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L'ancien ancien ministre de l'Éducation nationale et le ministre de l'Action et des Comptes publics étaient interrogés par Olivier Bost (RTL), Stéphane Duguet (Public Sénat) et Stéphane Vernay (Ouest France).
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 11 octobre 2026.
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00:13Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury. Nous sommes en direct sur RTL et nous sommes en direct sur
00:19Public Sénat.
00:20Un Grand Jury spécial avec deux invités aujourd'hui, avec à la une bien sûr la crise lycéenne, mais aussi
00:27la crise budgétaire,
00:28la détresse agricole et la flambée de l'énergie. Notre premier invité, David Amiel, ministre des Comptes publics.
00:35Et notre second invité est Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron.
00:43Parcoursup, la réforme du bac, les horaires de cours, c'est lui. Que répond-il aujourd'hui aux lycéens qui
00:49manifestent ?
00:50Le pays laisse aussi à la jeunesse une dette colossale. Bonjour David Amiel.
00:56Vous êtes ministre du budget. Y a-t-il un peu d'argent pour répondre aux crises ?
01:02Comment le budget 2027 qui arrive dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale a-t-il une chance d'être
01:08adopté ?
01:08Bienvenue dans cette première partie du Grand Jury, David Amiel.
01:11À mes côtés pour vous interroger aujourd'hui, Stéphane Duguay de Public Sénat et Stéphane Vernet de Ouest France.
01:18Bonjour.
01:22Et sur le terrain, cette semaine, nous avons vu des jeunes, des violences, des revendications aussi.
01:28Alors avant de parler, David Amiel, de votre perception de cette mobilisation et d'une manière plus large d'ailleurs
01:33de la jeunesse et de ses angoisses pour l'avenir,
01:36question très directe, y a-t-il de l'argent pour répondre à leurs revendications cette année et l'année
01:43prochaine ?
01:44C'est précisément la raison pour laquelle il faut pouvoir faire des économies, pour pouvoir dégager les financements qui sont
01:49nécessaires,
01:50à la fois pour répondre aux crises, on avait évoqué certaines, et puis pour pouvoir répondre à la jeunesse.
01:54Et dans le budget que nous présentons, dans le texte initial, après la défense, le budget qui augmente le plus,
02:00c'est celui de l'éducation nationale,
02:02malgré que le nombre d'élèves diminue et ça permettra de recruter près de 2000 accompagnants d'élèves en situation
02:10de handicap
02:10et d'infirmières scolaires, d'accompagnants de manière plus générale à l'école.
02:14C'est aussi ce qui permet évidemment du côté de l'enseignement supérieur et la recherche de pouvoir poursuivre les
02:18repas à 1 euro,
02:20et ce qui permet de réduire le nombre d'élèves par classe.
02:22Pour donner un chiffre sans en donner trop, le budget de l'éducation nationale va augmenter d'1,2 milliard,
02:26c'est ce qui est inscrit dans le budget de l'année prochaine ?
02:28Tout à fait, c'est 1,2 milliard avec les pensions de retraite, et ce qui est très important, c
02:32'est que c'est 1,1 milliard d'euros en plus hors pension de retraite.
02:35Est-ce que c'est vraiment de l'argent en plus ? Parce qu'à euro constant, finalement, c'est
02:39une augmentation classique d'un budget du ministère, non ?
02:44D'abord, ça n'a rien de classique de choisir comme priorité absolue après la défense.
02:50Parce que les autres ministères, leur budget est gelé. Là, ce n'est pas un gel, mais c'est juste
02:57un suivi quelque part un peu de l'inflation.
02:59Dans une période d'ajustement budgétaire important, et on aura l'occasion d'ailleurs d'y revenir, y compris pour
03:04pouvoir ne pas léguer à la jeunesse une dette insoutenable,
03:07on fait le choix de pouvoir préserver l'éducation de l'enseignement supérieur.
03:09Est-ce que ça veut dire des moyens en plus ou pas ? 1,2 milliard, ou est-ce que
03:13sur la masse, finalement, c'est relativement peu ?
03:15Oui, c'est ce que j'évoquais à l'instant, c'est ce qui permet de recruter 2000 personnels supplémentaires.
03:21J'évoquais la question des accompagnants d'élèves en situation de handicap, d'une part, et c'est très important,
03:25parce que quand on regarde les dix dernières années, on a multiplié par près de deux le nombre d'élèves
03:30en situation de handicap accueillis à l'école.
03:33Oui, mais il y a des professeurs en plus, justement, pour ces accompagnements du handicap, et parallèlement, il y a
03:38des professeurs en moins.
03:39Je veux dire, le delta n'est pas positif.
03:42Non, pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap, qui ne sont pas des enseignants,
03:46qui sont des accompagnants qui permettent ensuite d'organiser les classes supplémentaires.
03:49Mais le nombre d'enseignants baisse par ailleurs.
03:50Il y a des recrutements d'infirmières scolaires, des recrutements du CDE.
03:53Oui, mais le nombre d'enseignants baisse par ailleurs.
03:55Le nombre d'enseignants baisse beaucoup moins que le nombre d'élèves, c'est ce qui permet d'augmenter le
04:01nombre d'enseignants par élève.
04:02Stéphane Vernet.
04:03Edouard Jeffrey, le ministre de l'Éducation nationale, laisse entendre qu'il pourrait y avoir une augmentation du budget de
04:07son ministère l'année prochaine.
04:09Si tel est le cas, sur quel autre ministère il faudrait prendre ? Où est-ce que vous trouveriez l
04:13'argent ?
04:14Je crois d'abord qu'on a un choix collectif à faire.
04:17Et moi, j'ai été très frappé cette semaine par une hypocrisie collective.
04:20J'ai vu les mêmes partis politiques qui allaient sur les plateaux de télévision pour soutenir la jeunesse,
04:26qui parfois allaient dans les manifestations avec des banderoles et des pancartes,
04:30qui, au même moment, votaient à l'Assemblée nationale contre toutes les mesures qui permettent de réduire la dette,
04:36qui permettent d'investir dans l'avenir et qui s'opposaient en particulier à toutes les mesures qui concernaient, par
04:41exemple, les retraités.
04:43Or, qu'est-ce qui se passe depuis 50 ans ?
04:45C'est précisément cette machine infernale-là.
04:48C'est que depuis 50 ans, 80% de l'augmentation de la dépense publique,
04:51elle n'est pas allée vers l'école, elle n'est pas allée vers la jeunesse,
04:54elle n'est pas allée vers les investissements dans l'avenir,
04:56elle est allée vers les retraites et vers la santé.
04:59Et on sait très bien pourquoi il y a cette hypocrisie collective.
05:02Parce que les enfants et les adolescents, ils ne votent pas.
05:05Parce que les jeunes, ils votent peu.
05:07Et parce que les retraités votent beaucoup.
05:09Et donc il y a beaucoup de partis politiques qui n'ont pas le courage de dire les choses.
05:12On appelle la gérontocratie, c'est ça ?
05:15Chacun donne le nom qu'il veut.
05:16Moi, je lui donne surtout le nom de la lâcheté collective.
05:18Parce que la jeunesse, c'est toujours la variable d'ajustement de nos hypocrisies et de nos lâchetés.
05:22Le gouvernement propose un effort proportionné pour les retraités.
05:26Puisqu'il propose que les retraités prennent à peu près 10% de l'effort budgétaire qui est proposé
05:32alors qu'il représente 25% de la population française.
05:35Précisément pour que ça ne retombe pas ensuite sur les jeunes.
05:38Et je crois que là, il faut que chacun puisse maintenant agir et penser en cohérence.
05:42Vous n'y voyez pas une forme d'égoïsme générationnel ?
05:45Je crois surtout que c'est la lâcheté des partis politiques.
05:49Parce que moi, je vois beaucoup de retraités qui sont prêts à prendre leur part
05:53dans le redressement des finances publiques.
05:55À commencer, évidemment, par le fait que cet effort doit être réparti de manière juste.
06:00Et nous ne demandons pas des efforts en stigmatisant les retraités.
06:02Mais effectivement, nous demandons à retraités des efforts
06:04parmi l'ensemble des efforts que nous demandons à la population française.
06:07Je crois en revanche que les partis politiques n'ont pas le courage
06:09de dire la vérité, en tout cas beaucoup d'entre eux.
06:12Stéphane Duguay.
06:12Une question sur votre perception de ce mouvement, David Damiel.
06:15Vous avez 33 ans.
06:16Est-ce que vous comprenez l'angoisse de ces jeunes qui manifestent ?
06:19Oui, bien sûr.
06:20Et je pense qu'il faut non seulement la comprendre, il faut l'entendre
06:23et il faut pouvoir y répondre.
06:24Quand on regarde la génération que nous évoquons,
06:27la génération des lycéens d'aujourd'hui,
06:29c'est une génération qui aura connu la crise sanitaire
06:32pendant qu'elle était à l'école, peut-être au début du collège.
06:36Le Covid.
06:36C'est une génération.
06:37Tout à fait, le Covid.
06:38C'est une génération qui connaît maintenant le bouleversement de l'intelligence artificielle,
06:43qui va complètement rebattre les cartes du marché du travail,
06:45alors même qu'elle va se lancer dans les études supérieures
06:47et qu'elle va chercher à avoir un premier emploi.
06:50C'est une génération qui se demande si elle aura un système de retraite.
06:53On en parlait à l'instant.
06:54C'est une génération qui va être aux premières loges du dérèglement climatique.
06:57Donc bien sûr que je comprends cette angoisse
06:59qu'il va d'ailleurs bien au-delà des manifestations que nous voyons aujourd'hui.
