Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 28 minutes
La candidate à l'élection présidentielle était interrogée par Olivier Bost (RTL), Tâm Tran Huy (Public Sénat) et Stéphane Vernay (Ouest France).
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 01 novembre 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:09Le Grand Jury présenté par Olivier Bost
00:13Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury, nous sommes en direct sur RTL et nous sommes en direct sur
00:18Public Sénat.
00:19Bonjour Natacha Polony.
00:21Bonjour.
00:21Vous êtes donc candidate à l'élection présidentielle, éditorialiste, journaliste, essayiste.
00:27Vous avez décidé de faire le grand saut, la question de ce dimanche est la suivante.
00:32Est-ce qu'il se passe quelque chose ? Quel sens donner à votre candidature ?
00:37Avez-vous des idées que les autres n'ont pas ?
00:39Vous défendez une souveraineté française, la réindustrialisation, une augmentation de 20 à 30% des salaires.
00:47Comment faut-il vous situer sur l'échec qui est politique ?
00:50Bienvenue dans ce Grand Jury, Natacha Polony.
00:53A mes côtés pour vous interroger ce dimanche, Tam Tranui de Public Sénat et Stéphane Vernet de Ouest France.
00:59Dans ce Grand Jury, Natacha Polony, nous aurons une séquence dédiée à l'actualité internationale et vous répondrez aussi aux
01:07questions des lecteurs.
01:09Le Grand Jury, sur le terrain.
01:11Et sur le terrain, c'était encore des manifestations.
01:14Hier, une mobilisation en baisse.
01:17320 000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l'Intérieur.
01:21500 000 selon les syndicats.
01:23Et encore des violences dans quelques fins de cortège.
01:27Natacha Polony, est-ce que c'est le début de la fin de ce mouvement ?
01:31Alors, ce mouvement est encore très important.
01:33320 000 personnes, c'est beaucoup.
01:36Et surtout, ce mouvement se manifestera à nouveau le 5 novembre.
01:41Et là, il y aura très certainement l'expression à la fois de la colère lycéenne et du mouvement social
01:48dans son ensemble avec les manifestations syndicales.
01:51C'est un mouvement d'ampleur et qui nous raconte quelque chose de l'état du pays.
01:55Parce qu'en fait, c'est l'expression d'une souffrance, c'est l'expression d'une inquiétude pour l
02:00'avenir.
02:01Et c'est ça qui doit être pris en compte.
02:03Avant de revenir aux revendications, un proche d'Emmanuel Macron dit ce matin dans Le Parisien,
02:07la rue c'est bien, les urnes c'est encore mieux.
02:10Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
02:13Nous sommes dans une démocratie.
02:15Les choses doivent se régler dans les urnes.
02:18Mais le problème que nous avons, c'est que nous sommes coincés dans une démocratie
02:23qui fonctionne mal. Pourquoi ?
02:26Parce que les attentes des citoyens ont été petit à petit repoussées, évacuées.
02:33Et que ce mouvement social est en fait l'expression du fait que la souveraineté du peuple
02:39n'a pas été entendue depuis des décennies.
02:42Que ce soit sur les grands choix économiques,
02:45que ce soit sur les différentes orientations qui sont celles du pays,
02:51on voit à quel point les Français n'ont pas été écoutés.
02:55Donc quand vous n'avez pas de débouché politique à une demande,
02:59quand vous condamnez les Français à voter par défaut
03:02pour faire barrage à tel ou tel,
03:05mais pas positivement pour un projet dont ils sauraient où ils les emmènent,
03:10vous aboutissez à une colère qui hélas se manifeste dans la rue.
03:14C'était le cas pour les Gilets jaunes, c'est le cas aujourd'hui.
03:16En même temps, il y a les élections présidentielles dans six mois,
03:20et ça, ça peut être le débouché politique, le projet.
03:22Il faudrait qu'il y ait un projet qui émerge aujourd'hui.
03:24Est-ce que ça ne pourrait pas être le début d'un apaisement ?
03:29Est-ce que ça a du sens en fait de manifester avec autant de force
03:33six mois avant une élection présidentielle ?
03:35Alors d'abord, le mouvement lycéen par exemple s'est manifesté,
03:41il fallait immédiatement le prendre en compte.
03:43Ça n'a pas été fait, ce qui a laissé s'amplifier la colère.
03:46En fait, il faut une réponse, on ne peut pas se contenter.
03:49Vous voulez dire qu'au départ, c'est une erreur politique ?
03:51Bien sûr, bien sûr.
03:52Un mouvement lycéen, ça se gère en considérant les demandes qui s'expriment,
03:58d'autant plus quand ces demandes sont en fait légitimes
04:01et sont le fruit de plusieurs années de dérive.
04:03Donc vous devez les écouter, vous devez présenter,
04:06ne serait-ce que respecter, respecter notre jeunesse.
04:09C'est le minimum.
04:10Et de même, le mouvement social, vous ne pouvez pas attendre indéfiniment,
04:15attendre jusqu'à l'élection présidentielle pour répondre au problème de pouvoir d'achat des Français.
04:20Il y a quelques éléments qui peuvent intervenir aujourd'hui.
04:23Et après, en effet, les grands sujets seront traités, doivent l'être,
04:28pour l'élection présidentielle, les sujets de long terme.
04:31Mais il y a du court terme.
04:32Parlons encore un peu des manifestations, des débordements.
04:36Est-ce qu'il faut, selon vous, contrôler, limiter les réseaux sociaux ?
04:39Est-ce que ça vous choque que le gouvernement le souhaite ?
04:42Ce n'est pas constitutionnel.
04:44Ça a été fait dans nos Outre-mer, ça a été fait en Nouvelle-Calédonie.
04:48Mais ça n'était pas, en fait, ça n'a pas été validé par le Conseil constitutionnel.
04:54Par le Conseil d'État.
04:54Par le Conseil d'État, pardon.
04:56Oui, c'est illégal.
04:57Et donc, vous ne pouvez pas généraliser cela.
05:00Mais le projet de loi casseur-payeur adopté cette semaine au Sénat, il revient.
05:04Oui, il y revient.
05:05Mais nous avons un blocage constitutionnel.
05:08Il va donc falloir, à un moment donné, sur divers sujets,
05:12regarder quel est le grand pacte démocratique de notre pays,
05:16c'est-à-dire ce que nous mettons dans notre Constitution
05:18et quelles sont les valeurs que nous y mettons.
05:20Mais sur le fond, les réseaux sociaux sont un symptôme.
05:25Si vous voulez éviter d'avoir des casseurs et des pillards,
05:30vous tenez compte des alertes.
05:32Le résultat du 17 octobre vient du fait que les signaux faibles n'ont pas été écoutés.
05:38Il y a eu une erreur de renseignement.
05:41Non seulement de renseignement, mais derrière, de calibrage du dispositif.
05:46Donc, le problème n'est pas de supprimer les réseaux sociaux.
05:48Le problème est de répondre correctement aux risques qui se manifestent
05:52et que, de toute façon, on peut repérer.
05:55Et d'ailleurs, j'en veux pour preuve le fait que les dernières manifestations
05:59se sont mieux déroulées parce que, justement, le risque était calibré.
06:04Natacha Polony, vous parliez d'un nécessaire changement de Constitution.
06:08Alors, pas un changement de Constitution.
06:10Mais il y a aujourd'hui des dispositifs et des pratiques constitutionnelles
06:17qui, petit à petit, bloquent la volonté des citoyens.
06:21Je pense que nous allons y revenir dans cette émission.
06:24Oui, mais donnez-nous des exemples sur quoi la Constitution, aujourd'hui, bloque des politiques.
06:28On va venir, par exemple, sur les questions d'immigration,
06:32sur les questions de rapport entre le droit européen et le droit français.
06:38Les Français, à un moment donné, devront se prononcer sur ces questions-là.
06:42C'est intéressant parce qu'il y a d'autres candidats, par exemple,
06:44qui veulent inverser ce qu'on appelle les normes, c'est-à-dire que...
06:47La hiérarchie des normes.
06:48La hiérarchie des normes, c'est-à-dire que le droit national soit prioritaire
06:51par rapport au droit européen et même au droit international.
06:53Est-ce que c'est aussi votre idée ?
06:54Je crois qu'il faut faire attention à la manière dont on manie ces choses-là.
06:58Il y a certains domaines sur lesquels la Constitution française doit explicitement primer.
07:05Sur la préférence nationale ?
07:06Et nous devons le faire.
07:06Sur l'idée d'une préférence nationale ?
07:08Non, moi, je ne suis pas pour la préférence nationale.
07:09Vous parlez d'immigration, donc...
07:10Non, non, je ne suis pas pour...
07:11On peut parler d'immigration sur autre chose.
07:13La préférence nationale est portée par un parti qui, en fait, prône le maintien d'une France
07:21telle qu'on pense qu'elle était dans les années 50-60.
07:24Ce n'est pas ma vision.
07:25Moi, je crois en la nation.
07:27Pourquoi ?
07:27Parce que la nation, c'est un pacte politique.
07:31Ce que je défends, c'est la République et la nation.
07:33C'est-à-dire la manière...
07:35Je termine juste sur un point.
07:37C'est-à-dire le fait que, quand on est citoyen d'une nation,
07:39on a des droits et des devoirs.
