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Samedi 3 octobre 2026, retrouvez Pauline Laigneau (Fondatrice, Gemmyo), Lorenzo Cifonelli (tailleur, dirigeant, Maison Cifonelli) et Tomy Gousset (chef étoilé, Tomy & Co) dans ART DE VIVRE, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:07Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle saison d'art de vivre
00:12qui change cette année de nom.
00:14Quelle sera votre prochaine inspiration ?
00:16Chaque mois embarqué avec nos invités, nos chroniqueurs autour d'une heure pour parler du luxe, de l'élégance, du
00:22savoir-faire.
00:23Et dans cette émission, nous parlerons de musique, de gastronomie, de textile et de joaillerie.
00:27Tout d'abord dans Culturoscope, nous reviendrons évidemment sur le phénomène Céline Dion à Paris et sur les retombées économiques
00:34assez inédites de son retour en scène.
00:37Puis direction l'univers du luxe avec Lorenzo Cifonelli dont chaque costume est le fruit d'un geste et d
00:43'un savoir-faire unique, ce sera Tempolux avec Laurent Meffre.
00:47Nous partirons en cuisine rencontrer le chef Tommy Gousset qui fête 10 ans de son restaurant, ce sera dans Bouche
00:53Bay.
00:53Et enfin, pour notre grande interview, nous parlerons joaillerie avec Pauline Légnot, fondatrice de Gémyo qui fête ses 15 ans
00:59de sa maison.
01:00C'est parti, c'est Art de vivre.
01:06Il est quasiment impossible de ne pas avoir entendu parler du retour de Céline Dion sur scène à Paris.
01:12Alexis, dans votre Culturoscope, vous nous parlez des conséquences économiques de l'événement.
01:16Eh bien oui, après 9 ans d'absence, 9 millions de personnes se sont inscrites pour assister à son retour
01:24sur scène.
01:25La preuve que de nombreux sont ceux qui aiment encore Céline.
01:29Elle-même, certainement consciente de l'engouement qu'elle provoque, a prévu le coup et a annoncé 16 dates de
01:35concerts à Paris,
01:37entre fin septembre et mi-octobre, avant d'en rajouter 10 autres pour le printemps prochain.
01:41Et les rumeurs disent que cela pourrait même encore se prolonger.
01:45Oui, avec autant de dates dans une même ville, j'imagine qu'il n'y a pas que les fans
01:49qui se réjouissent.
01:50Oui, parce que les retombées économiques sont historiques en France.
01:54Et ce n'est pas exagéré que de le dire.
01:56Quant à Taylor Swift, elle est venue en France en 2024.
01:59C'était un million de personnes qui s'étaient inscrites pour la voir.
02:03Et 300 000 avaient eu la chance, finalement, de réellement la voir sur scène.
02:09Pour Céline Dion, ce sont 700 000 élus qui auront le privilège d'entendre chanter la star,
02:14dont une certaine Sybille Aoudjane.
02:15C'est vrai, je l'avoue.
02:17Et dont 300 000 viennent de l'étranger.
02:20Tout cela génère évidemment des dépenses en transport, en hébergement, en restauration, sans doute bien.
02:26Et une étude de la banque Nexitis estime que pour la voir, les fans dépenseront en moyenne 1 500 euros.
02:33Et avec autant de dates dans une même ville, j'imagine qu'il n'y a pas que les fans
02:36qui sont contentes d'événements.
02:38Oui, parce que les retombées économiques sont historiques en France.
02:41Et ce n'est pas exagéré que de le dire.
02:44Quand Taylor Swift, elle est venue dans le pays, c'était un million de personnes.
02:48C'était inscrite pour pouvoir la voir.
02:51Et au final, c'était 300 000 personnes qui avaient eu la chance de vraiment la voir sur scène.
02:55Pour Céline Dion, ce sont 700 000 élus qui auront le privilège d'entendre chanter la star,
03:00dont une certaine Sybille Aoudjane.
03:02Oui, j'avoue.
03:03Et dont 300 000 viennent de l'étranger.
03:07Tout cela, ça génère évidemment des dépenses en transport, en hébergement, en restauration,
03:12tout ça, on s'en doute bien.
03:13Et une étude de la banque Nexitis estime que pour la voir, les fans dépenseront en moyenne 1 500 euros.
03:21Et certains dépenseront encore plus, car cette somme représente en fait le prix de certains billets
03:27que l'on peut retrouver sur le second marché.
03:29La même étude estime que les retombées économiques pour l'État pourraient aller de 570 millions à 1 milliard d
03:37'euros.
03:38Ce qui ferait même grimper la croissance française de 0,02 à 0,03 points de PIB pour 2026.
03:46En comparaison aux Etats-Unis, on a estimé que le PIB, lui, avait gagné 0,02 points grâce à la
03:53tournée de Taylor Swift.
03:55Mais là-bas, en fait, ça reste assez insignifiant, parce qu'il y a plus d'événements culturels de cette
04:00ampleur,
04:01alors qu'en France, ça reste assez inédit.
04:03Et donc, plus en détail, pour les retombées dans les secteurs de transport et de l'hébergement, qu'est-ce
04:08que vous pouvez nous dire ?
04:09Selon les plateformes hôtels.com et Trainlines, sur la période des concerts, les réservations d'hôtels ont augmenté de 50
04:17% à Paris
04:18et de 900% à Nanterre, là où se trouve la Plénitude Arena, où se produira la chanteuse.
04:23Et les réservations de trains en direction de Paris, elles ont augmenté de 96%.
04:28Et tous ces chiffres, c'est sans compter les chiffres qui sont liés aussi à la venue du pape, estimés
04:34entre 150 et 200 millions d'euros.
04:37Mais en même temps, ce ne serait pas presque la même chose, puisque Céline ne serait-elle pas la papesse
04:42de la chanson ?
04:43Bien joué !
04:44Eh bien, cette frénésie, elle peut être due au fait que, même si on peut parler d'une génération, Céline,
04:51pour ceux qui ont grandi avec l'album 2 dans les années 90, en réalité, ces chansons, elles traversent les
04:57âges.
04:58Spotify, à l'occasion de sa tournée, a révélé la répartition de ses auditeurs par tranche d'âge.
05:04Les 25-34 ans représentent 30% de son audience et 60% des personnes qui l'écoutent ont entre
05:1125 et 44 ans.
05:13Donc, en fait, c'est quand même assez large.
05:15Et donc, vous parlez de Spotify, mais effectivement, dans cette affaire, il y en a aussi qui se sentent lésés,
05:18malheureusement.
05:19Oui, étonnamment, il s'agit des acteurs de la filière musicale.
05:22Parce qu'en France, le prix des places de concerts intègre une taxe de 3,5%.
05:28L'argent de cette taxe est reversé au Centre National de la Musique, donc en fait au secteur.
05:34Mais au-delà d'un certain seuil, l'argent est capté directement par le ministère de l'Économie.
05:39Et cette année, ce dépassement représente 14 millions d'euros, dont 4 millions émanent seulement des concerts de Céline Dion.
05:47Alors, Aurélie Andous, directrice du syndicat des musiques actuelles, fulmine et elle explique, je cite, que
05:54« En fait, ce devrait être une super nouvelle, mais ça nous conduit à rendre encore plus d'argent au
06:00budget général de l'État. »
06:02Merci Alexis, on va avoir la musique en tête toute la journée grâce à vous.
06:05Allez, on parle maintenant de costumes, plutôt pour les hommes, des costumes de très très grande qualité.
06:11Si la qualité se mesure au temps passé, c'est Tempolux.
06:18S'il y a bien un élément qui rassemble tous les produits de luxe, c'est le temps passé à
06:22les produire sur un sac, une montre et ici un costume.
06:26Laurent Meffre, c'est Tempolux. Je vous laisse présenter votre invité.
06:29Merci Sybille. Aujourd'hui, on reçoit un grand nom de l'art tailleur mondial, monsieur Lorenzo Cifonelli.
06:35Bonjour Lorenzo.
06:37Bonjour à vous, merci de m'inviter.
