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  • il y a 3 heures
« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 18h à 19h sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.

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00:00BFM Business présente
00:06Les experts sans frontières
00:09Mathieu Jolivet
00:11Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans les experts sans frontières.
00:15Aujourd'hui, ils nous viennent d'Hongrie et des Etats-Unis,
00:18des regards extérieurs précieux pour nous aider à sortir de notre prisme franco-français.
00:23Avec eux, on va partir à Evian, au G7, qui marque le retour des Etats-Unis dans le soutien à
00:28l'Ukraine,
00:28ce qui ne doit surtout pas nous faire oublier que le vrai mouvement de fond
00:33est bel et bien un retrait progressif de la présence stratégique américaine en Europe.
00:39L'Europe a-t-elle vraiment les moyens de lutter contre l'agressivité commerciale chinoise ?
00:43Elle se dote d'outils protectionnistes à l'issue d'un Conseil européen relativement timide
00:48qui vient juste de se terminer à Bruxelles.
00:50Et puis, nos experts américains, nous parlerons de Cuba, bien sûr,
00:54qui vient d'acter les premières réformes libérales en 70 ans.
00:57Les experts sans frontières. C'est parti !
01:00BFM Business présente
01:05Les experts sans frontières
01:09Mathieu Jolivet
01:11Bienvenue, si vous nous retrouvez, ils sont autour de moi,
01:14nos experts sans frontières que vous retrouvez tous les vendredis.
01:17Des regards vraiment précieux pour nous aider à sortir tous de notre prisme franco-français.
01:22Aujourd'hui, nous sommes avec Sandrine Weiss, journaliste franco-hongroise, spécialiste du commerce international.
01:28Bonjour Sandrine et bienvenue.
01:29Bonjour, merci.
01:30Steven Ekovich, professeur de sciences politiques et d'histoire à l'Université américaine de Paris.
01:35Bonsoir Steven.
01:36Bonsoir.
01:36Bienvenue.
01:37Et Hélène Kohns, américaine, spécialiste des États-Unis et professeure à l'INSEC Paris.
01:42Bienvenue Hélène.
01:43Merci beaucoup.
01:44J'aimerais commencer avec vous sur l'Iran.
01:47Avec vous, il y a un report s'inédié des négociations sur l'Iran qui devait débuter à Genève
01:54avec J.D. Vence et ses homologues iraniens.
01:58Steven, on a l'impression que cet accord iranien, ce bout de papier, on a l'impression qu'il ne
02:04verra jamais le jour.
02:06Je ne sais pas si on peut l'appeler un accord.
02:10Formalement, c'est un memorandum of understanding.
02:13Qu'est-ce que c'est un memorandum of understanding ?
02:15C'est un agenda.
02:17Tous vos téléspectateurs qui font des affaires, qui sont dans une entreprise, ils savent pertinemment ce que c'est un
02:23memorandum of understanding.
02:25C'est un agenda.
02:27On va discuter de telles choses dans un certain cadre.
02:33Donc je ne crois pas qu'on peut dire qu'on est en train de voir un accord.
02:38Non, mais ce que je trouve assez ahurissant, c'est que même la mise sur les rails d'une négociation
02:46de 60 jours pour éventuellement arriver à un accord,
02:49même ce point de départ est quelque chose de quasiment impossible à obtenir, Hélène.
02:54Alors, aux États-Unis, on entend beaucoup de « surrender document ».
02:59C'est vraiment le document de la capitulation.
03:01Et ce ne sont pas du tout mon terme, c'est le terme des podcasts de droite,
03:07beaucoup jusqu'à Fox News, qui sont très surpris, déçus et gênés par cette capitulation,
03:15qui ne peut pas être qualifiée autrement, parce qu'ils essayent de dresser la liste des choses.
03:20Qu'est-ce qu'on a gagné, nous, les États-Unis ?
03:25Intéressant, c'est ça.
03:26Les 14 points de la capitulation, c'est comme ça qu'ils en parlent sur Fox News.
03:29Et j'aimerais vous faire écouter pourtant avant-hier à Evian, au G7, présidé par la France.
03:35Voilà ce que disait Donald Trump, très confiant sur l'ouverture de ces négociations.
03:41Donc, l'accord de dimanche avec l'Iran sera signé sous peu, dans un ou deux jours.
03:51Vous savez, moi, tout ce qui m'intéresse, c'est les accords.
03:53C'est toujours ça que j'ai fait.
03:56C'est incroyable, les accords que j'ai pu faire jusqu'à présent.
03:59Donc, c'est une garantie.
04:02C'est obligatoire que ce soit signé.
04:06Il m'est arrivé d'avoir des accords qui n'étaient pas du tout faciles à signer.
04:14Et puis, on y arrive.
04:16Il a l'air pourtant confiant.
04:17Donc, c'était il y a 48 heures.
04:19Là, on parle d'un report si nédié de l'ouverture des négociations.
04:22Oui, mais celui qui n'est pas du tout confiant, c'est le chef de notre diplomatie, Marco Rubio.
04:26Je ne sais pas si vous avez vu son visage derrière, mais on est sur une politique étrangère complètement bâclée
04:34pour les États-Unis.
04:35Et si vous voulez, je pense que là, Marco Rubio, chef de la diplomatie, je dois le mettre entre guillemets
04:41parce que lui-même a eu la bonne idée de vider nos ambassades, nos consulats.
04:45Il n'y a plus de diplomates.
04:47Il est très seul là derrière Donald Trump et pas du tout de bonne humeur.
04:50Et surtout, Donald Trump, Stephen, il a besoin de sortir au plus vite de ce bourbier iranien.
04:56et il a des échéances électorales.
04:58Oui, mais il va y avoir du mal à le faire, surtout parce qu'on vient de souligner que même
05:05le camp républicain,
05:08même le camp à droit, c'est ce camp-là qui fustige ce mémorandum.
05:15Les démocrates, ils restent silencieux, ils n'ont besoin de dire rien pour l'instant.
05:21Ils laissent les républicains se déchirer entre eux.
05:24Donc, non, Donald Trump, il voudrait bien, avec confiance, sortir de ce bourbier,
05:31mais il ne veut pas y arriver parce qu'on va continuer à parler de cette reddition, de cette capitulation
05:37pendant des jours et des jours et des semaines et des semaines.
05:40Et en même temps, dans son discours, Sandrine, on sent que Donald Trump,
05:43il essaye à chaque fois de rassurer les Américains et son électorat sur le prix du pétrole.
05:49Parce que là, c'est quand même un sujet aussi économique.
05:51Forcément, on a vu côté iranien une guerre asymétrique assez spectaculaire
05:57où ils ont compris qu'ils avaient le pouvoir de bloquer l'économie mondiale.
06:00Et ça, Donald Trump ne l'avait peut-être pas vu venir.
06:02Le galon, quand on fait son plein aux États-Unis, ça, il le voit, les lecteurs.
06:07Et pourtant, Donald Trump a un discours plutôt rassurant.
06:09Il ne vous inquiéte pas, dès que je vais avoir ma petite feuille pour sortir,
06:12le prix du pétrole va chuter et ça reviendra dans la normale.
06:16Alors, son rôle, c'est en tant que chef d'État, effectivement, de rassurer les marchés.
06:19Ça, ce n'est pas étonnant.
06:21Effectivement, c'est un vrai point et pour les États-Unis et pas seulement pour les États-Unis.
06:25Parce que jusqu'à présent, les pays importateurs de pétrole ont utilisé leurs stocks stratégiques.
06:31Et puis, il y a eu une limitation de la consommation qui jouait en fonction de l'offre et de
06:36la demande.
