- il y a 8 heures
Lundi 5 octobre 2026, retrouvez Julien Guibert (Gérant, Mille feuilles paysage) et Philippe GUILHOTO (Responsable des Ingénieries Financières,, BPCE) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:07Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de SmartEco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie.
00:15A retrouver tous les jours sur notre antenne, mais aussi sur notre site bsmart.fr et puis sur toutes vos
00:20plateformes d'écouter.
00:22Aujourd'hui, nous parlons de reprise, de transmission d'entreprise.
00:25Après 25 ans dans le Conseil, Julien Guibert a choisi de changer de voie et de reprendre millefeuille paysages.
00:31Comment s'est déroulé concrètement cette reprise ? On en parle avec lui en première partie d'émission.
00:37Puis nous élargirons le débat aux grands enjeux de la transmission reprise.
00:41Comment mieux mettre en relation les sédants et les repreneurs et puis surtout comment financer ces informations ?
00:46Ce sera notre débat éco. C'est parti pour SmartEco.
00:54Comment se déroule la reprise d'une entreprise ? Je suis ravie d'échanger avec Julien Guibert. Bonjour.
00:59Bonjour Sybille.
01:00Vous êtes gérant de millefeuille paysages et vous allez nous apporter votre retour terrain.
01:05Vous avez repris millefeuille paysages officiellement en février 2026.
01:09Tout à fait.
01:09Une entreprise spécialisée dans la création et l'entretien d'espaces verts basés à Palaiso et intervenant sur toute l
01:16'Île-de-France.
01:16Merci beaucoup d'être avec nous. Votre parcours c'est 25 ans de conseil et puis après vous avez choisi
01:22de changer de vie professionnelle.
01:24Qu'est-ce qui vous a motivé pour faire ce choix ?
01:26Envie de retrouver quelque chose de plus concret. Le conseil est très sympa mais c'est vrai que c'est
01:33vaste et très large.
01:36Retrouver également des équipes à taille humaine. C'est le cas de millefeuille paysages parce qu'au total c'est
01:4135 personnes aujourd'hui.
01:43Et en effet d'être aussi le propre décideur de mes actions, d'être mon propre patron.
01:50Et donc en effet j'ai entamé ce processus en janvier 2024 avec par la suite la formation du CRA
01:59que j'ai suivi en mai-juin de cette même année.
02:03Et pourquoi vous vous êtes tout de suite dit je vais me tourner vers la reprise d'une entreprise, pas
02:07forcément la création ?
02:09En fait j'ai dans mon parcours créé des sociétés, un restaurant avec des amis, un cabinet de conseil avec
02:16des associés.
02:17Mais je n'ai pas l'âme d'un créateur. Je pense que j'ai plutôt l'âme d'un
02:21suiveur, d'un développeur.
02:23Et donc le fait de reprendre une activité qui avait été initiée, engendrée par d'autres, était quelque chose de
02:29légitime et de normal pour moi.
02:31Vous pouvez nous dire deux mots sur justement cette formation ? Est-ce que ça vous a été fondamental pour
02:36apprendre à reprendre une entreprise ?
02:38Alors c'est une formation que je ne connaissais pas. Et en tournant dans mon réseau, en disant que j
02:42'allais reprendre une société, on me l'a conseillé vivement, de plusieurs biais, de plusieurs façons.
02:46Et clairement ça a été fondamental dans ma reprise et dans mon parcours de reprise.
02:53C'est une formation qui dure trois semaines.
02:55C'est court quand même.
02:56Oui, mais trois semaines après 25 ans où vous n'avez jamais été remis les pieds devant une tablette d
03:02'école.
03:03Exactement. Vous êtes de 8h à 18h à écouter des intervenants extrêmement brillants.
03:08C'est très différent. C'est un nouveau rythme.
03:12C'est extrêmement formateur. C'est beaucoup de retours d'expérience. C'est beaucoup d'échanges.
03:18Moi j'y ai trouvé l'intégralité de mes conseils.
03:22Je me suis fait aussi une bande de copains et d'amis qui ont vécu exactement les joies, les affres
03:29de la reprise.
03:31Et donc c'était quelque chose de vraiment très formateur.
03:34Et je conseille vivement à tout le monde de suivre cette formation.
03:38Est-ce qu'il y a quelque chose que vous avez vraiment appris débutant ?
03:43Dans le sens où vous n'y avez jamais pensé.
03:44Il y avait des choses très pratiques.
03:46Vous vous êtes dit ça, par exemple, je ne sais pas.
03:48Vous tournez vers certaines, des choses très pratiques que vous n'auriez pas pensées ?
03:52Un, comprendre la philosophie du sédant.
