- il y a 20 minutes
Lundi 5 octobre 2026, retrouvez Pierre-Olivier Beffy (Gérant et chef économiste, Boussard et Gavaudan) et Véronique Riches-Flores (Présidente, RF Research) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:04Générique
00:09Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète marché,
00:13Pierre-Olivier Béfi, gérant et chef économiste de Boussard et Gavodan.
00:17Bonsoir Pierre-Olivier.
00:17Bonsoir Pauline.
00:18Et avec nous en distance, Véronique Riche-Flores, présidente de RF Research.
00:23Bonsoir Véronique.
00:24Bonsoir Pauline, bonsoir Pierre-Olivier.
00:27Eh bien, commençons Pierre-Olivier avec peut-être cette situation au Brésil.
00:32Je rappelais les équilibres sur les marchés dans mon introduction.
00:36Des réactions de marché qui sont assez violentes globalement.
00:41C'est une surprise électorale pour ce premier tour avec l'avancée de Flavio Bolsonaro par rapport à son concurrent.
00:49Peut-être un mot de ces réactions de marché, des marchés actions et puis de la devise.
00:53Plus 5%, c'est pas anodin Pierre-Olivier.
00:56Oui, alors je pense qu'il y a plusieurs choses.
00:58La première, en effet, c'était quand même une grosse surprise parce qu'il y avait assez peu de sondages
01:01qui donnaient Bolsonaro vainqueur.
01:04Le consensus de marché, c'était plutôt que Lula allait être réélu d'ici à fin de l'année.
01:09Donc là, c'est plutôt, le marché le voit très positivement.
01:11Je pense qu'il le voit très positivement pour la raison suivante.
01:13C'est qu'au Brésil, il y a quand même des déficits du mot, un déficit budgétaire important.
01:19Et donc aussi un déficit de balance courante.
01:21Et puis en même temps, la Banque centrale offre des taux extrêmement élevés pour soutenir la devise et éviter qu
01:29'il y ait trop d'inflation dans le système.
01:31Donc voilà, si on arrive à un meilleur équilibre où il y a moins de déficits et aussi des taux
01:36qui refluent, ça va être assez positif pour l'économie brésilienne.
01:38Donc c'est un peu ce qu'essaie de jouer le marché.
01:41Après moi, à titre personnel, ayant été au Brésil plusieurs fois récemment, je pense qu'il faut faire attention à
01:48ce que Flavio, dans Senaro,
01:49il va peut-être passer plus d'énergie à vouloir libérer son père, en tout cas à faire en sorte
01:54qu'il ait moins de déboires judiciaires, que de se concentrer sur l'économie.
01:57Donc il y a quand même un peu des risques là-dessus, mais c'est vrai que la balance, le
02:00marché aime quand même les candidats plus libéraux, plus orientés marché, réduction du déficit, etc.
02:07Bon, réponse dans 20 jours. Là, on rappelle, c'est que le premier tour, donc pour l'instant, il n
02:12'est pas encore au pouvoir, Flavio Bolsonaro.
02:16Véronique, vos commentaires sur ces mouvements de marché et ces réactions à l'avance du fils Bolsonaro pour ces élections
02:25?
02:26Oui, on voit que les marchés ne perdent pas de temps, effectivement, parce qu'il y a quand même un
02:29deuxième tour.
02:31Mais ce qui est certain, c'est que le marché brésilien était déjà dans une phase haussière ces derniers mois,
02:37même un petit peu plus.
02:39Et finalement, on a l'impression que ces investisseurs étaient quand même sur les starting blocks.
02:43Alors, il y avait les élections qui les freinaient un petit peu.
02:46Et du coup, ces élections, en tout cas, le premier tour va plutôt dans un sens, effectivement, market-friendly,
02:51qui est clairement payé et rémunéré par les investisseurs.
02:57Alors, pourquoi ?
02:59Bon, il y a des effets, peut-être, effectivement, un peu plus de confiance à l'égard des grands déséquilibres.
03:06Je pense que la raison fondamentale, c'est plutôt le libéralisme qu'incarne Bolsonaro, fils,
03:12à l'instar de son père, en particulier en matière énergétique, probablement, effectivement,
03:18parce qu'on est, on le sait, dans un monde à court de ressources naturelles.
