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  • il y a 11 minutes
Ce mercredi 10 juin, la valorisation excessive des actions des géants technologiques, comme OpenAI ou Anthropic, que l'on peut attribuer aux promesses de productivité de l'IA ou considérer comme une euphorie financière, a été abordée par Louis-Samuel Pilcer, haut-fonctionnaire et enseignant à Sciences Po et à Polytechnique, Guillaume Dard, président de Montpensier Arbevel, et Sylvie Casenave-Péré, présidente du groupe Posson Packaging, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Allez les 10 heures passées de 2 minutes, vous êtes toujours en direct sur BFM Business, c'est les experts.
00:04On a encore une demi-heure de débats, de controverses ensemble avec autour de la table Sylvie Casnav-Péret,
00:09président du groupe Posson Packaging, Guillaume Dard, président de Montpensier à Brevet,
00:13et Louis-Samuel Pilser, au fonctionnaire enseignement à Sciences Po et Polytechnique.
00:17On va parler d'IA dans cette seconde partie d'émission.
00:20On va commencer par les marchés, donc j'ai commencé avec le financier Guillaume Dard,
00:24mais on a eu l'explosion des valos, des prévisions depuis une semaine anthropique,
00:30près de 1000 milliards de dollars, OpenAI qui lance son IPO, SpaceX qui prépare la plus grosse introduction en bourse
00:36de l'histoire,
00:37c'est vendredi, et ça secoue pas mal les marchés tout ça, Guillaume.
00:41Qu'est-ce que vous pensez de toutes ces valorisations ?
00:44Est-ce qu'on est dans une juste valorisation ou est-ce qu'on est reparti dans les délires qu
00:51'on a pu connaître au début des années 2000 autour de la tech ?
00:53En théorie économique et sur les marchés financiers, il existe ce qu'on désigne par l'effet Gartner,
01:01c'est-à-dire que les marchés surestiment à court terme le choc de productivité que va provoquer l'arrivée
01:11d'une nouvelle technologie,
01:13et ensuite la sous-estime.
01:15Ah, donc on se trompe à chaque fois.
01:17Voilà, mais c'est à la fois normal de se tromper, c'est-à-dire que nos esprits cartésiens voudraient
01:23que les choses soient tout de suite à leur juste prix.
01:25D'ailleurs, les jardins de Versailles, on a voulu qu'ils soient tout droits alors que c'était un grand
01:30marais, et regardez les jardins anglais.
01:32Le marché, à quoi ça sert ? Et comme ça n'est pas dans la psyché française, il faut le
01:37répéter, le marché c'est un système de tâtonnement pour trouver le juste prix.
01:41Le marché donne les informations sur le prix des choses.
01:46Depuis Amourabi, les gouvernements ont toujours voulu essayer de dire, je vais fixer les prix moi-même parce que c
01:52'est trop le désordre, etc.
01:53Non, le marché c'est un tâtonnement de prix.
01:55Donc, ce qui est intéressant dans ce qui se passe, c'est qu'on voit bien que ces technologies vont
01:59bouleverser le monde,
02:00que ce soit le spatial, l'IA, la numérisation, les robots, les humanoïdes qui arrivent.
02:05On ne sait pas à quelle vitesse, est-ce qu'il y en aura un milliard dans cinq ans ou
02:08100 millions ?
02:09Ce ne sera pas tout à fait la même chose.
02:10Vous avez vu les robots installés dans l'usine Renault vient d'annoncer 350 robots, humanoïdes, effectivement.
02:16Donc, on a trois nouvelles vagues technologiques d'une importance extrême et qu'on a du mal à calibrer.
02:21Et d'ailleurs, il y a plein d'études qui disent, est-ce que ça va être 1%, 2%, 4%,
02:275% de productivité dans les dizaines à venir ?
02:29Et le marché ne le sait pas.
02:31Le marché essaye de mettre un prix.
02:33On a probablement le plus grand génie du début du XXIe siècle, même si c'est un personnage qui, personnellement,
02:39n'est pas extrêmement sympathique, qui est Elon Musk.
02:41Mais c'est quand même le plus grand génie qu'il soit, parce qu'il avance sur tous les domaines
02:45à une vitesse d'exécution absolument prodigieuse.
02:49Et ça fait à peu près six mois qu'il chauffe tout le monde en expliquant qu'on va envoyer
02:54les data centers dans l'espace, qu'on pourra...
02:57On lui dit, il faudra quand même beaucoup de fusées.
02:59Il dit, oui, ça fera une fusée toutes les heures qui partira.
03:02Et donc, les perspectives qu'il annonce sont tellement extraordinaires et qui, naturellement, ne se dérouleront pas exactement comme il
03:09le décrit.
03:10Peut-être avec un délai plus long, mais il y a des changements tels que le marché essaie de princier.