06:36C'est-à-dire que comme le prix de l'essence, par exemple, augmentait, dans d'autres pays, on consommait
06:41moins.
06:42Là, il y a une urgence à sortir de cette crise.
06:44D'abord parce que les stocks stratégiques, à un moment donné, il n'y en aura plus.
06:47Et puis aussi, il y a une autre forme de crise en chaîne qui se profile.
06:50C'est que les hydrocarbures entrent aussi en ligne de compte dans la production d'engrais.
06:58C'est-à-dire que le soufre et l'acide sulfurique, ce sont des sous-produits des hydrocarbures.
07:03Et ça entre dans la composition des engrais.
07:06Et là, ce qui se profile, c'est un vrai risque alimentaire.
07:08Parce que les récoltes dans l'hémisphère nord, c'est bon, elles sont lancées et elles ne seront pas perturbées
07:14par ce manque d'engrais.
07:15Mais dans quelques mois, si cette crise n'est pas réglée, il n'y aura pas suffisamment d'engrais.
07:19Et il y a un vrai grand risque de crise alimentaire dans le monde.
07:24Un vrai risque de crise alimentaire dans le monde parce qu'il n'y aura pas suffisamment d'engrais.
07:28Il y a un risque aussi de pénurie.
07:29Alors là, j'arrive sur le terrain plus technologique.
07:31Mais on sait qu'il y a aussi, j'ai découvert qu'il y avait notamment des produits qui viennent
07:35du Qatar qui sont bloqués.
07:37Et notamment l'hélium qui est indispensable, notamment pour refroidir des productions de cartes graphiques et de puces électroniques en
07:48Asie.
07:48Ça aussi, ça peut faire...
07:49Oui, parce qu'on se focalise beaucoup sur le pétrole.
07:51Mais il y a d'autres dérivés, il y a d'autres produits.
07:53Il y a les engrais, le souffle, l'hélium.
07:54Il y a les engrais, le souffle, l'hélium.
07:56Et effectivement, ça va pénaliser la métallurgie.
07:59Voilà, si cette crise ne se résout pas au plus vite, ça ne va pas...
08:03Voilà, il va y avoir des effets en chaîne.
08:04Et puis le pétrole lui-même, il entre dans la production de beaucoup d'industries.
08:07Donc c'est un vrai grand sujet.
08:09Un vrai grand sujet.
08:10J'aimerais revenir aussi sur le narratif qu'il y a aux États-Unis.
08:16Vous nous rappelez ce narratif qu'on entend en ce moment sur les chaînes d'information américaines,
08:20Ellen et Steven.
08:21Notamment, on parle de capitulation de Donald Trump, etc.
08:25Ça serait vécu comme un échec.
08:27Mais en même temps, ce qui se profile, si jamais il persiste à vouloir faire chuter le régime
08:33et à augmenter la cadence et à mettre une pression supplémentaire en Iran,
08:36c'est le spectre d'un nouveau Vietnam, Irak ou Afghanistan.
08:41Et ça, c'est vous qui allez nous raconter avec votre culture américaine.
08:48Mais j'ai l'impression que dans la psyché collective américaine,
08:53le spectre de l'Afghanistan ou de l'Irak, ça peut faire très très mal.
08:57Oui, mais en fait, il nous prépare pour ça.
09:00Parce qu'à chaque fois qu'il parle du Vietnam, par exemple,
09:03il parle de la guerre du Vietnam, virgule, 19 ans de guerre.
09:06Il n'a cesse de le rappeler.
09:08Mais vous savez, moi j'ai l'impression que c'est vraiment,
09:11effectivement, les compagnies pétrolières américaines
09:14qui ont forcé la main à Trump pour dire
09:16« Vous jouez quand même avec l'économie mondiale et l'économie américaine.
09:20Vous devez faire en sorte que ce détroit d'hermousse ouvre. »
09:25Alors, à combien même, c'était peut-être un petit peu entre-ouvert quand même.
09:28Et ce n'est pas avec nos vingtaines de navires.
09:30À combien même nos destroyers, c'est génial.
09:33Félicitations à nous.
09:34Mais il fait ça.
09:35Mille bateaux qui attendent, si vous voulez, ça ne fait pas le poids.
09:38Ce qui est intéressant, là, parce qu'en effet,
09:40les chefs des grandes entreprises pétrolières se sont réunis.
09:45Je crois qu'ils ont même allé à la Maison Blanche.
09:47Mais ils n'ont pas gardé cette information discrète juste entre le président et eux.
09:52Ils ont annoncé publiquement qu'ils s'inquiétaient.
09:55Donc, c'est intéressant qu'il y ait cette divulgation de ces entreprises publiquement.
10:01Intéressant.
10:02Intéressant ce que vous me dites.
10:03D'ailleurs, ça me fait penser peut-être au max,
10:08le highlight de la guerre commerciale que mène Donald Trump depuis un an contre la Chine.
10:13Une fois, il contrôle le monde entier avec ses tarifs douaniers.
10:15Je crois qu'une fois, il a fait marche arrière.
10:18C'est quand les taux obligataires américains ont bondi une nuit, je crois, du mois de mars.
10:25Et Jamie Dimon l'appelle et lui dit maintenant, il faut que tu arrêtes.
10:29Le point lourd de cette question.
10:31Le patron de J.P. Morgan.
10:33Mais encore une fois, ça montre aussi qu'on a aussi peut-être les élites économiques
10:37qui peuvent être les mieux placées pour dire à Trump quand il faut arrêter.
10:42Oui, tout à fait. Et vous savez, je ne suis pas convaincue qu'il pense réellement qu'il peut faire
10:48chuter le régime iranien.
10:51Il a échoué sur ce point.
10:54Il a tué une quarantaine de personnes et pourtant, ils sont toujours là de plus belles.
10:59Donc, pendant ce temps, on a perdu nos bases.
11:03Vous savez, les Américains découvrent qu'on avait 13 bases militaires dans le Golfe.
11:07On ne savait peut-être pas trop et on ne les a plus.
11:09Donc, il n'a rien pour se replier.
11:11Le Pete Hexeth, là, notre chef de la défense, on ne l'entend plus beaucoup.
11:17C'est ça.
11:17Alors, comme dit Elaine Stevens, on se dit tout ça pour ça.
11:21Comment vendre aujourd'hui à l'opinion publique américaine une sortie, entre guillemets, honorable de la crise iranienne ?
11:30C'est très gênant sur plusieurs plans.
11:33Sur le plan d'images, bien évidemment.
11:36Ça fait mal.
11:37Mais aussi, sur le plan de la vie quotidienne, matérielle, comme on vient de le résumer.
11:43C'est intéressant, d'ailleurs, que tout ça tombe sur Vance.
11:51Et on dit déjà que c'est l'accord de Vance.
11:53Donc, Donald Trump essaie de se débarrasser de cet échec.
11:57Et sur les chaînes de télévision, c'était J.D. Vance, ses jours récentes.
12:04C'est lui qui était là pour défendre l'accord.
12:07D'ailleurs, il a un peu déformé ce qui est dans l'accord pour donner une belle image de cet
12:14accord.
12:15Donc, cet échec va vraisemblablement être porté sur le dos de Vance.
12:21C'est ça.
12:21Et de Rubion.
12:22Et plus on perd du temps, j'allais dire, et là, je reviens sur le plan économique, Sandrine,
12:26mais plus les jours passent, plus on se rapproche, j'allais dire, de dates fatidiques.
12:32J'ai le souvenir du PDG de Total Energy, Patrick Pouyanné, qui, dès le mois de mars, a dit
12:36« Attention, le monde, l'économie mondiale peut tenir trois ou quatre mois.