03:23Le Brésil en a beaucoup, à court potentiellement de pétrole également.
03:28Le Brésil en a également un peu plus qu'avant, d'ailleurs.
03:33Et incontestablement, Bolsonaro va lâcher les, probablement, enfin, en tout cas, s'il est élu,
03:40lâcher les contraintes qui peuvent régner sur ce secteur des matières premières, de l'énergie, etc.
03:47La crainte qu'on peut avoir, alors, il y en a de deux types.
03:49Je dirais, elle est d'abord environnementale, avec, effectivement, on voit un pays qui a beaucoup de mal
03:55à maintenir un équilibre environnemental, et notamment à l'égard de la première ressource planétaire,
04:01en oxygène, qu'est la forêt amazonienne.
04:05Et puis, l'autre élément, il est plus géopolitique.
04:08C'est, maintenant, c'est le dernier maillon de l'Amérique latine, gros maillon, moins que le Brésil,
04:14qui pouvait faire un petit peu résistance face à Trump.
04:18Ça semble, ce dernier maillon est en train de sauter vraisemblablement,
04:23ce qui pose énormément de questions quant à l'avenir géopolitique,
04:28à l'influence que peut avoir Donald Trump sur toute la région, maintenant.
04:30Avec des grands pays, effectivement, plutôt du bord Trump qu'autre chose.
04:36Oui, le Brésil, c'est le plus grand pays d'Amérique latine, Véronique, vous l'avez rappelé.
04:40Donc, forcément, on va rester attentif à tout ça.
04:44Et puis, un autre pays qui va voir ses élections arriver, c'est en France, bien sûr.
04:51Alors, on va parler des taux, des rendements français, du spread franco-allemand aussi à 150 points de base.
05:00Pierre-Olivier, l'endettement français franchit quand même un nouveau cap historique.
05:05C'est du jamais vu depuis 1946, 3600 milliards de dollars pour la dette, soit 119% du PIB.
05:14Est-ce que cette dette est soutenable ?
05:16Et on voit bien la frilosité des investisseurs sur les rendements, par exemple, à 10 ans français, 4,90%
05:24et le spread qui s'écarte avec l'Allemagne.
05:27Oui.
05:28Moi, je dirais que d'un point de vue fondamental, aujourd'hui, avec les équilibres budgétaires actuels, elle n'est
05:33pas soutenable, évidemment.
05:34Donc, il faut, il y aura, tout le monde sait, enfin, je pense que c'est une notoriété publique, il
05:39faudra à peu près 150 milliards d'ajustements budgétaires dans les années qui viennent.
05:43Voilà, après, justement, elle peut devenir soutenable assez rapidement si on fait ces ajustements.
05:48Donc, aujourd'hui, c'est vraiment un problème d'un déficit primaire trop important par rapport aux autres pays de
05:54la zone euro.
05:54C'est ça qui nous caractérise.
05:56C'est-à-dire qu'on a un déficit primaire hors charge de la dette qui est assez important.
05:59Et après, on subit, comme tous les autres pays de la zone euro, la hausse des taux qui augmente la
06:03charge d'intérêt de la dette et qui, elle-même, est augmentée par la quantité de dette que vous avez
06:09souligné, qui est assez importante.
06:11Donc, voilà. Après, bon, moi, je dirais que fondamentalement, je pense qu'il n'y a pas de problème de
06:18soutenabilité à long terme.
06:19Il y a des efforts à faire, ça, c'est sûr, mais ils ne sont pas non plus complètement irréalisables.
06:25On ne pourra pas les réaliser en un jour, sans doute, mais on a déjà vu des ajustements budgétaires se
06:30faire dans le temps pour résoudre ces problèmes fiscaux.
06:32Moi, je pense que le point qui est important et qui pèse aujourd'hui sur les spreads, c'est surtout,
06:39un, d'abord, il y a beaucoup d'incertitudes.
06:41Donc, on ne sait pas exactement comment les élections vont se passer, à quoi on va être mangé.
06:44Donc, voilà, si on a quelqu'un qui est élu et qui fait des réformes, ça peut être très, très
06:50positif.
