- il y a 7 mois
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00:00Bonjour Eric Coquerel, et merci d'être avec nous ce matin sur France Info.
00:04Beaucoup de sujets à voir avec vous, le budget, l'actualité internationale,
00:07évidemment on en parlait dans le journal, l'Iran, le Venezuela aussi,
00:10mais d'abord cette menace de Sébastien Lecornu, le Premier ministre
00:14qui assure ne vouloir ni censure ni dissolution,
00:17et pourtant il a demandé au ministre de l'Intérieur de se préparer à des législatives
00:22au mois de mars, au moment donc des municipales.
00:25Est-ce que vous y croyez ?
00:27Écoutez, moi je pourrais l'espérer en tout cas,
00:30parce que je pense que le retour aux urnes,
00:31vous savez que nous c'est les présidentielles que nous souhaitons,
00:34plus que des législatives, mais on prendra ce qui viendra,
00:36ça serait une manière de résoudre l'impasse dans laquelle nous sommes
00:40depuis juillet 2024, c'est-à-dire un président de la République
00:43qui maintient un gouvernement minoritaire,
00:45qui essaye de passer en force,
00:47qui essaye en tout cas de passer des textes minoritaires, budgétaires,
00:50et ça ne marche pas, donc au moins ça serait une manière de le résoudre.
00:52Ça va quand même marcher sur le budget de la Sécu.
00:53Oui, mais vous voyez bien que sur le budget de l'État, ça ne fonctionne pas.
00:57Et sur le budget de la Sécu, ça a marché à partir du moment
00:59où ils ont eu des concessions d'une des oppositions,
01:03en l'occurrence le groupe socialiste,
01:04mais je ne crois pas que ce soit une manière de gérer le pays.
01:07Donc je pense que le retour aux urnes...
01:08Faire-le-faire des Français le jour des municipales, c'est une bonne idée ?
01:10Alors, je pense que le retour aux urnes serait nécessaire.
01:13Maintenant, si vous me demandez, à mon avis,
01:15quelle est la préoccupation que le Cordu,
01:17je ne pense pas qu'il souhaite une dissolution,
01:19mais on voit bien qu'il met une pression.
01:20Il met une pression notamment vis-à-vis à la fois du groupe socialiste
01:24et des LR, c'est-à-dire ceux qui, j'allais dire presque de manière symétrique,
01:28pourraient ne pas voter le texte, ça c'est quasiment sûr,
01:31je ne pense pas que le texte budgétaire passera par le vote,
01:34mais qui pourraient censurer le gouvernement selon ce qu'il y a dans le texte.
01:37Or, ce qui se passe aujourd'hui, on va en parler,
01:39mais ce qui sort de la commission qui s'est achevée hier,
01:41la commission des finances,
01:43c'est qu'il n'y a pas matière aujourd'hui à même d'infimes concessions,
01:47c'est-à-dire tout ce que le Parti Socialiste a mis,
01:50par exemple, comme ligne rouge cette semaine,
01:51tout ça a été battu.
01:52On va y revenir sur le budget,
01:54mais donc, juste pour bien comprendre,
01:56pour vous, cette proposition de dissolution de retour aux urnes,
02:00c'est une manœuvre politique de la Parti Sénatia Lecornu ?
02:02Oui, je pense que c'est un coup de pression qui est mis,
02:04plus qu'avec des fuites d'ailleurs,
02:07sur cette affaire de organiser les élections pendant les municipales.
02:10Bon, je n'y crois pas trop,
02:12mais je vous le dis, si jamais on y vient,
02:14et nous on va essayer d'y venir,
02:15parce qu'on censurera un gouvernement qui utilisera le 49-3,
02:19eh bien, on sera prêt à assumer et à assurer.
02:22Alors, si vous assumez d'ailleurs,
02:24est-ce que vous assumerez seul une élection législative
02:27ou est-ce que vous dites,
02:28bon, il y a encore l'espoir d'arriver à s'entendre
02:31avec écologistes socialistes ?
02:33Écoutez, s'il y a des législatives anticipées,
02:35il n'y a pas de raison que nous ne fassions pas ce que nous avions fait
02:37lorsque, on en parlait beaucoup,
02:39vous savez, à l'automne,
02:41où nous avons immédiatement proposé à nos partenaires
02:44du Nouveau Front Populaire,
02:46de repartir ensemble,
02:47la seule condition que nous mettions,
02:48c'était sur le programme du Nouveau Front Populaire,
02:50ce sur quoi nous étions élus.
02:52Et si vous vous souvenez...
02:52Pas sur le programme du budget de la Sécurité Sociale
02:54que les socialistes ont voté.
02:55Bien sûr que non,
02:55sur le programme du Nouveau Front Populaire.
02:57Les écologistes étaient venus à cette réunion,
02:59le groupe communiste à l'Assemblée
03:01était venu à cette réunion,
03:02le Parti Socialiste n'était pas venu,
03:03c'est sa responsabilité,
03:04mais on voit bien qu'il y a peut-être matière,
03:06s'il y a des élections anticipées,
03:07à ce qu'on se retrouve avec ceux qui,
03:09j'allais dire, restent fidèles à notre programme.
03:11Mais vous pourriez toujours considérer
03:13les socialistes dans ce camp-là ?
03:16Malgré tout ce qui s'est passé ces derniers mois ?