06:39C'est avec grand plaisir qu'on vous invite aujourd'hui dans Tempolux, parce qu'on aime raconter les histoires
06:44du luxe artisanal, qui prennent du temps, qui prennent de l'humain et qui ont une histoire.
06:50Et cette histoire chez Cifonelli, elle est assez conséquente. Est-ce que vous pouvez nous raconter en quelques mots l
06:56'histoire de la maison ?
06:57Oui, bien sûr. Ça a commencé en 1880 avec mon arrière-grand-père à Rome, puis avec mon grand-père
07:03en 1926 à Paris.
07:05Mon père a pris la suite et aujourd'hui, je dirige la société avec mon cousin depuis une trentaine d
07:10'années.
07:11Nous sommes à Rue Marbeuf depuis 1936 même, dans les mêmes locaux.
07:16Et donc, nous faisons du sur-mesure. Nous avons 45 personnes à l'atelier. Nous faisons les choses à la
07:23main. Il faut 80 heures pour faire un costume.
07:26Nous avons aussi deux boutiques de prêt-à-porter à Paris, rue François 1er et à Londres, Clifford Street.
07:32Et quelques boutiques au Japon. Voilà. Et on se déplace dans le monde entier pour voir nos clients.
07:37Et nos clients viennent nous voir aussi. Voilà. Donc, c'est un métier passionnant, difficile, mais là que j'exerce
07:43avec passion.
07:45Et de la passion, il en faut, puisque, effectivement, c'est un travail de détail, de finesse.
07:51Et vous disiez à l'instant, vous avez une boutique à Londres.
07:54Comment on arrive avec une épaule italo-française à Londres pour défier Savile Row ?
08:02Oui, alors, ce n'est pas défier parce que ce sont tous mes amis.
08:06C'est juste, chacun porte sa coupe, son style.
08:09Et nous avons, en fait, avec Tiffany, nous avons des racines italiennes.
08:13Nous sommes à Paris depuis 1926.
08:15Et nous avons aussi une coupe anglaise.
08:16C'est assez marrant parce que mon grand-père est parti faire ses études à Londres.
08:20Et encore aujourd'hui, je travaille en ligne.
08:22Je ne travaille pas en centimètres.
08:23Donc, vous voyez, la base de la coupe est plutôt anglaise.
08:27Et on a mixé tout ça.
08:29On a une souplesse à l'italienne.
08:30On a une finition à la française de qualité très couture.
08:34Voilà, donc, j'essaie de...
08:35Je suis un peu européen dans mon costume.
08:40En termes de style, vous êtes très différent par rapport aux costumes anglais qu'on connaît ?
08:44Alors, Tiffany a une particularité au niveau de l'épaule, au niveau de la manche, au niveau des revers.
08:48Donc, on est assez différent.
08:49Et les gens remarquent, les connaisseurs remarquent notre style.
08:53Donc, on apporte quelque chose.
08:55Voilà, donc, on essaye d'apporter ça à Londres, mais à New York, à Tokyo, à Hong Kong, là où
09:00je vais.
09:01Et donc, à Tokyo, à New York, comment ça s'organise ?
09:06Parce que vous n'avez pas de boutique en propre, mais vous avez des corners dans certains grands magasins
09:12qui sont évidemment les temples du commerce au Japon et ailleurs.
09:18Comment ça se passe quand on fait du sur-mesure depuis une destination lointaine ?
09:23Il faut que je voyage, je vais rencontrer ces personnes.
09:27Donc, soit au Japon, je travaille avec des départements de stores comme Isetan, Mitsukoshi,
09:32mais aussi à New York, je vais dans un hôtel, je reçois mes clients dans une suite
09:37où je peux éventuellement me déplacer chez eux.
09:39Et voilà, je fais beaucoup de rendez-vous.
09:40Par exemple, au mois de juillet, là, j'ai 50 rendez-vous en trois jours.
09:43Vous voyez, 50 clients viennent me voir.
09:45Ah oui, c'est énorme.
09:46Oui, oui, c'est beaucoup de rendez-vous.
09:47Certains clients peuvent avoir trois costumes, d'autres dix, un seul pantalon.
09:52Donc, c'est beaucoup d'essayages.
09:54Et donc, les clients m'attendent.
09:56New York, j'y vais quatre fois par an.
09:58Hong Kong, trois fois.
10:00Tokyo, deux, trois fois.
10:01Je vais en Europe sans arrêt.
10:03Là, je reviens du Portugal.
10:05J'étais à Londres hier.
10:06Donc, on essaie de voir tous ces clients qui aiment les costumes et qui viennent me voir,
10:10surtout à Paris, pour voir les ateliers.
10:12Parce que les gens aiment venir voir les ateliers, aiment voir le produit.
10:15Aujourd'hui, il y a vraiment une demande de qualité, d'artisanat et de savoir-faire.
10:20Et est-ce que dans tout ça, le costume final, c'est le point d'orgue qui vient terminer cette
10:28expérience.
10:29Mais justement, tout le processus avant de la prise de mesure, et même avant la prise de mesure, mais dans
10:36le choix.
10:38Est-ce que c'est ça aussi que la clientèle vient chercher ?
10:41Ils viennent chercher un conseil, ils viennent chercher une aptitude à faire quelque chose de beau.
10:49Parfois, il faut oublier les mesures.
10:50Je vais prendre vos mesures, puis après, je vais oublier.
10:53Je vais essayer de trouver le style qui vous convient aussi.
10:55C'est important.
10:56Et ils ont surtout confiance en moi.
10:58Et c'est important.
10:58Il faut créer un lien de confiance entre le client et son tailleur.
11:02Est-ce que le client, aujourd'hui, sait ce qu'il veut ou est-ce qu'il arrive avec une
11:06page blanche ?
11:08Maintenant, grâce aux réseaux sociaux, grâce à mon internet, au blog, au site, il sait un peu ce qu'il
11:16veut.
11:16Après, je le conseille.
11:18Il est là pour m'écouter.
11:19Donc, c'est assez intéressant.
11:22Vraiment, cette envie d'artisanat.
11:24Ils aiment venir voir derrière l'atelier, voir les ouvriers de travail avec moi.
11:29Vraiment, ça n'existait pas il y a 30-40 ans.
11:33Ce n'était pas la même clientèle.
11:35On en parlait justement en préparant l'émission.
11:38On pourrait penser, vu l'évolution du style général dans la société,
11:45que justement, le costume est un peu en retrait par rapport à ce qu'on voit aux jeans et aux
11:52sneakers.
11:53Parce que les gens viennent au travail.
11:54Exactement.
11:54Il n'y a plus de cravate.
11:57habituel des années 80-90-2000.
12:01Comment vous le voyez évoluer ?
12:03Alors, moi, je suis dans une niche, forcément.
12:06Mais j'ai 10 fois plus de clients aujourd'hui en 1996 qu'en 1995.
12:11Avant, on avait les grandes familles brésiliennes, argentines, américaines, européennes.
12:16Et aujourd'hui, on a des gens du monde entier qui viennent chez nous.
12:19Et ça fait plaisir.
12:19Ils viennent parce qu'ils veulent une coupe.
12:21Donc, ils attendent beaucoup.
12:22Il ne faut pas qu'ils soient déçus.
12:23C'est pour ça que ça a un métier vraiment difficile.
12:25Il faut parce que, bon, c'est pas la main.
12:27Il faut du temps.
12:29Il y a des erreurs.
12:30Donc, moi, je suis vraiment intransigeant sur mon travail.
12:33Je ne livre jamais un costume quand je ne suis pas satisfait.
12:35Parce que c'est ma réputation.
12:37Et la seule chose qu'on a, c'est la réputation.
12:39C'est difficile à avoir et c'est facile à perdre.
12:41Donc, je fais très attention.
12:43Et c'est pour ça que j'espère que Tiffany va de l'avant.
12:45Et on essaie de faire de mieux en mieux et s'améliorer tous les jours.
12:49Alors, en parlant d'aller de l'avant, il y a deux choses dont je voulais vous parler là.
12:54Parce que c'est une évolution aussi certainement dans votre activité.
12:59Un, la clientèle féminine, d'une part.
13:03Et deux, le prêt-à-porter qui est arrivé chez Chiffoneli aussi.
13:07Oui, alors, oui.