12:41Au bout de six mois, ça va commencer à faire très mal pour le blocage du détroit d'Hormuz.
12:46Là, je fais le calcul, six mois, ce sera à peu près la fin août, début septembre. »
12:51Il y a déjà des effets, c'est-à-dire qu'il y a des restrictions des PIB liées à
12:55ces crises.
12:56Alors, on ne peut pas encore parler de choc pétrolier, mais il y a déjà des restrictions,
12:59c'est-à-dire qu'on perd des dixièmes de points de croissance à cause de ça.
13:03Et puis, ces engrais que j'évoquais tout à l'heure, déjà, les cours ont augmenté.
13:07Et déjà, ça va commencer à pénaliser les récoltes de l'hémisphère sud.
13:11Mais par rapport à la catastrophe possible que représenterait une non-ouverture d'Hormuz,
13:16ça n'est rien.
13:16Mais effectivement, c'est à échéance de quelques semaines, quelques mois.
13:20C'est ça ce que disent les économistes.
13:21Il faut que ça réouvre absolument.
13:22Et ce qu'on remarque aussi aujourd'hui, Sandrine Veil,
13:25je rappelle, vous vous observez un peu au quotidien les grands flux commerciaux mondiaux.
13:29Le fonctionnement des entreprises et comment elles arrivent à naviguer dans le commerce international, etc.
13:35On voit aussi que ça rebat les cartes, peut-être durablement, ne serait-ce que sur les routes maritimes.
13:41Parce que quand bien même on se projette sur une ouverture safe du détroit d'Hormuz,
13:47aujourd'hui, beaucoup d'armateurs se sont dit,
13:49ok, maintenant je diversifie mes risques et tant pis si mon conteneur va mettre plus de temps,
13:56on va choisir différentes routes.
13:58Ah oui, oui, mais ça, ça ne peut pas se faire à court terme en fait.
14:01À moyen terme, c'est vrai qu'il y a déjà une réflexion des armateurs,
14:05aussi des assureurs, des assurances qui réfléchissent à comment analyser mieux les risques.
14:11Effectivement, voilà, mais ça c'est du moyen terme.
14:12On ne peut pas ouvrir comme ça du jour au lendemain des routes.
14:16Donc ça se fait à la marge.
14:17En tout cas, on voit qu'il y a même des corridors terrestres qui sont en train de se dessiner.
14:20Ça accélère en fait des projets qui étaient en cours.
14:22Il y a déjà des projets et c'est vrai qu'en Arabie Saoudite par exemple,
14:27et c'est vrai qu'on peut augmenter l'acheminement par Oléoduc.
14:32Mais dans une certaine mesure, ça reste encore à la marge par rapport à ces 20% du pétrole mondial
14:37qui transitaient jusqu'à un passé très récent par Armouz.
14:41Mais vous avez complètement raison, ça donne une réflexion, ça lance une réflexion.
14:45Mais une réflexion de moyen terme.
14:46Donc là, il faut réouvrir en urgence.
14:48Dernier point sur ce dossier iranien avant qu'on file en Ukraine ensemble.
14:54J'ai l'impression que le ton monte sérieusement, peut-être comme on l'avait rarement vu,
14:59entre la Maison-Blanche et Israël.
15:02Et Benyamin Netanyahou.
15:04Sachant que les Iraniens ont lié les négociations à l'arrêt des bombardements au Liban.
15:14Tant qu'Israël continue à bombarder le sud-Liban, Donald Trump s'embourbera là-bas.
15:22Mais jusqu'où ça peut aller ?
15:23Parce que là, j'ai rarement vu une telle tension entre un gouvernement israélien et la Maison-Blanche.
15:28Il y avait des tensions dans le passé, peut-être pas aussi fort.
15:35Mais j'imagine mal que les États-Unis vont abandonner l'Israël.
15:40Peut-être, certainement, Donald Trump a tenté d'abandonner ou de jeter aussi la responsabilité,
15:48pas seulement sur Vince, mais aussi sur Netanyahou.
15:51Parce que Donald Trump ne veut pas porter l'image de quelqu'un qui s'est rendu devant les Iraniens.
15:57Surtout pas.
15:58Donc, il va dire avec confiance.
16:01Il va débiter ses mensonges, ses histoires fantastiques.
16:05Avec confiance.
16:06Mais Donald Trump est en train de tisser pour son public un monde qui n'existe que dans sa tête.
16:14Et en même temps, je crois que la défense israélienne dépend beaucoup du matériel militaire américain.
16:20Ce sont des contrats gigantesques qui sont négociés.
16:23Ce sont les seuls à bénéficier d'une technologie de pointe la plus avancée qui vient des États-Unis.
16:28Ça, ça peut être un levier, peut-être, de pression des Américains sur Israël, ces contrats d'armement.
16:34C'est un double sens.
16:34Parce que les Américains et les autres aussi bénéficient de la recherche et de la production israélienne.
16:41Et les Israélios, ils ne sont pas fous.
16:43Ils vont aussi commencer à réorienter aussi la production de leurs armements.
16:49Donc, ils planifient aussi à long terme.
16:52Mais, encore une fois, il faut souligner, ces accords d'armement s'ajoutent dans les deux sens.
16:59C'est vrai que l'industrie de défense israélienne, elle est très, très, très, très forte.
17:03Et, par exemple, les accords d'Abraham, qui avaient pour vocation à sécuriser les relations entre Israël, Dubaï, Israël, d
17:11'autres pays de la zone,
17:12c'est aussi pour permettre ces échanges commerciaux.
17:15Et, paradoxalement, Israël avait commencé à vendre du matériel à ces pays de la zone.
17:21C'est ça. Donc là, il y a des intérêts technologiques croisés.
17:23Tout est croisé. C'est ça, le mot, c'est croisé.
17:25Ok. J'aimerais qu'on file maintenant en Ukraine. On va parler ensemble des leçons du G7.
17:30Un G7 présidé par la France, qui a été vendu comme un énorme succès diplomatique.
17:34Neuf textes signés dans tous les sens, etc.
17:36Donc, vraiment, ça s'est terminé. Il ne manquait plus que les jets de cotillon, les trompettes et les tambours.
17:43J'aimerais qu'on puisse quand même ensemble élargir un peu la focale.
17:46Parce que, voilà, si on regarde dans le rétroviseur, on sait à quel point ce genre d'accord est quand
17:52même plus fragile qu'on ne l'imagine.
17:55Déjà, ça marque, ce G7 d'Evian, le retour dans le jeu des Américains en Ukraine.
18:01Le grand retour des États-Unis dans le soutien à l'Ukraine.
18:05J'aimerais vous faire écouter Emmanuel Macron, qui sont félicités à Evian, cet État avant-hier. Écoutez-le.
18:10Cette remobilisation du G7 pour accroître la pression sur la Russie est extrêmement importante.
18:16Nous continuons, nous nous coordonnons dans un environnement en matière de prix du pétrole et du gaz qui a changé
18:24ces derniers jours.
18:25C'est la première fois que nous avons une telle convergence en G7.
18:27Et c'est la première fois que nous portons des conclusions aussi claires.
18:31Il se félicite des conclusions avec une des principales, qui est celle du retour des Américains dans le soutien à
18:38l'Ukraine.
18:39Ma question, Hélène, c'est est-ce que l'Europe peut vraiment faire confiance à Donald Trump dans ce dossier
18:45ukrainien ?