06:51La deuxième chose aussi, c'est qu'on a une prime, je dirais, actuellement, je ne dirais pas de liquidité,
06:59parce que justement, on n'est pas dans un scénario à la grecque.
07:01Je ne pense pas qu'il y ait de problème pour les adjudications, etc.
07:05Mais il y a quand même une prime momentanée de se dire qu'il n'y a aucun effort budgétaire
07:07qui est fait pour l'instant et donc que ça doit se dégrader un peu plus.
07:10Moi, je pense que le point d'équilibre du spread, il est toujours entre 50 et 80 avec l'Allemagne.
07:15Bon, si on est à 150, je pense qu'on devrait se stabiliser dans ces eaux-là aujourd'hui.
07:18On pourrait rester à un spread aussi élevé, entre guillemets, selon vous ?
07:22Voilà, le problème, c'est qu'on ne manque de catalyseurs avant les élections.
07:24Voilà, on sait qu'on aura le budget.
07:26On peut avoir une bonne nouvelle sur le budget qui peut faire refluer un peu les taux.
07:30Moi, je pense d'ailleurs que le budget, ça va être compliqué, notamment pour certains partis politiques qui peuvent avoir
07:37le vent en poupe,
07:38de dire qu'ils sont contre ce budget, de créer un effondrement du gouvernement quelques mois avant les présidentielles.
07:44Sachant qu'en plus, si on fait des élections législatives très tôt, on ne pourra plus en faire aux présidentielles.
07:49Donc, je pense qu'il y aura quand même un budget qui va passer et qui ne sera peut-être
07:54pas extraordinaire,
07:55mais en tout cas qui va limiter la casse, on va dire ça comme ça.
07:57Oui, sur Véronique, vos commentaires sur la France et puis surtout sur ce spread.
08:03Alors, j'y reviens, 150 points de base.
08:05Est-ce que, selon vous, la BCE, elle pourrait intervenir avec les outils qu'elle a à sa disposition, Véronique
08:12?
08:16Intervenir. Compte tenu des outils qu'elle a, que vous avez mentionnés justement,
08:21normalement, l'utilisation de ces outils est conditionnée au respect d'une feuille de route.
08:26Or, nous n'avons pas de feuille de route.
08:28C'est une bonne partie du sujet.
08:31Et une feuille de route qui, bien évidemment, cadre avec les impératifs budgétaires ou les engagements budgétaires européens.
08:39Donc, c'est assez difficile de considérer que la BCE puisse intervenir.
08:43On ne voit pas trop, d'ailleurs, et ça paraîtrait complètement disproportionné par rapport à ce qu'elle n'a
08:48pas fait,
08:49par exemple, par le passé, à l'égard d'autres pays.
08:54Maintenant, il y a quand même quelque chose qui me gêne énormément dans ce débat,
08:57ou dans le débat de ces dernières semaines.
09:02Finalement, depuis quand la problématique de la dette a ressurgi ?
09:06Bien évidemment, la montée généralisée des taux d'intérêt a impacté plus particulièrement les pays les plus endettés,
09:13les plus mal lotis.
09:14Mais c'est surtout, finalement, depuis qu'on a eu des révisions sur la croissance,
09:19l'estimation de la croissance européenne, le premier trimestre.
09:22Deuxième trimestre, extrêmement mauvais également.
09:25Et finalement, on a un niveau de déficit qui est soutenable, sous réserve,
09:30qu'on ait un minimum de croissance.
09:33Et le minimum de croissance qu'on avait dans les tuyaux semble quand même passer,
09:37avoir disparu,
09:38avec des perspectives qui sont endommagées par la simple absence de visibilité sur le budget,
09:44et les discussions et les élections qui sont en cours.
09:48Donc ça finit par faire beaucoup, effectivement.
09:51Et je dirais qu'on a des politiques qui discutent beaucoup,
09:55des ajustements à faire sur la retraite,
09:58revalorisation, non-revalorisation, etc.
10:00Mais qui parlent très peu de croissance.
10:03Et je pense qu'à l'évidence,
10:05si on n'est pas capable d'avoir des idées pour soutenir notre croissance économique,
10:11alors on risque de le payer cher,
10:13surtout dans un climat social et politique délétère.