07:02La jeunesse était une grande priorité d'Emmanuel Macron, président de la République,
07:06de son premier, de son second quinquennat.
07:08Qu'on arrive à un tel mouvement et que le second quinquennat d'Emmanuel Macron
07:11se termine sur ce mouvement, ce n'est pas un constat d'échec ?
07:16Non mais beaucoup de choses ont été faites depuis 10 ans.
07:18Le taux d'emploi par exemple des jeunes a beaucoup augmenté depuis 2017.
07:26Aujourd'hui il y a quand même le taux de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans
07:31et de 20%, plus de 20% même.
07:33Est-ce que c'est suffisant ? A l'évidence non.
07:35Mais est-ce que ça s'est amélioré depuis 10 ans le taux d'emploi des jeunes ?
07:38Oui. D'ailleurs c'est aussi dû aux réformes qu'on a eues en matière d'apprentissage.
07:41Le nombre d'apprentis a été multiplié par 3.
07:44C'est aussi une voie vers à la fois l'insertion professionnelle
07:45et ce qui permet à beaucoup de jeunes.
07:47C'est important parce que ça permet à beaucoup de jeunes, des classes populaires aussi,
07:50de pouvoir poursuivre des études supérieures.
07:53On évoquait les élèves en situation de handicap.
07:56Ils sont près de deux fois plus nombreux à pouvoir désormais être accueillis à l'école.
07:59La taille des classes a été réduite.
08:02Mais oui, il reste évidemment encore beaucoup à faire.
08:04Mais pour ça, il faut aussi avoir le courage de faire un certain nombre de choix budgétaires
08:08et c'est ce que j'évoquais à l'instant.
08:10Et moi je crois que dans tous les choix que nous faisons,
08:12ils doivent être faits d'abord pour la jeunesse et pour l'avenir du pays.
08:15Dans les autres crises du moment, David Amiel, il y a les prix de l'énergie.
08:19Sébastien Lecornu a annoncé cette semaine un déblocage des réserves stratégiques de gasoil
08:23pour faire baisser les prix et le versement des aides au carburant dès le mois de janvier.
08:29Deux questions.
08:30Est-ce qu'il faudra dès l'année prochaine reconstituer les stocks ?
08:33Et quel coût ça a ?
08:35Parce que si on fait le calcul 10 millions de barils libérés,
08:37au prix du baril aujourd'hui, ça fait quand même un milliard d'euros.
08:40D'abord, il y a plusieurs choses dans votre question.
08:42D'abord, les aides carburant que vous avez évoquées ne viendront pas en janvier.
08:46Elles viendront dès le mois d'octobre.
08:47Ce qui sera avancé au mois de janvier,
08:49c'est ce qui a été traditionnellement attribué quelques semaines après,
08:54qui est le chèque énergie pour les ménages les plus pauvres.
08:56Les nouvelles aides sur le carburant, on aura l'occasion d'y revenir,
08:59elles seront délivrées aux Français dès le mois d'octobre.
09:03J'ai fait deux questions.
09:05Concernant le stock stratégique, il faudra le reconstituer et combien ça va coûter ?
09:09Oui, bien sûr, il faudra le reconstituer.
09:11Ça dépendra des prix aussi qui seront ceux du début de l'année 2027.
09:15C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, le gouvernement,
09:18à la suite de l'accord international qui a été obtenu par le Président de la République,
09:22fixe cette cible de 10 millions de barils,
09:24parce que c'est ce qui permet de soulager le pouvoir d'achat des Français tout de suite.
09:27Et le Premier ministre réunira les distributeurs
09:30pour s'assurer que ça se répercute le plus rapidement possible dans une baisse du prix du diesel.
09:35Ça sera une dette pour le successeur ?
09:37Non, parce que ça permet de lisser les prix pour les Français.
09:43Parce qu'on a...
09:44Ça, j'ai bien compris dans l'immédiat.
09:45Parce qu'il viendra un moment où la crise dans le détroit d'Hormuz se résoudra
09:50et où les prix se remettront à baisser.
09:51Mais dans l'immédiat, on peut utiliser une partie de nos réserves stratégiques
09:54pour soulager le portefeuille des Français,
09:56faire baisser le prix du diesel.
09:57Et le Premier ministre aura d'ailleurs une attention particulière
10:00pour les stations-service indépendantes et isolées,
10:02où les prix sont souvent les plus élevés.
10:04C'est ce que l'on va annoncer par Donald Trump avec Vladimir Poutine
10:06pour débloquer des millions de litres de diesel russe.
10:11Est-ce que ça aura un impact sur les prix à la pompe en France ?
10:15Vu les volumes dont on parle,
10:17il y a beaucoup de raisons d'en douter.
10:18Est-ce qu'il y aura vraiment un impact sur les prix à la pompe,
10:21en particulier les prix du diesel ?
10:23C'est cette décision obtenue par le Président de la République au niveau du G7,
10:27qui permet de coordonner des libérations de stocks stratégiques,
10:29et le travail mené par le Premier ministre
10:31pour s'assurer d'une répercussion inédite au prix à la pompe.
10:34Sur les aides au carburant,
10:35elles étaient versées tous les six mois,
10:37maintenant ça va être trimestrielle.
10:39Ça veut dire que ce système, qui est un système de chèques,
10:42va perdurer, et vous avez décidé de le faire perdurer ?
10:44D'abord, on a décidé d'avoir des aides ciblées.
10:47Et des aides ciblées, ça permet quoi ?
10:49Ça permet d'avoir des aides plus importantes,
10:52ceux qui en ont le plus besoin.
10:54Ça concerne quand même plus de 5 millions de personnes.
10:56Tout à fait, ça va concerner plus de 5 millions et demi de personnes.
10:58Et par exemple, si je compare avec ce qui se passe en Allemagne,
11:01ça va être des aides qui correspondent à peu près à 40 centimes par litre
11:04pour une consommation en mois d'octobre, au mois de novembre et au mois de décembre.
11:08Les Allemands, ils font une mesure fiscale générale,
11:10mais qui ne correspond qu'à 17 centimes par litre.
11:12Donc, on fait plus de deux fois plus, mais c'est vrai en ciblant
11:15vers ceux qui en ont le plus besoin, c'est-à-dire vers les travailleurs grands rouleurs.
11:19On fait plus simple, puisque dès le 16 octobre,
11:21toutes les personnes qui avaient d'ores et déjà obtenu une aide
11:25pendant les premiers mois de l'année se verront verser de manière automatique
11:29100 euros supplémentaires, sans avoir besoin de faire une démarche nouvelle.
11:33Et dès le 22 octobre, tous ceux qui n'avaient pas demandé l'aide pendant les premiers mois
11:38pourront désormais le faire avec un versement qui interviendra ensuite
11:42sous une dizaine de jours.
11:43Une fois le dossier déposé, 5,5 millions de personnes sont concernées.
11:47Par exemple, pour un couple avec deux enfants,
11:50ça va jusqu'à des niveaux de revenus d'à peu près 6100 euros net par mois.
11:53Deux, trois chiffres encore sur les crises que nous connaissons.
11:56Le coût des dégâts commis lors des mobilisations lycéennes,
11:59c'est chiffré pour l'instant à 30 millions d'euros seulement pour les bâtiments.
12:04Est-ce que vous avez une idée un peu plus large du coût de ces manifestations ?
12:07Non, vous avez bien donné le chiffrage provisoire que nous avons aujourd'hui.
12:11Il sera un minima de 30 millions d'euros, mais évidemment, le travail se poursuit.
12:14Autre question, est-ce que vous confirmez qu'1,3 milliard d'euros supplémentaires
12:18seront accordés ou sont envisagés l'année prochaine pour l'agriculture ?
12:22Là, il y avait déjà eu 1,3 milliard de débloqués cette semaine.
12:25Il y a deux piliers dans notre réponse à la crise agricole.
12:28Il y a d'abord les aides d'urgence, celles que vous avez évoquées.
12:31Canny Gennevard a d'ailleurs pu détailler ces derniers jours et encore aujourd'hui dans un grand journal dimanche.
12:39Et ensuite, il y a évidemment le travail à pouvoir bâtir maintenant avec les agriculteurs
12:43pour pouvoir construire un plan de rebond dans le cadre aussi des débats budgétaires que nous aurons.
12:48Et dernière question, autre coût imprévu cette année, au-delà des lycéens, au-delà des carburants,
12:52c'était les canicules de cet été.
12:53Est-ce que vous, vous avez fait un chiffrage de ce que nous avait coûté les canicules ?
12:57On estime que ça nous a coûté à minima 0,1 point de croissance.
13:02C'était le chiffrage que nous avions donné dès la rentrée.
13:06Donc c'est cet impact-là que cela a eu sur la croissance économique.
13:10Maintenant, évidemment, il y a aussi un coût budgétaire et c'est normal pour pouvoir accompagner.
13:14On parle évidemment des agriculteurs qui ont été les premières victimes de la sécheresse.
13:19Le Grand Jury, ça se passe au Parlement.
13:23David Amiel, vous êtes le ministre du Budget.
13:25Il sera examiné ce budget à partir de mardi dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale.
13:30On rappelle les grandes lignes de votre copie, c'est 54 milliards d'euros d'économie,
13:35un déficit public à 5% du PIB l'année prochaine.
13:39Les députés, quasiment toute famille politique, et vous avez commencé à l'aborder,
13:43ont envoyé un signal clair cette semaine en commission.
13:45Ils ne veulent pas faire 54 milliards d'euros d'économie.