03:55C'est une philosophie qui est très particulière.
03:58C'est son bébé.
03:59C'est qu'il soit jeune ou moins jeune.
04:03Clairement, il a mis son âme, ses tripes dans l'entreprise qu'il a développée.
04:08Et comprendre ce qui l'amène à vendre, comprendre à communiquer avec lui,
04:13c'est le premier renseignement qu'on a dans cette formation.
04:17Ça, c'est le premier sujet.
04:18Deuxième sujet, moi, j'ai travaillé avec des fonds,
04:22j'ai travaillé avec des entreprises différentes, de différentes tailles.
04:28La finance n'était jamais sous ma responsabilité.
04:31Donc déjà, il y avait un apprentissage aussi des aspects purement financiers
04:34et de comment on finance une reprise.
04:37Donc ça, c'était quelque chose de très important.
04:39J'en avais des notions, mais là, je suis vraiment entré dans le sujet.
04:42Il y avait les problématiques liées aussi à la valorisation.
04:44Comment on valorise une entreprise ?
04:46Qu'est-ce que ça vaut ? Quels sont les pièges qu'il faut éviter ?
04:48Parce qu'il y a aussi beaucoup de gens qui essayent de vous faire comprendre
04:52qu'il faut payer très, très cher l'ensemble des entreprises.
04:54Mais après, il faut les financer.
04:56comprendre aussi comment marcher le financement, à la fois bancaire, en termes avec des fonds,
05:01ou également d'aller trouver les financements ou les aides.
05:07Voilà.
05:07Donc moi, j'ai, par ce biais-là, appris aussi que je peux bénéficier d'accompagnements type réseau entreprendre.
05:15Donc je me suis fait aujourd'hui en partie aider par le réseau entreprendre Essonne.
05:19Et voilà, ça, c'est l'ensemble des apprentissages que j'ai eus pendant cette période de trois semaines au
05:27CR.
05:28Qu'est-ce qui vous a convaincu quand vous avez vu l'entreprise Millefeuille Paysage ?
05:33Alors, Millefeuille, elle est arrivée au bout d'un an de recherche acharnée,
05:39de plusieurs tentatives d'achat d'autres entreprises, dans des secteurs complètement différents.
05:47Et je l'avoue, un peu mis devant le fait accompli, je n'ai plus rien, j'allais un peu
05:51baisser les bras.
05:52Je me suis dit, j'étais en train de me dire, bon, reprenons la voie du salariat.
05:57J'ai un de mes amis, qui est dans la même situation que moi, qui m'a dit, mais non,
06:00regarde, j'ai un dossier, regarde-le.
06:03Un secteur que vous ne connaissiez pas forcément ?
06:04En fait, c'est un secteur que j'avais abandonné, le secteur du paysagisme.
06:07Je l'avais abandonné, pourquoi ? Parce que je trouvais que c'était un secteur composé de très petites sociétés.
06:11Moi, je suis un manager dans l'âme, et je me suis dit qu'il fallait quand même que j
06:16'ai la possibilité d'avoir une équipe relativement conséquente,
06:18une société structurée, etc.
06:20Et donc, j'avais un peu abandonné ce secteur, complètement par mes connaissances.
06:24Et de ce point de vue-là, j'ai en effet envisagé par ce dossier, j'ai redécouvert un secteur.
06:32C'est un secteur qui est en croissance, c'est un secteur qui est en consolidation,
06:35ce qui était deux de mes critères, et un métier du service, que je maîtrise parfaitement.
06:39Et donc, en effet, ce secteur, puis la rencontre avec mon sédant, qui s'est bien passé.
06:48Et à ce moment-là, en effet, assez rapidement, j'ai fait une LOI, très rapidement, une lettre d'intention,
06:56qui a été contre-signée assez rapidement.
06:59On était début août 2025, et on a signé que quasiment neuf fois plus tard.
07:03Donc, c'était un peu long.
07:04Comment est-ce que, avant de reparler peut-être des grands axes stratégiques,
07:08quand on reprend une boîte, justement, c'est difficile de s'intégrer après,
07:11parce qu'il y avait quand même des salariés qui étaient présents, etc.
07:14Comment est-ce qu'on est reçu en tant que repreneur ?
07:17Alors, j'ai été reçu qu'une seule fois, parce que j'en ai repris qu'une.
07:22Et je ne peux que remercier l'ensemble de mes collaborateurs aujourd'hui,
07:26parce que, clairement, j'ai été très, très bien accueilli.
07:30Mais c'est vrai qu'on marche sur les yeux.
07:32Il faut faire ses preuves.
07:34Je pense que je n'ai pas encore complètement fini de faire mes preuves.
