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Transcription
00:00Bonjour Camille. Bonjour Benjamin. Et bonjour Mgr Pierre-Antoine Bozo. Bonjour Monsieur.
00:04Porte-parole de la conférence des évêques de France, évêque du diocèse de La Rochelle.
00:08Le pape Léon XIV est donc dans les airs. Il arrive sur le sol français d'ici une heure et
00:13demie
00:13pour une visite historique dans notre pays qui va durer quatre jours d'abord à Paris,
00:18puis il sera à Lourdes aussi à Metz jusqu'à lundi. Ce pape Léon XIV, on le connaît encore assez
00:22mal,
00:23élu il y a près d'un an et demi. Vous allez nous aider à mieux le cerner.
00:27D'abord un mot sur la ferveur qui accompagne cette visite. Plus de 600 000 personnes attendues demain
00:32à la place de la Concorde sur les Champs-Elysées pour une messe géante.
00:36Des milliers de personnes aussi dès cet après-midi dans les rues de Paris
00:39pour une délégation avec le pape en pape à mobile. Comment vous interprétez cette ferveur très importante ?
00:46Elle nous réjouit, elle nous surprend un peu, elle nous réjouit.
00:49Elle vous surprend ?
00:50Oui, on avait prévu une jauge un peu plus basse. On est heureusement surpris par cette ferveur,
00:55cet engouement, cet enthousiasme. Alors je pense qu'il y a les chrétiens catholiques
01:00qui sont heureux de recevoir le succèdeur de Pierre, que ce n'est quand même pas tous les matins.
01:03La dernière visite, c'était le pape officiel, comme ça c'est le pape Benoît XVI en 2008.
01:08Donc c'est un événement rare. Là, le pape reste quatre jours.
01:11Donc vous voyez, c'est un bel investissement de sa part.
01:13Assez vite après le début de son pontificat, c'est son cinquième voyage à l'étranger seulement.
01:18Donc les catholiques sont heureux de le rencontrer.
01:19Et puis je pense que le pape, c'est aussi une figure un peu curieuse pour les gens qui ne
01:24sont pas chrétiens.
01:25Parce qu'en fait, c'est un chef religieux qui n'a pas tellement d'équivalent dans le monde.
01:31Et donc il intrigue un peu, je pense.
01:33C'est une figure qui attire. Est-ce que le pape Léon XIV en particulier,
01:37attire peut-être plus qu'un autre, peut-être plus que François auparavant ?
01:40Ça, je ne sais pas. Chacun voyait bien que les marques de personnalité sont quand même très repérables.
01:46Entre le pape François, qui était un homme un peu sanguin, un peu disruptif,
01:50qui a secoué un peu l'Église et certainement c'est ce qu'il fallait à ce moment-là.
01:54Et puis le pape Léon XIV, qui est un homme assez posé, on se sent très unifié,
01:58un homme vraiment très paisible intérieurement.
02:00Ça se voit dans sa manière d'être.
02:01Et donc je pense que cette nouvelle figure aussi attire les gens.
02:08Mgr Bozo, vous disiez vous-même votre surprise face à cette ferveur.
02:12Est-ce qu'il n'y a pas un paradoxe entre cette ferveur affichée
02:16et des Français qui se disent de moins en moins catholiques ?
02:19Alors on dit beaucoup que la France est un pays très sécularisé.
02:22Et c'est vrai que les indicateurs, vous voyez, pour nous qui sont assez objectifs,
02:25le nombre de baptêmes d'enfants, de mariages à l'Église, même d'obsèques à l'Église est en baisse.
02:30Le baptême d'enfants, les chiffres sont assez flagrants.
02:34Un bébé sur deux a été baptisé au début des années 2000.
02:37Et désormais, c'est seulement 2 sur 10.
02:40Une chute flagrante.
02:41Une chute importante.
02:42Alors il reste qu'il y a statistiquement à peu près 60% de Français qui sont des baptisés.
02:47Ça ne veut pas dire que ce sont des pratiquants, mais des baptisés.
02:49Il y a 2% de Français qui vont à l'Église par exemple tous les dimanés.
02:52Alors c'est ça, voilà.
02:53Donc il y a un sondage d'Oxa du Figaro qui est paru hier ou avant-hier
02:58qui dit que 82% des Français, toutes catégories confondues, ont une bonne image du pape.
03:03Et sont heureux qu'il vienne en France.
03:05Vous voyez, donc c'est assez étonnant.