13:49Est-ce que vous allez y parvenir ?
13:50D'abord, ce n'est pas le cas de tous les députés, ni de toutes les familles politiques.
13:54Moi, je salue députés courageux qui, en commission des finances, ont défendu les mesures d'économie.
14:00C'est le cas de députés de ma famille politique, Renaissance.
14:03C'est le cas de très nombreux députés du socle commun, du groupe Liott.
14:08Donc, il ne faut pas mettre...
14:09Ce qui n'empêche qu'ils étaient minoritaires.
14:10C'est très important.
14:11Mais vous avez raison de le dire.
14:13Aujourd'hui, ce qui est ressorti de la commission des finances,
14:17ce n'est pas une amélioration du déficit public,
14:19c'est une dégradation très importante du déficit public,
14:23au moins à hauteur de 8 milliards d'euros,
14:25c'est-à-dire quasiment 0,3 point de produits intérieurs bruts.
14:28Ce n'est évidemment pas tenable.
14:30Je vois bien ce qui est en train de se passer.
14:32Évidemment, l'élection présidentielle arrive.
14:34Évidemment, il y a une tentation de mettre la tête dans le sable,
14:38de dire une minute de plus, monsieur le bourreau, on verra après les élections.
14:42Mais on ne peut pas voir après les élections.
14:43Parce qu'on a aujourd'hui des taux d'intérêt qui sont à un niveau historiquement élevé.
14:47Ce que vous dites, c'est que les marchés sont en train de regarder,
14:50ils vont regarder ce qui se passe à l'Assemblée nationale.
14:52Va dépendre donc du coût auquel on finance notre dette.
14:56Ça s'appelle les taux d'intérêt.
14:58C'est ça que vous êtes en train de dire.
14:59Soyez responsable parce qu'on nous regarde.
15:01Et pour se rendre compte de ce qui est en train de se jouer,
15:03moi j'appelle toutes les personnes qui nous écoutent ou qui nous regardent
15:05à prendre leur bulletin de paye.
15:07Et à la ligne impôt prélevé à la source,
15:10l'année prochaine, il faudra lire « transfert au créancier ».
15:14Parce que l'année prochaine, la quasi-totalité de l'impôt sur le revenu
15:18ne servira plus qu'à une chose, c'est à payer la charge d'intérêt de la dette.
15:21Pas à la rembourser, pas à financer l'école puisqu'on en parlait en début d'émission,
15:25pas à baisser les impôts.
15:27Non, uniquement à payer les intérêts que nous devons aux créanciers.
15:29Ce n'est évidemment pas soutenable.
15:31Et la hausse des taux d'intérêt, ce n'est pas qu'une question de finances publiques,
15:34ce n'est pas qu'une question d'impôts et de dépenses.
15:36C'est aussi une question immédiate de pouvoir d'achat.
15:38Quand vous empruntez 200 000 euros aujourd'hui, par exemple, pour faire un crédit immobilier,
15:42la hausse d'un point des taux d'intérêt qu'on a eu depuis juillet,
15:45c'est 100 euros de plus à payer tous les mois en mensuel.
15:47On parlait effectivement d'une charge de la dette à hauteur de 91 milliards d'euros l'année prochaine,
15:51juste pour rembourser les intérêts, vous l'avez très bien dit.
15:54C'est plus que le budget de l'éducation nationale, c'est plus que le budget de la défense.
15:57Et pourtant, en fait, l'État prévoit l'an prochain, pour se refinancer,
16:02pour se financer, d'émettre 340 milliards d'obligations.
16:05C'était 310 milliards l'année dernière.
16:08Est-ce qu'il n'y avait pas moyen d'établir un budget qui permette d'infléchir un peu ces
16:14chiffres,
16:14qui sont quand même délirants ?
16:15Nous infléchissons les chiffres, puisque c'est la raison.
16:18On continue à creuser le déficit.
16:21Le déficit se réduira l'année prochaine, selon ce qui est présenté par le gouvernement,
16:26puisque nous avions un déficit public que nous estimons aujourd'hui à 5,4% du PIB en 2026,
16:33et voyons une baisse à 5% en 2027.
16:36Ça nécessite un effort important, 54 milliards d'euros.
16:39On n'a pas attendu pour agir, puisque 11 milliards d'euros correspondent à des mesures déjà engagées,
16:4443 milliards d'euros correspondent à des mesures supplémentaires que nous proposons dans le cadre du budget.
16:49Et maintenant, je le dis évidemment très clairement,
16:51si les parlementaires souhaitent aller plus loin, proposer des économies supplémentaires,
16:55notre porte sera évidemment grande ouverte et nous en serions les premiers satisfaits.
16:59Mais ce que nous voyons pour l'instant, c'est plutôt le contraire.
17:02C'est que face à toutes les économies, il y a toujours un lobby, un groupe d'intérêts,
17:06une levée de boucliers qui se manifestent.
17:08Mais effectivement, j'appelle au ressaisissement collectif,
17:10parce que ce que vous disiez est très vrai, il faut qu'on oreille cette machine infernale.
17:13Stéphane Duguay.
17:14Est-ce que vous dites aujourd'hui que si la France n'arrive pas à se doter d'un budget
17:17avant Noël,
17:18on va vers un scénario à la grecque où personne, plus personne, ne voudra acheter de la dette française ?
17:22Je crois qu'il faut raison garder.
17:26Le premier problème aujourd'hui des finances publiques françaises, ce n'est pas son économie.
17:33Nous avons eu ces dernières années un pays qui a été le plus attractif de l'Europe.
17:39On a un taux d'emploi qui s'est considérablement amélioré.
17:42Il est à son plus haut niveau depuis 50 ans.
17:44On a une balance courante qui est équilibrée.
17:47C'est très différent de la situation de la Grèce que vous évoquez au moment de la crise de la
17:51zone euro.
17:51Non, le premier problème des finances publiques françaises, c'est la classe politique.
17:55Et c'est le refus de prendre un certain nombre de mesures qui n'ont rien à voir avec ce
17:59que la Grèce,
17:59ce que l'Espagne, ce que le Portugal ont dû prendre.
18:02Je rappelle que c'est des pays où on n'a pas gelé un certain nombre de pensions de retraite,
18:06où on a dû les baisser massivement.
18:08Ce n'est pas des pays où on a gelé, par exemple, le point d'indice des fonctionnaires.
18:12C'est des pays où on a dû les baisser massivement.
18:13Et justement, pour qu'on n'en vienne jamais là, il faut qu'on puisse prendre aujourd'hui un certain
18:17nombre de mesures.
18:17Est-ce que vous dites que la France n'a pas de soucis et n'aura pas de soucis pour
18:21financer sa dette ou pas ?
18:23Ou c'est de plus en plus compliqué ?
18:25Ce que je dis aujourd'hui, c'est que ce qui nous menace, c'est effectivement une explosion de la
18:30charge de la dette.
18:31C'est une augmentation très importante des taux d'intérêt qui étrangle la capacité d'action du gouvernement.
18:38Vous évoquez à l'instant ces 91 milliards d'euros.
18:40C'est ce qui aussi fragilisera notre économie.
18:43Parce que quand les taux d'intérêt augmentent, ça veut dire que le crédit à la consommation augmente.
18:47Ça veut dire que le crédit immobilier augmente.
18:49Ça veut dire que la trésorerie des entreprises augmente.
18:50Donc tout le scénario noir que vous êtes en train de décrire est directement lié à la discussion du budget
18:56à l'Assemblée nationale.
18:57Bien sûr, c'est lié à trois choses.
18:59C'est lié à une augmentation générale des taux d'intérêt qu'on observe dans le monde.
19:01Enfin, il y a une augmentation spécifique des taux d'intérêt français.
19:04Parce qu'il y a une inquiétude concernant l'élection présidentielle et parce qu'il y a une inquiétude concernant
19:09le budget.
19:10Et c'est la raison pour laquelle autant nous serons toujours très ouverts sur le comment, c'est-à-dire
19:14sur les mesures qui permettent de réduire le déficit public,
19:17autant nous serons très fermes sur le combien, c'est-à-dire cet objectif de réduction du déficit public à
19:22au moins 5% du produit intérieur brut.
19:24Là, les taux auxquels la France emprunte sont montés à 4,8%. C'est la moyenne de ces derniers jours.
19:31À partir de quels chiffres on peut parler de crise obligataire pour la France ?
19:36Non mais en tout cas, ce qui est certain, c'est que c'est déjà des chiffres qui sont beaucoup
19:39trop élevés.
19:41Cet été, ils étaient un point en dessous.
19:43Une augmentation d'un point du taux d'intérêt pour qu'on se rende compte des ordres de grandeur.
19:48Ça veut dire à terme 36 milliards d'euros supplémentaires à payer tous les ans.
19:5236 milliards d'euros, c'est trois fois le budget du ministère de la Justice.
19:56Donc d'ores et déjà, les taux sont beaucoup trop élevés.
19:58C'est la raison pour laquelle on a besoin d'avoir un budget.
20:01On a besoin d'avoir un budget qui réduit le déficit pour précisément que ces taux d'intérêt n'étranglent
20:05ni l'activité économique, ni la capacité de l'État à agir.
20:08Vous êtes ministre du Budget, vous dites toujours que vous n'augmentez pas les impôts.
20:11C'est l'objectif qui a été fixé par le Premier ministre.
20:14On n'a pas d'augmentation de l'impôt sur le revenu, je le rappelle.
20:17Le barème de l'impôt sur le revenu est indexé à l'inflation.
20:20On n'a pas d'augmentation des taux généraux de TVA.