03:13Alors, il y a deux choses. Un, ce n'est pas anormal ce qui se passe, mais deux, c'est
03:17beaucoup, beaucoup d'argent.
03:20Et l'équilibre des marchés, il repose sur le fait qu'il a reposé, notamment, la croissance du marché américain
03:25sur le fait que les très grands hyperscalers,
03:28c'est-à-dire Microsoft, Google, etc., rachetaient en permanence leurs propres titres.
03:32Et maintenant, Google émet des titres.
03:34Mais ce qui fait peur un peu, toutes ces participations croisées.
03:36Et donc, on peut avoir... Non, mais ce n'est pas que les croisés, ils émettent du papier, c'est
03:39-à-dire qu'on va demander de l'argent à l'épargne.
03:41Et donc, ça peut provoquer des déséquilibres de marché.
03:44Et si ça se marie avec une hausse des taux d'intérêt, c'est un moment qui peut être difficile.
03:50Mais peut-être que la productivité va monter très vite.
03:53Comment on regarde l'enseignement à Sciences Po et Polytechnique, de ces milliards et milliers de milliards qui virevoltent ?
03:59Avec inquiétude ou pas ?
04:00Autant je comprends la valorisation de OpenAI et Anthropik, autant SpaceX.
04:04J'avoue que j'ai été surpris par le niveau du multiple.
04:07On est sur quasiment 100 fois le chiffre d'affaires.
04:09C'est complètement délirant. D'autant plus que le pari technologique, on peut dire risqué, on peut dire délirant.
04:16Mais les data centers dans l'espace, juste après que XAI ait fait flop, c'est quand même...
04:22Mais ensuite, une fois qu'on a dit ça, l'IPO, selon les informations qui ont été communiquées cette semaine,
04:29serait déjà...
04:30Il faut en être, non ? Il n'y a pas un effet aussi marketing ?
04:32Non, mais d'abord parce que SpaceX, ça n'est pas que l'espace. Il y a aussi l'intelligence
04:37artificielle étant partie dedans, les robots sont partis dedans, il y a une relation avec Tesla qui est assez subtile.
04:42Et donc c'est un ensemble d'optionalités sur beaucoup de technologies. Là où vous avez raison, c'est que
04:47si c'était que l'espace, c'est vraiment trop cher.
04:48Mais sur l'espace, autant l'espace est une activité rentable, viable, autant le reste, ça me semble extrêmement risqué.
04:57Et c'est un pari qui, s'il est réussi...
05:00C'est pour ça qu'il se passerait en Europe. Nous, il se passerait en Europe parce que tout est
05:03risqué.
05:03Et aux Etats-Unis, ils prennent du risque, ils sont fous.
05:06Mais c'est eux qui font avancer. Nous, on ne peut rien faire.
05:09Sylvie ?
05:09Alors, c'est très intéressant ce débat parce que j'ai lu l'été dernier la biographie de Walter Isaacson
05:16d'Elon Musk.
05:17C'est formidable.
05:17Je vous invite à partager cette lecture parce qu'on voit le caractère absolument visionnaire,
05:24effectivement un peu fou, mais en même temps totalement extraordinaire.
05:28Et sur SpaceX, ce qui a été fait, c'est complètement dingue.
05:32Il a l'histoire derrière lui, contrairement à OpenAI ou à Anthropik, l'histoire a parlé pour lui.
05:37Il apporte les preuves sur le marché.
05:40Quand il introduit SpaceX en bourse, il apporte la preuve sur le marché.
05:46Et donc, le marché, c'est la confiance.
05:4870% des satellites en l'air, c'est...
05:50C'est à lui.
05:51Donc, le marché, c'est la confiance.
05:54Souvenez-vous, au début du conflit russo-ukrainien,
05:58c'est son intervention qui a permis à l'Ukraine de réagir à l'agression russe.
06:05Donc, ça, c'est quelque chose d'absolument formidable, je trouve,
06:09sur l'intelligence artificielle à appliquer à nos entreprises.
06:14Nous, évidemment, on est sur ces sujets.
06:17Je pense que ce qui va vraiment faire la différence,
06:19et ce qui va pouvoir nous dire, c'est rentable ou pas,
06:22c'est la qualité des données qu'on a, qu'on exploite déjà.
06:25Parce que si on ne fait pas le ménage dans ces données,
06:28les entreprises, il va y avoir deux types d'entreprises.
06:30Et celles qui auront déjà eu l'histoire pour elles,
06:33avec des données agrégées longtemps.
06:35Je disais tout à l'heure, je partageais,
06:37qu'on a publié notre, je ne sais plus,
06:4216e bilan carbone.
06:44Donc, on a agrégé des données.
06:45Quand on agrège des données, en fait...