07:41Le premier devoir d'un citoyen, c'est d'aller mourir potentiellement pour sa patrie.
07:46Quand on est citoyen, on peut être mobilisé.
07:49Ça implique, derrière, des droits qui sont des droits liés à cette citoyenneté.
07:54C'est cette évidence-là qu'il faut rappeler et sur laquelle il faut s'asseoir.
07:58Et ça n'a, justement, aucun lien, ni avec la religion, ni avec une supposée origine,
08:06parce que, justement, la nation française n'est pas ethnique ou religieuse, elle est politique.
08:11C'est vous qui évoquiez un changement de constitution, notamment sur le sujet de l'immigration.
08:14Qu'est-ce qui, aujourd'hui, dans la constitution, bloque sur les sujets d'immigration ?
08:18Non, ce n'est pas ce qui est dans la constitution.
08:20C'est l'interprétation qui en est faite par le Conseil constitutionnel sur différents éléments.
08:25Par exemple, quand le Conseil constitutionnel, aujourd'hui, utilise la notion de fraternité
08:35dans le préambule de notre constitution pour rendre impossible la lutte contre l'immigration illégale,
08:46c'est un problème, parce que c'est un principe politique et philosophique, la fraternité.
08:52Vous voulez enlever le principe de fraternité dans la constitution ?
08:56Alors non, justement, je veux, évidemment, que le Conseil constitutionnel juge sur la loi,
09:02c'est-à-dire ce qui était prévu dans la constitution de la Vème République.
09:06C'est pour cela, d'ailleurs, que la Vème République n'a jamais voulu que le Conseil constitutionnel soit une
09:13Cour suprême.
09:13Mais peu importe, c'est un...
09:15Vous proposez la suppression du Conseil constitutionnel ?
09:17Du tout !
09:18Le Conseil constitutionnel n'a pas toujours existé ?
09:21Il n'est pas indispensable ?
09:24Si, il existe dans la Vème République et c'est très bien.
09:28C'est un équilibre des pouvoirs.
09:29Son rôle est de vérifier la constitutionnalité des lois.
09:33Si vous ramenez le Conseil constitutionnel à la loi, en fait, c'est le Conseil d'État qui fait ça.
09:36En fait, on n'a plus besoin du Conseil constitutionnel dans ces cas-là.
09:39Non, le Conseil constitutionnel, dans son action,
09:41telle qu'elle était prévue par la constitution de la Vème République.
09:45Pour revenir sur le sujet...
09:46Pour la Vème République, elle fonctionne très bien.
09:48Quand on la respecte et quand on la remet dans ces équilibres originels avec les contre-pouvoirs qui existaient dans
09:55la constitution de la Vème République.
09:57Vous savez, le général de Gaulle et Michel Debré avaient prévu, justement, cet équilibre extrêmement sain entre la volonté des
10:03citoyens et l'État de droit.
10:05C'est cela que je prône, l'équilibre entre la volonté des citoyens et l'État de droit.
10:10Dame Trenuit.
10:10Oui, pour revenir sur le sujet de l'immigration que l'on évoquait,
10:14est-ce que vous diriez, comme Édouard Philippe, que lors des violences du 17 octobre,
10:17la surreprésentation des jeunes issus de l'immigration était patente
10:21et qu'il y a eu, à travers cela aussi, la manifestation de l'échec de la politique d'intégration
10:28?
10:29Le problème que nous avons aujourd'hui, c'est le fait d'avoir concentré des populations immigrées dans des ghettos
10:36et derrière, d'avoir imaginé que l'on pouvait se passer d'une intégration.
10:42Et je crois que nous avons détruit progressivement tous les instruments de l'intégration,
10:47que sont d'abord l'école républicaine, ensuite l'intégration par le travail,
10:51l'intégration au sein d'une collectivité salariale.
10:55Faites-vous le lien avec les violences du 17 octobre ?
10:57Comme Édouard Philippe le fait.
10:59Je regarde ce que nous montrent les images, mais la question n'est pas là pourquoi ?
11:05Parce que tous ces jeunes, pour beaucoup, sont français.
11:08Ils sont français.
11:09Moi, ce qui m'intéresse, c'est comment on fait pour que tous les jeunes français,
11:14quelle que soit leur origine, quelle que soit leur religion,
11:17quelle que soit l'histoire de leurs parents, se sentent français et aiment la France.
11:21Et il faut leur rendre cette envie de vivre selon notre pacte politique.
11:28Et ça, comment vous dire ?
11:29L'intégration, ça concerne tous les jeunes, quels qu'ils soient.
11:34Ce n'est pas que les enfants d'immigrés.
11:36Pourquoi ? L'intégration, c'est la façon dont les adultes font rentrer dans la société,
11:40les jeunes générations, en leur faisant comprendre dans quelle société elles vivent,
11:45quelle est l'histoire de cette société et comment nous allons la prolonger et nous projeter.
11:49Vous avez des solutions, Natacha Polony, pour en finir avec les ghettos, comme vous dites ?
11:53Oui, bien sûr.
11:54Il y a des politiques que nous pouvons d'ailleurs trouver chez nos voisins européens.
11:58Regardez la politique que mène le Danemark pour justement éviter de concentrer des populations immigrées dans des ghettos.
12:06C'est en jouant sur, notamment, le logement social.
12:09C'est pour ça que, par exemple, on peut décider, et c'est ce que je prône,
12:12de modifier les règles d'attribution du logement social pour faire prévaloir le temps d'attente
12:19sur la liste de demandes plutôt que, par exemple, des critères sociaux ou familiaux.
12:26Vous pouvez également éviter de concentrer les mêmes nationalités.
12:29Oui, ça change beaucoup.
12:31Et vous pouvez éviter de concentrer trop d'immigrés dans un quartier.
12:36Donc, vous permettez, en fait, une régulation de l'implantation.
12:41De même, vous pouvez aller regarder du côté de ce que fait l'Allemagne.
12:44L'Allemagne, par exemple, ne laisse pas la liberté d'installation pour les demandeurs d'asile.
12:49Pourquoi ?
12:50Pour éviter, justement, les concentrations.
12:51On ne peut pas intégrer quand on concentre les populations et qu'on crée des trappes à pauvreté.
12:57Ces trappes à pauvreté, ensuite, sont prises en main par des trafics
13:00et vous avez, donc, des territoires perdus de la République.
13:04C'est cela qu'il faut éviter.
13:06Et de même, quand vous avez à l'école des classes dans lesquelles
13:09une majorité d'enfants est issue de familles qui ne parlent pas le français,
13:13il est beaucoup plus difficile de leur apprendre le français
13:16et donc de leur permettre de s'intégrer.
13:19C'est tout cela sur lequel il faut revenir.
13:21Notamment en donnant plus de moyens aux classes
13:24quand vous avez une forte proportion d'élèves allophones.
13:27Très concrètement toujours,
13:29quelles solutions avez-vous face aux violences ?
13:31Toutes les violences qu'on a pu voir ces dernières semaines ?
13:35La fin de l'impunité.
13:37Voilà quelle solution.
13:38Ça veut dire quoi ?
13:39Ça veut dire déjà que nous devons réviser la façon dont les forces de l'ordre
13:45luttent contre les nouvelles formes d'attaques, de casses et de pillages.
13:51C'est-à-dire ?
13:51C'est-à-dire que le principe, c'est qu'il faut s'adapter.
13:54On ne va pas attendre que les délinquants s'adaptent gentiment
13:58à la façon dont nous, nous gérons le maintien de l'ordre.
14:01Donc, il va falloir faire un audit de tout ce qui s'est passé
14:03pour savoir comment être plus mobile,
14:07comment approvisionner les munitions,
14:08puisque le 17 octobre, c'est tout cela qui a péché.
14:11Derrière, il y a la réponse pénale et elle doit être extrêmement ferme.
14:16C'est pour ça que je suis, par exemple, pour l'adoption de peines planchées
14:19qui vont permettre ensuite une réponse immédiate.
14:23Je suis également pour le modèle des Pays-Bas.
14:27Aux Pays-Bas, on applique même les peines de prison très courtes.
14:31Pourquoi ? Parce qu'il faut que la sanction arrive immédiatement
14:35pour qu'elles soient perçues et comprises.
14:37Je suis contre l'adaptation systématique des peines de prison
14:42qui, en fait, dilue la peine.
14:44Il y a un contre-argument aux peines immédiates et courtes,
14:47c'est qu'elles désociabilisent et que, généralement,
14:50c'est plus compliqué ensuite.
14:52Pour ceux qui goûtent à la prison...
14:5310 jours, 15 jours de prison, c'est ce qui se passe aux Pays-Bas,
14:57ça ne désociabilise pas et, en revanche, ça permet de comprendre
15:00que l'on a enfreint la loi et qu'on ne peut pas accepter
15:04de laisser enfreindre la loi.
15:06Encore une fois, ce dont nous souffrons aujourd'hui, en France,
15:10c'est l'impunité, c'est le sentiment d'impuissance de l'État,
15:14c'est l'irresponsabilité.
15:15Il faut lutter contre ce sentiment qu'ont les Français
15:18que l'État est impuissant.
15:20Ce à quoi nous avons assisté le 17 octobre,
15:23c'est un effondrement.