13:07C'est depuis quand le prêt-à-porter ?
13:09Ça fait dix ans qu'on a vraiment développé notre prêt-à-porter.
13:12On a une belle boutique rue François 1er.
13:15On a tout un immeuble.
13:17Bon, c'est le départ.
13:19Pour nous, c'est un nouveau challenge.
13:21Là, on est confronté à d'autres bastodoncs qui sont beaucoup plus puissants que nous.
13:25Mais on essaie aussi d'apporter une singularité, une coupe.
13:27Chaque pièce qui rentre dans la boutique est faite par moi ou par mon cousin.
13:32On apporte des détails.
13:33Voilà, vraiment, des boutiques, il y en a plein.
13:35Donc, si c'était pour faire une boutique de plus, ça ne nous intéressait pas.
13:37C'était vraiment apporter notre style, notre savoir-faire, notre créativité aussi.
13:41Voilà.
13:42Donc, aujourd'hui, on commence par deux.
13:44Puis, on va y aller doucement parce qu'on a le temps.
13:45On est là depuis longtemps.
13:47Et puis, on sera encore là longtemps, on espère.
13:49Et vous dites souvent que vous êtes très attentif.
13:52Vos détails, vous prenez les mesures.
13:53C'est-à-dire que vous restez tailleur avant d'être chef d'entreprise ?
13:55Parce que vous avez parlé, vous avez quand même 50 salariés.
13:59Parfois, on peut devenir chef d'entreprise quand on a autant de personnes à gérer.
14:04Et vous avez encore la main au maître, en tout cas.
14:07Ah bah oui, forcément.
14:08Parce que c'est moi et mon cousin et moi qui faisons tout, qui prenons les mesures, qui faisons les
14:13patronages.
14:14Alors, c'est le problème du tailleur.
14:16C'est qu'on ne peut pas trop se multiplier comme ça.
14:18Mais c'est aussi la beauté de la chose.
14:20C'est que vraiment, et nous donnons le travail aux ouvriers.
14:22Donc, je suis vraiment tailleur avant d'être chef d'entreprise.
14:24Mais il faut que je fasse les deux.
14:26C'est pour ça que je travaille beaucoup.
14:28Mais on est obligé de faire ça.
14:29Et c'est la métier qui prend du temps.
14:30C'est pour ça qu'il faut absolument de la passion et aimer ce qu'on fait.
14:34Parce que sinon, ce n'est pas possible.
14:36Et ce métier, alors, je reviens juste avant de passer à l'autre question sur la clientèle féminine.
14:41Oui, je vais vous répondre.
14:43Qui est...
14:44Oui, qui arrive et qui arrive.
14:46On a toujours fait, mais aujourd'hui, c'est intéressant.
14:47Et moi, j'aime beaucoup aussi.
14:48Après, vous voyez, j'aime habiller les femmes.
14:52J'aime rendre une femme...
14:55Oui, elles sont toujours belles.
14:57Mais apporter quelque chose avec ma veste, mon pantalon, ma jupe.
15:01Lui apporter quelque chose qu'elle ne peut peut-être pas trouver ailleurs.
15:04Et voilà.
15:04Donc, pour moi, c'est aussi un nouveau défi.
15:06Je fais de l'homme depuis des années.
15:08Et la femme, j'en faisais.
15:09Mais il y a de plus en plus de femmes qui viennent me voir.
15:12Donc, j'aime ça.
15:13Et c'est un nouveau challenge.
15:14Parce que c'est difficile.
15:15Ce n'est pas les mêmes contraintes.
15:17C'est différent.
15:18Et voilà.
15:19Je suis en plein dedans.
15:21Et même en prêt-à-porter, je vais commencer peut-être une petite ligne féminine aussi.
15:25Bientôt.
15:26Et quand on fait du sur-mesure, qu'on se définit par le sur-mesure,
15:30dans le prêt-à-porter, vous travaillez avec d'autres ateliers, j'imagine ?
15:35Oui, j'ai trouvé un petit atelier en Italie avec qui je travaille très bien.
15:39J'ai apporté mes patronages.
15:41On y va souvent.
15:42J'ai mon assistant Jean-Paul aussi, qui est une personne importante, qui travaille avec moi,
15:46qui est très souvent.
15:48Et on améliore les choses.
15:49Et on fait vraiment un produit de qualité.
15:51Ce qui m'intéressait, c'est d'apporter vraiment quelque chose de différent.
15:53Et je suis assez satisfait du produit qu'on a pu proposer.
15:58Effectivement, il y a une patte chiffonnelly qu'on retrouve dans le prêt-à-porter.
16:04Et tout cet univers se transmet assez bien, en fait.
16:10On retrouve chiffonnelly dans les éléments.
16:15Est-ce que cet univers chiffonnelly a vocation à évoluer vers quelque chose d'autre ?
16:21S'il y avait une autre gamme de produits à aller chercher, par goût ou par évidence, ce serait laquelle
16:28?
16:31C'est assez difficile parce que, vous voyez, je fais attention au développement annexe, le parfum, des choses comme ça.
16:38Je pense qu'il faut apporter quelque chose.
16:41Je freine assez.
16:43On m'a proposé de faire des choses, même l'horlogerie, des montres.
16:47Je pense qu'il faut être bon dans son domaine.
16:49Et c'est déjà pas mal.
16:51Et trop vouloir faire du produit pour vendre.
16:54Et à la fin, tu te perds.
16:56Et tu perds ce que tu sais faire.
16:58Donc, aujourd'hui, il n'y a pas vraiment d'évolution dans des produits annexes.
17:03Éventuellement, les choses sport, parce que je suis passionné de ski.
17:06Et je trouve qu'il n'y a pas d'offre pour l'homme en ski intéressante.
17:09Vous faites une collection capsule avec le mont, d'ailleurs.
17:11Oui, alors ça, c'était pour la voiture.
17:13C'est vrai, mais c'est un peu la même chose.
17:15On fait un peu les choses en sport, parce que la voiture est proche.
17:18On fait du vêtement.
17:19On fait des choses.
17:20On a été partenaire du mont depuis 4-5 ans, déjà.
17:24Et là, je travaille sur une collection de skis d'hiver, parce que je trouve qu'il n'y a
17:27rien qui me plaît.
17:28Et comme moi, j'adore le ski.
17:30Mais ça reste quand même du vêtement.
17:32Il n'y aura pas l'épaule, il n'y aura pas tout ça.
17:34Mais je fais des choses qui mieux correspondent et que je mettrai en boutique à partir de l'année prochaine.
17:39Effectivement, chaque hiver, on voit sur vos réseaux sociaux plusieurs propositions de style autour des sports d'hiver.
17:48Mais là, ça va vraiment être une vraie capsule avec des vrais produits, quelque chose de construit.
17:54En allant jusqu'aux techniques ?
17:55Techniques, oui, comme ils ont de ski, des choses comme ça.
17:58Pas de ski pur, pas des scupures, parce que là, c'est difficile.
18:05C'est un peu professionnel.
18:09C'est quelque chose de différent, là aussi.
18:10C'est tout.
18:11Mais le reste, non, parce que je trouve que même les chaussures, c'est compliqué.
18:15Si on devait terminer sur une question, pour les personnes justement qui veulent être élégants en costume,
18:22qu'est-ce que vous regardez en premier ?
18:23Quels seraient un petit peu les petits tips, les astuces pour être toujours élégants en costume ?
18:28Non, mais en fait, il faut aimer porter les choses, voilà.
18:32Et se sentir bien dans ses vêtements, que ce soit en costume, que ce soit en t-shirt, c'est
18:36ça.
18:36Quelqu'un qui porte bien, qui se sent bien dans son costume, ça passe, vous voyez.
18:41Tout de suite, c'est élégant.
18:42C'est différent, voilà.
18:43Tout de suite, c'est élégant, c'est ça, voilà.
18:44Et assumer ce qu'on porte, c'est important, voilà.
18:47Merci beaucoup, Lorenzo.
18:48Je vous en prie, merci de m'avoir invité.
18:50Vous êtes tailleur, président de la maison Chiffoneli.
18:51Merci beaucoup, Laurent.