06:47C'est très important.
06:48Est-ce que vous avez su délivrer ou pas ?
06:50Voilà, et c'est comme ça qu'on vérifie.
06:53Donc, on a un an d'agrégation de ménage,
06:56un an d'épreuvage, c'est-à-dire,
06:59qu'est-ce que donne l'IA sur les process
07:02sur lesquels on a décidé, nous, de qualifier l'IA ?
07:05Ça, on va y venir au sein d'entreprise.
07:06Et puis, le troisième, c'est est-ce que c'est rentable ?
07:09Donc, on ne va pas immédiatement analyser la rentabilité.
07:14C'est l'effet Gartner.
07:15Voilà, et donc, c'est exactement ce que vous disiez.
07:18J'apprécie beaucoup votre analyse.
07:20C'est parfaitement intéressant,
07:21parce qu'en fait, il y a un petit temps, quand même,
07:23dans les entreprises,
07:24même si elles s'en emparent tout de suite,
07:26pour pouvoir identifier l'efficacité de nouveaux protocoles.
07:29Est-ce que la grande différence avec la Bulltech,
07:31à laquelle on fait beaucoup référence,
07:33et cette comparaison qui fleurit en ce moment,
07:35c'est ce que vous disiez, Louis-Samuel,
07:37c'est le chiffre d'affaires tangible
07:39et les revenus récurrents, je rappelle.
07:41Open AI, c'est quand même 25 milliards,
07:43d'ores et déjà, pour une boîte qui a quelques années
07:46seulement, Anthropique approche les 20 milliards.
07:4845 milliards en base annuelle, Anthropique.
07:5045 milliards, Raphaël.
07:5245 milliards en annuels.
07:53Le chiffre date un peu, c'est parce qu'il y a 6 mois,
07:55du coup, ça a doublé de plus.
07:56Moi, j'avais 20 milliards.
07:5845 milliards pour Anthropique.
08:00C'est vrai que Claude se déverse absolument de partout.
08:03Et l'annonce du nouveau mythos limité,
08:07parce que trop puissant cette nuit, effectivement.
08:11Donc, c'est tangible, derrière les investissements,
08:13en data center, c'est de l'argent tangible,
08:15les revenus, c'est tangible.
08:16C'est ça, la grande différence, Louis-Samuel ?
08:18Oui, c'est concret.
08:19Il y a une demande.
08:19Toutes les entreprises ont besoin de Claude,
08:21d'Open AI.
08:22Ces outils sont utilisés.
08:23Et donc, comme vous l'avez dit,
08:2520, 45...
08:26Moi, j'avais un chiffre de l'ordre de 20 milliards,
08:27mais en effet, je ne devais pas être actualisé non plus.
08:30Mais c'est un chiffre d'affaires tangible.
08:32La valorisation est un peu élevée,
08:33mais ce n'est pas normal pour une entreprise
08:35qui a ce niveau de croissance.
08:36C'est une promesse de révolution qu'on valorise.
08:39Et dans le cas de Tesla...
08:40Une révolution crédible.
08:41Musk, comme très bien Sylvie,
08:44c'est un tel génie qui vous fait miroiter de tels développements
08:48que Tesla, ça a toujours été beaucoup trop cher en bourse.
08:51Ça n'a jamais eu un sens du point de vue
08:53de l'analyse financière classique.
08:55Mais est-ce que vous savez ce que vous auriez gagné
08:57si vous aviez pris du Tesla
08:59et que vous l'aviez gardé depuis ?
09:01Je ne veux pas savoir.
09:01Et je ne l'ai pas fait.
09:02Je ne veux pas savoir.
09:0317,5% compounded.
09:06Donc, ça fait un multiple de...
09:07Je ne sais pas.
09:08Je n'ose même pas le calculer.
09:10De 200, 300.
09:11Et c'est en permanence...
09:13Il va se passer quelque chose demain.
09:15C'est-à-dire que...
09:16Alors, ce n'est pas vrai.
09:17Mais le narratif est très important.
09:18On a eu des Tesla.
09:19On a eu des Tesla.
09:20Mais finalement, BYD est arrivé.
09:24BYD vend autant de voitures électriques que Tesla.
09:27Et donc, Musk a déplacé le sujet vers les humanoïdes.
09:31Et en même temps,
09:33il fait des réalisations.
09:34C'est-à-dire qu'on vient de le dire,
09:34les satellites,
09:36les deux tiers des satellites
09:37qui sont au-dessus de nos têtes,
09:39ils ont été envoyés par...
09:39Absolument.
09:40Et même un peu plus.
09:40Je crois que c'est 90% des lancements aujourd'hui mondiaux.
09:43Voilà.
09:43Mondiaux.
09:44Et le fameux Airbus de l'espace.
