00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et Fabien Riel Pau se joint à la danse de BFM Bourse, l'on barodier IEM.
00:07Bonjour Florian.
00:08Enfin la danse, je ne sais pas si on peut dire ça.
00:11Bonjour à tous.
00:11On a des taux qui montent encore aujourd'hui, on va en parler dans un instant,
00:14ce 10 ans américain, ça y est, au-delà des 5%, le 10 ans français à 4,53,
00:17on n'arrête plus le 10 ans français non plus, on est au-delà des 4,5.
00:20Et un pétrole qui monte lui aussi, 109 dollars le baril de Brent,
00:24on a la fermeture de cette holoduc stratégique qui ferme,
00:27qui trappe qu'un parcours, l'Arabie saoudite, un holoduc important quand même,
00:30qui transporte 6 millions de barils le jour, dont la réparation pourrait prendre du temps.
00:35Est-ce qu'il va, à force de voir les détroits se fermer,
00:38cette holoduc aussi devenir impraticable,
00:41est-ce qu'il va falloir à nouveau puiser dans les réserves mondiales de pétrole,
00:44d'après vous Florian ?
00:47C'est déjà le cas en fait.
00:49Bonjour à tous.
00:49Le point à bien comprendre, c'est qu'on anticipait 450 millions de libérations de réserves
00:56et puis finalement aujourd'hui, on est à 507 millions d'ores et déjà au dernier comptage.
01:01Donc c'est-à-dire qu'on est déjà en train de relâcher davantage de réserves commerciales et stratégiques
01:06pour amortir le choc.
01:08Le problème évidemment, c'est qu'il faut conserver suffisamment de réserves
01:11pour rester crédible vis-à-vis du marché,
01:13c'est-à-dire pour amortir ces brusques accélérations,
01:17ces brusques montées d'adrénaline du marché
01:20et éviter de voir les prix du baril.
01:22Souvenez-vous, au début du conflit, on parlait de prix du baril à 200 dollars.
01:25On en est encore loin, heureusement, mais néanmoins,
01:28on a besoin de ces réserves pour ancrer les anticipations,
01:31au moins à long terme, à des niveaux, je ne vais pas les qualifier de raisonnables,
01:35mais disons plus gérables pour nos banquiers centraux.
01:38Oui, donc la fermeture de cette holoduc stratégique en Arby saoudite,
01:41le détroit de Babel Mandet qui passe entre les mains outils.
01:44Babel Mandet, d'ailleurs, ça veut dire la porte des lamentations en arabe.
01:47Là, effectivement, les acteurs du trafic pétrolier, du trafic maritime doivent bien se lamenter.
01:52Enfin, quoique, on voit justement les prix du fret augmenter
01:55et les acteurs du fret maritime qui progressent aujourd'hui en bourse du coup
01:57parce qu'on rallonge les routes, donc on passe les hausses de prix aux clients
02:01et puis quand on rallonge les routes, ça rend les navires aussi moins disponibles,
02:05ce qui renforce les tensions sur l'approvisionnement.
02:06Résultat donc, en bourse, les acteurs du fret maritime progressent.
02:10A.P. Moller, qui passe les hausses de prix à ses clients, gagne 4% aujourd'hui.
02:15A.Pagloid gagne 1,6% aussi.
02:18Et puis, il y a un ETF qui gagne aux États-Unis,
02:20un ETF sur le fret de produits pétroliers qui gagne depuis le début de l'année 3600%.
02:25Figurez-vous, plus 3600%, c'est l'ETF qui cartonne le plus au monde.
02:29Avec ses cours du pétrole encore orientés à la hausse.
02:31Et mercredi après-demain, la Fed dans ce contexte.
02:34Est-ce que vous sentez que, oui, bien sûr, la Fed va relever ses taux,
02:36mais que c'est même un début de cycle de hausse de taux qui va débuter aux États-Unis ?
02:39Florian.
02:42Eh bien, pas forcément.
02:44Pour nous, on parle surtout d'un exercice de recalibration, en fait.
02:48L'idée, c'est, est-ce que l'inflation aujourd'hui est réellement effrayante ?
02:52On a 3,4% d'inflation totale et 2,4% d'inflation au cœur,
02:57comme vous le savez, vous l'avez abondamment couvert, ce chiffre.
02:59Ça veut dire qu'on a un choc pétrolier de l'ampleur de 1991,
03:03mais on a un écart entre l'inflation totale et l'inflation hors pétrole
03:08qui est de l'ordre de 1%.
03:10Donc, c'est relativement faible.
03:12L'idée, c'est vraiment juste d'arriver probablement à remontrer au marché
03:16qu'on a aujourd'hui un banquier central qui connaît son métier,
03:20qui est capable de pratiquer une politique des petits pas
03:22pour convaincre à nouveau cette partie longue de la courbe des taux
03:26qui ne fait que monter et appeler à la rescousse la banque centrale
03:30pour contrôler l'inflation.
03:32Aujourd'hui, il y a une forte corrélation entre les hausses de taux anticipées
03:35et la hausse des taux longs que vous commentiez.
03:38Ça pique, comme dirait Antoine.
03:40Oui, justement, quand on voit le niveau des taux obligataires,
03:44on traverse certaines zones limites.
03:47Quand même, les 5% pour le 10 ans américain, ça nous ramène à 2007.
03:50Ça nous ramène à 2008.
03:52Sur la dette française, on est à 4,53.
03:53Et puis, on sent qu'il y a de la dynamique et de la volatilité.
03:56Bon, à partir de là, il n'y a plus vraiment de code d'alerte.
03:59On regarde, on compte les points.
04:03Alors, il y a quand même une code d'alerte
04:04qui est quand même la croissance de long terme
04:06et sa comparaison avec le coût du financement de long terme.
04:09Le coût du financement de long terme, certes, aujourd'hui,
04:11il dépasse 5% aux États-Unis, vous le rappeliez.
04:14Simplement, il contient une partie réelle, comme vous le savez,
04:16une partie inflation anticipée, laissant l'inflation anticipée de côté.
04:20Et parlons que du réel.
04:21Il faut que ce coût réel de la dette rencontre un bénéfice réel de la dette.
04:26Et le bénéfice réel de la dette, c'est la croissance potentielle.
04:28Donc, il faudrait qu'on ait, aujourd'hui, 2,3 à 2,4, voire 2,5% de croissance
04:34sur les 10 prochaines années, disons, par année aux États-Unis.
04:38Il en faut des gains de productivité pour atteindre ce niveau-là.
04:41Et ça, c'est potentiellement une façon de faire la différence
04:44entre des taux qui jouent contre la croissance
04:46ou des taux qui jouent avec la croissance.
04:48Florian Iepo avec nous. Merci beaucoup, Florian Lombard, Odier IEM.
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