10:17Donc, voilà, je pense que...
10:20Je partage l'idée qu'au point de départ,
10:24la dette française est soutenable.
10:27Néanmoins, vu l'évolution du contexte
10:31et les risques, effectivement, d'énormes déceptions,
10:34il ne faut pas oublier qu'on a eu également une inflation
10:36beaucoup plus faible que les autres pays.
10:38Ce qui n'aide pas quand on est sur-endetté.
10:41C'est tout le contraire.
10:42Et donc, finalement, on est vraiment coincé, pris en étau,
10:47un petit peu de tous les côtés,
10:49avec une absence de vision politique,
10:52qui, quand même, est absolument sidérante.
10:54C'est-à-dire que si on ne peut pas promettre,
10:55effectivement, une stratégie de croissance,
10:59je ne parle même pas de souveraineté, etc.
11:02Moi, je crois qu'on avait déjà évoqué avec vous, d'ailleurs.
11:04Je trouve complètement illogique qu'on n'aborde pas la question
11:08de la manne énergétique.
11:11A priori, le nucléaire est là.
11:13La France en est suffisamment fière.
11:16On peut être pour ou contre.
11:17Mais de toute façon, on l'a.
11:19Et au lieu d'augmenter les prix de l'électricité,
11:21j'aurais trouvé assez judicieux de les baisser,
11:25au moins de ne pas les augmenter,
11:26pour absorber une partie du choc pétrolier.
11:28Vous voyez, il y a quand même des recettes
11:30qui me semblent totalement laissées de côté.
11:33Alors, il y a des raisons, bien évidemment, budgétaires.
11:37Mais je pense qu'il faudrait prendre le problème
11:39quand même à l'inverse.
11:40D'abord, retrouver des marges de croissance
11:42pour équilibrer notre budget de manière moins douloureuse
11:46pour la croissance, pour l'équilibre social et politique
11:51et, in fine, pour la dette à plus long terme.
11:54Oui.
11:54Il y a d'autres pays de la zone euro
11:56qui ont aussi ce risque politique.
11:59Et d'ailleurs, on va en parler justement avec cet euro
12:02qui a perdu près de 1% face au dollar, Pierre-Olivier.
12:07Est-ce que c'est une nouvelle prime de risque
12:09pour la zone euro ?
12:11Sachant qu'il y a d'autres pays...
12:13Alors, ce n'est pas les mêmes situations,
12:14effectivement, ce n'est pas les mêmes histoires,
12:16mais on attend des élections en Italie.
12:19Il y a, je le rappelais en intro, l'Espagne également
12:23et puis l'Allemagne avec l'AFD
12:26et évidemment en France.
12:27Alors, est-ce que c'est une nouvelle prime de risque selon vous ?
12:29Est-ce que la situation se répand un peu à toute la zone euro ?
12:33On voit qu'il y a une certaine corrélation maintenant
12:35entre les spreads de ces pays avec la France.
12:37Donc, il y a sans doute un peu de contagion.
12:41Mais je dirais que...
12:43Enfin, il y a aussi...
12:45Enfin, d'abord, tous ces pays, pour le coup,
12:47ont fait des ajustements budgétaires.
12:48Donc, ils sont déjà, au départ, en meilleure situation.
12:51Que nous, que la France.
12:53Après, encore une fois, je pense que pour la France,
12:55il y a des efforts à faire.
12:56Ce n'est pas impossible.
12:57Mais il faudra bien les faire un moment.
12:58Surtout s'il y a un gain politique après
13:01à avoir une baisse des taux,
13:03à avoir une baisse du coût du capital en France.
13:04Je pense que, voilà,
13:06quel que soit le gouvernement au pouvoir,
13:07il peut quand même être incité à se dire
13:09« Bon, ben là, si je fais les bonnes réformes,
13:11ça va aller beaucoup mieux. »
13:12Voilà.
13:12Donc, je pense que le marché donne la bonne incitation,
13:14en quelque sorte, en amont des élections.