07:37Il faut les rassurer grandement.
07:39J'ai des collaborateurs ou des collaboratrices qui étaient potentiellement inquiets.
07:44Je ne venais pas de ce métier.
07:45Donc, est-ce qu'il va s'adapter, comprendre rapidement ce métier ?
07:49Il faut être très humble, je pense que c'est le sujet,
07:53et être capable de les fédérer autour d'un nouveau projet, qui est un nouvel élan.
07:58Justement, alors, ce nouveau projet, comment est-ce que vous l'avez construit ?
08:01Plutôt sur la stratégie d'entreprise,
08:04peut-être du passage de l'état d'entreprise avant votre prise,
08:08et maintenant, quel axe vous voulez donner ?
08:10Sans être...
08:13Moi, j'avais un prédécesseur qui était quelqu'un de très, très bon niveau
08:17et qui avait une vocation, et ce n'est pas lui faire lui jeter l'opprobre de dire ça,
08:24c'était qu'il centralisait beaucoup de choses.
08:26Donc, moi, j'ai eu la possibilité d'apprendre dans mes expériences passées
08:30qu'il fallait potentiellement lâcher un peu les énergies, déléguer.
08:34Et voilà, donc c'est vraiment ce que j'ai opéré très rapidement.
08:38J'ai un aspect commercial qui est ancré en moi,
08:43et donc assez rapidement, en effet, j'ai aussi mis le pied sur l'accélérateur.
08:49Ça fait maintenant 7 mois, ça se passe très bien.
08:52J'ai eu la chance d'avoir un carnet de commandes
08:54qui m'a laissé de très bonnes factures,
08:56avec des très beaux clients, des très beaux projets,
08:59parfois complexes, mais qui ont permis de monter en puissance.
09:06Il m'a accompagné aussi pendant deux mois, c'est important.
09:08Et je continue encore très régulièrement à l'appeler,
09:12et ses conseils sont de très bonnes factures.
09:14Parce que reprise, ça ne veut pas forcément dire que l'entreprise va mal.
09:17Ah non, non, au contraire.
09:18Et d'ailleurs, moi, j'ai fait un LBO,
09:20donc j'ai créé une holding qui s'appelle Botanéum,
09:23qui détient 100% de Millefeuille Paysage,
09:26et Botanéum ne peut acheter qu'une société équivalente,
09:31parce que la dette de Botanéum,
09:33qui a été levée par Botanéum,
09:34va être remboursée par une partie des dividendes de Millefeuille Paysage.
09:39Vous restez avec nous, Julien Guilbert,
09:41vous êtes gérant de Millefeuille Paysage,
09:43on va tout de suite ouvrir le débat,
09:45justement, tous ces rouages pour transmettre, reprendre une entreprise.
09:49Restez avec nous, c'est Sportéco.
09:54500 000, c'est le nombre d'entreprises qui seraient susceptibles d'être cédées
09:58d'ici les 10 prochaines années du fait du départ à la retraite de leurs dirigeants,
10:03selon les chiffres du gouvernement.
10:04Le sujet s'est invité dans l'élaboration du PLF 2027.
10:09Si le pacte du train n'est finalement pas touché,
10:11le pacte papain pourrait venir compléter le dispositif
10:15pour faciliter notamment les reprises par les salariés.
10:18Derrière ces transitions, ce sont des emplois, des compétences,
10:22une partie de la vitalité économique du territoire qui sont en jeu.
10:26Pour comprendre ces enjeux de transmission, reprise,
10:29et surtout les leviers qui peuvent être mobilisés,
10:31je suis ravie d'échanger avec Philippe Guillotot.
10:34Bonjour.
10:34Merci Sybille de me recevoir.
10:36Bonjour.
10:36Vous êtes responsable des ingénieries financières au sein du groupe BPCE.
10:40Et Julien Guilbert, vous êtes toujours avec nous.
10:41Toujours.
10:42Gérant de millefeuilles paysages.
10:44Merci d'être tous les deux avec nous.
10:46Philippe, je me tourne tout d'abord vers vous.
10:48Je disais que le gouvernement appelle à faire de la transition reprise
10:52une entreprise, une grande cause économique nationale.
10:56Est-ce que pour vous, c'est à ce point,
10:58les enjeux économiques qu'il y a derrière ces potentielles reprises
11:04d'entreprises qui vont avoir lieu d'ici les prochaines années ?
11:07Oui, ça l'est, mais permettez-moi d'être un peu anthropologue.
11:10Donc avançons quelques chiffres.
11:12Donc aujourd'hui, il y a dans la sphère médiatique
11:14deux grands chiffres, 500 000.