09:46On a une très belle société dans l'espace,
09:49en Europe.
09:49Mais enfin, on en envoie un tous les X temps.
09:52Il n'y a pas.
09:53Je ne sais pas.
09:55Mais donc, il y a deux sujets.
09:57Il y a le sujet sur lequel on va venir,
09:58c'est comment est-ce que l'IA va se prétiser dans notre vie.
10:02Mais il y a le deuxième,
10:03qui est ces moments de bulle financière.
10:06Et ces moments de bulle financière
10:07qu'on a vus à plusieurs fois dans l'histoire.
10:09Celle de 2000, vous l'a cité.
10:10Mais c'est celle des années 20,
10:11avant le krach de 29.
10:12Celle des années 20,
10:13c'était l'industrie automobile
10:17qui s'était mise au système de Ford
10:19avec une construction massive.
10:20C'était les radios,
10:21c'est-à-dire les médias,
10:22le cinéma,
10:24un certain nombre de nouvelles technologies
10:26qui ont changé le monde,
10:27qui ont provoqué une spéculation énorme.
10:29Et ça a claqué en 29
10:31quand les taux d'intérêt ont trop monté.
10:33Donc, c'est la conjugaison
10:34d'une spéculation trop forte
10:36et d'un mouvement sur les taux d'intérêt
10:38qui peut provoquer des krachs.
10:39Il ressemble un peu.
10:40Il y a quelques similitudes.
10:42C'est pour ça qu'on disait
10:42que c'est une quinzaine un peu dangereuse.
10:44Et le président de la Fed
10:46a intérêt à être incroyablement subtile
10:48dans son discours.
10:49Bon, on va venir effectivement
10:51aux applications concrètes aussi
10:52de l'IA dans l'entreprise.
10:53C'est le sujet de tous les déjeuners.
10:56Il n'y a pas un déjeuner d'affaires
10:57qui se passe aujourd'hui
10:58sans que les uns et les autres
10:59comparent l'application
11:00des différentes IA
11:02au sein de l'entreprise.
11:04Je voulais voir comment ça se passait chez vous.
11:06Votre expérience,
11:07Sylvie Cazenave-Péret,
11:10ce que j'entends beaucoup moi aujourd'hui,
11:12c'est que trois ans après l'apparition
11:15de ChatGPT dans nos vies,
11:17vraiment, on est en train d'implémenter
11:19ces systèmes dans les boîtes,
11:20mais on commence un peu à réfléchir
11:22sur le coût aussi de l'entreprise.
11:24Quel est le retour sur investissement ?
11:27Alors, c'est là où il faut être
11:30un petit peu, je pense, ingénieux.
11:32C'est comme à chaque fois
11:33qu'une nouvelle technologie arrive
11:35dans l'univers industriel,
11:37qui est le mien,
11:38en fait, elle est très coûteuse.
11:40Et donc, on est entraîné chez nous,
11:43c'est un cas personnel,
11:45on audite tous nos systèmes,
11:47tous nos process,
11:48et on étudie où l'IA
11:51va être le plus efficace,
11:52le plus rapidement,
11:53pour qu'on ait un taux de retour
11:54sur investissement le plus court possible
11:56pour vérifier ses applicatifs.
11:58Donc ça, c'est la première chose,
11:59ça s'est fait.
12:00Donc on a des chantiers IA,
12:01chez nous absolument,
12:03sur toute la chaîne de production,
12:06que ce soit de la maintenance prédictive,
12:07c'est le plus facile aussi
12:09à partager, à comprendre,
12:10c'est, voilà, les machines,
12:12elles fonctionnent,
12:12mais comment on prévoit
12:13les prochaines pannées ?
12:14Là, à nouveau,
12:16c'est la collecte de data.
12:17Pour en revenir juste,
12:19anecdotiquement, sur Elon Musk,
12:22Tesla, pour lui,
12:23ça n'est plus une fabrication de véhicules,
12:26c'est de la collecte de data.
12:28Il considère que Tesla a apporté,
12:32avec l'historique qu'il a emmagasiné,
12:35la plus grosse banque de données de data
12:37au monde, aujourd'hui,
12:39dans ce business-là.
12:40Nous, à notre petit niveau,
12:43c'est exactement pareil.
12:43Collecte de data,
12:45nettoyage de data.
12:46L'IA, elle est rentrée un peu,
12:47comme chez nous tous,
12:49alors évidemment avec ChatGPT,
12:51mais on ne peut pas se permettre,
12:53dans les entreprises,
12:53d'utiliser ChatGPT,
12:55parce qu'il nous faut un système sécure.
12:59Donc c'est ou Copilot,
13:00ou Gemini, suivant.
13:01Mais observez bien,
13:03je ne parle pas de système français,
13:06aujourd'hui, ou européen.