03:07Donc au fond, c'est une figure assez consensuelle parce que je crois que les gens repèrent que
03:11c'est un homme de paix, c'est un homme qui cherche l'unité, qui est plutôt un homme de
03:16dialogue.
03:17Moi je suis très touché.
03:18J'ai vu ce matin que les autres religions en France, vous voyez, les juifs, bouddhistes, protestants, musulmans,
03:24ont écrit un message de bienvenue pour le pape.
03:26Ce qui fait que, ça veut dire qu'ils le voient aussi comme un homme de dialogue.
03:29Mais ça ne suffit pas à cacher la sécularisation de la société dont vous parlez, Pierre-Antoine Bozo.
03:34Est-ce que pour l'Église, il y a tout de même un enjeu d'attirer des fidèles, d'attirer
03:38de nouveaux prêtres aussi ?
03:39On sait que c'est un moment qui est difficile pour l'Église de France.
03:42Oui, l'Église, c'est pas une société commerciale.
03:46Elle n'est pas là pour faire du chiffre, elle n'est pas là pour se compter.
03:48Donc on se méfie un peu, vous savez, dans la Bible, il y a un petit peu une mise en
03:51cause.
03:51Quand on essaie de, justement, le but de l'Église, ce n'est pas de prospérer pour son propre intérêt.
03:57Le but de l'Église, c'est d'annoncer le message de Jésus-Christ, c'est d'annoncer l'Évangile.
04:01Et donc, elle reste avec cette dimension missionnaire, qui n'est pas du prosélytisme,
04:06qui est, nous annonçons ce qui nous fait vivre, parce qu'on pense que c'est un trésor qui peut
04:09aider les hommes à vivre en paix.
04:11Mgr Bozo, il y a un détail qui montre l'ampleur de la messe demain.
04:14Des hosties en quantité industrielle.
04:17500 000 hosties sont prévues, consacrées par 3 000 prêtres.
04:21Je rends hommage aux sœurs carmélites, en général, qui façonnent, qui préparent ces hosties.
04:25Voilà, avec 3 000 prêtres, donc, qui, demain matin, vont les consacrer.
04:30Et on se pose cette question, ce super chaud, c'est pour quel message ?
04:34Vous voulez encourager les Français à revenir dans vos églises ?
04:37Alors, ce n'est pas un chaud, c'est une messe.
04:39Donc, vous voyez, pour nous, c'est un acte...
04:40Mais on est entre les deux, non ?
04:42Avec 600 000 personnes.
04:43Peut-être que la dimension un peu plus chaud, ce sera le stade de France avec les jeunes, parce que,
04:47vous voyez, le stade de France, voilà.
04:48Mais la messe, c'est vraiment la messe.
04:49Donc, c'est un temps, vous voyez, ce sera la liturgie officielle de l'Église, ce sera recueilli.
04:54Il y a beaucoup de gens, parce que là, ce sera plutôt des catholiques.
04:56Peut-être qu'il y aura des curieux, on peut venir, voilà, qui ne communieront pas.
05:00Et pour quel message de la part du pape ?
05:03Quel message ?
05:03Alors, le pape, lui, vous savez, peut-être qu'il faut dire un mot pour nos éditeurs, parce que le
05:07pape, c'est le successeur de Pierre.
05:10Vous pourriez la chose très simplement, Jésus-Christ, il a choisi douze apôtres, et parmi eux, il y en a
05:16un qui s'appelait Pierre.
05:17Les successeurs des douze apôtres, ce sont les évêques.
05:20Et le successeur de l'apôtre Pierre, c'est l'évêque de Rome, parce que c'est là que Pierre
05:24est mort, qu'il a versé son sang dans le cirque de Néron autour de l'an 64.
05:28Et donc, le successeur de Pierre, c'est devenu le pape.
05:31Et donc, le pape, il reçoit la mission que Jésus a confiée à Pierre.
05:35Et Jésus a confié une mission très simple à Pierre.
05:36Il lui a dit, toi, confirme, affermis tes frères dans la foi.
05:41Donc, le pape, il vient pour ça, pour nous affermir, c'est-à-dire pour nous encourager dans notre foi.
05:45Il va tout particulièrement s'adresser aux jeunes, donc, ce soir, au Stade de France, à Saint-Denis.
05:51Pourquoi avoir choisi Saint-Denis ? Est-ce que c'est aussi un message que le pape veut envoyer pour
05:57une église française faite de plus de différences et de mixités ?
