Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
Ce mardi 6 octobre, Sylvain Bersinger, économiste chez BSI et Bersingéco, a abordé le timide sursaut des ventes au détail dans la zone euro et la détente du taux français à 10 ans, qui s'éloigne des 5 %, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01BFM Bourse, l'éco du monde.
00:04On regardera à nouveau les taux français dans un instant, dans quel sens évolue-t-il en cette journée de
00:08contestation sociale ?
00:09Sylvain Bersinger est avec nous, économiste pour BSI Berserge Eco. Bonjour Sylvain, ravi de vous retrouver.
00:14D'abord peut-être les ventes au détail en zone euro, elles rebondissent, c'est vrai, elles sont en hausse,
00:17mais un peu moins fortes qu'espérées.
00:20Oui, alors elles rebondissent, plus 0,1%, donc on ne va pas non plus sauter au plafond.
00:26Donc sur un an, plus 0,8%, c'est vrai que sur un mois comme sur un an, on anticipait
00:30un petit peu plus.
00:31Après, on est dans l'ordre de grandeur de ce qu'on pouvait attendre.
00:35Au vu du contexte, on ne s'attendait pas évidemment à des ventes au détail très dynamiques,
00:39et on voit bien que c'est vraiment le carburant qui pénalise, qui est en forte contraction.
00:43Donc c'est, je dirais, assez conforme à ce qu'on pouvait attendre au vu de la conjoncture.
00:47Oui, alors il y a la question, il y a le volet dynamique, croissance, puis le volet inflation.
00:52Combien tout cela nous coûte ?
00:54Philippe Lein, le chef économiste de la BCE, a tenté de rassurer.
00:56Ça a plutôt marché, parce que les taux européens se détendent aujourd'hui,
00:58en expliquant que la hausse des coûts de l'énergie n'entraîne pas, pour l'instant, d'effet de second
01:02tour.
01:03Toujours pas d'effet de second tour, c'est ce qu'il a expliqué.
01:05Est-ce que vous partagez ?
01:07Oui, globalement, oui, parce que si vous regardez les derniers chiffres d'inflation,
01:11c'est vraiment l'inflation énergétique pure qui tient à l'inflation,
01:15l'inflation alimentaire, l'inflation sur les produits manufacturés, sur les services,
01:19elle reste quand même très contenue.
01:21On ne voit pas le scénario, en tout cas de manière extrêmement modérée, qu'on avait vu en 2022,
01:26où là, par exemple, on voyait les prix de production, les prix de sortie de l'usine,
01:29les prix de sortie de ferme, qui avaient vraiment accéléré très fortement.
01:33Pour l'instant, cette hausse, elle est très contenue.
01:35Donc, je partage cette analyse.
01:36L'inflation énergétique, elle est vraiment très forte.
01:38Pour l'instant, ça ne va peut-être pas durer,
01:40mais pour l'instant, la diffusion de l'économie est quand même assez limitée.
01:45Sylvain, on voit que du côté du marché obligataire,
01:47les taux français restent quand même relativement élevés.
01:50On a perdu quelques petits points de base quand même par rapport à hier avant-hier.
01:54On sent que 5%, c'est une cote d'alerte qui reste un petit peu psychologique
01:59et compliqué d'aller au-delà, on va dire, dans les deux sens.
02:03Qu'est-ce qu'on peut prévoir en termes de zones de tension
02:07sur ces différents points de la courbe des taux françaises ?
02:12Moi, je pense que les taux français vont être très impactés.
02:16Je parle vraiment des taux français ou du spread,
02:17parce qu'après, les taux mondiaux, il y a plein de facteurs qui les impactent.
02:20Mais les taux français vont être impactés par deux sujets,
02:22c'est-à-dire le budget.
02:23Est-ce qu'on arrive à avoir un budget qui réduise,
02:26ne serait-ce qu'un petit peu, le déficit,
02:28même si le projet de budget n'est quand même pas très austéritaire ?
02:32Donc ça, ça va être un premier sujet.
02:33Est-ce que la France pourra passer à un budget ?
02:35Et je pense que le deuxième sujet, ça va être les anticipations
02:38des investisseurs sur les résultats de la présidentielle.
02:41Si les sondages donnent de plus en plus un potentiel deuxième tour
02:46Mélenchon-Le Pen, je pense que là, on peut voir les taux augmenter.
02:49Donc voilà, je pense que ça va vraiment être lié aux deux sujets,
02:52budget et puis ce qu'on peut attendre de la présidentielle.
02:55Oui, alors avec en plus des tensions sociales,
02:56aujourd'hui, il y a les manifestations lycéennes.
02:58Le Financial Times a titré tout à l'heure
03:00« France between the bond market and the barricades »,
03:03la France entre barricades et marché de la dette.
03:05Le Wall Street Journal lui estime qu'en France,
03:07l'argent magique est devenu une bombe, bombe de la dette.
03:10Et puis on a Axios aussi très influent dans les cercles du pouvoir actuel
03:13aux États-Unis et à Washington.
03:14Axios qui se penche aussi sur la dette française
03:15et qui estime que, je cite Axios,
03:18« Les investisseurs redoutent une crise budgétaire imminente en France
03:20qui pourrait ébranler, dit Axios, le cadre juridique de l'UE.
03:23Les premiers signes de contagion à l'Italie sont très préoccupants. »
03:27Il se trouve que l'administration Trump adore lire Axios.
03:29Comment vous regardez ?
03:30Est-ce que vous partagez l'analyse d'Axios sur la contagion européenne ?
03:35Je pense qu'il y a un risque, parce que c'est vrai que l'Italie,
03:37alors même si depuis 2-3 ans, ça va un petit peu mieux,
03:40ou en tout cas relativement mieux par rapport aux autres pays européens,
03:44c'est vrai que ça peut être un risque.
03:46C'est-à-dire que là, vraiment, c'est la France qui est un peu dans l'œil du cyclone,
03:50parce qu'on a des finances publiques très dégradées,
03:51parce qu'on a des échéances électorales qui arrivent,
03:54une situation politique, comme vous l'avez dit, qui est complexifiée.
03:57Mais il y a d'autres maignons faibles,
03:58et si on se souvient de la crise de dette souveraine 2009-2012,
04:02grosso modo, le point de départ, ça avait été en Grèce,
04:05et puis après, les investisseurs s'étaient dit,
04:06« En fait, le Portugal, il est aussi vulnérable, etc. »
04:10Donc c'est vrai que ça peut être un risque.
04:12Alors voilà, je pense qu'on n'est pas encore sur un signal de contagion massif,
04:15comme à l'époque, mais oui, ce n'est pas exclu que d'autres pays fragiles,
04:19l'Italie, peut-être la Grèce, puissent être touchés aussi.
04:23Merci de nous avoir accompagnés.

Recommandations