13:08Donc on y est rentré.
13:10Moi, je me souviens,
13:10ça me paraît il y a très longtemps,
13:12mais c'est chez nous,
13:12il y a seulement un an,
13:15où le responsable de SI,
13:17chez nous, nous dit,
13:18on va prendre Copilot,
13:20mais sur deux ou trois ordinateurs.
13:23On a dit, en comité de direction,
13:26absolument pas,
13:27tout le monde est équipé.
13:28C'est un petit peu, si vous voulez,
13:30je ne sais pas si vous vous souvenez
13:31au début des iPhones,
13:32il n'y a finalement pas si longtemps.
13:34On avait un petit bouquin,
13:36on nous donnait un petit bouquin
13:37pour apprendre à utiliser un iPhone.
13:39Ce n'est pas votre génération.
13:40C'était il y a 20 ans.
13:40C'est la mienne.
13:41Mais on nous donnait un petit bouquin,
13:43comment utiliser l'iPhone.
13:44C'était du délire.
13:46Eh bien, aujourd'hui,
13:46c'est un peu pareil.
13:47On nous a appris à prompter,
13:48il y a un an,
13:49un an,
13:5112, 13, 14 mois,
13:52à prompter.
13:53Maintenant,
13:54le prompte,
13:55dans les demandes qu'on fait,
13:56ça s'est tellement vulgarisé
14:00qu'on n'a plus vraiment,
14:01évidemment,
14:02il faut savoir à peu près
14:02ce qu'on demande,
14:03mais n'importe qui
14:05à l'intérieur de l'entreprise
14:07est capable
14:08de développer,
14:09s'est intégré.
14:10C'est absolument excitant.
14:14Ça plaît beaucoup aux collaborateurs.
14:17L'idée est toujours
14:18d'accompagner les collaborateurs
14:20pour ne pas qu'ils craignent
14:21la suppression de leur poste de travail.
14:23Il y a aussi beaucoup d'angoisse
14:25qui montent autour de l'IA.
14:26Oui, mais bon,
14:27je pense que ça va nous permettre
14:30à nous,
14:31qui sommes contraints financièrement
14:34par les charges qui pèsent
14:37sur les entreprises
14:38et par un environnement économique
14:40anxiogène,
14:42de retrouver de l'espoir,
14:44et c'est exactement ce que je trouve
14:45qui se passe,
14:46parce que ça nous permet
14:47de décupler nos actions.
14:49C'est-à-dire que les actions
14:51de prospection,
14:51de commerce,
14:53d'efficacité,
14:54de compréhension
14:55de là où on a de la rentabilité,
14:56de là où on a de la perte,
14:58on est au moins aussi agile
15:01qu'un grand groupe
15:02alors qu'on est une PMI.
15:04Et ça,
15:05l'IA nous permet
15:06d'acquérir un pouvoir
15:08qu'on n'avait pas auparavant.
15:09Est-ce que vous voyez
15:10les gains de productivité ?
15:11Alors, pas tout de suite.
15:12À certains endroits,
15:14je pourrais vous dire que oui,
15:15mais je pense que ceux
15:18qui peuvent vous le garantir aujourd'hui,
15:19ils vous mentent un petit peu.
15:22Je ne suis pas certaine
15:23qu'on les voit.
15:24Mais ce n'est pas grave.
15:25On ne peut pas avoir
15:26des gains de productivité immédiat.
15:28Il faut investir
15:30dans la qualité des données
15:32qui permettent à l'IA
15:35d'effectuer le bon diagnostic chez nous.
15:37Nous, c'est ce à quoi on s'attache.
15:40Et je pense que le fait
15:42qu'on ait ces options
15:43d'améliorer notre compréhension
15:46du besoin de nos clients,
15:47du besoin de nos salariés,
15:49de l'efficacité sur l'entretien
15:51de nos machines,
15:52c'est un plus.
15:53Et je pense que ça fera
15:54une grande différence
15:55entre les entreprises
15:56qui s'y seront mises
15:57et celles qui n'auront pas voulu y aller.
15:59Il est clair que l'IA,
16:01c'est à la fois une sorte
16:02d'exosquelette et d'exocerveau.
16:05Et que pour commencer,
16:06la première phase,
16:07c'est une augmentation
16:08très forte,
16:09comme ça vient d'être
16:10très bien décrit,
16:11des capacités d'analyse
16:13et d'aide à la décision.
16:14Par exemple,
16:15chez Montpensier Arbevel,
16:16quel est notre métier ?
16:17C'est d'investir
16:18pour le compte de clients,
16:19qu'ils soient des clients privés
16:20ou des clients institutionnels.
16:21Comment est-ce qu'on investit ?