18:53Merci, Sybille.
18:54Merci, Lorenzo, d'avoir été avec nous.
18:55Et on reste dans le luxe, mais en gastronomie.
18:57Tout de suite, c'est bouche bée.
19:03On passe maintenant à table.
19:05Dix ans déjà que Tommy Gousset, le chef, a ouvert Tommy & Co.
19:09Et en dix ans, il y a eu une étoile Michelin, beaucoup de créations et forcément de nombreux défis.
19:15Nouvelle saison pour Bouche Bée.
19:16Nous sommes ravis de vous retrouver.
19:18L'occasion de vous présenter une très belle adresse qui fête cette année ses dix ans.
19:22Il s'agit de Tommy & Co, un restaurant qui est étoilé depuis 2019.
19:26À sa tête, Tommy Gousset, un chef qui a une fibre entrepreneuriale extrêmement marquée.
19:32Il va nous raconter un peu tout ce qui s'est passé au cours de cette décennie pour lui,
19:37comment sa cuisine a évolué, mais aussi son véritable métier de cœur,
19:42au-delà de la gastronomie, celui d'entrepreneur.
19:47Bonjour Tommy, merci beaucoup de nous recevoir dans ce magnifique restaurant.
19:51Merci.
19:51Alors déjà, bon anniversaire, puisque ça fait dix ans que tu as ouvert cet établissement.
19:56Il y en a d'autres qui ont suivi, on y reviendra.
19:58J'aimerais savoir un peu, après dix ans dans ces lieux, en tant qu'entrepreneur, en tant que chef,
20:06quel est le message que tu aimerais, ou les messages que tu aimerais faire passer au Tommy de 2016
20:11qui a ouvert les portes de ce bel établissement ?
20:15Merci Béatrice pour cette sollicitation et pour cet entretien.
20:19Effectivement, c'est une fierté, dix ans en restauration, je crois que c'est assez difficile.
20:23Il y a une moyenne qui dit que les restaurants en général durent entre trois et cinq ans.
20:28Une fois qu'on a passé ce cas, ça va mieux.
20:30D'autant plus qu'on a un crédit en général qui va de sept à huit ans,
20:33dont l'expression qu'on connaît bien, c'est se serrer la ceinture.
20:37Il faut vraiment se serrer la ceinture pendant cette période-là, on ne se rend pas bien compte.
20:41Moi, c'est ce que je dis souvent aux jeunes restaurateurs qui vous,
20:43parce qu'aujourd'hui, on est dans une société où tout va plus vite, tout brille.
20:47On veut de la nouveauté et c'est facile, c'est facile d'ouvrir, c'est facile de faire le
20:52buzz.
20:52Je crois effectivement le plus dur, donc c'est là ma plus grande fierté, c'est de durer.
20:57J'imagine que surtout depuis 2019, il s'est passé beaucoup de choses, pas forcément que des joies.
21:01Qu'est-ce que tu retiens de ces dix années ?
21:04Qu'est-ce qui t'a le plus marqué en positif comme en négatif ?
21:07Alors effectivement, on parle, je pense, du Covid, des gilets jaunes aussi,
21:11de toutes ces grèves qu'on a pu avoir.
21:13En tant qu'entrepreneur, effectivement, on se rend compte qu'il faut toujours trouver des solutions.
21:17Et ça, ce n'est pas toujours évident.
21:19Moi, en tant que chef de cuisine, on a souvent l'impression qu'on ne se concentre que sur l
21:24'assiette.
21:25Et moi, j'ai une double casquette, donc celle d'entrepreneur, d'autant plus que j'ai deux autres restaurants.
21:30Donc il faut être à la fois créatif en tant que chef pour faire des plats,
21:35pour faire quelque chose de bien, pour faire revenir les clients.
21:37Il faut être aussi manager dans les ressources humaines.
21:39Il faut être à la fois comptable en même temps, manutentionnaire aussi.
21:42Il faut compter aussi sur ses équipes, sur ses partenaires.
21:45Tout seul, on ne peut rien faire.
21:46En termes de cuisine, au-delà de l'entrepreneuriat, est-ce que ta cuisine, elle a changé ?
21:50Tu as des menus qui sont extrêmement raisonnables, surtout pour un restaurant étoilé.
21:54Comment tu arrives à t'en sortir et à te réinventer encore aujourd'hui ?
21:58Elle a forcément évolué, bien entendu, avec l'étoile Michelin en 2019.
22:01Donc on est plus dans un concept, entre guillemets, fine dining,
22:05c'est-à-dire un petit peu haut de gamme, sans que ça soit trop huppé.
22:11Ça reste assez confortable.
22:12Je reviens sur le fine dining que tu t'évoques.
22:15En ce moment, on entend beaucoup parler de la part de plusieurs chefs parisiens
22:19que le fine dining est mort.
22:22Qu'est-ce que tu en penses de cette déclaration qui a été lancée par Bruno Verjus ?
22:26Moi-même, en tant que restaurateur, et qui essaie de proposer des prix plutôt accessibles,
22:32quand bien même les matières premières ont augmenté,
22:33je trouve qu'on peut quand même garder un certain équilibre
22:36et essayer d'être honnête envers les clients.
22:39Personnellement, moi quand j'ai travaillé il y a 20 ans
22:42dans des restaurants 2 étoiles ou 3 étoiles,
22:44le midi, il y avait des menus à 75 euros.
22:46Certes, les coûts matières n'étaient pas les mêmes,
22:49tout a augmenté, ça c'est une certitude.
22:51Cependant, moi je trouve que c'est un petit peu cher.
22:53Effectivement, ça a créé un fossé dans ces restaurants dits fine dining,
22:56les 2-3 étoiles, où c'est effectivement axé pour une clientèle aisée.
23:00Tu souhaites quoi pour les 10 prochaines années ?
23:02Pour les 10 prochaines années, d'être encore là.
23:05Moi, mes modèles de réussite, c'est des chefs comme à l'époque,
23:09en tout cas Yves Candebord, qui ont fait leur nom dans la durée et avec leur travail.
23:13C'est tout le malheur qu'on te souhaite.
23:16On se donne rendez-vous dans 10 ans.
23:17Exactement, merci beaucoup Béatrice Constant et Charles Grattel pour ce reportage.
23:23C'est à mon tour de vous emmener à la rencontre des grands visages de la culture.
23:26Nous sommes partis dans la boutique parisienne de Gémiot à la rencontre de Pauline Légnot,
23:30qui fête les 10 ans de sa maison de joaillerie.
23:37Comment créer-t-on une marque de bijoux à partir d'une page blanche ?
23:41Gémiot fête cette année, c'est 15 ans.
23:44Et en 15 ans, la marque française de joaillerie a réussi à se faire une place
23:47dans le secteur particulièrement concurrentiel de la joaillerie,
23:50en misant notamment sur le modèle pensé autour du digital,
23:54aussi de la production à la commande et d'une joaillerie forcément plus contemporaine.
23:58Pour cette première grande interview d'Art de Vivre de la saison,
24:02je vous emmène dans l'une des boutiques de Gémiot à Paris
24:05et je suis ravie de recevoir sa fondatrice et directrice artistique, Pauline Légnot.
24:09Bonjour.
24:10Bonjour.
24:10Merci beaucoup d'être avec nous pour cette première interview.
24:1315 ans, ça se fête.
24:14Ça se fête, évidemment, en grande pompe.
24:17En grande pompe.
24:18Alors, si vous pouviez parler à la Pauline Légnot d'il y a 15 ans,
24:23qu'est-ce que vous lui diriez aujourd'hui ?
24:25Est-ce qu'il y a des erreurs que vous aimeriez refaire
24:28ou des erreurs que vous lui diriez, là, peut-être qu'on aurait fait un petit détour ?
24:33Alors, je pense qu'en 15 ans, j'ai fait mon lot d'erreurs.
24:35On en a fait, évidemment.
24:36En même temps, c'est ce qui nous a amenés là où on en est aujourd'hui.
24:39Et donc, je ne les regrette pas.
24:40Je pense que c'est ce qui nous a appris aussi le métier.
24:43Parce que vous savez, moi, je ne venais pas du monde de la joaillerie.