13:16Après, sur l'euro même,
13:18il y a aussi un mécanisme un peu de défense naturelle
13:21qui est que, simplement,
13:22quand on a les spreads qui s'écartent,
13:24ça crée un resserrement des conditions financières.
13:27Et en quelque sorte,
13:28ça fait à peu près le travail de la Banque Centrale Européenne.
13:30Nous, on estime à peu près qu'il y a 40 points de base
13:32de resserrement des conditions budgétaires
13:34à cause de l'écartement des spreads.
13:36Bon, ben, ça veut dire que la Banque Centrale
13:38peut peut-être augmenter une fois de moins son taux.
13:41Et en fait, c'est ce qu'on voit.
13:42Le marché est en train de dépricer
13:43les hausses de taux de la BCE.
13:45Et donc, ça pèse aussi sur l'euro.
13:47Voilà.
13:47Donc, c'est un mécanisme de défense aussi un peu normal.
13:50Voilà.
13:50Après, je pense qu'encore une fois,
13:52moi, je pense qu'il ne faut pas être trop noir sur le tableau.
13:55On est quand même...
13:55Il y a beaucoup de choses qui sont pricées aujourd'hui
13:57dans le spread français.
13:58Il y a beaucoup de primes aussi sur la zone euro.
14:01Il y a des mécanismes, quand même,
14:03qui ont été mis en place au sein de la zone euro.
14:06Alors, c'est vrai que, par exemple,
14:07le TPI, typiquement,
14:08bon, il faut quand même, justement,
14:10que les pays ne soient pas sous des déficits de processus,
14:13enfin, procédures de déficit excessif, etc.
14:16Mais on peut très bien imaginer
14:17que, par exemple, la BCE active,
14:18si vraiment ça devenait un peu désordonné,
14:20active ce programme pour l'Espagne,
14:22pour l'Italie,
14:22pour tous les pays qui, justement,
14:24sont complètement sortis
14:25des programmes de déficit excessif.
14:27Et puis, par ricochet,
14:28ça jouera aussi un peu sur la France aussi.
14:29D'accord.
14:29Voilà.
14:30Donc, il y a quand même des outils.
14:31Et encore une fois,
14:32si la Banque Centrale Européenne
14:34monte un peu moins ses taux,
14:35c'est aussi quelque chose qui sera favorable.
14:37Encore une fois,
14:37si au niveau mondial aussi,
14:38on a un reflux des taux mondiaux,
14:41je pense que c'est aussi quelque chose
14:42qui sera favorable au spread français
14:43pour contracter un petit peu.
14:45Il y a une autre Banque Centrale
14:47pour qui est dépricée
14:48la hausse d'octobre, Véronique.
14:50C'est évidemment la réserve fédérale américaine
14:53qui se réunira donc fin octobre,
14:55le 28, jour de la décision monétaire.
14:57On a pris connaissance la semaine dernière
14:58de deux indicateurs assez importants.
15:01Évidemment, le PCE,
15:03Corp. PCE, mercredi dernier,
15:04et puis ce rapport sur l'emploi américain
15:07qui était moins solide que prévu.
15:11Depuis la publication de ce rapport,
15:13les anticipations d'une hausse des taux de la fête
15:15sont passées de 80 à 20%, Véronique.
15:19Eh oui.
15:20Alors, le marché a bien compris finalement
15:22le fonctionnement de Kevin Walsh, je pense.
15:25Et ce que nous dit,
15:27ce qu'on comprend tous,
15:28c'est que Kevin Walsh est prêt
15:30à sauter sur la moindre nouvelle
15:31pour éviter de remonter les taux d'intérêt.
15:34Et la moindre nouvelle,
15:36donc c'est le PCE,
15:37donc l'inflation déflateur des prêts
15:40de la consommation du mois d'août,
15:41quand même, il faut le rappeler,
15:43alors que quasiment la plupart des pays
15:45sont en train de décortiquer
15:47les statistiques du mois de septembre,
15:48qui sont absolument abominables,
15:51quand même,
15:52en tout cas pour des banques centrales
15:53qui ne veulent pas remonter les taux.
15:55On a eu aujourd'hui l'ISM américain
15:58qui montre effectivement
15:59une remontée des anticipations,
16:01enfin des perspectives
16:02de hausse des prix des entreprises.