16:22C'est en analysant
16:23à la fois la marge de l'économie
16:25et la marge des entreprises.
16:27Et là,
16:30les possibilités
16:30que vous donne l'IA
16:31en termes
16:33de maximisation d'analyse
16:35sont absolument incroyables.
16:36Donc là,
16:36notre monde a changé.
16:38Est-ce que ça donne
16:39la productivité tout de suite ?
16:41Pas forcément.
16:42Ça ne veut pas dire
16:45qu'on va diminuer
16:45le nombre de personnes.
16:46La productivité,
16:47elle se définit à la fois
16:48par le numérateur
16:49et le dénominateur.
16:50Donc oui,
16:50en capacité d'analyse,
16:52le numérateur devient
16:53très très fort.
16:53Ça ne veut pas dire
16:54qu'on va baisser
16:55le nombre de gens tout de suite.
16:56Donc,
16:56vous n'avez pas un effet
16:57de compte d'exploitation
16:59instantané,
17:00mais vous avez
17:00une capacité
17:01de compréhension
17:03du monde
17:04et pour l'investissement.
17:05C'est formidable.
17:06Après,
17:06ça se trouve,
17:07c'est limite
17:07parce que tout le monde
17:08les a.
17:10C'est ce qu'on teste
17:11en ce moment.
17:12C'est un jeu
17:12de compétition.
17:13Mais,
17:14et puis,
17:15ce qui est compliqué,
17:16c'est que
17:17c'est la rapidité
17:18d'évolution
17:19des nouveaux modèles.
17:20C'est-à-dire
17:20que le grand bouleversement,
17:22et c'est d'ailleurs là
17:23où le marché
17:23s'est réenvolé,
17:25c'est-à-dire qu'on avait
17:25OpenAI
17:26au Finchad
17:27depuis fin 22,
17:28il y avait eu
17:29quelques petites bulettes,
17:31et là,
17:31tout d'un coup,
17:32quand la version
17:33de Claude
17:34d'Entropic,
17:34le Claude,
17:35est sortie,
17:36on a vu le monde
17:36changer devant nos yeux
17:37et on a fait
17:39comme Sylvie,
17:40on a équipé tout le monde
17:41et c'est là
17:42où le marché
17:42s'est absolument volé.
17:44Donc Claude,
17:44c'était un projet.
17:45Et là,
17:45on a FableFight
17:46qui arrive
17:46d'Entropic.
17:47Et on va voir
17:48dans trois mois
17:48s'il y aura
17:48comme nouveau modèle.
17:49On va voir
17:50si le chinois,
17:51parce que vous avez évoqué
17:52le sujet du coût,
17:53c'est-à-dire que
17:53beaucoup d'entreprises
17:54disent,
17:54oh là,
17:54ça commence à me coûter
18:01tout nouveau gâteau
18:03à conquérir,
18:03il va y avoir
18:04une concurrence
18:05et les chinois
18:06visiblement
18:06une capacité
18:07à consommer,
18:09à être plus productifs
18:10dans l'utilisation
18:11de l'IA
18:12et s'ils vendent
18:13des nouveaux modèles,
18:14on aura
18:14ces effets de productivité
18:15rapide.
18:16Mais ça va être
18:16une série
18:17les trois années.
18:19En tout cas,
18:19c'est passionnant
18:20pour notre génération
18:21de voir le monde
18:22de nouveau changer
18:23dans nos yeux.
18:24Comment on mesure
18:25ces gains de productivité ?
18:26On ne les voit pas
18:26pour l'instant,
18:27Louis-Samuel Pilser,
18:28mais on peut se dire
18:29que ça va arriver,
18:30non ?
18:30Ce qui est intéressant,
18:31c'est qu'on est
18:31au tout début
18:32d'une nouvelle révolution
18:33industrielle.
18:33En fait,
18:33les modèles
18:34d'il y a 3-4 ans,
18:35même ceux de l'année dernière,
18:36ne nous permettaient pas
18:37de réaliser
18:38les mêmes gains de productivité.
18:39Il y a quelques études,
18:40par exemple,
18:40sur l'application de l'IA
18:41aux services publics
18:42France Travail,
18:43jusqu'à 2024,
18:44c'était 100 millions d'euros
18:45d'investissement dans l'IA.
18:47Et le retour sur investissement,
18:49les économies totales
18:50chiffrées par la Cour des comptes
18:52dans son rapport
18:52sur le sujet,
18:53c'est 120 millions.
18:54En fait,
18:54le taux de retour sur investissement
18:55sur les précédentes générations
18:56de modèles
18:57était relativement modeste.
18:58Quand on utilise l'IA
18:59dans de grandes organisations,
19:00ça nécessite
19:01une réforme profonde
19:03de l'organisation.