15:25Un effondrement de l'État dans sa capacité à protéger les citoyens.
15:29Et ce qui coûtera le plus cher et ce qui sera le plus dangereux,
15:32c'est de laisser des Français avec l'idée qu'ils doivent se défendre eux-mêmes
15:36parce que l'État ne le fera pas.
15:38Donc, nous devons mettre en œuvre tous les moyens
15:41pour un retour de l'État dans son autorité et ses prérogatives régaliennes.
15:45Natacha Polony, si on revient aux racines de ce mouvement
15:49et à la mobilisation lycéenne,
15:51est-ce qu'il n'y a pas eu, vous l'avez dit,
15:52une forme de surdité de l'État,
15:54mais aussi une violence disproportionnée vis-à-vis des jeunes à ce moment-là ?
15:59On a eu des experts de l'ONU qui ont parlé de leur consternation
16:03face à la répression des manifestations étudiantes.
16:06Il y a aussi eu ces jeunes éborgnés, ces mains arrachées, etc.
16:10On a eu, en effet, la mobilisation de forces de l'ordre,
16:14parfois contre des blocages qui étaient pacifiques.
16:17Et peut-être qu'il aurait mieux valu que ces forces de l'ordre
16:21soient mobilisées davantage contre les casseurs
16:24qui, eux, s'infiltrent dans les mouvements
16:26et qui, eux, sont profondément dangereux.
16:29Les Black Blocs, aujourd'hui,
16:31salissent n'importe quel mouvement social
16:33et je m'étonne systématiquement
16:36de la façon dont on ne cible pas
16:39les Black Blocs et les pillards.
16:42Vous vous étonnez ?
16:43Ça veut dire quoi ?
16:44Qu'il y a un problème dans notre doctrine de maintien de l'ordre ?
16:46Voir qu'il y a même une volonté de ne pas s'attaquer à ce problème ?
16:49Alors, je ne me permets pas de juger ce sur quoi je n'ai pas de preuves.
16:54En revanche, j'observe que, depuis plusieurs années,
16:58les mouvements sociaux sont abîmés par des violences, de la casse,
17:03ce qui ne permet pas d'écouter le fond du mouvement social,
17:07même quand ce mouvement social est soutenu par la majorité des Français.
17:11Et je pense que, si nous continuons sur cette ligne,
17:15nous allons vers des violences de plus en plus grandes.
17:17C'est pourquoi je pense que la répression contre les casseurs et les pillards
17:22n'est pas contradictoire avec la capacité à apporter une réponse politique
17:26au mouvement social.
17:28Natacha Poligny, est-ce que vous avez participé au rassemblement vendredi
17:32contre le racisme après l'attentat de Trappes en région parisienne ?
17:36Je n'y étais pas, j'ai exprimé mon horreur devant cet attentat raciste.
17:42Je n'étais pas à ce rassemblement parce qu'il y avait plusieurs rassemblements
17:47gênés de voir que chacun devait choisir son rassemblement
17:51comme s'il fallait choisir son camp.
17:53Moi, je ne choisis pas mes victimes.
17:55C'est-à-dire que les victimes d'attentats en France
17:59en fonction de la couleur de peau ou de la religion,
18:03il y en a eu, et on se souvient de l'horreur
18:06d'Ozara Thora, Mohamed Merah, tuant des petits-enfants juifs
18:09parce qu'ils étaient juifs.
18:11Aujourd'hui, nous avons un tueur qui tire sur des gens
18:14en raison de leur couleur de peau.
18:16Et tout cela nous concerne tous.
18:18C'est la France entière qui est attaquée dans ces cas-là.
18:21Que cela donne lieu à une division politique,
18:24c'est ce que vous décrivez,
18:25qu'est-ce que ça raconte de notre secteur politique aujourd'hui ?
18:30Ça raconte que nous voyons monter des mouvements
18:33qui choisissent les Français
18:35et qui montent les Français les uns contre les autres.
18:38Et nous le savons très bien.
18:39Aujourd'hui, dans cette élection présidentielle,
18:41il y a deux offres politiques.
18:43L'une prétend incarner la nouvelle France
18:46comme s'il fallait remplacer et décider
18:50qu'une autre France ne pouvait pas se perpétuer.
18:53Et l'autre fantasme une sorte de France éternelle.
18:56Eh bien, moi, je préfère toute la France.
18:58Et la France pour tous, c'est-à-dire
19:00c'est l'universalisme républicain
19:02parce que c'est ça, justement,
19:04qui va nous préserver des violences.
19:06La droite classique et la gauche
19:07qui ont choisi chacune leur rassemblement.
19:10Mais parce que nous avons un glissement progressif, justement,
19:13et une fraction, une capacité à fracturer
19:16la communauté nationale.
19:18Et c'est justement cela
19:19qui doit absolument être empêché.
19:22Comment on empêche cela ?
19:23On empêche cela en rappelant
19:25que l'universalisme français
19:27est un projet éminemment moderne de liberté.
19:30Cela fait trop longtemps qu'on a abandonné
19:32cette défense du modèle français fondé sur la laïcité,
19:36fondé sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme,
19:41mais avec la défense de notre manière
19:45de concevoir une communauté politique.
19:47En France, on ne regarde pas la couleur de peau.
19:50En France, on regarde les valeurs et les principes.
19:52Et il y a des valeurs et des principes
19:54qui, dans notre histoire, ne sont pas négociables.
19:57Et c'est cela qu'il faut remettre sur le devant de la scène,
20:00notamment à travers le rôle de l'école,
20:02qui est en fait l'instrument, le creuset de la nation.
20:10Natacha Polony, vous avez déclaré votre candidature
20:12à l'élection présidentielle le 14 octobre.
20:15C'était donc il y a une quinzaine de jours.
20:16Est-ce que vous pouvez dire, aujourd'hui,
20:18il se passe quelque chose ?
20:19Oui, oui, et je trouve ça profondément encourageant.
20:23Je vous le rappelez, ça fait 15 jours
20:26que j'ai déclaré ma candidature.
20:28Et au bout de 15 jours, avant cela,
20:30j'avais lancé ce mouvement,
20:31cet appel aux orphelins de la politique,
20:33ce mouvement qui est baptisé Nous sommes la France,
20:36parce que, justement, cette idée,
20:37c'est de parler à l'ensemble des Français
20:39et de rappeler ce qu'est la France
20:41et en quoi elle doit perpétuer sa vision
20:44et être une grande puissance.
20:46Et quel a été l'écho à votre annonce de candidature ?
20:49Est-ce que ça a provoqué quelque chose ?
20:51Cet écho, ce sont plus de 60 000 personnes
20:54qui ont afflué, qui sont venues sur notre site internet,
20:58dont 10 000 personnes qui se sont inscrites
21:01dans des comités locaux pour dire
21:03qu'ils voulaient participer à la campagne.
21:05Ce sont déjà des militants sur le terrain.
21:08Ce sont des maires qui me contactent
21:10pour me proposer de me parrainer.
21:13D'autres que nos militants vont solliciter.
21:17C'est-à-dire, déjà, 174, j'ai regardé le chiffre ce matin,
21:22174 maires qui ont d'ores et déjà promis leur parrainage
21:25au bout de 15 jours.
21:27Je trouve ça plutôt encourageant.
21:28Il y a deux sondages qui vous ont testé, comme on dit.
21:31Sondage Elab du 16 octobre, 1,5% des intentions de vote.
21:35Sondage IFOP le 19 octobre, 1% des intentions de vote.
21:38Est-ce que c'est décevant ?
21:41Non, c'est au contraire.
21:42C'est une base de départ.
21:44Encore une fois, j'ai déclaré ma candidature
21:46il y a 15 jours.
21:47Donc, vous voyez bien que nous allons,
21:49petit à petit, conquérir cela.
21:51Et ce qui est très intéressant, d'abord,
21:54je vous parlais des parrainages, par exemple.
21:56En quoi c'est un signe ?
21:57Parce que ceux que je vois affluer parmi les maires,
22:00ce sont en grande partie, par exemple,
22:02des maires femmes qui expriment le fait
22:05qu'elles sont assez contentes de voir
22:07un renouvellement de la classe politique,
22:08de voir qu'on peut bousculer les choses,
22:10qu'on peut, justement, arriver de l'extérieur.
22:13Moi, vous savez, je n'ai pas 30 ans de carrière politique.
22:16C'est parce que j'ai exercé des professions dans ma vie.
22:20Je veux dire, j'ai monté une entreprise.
22:21Avant ça, j'avais été professeur.
22:23J'ai une vie, comme tous les Français.
22:24Et c'est ça qui permet, justement, de renouveler les choses.
22:27Mais pour vous, cette candidature se joue quand ?
22:30C'est-à-dire, est-ce qu'il y a la question des 500 signatures ?
22:33Vous assurez que vous les aurez.
22:35Est-ce que, si vous êtes dans les sondages
22:38où vous restez relativement bas,
22:40est-ce qu'il y a un moment ?
22:40En février, vous direz,
22:43le moment est venu d'arrêter l'aventure.
22:46Ça n'a pas de sens.
22:48La question, c'est,
22:49qu'est-ce que cette candidature apporte ?
22:51Et ce qui me rassure,
22:52c'est que les citoyens qui viennent vers nous,
22:55les élus qui viennent vers nous,
22:56eux, ils voient très bien
22:58ce qu'apporte cette candidature.