11:15Alors 500 000, c'est le chiffre mesuré par la DGE.
11:18C'est lorsqu'on regarde la pyramide des âges françaises,
11:21c'est l'âge des dirigeants susceptibles de prendre leur retraite
11:24ou en tout cas d'arrêter leur activité à horizon 10 ans.
11:27Vous en avez un deuxième qui ne constate pas des faits
11:30mais qui constate des intentions, c'est celui de BPI France,
11:33le LAB, c'est les 370 000.
11:35Oui.
11:35Donc 370 000, c'est le chiffre qui mesure les intentions
11:38lorsqu'on interroge directement les dirigeants
11:41de leur intention de céder.
11:43Alors derrière ces chiffres, il y a aussi des réalités.
11:45C'est ça parce que du coup, là vous parlez à la fois de retraite
11:47mais il y aurait aussi d'autres causes, d'autres raisons.
11:52Et c'est là où je pense qu'il faut être anthropologue,
11:54c'est qu'il faut regarder un petit peu ce qu'il y a.
11:55Lorsqu'on regarde les 500 000, on parle aussi de sociétés sans salariés,
12:00de professions libérales dont l'exercice n'est pas forcément cessible.
12:05Oui, bien sûr.
12:05Qui ne sont pas forcément transmissibles.
12:08Il y a aussi un deuxième fait, c'est que plus une entreprise est grande,
12:11plus elle est lisible, plus il est facile pour elle de trouver un repreneur en face.
12:15On n'aurait pas forcément pensé à ça, mais effectivement.
12:18Alors, j'ai la chance, c'est de bénéficier des derniers chiffres de BPCU l'Observatoire
12:23qui le 24 septembre rappelait un fait, c'est qu'aujourd'hui la population des dirigeants vieillit.
12:29Et donc aujourd'hui, les plus de 66 ans, c'est aujourd'hui 12% de nos dirigeants,
12:34là où en 2010, ils n'en étaient qu'à 6%.
12:37Et néanmoins, lorsqu'on regarde les faits, c'est-à-dire notamment les chiffres du BODAC,
12:41ce que mesurent les observatoires dont BPCU l'Observatoire,
12:45plus ou moins depuis 10 ans, on comptabilise toujours autour de 37 000 sessions.
12:50Donc je pourrais poser la question, où est la vague qui est attendue ?
12:54Est-ce qu'elle n'est pas repoussée par le fait qu'aujourd'hui nos dirigeants vieillissent
12:57et ne préparent pas suffisamment la transmission ?
13:00Et puis on vieillit en bonne santé, donc peut-être aussi qu'on veut garder son propre business.
13:06Mais alors c'est-à-dire que d'ici les 10 prochaines années,
13:08vous ne sentez pas forcément cette vague arriver et ces pertes pour des emplois, pour des compétences ?
13:14Alors les 3 millions d'emplois, c'est ce qui est mesuré dans les chiffres de la DGE,
13:19c'est une réalité, tout ça c'est de la vitalité économique.
13:21La question qui pourrait se poser n'est pas celle de l'événement qui constitue la session,
13:25c'est celle de la préparation.
13:27Et donc c'est comme un marathon.
13:28Je vous invite à vous inscrire à un marathon la veille et d'y aller sans préparation,
13:33ce n'est pas possible.
13:34Et donc autant un marathon c'est 3 mois de préparation,
13:38dès lors que vous êtes déjà coureur, sinon c'est bien plus,
13:41pour une session d'entreprise c'est exactement le même phénomène.
13:44C'est que déjà il faut se poser la question à qui on la cède ?
13:47Est-ce qu'on la cède dans sa sphère familiale, un enfant par exemple, sa fille, son fils ?
13:51Est-ce qu'on envisage de la céder à un salarié ?
13:54Ou est-ce qu'on la cède à un tiers ?
13:57Tout ça, c'est quelque chose qui doit se préparer avec beaucoup d'avance.
14:00Regardez ne serait-ce que les horizons du pacte d'Utreil, ça ne se prépare pas en un an, on
14:03parle plutôt d'horizon de 4 à 6 ans.
14:05Et puis comme lorsque vous vendez votre appartement, ça se prépare.
14:09Est-ce que l'entrée est au bon endroit ? Est-ce que les murs sont peints ?
14:12Est-ce que l'entreprise, ou en tout cas votre appartement, est-ce qu'il est séduisant ?
14:16Et donc un repreneur, ce qu'il veut aussi, c'est pouvoir se projeter, pouvoir projeter un plan de croissance.