16:04Là encore, on avait déjà la tendance,
16:07ça ne fait que s'accélérer.
16:09Et donc, moi, je suis...
16:12Alors, pas sceptique sur la réaction des marchés.
16:16Elle est logique,
16:16parce que c'est ce que nous renvoie Kevin Walsh.
16:19En revanche, la contrepartie,
16:21c'est que, et on le voit aujourd'hui,
16:22à nouveau, les tensions sur la partie longue
16:24de la courbe des taux se réveillent.
16:26C'est-à-dire qu'on commençait...
16:28On avait peut-être le sentiment
16:29que les choses pouvaient se stabiliser
16:31à partir du moment
16:32où les marchés ont anticipé
16:34une Fed plus agressive.
16:36Et puis, la Fed,
16:38qui semble plus à même
16:40de sauter sur l'occasion
16:42d'éviter de remonter les taux,
16:43fait qu'elle déplace le problème
16:44sur la partie longue de la courbe des taux.
16:46Donc ça, ce n'est pas bon.
16:47Ce n'est pas bon,
16:47notamment pour les pays européens,
16:49par exemple, et la France en particulier.
16:51Et je pense qu'il est très important
16:53de rappeler,
16:54je suis complètement d'accord
16:55avec ce que vient de dire Pierre-Olivier,
16:57que la problématique de la dette française,
16:59elle peut très bien s'estomper,
17:03voire se dissiper significativement,
17:06si jamais les prix du pétrole retombent
17:08et si les taux américains retombent.
17:11Et on voit bien qu'on n'a qu'une partie,
17:13une petite partie d'ailleurs,
17:14d'influence ou de marge de manœuvre
17:17par rapport à cette réalité
17:18des marchés des taux internationaux,
17:20dont beaucoup provient quand même
17:22de changements de gestion
17:24au sein, à la tête de la Fed.
17:26Oui, vous le disiez,
17:27sur les taux,
17:28là on a vu cet après-midi,
17:29par exemple,
17:29le rendement américain à 10 ans
17:32repasser la barre de 5,30%,
17:34alors que vous le rappeliez,
17:35Véronique,
17:36la tendance était plus à la stabilisation
17:38en fin de semaine dernière.
17:40Alors, Pierre-Olivier,
17:42vos commentaires sur cette réserve fédérale
17:44et Kevin Noir,
17:45c'est est-ce que vous attendez
17:46tout de même une hausse des taux,
17:48peut-être pas donc en octobre,
17:49mais il restera la réunion
17:50du 9 décembre également.
17:52Oui, je pense qu'en tout cas,
17:53le marché a l'air de vouloir
17:55fortement le presser dans cette direction,
17:56donc pour l'instant,
17:57ça va être le scénario de tout le monde,
17:58on va dire ça comme ça.
17:59Bon, après, encore une fois,
18:00il y a plein de données qui peuvent arriver.
18:01Je suis assez d'accord avec Véronique aussi
18:03que les données de septembre et d'octobre
18:05risquent d'être un peu plus fortes
18:06que prévues au niveau de l'inflation.
18:07Donc ça, c'est d'un point de vue tactique,
18:09je ne pense pas que d'ici le mois de décembre,
18:13la Fed soit confortable en disant
18:15tout se passe bien, etc.
18:16Bon, évidemment, on a beaucoup
18:18d'événements binaires.
18:19En ce moment, le pétrole en fait partie,
18:21comme l'a aussi rappelé Véronique.
18:22Donc bon, si on a une bonne nouvelle
18:24sur Hormou, je pense que tout de suite,
18:25ça va quand même bien détendre les choses.
18:26Sachant que les taux ont beaucoup monté
18:28à cause de la hausse des taux réels aujourd'hui.
18:29Quand on regarde le marché,
18:30ce n'est pas trop les peurs d'inflation.
18:33Le marché, alors justement,
18:34ça veut dire en plus que si vraiment
18:35on a de l'inflation l'année prochaine,
18:36ce n'est pas du tout dans le marché aujourd'hui.
18:38Le marché est assez tranquille.
18:40On pense qu'il y aura un peu
18:41d'inflation transitoire,
18:42mais pour l'instant,
18:43il n'y a pas beaucoup de signaux
18:44d'inflation important.