18:46Quand on voit, regardons un peu dans le rétréviseur, il y a encore quelques semaines, il annonçait un jour qu
18:50'il allait retirer 5000 hommes, 5000 soldats américains d'Allemagne et de Pologne.
18:56Et puis le lendemain, il dit finalement, je vais en rajouter 2500.
18:59On ne sait plus comment l'écouter, s'il faut le croire ou pas.
19:04Alors, je pense que parfois, Donald Trump lui-même ne sait pas.
19:08Vous vous souvenez de ce fameux débat entre Trump et Biden, où Biden avait perdu pied et Donald Trump a
19:14dit, je n'ai pas compris ce qu'il a dit et lui non plus ?
19:18On peut désormais le dire par rapport à Trump.
19:20Il a dit tout plein de choses.
19:23De nos jours, on peut dire, il n'est pas convaincu qu'il se souvient, qu'il pense que c
19:27'est important, qu'il a vraiment suivi le fil.
19:32Vraiment, j'aime le rappeler, c'est le seul président qui ne lit pas son presidential daily brief, il ne
19:38lit pas le brief du matin.
19:39On lui montre des vidéos, il n'est pas à ce point dedans.
19:42Et je pense que ça lui convient comme façon de faire.
19:45Vous savez, dans le projet 2025, c'était un peu cette idée-là, c'est-à-dire, c'est un
19:50abandon de nos institutions telles qu'on l'avait connues.
19:54Donc, il est vraiment dans ça.
19:55Et merci au G7 d'avoir fait le travail de notre congrès, parce que ce budget était là, voté par
20:02le congrès, il n'y avait jamais raison de faire du reculade.
20:04Et on peut dire, on ne peut pas vraiment dire que c'est un retour des États-Unis.
20:08Pour l'instant, c'est un retour annoncé, mais ce qui n'est jamais été, en fait, il y a
20:12des armes américaines qui arrivent en Ukraine, mais par le biais de Pologne, d'autres pays qui payent, et qui
20:17payent des prix très élevés.
20:19Donc, la Pologne, par exemple, achète des armes américaines et les donne gratuitement aux Ukrainiens.
20:24Donc, les armes passent, mais par ce tuyau-là.
20:28La deuxième chose, c'est la coopération entre les organisations, entre les services de renseignement, entre les CIA et les
20:39autres, ça n'a jamais arrêté.
20:41Et d'ailleurs, c'est plus fort maintenant que pendant le temps de Joe Biden.
20:47Donc, ça, c'est intéressant d'expliquer, on peut le faire plus tard.
20:50Et troisième chose, quand même, Starlink...
20:52C'est-à-dire qu'ils n'ont jamais été absents sur le front du renseignement, quoi, les Américains.
20:58Et Starlink, c'est le réseau satellitaire d'Elan Musk, qui est très utile dans les combats en Ukraine.
21:09Dans toute guerre de drones.
21:14J'aimerais vous faire écouter aussi le secrétaire à la guerre, Pete Exet, qui parlait cette semaine,
21:19parce que derrière tout ça, c'est finalement, c'est quoi l'avenir de l'OTAN, et la place des
21:23Américains dans l'OTAN.
21:24Pete Exet en parlait avant-hier, il parle d'un OTAN 3.0, écoutez-le.
21:31Nous redoublons d'efforts pour faire de l'OTAN ce qu'elle a toujours été censée être,
21:35une alliance équilibrée, avec l'Europe en première ligne pour sa propre défense, l'OTAN 3.0.
21:43Et pour en faire une réalité, j'annonce aujourd'hui un réexamen de 6 mois du département de la guerre,
21:48qui examinera le dispositif et le stationnement des forces américaines en Europe.
21:52Jusqu'à 6 mois, cela pourrait être moins.
21:54Appelons cela le réexamen OTAN 3.0.
21:59Voilà, le réexamen OTAN 3.0.
22:01En fait, le mouvement de fond, parce que, quand je disais, la conclusion du G7,
22:05Sandrine Veil, c'était de dire, c'est le grand retour des Américains en Ukraine.
22:08Là, quand on écoute Pete Exet, il y a 48 heures,
22:11le vrai mouvement de fond, c'est quand même celui d'un retrait stratégique des Américains en Europe.
22:15Déjà, il y a un décalage entre les discours, qui sont parfois erratiques, et puis la réalité.
22:19J'ai envie de dire un peu, aide-toi et le ciel t'aidera.
22:22Là, ce qu'on observe, c'est surtout une montée en puissance de l'industrie de défense ukrainienne.
22:28Ce n'était pas forcément attendu.
22:30Alors, c'est possible aujourd'hui, parce qu'il y a une industrie plus légère,
22:35mais c'est quand même ça, la grande, grande force.
22:37Et puis, l'Ukraine, elle compte aussi beaucoup sur l'Union européenne.
22:41Ça, c'est un allié de toujours.
22:42Il y a le prêt d'aide et des bloqués.
22:46Et puis, aujourd'hui, quand on interview, par exemple, les entreprises françaises qui sont en Ukraine,
22:50il y en a à peu près 180, elles emploient 30 000 salariés.
22:53Quand on les interview, elles disent, en fait, la guerre, maintenant, on considère en Ukraine
22:57que c'est quelque chose qui va durer.
22:59Et dans la planification économique qu'on fait, on l'intègre.
23:01On ne dit plus, bon, quand la guerre sera finie, on fera si et ça.
23:04Ils intègrent le fait que la guerre va se poursuivre, mais qu'on peut quand même travailler.
23:08Et dans les grands groupes français, il y a par exemple des banques,
23:10il y a par exemple des entreprises de la grande distribution,
23:14et puis beaucoup aussi dans le domaine de l'agroalimentaire,
23:16parce que c'est une grande puissance agroalimentaire, l'Ukraine.
23:18Donc, il y a beaucoup d'entreprises françaises présentes là-bas.
23:19En tout cas, cette spectaculaire montée en puissance industrielle des Ukrainiens sur le front,
23:25on va en parler juste après une courte pause,
23:27et on écoutera notamment le témoignage d'une entrepreneuse ukrainienne,
23:31d'une jeune entrepreneuse qui est partie de rien,
23:33qui du jour au lendemain est à la tête d'une usine qui emploie 6 000 personnes.
23:39Elle est toute jeune, avec son sourire, elle vous raconte les derniers missiles
23:42qui viennent taper les raffineries juste à côté du Kremlin.
23:45C'est elle qui les fabrique, ces missiles.
23:46Allez, on se retrouve dans un instant.
23:49Business présente
23:53Les experts sans frontières
23:56Mathieu Jolivet
24:00Bienvenue si vous nous retrouvez dans les experts sans frontières.
24:02Autour de moi, Sandrine Weiss, journaliste franco-hongroise, spécialiste du commerce international,
24:07Steven Ekovitch, professeur de sciences politiques et d'histoire à l'Université américaine de Paris,
24:11et Elaine Skoons, américaine spécialiste des États-Unis,
24:15et professeur à l'INSEC Paris.
24:17On parlait de cette capacité de la société civile ukrainienne à se réinventer justement en temps de guerre et à
24:25innover et à entreprendre.
24:26On voit ça avec l'essor spectaculaire de la filière des drones.
24:30J'aimerais vous faire écouter une jeune entrepreneur ukrainienne qui était au grand salon de la défense Euro Satori,
24:38qui se tenait cette semaine à Paris-Ville-Pinte.
24:41Elle s'appelle Irina Terek.
24:45Il y a un petit souci technique.
24:47Dès qu'on l'a, je vous la ferai entendre tout à l'heure.
24:49Mais simplement, c'est un témoignage qui nous fait comprendre que les Ukrainiens se sont montrés hyper agiles, Elaine Koons.