24:44On a créé l'entreprise avec mon mari pour une histoire personnelle,
24:48quand on cherchait notre bac de fiançailles.
24:50Et donc, on a tout appris en faisant sur le tas.
24:53Donc, j'ai fait des erreurs en design, j'ai fait des erreurs en images, en retail.
24:58À peu près dans tous les domaines, j'ai fait des erreurs.
25:00Mais je pense que c'est aussi le fait qu'on venait de l'extérieur, en fait, de ce monde
25:04-là,
25:04qui fait qu'on a apporté un regard neuf.
25:06Oui.
25:07Et qu'on a une certaine indépendance d'esprit chez Gémyo.
25:09Et on fait les choses de notre manière.
25:10Donc, là, on est dans notre boutique qui n'est pas Place Vendôme,
25:13qui est juste comme un très bel appartement
25:15où les gens prennent rendez-vous pour passer un bon moment.
25:17Ça, c'est quelque chose d'assez étonnant, par exemple.
25:19Quelque chose de plus intime.
25:20Plus intime, qu'on essaie de rendre chaleureux, d'ailleurs,
25:23où vraiment les gens vont pouvoir prendre le temps d'essayer des pièces,
25:27d'être conseillés par nos équipes,
25:28qui d'ailleurs connaissent vraiment très, très bien à la fois le monde de la gemmologie,
25:31des pierres, de la fabrication,
25:33pour vraiment avoir un conseil très personnalisé et pertinent.
25:36Et donc, ça, c'est quelque chose qui était assez novateur, en fait, dans le monde de la joaillerie.
25:39Donc, voilà, c'est pour dire que, oui, des erreurs, bien sûr, j'en ai fait beaucoup.
25:42Mais je pense que c'est ça aussi, avec le recul,
25:46qui nous a permis de faire les choses à notre manière
25:48et finalement d'avoir ce succès.
25:50Justement, vous racontez souvent cette histoire personnelle
25:53que vous cherchez une bague de fiançailles
25:55et que vous n'avez pas vraiment trouvé quelque chose qui vous ressemblait,
25:58mais surtout en termes d'expérience aussi.
26:01Et avec ce regard neuf, quel était votre...
26:02Si vous devez faire un petit rapport d'étonnement à l'époque,
26:05c'était quoi qui vous perturbait, qui se vous dit ?
26:07Mais ça, il faut changer absolument.
26:09Écoutez, c'était il y a 15 ans, 2011.
26:11On se fiança, avec mon mari, on n'a pas de bague de fiançailles,
26:13on n'a pas de bague de famille.
26:14Et je ne connaissais pas bien cet univers.
26:16On se dit avec mon mari, on va aller, place Vendôme,
26:19on va aller voir les maisons classiques de joaillerie
26:21pour découvrir cet univers rêvé, vivre cette aventure à deux.
26:25Et bien sûr, c'était merveilleux.
26:27Et honnêtement, je suis quand même tombée amoureuse, en fait,
26:29des pierres, de ces objets qui sont comme des sculptures sur les mains.
26:32Donc là, le rapport d'étonnement était très positif
26:34parce que je ne connaissais pas cet univers.
26:35Et comme souvent des jeunes femmes, d'ailleurs,
26:37on le découvre à l'occasion des fiançailles.
26:39Vraiment, je suis tombée amoureuse.
26:41Je trouvais qu'il était artistique.
26:43Il y a un côté symbolique très intéressant.
26:45C'est quand même des pierres éternelles, naturelles, etc.
26:48Et en même temps, effectivement, il y avait ce contraste
26:50qui était que je trouvais que c'était froid,
26:53pas très intime, justement.
26:54On avait l'impression de rentrer.
26:56Il y avait des touristes qui allaient, qui venaient,
26:57qui n'étaient pas français.
26:58Et je me suis dit, mais en fait,
27:00est-ce qu'il n'y aurait pas quelque chose, une alternative
27:02où on pourrait avoir une expérience qui est plus sincère dans l'approche ?
27:05Une expérience, bien sûr, haut de gamme,
27:07mais où on se sent accueilli presque comme par des amis.
27:10Et donc, c'est parti réellement d'un besoin d'expérience,
27:13de plus de sincérité, en fait, dans l'approche.
27:16Et puis aussi, je dois vous le dire,
27:17j'avais une deuxième frustration, c'est qu'étant tombée amoureuse,
27:20j'ai adoré, en fait, toutes les pierres précieuses,
27:22les diamants, les diamants de couleur, les staphirs, les émeraudes.
27:26Et j'étais très frustrée parce qu'il n'y avait que du diamant.
27:28Alors, j'adore le diamant, je porte du diamant,
27:30mais c'est vrai que j'avais envie de pouvoir avoir plus de choix
27:32parce que je me dis que pour d'autres moments dans la vie,
27:34on a peut-être envie aussi d'avoir, voilà, un saphir, une émeraude, etc.
27:39Et donc, ce manque de choix, en fait, m'a beaucoup frustrée
27:41et c'est de là qu'est neigée, mais au final.
27:43Le fait d'avoir cette expérience qui serait plus humaine, plus sincère
27:46et en même temps, vraiment, un très vaste choix de pierres précieuses naturelles.
27:50Il y a plus de couleurs.
27:52Plus de couleurs.
27:52Et alors, justement, ce qui est intéressant, après, du coup,
27:55ça s'est matérialisé dans la construction de votre entreprise
27:58et quelque chose d'assez fort chez Genio,
28:01c'est le côté pas de stock, commande et production directement après.
28:07Comment est-ce que vous faites le lien, en fait,
28:09entre cette structure d'entreprise,
28:12presque une business line,
28:14et en fait, cette réponse à cette frustration que vous aviez ?
28:19Alors, c'est très drôle parce que maintenant, on rationalise et tout ça est très intelligent,
28:22alors qu'à l'origine, c'était totalement intuitif.
28:25C'est-à-dire que quand on parle 15 ans plus tard et que ça fonctionne bien.
28:27Exactement.
28:27Et vous savez, c'était intuitif et c'est ça qui est intéressant, je trouve.
28:30Et c'était aussi partie d'une contrainte qui était qu'on s'est dit avec mon mari,
28:33on veut créer une marque qui soit à notre image un peu différente.
28:36Toutes les marques de joaillerie créent des beaux produits
28:39et ensuite les distribuent dans différentes boutiques et donc ont beaucoup de stocks.
28:42Et en fait, on s'est rendu compte, nous, on était jeunes à l'époque,
28:44on n'avait pas d'argent particulier, on n'avait pas d'héritage familial et donc on s'est dit,
28:48mais en fait, on ne va pas pouvoir fabriquer des bijoux en diamant, en pierre précieuse et en or,
28:53en mettre dans plein des boutiques, porter tout ce socle.
28:55Ça coûte très très cher.
28:56À l'époque, j'étais tombée sur un chiffre, ça m'avait quand même rendu un peu folle.
29:00Je m'étais dit, mais c'est fou.
29:01Un joailler en France, à l'époque, détient un bijou 646 jours avant de réussir à le vendre.
29:06Donc, c'est-à-dire deux ans à peu près.
29:08C'est énorme.
29:09En fait, le pourcentage, on ne se rend pas compte du poids du stock sur le chiffre d'affaires, etc.,
29:14est colossal.
29:15Et donc, ça explique pourquoi les joaillers sont obligés de pratiquer des prix qui sont aussi très importants.
29:19Parce qu'en fait, naturellement, il y a tout ce stock à porter.
29:22Et donc, nous, ce n'était pas possible.
29:23On s'est dit, mais si on fabrique les bijoux à la commande,
29:25si on arrive à imaginer une chaîne de fabrication artisanale dans laquelle,
29:29et donc on fabrique 100% en France,
29:31vraiment, chaque bijou est fabriqué pour chaque client qui aura passé commande chez nous,
29:36ce qui est formidable, c'est que de notre côté, on n'a pas de stock.
29:39Et donc, on peut se permettre de proposer des prix qui sont beaucoup plus respectueux des clients.
29:42Et d'autre part, un autre bénéfice, c'est qu'on peut proposer un choix beaucoup plus large de pierre.