22:59Pourquoi ?
23:00Parce que, justement, c'est un projet,
23:02c'est une offre politique qui n'existe pas pour l'instant.
23:05Tout le problème que nous avons,
23:07c'est d'avoir des projets interchangeables
23:10portés par des personnes.
23:12Moi, je ne suis pas là en tant que personne,
23:13je porte un courant idéologique,
23:15une autre façon de voir les choses.
23:17C'est-à-dire une façon
23:19qui consiste à répondre
23:21à la crise que nous voyons,
23:23qui est une triple crise,
23:24et même un triple effondrement,
23:25effondrement économique,
23:27effondrement de l'école,
23:28et effondrement de l'autorité de l'État
23:31et du pacte démocratique qui est le nôtre.
23:33Vous avez été chevènementiste,
23:35c'est votre famille politique d'origine,
23:37on va dire.
23:37En 2002, Jean-Pierre Chevènement
23:39avait été tenu en partie responsable
23:41du second tour Le Pen-Chirac.
23:44Non.
23:45Là, il y a une perspective
23:46de second tour Mélenchon-Le Pen.
23:49Est-ce que vous ne craignez pas
23:50qu'au fur et à mesure de la campagne,
23:53il y ait une pression qui monte
23:54pour que des candidatures
23:56qui ne seraient pas des candidatures
23:57pour aller gagner l'Élysée
23:59soient remises en cause ?
24:00Et donc la vôtre ?
24:01Alors, ma candidature
24:02est une candidature
24:03pour aller gagner l'Élysée,
24:05justement parce que c'est une réponse
24:08au blocage politique
24:09dans lequel nous sommes.
24:10Vous voyez à quel point
24:12nous avons ces deux offres
24:14dont je parlais
24:15qui sont identifiées par les Français,
24:17mais qui ne sont pas majoritaires
24:19dans le pays,
24:19dont les Français ne veulent pas
24:20parce qu'elles fracturent.
24:22Et puis, nous avons au milieu...
24:24C'est d'accord,
24:24mais vous ne répondez pas
24:26sur le risque d'éparpillement.
24:27Je vais vous répondre.
24:28Justement, pour l'instant,
24:30nous sommes dans un éparpillement.
24:32Pourquoi ?
24:32Parce qu'aucune des offres actuelles,
24:35aucune des candidatures actuelles
24:37n'a réussi à débloquer les choses.
24:39Pourquoi ?
24:40Parce que nous avons des gens
24:41qui sont comptables
24:42des politiques
24:43qui ont été menées
24:44depuis 30 ans.
24:45À divers points de vue,
24:46que ce soit dans leur courant idéologique
24:48ou que ce soit dans leur personne même
24:50parce qu'ils sont anciens premiers ministres,
24:52vous avez des gens
24:53qui nous ont menés
24:55là où nous sommes.
24:56Comment voulez-vous
24:56qu'ils apportent la réponse ?
24:58C'est ça le sujet.
24:59Donc, le sens de votre candidature,
24:59c'est qu'ils sont tous nuls ?
25:01Ce n'est pas qu'ils sont tous nuls,
25:02c'est qu'ils ont échoué.
25:04Ils ont échoué pour des raisons
25:05qui sont des raisons idéologiques,
25:07des raisons politiques.
25:08Et vous parliez
25:09de Jean-Pierre Chevènement
25:10en 2002.
25:11Jean-Pierre Chevènement,
25:12à l'époque,
25:12était le seul homme politique
25:14qui alertait,
25:15à cette époque-là,
25:16sur la désindustrialisation,
25:17qui alertait sur la perte d'influence
25:20de la France à l'international
25:21et qui apportait des propositions.
25:25Regardez-les.
25:26Je ne pense pas
25:26qu'il se soit trompé.
25:27Ce n'est pas parce qu'il a échoué
25:29qu'il s'est trompé,
25:30c'est sans doute
25:30parce qu'il est arrivé trop tôt.
25:32Vous avez son soutien aujourd'hui ?
25:34C'est important ?
25:35C'est extrêmement important
25:36et c'est un soutien qui m'honore
25:38parce que Jean-Pierre Chevènement
25:39fait partie de ces figures
25:41de la vie politique française
25:43et je lui rends un hommage infini
25:46de ces figures
25:47dont tout le monde
25:48s'accorde à dire aujourd'hui
25:50qu'il était visionnaire,
25:51qu'il avait perçu
25:53ce qui était en train de se passer.
25:54La défense qu'il a faite
25:57de la France
25:59et de l'État
26:01dans sa capacité
26:02à assurer ses missions,
26:04ses missions d'égalité
26:06entre les territoires,
26:08ses missions régaliennes,
26:09tout cela,
26:10il a été très seul à l'époque,
26:13mais moi,
26:13ce que je peux vous dire,
26:15c'est qu'aujourd'hui,
26:16tout ce sur quoi
26:16il avait alerté,
26:18s'est révélé vrai.
26:21Les effondrements
26:22que nous voyons aujourd'hui,
26:24c'est parce que ces alertes
26:25n'ont pas été entendues,
26:26que ce soit sur l'école,
26:27que ce soit sur l'industrie
26:28et de fait,
26:31je vous citerai Victor Hugo,
26:33rien n'est plus puissant
26:35qu'une idée
26:36dont l'heure est venue.
26:37Si maintenant,
26:38il est possible
26:39d'entendre cela
26:40et de changer,
26:42de bifurquer
26:42pour ne pas continuer
26:45vers l'effondrement ultime,
26:46alors il faut le faire
26:47et c'est maintenant.
26:48Qu'est-ce que vous pensez
26:49de cette phrase
26:50lorsqu'il s'agit
26:51du Rassemblement National ?
26:52Est-ce quelque chose
26:52qu'on entend régulièrement ?
26:54Après tout,
26:54c'est leur tour.
26:56Mais on n'est pas dans une question
26:58de répartition
27:00d'un fromage.
27:01On parle de la France.
27:03On parle de l'avenir
27:04de nos enfants.
27:05C'est quelque chose
27:06que l'on n'a pas testé.
27:07Vous disiez vous-même
27:08que l'une des difficultés
27:09pour un certain nombre
27:10de candidats,
27:10c'est d'avoir été aux manettes
27:12pendant ces 30 dernières années.
27:13Vous avez besoin
27:14de tester quelque chose
27:16quand vous pouvez analyser
27:17les propositions
27:18qui sont faites
27:19et que vous voyez
27:19qu'elles ne répondent pas
27:21aux besoins de la France.
27:22Moi, je n'ai pas envie
27:23de tester
27:23la fracturation
27:25de notre communauté nationale.
27:27Je n'ai pas envie
27:28de tester
27:29le fait
27:29que nous allons
27:30nous retrouver
27:32potentiellement
27:32les uns contre les autres.
27:34Je pense
27:34qu'il y a
27:35la possibilité aujourd'hui
27:36de répondre
27:37en fait
27:38à toutes les majorités populaires
27:40qui se sont manifestées
27:41depuis des années.
27:42Que nous disent les Français
27:43quand on regarde
27:44les grands mouvements d'opinion ?
27:46Que les Français
27:47attendent
27:48l'indépendance nationale.
27:50Les Français
27:50attendent
27:50la justice sociale.
27:52Les Français
27:52attendent une école
27:53qui permette
27:54la méritocratie
27:55et l'ascenseur social.
27:57Et les Français
27:57attendent
27:58l'égalité
27:59entre les territoires
28:00avec des services publics
28:01qui fonctionnent.
28:02Ils attendent également
28:03une liberté
28:04d'innover,
28:05d'entreprendre.
28:06Ce message,
28:07il est clair.
28:07Le problème,
28:08c'est la carence
28:09d'offres politiques.
28:10Donc,
28:11ce n'est pas
28:11encore une fois,
28:12on n'est pas face
28:13à un fromage
28:14que les uns
28:14et les autres
28:15vont se repasser.
28:21Juste avant la pause
28:22et avec des réponses
28:23obligatoirement
28:24par oui ou par non
28:24pour ou contre,
28:25est-ce que vous êtes
28:26toujours franchement
28:27de gauche ?
28:28C'est ce que vous avez dit
28:29il y a quelques années.
28:30Oui,
28:31même si je peux
28:33accueillir
28:33avec plaisir
28:34des gens de droite
28:35parce que je ne suis pas sectaire,
28:36mais je viens
28:36de la gauche républicaine.
28:37Dame Tranuy.
28:38De Gaulle,
28:39qui est l'une de vos inspirations,
28:40était-il un homme de droite ?
28:42De Gaulle était de France.
28:44Il ne différenciait pas les gens
28:47en fonction de leur supposée appartenance.
28:49Stéphane Vernet.
28:50Est-ce que 34 candidats
28:51à la présidentielle,
28:51c'est ce que donnent
28:52les derniers recensements
28:53en la matière ?
28:53Est-ce que c'est trop
28:54ou est-ce que c'est bien ?
28:55Est-ce que 4 femmes
28:57à l'élection présidentielle,
28:59ça vous semble trop ?
29:01Moi, je ne crois pas.
29:02Est-ce que c'est une dimension importante,
29:02ça, le fait d'être une femme
29:04et d'être candidate ?