25:00Mais c'est peut-être ça le vrai 3.0.
25:02Parce que pendant que Pete Hexeth déroule son discours,
25:07chaque fois les Américains en paient un avion.
25:10On en a pour des dizaines, parfois même des centaines de millions de dollars.
25:14Alors qu'en face, ce sont des drones qui coûtent quelques centaines de milliers de dollars.
25:18Donc c'est un vrai souci asymétrique.
25:21C'est ça. On parlait de la guerre asymétrique du régime d'Ebola en Iran.
25:26Mais c'est la même chose, finalement.
25:27C'est ce que les Ukrainiens ont fait face aux Russes.
25:29Tout à fait.
25:30Et nous, on a nos legacy systems.
25:32On va avoir du mal à sortir de notre infrastructure qui est excessivement coûteuse.
25:37Et c'est ce que d'ailleurs Pete Hexeth demande toujours à des coups de trier.
25:41J'aimerais vous faire écouter.
25:42Et ça y est, on me dit qu'on a pu la récupérer.
25:45Cette jeune entrepreneur ukrainienne qui était au salon Eurosatory à Villepinte,
25:49elle s'appelle Irina Theret, qui présente ses redoutables drones.
25:54Avant même de commencer notre collaboration avec une de ces entreprises françaises,
25:58il nous a fallu un an et demi pour obtenir l'autorisation qui leur permettait d'entamer des discussions avec
26:03nous.
26:03Le développement du flamingo nous a pris neuf mois.
26:06Les démarches administratives ont donc pris deux fois plus de temps que la conception d'un missile anti.
26:13Voilà, donc là, elle nous dit qu'elle, en fait, elle veut aller vite.
26:17Et pour ceux qui nous regardent, ce qu'on voyait derrière elle, c'était un redoutable drone
26:22qui est capable de manière totalement autonome d'aller frapper les fameuses raffineries russes.
26:26C'est elle qui les invente aujourd'hui.
26:27C'était un missile de croisière, non ?
26:29C'était un missile de croisière.
26:30Exactement, et aujourd'hui, cette jeune entrepreneur qui, avant la guerre,
26:36bricolait des petits drones avec six personnes, elle emploie 6000 personnes.
26:39Mais ce qu'il faut souligner, c'est qu'il y avait en Ukraine, avant la guerre, déjà, une base
26:43industrielle.
26:44Ce n'était pas un pays sous-développé, avec beaucoup d'ingénieurs et de vraies expertises.
26:47Les militaires.
26:48Les militaires.
26:49Donc il y avait quand même cette base, ce terreau favorable.
26:52Et puis, aujourd'hui, c'est vrai qu'on peut fabriquer des armes moins chères et plus vite.
26:57Ce ne sont pas des gros chars avec des grands cycles de production.
27:01Donc, effectivement, ce pays est en train de développer une vraie industrie de défense moderne.
27:04Et on peut imaginer qu'à terme, l'Ukraine sera aussi un exportateur dans le domaine de la défense.
27:10Oui, il y a deux choses à dire.
27:11D'ailleurs, ils étaient euros-satouris, vous dites.
27:12Tout à fait.
27:13On la voit euros-satouris, c'est pour faire rayonner son pays.
27:15Quand son pays est menacé d'existence, ça accélère l'innovation.
27:19Mais deuxièmement, je crois que là, on peut louer la liberté d'entreprendre.
27:24C'est un autre exemple de cet avantage des Ukrainiens sur les Russes.
27:29Quand on se trouve acculé, ça libère une énergie entrepreneuriale et créative.
27:35C'est le contraire de la Russie.
27:38À condition qu'il y ait une base.
27:40Il faut quand même un niveau de développement.
27:42Il faut des expertises.
27:43Il faut des gens formés.
27:44Il faut ça.
27:45Ça ne peut pas fonctionner dans tous les pays.
27:46Et ce qui est compliqué aussi, et c'est peut-être là où il faut faire attention,
27:49et on l'a vu lors des deux premières guerres mondiales,
27:51il faut faire attention aux modèles économiques qu'on invente en temps de guerre,
27:55qui parfois ne sont plus transposables en temps de paix.
27:59Si on se met à développer des usines de drones partout en temps de paix,
28:02est-ce qu'on en aura autant besoin ?
28:03Est-ce qu'on ne sera pas en surcapacité productive ?
28:06C'est aussi le danger.
28:07Oui, mais c'est une production très distribuée.
28:10Ce n'est pas une production lourde centralisée.
28:13Là, ça aurait été beaucoup plus difficile, mais ça, c'est beaucoup plus souple
28:17de passer d'une économie de guerre à un autre.
28:20Dans le civil, Waze, c'est une technologie qui vient de l'armée.
28:23À la base, Waze, qu'on utilise en voiture, ça vient de l'armée.
28:26Donc, quand même, souvent, l'industrie de défense trouve en suite
28:28des applications possibles dans d'autres secteurs civils.
28:31Cette Ukraine qui était au cœur des discussions du G7 à Evian,
28:35l'autre grand sujet qui était un sujet macroéconomique,
28:38alors qu'il peut paraître un peu ardu, technique, austère comme ça,
28:41mais qui est fondamental, c'est celui de réduire les déséquilibres macroéconomiques
28:47dans le monde.
28:48Ça, c'est un des grands objectifs du G7 depuis 1975,
28:51avec cette idée que vous, aux États-Unis, vous consommez trop.
28:57Nous, en Europe, on n'investit pas assez.
28:59Et eux, en Chine, ils ne consomment pas assez et ils exportent beaucoup trop.
29:04Et donc, comment est-ce qu'on peut essayer de demander à chacun
29:07de changer son modèle économique ?
29:10Ils sont ressortis de ce G7 en disant,
29:12on s'est mis d'accord sur le diagnostic, c'est extraordinaire.
29:16Mais simplement, est-ce que ce n'est pas un peu utopiste
29:20de se dire, Sandrine, que la Chine, du jour au lendemain,
29:25dira, ok, je vais changer mon modèle économique
29:28pour réduire les déséquilibres dans le monde ?
29:30Alors, elle le fera si elle y trouve un intérêt.
29:32C'est très bien résumé.
29:33C'est-à-dire que les États-Unis consomment beaucoup
29:35et sont très endettés.
29:36Pardon, je l'ai souligné.
29:38La France, voilà, où l'Europe investit peut-être insuffisamment.
29:42Et puis, la Chine épargne beaucoup.
29:47Et ça, on ne le souligne pas toujours.
29:48C'est-à-dire plutôt d'épargne.
29:50Mais c'est de ça que peut venir un espoir.
29:52En fait, ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on sait que si les Chinois
29:56épargnaient moins et consommaient plus, ça réglerait une partie du problème.
29:59Et il y a un mouvement à bas bruit qui est lancé en Chine
30:04pour augmenter, pour lancer des réformes liées à la protection sociale.
30:08En fait, les Chinois épargnent beaucoup
30:11parce qu'il n'y a pas toute cette protection qu'on a en Europe.
30:13Et donc, s'ils se sentaient plus sécures, ils consommeraient davantage.
30:17Donc, c'est un peu la lueur d'espoir.
30:19Le gouvernement chinois, en 2025, déjà, a lancé des réformes.
30:22Donc, s'il y avait plus un droit du travail, plus protecteur,
30:26s'il y avait plus d'informes, ils consommeraient davantage.
30:27S'il y avait une meilleure retraite, s'il y avait plus d'assurance,
30:30ils consommeraient davantage.
30:32Et ce serait une des pistes de solution.