29:46Parce que la réalité, c'est que quand vous avez des stocks,
29:49vous allez concentrer le stock sur quelques best-sellers.
29:51Vous n'allez pas pouvoir proposer autant de possibilités.
29:54Dans notre cas, en fait, il n'y a pas de problème,
29:55puisqu'en réalité, le stock n'existe pas.
29:57Le bijou est fabriqué à la commande pour le client.
30:00Et c'est ce business model, en fait, assez fou,
30:02qui est né, en fait, de ces contraintes,
30:05qui a fait que Genio continue à exister et est très bien sporté aujourd'hui.
30:09Mais pourquoi, du coup, les joailliers traditionnels avaient ce business model ?
30:13Et peut-être, vous, est-ce que c'était très compliqué à mettre en place ?
30:15Parce que si ça n'existe pas, surtout dans des systèmes d'approvisionnement de la joaillerie
30:20avec des pierres précieuses, ça doit être beaucoup plus compliqué.
30:21Je vais vous faire une réponse pas politiquement correcte, mais qui est vraie.
30:24Mais c'est très difficile parce que vous êtes en flux tendu,
30:27vous fabriquez en permanence, alors que sinon, vous fabriquez 10 000 fois la même pièce
30:31qu'ensuite, vous dispatchez dans toutes nos boutiques mondiales.
30:33C'est quand même passé quelque chose dans les années 80.
30:35Le luxe est énormément développé, c'est massifié.
30:38Et donc, en concentrant sur des produits qui sont des best-sellers,
30:41qui sont du coup plus fabriqués de manière artisanale,
30:43mais en général en usine, pour justement limiter les coûts
30:46et donc pour avoir, en fait, des quantités plus importantes.
30:48Aussi, pourquoi ? Parce qu'en fait, la clientèle n'est en général plus une clientèle locale.
30:52C'est une clientèle de touristes qui, quand ils passent dans un dutifré dans l'aéroport,
30:56veulent acheter un bijou coup de cœur qui est un bijou icône.
30:59Et ce que je comprends, il n'y a pas de problème pour le faire.
31:01Mais donc, en fait, si vous voulez, c'est un état d'esprit qui est complètement différent.
31:04Nous, on dit que Gémyo est une joaillerie d'intention.
31:07C'est-à-dire que le client va acheter un bijou parce qu'en fait, il l'a rêvé,
31:10il a une intention, il a une occasion, un mariage évidemment, un anniversaire,
31:15un anniversaire de mariage, une victoire personnelle.
31:17Vous changez de job, vous avez envie de le célébrer.
31:19Et donc, il va pouvoir vraiment personnaliser le bijou, choisir la pierre, le métal.
31:23Et on le fabrique ensuite pour lui.
31:24Ce n'est pas si long que ça, ça prend quatre semaines à peu près.
31:27Mais tout ça pour dire que c'est en fait très réfléchi, si vous voulez, comme acte d'achat.
31:31Et le bijou devient un symbole.
31:33Ce qui n'est pas tout à fait la même chose que quand on veut avoir un bijou statutaire,
31:37qui est un bijou de marque, iconique, reconnaissable.
31:41Et donc, en ça, le business est différent.
31:44Puisque là, on a besoin d'avoir beaucoup de quantités un peu dispatchées dans de nombreux pays.
31:48Ça veut dire que, est-ce que vous pensez que la manière d'approcher le bijou aujourd'hui,
31:52en tant que consommateur aussi plus jeune et qui vous adressez, est très différente ?
31:56C'est-à-dire qu'avant, on voulait avoir cette marque, ce bijou reconnaissable,
32:00ces grands modèles que tout le monde connaît.
32:02Aujourd'hui, on veut quelque chose d'un peu plus personnel qu'on a choisi ?
32:04Disons que je pense qu'il y a les deux qui coexistent.
32:06Je pense qu'il y a un certain nombre de populations qui souhaitent avoir un bijou pour le statut social.
32:11Et donc, ils souhaitent que ça soit reconnaissable et qu'ils souhaitent montrer qu'ils ont réussi.
32:15Et c'est le cas notamment dans les pays émergents.
32:17Très honnêtement, ce qui est aujourd'hui le cœur de la clientèle des maisons classiques de luxe.
32:22En France, en fait, ça n'est pas le cas.
32:24En France, on souhaite avoir un objet.
32:26Le luxe, je pense qu'il est plus intime parce que c'est quelque chose qui nous touche.
32:30Il y a une sensibilité, c'est quelque chose qui nous ressemble.
32:32On a envie de le porter, on se dit, ça me ressemble.
32:35C'est un symbole de quelque chose que personne ne sait peut-être.
32:38Et donc, ça, c'est beaucoup plus mon approche avec Gémeo.
32:41C'est ce lien avec la joaillerie d'intention.
32:43Et donc, je dirais que les deux coexistent.
32:45On peut vouloir aussi parfois avoir un objet pour du statut quand on est dans cette démarche-là.
32:48Donc, je ne dis pas que les deux sont incompatibles.
32:50Je dis juste qu'en général, c'est des populations différentes.
32:53Et que c'est vrai que nous, on s'adresse clairement beaucoup plus aux personnes qui souhaitent avoir un objet
32:58avec du sens.
32:59Alors, vous avez dit que vous voulez tout produire en France.
33:02Est-ce que ça, c'est quelque chose de plus difficile aujourd'hui ?
33:05Dans ces 15 ans qui sont passés, vous avez l'impression que c'est peut-être difficile à tenir ?
33:09Non, je vais vous dire que c'est plus facile.
33:11Ce qui est assez étonnant.
33:12Quand on a commencé Gémeo en 2011, trouver des ateliers qui fabriquaient en France était très dur.
33:18La plupart des marques avaient beaucoup délocalisé pour des raisons de coût.
33:21Et donc, ce n'était pas très simple de trouver des ateliers qui acceptent de fabriquer en plus.
33:25Enfin, plus dans notre cas, des bijoux à la commande avec à chaque fois des pierres, des tailles, des métaux
33:29différents.
33:29Parce que vous pouvez choisir à chaque fois la pierre, le métal, donc de l'or blanc, de l'or
33:33jaune, de l'or rose, du platine, diamant chocolat, saphir.
33:36Enfin, vous avez un vaste panel de pierres.
33:38Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un certisseur ne certit pas de la même manière un diamant et
33:41un saphir, par exemple, parce qu'ils n'ont pas le même indice de dureté.
33:44C'est peut-être un peu technique, mais en fait, c'est une capacité, si vous voulez, de production et
33:48de fabrication artinale qui n'est pas la même.
33:50Et donc, ce n'était pas si facile de trouver.
33:52Et d'ailleurs, ça a été un vrai challenge au début.
33:53On a commencé avec un seul atelier.
33:55Maintenant, on a plusieurs ateliers.
33:56D'ailleurs, on a même pris une participation dans un atelier en France à Nice pour ancrer davantage notre savoir
34:01-faire, s'installer, le maîtriser encore davantage aussi.
34:05Et puis, être au plus près, si vous voulez, des artisans.
34:07Mais je dirais que ce n'est pas plus difficile, puisque maintenant, un certain nombre de marques, justement, ont choisi,
34:13peut-être, je ne sais pas, à notre initiative, de se rapprocher de la France et de revenir un petit
34:18peu plus sur la fabrication française.
34:19Et donc, vous avez commencé la marque en étant totalement digitale.
34:23Maintenant, vous avez ouvert des boutiques physiques.
34:26Ça, même si vous ne le saviez pas forcément à l'époque, ça fait partie des clés de votre réussite,
34:31de cette flexibilité que vous aviez au début ?
34:33Oui, c'est vrai qu'on avait, déjà pour des raisons de contrainte, pas la possibilité d'avoir des boutiques
34:38à l'époque.
34:39Et puis, j'avais ce rêve un peu de se dire, on va essayer de révolutionner la joaillerie, donc de
34:44plein de manières différentes, et notamment en étant très digitaux.
34:47Et on voyait bien qu'aux États-Unis, c'était possible, etc.
34:50Et un jour, je me rappelle très bien, j'adore parler, moi, à mes clients, et on continue très souvent
34:54avec mon mari associé à venir en boutique pour voir nos clients.