20:24En revanche, oui, bien sûr, il y a la lutte contre un certain nombre de nuits fiscales et un certain
20:28nombre de réformes en la matière qui sont proposées dans le budget.
20:30Je vais prendre un exemple concret dans le budget.
20:33Vous voulez par exemple taxer davantage les mutuelles, les mutuelles de santé de tous les salariés.
20:40Les prix des mutuelles vont donc augmenter.
20:41C'est la logique classique puisqu'ils vont être taxés.
20:44Est-ce que ça, ce n'est pas une forme d'impôt indirecte ?
20:47Non, mais j'ai dit qu'il n'y avait pas d'augmentation de l'impôt sur le revenu, qu
20:50'il n'y avait pas d'augmentation de la TVA.
20:52En revanche, oui, il y a un certain nombre d'efforts ciblés qui sont demandés.
20:56Et en l'occurrence, ce que vous évoquez pour les complémentaires, ce n'est pas une augmentation, c'est la
21:00reconduction d'un effort qui avait d'ores et déjà été demandé cette année.
21:04Il y a deux hypothèses de scénario pour le budget 2027.
21:07Il y en a peut-être trois même, mais où le gouvernement est censuré, dans ces cas-là, il n
21:10'y a pas de budget.
21:12Où on arriverait, il peut y avoir des 49-3 avec une censure.
21:17Et puis, il y a l'autre scénario, c'est d'arriver aux 70 jours de débat budgétaire sans avoir
21:22eu de vote.
21:23Et dans ces cas-là, le gouvernement peut procéder au budget par ordonnance.
21:28Est-ce que vous avez déjà un autre scénario ?
21:31Vous avez évoqué les différents scénarios constitutionnels.
21:33Il peut y avoir un vote positif, je dirais, de l'Assemblée nationale et du Sénat.
21:39Il y a le 49-3.
21:39Vous y croyez ?
21:40C'est les différents dispositifs qui sont prévus dans la Constitution.
21:43Le vote positif du budget cette année est très hautement improbable, on est d'accord ?
21:47Non, mais ce qui compte, c'est qu'on puisse obtenir un compromis pour avoir un budget.
21:52Et un budget qui permette, je le disais, de réduire le déficit public.
21:54Est-ce que ce compromis, il n'est pas conditionné qu'à une seule chose, c'est que le Rassemblement
21:58national ne vote pas une censure ?
22:00Non, parce que j'observe ce qui s'est passé en 2025 et en 2026.
22:04En 2025 et en 2026, la gauche républicaine a commencé par le Parti Socialiste.
22:09Oui, mais elle ne semble pas disposer à l'offrir.
22:09Le bloc central, la droite républicaine, ont réussi à trouver des compromis qui ont permis à la France de se
22:15doter d'un budget.
22:15La gauche, en l'occurrence, le Parti Socialiste, ne semble pas très disposé, c'est le moins qu'on puisse
22:20dire, à repartir sur ce principe-là.
22:22Mais nous verrons, le Parti Socialiste est un parti qui a gouverné ce pays.
22:26Un parti d'ailleurs qui, à plusieurs reprises, a réduit le déficit public.
22:30Il serait quand même paradoxal que ce qu'on a réussi à faire en 2025 et en 2026,
22:36on ne parvienne pas à le faire aujourd'hui, alors même que la situation internationale et la situation financière exigent
22:41encore plus de gravité qu'à l'époque.
22:44Vous pensez que ce compromis pourrait être trouvé en jouant les prolongations, en dépassant les dates,
22:48en allant au-delà du 31 décembre, en passant par une loi spéciale, comme on l'a fait l'année
22:52dernière et l'année d'avant,
22:54alors que ça coûte de l'argent, ça coûte plusieurs milliards d'euros de différer le vote du budget aux
23:01finances publiques ?
23:02On n'a plus cet argent ?
23:03Non, moi je crois que le compromis, il doit d'abord pouvoir être travaillé.
23:07Ce sera le cas des débats en séance.
23:09Vous pensez que ce compromis peut être trouvé avant le 31 décembre ?
23:11Oui, je pense que c'est évidemment tout à fait possible.
23:14Ce serait d'ailleurs très utile pour que l'élection présidentielle puisse se dérouler sereinement.
23:19Parce que je ne comprendrais pas que ceux qui aspirent à présider le pays, en tout cas ils feront campagne
23:25pour,
23:25se mettent dans le même mouvement à le déstabiliser.
23:28Or on sait que l'absence de budget en 2027, qui ne serait pas pour quelques jours ou quelques semaines,
23:34le temps d'élaborer le compromis qui s'est passé effectivement en 2025 et en 2026,
23:38si on n'avait pas de budget, ce serait plus de 10 mois sans budget.
23:41Et ça, ce serait une catastrophe économique et sociale.
23:43Il n'y a pas besoin de me croire sur parole, parce qu'il y a eu beaucoup de débats,
23:46parole contre parole,
23:47concernant cette question-là.
23:49Un rapport de l'Inspection Générale des Finances indépendant est en ligne.
23:52Un avis du Conseil d'État, là aussi indépendant, est en ligne.
23:55Et documente l'impact désastreux que ça aurait, nous privant de notre capacité à soutenir les agriculteurs,
24:00par exemple, la Nouvelle-Calédonie, beaucoup de secteurs qui sont en première ligne
24:04et dégradant considérablement le déficit public.
24:07Le Grand Jury, quel président à l'Élysée ?
24:11Alors c'est une autre question, mais David Amiel, vous soutenez bien Gabriel Attal pour l'élection présidentielle.
24:16Gabriel Attal a proposé hier dans son meeting à Lyon une double règle d'or,
24:21c'est-à-dire qu'en plus de l'équilibre des comptes imposés par la loi,
24:25il propose que les dépenses de fonctionnement ne puissent plus excéder nos dépenses d'investissement pour l'avenir.
24:31Les dépenses sociales, qui sont de loin le premier poste,
24:34vous les mettez dans le fonctionnement ou dans les investissements d'avenir ?
24:37Non, mais je ne suis pas sur ce plateau le porte-parole d'une campagne présidentielle.
24:41Non, mais c'est une idée intéressante, vous pouvez vous prononcer dessus.
24:43Non, mais c'est normal, il y a des candidats qui font des propositions,
24:47ils auront l'occasion évidemment de le détailler.
24:49En tout cas, moi ce que je crois, et ce que j'ai eu l'occasion d'évoquer dès le
24:52début de cette émission,
24:54c'est qu'effectivement, dans les choix budgétaires que nous devons faire,
24:57nous devons toujours privilégier les investissements d'avenir.
25:00Quand je regarde ce qui s'est passé depuis 50 ans, ce n'est pas le cas.
25:0280% de l'augmentation de la dépense publique, je le disais, est allée d'abord vers la retraite et
25:07la santé.
25:07Et ça, ça explique quoi ?
25:10Ça explique la question que tout le monde se pose, qui est où va l'argent ?
25:12Comment ça se fait qu'on paye autant d'impôts en France
25:15et qu'on a l'impression qu'il y a autant de services publics à l'os ?
25:18La réponse est malheureusement très simple, c'est que depuis 50 ans, en très grande partie,
25:21la dépense publique n'est pas allée vers les services publics,
25:24elle est allée d'abord vers la retraite et vers la santé.
25:27Beaucoup de candidats ont des idées de réduction de budget,
25:31125 milliards, 140 milliards, 150 milliards d'euros.
25:35Le Rassemblement National notamment a présenté son projet cette semaine.
25:38140 milliards d'euros d'économies pour revenir aux 3% très rapidement,
25:43aux 3% de déficit.
25:46C'est une bonne façon de voir les choses ?
25:49Non mais j'observais les propositions du Rassemblement National.
25:52Il nous parlait de règles d'or avant cette conférence de presse.
25:54La réalité des chiffres, c'est que la règle d'or, elle est en contreplaqué.
25:57Parce que toutes les économies proposées par le Rassemblement National sont en carton.
26:02Quand on regarde une à une, il n'y en a aucune qui tient.
26:04Ils nous disent dès l'année prochaine, 11 milliards d'euros d'économies sur l'Union Européenne.
26:08Bon, ça nécessite l'unanimité des États membres pour pouvoir le faire.
26:11C'est donc d'ores et déjà que c'est du flanc.
26:14Il nous propose ensuite 3 milliards d'euros d'économies sur les retraites dès 2027.
26:18Alors même qu'il propose de baisser l'âge de départ à la retraite.
26:21Sur le fonctionnement de l'État, sur l'immigration.
26:26Sur les 78 milliards d'euros d'économies proposées par le Rassemblement National,
26:30il y en a près de 70 qui sont ou bien contraires à la Constitution
26:34et aux traités européens internationaux,
26:36ou bien qui sont très largement surévalués,
26:39ou bien qui sont carrément imaginaires.
26:41J'évoquais les 3 milliards d'euros sur les retraites.
26:43Et donc les 150 milliards de Gabriel Attal, eux, en revanche, sont crédibles ?
26:47J'ai observé le contre-budget qui a été déposé par le Rassemblement National.
26:51Évidemment, les candidats détailleront aussi leur proposition.
26:54Ce qui est très important, ce ne sont pas les chiffres que l'on donne,
26:56c'est les mesures que l'on est prêt à porter.
26:59Et en la matière, quand on propose de revenir sur l'âge de départ à la retraite,
27:03je crois qu'en matière de finances publiques, c'est évidemment nous envoyer dans le but.
27:05Stéphane Duguay.