06:01Alors, il se trouve que le Stade de France est en Seine-Saint-Denis.
06:05Mais est-ce qu'il n'y a pas un message, un double message ?
06:07Peut-être qu'il y a un message.
06:07En tout cas, moi, je suis très heureux de savoir que, par exemple, il y a 1500 jeunes du diocèse
06:11de Saint-Denis
06:12qui sont, vous voyez, alors très métissés, qui ont invité des amis bouddhistes, musulmans, non-croyants à venir avec eux.
06:19Donc, il y aura dans ce Stade de France, non seulement des catholiques, des jeunes catholiques qui arrivent.
06:22Il sera plein, il y a beaucoup de jeunes qui ne peuvent pas venir, qui sont très frustrés.
06:28Donc, oui, il y aura aussi cet aspect-là d'une église très variée.
06:33Il est curieux de ça, le pape Léon XIV. On dit beaucoup que ça l'intrigue, ce qui se passe
06:37en France.
06:38C'est vrai qu'il y a une remontée des baptêmes de jeunes adultes.
06:42Ou d'adolescence qui, en effet, entre en contraste...
06:45Avec ce que vous disiez sur la sécularisation, mais peut-être qu'on est arrivé dans un point bas
06:50où, au fond, on s'aperçoit que la vie, enfin, la société de consommation ne suffit pas à remplir le
06:55cœur de l'homme
06:56et qu'il y a aussi, peut-être, dans une société un peu anxiogène, il y a une recherche aujourd
07:00'hui
07:00et qui fait que, de fait, on a une remontée quand même très significative du nombre de jeunes,
07:06de jeunes adultes qui demandent le baptême.
07:08Et donc, ça, ça nous marque et ça intrigue, je pense, un peu le pape.
07:12Ce n'est pas propre à la France, mais ce phénomène a commencé peut-être en France.
07:15Et est-ce qu'aussi avec une jeunesse parfois plus identitaire, avec une vision plus politique,
07:22qui crée des divisions aussi au sein de l'Église ?
07:24Oui. Alors moi, vous voyez, ce que je vois comme évêque,
07:26parce que je rencontre les jeunes dans Charente-Maritime,
07:28comme je l'ai fait avant, comme j'étais évêque de Limoges,
07:30je vois des jeunes catholiques, j'allais dire qu'ils sont...
07:33Alors, c'est un mot qui peut faire un peu peur, parce que ce mot de radicalisme,
07:36il a peut-être un peu connoté.
07:38Mais je vois des jeunes qui sont assez radicaux dans leur foi.
07:42C'est-à-dire qu'ils veulent vraiment vivre l'Évangile à fond.
07:45Et donc, ça se traduit par des engagements extraordinaires de colocation,
07:50de jeunes actifs avec, vous voyez, des gens de la rue.
07:53Voilà, une manière de vivre la foi très belle.
07:55Mais par exemple, Pierre-Antoine Bozo, les jeunes étaient mobilisés dès hier soir
07:59avec une veillée dans l'Église Saint-Sulpice à Paris.
08:01Plus de 2000 personnes étaient réunies, organisées par des youtubeurs, prêtres.
08:06Ça a été diffusé sur les réseaux sociaux aussi,
08:09avec parmi ces influenceurs aussi des figures proches, en effet,
08:12de mouvements plus identitaires, ultra-conservateurs.
08:15Ça a même créé un malaise au sein de l'Église.
08:17Certains collectifs de catholiques plutôt de gauche aussi le dénoncent.
08:22Est-ce que là, il n'y a tout de même pas une fracture qui apparaît,
08:24en tout cas chez ces jeunes publics ?
08:27C'est-à-dire que l'Église n'est pas à part de la société.
08:29Donc, elle est composée de gens...
08:31Et c'est très beau que dans l'Église, il y ait des gens de gauche,
08:33il y ait des gens de droite.
08:34Alors ça, c'est des influenceurs, vous voyez.
08:36Donc, les influenceurs, par principe, ils ne sont pas très institutionnels.
08:38Donc, ce n'est pas organisé par la conférence des évêques.
08:40C'est eux qui ont décidé de faire une veillée de prière.
08:42Et il se trouve que, de fait, il y a des figures très, très variées.
08:46Est-ce que vous êtes à l'aise avec ça, justement ?
08:48En tout cas, on dialogue avec tout le monde.