29:06Est-ce que c'est une dimension importante ?
29:07Ça fait partie
29:08de ce que je suis.
29:10Ça fait partie,
29:10c'est ce qui dicte
29:12mes inquiétudes.
29:13J'ai trois enfants,
29:14je me sens responsable
29:14du moment dans les faits
29:15dans lesquels je suis émis.
29:17Je suis une féministe du faire.
29:19C'est-à-dire que je crois
29:20au modèle d'identification
29:21et je crois que les femmes
29:22doivent absolument
29:23prendre leur place
29:24dans la vie publique.
29:25On va revenir sur tout
29:26ce que vous avez envie de faire,
29:27Natacha Polony,
29:29candidate à l'élection présidentielle,
29:30invitée de ce grand jury ce dimanche.
29:31On se retrouve dans un instant.
29:42Suite du grand jury
29:44présenté par Olivier Bost.
29:47Natacha Polony,
29:48candidate à l'élection présidentielle
29:50et l'invité de ce grand jury,
29:51Tam Tranui pour Public Sénat
29:53et Stéphane Vernet pour Ouest France.
29:55Ils sont à mes côtés
29:56pour vous interroger.
29:59Le grand jury,
30:01questions des lecteurs.
30:02Des questions des lecteurs
30:04recueillies par Ouest France.
30:05Stéphane Vernet.
30:06Natacha Polony,
30:07on a reçu beaucoup
30:08de questions des lecteurs
30:09et de lecteurs
30:10qui sont curieux
30:11de connaître votre programme
30:12et qui demandent des détails
30:13sur un certain nombre
30:15de points précis,
30:16notamment sur la retraite.
30:17Je cite quelques-uns
30:18de ces lecteurs.
30:19Donc, Eric de Bordeaux,
30:20Dominique de Ramonville-Saint-Aigne
30:22en Haute-Garonne,
30:23Nathalie de Saint-Philibert
30:24de Grand-Lieu
30:24en Loire-Atlantique,
30:25Bruno Danonnet
30:26en Ardèche
30:27qui nous demande
30:28« Que ferez-vous
30:28pour les carrières longues ? »
30:30Nous allons évidemment
30:31prendre en compte
30:32les carrières longues
30:33et la pénibilité,
30:34mais dans le cadre,
30:35et je suis pour cela,
30:36d'une réforme
30:37à points.
30:38C'est-à-dire que
30:39c'était quelque chose
30:40qui était accepté
30:42par la majorité des Français
30:43et notamment
30:43par la CFDT,
30:44le syndicat majoritaire
30:45en 2019.
30:46ça a été torpillé
30:48par la demande
30:49d'Edouard Philippe
30:49d'ajouter un âge pivot
30:50à 64 ans
30:52qui est le contraire
30:53absolu de la philosophie
30:54d'une réforme à points.
30:55Or, pour ma part...
30:57la valeur du point
30:57risquait de baisser ensuite
30:58et les retraites baissaient
30:59à la suite.
31:01C'est en effet
31:02assez complexe
31:03et il faut rentrer
31:04dans les détails.
31:05C'est pour ça
31:06qu'il va falloir
31:07en fait
31:08relier la question
31:10des retraites
31:10à la question
31:11beaucoup plus large
31:12du temps de travail
31:13tout au long de la vie
31:14et donc
31:15de la façon
31:16dont petit à petit
31:17nous redressons
31:18notre économie.
31:19On ne peut pas
31:19faire véritablement
31:21une réforme des retraites
31:22comme on le fait
31:23depuis des années,
31:24c'est-à-dire
31:25en excluant
31:27la réflexion
31:28sur l'âge d'entrée
31:28sur le marché du travail.
31:30Nous sommes un pays
31:30où on rentre très tard
31:31sur le marché du travail.
31:33En excluant cela
31:34de la façon
31:34dont on recrée
31:35de l'emploi
31:36parce qu'en fait
31:37les actifs
31:38pour l'instant
31:39portent toute la protection sociale
31:40et derrière
31:42si on leur demande
31:43à eux
31:44de travailler plus longtemps
31:45sans faire participer
31:47l'ensemble
31:47de la population
31:48notamment
31:49les retraités
31:51actuels
31:51et en particulier
31:52les plus aisés
31:53on n'arrive
31:54pas
31:54à faire passer
31:55une réforme
31:56des retraites.
31:57Pour être précis
31:57ça veut dire quoi
31:58faire participer
31:59les retraités actuels
32:00ça veut dire
32:01augmenter moins
32:02leurs pensions
32:03revenir sur les 10%
32:05pour les plus hautes retraites
32:06travailler
32:06sur une désindexation
32:09en fonction
32:10évidemment
32:11du revenu
32:11de ces retraités
32:12et ça veut dire
32:14par exemple
32:15leur demander
32:16de renoncer
32:18aux 10%
32:19d'abattement
32:19ce qui est fait
32:20actuellement
32:21de la part
32:21de certains partis politiques
32:23et ce qui était prévu
32:23dans le budget
32:24c'est-à-dire
32:25leur expliquer
32:26en fait
32:27à eux
32:27et à tous les français
32:28que nous sommes
32:29dans le même bateau
32:30et que
32:31si le pays
32:32s'appauvrit
32:33si nos jeunes
32:34ne peuvent plus se loger
32:35ne peuvent plus faire d'enfants
32:37nous ne pourrons pas
32:38financer
32:39notre modèle social
32:40or ce que je veux
32:41c'est préserver
32:42ce modèle social
32:43parce qu'il est
32:44la grandeur de la France
32:45sur la contribution
32:45de tous
32:46on a Rémi
32:47de l'en-des-vent
32:47dans le Morbihan
32:48qui nous demande
32:48si vous iriez
32:49jusqu'à préconiser
32:50que toutes les retraites
32:51supérieures au salaire médian
32:52soient plafonnées
32:54non
32:55ça c'est excessif
32:56pour vous ?
32:56non non
32:56ça c'est excessif
32:57le salaire médian
32:58c'est 2228 euros
33:00par mois
33:00et puis surtout
33:01ça dépend totalement
33:02de la situation
33:03des retraités eux-mêmes
33:05ça n'est pas la même chose
33:06de vivre en région parisienne
33:08ou de vivre
33:09dans un département
33:10comme par exemple
33:12la Corrèze
33:13ou la Creuse
33:13ce n'est pas la même chose
33:14d'être propriétaire
33:15de son logement
33:16ou d'être locataire
33:17il faut prendre en compte
33:18ces différences
33:19sinon on est forcément injuste
33:21et je pense que c'est
33:22en garantissant
33:23justement l'entrée
33:25dans cette complexité
33:26en faisant en sorte
33:27de garantir
33:28une justice sociale
33:29et fiscale
33:30qu'on fera participer
33:31tout le monde
33:32donc système à points
33:33et quelque part
33:34retraite à la carte
33:35oui
33:36capacité des individus
33:37à arbitrer
33:39pardon
33:39la dernière fois
33:40ça a terminé
33:40en usine à gaz
33:41non ça s'est terminé
33:42encore une fois
33:42parce que derrière cela
33:44il y avait la volonté
33:46d'imposer
33:47systématiquement
33:48et de façon indéterminée
33:50un allongement
33:51sans tenir compte
33:52de la pénibilité
33:52des différences de carrière
33:54on ne peut pas
33:54ne pas prendre en compte
33:55le fait que
33:56je veux dire
33:57quelqu'un comme moi
33:59qui est rentré
33:59à 27 ans
34:01sur le marché du travail
34:02et qui exerce
34:03un métier
34:03qui n'est pas pénible
34:04ne doit pas partir
34:06au même moment
34:07que quelqu'un
34:07qui a commencé
34:08à 20 ans
34:08et qui exerce
34:09un métier épuisant
34:10c'est inadmissible
34:11autre question
34:12des lecteurs
34:12pour vous
34:13Nadia Chapolini
34:13Alexis de Mulhouse
34:14dans le Haut-Rhin
34:15nous demande
34:16quelle place
34:16vous demande
34:17quelle place
34:17pour l'écologie
34:18dans votre programme
34:19il trouve qu'on ne vous entend pas
34:20sur ce sujet
34:21pourquoi ?
34:22alors j'ai pris la parole
34:23récemment
34:23sur ces questions d'écologie
34:24parce que c'est un sujet
34:25absolument essentiel
34:26et l'été
34:27que nous venons de passer
34:28nous montre
34:29à quel point
34:30il faut agir
34:31et de même
34:32je crois que c'est
34:32une part importante
34:34du malaise
34:34de nos lycéens
34:35donc il y faut une réponse
34:36ma réponse
34:37elle part
34:38d'un constat
34:39le système
34:40dans lequel nous sommes
34:41qui consiste
34:42à faire fabriquer
34:43à l'autre bout du monde
34:44des produits
34:45qui nous sont vendus
34:47par la publicité
34:48et les réseaux sociaux
34:49alors même
34:50qu'ils ne sont pas
34:50forcément très utiles
34:51et qui traversent
34:52la planète entière
34:53est une absurdité écologique
34:55donc nous devons
34:56tenir compte du fait
34:57c'est pour la déconsommation
34:58c'est ça ?
34:58une baisse de la...