34:57Pas aussi souvent que j'aimerais, mais quand même, on le fait.
34:59Et donc, je parle à des clientes et je leur dis, mais finalement, qu'est-ce qui vous manque ?
35:03Ou qu'est-ce qui vous freine ? Pourquoi est-ce que, voilà, vous n'avez pas encore passé commande
35:05?
35:06Et elles me disent, mais en fait, c'est simple, moi, j'ai besoin d'essayer.
35:08J'adore ce que vous faites, mais je sens qu'en plus, les prix sont assez imbattables, mais j'ai
35:13besoin de venir essayer.
35:15Et donc, ça a été un déclic.
35:16Je me suis dit, mais on se coupe toute une frange de la population qui n'est pas à l
35:19'aise, et je comprends totalement, à l'idée d'acheter un bijou uniquement d'une manière digitale.
35:23Et donc, maintenant, dites-vous que le digital représente quand même une très grosse partie encore de notre chiffre d
35:29'affaires, puisque c'est 40% du chiffre d'affaires.
35:31On a 20% en hybride, c'est-à-dire globalement des personnes qui passent en boutique, mais qui ensuite
35:36passent commande chez eux.
35:37Ah d'accord, ce n'est pas l'inverse.
35:39Non, ça peut être les deux, en réalité.
35:42Et le reste, donc, qui est fait uniquement en digital.
35:45Donc, les deux coexistent, mais voilà, c'est très fluide pour le client et finalement, il peut choisir ce qu
35:49'il veut.
35:49Alors là, vous avez récemment choisi une directrice générale, et vous restez donc présidente, mais vous gardez cette casquette de
35:58directrice artistique.
36:01Tout d'abord, est-ce que vous vous souvenez du premier modèle sur lequel vous avez contribué et participé en
36:06tant que directrice artistique ?
36:09Le premier modèle sur lequel j'ai travaillé en tant que directrice artistique, c'est une bonne question.
36:15J'ai retravaillé, j'ai retravaillé, quelle collection ?
36:20Je vous pose une question.
36:21Si, non, pas du tout, c'est la collection Alter Ego.
36:23Oui.
36:24C'est la collection Alter Ego qui est juste ici, où je porte d'ailleurs là.
36:27Je peux peut-être pour ça d'ailleurs que je la porte parce que ça me fait un souvenir.
36:30C'est une collection où justement, je voulais, donc elle porte un très joli nom d'ailleurs, c'est deux
36:34pierres qui se complètent de deux formes différentes.
36:36Donc, vous avez pierre ovale ou poire et un rond.
36:38Et en fait, c'est pour montrer que deux êtres peuvent faire un tout, mais sans forcément être les mêmes.
36:44Et que justement, en fait, c'est cette somme des deux qui fait, en fait, qui est un peu sublimée
36:48et qui fait, si vous voulez, une somme encore meilleure, qui fait que c'est beau.
36:52Et donc, on a évidemment beaucoup de mamans qui choisissent ce bijou quand elles tombent enceintes parce qu'on peut
36:56choisir la pierre du mois de naissance de son enfant, par exemple.
36:59Donc, je trouvais que la symbolique était très jolie.
37:01Et j'adorais cette idée de revisiter un toit et moi.
37:03Donc, ça a été ma première pièce.
37:06Et puis maintenant, je commence à monter un petit peu plus en puissance.
37:08En puissance.
37:09Mais justement, alors, comment est-ce que vous faites pour vous…
37:12Parce que déjà, ce n'était pas quelque chose que vous faisiez avant.
37:15Vous n'avez pas forcément fait d'études en gémiologie, etc.
37:18Vous vous êtes formée.
37:19Comment vous faites pour vous inspirer, pour créer tout ça ?
37:23Alors, ça faisait 15 ans que je travaillais dans la joaillerie.
37:25Donc, je commençais à m'y connaître un petit peu.
37:26Et puis, vous savez, quand vous créez votre entreprise, au début, il faut tout faire vous.
37:29Quand vous êtes deux personnes, c'est moi qui ai acheté des pierres avec mon mari.
37:32Alors, je n'étais pas directrice artistique à l'époque, mais je passais par des dessinateurs, etc.
37:36C'était un peu tout comme.
37:37C'est juste que dans l'état d'esprit, je ne m'étais pas dit que j'allais travailler sur
37:41l'image,
37:41j'allais travailler sur le produit.
37:43J'avais plus un rôle plus business.
37:45Et en fait, le fait de me focaliser là-dessus, déjà, ça me plaît énormément.
37:48Je pense qu'il y a beaucoup, notamment de femmes, mais des hommes aussi parfois,
37:51qui mettent un peu une dichotomie, en tout cas une opposition entre la créativité et le business.
37:56Et moi, je pense au contraire qu'on peut être un peu des artistes entrepreneurs.
38:00Je pense que c'est très intéressant justement de lier les deux.
38:02Et que d'ailleurs, même dans le business, on peut être très créatif.
38:05Et donc, je suis très heureuse de pouvoir plus exprimer ma créativité au quotidien,
38:09au travers à la fois des produits, de l'image.
38:11Parce qu'en fait, quand on dit direction artistique, c'est à la fois le produit,
38:13c'est la communication, c'est l'image.
38:15C'est quand même un spectre qui est très intéressant et assez large.
38:19Vous voyez une différence de goût, déjà, en ces 15 ans d'évolution de...
38:25Plutôt les personnes à qui vous vous adressez ?
38:27Oui, c'est rigolo.
38:28Quand on a commencé à lancer Gémiot, je me rappelle, l'or blanc était très à la mode.
38:32Et on vendait beaucoup du platine et de l'or blanc, notamment pour des bacs de fiança, etc.
38:37Et j'ai remarqué qu'ensuite, on a eu une grande période d'or rose.
38:40Et maintenant, c'est l'or jaune, depuis quelques années, qui est revenu à la mode.
38:43Donc voilà, il y a des cycles.
38:44Certainement, l'or blanc va revenir derrière.
38:46On voit bien d'ailleurs au Japon que le platine, puisqu'on a une boutique également à Tokyo,
38:49que le platine et l'or blanc, pour le coup, sont beaucoup plus présents là-bas.
38:53Donc déjà, en termes de métal, puis en termes de pierres aussi,
38:57c'est vrai que nous, par exemple, on voit bien le saphir bleu-gris,
39:00qui est une des pierres sur lesquelles on est très référent,
39:02qu'on arrive à trouver une pierre qui est non-chauffée, magnifique,
39:05qu'on fait tailler à partir de brutes.
39:07C'est vraiment un savoir-faire incroyable.
39:09On a une très, très grande demande sur du saphir bleu-gris.
39:12On a une très grande demande sur du saphir vert, sur du diamant chocolat.
39:14Donc des pierres assez atypiques qui, il y a quelques années, en fait, n'étaient pas très connues.
39:17On veut être différents.
39:18Et on veut être un peu différents, je crois.
39:20Et vous avez créé cette nouvelle collection, Variations.
39:22Donc ça, c'était à partir de vos modèles, en fait, iconiques.
39:26Comment est-ce que vous l'avez travaillé ?
39:28Qu'est-ce qu'on retrouve comme forme ?
39:30Justement, à quel besoin ça répond ?
39:31Toute l'idée des Variations, c'est de se dire,
39:34on fait des très belles choses chez Gémyo.
39:35On a des motifs, maintenant, qui sont assez reconnaissables.
39:38Donc, par exemple, le motif Everbloom,
39:40qui est un motif autour de l'univers floral,
39:43du feuillage, avec beaucoup de naturalité.
39:45Et on s'est dit, si jamais on essaie de créer une pièce
39:47qui n'est pas de la haute joaillerie.
39:49Pourquoi ? Parce que la haute joaillerie, souvent, n'est pas portable.
39:50Elle est là pour être admirée.
39:52Elle est mise dans des vitrines et elle est magnifique,
39:54mais elle est assez inconfortable.
39:55Elle est très lourde.
39:56Elle a besoin d'être accrochée, peut-être,
39:58quand c'est un pendentif par quelqu'un d'autre.