19:04Et puis par ailleurs,
19:05en fait,
19:05les modèles d'aujourd'hui
19:06ne sont pas ceux d'hier.
19:07Quand on regarde
19:08aujourd'hui
19:09l'intervention
19:10du patron de Mistral
19:12à l'Assemblée nationale,
19:1310% de sa masse salariale,
19:16c'est le montant
19:19de la consommation
19:19de tokens.
19:22Disons que ça répond
19:22à de vrais besoins
19:23et ça représentera demain
19:24une forte part
19:27des dépenses
19:27des entreprises.
19:28Notamment sur le code,
19:29les études récentes
19:31montrent que
19:31pour un développeur informatique,
19:33on est quatre fois
19:34plus productif
19:34avec de l'IA,
19:36avec Cloud Code
19:36ou l'outil analogue
19:39d'OpenAI
19:39que sans.
19:41Donc c'est une augmentation
19:41de productivité
19:42très concrète
19:43et aujourd'hui,
19:44il est impossible
19:45de faire du développement
19:46informatique
19:46sans ces outils.
19:47Et donc demain,
19:48je pense que secteur par secteur,
19:50on va commencer
19:50à voir des cas d'usage
19:52se développer
19:52et il faut être en avance
19:54sur cette révolution.
19:56On a raté
19:56la vague de la robotique.
19:58On a trois à quatre fois moins
19:58de robots industriels
19:59qu'en Allemagne,
20:00deux fois moins qu'en Italie.
20:01Je pense qu'il faut
20:02qu'on soit devant
20:03sur la nouvelle révolution
20:04industrielle
20:05qui est celle
20:05de l'intelligence artificielle
20:07et de son implémentation
20:07dans les entreprises.
20:07Mais pardon,
20:08pour l'instant,
20:08on est toujours derrière,
20:09non ?
20:09On est derrière les Etats-Unis,
20:11on est derrière la Chine,
20:11on est derrière l'un.
20:12C'est un bon sujet
20:12parce que ça va être
20:13la conjonction des deux.
20:16Schwarzman,
20:17qui est le patron
20:17de Blackstone,
20:18disait
20:18« J'ai jamais tellement cru
20:19aux robots,
20:20mais maintenant
20:21qu'il y a l'IA,
20:22on va avoir
20:23cette accélération
20:24de la robotique
20:26simultanément. »
20:27Et là,
20:27j'étais en train
20:27de regarder une étude.
20:28Le grand sujet,
20:30c'est 29.
20:31C'est-à-dire que c'est
20:32Cap 29
20:33pour savoir
20:33si le monde
20:34aura complètement changé.
20:36Cap 29,
20:372029.
20:382029.
20:38En 2029,
20:39tout change.
20:40C'est le débat.
20:41Est-ce que ce sera
20:43comme toute nouvelle
20:44invention très forte,
20:45est-ce que ce sera
20:45comme le chemin de fer
20:46qui tout d'un coup
20:47a rapproché le monde
20:49en deux minutes ?
20:49La comparaison du chemin de fer
20:51est un peu avec Internet.
20:52C'est-à-dire que tout d'un coup,
20:53avant le Internet
20:56et avant le mobile,
20:58le téléphone mobile,
20:59le monde était derrière.
21:00Maintenant,
21:01on est une seule
21:02communauté mondiale.
21:02Donc le chemin de fer,
21:03ça ressemble à ça.
21:04L'IA,
21:05c'est plus difficile
21:06de comparer.
21:07Ça ressemble
21:07à la machine à vapeur,
21:09ça ressemble
21:10aux machines
21:11à des progrès
21:12de la chimie,
21:13si j'ose dire,
21:14où tout d'un coup,
21:15on a fait des nouveaux matériaux.
21:16C'est plus difficile
21:17à analyser
21:17comme comparaison.
21:19Mais,
21:19et donc tout le débat
21:20est,
21:21est-ce que ça va être modéré,
21:23donc 1% de productivité
21:25et puis pas plus,
21:27ou est-ce que tout d'un coup,
21:28il va y avoir
21:28un espèce de jump
21:29à partir de 29,30
21:32où on ne sera plus
21:33dans le même monde ?
21:33Le leapfrogging,
21:34ça s'appelle en anglais.
21:35Est-ce qu'on va avoir
21:36des robots
21:37immunolites dopés
21:38à l'IA bientôt
21:39chez Pots & Packaging ?
21:40On a des robots,
21:41on a pas mal de robots
21:42dans notre entreprise,
21:44mais justement,
21:44un robot,
21:45c'est assez bête en fait
21:46et il a reproduit
21:48toujours le même schéma
21:51de travail.
21:53Il aide les opérateurs,
21:55mais s'il y a un souci,
22:01il va falloir le reprogrammer.
22:03Tout ça,
22:04c'est assez lourd en gestion.