30:34Et dans les modèles de politique économique,
30:36j'ai même, idem, c'est quand même un peu utopiste, non ?
30:39De se dire qu'on arriverait à convaincre Donald Trump
30:43de moins investir dans l'IA, de moins investir dans le spatial
30:49pour que les États-Unis ne s'endettent moins.
30:51Je veux dire, lui, il s'abrite derrière le roi dollar
30:53et ce n'est pas son problème, non ?
30:55Oui, mais le roi dollar a été malmené ce dernier temps.
30:59C'est vrai.
30:59Est-ce toujours le pétro-dollar ou est-ce peut-être le pétro-yuan ?
31:03Vous voyez, l'hégémonie américaine a été complètement compromis.
31:07On est forcément sur un nouvel ordre mondial.
31:09Donc, il y a une photo vraiment très iconique de cette G7
31:13qui était un Donald Trump qui était seul.
31:16Je ne sais pas si vous l'avez vu.
31:17Il parlait, il y avait des gens, il parlait autour d'eux,
31:20il parlait entre eux et Donald Trump était seul.
31:23Personne ne jugeait bon de lui.
31:25Adressait la parole.
31:26À combien même il entre en retard en annonçant
31:30« I'm the boss, c'est moi le boss », etc.
31:32Quand ils sont laissés et ils étaient coincés là,
31:35ils ne pouvaient pas faire autrement,
31:36tout le monde était autour de la table.
31:37Mais quand ils sont en train de discuter entre eux,
31:40personne n'estime qu'il faut vraiment interpeller Donald Trump
31:45ou discuter avec Donald Trump.
31:47Et il avait l'air, le regard très vide.
31:51Donc, je ne pense pas qu'il y ait ce point
31:53dans son réel rôle de leadership.
31:55L'autre grand sujet pour rééquilibrer ces déséquilibres mondiaux,
31:58tous les projecteurs sont braqués sur la Chine
32:00qui exportent ces produits sursubventionnés.
32:04Alors, on voit que de manière très agressive,
32:07Donald Trump a dressé des digues aux Etats-Unis.
32:10L'Europe a essayé de faire la même chose,
32:12essaye de faire la même chose.
32:13Ça a l'air d'être un peu plus compliqué.
32:15Il y a un Conseil européen qui était consacré
32:17notamment au sujet de l'agressivité commerciale chinoise
32:19qui vient de se terminer il y a moins d'une heure.
32:22J'aimerais vous faire écouter l'ancien Premier ministre belge
32:25et ancien président du Conseil européen.
32:27C'est Charles Michel qui était l'invité de BFM Business ce matin
32:30et qui rappelle que l'Europe doit être ferme avec la Chine
32:33sur ses pratiques commerciales.
32:35Écoutez-le.
32:36La Chine a besoin du marché intérieur européen
32:38parce que la Chine produit trop,
32:40trop par rapport à sa capacité de demande intérieure.
32:43Et le marché intérieur européen est très important pour la Chine.
32:45Si c'est le cas, les Européens doivent dire avec clarté à la Chine
32:48« Nous avons des intérêts de sécurité économique dans les chaînes d'approvisionnement.
32:52On doit identifier nos secteurs stratégiques
32:55et on doit avoir une discussion très ferme,
32:58respectueuse, mais ferme avec la Chine. »
33:01Compliqué Sandrine, de trouver cette ligne de crête
33:05où d'un côté il faut mettre des digues face aux Chinois
33:07et ne pas les braquer non plus
33:10et les convaincre qu'il faut toucher les 450 millions de consommateurs européens
33:15mais être fair dans les règles du jeu commercial.
33:18C'est vrai que l'Europe réagit assez tardivement
33:22parce que tout ça, c'était prévisible.
33:24En 2013, déjà, le gouvernement chinois a lancé cette grande initiative
33:28qu'on appelle les nouvelles routes de la soie.
33:31Et qu'est-ce que c'est les nouvelles routes de la soie ?
33:33Eh bien, c'est tout un ensemble de routes, d'infrastructures portuaires,
33:37ferroviaires, logistiques.
33:38Ça veut dire des hangars, ça veut dire des rachats de ports,
33:41ça veut dire des prises de participation,
33:43des accords commerciaux avec tous les pays
33:44qui se trouvent sur le parcours entre la Chine et l'Europe.
33:48Donc, à bas bruit, la Chine a construit
33:53cette possibilité d'inonder l'Europe de ses produits.
33:55Donc ça, voilà, on ne le découvre pas aujourd'hui,
33:58ça date de 2013, mais c'était fait discrètement.
34:01Alors, parfois, il y avait des choses médiatisées.
34:02Je me souviens quand le Piret a été racheté,
34:06tout parti, ça, ça a été médiatisé.
34:08Costco, le géant chinois, a racheté le Piret.
34:11Mais il y a plein d'autres ports dans lesquels il y a des prises de participation,
34:14et ça, ça a été moins médiatisé.
34:15Donc, on réagit un petit peu tard, enfin, mieux vaut tard que jamais.
34:19Moi, je dirais qu'il y a une réponse, quand même, qui est importante,
34:23c'est qu'il faut absolument qu'il y ait une cohésion européenne.
34:25Parce que ça, on a vu un défaut de la France il y a quelques mois.
34:28La France a décidé de taxer de façon unilatérale
34:31les colis qui arrivaient, des colis inférieurs à un certain montant
34:35qui venaient de Chine.
34:36La France a dit, on va les taxer.
34:37Et on s'est aperçu qu'il y avait un détournement
34:40et que ce n'était pas très gênant pour la Chine,
34:42puisqu'il y avait tellement de routes possibles.
34:45Les colis arrivaient par d'autres endroits et finissaient par arriver en France.
34:49Donc, première chose, déjà, une unité forte européenne.
34:52Une unité forte européenne.
34:53Et puis, moi, je mise beaucoup sur l'augmentation de la consommation, personnellement.
34:57la consommation chinoise.
34:58Qui permettra mécaniquement de rééquilibrer.
35:02En tout cas, on voit que côté des États-Unis,
35:06Donald Trump, lui, a pris beaucoup moins de pincettes que chez nous en Europe
35:08pour contrer les importations chinoises.
35:12Est-ce que ça, cette politique assez brutale de Donald Trump
35:16dans sa guerre commerciale contre les Chinois,
35:18est-ce qu'elle était inévitable ?
35:19Et est-ce qu'elle est bien vue par l'opinion publique aux États-Unis ?
35:22Je pense que l'opinion publique américaine
35:24a une mauvaise lecture de beaucoup de situations
35:28parce que ce n'est pas transcrit avec autant de finesse,
35:32ce qu'on est en train de faire là, sur ce plateau, si je peux me permettre.
35:36On n'est pas dans ce genre de news aux États-Unis.
35:40Même nos agriculteurs, par exemple, qui sont touchés à la fois
35:44pour le problème du prix de diesel d'une part
35:47et le problème des engrais d'autre part,
35:49je ne sais pas s'ils situent réellement l'origine de ce type de problème.
35:53Donc, si vous voulez, c'est très loin pour eux, la Chine,
35:57et les conséquences.
35:59On n'est pas à ce point sur les affaires du monde.
36:01Ce n'est pas de l'analyse géopolitique des citoyens.
36:04Malheureusement, c'est cher payé.
36:06Il nous reste quelques minutes.
36:08J'aimerais profiter aussi de votre présence à tous les trois
36:10et du fait qu'on est aussi deux Américains autour de ce plateau
36:12pour essayer de comprendre la symbolique de ce qui se passe à Cuba.
36:16Là, c'est assez spectaculaire.