40:00Et donc, c'est de se dire,
40:00on va essayer de créer une nouvelle catégorie,
40:02ces Variations,
40:03qui font varier un modèle emblématique de la maison,
40:06en le rendant plus haut de gamme,
40:07plus créatif, surtout,
40:09mais qui reste éminemment agréable à porter,
40:11un peu pour sublimer le quotidien, si vous voulez.
40:13Et donc, j'ai repris, par exemple,
40:15le motif Everbloom,
40:16pour en créer une bague,
40:17en faisant un camailleu de verre,
40:19avec de la tourmaline mint,
40:20avec un saphir vert,
40:21qui reprend le côté un peu floral et végétal.
40:24Et puis, comme une liane, en fait, autour...
40:27Qui lit tout ça ?
40:28Qui va lier un peu tout ça,
40:29et des petits diamants, en fait,
40:30comme des gouttes de rosée.
40:31Donc, un peu une manière stylisée,
40:33si vous voulez, de réinterpréter.
40:34C'est assez évocateur,
40:36j'ai essayé de rendre ça assez poétique.
40:37Ça me correspond, je crois,
40:39dans ce que je voulais avoir comme traitement.
40:41On a aussi un très joli collier Everbloom,
40:43qui se porte un peu...
40:44Donc, c'est un collier torque,
40:45c'est-à-dire qu'il est assez haut,
40:46parce que je me suis dit,
40:47quand on est une femme,
40:47on n'a pas envie d'avoir quelque chose de trop bas,
40:49qui peut parfois être un peu vulgaire, en fait,
40:51quand ça tombe trop bas.
40:52Et donc là, ça peut même se mettre
40:53sur une petite chemise, etc.
40:54Alors, c'est très habillé,
40:55je ne vous cache pas, pour aller au bureau.
40:57Oui.
40:58Mais ça peut quand même se porter.
40:59Et donc, ça peut s'enfiler seule,
41:01parce qu'en fait,
41:02le modus operandi est assez simple.
41:03En fait, on peut le mettre tout simplement,
41:05voilà, toute seule en tant que femme.
41:06Et donc, c'était un peu cette idée de se dire,
41:08j'ai envie de faire des très belles pièces
41:10que les femmes peuvent porter,
41:11peuvent mettre seule,
41:12sans l'aide de quiconque,
41:14et assumer.
41:15Et remettre de la joaillerie
41:16dans un quotidien un peu sublimé.
41:19Et vous, qui avez plusieurs boutiques
41:20à l'international,
41:21toutes ces réflexions-là,
41:22ça fonctionne partout.
41:24Est-ce que vous proposez
41:25les mêmes modèles,
41:26notamment au Japon, etc.
41:28Ça, c'est quelque chose
41:28assez universel, finalement.
41:29Vous savez, déjà,
41:30les Japonais, pardon,
41:31les Japonais surtout,
41:33adorent la France.
41:34Donc, ils n'ont aucune envie,
41:35c'est de venir à la boutique de Paris
41:36pour aller voir
41:37et avoir les mêmes modèles
41:38que les Parisiennes.
41:39Et d'ailleurs, je crois
41:39qu'une de leur frustration,
41:40parfois, c'est de se dire,
41:42maintenant, certaines maisons
41:42font des modèles
41:43pour les pays asiatiques
41:44ou du Golfe
41:45et plus tellement pour les Français.
41:47Donc, en fait,
41:47ils cherchent des marques
41:48pour les Français,
41:49ce qui est le cas de Genio.
41:50Ils sont assez à la pointe.
41:51C'est assez étonnant,
41:52les Japonais.
41:53Mais oui,
41:53on a globalement
41:54les mêmes modèles
41:55qui fonctionnent très bien.
41:56Il y a des petites variations.
41:57Ils préfèrent le platine
41:58et l'or blanc.
41:59Ils aiment beaucoup,
42:00ils aiment beaucoup,
42:01peut-être encore plus
42:02le diamant blanc
42:02et dans des très belles qualités
42:04que des Français
42:05qui sont plus habitués,
42:06par exemple, à du saphir.
42:07Alors, les Français
42:08adorent le diamant aussi,
42:09mais vont plus être ouverts
42:11sur des pires de couleurs.
42:11Les Japonais, peut-être,
42:12un peu plus.
42:13Donc, il va y avoir
42:14des variations.
42:14Par contre,
42:15en termes de modèles,
42:15franchement,
42:19vous êtes vraiment
42:20l'image de la marque.
42:21Ça, c'est quelque chose
42:22qu'on remarque
42:22pour les marques aussi
42:23qui ont une petite dizaine d'années.
42:25Je pense à respirer, etc.
42:27Avec ces femmes
42:27qui sont les visages,
42:29leur propre égérie,
42:30alors que parfois,
42:31avant, les marques
42:32de bijouterie,
42:33vous pouviez peut-être
42:34se tourner vers,
42:34je ne sais pas,
42:35d'autres célébrités,
42:36des actrices, etc.
42:38C'est quelque chose
42:39qui était important.
42:41Vous l'avez pensé,
42:43ce fait de porter la marque,
42:44d'être le visage,
42:45d'être aussi maintenant...
42:46Oui, d'être le visage,
42:47on vous voit partout.
42:48Partout, je ne parle pas.
42:49Vous êtes quand même
42:50votre première ambassadrice.
42:51Ça, c'est aussi
42:52quelque chose d'assez nouveau.
42:53Oui, alors surtout
42:54dans la joaillerie,
42:55notamment parce que
42:56c'est un secteur
42:57quand même assez secret
42:58où on met peu en avant
42:59finalement l'envers du décor,
43:01ce que je trouvais
43:01un petit peu dommage.
43:02En vérité,
43:03ce qui s'est passé,
43:03c'est quand on a lancé
43:05la marque assez rapidement,
43:06la presse a commencé
43:07à s'intéresser à nous.
43:07Donc au début,
43:08ce n'était pas forcément
43:09l'influence.
43:09Et il a bien fallu décider
43:10entre mon mari et moi
43:12qui allaient prendre la parole
43:13pour qu'il y ait une personne
43:14qui se spécialise en fait
43:15tout simplement sur le sujet.
43:17Et on s'est dit tous les deux
43:18que ça serait mieux
43:18que ce soit moi qui le fasse.
43:19Donc en fait,
43:20ça, c'était un accord.
43:21Et puis après,
43:21sur les réseaux sociaux,
43:23etc.,
43:23ça s'est fait d'une manière
43:24assez naturelle.
43:25Pas si tôt que ça en réalité
43:26parce que je pense
43:27que j'ai commencé
43:27à prendre la parole
43:28sur les réseaux sociaux
43:28autour de 2018-2019.
43:30Donc la marque existait
43:31quand même déjà
43:32depuis 7 ou 8 ans.
43:34Mais ça s'est fait
43:35d'une manière assez naturelle
43:36pour montrer l'envers du décor,
43:37pour partager
43:37ce que j'appréciais.
43:39Et puis je pense
43:40que c'est ce qui plaît aussi
43:42aux personnes qui me suivent,
43:43c'est de voir une manière,
43:46en fait,
43:46de voir un backstage,
43:47si vous voulez,
43:47les coulisses
43:48d'une manière quand même
43:49sans filtre
43:50qui n'est pas évidemment
43:51la manière dont la marque
43:52en parle
43:52parce que la marque,
43:52elle en parle en tant que marque.
43:54Et donc là,
43:54c'est une manière
43:55peut-être un petit peu
43:55plus spontanée.
43:57Et je pense que c'est intéressant
43:58aussi de voir une marque comme ça.
43:59Comme nous,
44:00dans nos valeurs,
44:00on a la sincérité.
44:01Je pense que ça contribue aussi à ça.
44:03Et d'ailleurs,
44:04ça a créé,
44:05je pense,
44:06un bel élan pour la marque.
44:08Merci beaucoup,
44:08Pauline Léon,
44:09d'avoir été avec nous.
44:10Je vous rappelle
44:10que vous êtes fondatrice
44:11et directrice artistique de Gémyo.
44:13Et merci à vous tous et toutes
44:14de nous avoir suivis.
44:15C'était Art de Vivre.
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