08:50Il y avait un évêque qui était là, M. Valentin,
08:52qui montrait que les évêques se sont attentifs à ça,
08:55essaient de parler avec tout le monde,
08:56et essaient de comprendre aussi ces chrétiens
08:59qui sont plus ancrés à droite,
09:00qui ont le droit d'exister,
09:01et qu'il faut essayer d'entendre,
09:03et qu'il faut donner leur place.
09:04Mais, en tout cas,
09:07le catholicisme n'est pas une option politique.
09:09Ou alors, normalement, il intéresse
09:11et des gens de gauche, et des gens de droite.
09:13Et on le voit bien qu'il y a des chrétiens de gauche,
09:15et des chrétiens de droite, et ça, c'est très beau.
09:16Alors, justement, Mgr Bozo, sur cette question politique,
09:19quelles sont les relations entre le pape Léon et Emmanuel Macron ?
09:24On a entendu qu'Emmanuel Macron aurait voulu faire visiter Notre-Dame au pape,
09:29ce que le pape n'a pas souhaité faire.
09:32Est-ce qu'il y a un froid entre le président de la République et le pape Léon ?
09:36Non, je ne pense pas du tout.
09:37Je pense que, vraiment, le pape,
09:38il est venu pour ce qu'on appelle un voyage apostolique.
09:39Vous voyez, je vous disais qu'il était successeur d'apôtres,
09:41de l'apôtre Pierre.
09:42Donc, apostolique, c'est-à-dire qu'il vient pour confirmer ses frères dans la foi,
09:45donc il vient vraiment en tant que chef religieux.
09:46Il se trouve que, pour être un bon chef religieux,
09:48capable d'être présent dans le monde entier,
09:51il est aussi chef d'État.
09:52Mais c'est secondaire qu'il soit chef d'État.
09:54Et donc, il est accueilli par le président Macron comme un chef d'État.
09:56Et le président Macron l'accueille le mieux possible,
09:58et a proposé un dîner à l'Élysée,
10:00a proposé de l'accueillir à Notre-Dame.
10:03Et le pape a choisi la version basse
10:05pour pouvoir se déployer complètement
10:08dans sa mission et dans son voyage apostolique.
10:10Je vous posais cette question d'un froid potentiel entre le pape et la France,
10:14parce qu'il y a la loi sur la fin de vie qui vient d'être votée en août.
10:18Le pape va se rendre à Lourdes.
10:20Est-ce que c'est une manière de dire, sans le prononcer,
10:24son désaccord par rapport à la France et cette loi sur la fin de vie ?
10:28Vous savez, je pense que ce désaccord, il est connu largement.
10:31Les évêques se sont exprimés là-dessus très abondamment.
10:33Ils se sont engagés dans ce débat,
10:35ce débat grave et important sur la fin de vie.
10:38Vous savez que l'Église en France a été en désaccord
10:41et que le pape l'est, il l'a dit à plusieurs reprises.
10:43Donc le président Macron n'a pas besoin de l'apprendre, il le sait déjà.
10:45Mais ce choix de Lourdes, c'est un symbole par rapport à la fin de cette loi ?
10:49Oui, c'est ça.
10:49C'est-à-dire que le pape, au fond, il ne vient pas là en chef politique,
10:52donc il ne va pas délivrer un message.
10:54Peut-être qu'il en parlera en tête à tête avec le président Macron,
10:57mais il vient vraiment pour délivrer un autre message.
11:00Et alors c'est beau qu'il parle de cette question de la fin de vie,
11:03plutôt à Lourdes,
11:04qui est le lieu où on accueille des personnes vulnérables,
11:06des personnes fragiles, des personnes malades.
11:08Et c'est là qu'il parlera.
11:09Au fond, la loi est votée maintenant, la loi sur la fin de vie.
11:11Donc nous, on est obligés d'en prendre acte, hélas,
11:15mais ça nous oblige à être d'autant plus attentifs
11:18à accompagner les personnes seules, les personnes malades,
11:21pour leur montrer qu'elles comptent à nos yeux.
11:23D'un mot, on parlait de politique il y a un instant, Mgr Bozo,
11:26la fin de vie, c'est un débat politique.
11:29La question du timing de ce voyage a fait débat,
11:33parce que le pape ne veut pas venir trop proche d'élections ou d'échéances électorales.
11:37Il y aura une élection présidentielle dans huit mois en France,
11:39donc ça passe tout juste.
11:41Est-ce qu'il vient aussi porter un message à ce sujet-là,
11:43à l'approche de la présidentielle justement ?