36:19Hier, le Parlement cubain a voté 170 mesures
36:23qui sont toutes des mesures libérales,
36:25des mesures économiques libérales au sens européen du terme.
36:31Donc là, c'est du libre-échange
36:33et faire venir les investisseurs privés
36:35sans contrepartie sur l'île.
36:38Ça, c'est du jamais vu depuis 70 ans.
36:39On va voir la suite.
36:41C'est peut-être, certainement, je dirais,
36:44une façon de parer une éventuelle participation américaine armée
36:52ou de mettre pression sur la Cuba d'autre façon.
36:56Donc, peut-être on s'adapte.
36:57Mais là, comme notre discussion avant,
37:03l'historien que je suis,
37:05j'ai dû la capacité de faire infléchir dans le côté des tendances lourdes.
37:10Ils s'appellent des tendances lourdes
37:12parce que, justement, ils sont lourdes et difficiles à changer de cap.
37:16Donc, là, on est en train de parler d'une possibilité.
37:20Donc, il faut quand même, à ce moment, maintenant,
37:23surtout quand il y a plein de mensonges et des images
37:29et une politique internationale d'images et des symboles qui inondent le monde,
37:35je crois qu'il faut toujours prendre un recul
37:38et voir plutôt, au moins, la moyenne durée,
37:42si ce n'est pas la longue durée.
37:44D'accord. C'est-à-dire que là, quand vous voyez ça, Hélène,
37:46est-ce qu'on peut se dire,
37:47est-ce que Cuba est en train de basculer, justement,
37:50dans le giron américain ?
37:54Est-ce que c'est par la porte d'entrée économique et non militaire
37:59que Donald Trump arrivera à mettre la main sur Cuba ?
38:01Alors, malheureusement, il y a une réelle opacité,
38:03au moins médiatique, sur ce dossier.
38:06Une opacité qui, pour moi, en tout cas, est inquiétante.
38:08On n'a pas, par exemple, de reporter sur place,
38:11on ne restitue pas des témoignages de la population.
38:15Donc, on n'a vraiment que le point de vue de l'administration Trump.
38:18Ce n'est pas, à ce point, rassurant.
38:20Donc, je pense que peut-être Donald Trump a à cœur
38:26de racheter sa fierté dans le dossier de l'Iran.
38:32Comme il a baqué le dossier de l'Iran,
38:34c'est difficilement rattrapable.
38:36Il va peut-être essayer de faire quelque chose de buvable sur le Cuba.
38:42Mais est-ce que ça, par exemple, pour l'opinion publique américaine,
38:44est-ce que c'est quelque chose qui,
38:46ramener Cuba dans le giron américain,
38:48c'est quelque chose qui serait bien vu ?
38:51Comment est-ce que l'opinion américaine voit Cuba
38:54depuis la révolution castriste ?
38:56Est-ce qu'il voit ça, comme je vais pour caricaturer,
38:59est-ce que c'est toujours le méchant rouge anti-américain
39:02qu'il faut ramener à la raison ?
39:05Oui, c'est en partie ça.
39:08Mais Cuba a changé la démographie électorale dans la Floride, par exemple.
39:15Donc, depuis longtemps, un des enjeux politiques aux États-Unis,
39:20c'était de libérer ou de libéraliser d'une façon ou d'une autre la Cuba.
39:24Donc, ça va être vu positivement.
39:28Mais, encore une fois, on peut mettre des doutes
39:31sur juste un simple geste pour l'instant.
39:36Est-ce que ça va vraiment changer, infléchir la politique économique du Cuba ?
39:40Et on a fait beaucoup de mal à Cuba pour en arriver là.
39:44On a complètement coupé.
39:45On a se fixé.
39:46Il n'y a plus de pétrole vénézuélien.
39:48Sandrine ?
39:49En fait, ce qu'on voit quand même sur les images
39:51et ce qu'on entend de la population,
39:53c'est que l'économie est exsangue.
39:54C'est-à-dire que là, il y a un niveau de misère
39:56qui fait que Cuba rejoint des pays les plus pauvres de la planète.
40:00Donc là, il faut faire quelque chose.
40:02J'ai appris ce matin que les trains à Cuba,
40:05aujourd'hui, ne servent plus qu'à transporter
40:09les urgences médicales et pour les funérailles.
40:12Oui, il n'y a pas d'électricité, il n'y a rien.
40:16Il faut gérer le peu d'essence qu'on a de diesel.
40:19Et qui vit sous perfusion de la diaspora cubaine
40:21aux États-Unis ou dans d'autres pays.
40:23C'est-à-dire que le peu d'argent qui arrive aux Cubains,
40:26il vient et transite comme ça.
40:27Ce qui veut dire aussi que, moi, je pense,
40:29même si je ne suis pas américaine,
40:31que forcément, il y a encore beaucoup d'électeurs
40:34qui sont liés à Cuba et qui verraient d'un très bon oeil
40:37que ce régime change.
40:40Ce qui nous amène à Marco Rubio, quand même,
40:42qui est un fils...
40:44Ses parents étaient des émigrés cubains
40:46et c'est lui qui négocie, je crois,
40:47avec un petit-fils de Raoul Castro.
40:50Raoulito, je crois qu'on le surnomme.
40:52Oui, c'est tout à fait le dossier de Marco Rubio.
40:55Mais est-ce que c'est vraiment dans cette administration,
40:57on va dire, ils vont faire un truc super pour quelconque pays ?
41:02On n'est pas convaincus, d'ailleurs.
41:04Le dossier vénézuélien n'est pas vraiment clos.
41:06Et quel était le résultat ?
41:08Vous voyez ?
41:09Donc, je ne pense pas que les gens disent
41:10« Super, Trump va faire un super truc au Cuba. »
41:14Ce qui est assez fascinant aussi dans ce dossier, je trouve,
41:17c'est qu'on peut légitimement se poser la question
41:18que font de l'absence ou du silence des Russes ?
41:25Et qu'est-ce qu'ils peuvent faire ?
41:28Non, non, mais voilà.
41:29Ils sont loin, ils sont loin.
41:30Dans le temps, le Cuba était sur, comment dire ça,
41:36superfusion russe, parce que c'était les Russes
41:38qui protégeaient le Cuba, qui livraient le pétrole.
41:44Donc, le Cuba était sur « life support » grâce aux Russes.
41:48Et là, qu'est-ce que les Russes peuvent faire aujourd'hui ?
41:51Donc, les Cubains ont aussi perdu cet appui-là.
41:56Oui, et la Chine aussi, je crois, avait des liens assez forts avec Cuba.
42:01Parce qu'ils étaient communistes, en fait.
42:03C'était un lien politique, c'était des pays communistes,
42:05mais ils ont un régime communiste.
42:06Tout à fait, tout à fait.
42:07Et ce qui nous montre aussi que ça envoie peut-être le signal géopolitique
42:11qui peut peut-être conforter Donald Trump,
42:14qui a publié une doctrine, la doctrine d'Honro, récemment,
42:17en disant « tout ce qui est dans mon hémisphère du Canada jusqu'aux terres de feu,
42:23ça concerne mes intérêts et personne ne s'en approche. »
42:25Donc là, on est au cœur de la doctrine d'Honro.
42:28Oui, mais je ne sais pas si ça peut réellement fonctionner.
42:31Après avoir fait des brimades à nos voisins directs, le Canada, mais surtout le Mexique,
42:36vous voyez, ça a été des points d'appui pour que ça marche mieux.
42:39Et là, à force de se fâcher avec tout le monde,
42:42pas sûr que les soutiens des renforts qui pouvaient être utiles dans cette démarche sont là.