34:59je suis pour la production
35:00sur le sol français
35:01selon nos normes
35:02parce que c'est à partir de là
35:03que nous allons pouvoir
35:04maîtriser justement
35:06ces normes écologiques
35:07et faire en sorte
35:08de produire mieux
35:09et vous pensez franchement
35:09qu'on va pouvoir produire
35:10à bas coût
35:11en France
35:12sur des produits
35:13de grande consommation
35:15et sans grande valeur ajoutée
35:16vous pensez que c'est ça
35:17la solution pour la France ?
35:19la solution n'est pas
35:20de produire à bas coût
35:21la solution
35:22est d'aller petit à petit
35:23vers une production
35:25plus vertueuse
35:26et une production
35:27qui respecte nos normes
35:28et qu'on ne met pas
35:29en concurrence
35:29avec le reste du monde
35:30deuxième point
35:31je crois en un état
35:33planificateur
35:34je prends un exemple
35:35nous avons besoin
35:36d'une grande politique
35:37de l'eau
35:38nous avons vu là encore
35:39cet été
35:39nous avons des villes
35:40qui désormais
35:41ne peuvent plus
35:43avoir leur propre eau
35:44on est obligé
35:45de donner aux gens
35:47des bouteilles
35:48parce que
35:51les régies
35:52sont à sec
35:53les nappes phréatiques
35:54sont à sec
35:55que faut-il faire ?
35:56un grand plan
35:57d'infrastructure
35:5820% de notre eau
35:59part dans des tuyauteries
36:01défectueuses
36:01derrière
36:02il faut un plan
36:04de stockage
36:04de l'eau
36:05là où c'est nécessaire
36:06pas de façon indéterminée
36:08et justement répartie
36:09pour terminer sur l'écologie
36:12vous êtes
36:12contre toute écologie
36:14qui serait quelque part
36:15contraignante
36:15c'est-à-dire
36:16qui pousse
36:17soit par
36:18des taxations
36:20soit par
36:20des obligations
36:21ce qui me dérange
36:22c'est quand on fait
36:23porter l'écologie
36:24sur les plus pauvres
36:25et ceux qui n'ont pas
36:26le choix
36:26quand on explique
36:27aux gens
36:28alors même
36:29qu'on a éloigné
36:31leur lieu de travail
36:32de leur lieu de vie
36:33et qu'on les a rendus
36:33dépendants de la voiture
36:34parce qu'on n'a pas prévu
36:36de train
36:36on vient leur expliquer
36:37qu'ils sont comptables
36:38de la fin du monde
36:39ça c'est inacceptable
36:41et c'est pour ça
36:42que je prône
36:43une politique
36:44d'investissement
36:45et d'investissement
36:47productif
36:47mais quand vous avez
36:48un grand plan
36:48d'infrastructures
36:49comme par exemple
36:50des infrastructures
36:51ferroviaires
36:52comme par exemple
36:53un plan d'électrification
36:54et bien en fait
36:55vous recréez
36:56de la valeur
36:56sur les territoires
36:58et donc vous ne faites pas
36:58porter ça sur les plus pauvres
36:59j'ajoute une chose
37:00la France doit devenir
37:01leader du recyclage
37:04pour des raisons
37:05écologiques
37:05et pour des raisons
37:06d'indépendance
37:07les matières premières
37:08que nous n'avons pas
37:09nous devons être capables
37:10grâce à nos ingénieurs
37:11grâce à nos chercheurs
37:12de les récupérer
37:14sur les produits
37:15que nous avons déjà
37:15et de les réutiliser
37:17une question sur un secteur
37:18que vous connaissez
37:18l'éducation
37:19Stéphane Vernet
37:19Laurence de Laval
37:20en Mayenne
37:21nous dit
37:22dans l'éducation
37:23l'objectif des années 80
37:24était d'amener 80%
37:25des élèves au bac
37:26nous pouvons constater
37:27le résultat déplorable
37:28dit Laurence
37:29pourrait-on envisager
37:30comme ambition
37:30de cette campagne présidentielle
37:32d'atteindre 60%
37:33des jeunes à l'emploi
37:35avant leurs 25 ans ?
37:36Mais bien entendu
37:37comment ?
37:38Et tout simplement
37:39avec une grande loi
37:41de programmation
37:42de l'école
37:42qui revienne
37:43sur toutes les erreurs
37:44qui ont été faites
37:45c'est un sujet
37:46sur lequel je me penche
37:47et sur lequel j'alerte
37:49depuis 25 ans
37:50à l'époque
37:51il était totalement
37:52impossible
37:52tabou
37:53de dire
37:54que nous étions
37:55en train de détruire
37:56l'école républicaine
37:57donc
37:58quel plan
37:59doit-on mettre en oeuvre ?
38:00D'abord
38:00lutter contre la crise
38:02des vocations
38:02les professeurs
38:03aujourd'hui manquent
38:05c'est ce que nous disent
38:05nos lycéens
38:06pourquoi ils manquent ?
38:07Parce qu'ils sont mal payés
38:09et parce qu'ils sont mal traités
38:10Vous les comprenez
38:11ces professeurs ?
38:11Vous-même avez été enseignant
38:13pendant quelques mois
38:14alors j'ai enseigné
38:15dans l'éducation nationale
38:16pendant un an
38:17et pendant neuf ans
38:18dans le supérieur
38:19et je peux vous dire
38:21que les conditions
38:22dans lesquelles ont fait vivre
38:23les professeurs français
38:24sont indignes
38:25et que nos professeurs
38:26du secondaire
38:26sont payés deux fois moins
38:27par exemple
38:28que leurs homologues allemands
38:29C'est pour ça que vous aviez
38:30abandonné l'éducation ?
38:33Ah non
38:33moi j'ai poursuivi
38:36l'enseignement
38:37parce que j'adorais ça
38:38mais en même temps
38:39je faisais du journalisme
38:40et petit à petit
38:41l'un et l'autre
38:42n'étaient plus compatibles
38:43mais vous savez
38:45transmettre
38:45c'est quelque chose
38:46d'extraordinaire
38:47essayer d'éveiller
38:50chez des jeunes
38:50l'envie de comprendre
38:52d'aimer
38:52c'est ça qui est fondamental
38:53Vous posez une augmentation
38:55de salaire des enseignants
38:55de 20 à 30%
38:57comment est-ce que vous y arrivez ?
38:58Petit à petit
38:59ce sera un coût
39:00pour la nation
39:01à terme
39:02c'est-à-dire
39:02il ne s'agit pas
39:03de commencer d'emblée
39:04par 20 ou 30%
39:05il s'agit de monter
39:06en puissance
39:08progressivement
39:08à terme
39:09en effet
39:10ça coûte
39:11environ
39:1210 à 12 milliards
39:13mais à terme
39:14pas tout de suite
39:15donc ça rentre dans le cadre
39:16d'une politique budgétaire
39:18c'est justement pour ça
39:19que j'y venais
39:19on ne fait pas ça
39:20tout de suite bien sûr
39:21on s'appuie
39:22pour moitié
39:23sur une réorganisation
39:24de l'ensemble du système
39:25par exemple
39:26sur la suppression
39:28de certaines filières
39:30qui ne fonctionnent pas
39:31qui ne mènent pas
39:32à l'emploi
39:33par la redistribution
39:34des moyens
39:34et l'autre partie
39:36est financée
39:37par une réorganisation
39:38de l'état
39:39et par justement
39:40une augmentation
39:41de la production
39:42mais surtout
39:43c'est d'ailleurs pour ça
39:44que pour l'instant
39:45je m'en réjouis
39:45il y a plutôt un consensus
39:46sur la nécessité
39:47d'augmenter les professeurs
39:48mais ça ne suffira pas
39:50vous devez aussi
39:51revoir la formation
39:52des professeurs
39:53par des écoles normales
39:552.0
39:55qui permettraient
39:57de transmettre
39:57les méthodes
39:58dont on sait qu'elles marchent
39:59et surtout
40:00l'enjeu
40:01et ça ça va parler
40:02à toutes les familles
40:02rétablir le thermomètre
40:04faire en sorte
40:05que des élèves
40:06des enfants
40:07sachent exactement
40:08quel est leur niveau
40:09et pour ça
40:10il faut rétablir
40:11des critères objectifs
40:12c'est-à-dire
40:13utiliser davantage
40:14les évaluations
40:14que nous faisons
40:15c'est-à-dire
40:16mettre en place
40:17des certifications anonymes
40:18tout ce qui va permettre
40:19à un jeune
40:20de ne pas être laissé
40:21dans l'angoisse
40:22au moment de Parcoursup
40:23parce qu'il est incapable
40:24de savoir
40:25si les filières
40:26qu'il demande
40:27vont fonctionner
40:27et dernier point
40:29nous envoyons
40:30nos jeunes
40:30à l'abattoir
40:31et c'est scandaleux
40:32là pourquoi
40:33vous avez des jeunes lycéens
40:34dans la rue
40:35parce qu'ils savent très bien
40:36que toute une part
40:37des filières
40:38vers lesquelles on les envoie
40:39ne mèneront
40:39à aucun emploi
40:40et là
40:41nous maintenons
40:42dans les lycées pros
40:45et les bacs technos
40:46des filières du tertiaire
40:47qui mènent
40:48à moins de 30%
40:49d'insertion professionnelle
40:51et on continue
40:52à envoyer des jeunes
40:53c'est scandaleux
40:54pour bien répondre
40:54à l'électrice
40:56de Ouest France
40:57vous êtes bien
40:58pour que
40:58les jeunes
40:59travaillent plus tôt
41:00mais bien entendu
41:01on a allongé
41:03la durée d'études
41:04tout en vidant
41:05les diplômes
41:06de leur fonction
41:06en fait
41:07on sur
41:09on sur
41:10scolarise
41:11nos jeunes
41:11mais on les sous-instruit
41:12c'est un mensonge
41:14vis-à-vis d'eux
41:15ils se codent
41:16un jour
41:16contre le mur
41:16une dernière question
41:17des lecteurs
41:17question de société
41:18Stéphane Vernet
41:19Catherine
41:19de Lésignan-Corbière
41:21dans l'Aude
41:22nous demande
41:22ce que vous comptez faire
41:24contre le burqa
41:25le niqab
41:26le voile dans la rue
41:27elle, elle dit
41:28donc Catherine
41:29je propose l'interdiction
41:30totale de ces signes religieux
41:31dans tout l'espace public
41:32et vous ?