11:45Peut-être qu'en tout cas, à l'approche des présidentielles
11:48et à la destination de tous les candidats, son message,
11:51c'est un message de paix, c'est un message sur l'importance du dialogue.
11:55Vous savez qu'il a publié une très belle encyclique, je trouve,
11:57Magnifica Humanitas, sur la doctrine sociale de l'Église
12:00à l'ère de l'intelligence artificielle,
12:02et qu'il y insiste sur la nécessité du dialogue,
12:05sur le multilatéralisme, vous voyez,
12:07alors ça c'est au niveau de la géopolitique,
12:08mais qui a été remplacé par ce qu'il appelle un multipolarisme conflictuel.
12:13Donc le pape, c'est un homme de dialogue,
12:15et peut-être que ce qu'il dit aux candidats,
12:17sans leur dire directement, c'est
12:18soyez des artisans de dialogue, de paix, d'unité,
12:21et non pas des vattes en guerre.
12:24Mgr Pierre-Antoine Bozo, porte-parole de la conférence des évêques de France,
12:27vous restez avec nous, on va évoquer dans un instant
12:29la rencontre aussi prévue dimanche à Lourdes du pape Léon XIV
12:33avec des victimes de violences sexuelles.
12:34C'est juste après l'info en une minute.
12:36Il est 8h46, Antoine Jeffin.
12:39Les 720 000 clients d'ENGIE qui ont touché le chèque énergie cette année
12:43vont recevoir une aide de 75 euros sur leur prochaine facture,
12:47annonce le groupe.
12:48Ce matin, il dit poursuivre son engagement en faveur des ménages les plus fragiles.
12:52Les clients éligibles, les ménages dont le revenu fiscal de référence
12:56est de moins de 11 000 euros,
12:57n'ont aucune démarche à faire.
13:00Dans un peu plus d'une heure,
13:01le pape Léon XIV posera le pied sur le tarmac de l'aéroport d'Orly
13:05où il sera accueilli par Emmanuel Macron.
13:07A 10h, les cloches des églises de Paris vont sonner pendant 7 minutes
13:11pour célébrer sa venue en France pour 4 jours.
13:14Le chef de l'église catholique prononcera un discours à l'UNESCO
13:16avant une déambulation en Papamobile jusqu'à Notre-Dame de Paris cet après-midi.
13:21Il est soupçonné de viol et agression sexuelle sur 22 enfants d'une école maternelle de Paris.
13:25Un professeur d'anglais mis en examen est placé en détention provisoire hier.
13:30Accusation qui porte sur la dernière année scolaire.
13:335 départements en risque élevé feu de forêt aujourd'hui niveau orange
13:37qui concernent l'Aude, l'Ardèche, l'Aveyron, l'Hérault et le Gard.
13:44France Info
13:46Le 8.30 France Info, Camille Girère, Benjamin Recouvreur
13:52Monseigneur Pierre-Antoine Pozo, vous êtes porte-parole de la Conférence des évêques de France
13:56et évêque du diocèse de La Rochelle.
13:58Et vous êtes donc notre invité ce matin du 8.30 France Info
14:02à l'occasion de la visite historique du pape Léon XIV en France.
14:06Ce pape est-il un pape anti-Donald Trump ?
14:10La question s'est posée dès son élection.
14:12Il y a donc un peu plus d'un an, Léon XIV est le premier pape américain
14:17et qui n'a pas peur de dire ce qu'il pense.
14:19On voulait vous faire écouter, c'était en avril dernier, un appel à la paix
14:24depuis la basilique Saint-Pierre.
14:26Et vous allez l'écouter aussi, qui n'a pas plu à Donald Trump.
14:31Assez avec l'idolâtrie de soi-même et de l'argent.
14:34Assez avec la démonstration de force.
14:37Assez avec la guerre.
14:40Je ne suis pas un grand fan du pape Léon.
14:42C'est quelqu'un de très libéral.
14:44Et c'est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité.
14:47Je ne suis pas un big fan, dit Donald Trump, à propos du pape.
14:52Le pape Léon XIV est-il un pape anti-Trump ?
14:55Je pense que le pape n'est contre personne.
14:57Le pape, il essaie de vivre l'évangile, donc il essaie d'aimer tous les hommes,
15:01y compris Donald Trump.
15:02Et je pense que peut-être qu'il prie spécialement pour lui.