27:06Sur ces finances publiques, il y a une question de confiance qui est posée,
27:08que ce soit Marine Le Pen, que ce soit Jean-Luc Mélenchon.
27:10Tous pointent du doigt que votre gouvernement, Emmanuel Macron,
27:13a créé 1 400 milliards d'euros de dettes en 10 ans.
27:16Comment, qu'est-ce que vous répondez aux gens qui n'ont pas confiance en ce que vous dites aujourd
27:19'hui ?
27:19D'abord, j'observe que ceux que vous évoquiez se sont opposés systématiquement
27:24à toutes les mesures d'économie budgétaire.
27:27Emmanuel Macron a fait campagne en 2022
27:29en annonçant son intention de faire une réforme des retraites.
27:33C'est pas rien.
27:33C'est le premier président de la République à le faire.
27:35Pas à faire une réforme des retraites.
27:40Jacques Chirac en avait fait une.
27:41François Hollande en avait fait une.
27:42Nicolas Sarkozy en avait fait une.
27:43Mais jamais ils ne l'avaient dit dans leur campagne électorale.
27:46Emmanuel Macron l'avait dit dans sa campagne électorale.
27:48Et donc, vous me parlez de confiance.
27:50Je pense que la première des choses pour obtenir la confiance des Français,
27:53c'est de dire dans une campagne présidentielle ce qu'on compte faire.
27:55Et quand je vois le Rassemblement National qui promet 3 milliards d'euros d'économie
27:59sur le dos des personnes en affection longue durée dans son contre-budget
28:03et qui se garde bien de dire ce qui le met derrière,
28:05quand il propose 3 milliards d'économie sur les retraites
28:07alors qu'il propose dans le même mouvement de baisser l'âge auquel on partira,
28:12ben là, je pense que oui, il y a un gros problème de confiance.
28:14Merci David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes Publics.
28:17Premier invité de ce grand jury.
28:18Dans un instant, d'autres réponses à la jeunesse.
28:21Parcours sub, c'est lui, les emplois du temps à trous et le contrôle continu.
28:24C'est ce qu'on lui reproche aujourd'hui.
28:26Jean-Michel Blanquer, l'ancien ministre de l'Éducation,
28:29est le deuxième invité de ce grand jury.
28:31A tout de suite.
28:42Suite du grand jury, présenté par Olivier Bost.
28:46Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation,
28:49ancien ministre pendant 5 ans, pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron,
28:53est le deuxième invité de ce grand jury exceptionnel.
28:56A mes côtés, Stéphane Duguay de Public Sénat
28:58et Stéphane Vernet de Ouest France pour vous interroger.
29:03Le grand jury, tout est politique.
29:07Jean-Michel Blanquer, avec le recul que vous avez aujourd'hui,
29:10mais une fine connaissance du milieu éducatif,
29:13quel regard tout d'abord portez-vous sur ce mouvement lycéen ?
29:16Est-ce que vous vous dites, il faut bien que jeunesse passe,
29:19ou est-ce que les angoisses sur l'avenir des lycéens vous semblent justifiées ?
29:24Mon premier regard sur la jeunesse, c'est évidemment un regard sur une crise de la jeunesse.
29:28C'est-à-dire qu'il y a évidemment une angoisse qui sourd,
29:31notamment dans la jeunesse française, mais pas seulement dans la jeunesse française,
29:34et qui est due un petit peu à tous les discours gris
29:37que nous tenons en permanence sur l'avenir,
29:39parce qu'il y a des périls objectifs aujourd'hui qui sont importants.
29:42On les entend quand on écoute vos actualités,
29:44les périls géopolitiques, les périls environnementaux,
29:48les questions que pose l'intelligence artificielle.
29:49Tout ça fait que cette génération a intégré beaucoup d'angoisse sur l'avenir.
29:54Mais comme pour toutes les générations,
29:56il y a aussi des opportunités dans l'époque actuelle.
29:58Et je trouve que le monde adulte, dont nous faisons partie,
30:03accentue le premier point, ne développe pas le deuxième point.
30:06Et donc nous devons aujourd'hui définir un projet de société pour la jeunesse,
30:10dont la jeunesse sera la priorité.
30:11C'est finalement ce qu'il y avait de plus dans les générations intérieures,
30:15et qu'il n'y a pas aujourd'hui.
30:16Et donc c'est quelque chose qui, d'une certaine façon, se décide, s'assume.
30:21Lorsque j'étais ministre de l'Éducation,
30:22je l'ai tenté d'être dans cette ligne-là,
30:24c'est-à-dire de dresser un avenir à long terme.
30:26Évidemment, ça va plus que loin que la simple éducation nationale,
30:29c'est le monde politique, et bien au-delà du monde politique,
30:33le monde culturel, le monde économique,
30:34qui doivent ensemble fixer ce cap.
30:36Pour moi, ce cap, à mon avis, est assez clair.
30:39Et ce qui est grave aujourd'hui,
30:40c'est que c'est seulement les extrêmes qui donnent le sentiment
30:42d'avoir un projet de société,
30:44alors qu'en fait, il peut y avoir un cap pour la jeunesse.
30:47Pour moi, c'est notamment la reconquête du territoire français,
30:49c'est-à-dire le fait que nous nous sommes dévitalisés
30:52depuis plusieurs décennies.
30:53Ça crée beaucoup de désespoir dans la population en général,
30:56dans la jeunesse rurale en particulier,
30:58mais dans toutes les jeunesses qui sont un peu cloisonnées,
31:01qui sentent l'avenir fermé.
31:02Et donc il faut ce projet de société.
31:04Bien sûr, après, il y a plusieurs sujets précis,
31:06mais ça, c'est-à-dire se dire,
31:08on va vers un cap défini,
31:11vers un objectif,
31:12vers un horizon où moi, jeune, j'aurai ma place,
31:15ce point-là, il est absolument fondamental
31:16et ça doit être le projet,
31:18je l'espère, qui gagnera en 2027.
31:20Nous allons reparler d'avenir et de 2027,
31:23mais pour être très concret,
31:24en fin de semaine,
31:25votre lointain successeur, quelque part,
31:27Édouard Geffray,
31:28a sorti, entre guillemets,
31:303000 enseignants de sa poche
31:31pour effectuer des remplacements.
31:33Ça veut dire que 3000 professeurs
31:34n'étaient pas affectées.
31:35Est-ce qu'il faut en conclure
31:36qu'il y a un sérieux problème,
31:38toujours un sérieux problème
31:39de gestion des ressources humaines
31:40dans l'éducation nationale ?
31:42Vous savez, l'éducation nationale
31:44obéit à la loi des grands nombres.
31:45Vous avez plus de 12 millions d'élèves,
31:47environ un million de salariés,
31:48c'est considérable.
31:50Donc des chiffres comme ceux-là
31:51peuvent paraître importants
31:52et dès qu'on raisonne en pourcentage,
31:54c'est différent.
31:55Lorsque vous avez des remplaçants
31:57pour les remplacements de long terme,
31:58c'est de cela qu'il s'agit
31:59avec votre question,
32:01vous avez fatalement une partie
32:03des remplaçants
32:03qui ne sont pas devant élèves
32:05à certains moments de l'année.
32:07Mais vous êtes bien content
32:07de les avoir au moment
32:08où vous en avez besoin.
32:10Si vous avez besoin
32:10d'un professeur d'allemand à Dax,
32:13il faut que cette personne existe.
32:15Et justement, on se plaint souvent
32:17du manque de personnes,
32:18mais précisément parce que
32:20les troupes ne sont pas
32:21si nombreuses que ça pour remplacer.
32:23Donc simplement, là,
32:23ce que le ministre a fait,
32:24c'est une souplesse.
32:25Ça peut se comparer
32:26à quand on déstocke quelque chose,
32:28c'est-à-dire quand on essaye
32:30de résoudre à court terme
32:32des problèmes
32:34avec des ressources
32:34que l'on a sur le long terme.
32:35Justement, Stéphane Verne.
32:36C'est ce déstockage ?
32:37Parce qu'on voit des enseignants,
32:38par exemple des profs de maths,
32:39qui disent qu'ils sont envoyés
32:40remplacer des profs de français
32:41ou l'inverse.
32:42Est-ce que c'est bien sérieux,
32:43en fait ?
32:44Votre question répond
32:45à la précédente question
32:46d'une certaine façon.
32:47C'est que, justement,
32:48ce n'est pas pour rien
32:48qu'il y a une réserve
32:51qui correspond à des disciplines.
32:53Donc là, je pense que le ministre
32:54a raisonné en situation de crise
32:55en disant qu'il peut y avoir
32:56une polyvalence.
32:58Comment ?
32:58C'est l'urgence qui justifie ça ?
33:00Sans aucun doute.
33:00Il y a une crise.
33:02Il s'agit d'y répondre.
33:03Parfois, vous pouvez aussi faire
33:04plus d'heures de mathématiques
33:06pendant une ou deux semaines.
33:07Et puis après,
33:08lorsque le professeur de français
33:09reviendra,
33:10il fera plus d'heures de français.
33:11C'est aussi cette souplesse
33:12qu'il faut savoir avoir
33:13dans la pratique.
33:15Vous savez,
33:16la réforme du lycée,
33:17parmi ses caractéristiques,
33:19c'est une réforme
33:19de l'autonomie des lycées.
33:21Et ce qui est très frappant,
33:22parfois,
33:23c'est de voir à quel point
33:23tous les acteurs réclament
33:25toujours plus d'autonomie.
33:26C'est un mot qu'on entend,
33:27par exemple,
33:28dans la campagne présidentielle.