18:46Donc ça, je pense que c'est un point
18:48important à avoir en tête.
18:49Mais moi, l'autre point aussi
18:51qui me semble important à ce stade-là,
18:53c'est un peu comme pour la France,
18:56je pense qu'on a atteint quand même
18:57un niveau de spread
18:57où il y a beaucoup de choses pricées.
18:59Je pense qu'aussi sur les taux américains,
19:01on atteint quand même un niveau
19:02où on commence à pricer beaucoup de choses.
19:04Parce que moi, ce que je vois,
19:05c'est que depuis 2-3 semaines,
19:07les spreads de crédit corporate
19:09sont en train de se tendre.
19:10On n'est pas à des niveaux catastrophiques,
19:12mais heureusement qu'on a eu
19:15une profitabilité exceptionnelle
19:16des entreprises américaines cette année
19:18parce que déjà,
19:19avec ces niveaux de spread,
19:20je pense que le marché,
19:21c'est déjà un peu plus bas.
19:22Donc on voit qu'on arrive quand même
19:23au point où les taux commencent
19:25à poser un problème
19:28potentiellement sur l'économie.
19:30Donc je pense que c'est quand même
19:32un point qui est assez sensible.
19:34Si les taux continuent de monter,
19:35je pense que ça va être compliqué
19:36pour que le marché action tienne.
19:37Mais s'ils baissent,
19:38évidemment, on va retrouver
19:39des effets négatifs,
19:42des effets richesses négatifs
19:43aux Etats-Unis.
19:44On va retrouver une vraie flexibilité
19:46qui va aller dans l'autre sens
19:47de tout ce qui a soutenu l'économie
19:50et les marchés actuellement.
19:51Donc je pense que quand même,
19:52on peut aussi avoir un point là
19:54qui est un peu délicat
19:55et où le marché se dit
19:56bon, on va peut-être quand même
19:57pas trop jouer davantage
19:59de hausse pour l'instant.
20:02Mais après, c'est vrai
20:03que s'ils sont perçus
20:05comme trop behind the curve,
20:06la fête, ça se poserait un problème.
20:07Mais encore une fois,
20:07il suffit que par rapport à Hormuz
20:08aille mieux.
20:09Oui, c'est ça.
20:09Et on sait a priori
20:10que normalement là,
20:11c'est toujours compliqué.
20:12On ne sait jamais qui croire.
20:13Mais enfin bon,
20:14on a l'impression
20:14qu'il y a autant de barils de pétrole
20:16qui sortent maintenant
20:16qu'avant la guerre du Trône-Hormuz.
20:17Oui, c'est ça.
20:18C'est ce que j'ai vu ce matin.
20:19Donc voilà.
20:25Si tout va bien,
20:25on sera tous contents.
20:26Je veux dire,
20:26les prix de l'énergie vont refluer.
20:28Parce que les effets de base
20:28vont être très négatifs
20:29à partir de mars l'année prochaine
20:32sur l'inflation.
20:33Donc je pense que voilà,
20:35il y a une fenêtre là
20:36où on peut arriver
20:38à un point de stabilisation aussi.
20:39Si on stabilise les taux
20:40là où ils sont,
20:41je pense que le marché action
20:42va beaucoup aussi aimer
20:43d'ici la fin de l'année.
20:44On suivra ça évidemment.
20:45Le point central,
20:46ça reste comme depuis des mois
20:47ce qui se passe au Moyen-Orient.
20:50Véronique,
20:51il nous reste trois minutes.
20:53Qu'est-ce qui vous anime
20:54sur cette fin d'année ?
20:56Alors on a déjà évoqué
20:57évidemment pas mal de sujets,
20:59Véronique.
20:59Est-ce qu'il y en a d'autres
21:01que vous regardez d'ici décembre
21:02et puis pour 2027 aussi ?
21:06Il y a pas mal de sujets.
21:07La difficulté,
21:08c'est de tirer les principaux traits.
21:11Je pense qu'il y a une question
21:12qui a commencé à aborder
21:14Pierre-Olivier.
21:15C'est notamment pour les investisseurs.