22:05Or, justement,
22:06je partage vraiment,
22:07merci encore
22:08pour votre analyse,
22:09c'est ce point de vue
22:10parce que l'IA
22:13emportée dans les robots,
22:14ça va nous permettre
22:15de rendre les robots
22:17apprenants.
22:18Et ça,
22:19c'est formidable pour nous.
22:21C'est la fin de l'humain,
22:21surtout.
22:23Sylvie,
22:23vous nous dites
22:23que l'humain est plus agile
22:25qu'un robot
22:25qui demande beaucoup.
22:26Non,
22:26alors je ne pense pas du tout,
22:27c'est la fin de l'humain.
22:28C'est peut-être pas durer très longtemps.
22:29Je pense que,
22:30vous savez,
22:30on a des vrais sujets
22:31de pénibilité
22:32dans nos entreprises industrielles.
22:34C'est un axe majeur
22:35pour nous
22:36de prévention des risques,
22:37santé,
22:38sécurité au travail.
22:40On parlait tout à l'heure,
22:42vous savez,
22:42dans la première partie
22:43de ce plateau,
22:44on parlait des déficits.
22:47On sait,
22:48même si on n'est jamais d'accord
22:49sur ce diagnostic,
22:51qu'on va devoir,
22:51nos populations
22:52vont devoir travailler
22:53plus longtemps.
22:54Si on veut travailler
22:55plus longtemps,
22:55il faut que le travail
22:56soit supportable.
22:58Et les robots humanoïdes,
23:01éventuellement,
23:02vont rendre
23:03ce travail supportable.
23:04Il y a une différence
23:05entre ce qu'on voit
23:06chez Renault
23:07et puis une entreprise
23:08telle que la nôtre
23:09où tous les modèles
23:10sont différents
23:11et rendre le travail
23:12très difficile aux robots.
23:13Donc,
23:13je pense que ça,
23:14c'est un vrai espoir.
23:17Les robots à l'aide
23:19de la réforme des retraites,
23:20ça peut être un long latéral.
23:21Et de réindustrialisation
23:23du pays
23:23avec plus d'intelligence,
23:25emportée,
23:26embarquée dans nos entreprises.
23:28Maintenant,
23:29on a l'impact CO2.
23:31Nous,
23:32nos bilans carbone
23:33qu'on entasse
23:34d'année en année,
23:35eh bien là,
23:35on ne le calcule pas,
23:37je vous le dis franchement,
23:39on ne sait pas calculer
23:40tout de suite
23:41l'impact
23:42de ce qu'on développe
23:43au niveau IA
23:44au sein de l'entreprise
23:45en termes de CO2,
23:46mais il va falloir
23:47qu'on s'y attelle.
23:48Et ça,
23:48c'est un risque aussi
23:50qui pèse
23:50sur cette appropriation
23:53de technologies.
23:54Non mais,
23:5530 secondes,
23:56vous voulez un peu
23:58d'inquiétude
23:58pour conclure.
23:59Ce que je trouve incroyable,
24:01et on en a parlé à Raphaël,
24:02c'est l'initiative
24:06de Milley en Argentine
24:07qui est très intéressante
24:08et incroyablement disruptive.
24:10C'est de dire
24:11qu'on pourrait créer
24:12des sociétés anonymes
24:13qui, au lieu d'être dirigées
24:16par des personnes,
24:17seraient dirigées
24:18par une IA.
24:19Et là,
24:20c'est un changement
24:21absolument considérable
24:22parce que d'ailleurs,
24:23on sait que l'IA
24:23est assez tricheuse.
24:25C'est-à-dire que l'IA
24:26est tricheuse.
24:27Et que donc là,
24:29ce serait un changement
24:30de civilisationnel complet.
24:31Vous imaginez la société.
24:32Il y a d'ailleurs un jeu
24:33qui est assez amusant
24:33où il y a un concours
24:34entre IA
24:35et on leur dit
24:35essayer de fabriquer
24:36le maximum de trombones
24:37et à la fin,
24:38elles peuplent
24:38l'univers de trombones.
24:40Donc,
24:40on est face
24:41à des changements conceptuels
24:42qui ressemblent
24:44à celles au moment
24:45où avec la compagnie des Indes,
24:46tout d'un coup,
24:47la Hollande a conquis
24:48le monde entier
24:48avant que ce soit les Anglais
24:49avec leur compagnie des Indes à eux.
24:51C'est absolument passionnant
24:55de futurs débats géniaux.
24:56Merci tous les trois,
24:58Sylvie Casenaf-Péret,
24:59Guillaume Dard
25:00et Louis-Samuel Pilser
25:02pour cette émission
25:02que vous pouvez retrouver
25:03en podcast et replay
25:04sur l'application BFM Business.
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