15:04Je pense qu'il essaie de l'aimer, mais ça ne veut pas dire qu'il adhère à ce que
15:06dit Donald Trump.
15:07Il est américain, le pape, il faut le rappeler aussi.
15:09On peut dire que les deux grandes figures américaines, c'est Donald Trump et le pape Léon XIV.
15:17Douce match qu'on vient d'entendre.
15:19Douce match, mais qui a été un peu déclenché par Donald Trump.
15:22Et il n'y a pas d'escalade de violence verbale chez le pape Léon XIV,
15:27même si ces mots-là qu'on a entendus sont quand même fermes.
15:30Et en effet, c'est là qu'on dit que le pape, c'est un pape un peu effacé par
15:35rapport au pape François.
15:36Ce que vous avez entendu montre qu'il n'a pas peur de dire les choses.
15:39Oui, parce qu'il est allé même jusqu'à dire,
15:41je n'ai peur ni de l'administration Trump, ni de dire le message de l'évangile.
15:47Bien sûr, il est libre.
15:48C'est pour ça qu'il est chef d'État, oui.
15:50C'est pour pouvoir être complètement libre et ne dépendre de personne,
15:52pour pouvoir dire ce message de l'évangile qui est sa raison d'être.
15:57Et le Vatican, c'est aussi de la diplomatie.
15:59Souvent, les papes essayent de peser dans les négociations, dans les conflits.
16:03Est-ce que cette parole, elle peut se faire entendre encore aujourd'hui
16:07dans un monde qui est rattrapé par autant de conflits aux quatre coins du globe ?
16:11Encore une fois, vous voyez, dans Magnifica Humanitas,
16:13le pape plaide pour le multilatéralisme contre le multipolarisme.
16:18Est-ce que cette voile, elle peut s'entendre ?
16:19Alors, je le parle, il va venir à l'UNESCO dans son voyage.
16:22Cet après-midi ?
16:22Donc, c'est une agence des Nations Unies.
16:25Il y a toutes les lourdeurs de l'administration, de ces grandes organisations.
16:29Mais cependant, il n'y a pas d'autre solution que le dialogue pour que les hommes puissent vivre en
16:33paix.
16:33Sinon, on voit bien que la force du droit est remplacée par la loi du plus fort.
16:37Et c'est ça que le pape combat.
16:38Et c'est en cela que, de fait, il est aussi un diplomate.
16:41Et d'ailleurs, dernière étape de ce voyage, le pape Léon XIV se rendra lundi à Metz.
16:48Pourquoi est-ce qu'il a choisi cette ville ?
16:51Et quel est le message qu'il va vouloir y délivrer ?
16:53Alors ça, c'est assez beau dans la construction de ce voyage,
16:55parce que, finalement, le pape a peut-être désireux de faire davantage,
17:00a rajouté une journée.
17:02Il a beaucoup cherché ce qu'il pourrait en faire.
17:03Et au fond, je pense qu'il est très attentif à la question de l'Europe.
17:07Et de l'Europe comme le lieu où, on va vénérer pas mal la figure de Robert Schumann à Metz.
17:13Des pères fondateurs.
17:14Et alors Robert Schumann, c'est quand même, vous voyez, très marquant.
17:17Cet homme-là, juste après la guerre, qui plaide pour la réconciliation franco-allemande.
17:24Ce qui était quasiment irrecevable, tellement la France avait souffert de cette agression allemande.
17:29Et donc, au fond, répondre au mal par le bien, pour ne pas s'enfermer dans une spirale de la
17:34violence.
17:34Et c'est ça qu'au fond, à Metz, le pape va honorer.
17:37C'est les intuitions, vous voyez, de ces grands fondateurs Schumann, de Gasperi, Adenauer,
17:44qui sont tous des chrétiens, ils se trouvent, et qui ont voulu construire une Europe de la paix.
17:48Donc c'est un pape qui, véritablement, veut peser face à ces menaces de guerre.
17:52Oui, je pense que c'est sa responsabilité et qu'il ne déroge pas.
17:55Est-ce qu'il pourrait y avoir une rencontre avec Volodymyr Zaydenski, le président ukrainien ?
17:58On en parle en coulisses.
17:59Oui, alors dans l'organisation, non, je n'ai pas d'informations parce que ça, c'est la responsabilité de
18:03l'Elysée,
18:04qui est chargée d'inviter des chefs d'État étrangers.
18:07Le président Macron a dit qu'il l'avait fait, mais je ne sais pas qui viendra.