14:20Et pour ça, il faut peut-être être équipé d'un directeur financier,
14:24il faut peut-être avoir une organisation lisible,
14:26il faut peut-être avoir des investissements qui sont renouvelés pour rendre la transmission plus facile.
14:31De votre côté, Julien, vous êtes côté reprise, ça vous a mis combien de temps de préparer cette reprise ?
14:37Et puis justement, quels sont tous ces éléments que vous avez analysés ?
14:41Comment ça s'est organisé pour vous ?
14:43Moi, j'ai mis deux ans complets à reprendre ma société,
14:49et à partir du moment où j'ai suivi la formation du CERA, c'est 18 mois à temps complet.
14:54Donc ça, c'est un premier sujet.
14:55Entre le moment où j'ai réellement signé ma LOI,
14:58et le moment où je suis devenu le dirigeant de Millefeuille Paysage,
15:03là, il s'est passé quasiment 8-9 mois liés à la fois des phases d'audit qui sont complexes,
15:12où il doit y avoir de part et d'autre du répondant, de la réactivité,
15:17parce que les conseils, nous, repreneurs, on investigue,
15:22et forcément, le dirigeant, et je rejoins ce que dit M. Guillotot,
15:25c'est que s'il n'a pas préparé, les phases d'audit sont complexes.
15:29Elles-mêmes peuvent même, ce n'était pas le cas sur Millefeuille,
15:32mais de temps en temps mettre des doutes.
15:34Parce que vous, vous avez tenté de reprendre d'autres entreprises en amont,
15:37et c'est au niveau de la phase d'audit que ça s'est arrêté, c'est ça ?
15:40Alors, non, ça ne s'est jamais arrêté sur la phase d'audit.
15:44Pour une, ça s'est arrêté après la phase d'audit,
15:46mais parce qu'en effet, la société que je visais a eu un événement extérieur
15:52qui a fait que j'avais un fonds, qui était d'ailleurs dans le groupe BPCE,
15:56qui m'accompagnait, qui du jour au lendemain m'a dit,
15:57compte tenu de cet élément extérieur, on ne vous suit plus.
16:02Donc le deal, en effet, s'est arrêté,
16:04et j'y ai perdu du temps, de l'argent,
16:06parce que j'avais fait les audits, et tout ça,
16:09il faut les financer, et c'est assez frais.
16:11Comment est-ce que vous avez trouvé Millefeuille Paysage,
16:15et surtout, en fait, est-ce que vous avez trouvé,
16:18parce que les autres entreprises aussi précédentes,
16:21cette phase de recherche difficile ?
16:24On parle beaucoup de cette opacité,
16:26de ce qui est possible à faire entre repreneurs et sédants.
16:31C'est très complexe, et là, il y a plein de biais,
16:36mais il y a aussi plein d'intermédiaires
16:38qui potentiellement freinent l'accès à l'entreprise,
16:41et il y a des potentiels repreneurs pour ces entreprises.
16:47Moi, j'ai décidé de ne pas être accompagné
16:50par des sociétés qui, entre guillemets, vous cornaquent
16:53et font en sorte de vous faire aller plus vite.
16:56Moi, j'ai décidé, comme dans la prospection commerciale,
16:59de prospecter par moi-même,
17:01de trouver les intermédiaires, d'appeler les intermédiaires,
17:04de me présenter, d'avoir ce qu'on appelle la fiche de cadrage,
17:07de l'envoyer en grand nombre,
17:08de faire des entretiens téléphoniques,
17:10d'aller les voir, de présenter mon projet de reprise.
17:14Et ça, c'est complexe.
17:15C'est complexe parce que vous êtes un parmi tant d'autres,
17:19et que si vous n'êtes pas très à l'aise,
17:25ce genre de choses,
17:25j'imagine que vous faites un peu bypasser,
17:29mis de côté.
17:31C'est difficile de tomber sur l'annonce qui vous convient.
17:34D'ailleurs, Millefeuille, c'est le pur hasard,
17:36parce que je ne l'avais même pas sourcé.
17:37C'est un ami qui m'a donné le dossier.
17:40Philippe, dans cette étude que vous citiez,
17:43BPI France Le Lab,
17:45il indiquait que 30% des repreneurs
17:46rencontrent des difficultés de financement.
17:48Donc, c'est quand même un peu le nerf de la guerre.
17:51Qu'est-ce qui bloque concrètement
17:52dans ces difficultés pour le repreneur ?
17:55C'est à quel niveau, en fait,
17:57que ça se passe ?
17:58Là, on est dans le cœur du métier du banquier,
18:01du financement.
18:02Et évidemment, une des questions principales
18:04que se pose le banquier,
18:05c'est, post-financement,
18:07est-ce que l'entreprise joue ou pas sa survie ?
