:17mais s'il est investi dessus,
30:20tant mieux pour lui
30:21et je pense qu'il peut rester,
30:22je ne suis pas très inquiet.
30:23Par contre,
30:24aller acheter maintenant,
30:25ça me paraît...
30:26Il cite quelle valeur ?
30:27Afnia,
30:28CNB Tech,
30:30International Seaways
30:31et un ETF,
30:32cet auditeur nous cite,
30:33Ricky s'appelle,
30:34l'ETF,
30:35Brick Wave Banker Shipping,
30:36qui dit-il,
30:37c'est vrai,
30:38il donne cette année.
30:38pour...