33:29Mais quand l'autonomie concrète arrive,
33:31il y a finalement
33:33des difficultés
33:35à ce qu'elle se passe.
33:35Parmi les difficultés,
33:36il y a la question
33:37des emplois du temps.
33:38Beaucoup de lycéens
33:38se plaignent des emplois du temps
33:39à trous
33:40et qui font le lien direct
33:41avec la réforme des lycées,
33:42les spécialités.
33:44Vous prenez votre part
33:45dans cette difficulté ?
33:47Je pense que
33:48lorsqu'on se pose
33:49cette question-là,
33:50il faut faire une sorte
33:51de mise en perspective
33:51d'ensemble.
33:52À quoi,
33:53a servi la réforme
33:54du baccalauréat ?
33:55La réforme du baccalauréat
33:56a servi à mieux préparer
33:58l'avenir des jeunes.
33:59Et je commencerai
34:00par vous donner un chiffre,
34:01qui est le chiffre fondamental,
34:03qui a tout commandé
34:04dans les réformes
34:04du lycée,
34:05du baccalauréat
34:06et de Parcoursup.
34:07Et qui était
34:07mon point de repère.
34:09C'est qu'il y avait,
34:10en 2017,
34:1160% d'échecs
34:13en fin de première année
34:14de licence en France.
34:16C'est un scandale national.
34:18C'est le gâchis français
34:19par excellence.
34:20Ça signifiait,
34:21et je le disais à l'époque,
34:22que nous acceptions
34:24que les élèves
34:25passent de classe en classe
34:26en ayant parfois
34:26des savoirs mal consolidés,
34:28qu'il n'y avait jamais
34:29d'heures de vérité
34:30et que la première
34:31heure de vérité
34:32arrivait lorsqu'on avait
34:3319 ans
34:33à la fin de la première année.
34:35Et là,
34:35c'était souvent trop tard
34:36et je pense que parmi
34:38ceux qui nous écoutent,
34:39certains voient très bien
34:40de quoi je parle.
34:41Et ce gâchis français,
34:42si j'ai bien eu une mission,
34:44c'était de l'empêcher
34:45et d'y remédier.
34:48Évidemment,
34:48en prenant les choses
34:49très à la racine,
34:50c'est toutes les mesures
34:50qu'on a prises
34:51à l'école primaire,
34:52mais aussi par ces réformes
34:54cumulées que je viens
34:55de mentionner.
34:56Et aujourd'hui,
34:57vous savez où est ce chiffre ?
34:58Il est aujourd'hui
34:59autour de 5...
35:00Il est presque à 50%.
35:01De taux d'échec.
35:02De taux d'échec
35:03en fin de première année
35:04de licence.
35:06Et c'est aussi lié
35:07d'ailleurs à des évolutions
35:08dans l'enseignement supérieur
35:09et à des mesures
35:10qui ont été prises
35:11par une combinaison de choses.
35:12C'est très rare,
35:13vous savez.
35:13D'habitude,
35:14on reproche
35:15aux responsables politiques
35:17d'être impuissants,
35:19de ne rien faire.
35:20Deuxièmement,
35:21d'avoir aucune vision
35:21de long terme.
35:23Et troisièmement,
35:24de ne pas avoir
35:24une évaluation
35:25de ce qu'ils font.
35:26Là, vous avez le cas
35:27où nous avons eu le courage
35:28de prendre à bras le corps
35:29un sujet.
35:30Nous avons des résultats.
35:32Mais le chiffre
35:33que je viens de dire,
35:33personne n'en parle.
35:34Je pense que c'est
35:35la première fois
35:35qu'il est dit
35:35dans un média.
35:37Et pour autant,
35:38on va aller chercher ensuite
35:39évidemment tel effet pervers,
35:41tel problème
35:41qui existe bel et bien.
35:42Le cas des emplois du temps,
35:43puisque c'était
35:44le cœur de votre question,
35:45les emplois du temps
35:46ont toujours été compliqués
35:47à faire dans les lycées.
35:50Mais c'est un exercice
35:51d'ailleurs qui est plus
35:52ou moins bien fait
35:52d'un endroit à l'autre.
35:55Et qui renvoie
35:55à l'autonomie là encore
35:56des lycées.
35:57Votre réforme de 2018
35:58n'y est pour rien.
35:59Elle a accentué
36:00un peu le problème.
36:02Bien sûr,
36:02à partir du moment
36:03où vous avez...
36:03Elle est le revers,
36:05le petit revers
36:06d'une amélioration
36:08que très peu de lycéens
36:10ont envie de voir disparaître.
36:11Parce que n'oublions pas
36:12que ce dont nous parlons,
36:14c'est le fait
36:14qu'ils ont désormais
36:15le choix
36:16entre des enseignements
36:16de spécialité.
36:17Et je peux vous dire,
36:19interrogez les lycéens
36:20autour de vous,
36:20demandez-leur
36:21s'ils ont envie
36:21de revenir au système antérieur.
36:23Ce système,
36:23rappelons-le,
36:24je veux juste dire,
36:24parce que parfois
36:25on a l'impression
36:26qu'on fait des réformes
36:26pour faire des réformes.
36:27J'entends souvent la phrase
36:28un ministre passe,
36:29il fait sa réforme
36:30pour laisser son nom.
36:32Dans ce cas-là,
36:33on ne peut pas dire ça.
36:34D'abord,
36:34je suis resté 5 ans,
36:36j'ai tenu bon
36:36tout en consultant
36:37pour faire cela
36:38et tout ceci avait un sens,
36:40ça n'a pas été fait pour rien.
36:41Et quel était ce sens ?
36:42C'était faire réussir davantage
36:45les élèves
36:46après le baccalauréat,
36:47grâce à leur préparation
36:49du baccalauréat.
36:50Et avec le chiffre
36:51que je vous ai donné
36:51il y a un instant,
36:52vous avez la preuve
36:53qu'en effet,
36:53on est allé dans la bonne direction.
36:54On va revenir sur les chiffres
36:55de l'enseignement supérieur.
36:56On peut prendre les choses
36:58par le petit bout
36:58de la lorgnette.
36:59Mais que se passe-t-il
37:00actuellement
37:00avec ces enseignements
37:01de spécialité ?
37:02On a tout simplement
37:03des élèves
37:05qui approfondissent davantage.
37:06Là aussi,
37:07on entend tout le temps
37:08qu'il y a moins d'exigences,
37:10qu'on a le baccalauréat
37:11n'importe comment.
37:13On va traiter
37:13toutes les questions.
37:15Les points sont liés.
37:16La question des emplois du temps,
37:19je vais vous répondre
37:20et je me tais,
37:22c'est là.
37:24Oui, les emplois du temps
37:26sont sans doute
37:27trop chargés
37:27pour les élèves.
37:28Oui, des remèdes
37:29doivent être portés.
37:30Oui, ça peut être
37:31un des petits effets pervers
37:33de la réforme,
37:34même si le problème
37:35existait auparavant.
37:36On va reparler
37:36de l'enseignement supérieur
37:37après,
37:38mais avant sur Parcoursup.
37:39Un autre point
37:40qui crispe
37:41pendant les mobilisations,
37:42c'est Parcoursup
37:42que vous avez participé
37:44à mettre en place.
37:45Qu'est-ce que vous répondez
37:46à ceux qui disent
37:46que c'est une plateforme
37:47qui est stressante,
37:48qui manque de clarté ?
37:49Un rapport du Sénat en 2019
37:51pointait justement
37:51que les algorithmes
37:53étaient opaques.
37:54Il y a certainement
37:55des améliorations à apporter
37:56et ne déduisez pas
37:57de ce que j'ai dit avant
37:58que je dis que
37:58tout va très bien
37:59et qu'il n'y a aucun problème.
38:01Je dis qu'il faut toujours
38:02saisir le sens des choses.
38:04Pourquoi est-ce qu'on fait les choses ?
38:05Comment elles se relient
38:06les unes entre elles ?
38:07On a parlé au début
38:08de l'angoisse de la jeunesse.
38:09Si on ne donne pas
38:09le sens des choses,
38:10si sans arrêt
38:11on est à regarder les choses
38:13par le petit bout
38:14de la lorniette
38:15sans voir pourquoi elles existent,
38:17alors on ne peut pas
38:17les améliorer.
38:18Et c'est par rapport
38:19à un objectif
38:19qu'on doit améliorer les choses.
38:21L'objectif,
38:21c'est le bien de la jeunesse,
38:23la faire réussir
38:24dans ses études supérieures
38:26qui peuvent être
38:26de tous ordres d'ailleurs,
38:27qui ne sont pas seulement
38:27à l'université.
38:29Et donc,
38:30lorsque vous regardez
38:32Parcoursup,
38:33l'objectif de Parcoursup
38:34c'était tout simplement
38:35de mieux affecter les élèves.
38:36Vous aviez auparavant
38:37par exemple
38:39un élève
38:40qui avait fait S
38:41qui ne pouvait pas
38:42entrer en médecine
38:42parce que le tirage au sort
38:43avait mis un élève
38:44de bac pro
38:45qui était sûr
38:46de rater ses études de médecine
38:47et l'avait affecté la...
38:48Jean-Michel Blanquer,
38:49en raisonnant par l'absurde,
38:50est-ce que le fait d'avoir
38:51avec Parcoursup
38:52ouvert 25 000 possibilités
38:54ce n'est pas justement
38:55ce qui est vecteur de frustration ?
38:57C'est-à-dire qu'avant
38:58il n'y avait pas forcément conscience
38:59qu'on pouvait avoir accès
39:00à tout ça
39:01et aujourd'hui
39:01on se rend compte
39:02que les accès
39:03sont plus difficiles.