18:09L'enjeu n'est pas que de financer une reprise.
18:12L'enjeu est d'assurer sa pérennité.
18:14Donc, il faut que le financement soit compatible
18:16avec la capacité de remboursement dans l'entreprise.
18:18Et au-delà de sa capacité de remboursement,
18:21il faut que le financement soit compatible
18:25avec la croissance et le projet entrepreneurial
18:28porté par le repreneur.
18:30Et pour le coup, il ne faut pas sous-estimer
18:38la nécessité d'apport en fonds propres,
18:43de l'apport capitalistique dans l'entreprise.
18:46Et peut-être même, impliquer peut-être le cédant
18:49à travers un crédit vendeur
18:52ou un complément de prix
18:53qui permet un petit peu de réduire
18:55le financement sollicité aux banques.
18:57Du coup, quelles seraient toutes les étapes
18:59de ce financement ?
19:00Ça passerait par quoi exactement ?
19:02C'est l'achetant, enfin le repreneur, pardon,
19:07qui vient vers vous, il vous propose un projet
19:09avec un plan stratégique de différentes années.
19:13Comment ça se passe ?
19:13Alors, on aimerait avoir connaissance de ce projet
19:15bien avant que le dossier soit ficelé
19:17et qu'il arrive sur nos bureaux
19:17parce que ça permettrait justement
19:20d'intervenir en conseil,
19:21de pouvoir parler justement
19:22de cette nécessité d'existence
19:24de marge de manœuvre post-financement,
19:27post-acquisition,
19:28parce qu'elles sont absolument vitales
19:30pour l'entreprise.
19:32Ça relève de proximité
19:34entre le cédant et le repreneur
19:36et sa banque.
19:37Là, on rentre dans l'intimité
19:39de la relation.
19:40Donc, ce qui est important pour nous,
19:41banquiers, c'est leur connaissance
19:42de ce projet suffisamment tôt
19:43pour activer les bons leviers.
19:46Le financement,
19:47vous allez reprendre la parole,
19:48permettez-moi de vous couper,
19:49mais si vous regardez les données,
19:50aujourd'hui, l'Observatoire
19:51des financements d'entreprise,
19:53ou même ceux de la FBF,
19:55n'est qu'un demi-sujet.
19:58La plupart, pour ne pas dire
20:00la grande majorité des demandes
20:01de financement,
20:03sont accompagnées d'un accord
20:04de financement.
20:06Julien, c'était difficile
20:08à mettre en place.
20:11Et puis, surtout,
20:12c'est beaucoup de vulnérabilité
20:13de la part du repreneur,
20:14parce que c'est quand même
20:15ses fonds propres,
20:16qu'ils sont engagés,
20:16son temps,
20:17c'est de la disponibilité,
20:20c'est ses missions d'avant.
20:22C'est un job à temps plein.
20:24La reprise est un job à temps plein,
20:26pendant lequel vous n'êtes pas payé,
20:28ou légèrement subventionné
20:30par Pôle emploi.
20:35De mon côté,
20:37et pour revenir sur l'aspect financement,
20:40c'est compliqué
20:43de trouver le financement.
20:45Ça a été compliqué
20:46à partir du moment
20:47où on y va tout seul.
20:48On ne sait pas
20:49qui sont les interlocuteurs.
20:51J'ai eu la chance
20:52d'être financé,
20:52c'est le hasard,
20:54par Banque Populaire,
20:55mais parce que j'ai eu
20:57un intermédiaire
20:58qui connaissait bien,
20:59qui connaissait les bons
20:59interlocuteurs, etc.
21:00J'ai eu des interlocuteurs
21:04qui ne comprennent pas
21:09les métiers,
21:09qui ne lisent pas.
21:10C'est un gros travail
21:11de préparation.
21:12Il faut connaître
21:13les codes aussi
21:14des financeurs.
21:15Et j'ai eu la chance
21:17d'être accompagné
21:17par un cabinet
21:18spécialisé en financement,
21:20Finaiva,
21:20qui m'a accompagné
21:21sur cette phase-là.
21:22Et c'était excessivement
21:24pertinent et nécessaire.
21:26Parce que sinon,
21:27j'aurais perdu encore plus de temps
21:28et donc d'argent.
21:29Philippe,
21:29quelle place occupent
21:30les transmissions familiales
21:32dans tout cet écosystème
21:34de transmission ?
21:35Et est-ce que dans ce cas-là,
21:36le pacte du trail
21:37est fondamental
21:38pour les faciliter ?
21:41Alors,
21:42le sujet aujourd'hui
21:42dans la sphère médiatique
21:43et publique,
21:44on cherche à le sanctuariser.