21:17Est-ce qu'on est proche
21:18de la fin du cycle
21:19de hausse des taux à long terme ?
21:21Je pense qu'il y a pas mal d'arguments
21:23et notamment le fait
21:24qu'à partir de 5,5,50 sur 10 ans américains,
21:27on commence quand même
21:28à voir ou à envisager des effets.
21:32Mais il ne faut pas oublier
21:32qu'il y a toujours un décalage
21:33de deux à quatre trimestres
21:35entre la hausse des taux
21:37et ses impacts sur l'économie
21:40et les marchés.
21:41Et du coup, effectivement,
21:43on se dit que si Kevin Walsh
21:45s'y prend pas trop mal,
21:46mais je pense que pour s'y prendre
21:47pas trop mal,
21:48il faudrait qu'il remonte
21:48les taux directeurs
21:49et qu'il arrive à convaincre
21:51le marché qu'il n'est pas
21:52derrière la courbe.
21:54On n'est peut-être pas loin
21:55du point haut
21:56sur les taux à long terme américains.
21:59Ça, c'est une question
22:00qui est très importante
22:02parce que du point de vue
22:03des investisseurs,
22:04ça fait combien d'années
22:04que les investisseurs
22:06sont sortis des obligations d'État ?
22:08Ça fait longtemps.
22:09Et donc là,
22:10vous avez des rendements
22:10qui commencent à devenir intéressants.
22:12L'autre question, bien sûr,
22:14c'est la croissance.
22:15Est-ce que le consensus
22:17a raison de considérer
22:19que grosso modo,
22:202027 va être dans la lignée de 2026 ?
22:22Personnellement,
22:23je n'en suis pas convaincue,
22:24loin de là.
22:25Je pense qu'on a eu
22:26énormément de facteurs
22:27de déstabilisation
22:28et de risque d'avoir des déceptions
22:32dans un contexte
22:33où il n'est pas certain
22:34que l'inflation refluera.
22:36Tout dépend finalement.
22:38Alors, il y a une autre question
22:39très importante.
22:39Est-ce que Donald Trump
22:40a les coudes et aussi franches
22:42après les élections ?
22:43A priori, non.
22:44Et qu'est-ce que ça peut impliquer ?
22:45Ça, je pense que c'est
22:46un élément important,
22:47notamment en termes
22:48de réforme fiscale.
22:49Parce que vous pouvez très bien
22:50avoir un espèce
22:51de détrucotage
22:53de la réforme fiscale
22:54et ça, ça peut être
22:55essentiel pour les marchés.
22:56Oui, c'est sûr.
22:57Les élections de mi-mandat,
22:59Véronique,
22:59qui sont dans moins
23:00d'un mois maintenant.
23:01Alors, on n'en parle
23:02pas trop encore,
23:03mais de toute façon,
23:04Donald Trump avait dit
23:06que la guerre au Moyen-Orient
23:07se sera terminée
23:08après ces élections.
23:09Donc, justement,
23:11tout concorde
23:12avec ce point central
23:13du détroit d'Harmouz.
23:14Merci beaucoup,
23:15Véronique Riche-Flores.
23:17Vous êtes président
23:17de RF Research
23:18et Pierre-Olivier Béfi,
23:20gérant et chef économiste
23:21chez Boussard et Gavodan.
23:23Merci à tous les deux
23:24d'avoir été
23:25sur ce plateau.
23:27À suivre,
23:28cette semaine,
23:29on commencera,
23:31enfin,
23:31la saison des résultats
23:32va commencer
23:32avec la publication
23:34de Delta
23:34vendredi
23:35avant celle
23:36des banques américaines
23:38la semaine suivante.
23:39et puis on attend
23:40aussi cette semaine
23:42les minutes
23:43de la Réserve fédérale,
23:44justement,
23:44et puis aussi
23:45le compte-rendu
23:45de celle
23:46de la Banque centrale européenne
23:48sur les réunions
23:49passées au mois
23:50de septembre.
23:51Merci à vous
23:52de nous avoir suivis.
23:54On se retrouve demain
23:55à midi et demi
23:55sur Bsmart.
23:57Sous-titrage Société Radio-Canada