41:34alors
41:35il faut répondre à Catherine
41:36que la laïcité
41:38à la française
41:40est la meilleure manière
41:41de répondre
41:42aux problèmes
41:43notamment d'entrisme
41:45islamiste
41:45que nous voyons
41:46se développer
41:47sur notre territoire
41:48donc pas d'interdiction
41:49dans l'espace public
41:50par la laïcité
41:51la laïcité
41:52n'est pas seulement
41:53la loi de 1905
41:54qui elle
41:55est une loi
41:57qui en effet
41:58régule les rapports
41:59et donc
42:00on ne va pas interdire
42:01le voile dans l'espace public
42:02parce qu'on n'interdit pas
42:03il faut bien comprendre
42:04ce qu'on appelle
42:05l'espace public
42:07c'est la rue
42:07vous y êtes en tant
42:08qu'individu privé
42:09donc vous avez le droit
42:11de manifester votre religion
42:12le problème que nous avons
42:14c'est en fait
42:16un combat
42:17culturel
42:17qui est de faire comprendre
42:19ce qu'est la laïcité
42:21et notre pacte politique
42:22je le dis
42:22la laïcité
42:23n'est pas un principe juridique
42:25c'est un principe politique
42:26c'est le fait
42:27que nous formons
42:28une communauté nationale
42:29d'individus
42:31qui décident de leur loi
42:32en dehors
42:33d'une loi divine
42:34et ça
42:34ça doit s'expliquer
42:35aux jeunes
42:36ce n'est pas contre eux
42:37ce n'est pas contre une religion
42:39que la laïcité
42:41est mise en place
42:41c'est au contraire
42:42pour libérer les individus
42:44parce que personne
42:45ne doit être assigné
42:46à sa supposée origine
42:49à sa supposée communauté
42:51il n'y a pas de communauté
42:52et d'ailleurs
42:53je pense que
42:54dans les médias
42:55et dans le monde politique
42:56il faudrait faire attention à ça
42:57il n'y a pas d'autre communauté
42:59que la communauté nationale
43:00en France
43:01donc c'est un principe
43:02de liberté
43:03chacun peut choisir
43:04son destin
43:05et la république
43:06viendra protéger
43:07ce choix
43:08Natacha Polony
43:09je rappelle que vous êtes
43:09candidate à la présidentielle
43:11dans cette course
43:11comment regardez-vous
43:12l'éruption
43:13de David Lissnard
43:15et de sa dynamique ?
43:17Alors
43:17c'est très intéressant
43:19parce que
43:20je remarque
43:21que David Lissnard
43:22par exemple
43:22propose
43:23300 milliards
43:24d'économies
43:25c'est-à-dire
43:25plus des deux tiers
43:27du budget
43:28des recettes
43:30globales
43:30de l'Etat
43:31ce qui est quand même
43:31assez surprenant
43:33c'est un peu
43:34un concours
43:35à celui
43:36qui a la plus grosse
43:37tronçonneuse
43:38actuellement
43:39et
43:40premier point
43:41j'observe
43:42qu'il apprécie
43:43beaucoup
43:43Ravier Milley
43:43ces 32 000 entreprises
43:45qui ont fermé
43:45en Argentine
43:46depuis l'arrivée
43:47de Ravier Milley
43:47donc je suis un peu inquiète
43:49pour nos PME
43:50Alors
43:52ce que je crois moi
43:53c'est que
43:54la situation
43:55dans laquelle
43:55nous sommes
43:56ne vient pas
43:57du fait
43:58que nous avons
43:59trop d'État
44:00nous avons
44:01une inflation
44:01administrative
44:02nous avons
44:03une administration
44:05qui vient nous expliquer
44:06à quelle hauteur
44:07doit être la barrière
44:07devant une école
44:08à quelle hauteur
44:09doit être
44:09un extincteur
44:10dans une entreprise
44:11ça c'est une folie furieuse
44:13en revanche
44:14nous en sommes là
44:15parce que nous avons
44:17petit à petit
44:18priver l'État
44:19de ses moyens d'action
44:20quand vous n'avez plus
44:21de service public
44:22quand vous n'avez plus
44:23de gare
44:24on les ferme
44:25on a fermé
44:251000 kilomètres
44:26de voies ferrées
44:28sur les 10 dernières années
44:29quand vous n'avez plus
44:30la possibilité
44:31que vos forces de l'ordre
44:32luttent
44:32contre les casseurs
44:34et contre les pillards
44:35ce qu'il nous faut
44:36c'est un État
44:37qui soit remis à sa place
44:39et qui ait
44:39les moyens d'action
44:41toujours pour parler
44:42de cette affiche présidentielle
44:44il y a une primaire
44:45chez les sociaux-démocrates
44:47l'idée d'une primaire
44:48au sein du bloc central
44:49un peu élargi
44:50et relancé
44:51notamment par Gabriel Attal
44:52est-ce que vous pourriez
44:53vous inscrire
44:53dans une logique de primaire ?
44:55Non mais
44:55on va organiser
44:57une primaire
44:59des repêchés
45:00de la Macronie
45:01justement parce que
45:03visiblement
45:05Gabriel Attal
45:05si j'ai bien compris
45:06arrive autour de 5%
45:08dans les sondages
45:09donc il se sent
45:09très très seul
45:10il a besoin
45:11donc de se rassembler
45:13avec ses camarades
45:13je ne vois pas
45:14ce que j'irais faire
45:15dans une primaire
45:17qui rassemblerait
45:18tous ces gens
45:19qui ont peur
45:20du peuple français
45:21et de ses choix
45:21alors une autre question
45:22sur votre positionnement
45:23idéologique
45:24est-ce que vous n'êtes pas
45:25quelque part un peu
45:25le nouveau
45:26François Bayrou
45:27c'est-à-dire
45:28un constat implacable
45:29de l'État de la France
45:30l'idée que
45:30les politiques
45:31tous ceux qui ont
45:32œuvré jusque-là
45:33ont été dans des logiques
45:35partisanes vaines
45:36et qu'ils ont échoué
45:37et qu'il faut
45:38tout changer
45:39on a vu qu'une fois
45:40aux manettes
45:40c'est parfois plus difficile
45:43François Bayrou
45:44a eu le mérite
45:45d'alerter
45:45sur la question
45:46de la dette
45:47et il avait
45:47parfaitement raison
45:50la politique
45:50que je propose
45:51pour ma part
45:52est une politique
45:53économique
45:54qui n'a pas
45:55été pratiquée
45:56depuis des décennies
45:57alors même
45:58que c'est la seule
45:59qui permettra
46:00d'empêcher
46:01l'amplification
46:01de notre dette
46:02vous dénoncez
46:02un système économique
46:03qui détruit
46:03les classes populaires
46:04et les classes moyennes
46:05c'est quoi votre solution
46:07vous voulez changer
46:08de système économique
46:08ce que je veux
46:10c'est
46:11rappeler
46:12une évidence
46:13économique
46:14il n'y a pas
46:15à choisir
46:15entre le redressement
46:16de nos finances publiques
46:17et le redressement productif
46:19puisque les deux vont de pair
46:21c'est par le redressement productif
46:22qu'on va sortir
46:23de la situation
46:24dans laquelle nous sommes
46:24et ça on l'a déjà entendu
46:25c'était l'une des bases
46:26du macronisme
46:26de dire
46:27on relance
46:28par la consommation
46:29on relance aussi
46:30par l'investissement
46:31et après
46:32non mais par la consommation
46:33et aussi par l'investissement
46:34et donc la croissance
46:35va amener
46:36et va régler
46:36tous nos problèmes
46:37de financement
46:38et de dette
46:39c'était l'idée de base
46:40du macronisme
46:40le macronisme
46:41a voulu relancer
46:42par le ruissellement
46:44en favorisant
46:45les grands groupes
46:47qui sont déjà
46:48les plus favorisés
46:49dans notre système économique
46:50en ouvrant
46:52la France
46:52à des capitaux étrangers
46:54à travers
46:54notamment
46:55Choose France
46:55qui est en fait
46:56un pillage
46:57de nos actifs stratégiques
47:00donc
47:00c'est exactement
47:02l'inverse
47:03de ce que je propose
47:04puisque ce que je propose
47:05c'est une véritable
47:06politique
47:07de production
47:08sur le sol français
47:09c'est-à-dire
47:10de prioriser
47:12systématiquement
47:12ce qui fait
47:13que l'argent
47:14des contribuables français
47:16l'argent de l'État
47:17va retourner
47:18dans l'économie
47:19je vous donne un exemple
47:20il y a un domaine
47:21où ça marche
47:21parce que c'est le seul domaine
47:22où nous avons
47:23préservé une industrie