21:46La question qui pourrait se poser,
21:47et vous allez poser
21:48la question du pacte PAP1,
21:49qui est de dire,
21:50au-delà de la sphère familiale,
21:52peut-on l'élargir finalement
21:53à la première sphère
21:54qui connaît le mieux l'entreprise,
21:55c'est-à-dire les salariés,
21:56on est favorable
21:57à tout ce qui permet
21:58la transmission
21:59d'une entreprise
22:00dans de bonnes conditions.
22:00Il y va de la vitalité
22:01en fait de nos territoires
22:02et des écosystèmes.
22:03D'abord,
22:04juste sur le familial,
22:05est-ce que la majorité
22:06des entreprises familiales
22:10sont transmises
22:11à leurs familles ?
22:13C'est un outil
22:15qui est très utilisé
22:17en effet
22:17dans les entreprises familiales,
22:18principalement les ETI familiales.
22:20D'accord.
22:20Et donc là,
22:22vous disiez
22:23que vous étiez favorable,
22:23c'est-à-dire que
22:24est-ce qu'il y a
22:25beaucoup de salariés
22:25qui après se manifestent
22:27et disent
22:27qu'ils veulent ensuite
22:30participer à l'entreprise ?
22:31Il n'est pas,
22:33après en parler,
22:34ouvert à salariés
22:34aujourd'hui,
22:35le pacte du trahi.
22:36Mais justement,
22:38de familial à salariés,
22:39est-ce qu'il y a
22:40ce passage
22:41qui peut être fait
22:42et facilité ?
22:44Comment vous voyez cette...
22:46La réponse est assez simple,
22:48c'est comme
22:49la recette de grand-mère,
22:50de laquelle vous avez hérité.
22:53Il y a une façon
22:54de faire.
22:55Il y a la manière
22:56dont vous mélangez
22:57les ingrédients.
22:59Une entreprise,
23:00c'est exactement ça.
23:00Qu'est-ce qui fait
23:01que vos clients
23:01sont vos clients ?
23:02Qu'est-ce qui fait
23:02que vos clients
23:03sont fidèles à l'entreprise ?
23:04Qu'est-ce qui fait
23:04que vos collaborateurs
23:05sont satisfaits ?
23:06Qu'est-ce qui fait
23:07qu'une entreprise fonctionne ?
23:08Cette recette
23:09de fabrication
23:10de la réussite
23:11d'une entreprise,
23:12elle est détenue
23:13par ses actionnaires,
23:14par la famille
23:14et par ses salariés.
23:17Et du coup,
23:17il faudrait...
23:19Quelle est votre vision
23:20sur ce pacte papain
23:22qui pourrait faciliter
23:23cette positive ?
23:24Positive dès lors
23:25qu'elle améliore
23:26le taux de survie
23:27des reprises.
23:28Alors aujourd'hui,
23:28le taux de survie est bon
23:29parce qu'aujourd'hui,
23:30il est donné de 84%.
23:31Donc à trois ans,
23:32une entreprise
23:33qui fait l'objet
23:33d'une reprise,
23:34son taux de survie
23:34est de 84%.
23:35D'accord.
23:36Il pourrait être amplifié
23:37dès lors qu'on l'élargit
23:39à ceux qui savent
23:40comment fonctionne
23:41l'entreprise.
23:41Qu'est-ce qui permettrait
23:43pour vous justement
23:44même si ces taux
23:45sont très élevés
23:46d'améliorer en fait
23:47la transmission
23:48d'entreprise
23:49et donc qu'on voit
23:50que c'est un enjeu
23:50quand même fondamental
23:51pour les dix prochaines années ?
23:52La préparation.
23:53Le secret,
23:54c'est réellement la préparation.
23:56Pas d'aide,
23:57tous ces pactes comme ça,
23:58c'est des aides
24:00étatiques,
24:00donc gouvernementales.
24:03Le gouvernement,
24:04l'État
24:04ne devrait pas forcément
24:04plus s'investir.
24:05Il y a déjà
24:06tous les outils
24:07qui sont sur la table ?
24:08Tous les outils
24:09sont sur la table.
24:10D'accord.
24:10Moi, je suis assez d'accord.
24:11Je pense qu'on n'a pas besoin
24:12d'intervention complémentaire
24:15de l'État.
24:15On a besoin
24:16que les sédants
24:17soient plus accompagnés.
24:19Par contre,
24:20mais quasiment
24:21au sens pédagogique
24:22du terme.
24:23C'est ce que disait
24:24M. Guillaume tout à l'heure.