18:10Ce que je sais, c'est que le pape ou la conférence des évêques a invité les présidents des conférences
18:14épiscopales
18:15qui répondent très positivement à cette invitation.
18:17Et puis aussi, ce qui est assez beau, il y a une quinzaine d'abbés et d'abèses bénédictines,
18:23parce que les bénédictins, vous voyez, ils ont aussi contribué à façonner la culture européenne.
18:26Donc, il y aura cette belle séquence européenne.
18:30Et avant ce moment fort pour la diplomatie aussi, lundi à Metz, dimanche avant cela,
18:36le pape Léon XIV sera donc à Lourdes.
18:38Il y rencontrera notamment des victimes de violences sexuelles commises par des hommes d'église.
18:43Sept victimes au total.
18:45Pierre-Antoine Bozo, qu'est-ce qu'on peut attendre de cette rencontre ?
18:47Est-ce que le pape vient leur dire que l'église assume toute sa responsabilité ?
18:50Alors, je pense que le pape leur dira cela, que l'église assume sa responsabilité,
18:54que l'église a honte de ce qui s'est passé.
18:56Peut-être que le pape, au nom de l'église, demandera pardon.
18:58Je pense que le pape, on le dit vraiment beaucoup, c'est un homme d'écoute.
19:01C'est pour ça qu'il a choisi ce format d'un petit nombre d'interlocuteurs.
19:04Un format qui a été critiqué, justement, par des collectifs de victimes,
19:07comme celui de l'automne de Béthara m'avait demandé à le rencontrer,
19:10ce qui n'a pas été accepté.
19:11On peut le comprendre, il y avait différents formats possibles.
19:13Et non, c'est un rendez-vous manqué, les collectifs de victimes ?
19:16Eh bien, en fait, s'il y avait eu un rendez-vous avec les collectifs de victimes,
19:18il y aurait eu 50 personnes présentes, il y aurait eu un échange de discours.
19:22Ce n'est pas du tout ça que le pape a voulu, c'est pouvoir écouter.
19:25Vous voyez, les gens qui ont été victimes ont une expérience unique et qui est nécessaire.
19:30Moi, il m'est arrivé comme évêque, hélas, d'avoir rencontré des personnes victimes d'abus.
19:35Et depuis que je les ai rencontrées, mon regard a complètement changé.
19:38C'est-à-dire, quand on comprend un peu de l'intérieur,
19:42comment ces gens sont abîmés, voire détruits.
19:44Enfin, en tout cas, le pape, il a besoin aussi de cela.
19:48C'est lui qui veut écouter aussi, avant de parler.
19:50Cette réunion, elle se fait à huis clos.
19:51Est-ce que ça veut dire que ça reste un sujet tabou dans l'Église ?
19:54Non, c'est pour respect des personnes victimes.
19:56Vous voyez, qu'ils ne veulent pas forcément que leur nom soit connu.
19:58Alors, au fond, la politique de communication autour de ça,
20:01c'est qu'on ne dit pas qui est invité, mais les gens sont libres de le dire.
20:05Donc, il y a 5 des 7 victimes qui se sont manifestées.
20:07Et après la rencontre avec le pape, ils feront absolument ce qu'ils voudront.
20:10Ils feront un communiqué commun, ils répondront à des informations, à France Info.
20:14Mais c'est vraiment par respect des personnes.
20:16Le pape, lors d'un précédent déplacement, en juin, à Madrid,
20:20avait parlé à propos des abus sexuels commis au sein de l'Église, d'une plaie ouverte.
20:26Ça veut dire qu'il reste beaucoup à faire.
20:29Et que, notamment, vous, à la Conférence des évêques de France,
20:32il vous envoie ce signal et ce message.
20:34Faites plus et plus vite.
20:35Oui, en même temps, l'Église de France, je pense, a fait quelque chose d'un peu unique,
20:39encore dans l'Église universelle, avec la commission sauvée, la SIAZ,
20:43avec la mise en place de l'INIR.
20:44Mais donc, tout n'a pas été appliqué, dans toutes les recommandations du rapport.
20:47Alors, c'est en cours.
20:49Je veux vous dire qu'il n'y a pas une assemblée des évêques
20:51où nous ne parlons pas de cela,
20:53et où nous continuons d'essayer de mettre en œuvre le maximum de choses
20:56pour que l'Église soit une maison sûre,
20:58et pour que les victimes soient accompagnées, reconnues de leurs souffrances,
21:01et que des réparations soient proposées.