47:24extrêmement puissante
47:25c'est l'industrie
47:26de défense
47:27aujourd'hui
47:27quand vous dépensez
47:28un euro
47:29dans la défense
47:30c'est à deux ou trois ans
47:32un euro vingt
47:33qui retourne
47:34dans l'économie française
47:35et à échelle
47:36de cinq ou six ans
47:37plus d'un euro cinquante
47:38voire un euro soixante
47:39il y a des investissements
47:41qui justement
47:41enrichissent le pays
47:42mais pour ça
47:43il faut utiliser
47:44les outils
47:44la commande publique
47:46la défense
47:47de nos intérêts vitaux
47:48et la structuration
47:48en filière
47:49ça va être le cas
47:50par exemple
47:50sur l'IA
47:52l'IA est un domaine
47:53extrêmement
47:54j'allais dire
47:55physique
47:55et matériel
47:56c'est-à-dire que
47:57pour avoir de l'IA
47:58il faut produire des aimants
47:59il faut produire
48:00des terres rares
48:01il faut avoir
48:01des data centers
48:02donc il faut une économie
48:04une énergie décarbonée
48:06ce sont les conditions
48:07d'une réindustrialisation
48:09vous avez parlé
48:09de grands groupes
48:10Total Energy
48:11affiche des bénéfices records
48:12avec une hausse
48:13de son bénéfice net
48:14de 124%
48:15sur un an
48:16vous êtes toujours
48:17pour les super profits
48:18c'est un argument
48:19je suis pour la taxation
48:20des super profits
48:20pour la taxation
48:21des super profits
48:22pardon
48:22c'est un argument
48:23en faveur
48:23mais qu'est-ce que vous feriez
48:24si Patrick Pouyanné
48:26mettait sa menace
48:27à exécution
48:27c'est-à-dire
48:28ne plus plafonner
48:29les prix à la pompe
48:30lui qui estime
48:31que c'est tirer
48:32une balle dans le pied
48:33d'un champion français
48:33alors c'est justement
48:35pour ça
48:36que je propose
48:37une taxe
48:38sur les produits pétroliers
48:39flottante
48:40qui va permettre
48:41de faire baisser le prix
48:43pas seulement
48:44chez Total
48:45pas seulement
48:46pour amener
48:47tous les consommateurs
48:48dans une seule enseigne
48:49mais pour bénéficier
48:50à l'ensemble
48:51des français
48:51c'est un dispositif
48:53évidemment
48:53qui n'a pas vocation
48:54à être pérenne
48:55parce qu'il coûte
48:56l'avantage
48:56qu'elle soit flottante
48:57plutôt que de baisser
48:58indistinctement
48:59les taxes
49:00c'est que quand
49:01le prix des carburants
49:04quand le prix des carburants
49:06redescend
49:07vous remontez les taxes
49:08sur la taxation des super profits
49:09c'est là-dessus
49:10qu'il dit
49:11qu'il mettra une menace
49:13à exécution
49:14oui en effet
49:15et bien nous n'avons pas
49:16et la république française
49:18n'a pas à se soumettre
49:19à la volonté
49:21d'un grand groupe
49:22qui est largement
49:23favorisé
49:24par le système français
49:25et je me réjouis
49:26qu'il y ait des grands groupes
49:27qui s'enrichissent
49:28du moment
49:29qu'ils font preuve
49:30de solidarité
49:32en respectant
49:33la justice fiscale
49:35par exemple
49:36le grand jury
49:38tout est politique
49:40Natacha Polony
49:41vous dites
49:41qu'il faut refuser
49:43l'escalade militaire
49:44avec la Russie
49:45qu'est-ce que ça veut dire
49:46précisément
49:47est-ce que ça veut dire
49:47que la France
49:48et l'Europe
49:49sont dans une escalade
49:50militaire
49:51c'est pas la France
49:52et l'Europe
49:53la situation
49:54est préoccupante
49:55et nous voyons
49:56qu'elle peut déraper
49:58et le rôle
49:59de la France
50:01qui est je le rappelle
50:02une puissance
50:03dotée de l'arme nucléaire
50:04qui a un siège
50:05au conseil de sécurité
50:06est de vrai
50:07pour la paix
50:08c'est-à-dire
50:09de profiter
50:10de ce moment
50:11où la Russie
50:12se retrouve
50:13obligée
50:15de dépendre
50:15de la Chine
50:16et donc
50:16a besoin
50:17de discuter
50:18de profiter
50:19de ce moment
50:20pour que
50:20la France
50:21et les Européens
50:22soient autour
50:24de la table
50:24parce que ce qui se passe
50:26actuellement
50:26mais vous m'expliquez pas cette phrase
50:27refuser l'escalade militaire
50:28oui
50:29refuser l'escalade militaire
50:30ça veut dire
50:31expliquer
50:32que le rôle
50:34de la France
50:34est de mettre fin
50:36à un conflit
50:37qui aujourd'hui
50:39est gelé
50:40depuis des mois
50:41et qui
50:42hélas
50:43est en train
50:43de détruire l'Ukraine
50:44et de la détruire
50:45de façon absolument tragique
50:47je rappelle
50:47que cette guerre
50:48est une guerre
50:48très sale
50:49une guerre
50:49où sont testées
50:50toutes les horreurs
50:51possibles aujourd'hui
50:52donc ça veut dire
50:53vous dites
50:53qu'il faut discuter
50:53avec la Russie
50:54oui bien sûr
50:55mais Vladimir Poutine
50:56le refuse
50:57on ne discute qu'avec ses ennemis
50:57vous savez
50:58c'est le principe
50:59de la diplomatie
51:00mais sauf que Vladimir Poutine
51:00le refuse
51:02et la façon dont il pose
51:03la possibilité d'une discussion
51:05fait que toute discussion
51:05est aujourd'hui impossible
51:06pour l'instant
51:07les discussions
51:08sont en train
51:08d'être menées
51:09absolument partout
51:11sauf justement
51:11autour de notre table
51:13et c'est cela
51:13qui m'inquiète
51:14c'est à dire qu'aujourd'hui
51:15les discussions
51:16sont en train de reprendre
51:17avec Donald Trump
51:18donc sans tenir compte
51:20de la volonté des Européens
51:21sur des bases commerciales
51:22qui n'ont rien à voir
51:23avec une recherche de la paix
51:24et bien justement
51:25c'est pour cela
51:26de même
51:26nous avons des pays européens
51:28qui mènent des initiatives
51:30je rappelle par exemple
51:31que là actuellement
51:32à Kaliningrad
51:33le conseiller de Vladimir Poutine
51:35Dimitriev
51:36rencontre des membres
51:37du patronat allemand
51:38c'est à dire que
51:38les uns et les autres
51:39en fait
51:40poursuivent
51:41leurs propres intérêts
51:42c'est pour ça
51:43qu'il faut sortir
51:44de cette logique
51:45de destruction progressive
51:46de la solidarité européenne
51:48et il faut surtout
51:50faire en sorte
51:51de pousser
51:52l'avantage actuel
51:54vous êtes en train de dire
51:54que les Allemands
51:55sont ambigus
51:56sur la question
51:57de l'Ukraine aujourd'hui ?
51:58les Allemands
51:59ont toujours défendu
52:02un lien avec la Russie
52:03je rappelle que
52:04le modèle allemand
52:05à une époque
52:06où il était d'ailleurs
52:08vanté
52:08même en France
52:09reposait
52:10sur la dépendance
52:11au gaz russe
52:12bon marché
52:13la dépendance
52:13au parapluie nucléaire américain
52:15et la dépendance
52:16aux exportations chinoises
52:17et on nous expliquait
52:18qu'il fallait
52:19nous caler
52:19sur ce modèle-là
52:20qui était forcément
52:21meilleur que le nôtre
52:22pour ma part
52:23je ne crois pas
52:23je crois que la France
52:24doit poursuivre
52:26le retour
52:28de ses budgets militaires
52:30pour justement
52:31se positionner
52:32comme une nation forte
52:33doit refuser
52:35systématiquement
52:37toutes dépenses
52:38militaires
52:39en Europe
52:39qui favorisent
52:40l'industrie américaine
52:42Ursula von der Leyen
52:43a expliqué
52:44il y a encore
52:45quelques semaines
52:46qu'il fallait aller
52:47acheter des missiles
52:47patriotes
52:48et les Allemands
52:49signent encore maintenant
52:50des accords
52:51avec l'industrie
52:52de défense
52:54américaine
52:55c'est notre
52:55vassalisation
52:56pour des années
52:57la France doit porter
52:58la paix et l'indépendance
52:59merci beaucoup
53:00Natacha Polony
53:01pour ce grand jury
53:02bon dimanche à tous
53:03on se retrouve
53:04la semaine prochaine
Commentaires

Recommandations