39:04C'est une grande
39:05et bonne question.
39:05C'est-à-dire que
39:06vous posez le problème
39:07démocratique par excellence.
39:08C'est-à-dire
39:09y a-t-il une angoisse
39:10devant un choix excessif ?
39:11C'est votre question.
39:13Elle est réelle.
39:14Peut-être que
39:14dans ce cas-là
39:15il faudra revenir
39:15à des choix plus restreints
39:17mais c'est une réforme
39:18profondément juste
39:19de ce point de vue-là.
39:20C'est-à-dire qu'on a ouvert
39:22des opportunités
39:22qui auparavant
39:23ne se voyaient pas.
39:24Pour ceux qui sont
39:26qui ont plus de 30 ans
39:27aujourd'hui
39:27ils savent très bien
39:28de quoi je parle
39:29et comment étaient
39:30les systèmes antérieurs.
39:31On a tous connu
39:32le fait qu'il y a
39:34des opportunités
39:34d'enseignement supérieur
39:35que nous ne connaissions pas
39:36quand nous avions 18 ans.
39:38Parcoursup
39:39nous permet de faire ça.
39:40Alors on peut toujours
39:41trouver un défaut
39:42à une cuirasse
39:44et en l'occurrence
39:45on peut dire
39:46il y a trop de choix.
39:47D'accord.
39:47Qui serait d'accord
39:48pour maintenant
39:49revenir à moins de choix
39:50si vous voulez.
39:51Donc quand même
39:52j'invite chacun
39:52à réfléchir à ça
39:53c'est-à-dire
39:53c'est tellement facile
39:54de tomber à bras raccourcis
39:55sur chaque réforme
39:56tout en se plaignant
39:57qu'on n'est pas capable
39:58de faire des réformes.
39:59Là on en a fait une
40:01qui est d'ailleurs
40:01c'est même plusieurs réformes
40:02en une
40:03cohérentes entre elles.
40:05Quels sont des inconvénients
40:06qu'il puisse y avoir
40:07des améliorations ?
40:08Je suis le premier à le penser.
40:09Je trouve ça très bien
40:10que Parcoursup
40:11soit sur la table
40:11et qu'on discute
40:12parce que ça permet
40:13d'être rationnel.
40:14Et le contrôle continu ?
40:15Parce que par exemple
40:16Gabriel Attal dit
40:17qu'il veut mettre fin
40:17à la pression
40:18du contrôle continu.
40:19C'est aussi votre oeuvre.
40:21Alors il faut voir
40:22ce qu'on disait
40:22sur le contrôle terminal
40:23avant la réforme.
40:24Si vous voulez
40:25ça me fait penser
40:26au légionnaire d'Astérix
40:28quand il arrive en Corse
40:29et qu'on lui dit
40:30elle est jolie ma soeur
40:31elle n'est pas jolie ma soeur.
40:32Donc si vous voulez
40:33on peut toujours
40:35trouver un inconvénient
40:36à une situation.
40:37Avant la réforme
40:38on disait que
40:39le contrôle terminal
40:40seul produisait du stress
40:42pour les élèves
40:42parce que tout se jouait
40:43sur une épreuve.
40:44Et c'est pour ça
40:45qu'on n'a pas mis d'ailleurs
40:46le contrôle continu
40:47à la place du contrôle terminal
40:48mais une part
40:48de contrôle terminal
40:49qui reste majoritaire
40:50et une part
40:51de contrôle continu.
40:52Et vous aviez
40:53du contrôle continu
40:54avant cette réforme.
40:56Comment se passe
40:57la sélection
40:58comment se passait
40:59et se passe encore
41:00la sélection des élèves
41:01dans les filières
41:02qu'on appelle sélectives
41:03dont je rappelle
41:04qu'elles représentent
41:04le cas d'un élève
41:06sur deux
41:06en enseignement général.
41:08c'est vous envoyez
41:09je parle à l'imparfait
41:11vos bulletins
41:12vers le mois de janvier
41:13février
41:14par exemple
41:14si vous alliez
41:14dans une classe préparatoire
41:15ou dans un DUT
41:17et c'est sur la base
41:18de votre contrôle continu
41:21que vous étiez admis
41:23ou pas
41:23dans la classe préparatoire.
41:24et pas sur l'examen final.
41:25Donc ça existait.
41:26Donc si vous voulez
41:27toute cette démagogie
41:28qu'il y a dans les commentaires
41:30en fait ne va pas
41:31dans le sens
41:32du débat démocratique
41:33puisque nous avons besoin
41:34aujourd'hui
41:35de mettre à plat les choses.
41:36C'est pour ça que moi
41:37démocratiquement
41:38je pense que c'est très bien
41:39et ma réponse
41:41à la jeunesse
41:41c'est mettons
41:42parcours sûr sur la table
41:43par exemple
41:43c'était le sens
41:44de la question précédente
41:46en donnant sans doute
41:47plus d'autonomie encore
41:49aux universités
41:49dans leur manière de faire.
41:51Je pense que
41:52d'ailleurs si vous interrogez
41:53les présidents du diversité
41:54ils ne vous diront pas
41:55que parcours sup
41:55c'est une mauvaise réforme.
41:57L'université
41:58en tire des bénéfices
42:00quant à la bonne adéquation
42:01des étudiants
42:02qui sont là
42:03et de l'offre
42:04qui est proposée.
42:05Mais maintenant
42:05on peut faire mieux
42:06et notamment
42:07je pense qu'on peut aussi
42:08créer des places
42:09mais dans les endroits
42:10qui correspondent
42:11à des débouchés
42:12pour les élèves.
42:13Par exemple
42:13Justement
42:14est-ce que
42:14pour élargir le sujet
42:17est-ce qu'il n'y a pas
42:18aujourd'hui
42:18trop de bacheliers
42:19trop de gens
42:20qui ont le bac
42:21et qui font des études supérieures
42:22parce que c'est une question
42:24qui peut se poser ?
42:25On est passé de 2 millions
42:26d'étudiants
42:27à 3 millions d'étudiants
42:28en une vingtaine d'années.
42:30La question est très légitime
42:31sachant bien la poser
42:32on dit 80%
42:34d'une génération
42:34le baccalauréat
42:35c'est vrai
42:35mais le baccalauréat
42:37c'est plein de choses
42:38sur ce 80%
42:39la moitié
42:40une petite moitié
42:41c'est le bac général
42:42mais le reste
42:42c'est bac technologique
42:43bac professionnel
42:44donc il s'agit surtout
42:45de certifier chaque génération
42:47mais de manière
42:48très diverse
42:49une bonne partie
42:50vont ensuite aller
42:52soit au travail
42:53pour une partie
42:55des bacs pro
42:55soit dans les BTS
42:57et les DUT
42:58et donc si vous voulez
42:59l'idée un peu trop facile
43:00de dire
43:00on a l'impression
43:01que 80% d'une génération
43:03va aller à l'université
43:04pour des enseignements
43:05qui ne mènent à aucun emploi
43:06c'est ça le sous-jacent
43:07de cette question
43:07en réalité
43:08c'est heureusement
43:09pas exactement comme ça
43:10mais par contre
43:11je suis d'accord
43:12il y a aussi l'idée
43:13de faire travailler
43:13plus tôt
43:14les jeunes
43:15d'une manière générale
43:16et aussi de les faire
43:17travailler un peu plus tard
43:18sur la question
43:18des retraites
43:19mais justement
43:20pour permettre
43:21de sauvegarder
43:21les retraites
43:22par exemple
43:22c'est une idée
43:23de Marine Le Pen
43:23est-ce que cette idée-là
43:25elle est bonne ou pas
43:25c'est-à-dire de se dire
43:26on entre sur le marché
43:27du travail
43:28bien trop tard en France
43:29alors ce qu'il faille
43:30augmenter le taux d'emploi
43:31en France
43:31c'est évident
43:32il a d'ailleurs
43:32il s'est amélioré
43:33ces dernières années
43:34il est encore trop faible
43:35par rapport au reste du monde
43:37mais ça vaut pour tous les âges
43:38pas spécialement pour les jeunes
43:40ça vaut aussi pour les plus âgés
43:42donc on a besoin
43:43de produire en France
43:44et on a besoin
43:44de taux d'emploi
43:46on doit être ultra pragmatique
43:47sur ces questions
43:48et ne pas chercher
43:50à être trop général
43:52et avec des slogans
43:53et donc être pragmatique
43:55c'est en effet
43:55amener les jeunes
43:57c'est un problème
43:57qui se pose à l'échelle
43:58du monde entier
43:59amener les jeunes
44:00vers les formations
44:01qui les amèneront
44:02à un emploi
44:03et là
44:04il faut supprimer
44:05les formations
44:06il faut supprimer
44:07une part des formations
44:07qui n'amènent pas
44:08à l'emploi
44:08bien sûr
44:10je l'ai d'ailleurs
44:11en bonne partie fait
44:12c'est à dire
44:12évidemment de manière
44:13encore largement incomplète
44:15mais en tout cas
44:15le processus a été amorcé
44:17nous avons fermé
44:17beaucoup de formations
44:18qui ne mènent pas à l'emploi
44:20et ouvertes d'autres
44:21qui mènent à l'emploi
44:22de même que dans la réforme
44:23du baccalauréat
44:24vous avez eu la naissance
44:25de nouvelles disciplines
44:25qui mènent à l'emploi
44:27dès 2018
44:27on a créé une discipline
44:29qui s'appelle
44:30numérique et sciences informatiques
44:31dans laquelle
44:32on avait déjà pensé
44:33à l'intelligence artificielle
44:34et à la cybersécurité
44:36et pour préparer les jeunes
44:37à ces métiers là
44:38donc si vous voulez
44:39cette tendance
44:40c'est évidemment
44:40celle qu'il faut avoir
44:42est-ce qu'on l'a fait suffisamment
44:43est-ce que c'est suffisamment efficace
44:44non
44:46est-ce que les fruits
44:47se cueillent du jour au lendemain
44:48non plus
44:48c'est pour ça qu'il faut
44:49de la continuité
44:50et que je déplore
44:51l'absence de continuité
44:52qu'il y a eu
44:52ces dernières années
44:53mais il est certain
44:56que ce problème
44:57qui se pose encore une fois
44:57à l'échelle du monde
44:58et particulièrement
44:59à l'échelle de la France
45:01c'est ce pragmatisme
45:02dans notre capacité
45:03à orienter les élèves
45:04je signale au passage
45:05que le développement
45:06de l'apprentissage
45:07avant le baccalauréat
45:08et après le baccalauréat
45:10à partir de 2018
45:11qui est d'ailleurs
45:12le fruit d'une grande collaboration
45:13entre le ministère du travail
45:14et le ministère de l'éducation nationale
45:16apporter des fruits importants
45:17avec beaucoup plus
45:18d'apprentis en France
45:19c'est ce type de mesures
45:20qu'il faut savoir prendre
45:21Stéphane Duguay
45:22Vous parliez de la continuité
45:23justement
45:23il y a eu 8 ministres
45:24de l'éducation
45:24en 10 ans
45:26vous vous y êtes resté
45:275 ans
45:27est-ce que c'est la faute
45:28d'Emmanuel Macron
45:29s'il n'y a pas eu de continuité ?