21:03Il y a la réparation, mais il y a aussi ce que vous dites,
21:04essayer de réformer l'Église, ou en tout cas, de changer les choses
21:07pour casser ce système qui a protégé pendant autant de décennies
21:12des dizaines et des dizaines d'agresseurs.
21:14Est-ce qu'à ce niveau-là, vous arrivez justement à faire avancer les choses suffisamment ?
21:18Oui, je pense vraiment que ça, on est sortis de la dimension systémique,
21:21vous voyez, tellement les choses sont venues au jour, et que ça nous a...
21:24Des décennies passées sous silence quand même, on met du temps à s'en sortir.
21:27Oui, alors c'est les années 50, 60, 70, vous voyez...
21:29330 000 victimes, comptées par la Sias depuis les années 50.
21:33Attention, c'est une projection statistique, c'est pas de 330 000 victimes avérées,
21:37c'est une projection statistique.
21:38Nous avons reçu à l'instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation
21:42que nous avons mise en place, 1900, à peu près 1900 personnes victimes
21:46qui ont demandé reconnaissance et réparation.
21:49Mgr Bozo, c'est intéressant le terme que vous avez prononcé, systémique.
21:52Est-ce que selon vous, il y a un problème systémique structurel dans l'Église en France
21:58qui a pu permettre ces abus et qui les permettent encore ?
22:01Alors oui, pas au sens où c'est un système organisé par l'Église.
22:05C'est une espèce d'écosystème qui a permis cela.
22:08Le silence ?
22:09Le silence, le fait qu'on déplaçait les gens.
22:12Mais il ne faut pas faire d'anachronisme, c'est ce qu'on faisait partout à l'époque, vous voyez.
22:16Et ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui ?
22:17Ah non, je pense vraiment qu'on est complètement sortis de cela,
22:19et qu'aujourd'hui on est extrêmement vigilants,
22:21qu'on forme les jeunes séminaristes à toutes ces questions,
22:24qu'on a pris des mesures.
22:25Aujourd'hui, un prêtre ne confesse pas à quelqu'un tout seul,
22:28un jeune, sans qu'il y ait une porte ouverte, etc.
22:30Donc je pense vraiment qu'on est sortis de cela.
22:33Mais il faut rester extrêmement vigilants, c'est une question qui nous préoccupe beaucoup.
22:36Alors quand on a un nouveau pape, vous savez, on se pose toujours la question
22:39est-ce qu'il sera plus moderne que le précédent ?
22:41Comment est-ce qu'il va vouloir changer les choses ?
22:44Une des questions centrales, c'est la place des femmes dans l'Église,
22:47la question de l'ordination.
22:48Est-ce que ce pape Léon XIV est animé par une envie de faire bouger les choses pour les femmes
22:54?
22:54Alors en tout cas, il a marqué en nommant deux femmes à des instances les plus hautes
23:01de gouvernement de dicaster, qui sont un peu les ministères de l'Église,
23:04qu'il était attentif à cette question et sensible à cela,
23:07et qu'il veut vraiment donner leur place dans le respect des différentes vocations aux femmes dans l'Église.
23:13Jusqu'à l'ordination des femmes ?
23:14Ah non, ça je ne pense pas, parce que c'est une chose différente,
23:17sur laquelle je n'ai peut-être pas le temps de m'expliquer aujourd'hui,
23:21mais en tout cas, vous voyez, au fond, on vit dans une société
23:24où on a du mal à comprendre le sens symbolique de la différence sexuelle.
23:28Dans l'Église, il est assez marqué symboliquement.
23:30Et donc les prêtres qui représentent Jésus, qui est Dieu fait homme, masculin,
23:35ceci est mon corps livré pour vous, c'est le corps d'un homme, voilà.
23:38Et donc l'identification du prêtre à un homme, à un sens symbolique fort,
23:42face à l'Église féminine, c'est difficile à comprendre dans la culture actuelle,
23:46mais je pense que les croyants le comprennent de l'intérieur.
23:48Merci Mgr Pierre-Antoine Bozo, porte-parole de la conférence des évêques de France,
23:52évêques du diocèse de La Rochelle.
23:54Merci d'avoir été l'invité du 8.30 France Info à l'occasion de la visite du pape Léon
23:57XIV,
23:58qui commence ce matin et qu'on suit ensemble évidemment sur France Info.

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