42:47Ça montre aussi que les sanctions économiques,
42:51elles ne fonctionnent pas aussi bien qu'on le souhaiterait,
42:54que ce soit en Iran, à Cuba, en Russie,
42:56parce qu'en fait, ces sanctions qu'on prend,
43:00on les prend généralement contre des États autocratiques
43:03qui n'ont pas en tête le calendrier électoral.
43:06Donc on peut effectivement affamer leur population.
43:09Ce n'est pas très gênant parce qu'ils se disent par mince
43:11« la population ne va pas voter pour moi » parce qu'il n'y aura pas d'élection.
43:15Ils ont le temps pour eux.
43:18Ils ont le temps pour eux et assoiffés, affamer la population,
43:21ce n'est pas si gênant pour un dictateur.
43:25Allez, on va terminer ces experts sans frontières avec vos cartes blanches,
43:29des articles de médias de vos pays d'origine respectifs
43:34qui sont toujours intéressants pour nous
43:36parce qu'on découvre aussi des angles, des points de vue,
43:38des analyses, des sujets locaux qu'on ne connaît pas forcément ici.
43:41Je vais commencer avec vous, Stéphane Ekovitch,
43:43un article du New York Times qui ne date pas d'hier
43:47et qui est passionnant, vous nous l'avez envoyé tout à l'heure,
43:49et qui nous raconte comment la CIA aide les combattants ukrainiens.
43:54Oui, c'est encore pertinent, cet article.
43:57Qui date de 2024, je crois.
43:59C'est reste à jour, parce que c'était une enquête vraiment impressionnante
44:05par cet journaliste qui a interviewé 200 personnes.
44:08Ce qui est intéressant ici, pour retirer un genre de leçon générale,
44:16malgré le fait que Donald Trump a des très mauvaises relations
44:20avec Zelensky et son équipe,
44:22pendant tout ce temps-là,
44:24les agences de renseignement se sont resserrées
44:27d'une façon, comme je l'ai dit précédemment,
44:30beaucoup plus importante que lors de la présidence de Joe Biden.
44:36Ce qui veut dire que là, une façon pour les institutions
44:40de se protéger, de créer un bouclier
44:46contre un président qui dérive.
44:50Parce que ce qui compte dans les renseignements,
44:54c'est la confiance.
44:56Donc il y a une confiance entre les CIA,
44:58les agences de renseignement ukrainiennes,
45:01qui existent depuis maintenant au moins dix ans.
45:04Tout ça a été construit...
45:05Et ça, c'est quelque chose de totalement hermétique
45:08à la politique de Donald Trump
45:10et de ses attermoiements ou de son imprévisibilité.
45:13Ça, c'est un ciment, j'allais dire.
45:14Absolument.
45:15Et d'ailleurs, c'est la même chose avec l'Europe.
45:18En début de tous nos différents,
45:20les services d'éventuellement se sont déjà sudés.
45:23En tout cas, c'est une enquête passionnante
45:25qui date de 2024, du New York Times,
45:29qui nous raconte comment la CIA aide les combattants ukrainiens,
45:32ce qui est encore le cas aujourd'hui.
45:34Hélène Kuhns, vous avez choisi, vous, de votre côté,
45:37un article du Chicago Sun Times
45:39sur l'inauguration d'un centre Obama.
45:44Oui.
45:44Avec des personnalités.
45:46Oui, c'est l'OPC, l'Obama Presidential Center,
45:49qui est ouvert hier.
45:50Il y a des activités et des festivités tout ce week-end.
45:54Il faut savoir que c'est la tradition
45:56depuis Franklin Delano Roosevelt
45:58qu'un président fraîchement à la retraite
46:02bénéficie de son propre bibliothèque,
46:04d'un musée et potentiellement la publication de ses mémoires,
46:08s'il le souhaite.
46:09Donc, Barack Obama a publié ses mémoires
46:12peu après la fin de son deuxième mandat.
46:15Et là, on est sur vraiment une bibliothèque présidentielle grande nature.
46:21Ça fait huit hectares en plein Chicago,
46:24dans le Jackson Park.
46:26C'est un véritable campus,
46:28parce qu'il a décidé plutôt de...
46:29Et c'est intéressant,
46:31il n'avait mis pas du tout
46:32sur le contrôle du gouvernement fédéral.
46:34C'était avec des fonds privés.
46:35Ils ont soulevé un milliard de dollars.
46:38Donc, voilà.
46:39Un milliard ?
46:39Un milliard de dollars, oui.
46:41Ah oui.
46:41Donc, c'est un vrai campus.
46:43Alors, les travaux ont commencé en 2021.
46:46D'accord.
46:46Et donc, mais il y a aussi, vous savez,
46:49les Bush père et fils,
46:51ils ont leur bibliothèque dans le Texas,
46:53Reagan dans leur hanche,
46:55aussi des centaines et des centaines d'hectares en Californie.
46:58Donc, voilà.
46:59Donc, c'est 100% de digitalité pour la partie bibliothèque.
47:02Et pour tout le reste,
47:03ça fait plein d'activités pour les enfants petits et grands.
47:07Un article du Chicago Sun Times,
47:09choisi par Hélène Kuhns,
47:11sur l'inauguration du Centre Obama.
47:13Et on termine avec Sandrine Weiss,
47:15votre article du média hongrois HVG,
47:20sur Vasarely.
47:21Voilà.
47:22Le peintre, le célèbre peintre.
47:23Voilà.
47:24Je fais un pas de côté dans ce monde de brut.
47:25Non, mais au contraire, c'est fait pour.
47:27D'autant que la Hongrie est un petit pays
47:28par rapport aux Etats-Unis.
47:30Donc, je ne peux pas rivaliser
47:31avec des annonces d'investissement
47:32de milliards et de milliards de dollars.
47:34Donc, simplement...
47:34Si vous prenez toute la collection de Vasarely,
47:35vous arriverez peut-être aux milliards.
47:38Peut-être.
47:38Et donc ?
47:39120 ans.
47:40Ce sont les 120 ans de la naissance de Vasarely.
47:43Alors, un peintre connu en France
47:45et puis très moderne
47:46parce qu'il n'y avait pas encore
47:47l'intelligence artificielle.
47:48Mais quand on regarde certains de ses tableaux,
47:50on peut imaginer...
47:52On pourrait imaginer aujourd'hui
47:53qu'ils ont été faits
47:54avec l'intelligence artificielle.
47:55Et puis, je souligne aussi
47:56qu'il était designer
47:57et qu'il avait fait notamment
47:58le logo de Renault.
48:00Ce fameux logo,
48:01le losange sur un fond jaune.
48:04Le losange Vasarely.
48:04Voilà pour mon clin d'œil à la Hongrie.
48:06Et bien voilà,
48:07à retrouver sur le média hongrois HVG.
48:09Merci beaucoup à mes experts sans frontières
48:10comme toujours
48:11pour vos analyses éclairantes
48:13et passionnantes.
48:14On a de la chance de vous avoir
48:15Sandrine Weiss,
48:16journaliste franco-hongroise,
48:17spécialiste du commerce international.
48:19Steven Ekovic,
48:20professeur de sciences politiques
48:21et d'histoire
48:21à l'Université américaine de Paris.
48:23Et Hélène Koontz,
48:24américaine spécialiste des Etats-Unis
48:25et professeure à l'INSEC Paris.
48:27Je vous souhaite
48:28un très bon week-end à tous
48:29et tout de suite,
48:30le journal de Stéphanie Collot.
48:32Les experts sans frontières
48:34sur BFM Business.
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