45:31ça
45:32chacun peut en juger
45:33ce qui est certain
45:33c'est que
45:35Emmanuel Macron a battu
45:37le record du ministre
45:38qui a la plus grande longévité
45:39de l'histoire de la République
45:40votre serviteur
45:41et d'autre part
45:42le record de la plus grande instabilité
45:44des ministres
45:45au cours du deuxième quinquennat
45:46donc
45:47on ne peut pas
45:48comparer le premier quinquennat
45:49et le deuxième quinquennat
45:50de ce point de vue là
45:50je regrette de le dire
45:51j'aimerais vous dire autre chose
45:53mais
45:54il y avait un cap
45:55c'est précisément
45:56parce que ce cap
45:56est devenu moins clair
45:57dans le deuxième quinquennat
45:58qu'aujourd'hui
45:59vous pouvez avoir
46:00une révolte de la jeunesse
46:01puisqu'on ne sait pas
46:02où on veut mener les gens
46:03donc
46:03et c'est vrai d'ailleurs
46:05dans d'autres domaines
46:05donc
46:07dommage que ce cap soit perdu
46:09je pense que la crise sanitaire
46:10a joué un rôle
46:11dans la perte du cap
46:11mais évidemment
46:13il faut le retrouver
46:14pas exactement le même
46:16d'ailleurs
46:16mais en tout cas
46:16ce cap qui est d'abord
46:18de dire
46:19notre territoire
46:20notre jeunesse
46:21notre espace
46:22notre temps
46:23il y a des choses
46:24assez simples à dire
46:25pour le futur
46:26et vous savez
46:27je pense même
46:27que le déséquilibre budgétaire
46:29est lié à l'absence de cap
46:30quand vous avez un cap
46:31c'est vrai dans une famille
46:32dans une entreprise
46:32dans un pays
46:33quand vous savez
46:34où vous voulez aller
46:35les choses après
46:36vous ne faites pas un chèque
46:37à tous les enfants
46:38qui viennent vous dire
46:38je veux ceci
46:39je veux cela
46:40vous ordonnez les choses
46:41à partir d'une priorité
46:42et donc notre pays
46:43a besoin aujourd'hui
46:44qu'on lui dise
46:45où il va
46:46et notre jeunesse
46:47en a encore plus besoin
46:48et c'est le sens
46:49de ce qu'on a fait
46:50à Sens justement
46:51dans la ville de Sens
46:53lorsqu'on a fait
46:53l'université d'été
46:55du laboratoire de la république
46:56où on a rassemblé
46:56une bonne partie
46:57de responsables politiques
46:59mais aussi d'experts
47:00et de citoyens
47:01pour définir ce cap
47:03qui pour moi
47:03je le redis
47:04parce que c'est pour moi
47:05la priorité des priorités
47:06c'est revitaliser
47:07le territoire français
47:08c'est pas normal
47:09et les jeunes en souffrent aussi
47:10qu'on ait la crise démographique
47:12la crise du logement
47:13et tant d'autres crises
47:14parce que nous nous concentrons
47:16sur 10 points du territoire
47:17que sont les grandes métropoles
47:19il faut réhabiter notre territoire
47:21ça c'est un projet de société
47:22on doit dire à une famille
47:24à un jeune qui a 20 ans
47:25et qui veut fonder une famille
47:26dans quelques années
47:27tu pourras te réinstaller
47:29dans un petit village
47:30nous allons y remettre
47:31de l'énergie
47:32parce que nous allons avoir
47:33par exemple
47:33racheté les logements
47:35en déshérence
47:36par les bailleurs sociaux
47:37parce qu'il y aura
47:38des franchises fiscales
47:39pour créer son entreprise
47:40parce qu'on va avoir
47:41un plan de rénovation
47:42de l'agriculture
47:42etc.
47:43il faut remettre
47:44de la vie
47:44de l'espérance
47:45de l'optimisme
47:46je pense que c'est possible
47:47et c'est pourquoi
47:49cette crise
47:50est à repositionner
47:52dans une crise
47:53plus générale
47:53je reviens un instant
47:55sur la crise lycéenne
47:57et les images
47:57qu'on a vu cette semaine
47:59notamment des images
48:00de violence
48:00est-ce que vous
48:01ministre de l'éducation
48:02vous auriez approuvé
48:03l'ordre de déblocage
48:04des lycées
48:06avec l'usage de la force
48:07est-ce que vous êtes interrogé
48:08sur les images
48:08que vous avez vues
48:09cette semaine
48:09c'est difficile
48:10de porter un jugement
48:11parce que
48:11il faut être
48:13vous savez
48:13j'ai eu parfois
48:14à affronter des situations
48:15de ce genre
48:16au moment de la crise
48:16des gilets jaunes
48:17il n'y a pas eu
48:17de révolte lycéenne
48:19contre la réforme
48:19du baccalauréat
48:20directement
48:20au contraire
48:21on avait fait
48:21une grande consultation
48:23en revanche
48:23nous avons eu
48:24la crise des gilets jaunes
48:25qui avait débordé
48:26sur les lycées
48:28et dans ces moments-là
48:29il y avait eu
48:30finalement
48:31un maintien de l'ordre
48:32qui avait
48:33sauvé l'essentiel
48:34c'est-à-dire
48:34qu'il n'y avait pas eu
48:35de blessés
48:36parmi les lycéens
48:36et évidemment
48:38c'était le plus important
48:40mais je me garde bien
48:41de porter un jugement
48:42là-dessus
48:42parce que
48:43la critique est facile
48:44mais l'art est difficile
48:46Jean-Michel Blanquer
48:47un dernier mot
48:47sur le livre
48:47que vous sortez cette semaine
48:48La démocratie et la fureur
48:50c'est aux éditions Plon
48:52alors vous
48:53pour analyser
48:54quelque part
48:54les ressorts
48:55de la conquête
48:56et de l'exercice
48:56du pouvoir
48:56par Donald Trump
48:57vous vous mettez
48:58dans la peau de Tocqueville
48:59est-ce que c'est d'abord
49:01l'analyse d'une démocratie
49:02qui dérive
49:03mais surtout
49:03est-ce qu'il faut y lire
49:04et je vous demande
49:05en quelques mots
49:06un avertissement
49:07pour la France
49:09Oui bien sûr
49:09et pour le monde
49:10vous savez
49:10il y a des choses
49:11dont nous jouissons
49:12comme l'air
49:12que nous respirons
49:13et nous pensons
49:14que nous les avons
49:14pour toujours
49:15c'est le cas
49:16de la liberté
49:16de la démocratie
49:18pour autant
49:19ce sont en fait
49:19les acquis des siècles
49:20nous sommes
49:21les chanceux
49:22d'avoir hérité
49:22la démocratie
49:24la république
49:24et parfois
49:25les gens ont l'impression
49:26que c'est démocrieux
49:27mais en réalité
49:27c'est quelque chose
49:28de très fragile
49:29et il y a une grande
49:30situation de faiblesse
49:31de la démocratie
49:32aujourd'hui
49:32parce que d'abord
49:33c'est les démocraties
49:33vis-à-vis des pouvoirs
49:34autoritaires
49:35on le voit bien
49:36avec certaines grandes puissances
49:37d'aujourd'hui
49:38mais c'est aussi
49:39à l'intérieur des démocraties
49:40parce que les non-démocrates
49:41utilisent des outils
49:42que les démocrates
49:43n'utilisent pas
49:43et bien ça sera à découvrir
49:44dans La démocratie
49:46et la fureur
49:47votre livre
49:47que vous sortez cette semaine
49:48merci beaucoup
49:49Jean-Michel Blanquer
49:50merci à vous
49:50c'est un ministre de l'éducation
49:52qui était le deuxième invité
49:53de ce grand jury
49:54bon dimanche à tous
49:54on se retrouve la semaine prochaine
49:56merci à vous
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