24:25En effet,
24:26c'est cette phase
24:26de préparation
24:27qui, pour l'instant,
24:28moi, dans mes recherches,
24:29j'ai vu plein de sédants
24:31qui n'avaient pas du tout
24:32conscience
24:33de ce que pouvait
24:36être finalement
24:36une reprise
24:37et de comment
24:39on allait transmettre.
24:39j'ai vu des archives
24:41en papier
24:43datant des années...
24:45Voilà.
24:47Et rien
24:49de digitalisé,
24:50tout dans la mémoire
24:51collective.
24:53Et s'il dirait,
24:54j'en part,
24:54il y a tout
24:55qui part avec lui.
24:56Ce n'est pas possible.
24:57On ne peut pas transmettre.
24:58Et la valeur de l'entreprise
24:59est forcément
25:00extrêmement diminuée
25:01pour le sédant.
25:02ce n'est pas du tout
25:03le cas chez Millefeuille.
25:04Mais quand vous êtes
25:06mieux accompagné,
25:06il y a quand même aussi
25:07tout un arsenal
25:08de banques,
25:09etc.,
25:10qui vous accompagnent.
25:11Comment mieux le faire ?
25:12Ce serait quoi ?
25:13Ce serait des cabinets
25:14spécialisés dans ça ?
25:15Des réseaux ?
25:18Je pense qu'il faudrait
25:20soit par l'intermédiaire
25:21des experts comptables,
25:22des banques,
25:23etc.,
25:24que...
25:26Je ne sais pas
25:26s'il y a besoin
25:27d'autre chose,
25:28mais il faut faire
25:29prendre conscience
25:30à des gens...
25:31Moi, j'ai eu la chance
25:32d'être directeur général
25:33adjoint,
25:34d'évoluer dans
25:36des grands groupes.
25:37J'ai été intrinsèquement
25:40mouillé dans ces problématiques.
25:44Pour quelqu'un
25:45qui a 3, 5 salariés
25:49dans des environnements
25:50très artisanaux,
25:53etc.,
25:53tout ça,
25:54enfin,
25:54toutes les problématiques
25:55de reprise,
25:56de digitalisation,
25:58de structuration
25:59de la fonction finance,
25:59etc.,
26:00c'est à l'opposé
26:02de son quotidien
26:02et je le comprends.
26:04Oui, parce qu'en fait,
26:04c'est des petites entreprises,
26:06pas un grand nombre
26:07de salariés
26:08et beaucoup d'émotionnels
26:09aussi là-dedans.
26:09C'est ce que vous voyez,
26:10peut-être, Philippe ?
26:11Parlons, par exemple,
26:12de préparation.
26:14Donnons, pour exemple,
26:14une entreprise
26:15qui a acquis ses locaux.
26:17Donc, l'entreprise
26:17est propriétaire des locaux.
26:18Le jour où vous vendez
26:19votre entreprise,
26:20elle vaut deux fois plus cher.
26:20L'exploitation
26:21et l'immobilier,
26:22à ce moment-là,
26:23c'est là où doit intervenir
26:25un conseil en amont.
26:25Peut-être séparer
26:26l'exploitation des locaux.
26:28Dans votre actionnariat,
26:30vous avez peut-être
26:31hérité d'un actionnaire familial.
26:33Un oncle,
26:34un cousin,
26:34un frère
26:35qui est peut-être
26:36moins actif dans l'entreprise.
26:38Réorganiser l'actionnariat
26:39pour pouvoir faciliter la session,
26:41c'est également
26:41quelque chose
26:42qui s'organise.
26:43Tout à l'heure,
26:44on parlait de financement.
26:44Oui, il y a le financement bancaire,
26:46mais il y a aussi
26:46des structures
26:48de prêt-équity
26:49aujourd'hui spécialisées
26:50dans le capital transmission.
26:52C'est quelque chose
26:52que l'on fait
26:53assez naturellement
26:54en banque populaire.
26:55Mais là,
26:56c'est la capacité,
26:57par exemple,
26:57de se substituer
26:58à un actionnaire minoritaire
27:00pour avoir plus
27:00les coûts des franches
27:01pour accompagner
27:02votre croissance
27:02ou faciliter la transmission.
27:04Merci beaucoup,
27:05Philippe Guillotot.
27:06Je rappelle que vous êtes
27:07responsable des ingénieries financières
27:08au sein du groupe BPCE.
27:10Julien Guibert,
27:11gérant de Millefeuille Paysage
27:12que vous venez de reprendre
27:13il y a quelques mois.
27:14Merci à vous deux
27:15de nous avoir partagé
27:17vos retours au terrain
27:18et merci à vous toutes
27:19et tous de nous avoir suivis.
27:20C'était Smartéco.