03:18C'est vrai que c'est compliqué,
03:20c'est vrai que nous entendons,
03:21eux-mêmes l'excluent.
03:22Je vous rappelle que même sur les municipales,
03:24ils n'en ont pas très envie.
03:25Ils excluent même des accords au second tour.
03:27J'ai encore entendu aujourd'hui
03:28le maire socialiste de Marseille
03:31qui les exclut après Emmanuel Grégoire à Paris.
03:35Donc on voit bien que c'est pas eux.
03:36Eux n'ont pas très envie.
03:37On ne va pas non plus, je veux dire,
03:40faire boire un dame quand il n'a pas soif.
03:42Vous voyez ce que je veux dire ?
03:43Mais en tout cas, la proposition sera à la table
03:46à partir du moment, c'est la condition
03:48où évidemment c'est sur le programme du NFP.
03:50Ça ne peut pas être sur un autre programme
03:51que celui auquel on a été élus.
03:52Alors vous le disiez, Éric Coquerel,
03:54la commission des finances a donc rejeté cette nuit
03:57le volet dépenses hier soir
04:01de ce budget de l'État.
04:04Ça veut dire quoi ?
04:05Ça veut dire que ça présage de ce qui va se passer
04:07dans l'hémicycle et que donc,
04:09le 49.3 est inévitable ?
04:10Moi je pense que oui, ça le présage.
04:12C'est-à-dire que, en fait, pour bien comprendre,
04:14en première lecture, le texte avait tellement été rejeté
04:17qu'il n'y a pas eu une voie pour.
04:18C'est exactement ce qui s'est passé hier.
04:20Et, contrairement à la première lecture,
04:23on avait eu dans le cours du débat, si vous voulez,
04:25des amendements qui avaient été votés
04:27pour taxer les plus hauts patrimoines,
04:30pour taxer les profits des plus grandes entreprises,
04:34pour à la fois abaisser un peu
04:36la baisse des dépenses,
04:37les coupes budgétaires prévues par le gouvernement.
04:39Là, quasiment rien de tout ça.
04:41C'est-à-dire qu'on a heureusement battu le texte,
04:44mais dans le cours du débat,
04:45notamment parce que le Rassemblement National
04:47a voté beaucoup de coupes budgétaires
04:48ou de dépenses fiscales en plus
04:50avec le gouvernement,
04:52des exonérations, des crédits d'impôt
04:53en faveur des plus privilégiés,
04:55enfin, avec les forces qui se réfèrent au gouvernement.
04:58Ça a été plutôt négatif sur le contenu.
05:01Donc, on s'écarte, j'allais dire,
05:03de nos possibilités de compromis.
05:05Ce que vous êtes en train de dire, Éric Coquerel,
05:07c'est que même en cas de passage avec le 49-3,
05:09il serait inacceptable que les socialistes
05:11ne votent pas une censure.
05:12Là, tel qu'aujourd'hui, on sort de la commission,
05:15je ne vois pas matière,
05:16même à faire semblant, si vous voulez.
05:18C'est-à-dire, si on se souvient bien,
05:20les socialistes n'avaient pas censuré
05:22François Béroud en février 2025
05:24sur pas grand-chose.
05:26Il y avait 4000 postes d'enseignants
05:27qui ne seraient pas supprimés.
05:30Finalement, ils sont supprimés dans le budget.
05:33Et, par exemple, un amendement
05:34a été proposé par les socialistes,
05:36là, en commission, pour revenir dessus.
05:38L'amendement a été battu.
05:38Donc, ils avaient accepté
05:42de ne pas censurer François Béroud avec le conclave.
05:44On sait qu'il n'en était rien sorti.
05:46Donc, pas grand-chose.
05:48Là, cette fois-ci, j'ai cru comprendre.
05:50J'ai vu que M. Vallaud,
05:53Boris Vallaud, mettait des points
05:55qu'il appelle des lignes rouges
05:56chez certains de vos confrères.
05:58Eh bien, j'observe que ces lignes rouges,
06:00que ce soit en texte de taxation des hauts patrimoines,
06:02que ce soit en coûts budgétaires
06:04vis-à-vis des APL,
06:06vis-à-vis des revenus d'activité,
06:07tout ça a été battu.
06:08Donc, je dis que, pour l'instant,
06:10je ne vois même pas matière
06:11à ce qui pourrait justifier la concession
06:13que nous ne ferions pas,
06:14parce qu'on pense qu'on serait loin du compte,
06:16mais que les socialistes pourraient faire.
06:17Et, à mon avis, c'est pour ça
06:18que M. Lecornu fait cette pression
06:21à la dissolution,
06:22parce qu'il n'aura pas grand-chose
06:23à donner, à mon avis.
06:24Mais, Eric Ockrell, ce qui a aussi changé,
06:26c'est que nous sommes le 11 janvier,
06:28c'est que nous sommes en loi spéciale,
06:29et donc, les marges de manœuvre
06:31pour les députés,
06:32elles se sont réduites.
06:33Sans rentrer dans les détails techniques,
06:35mais on ne peut pas,
06:37réintroduire tout ce qui est pénalisé
06:39les contribuables,
06:40donc, notamment,
06:41les rabots sur les niches fiscales,
06:42la réforme de l'appartement
06:43de 10% sur les retraités, etc.
06:45On ne peut pas le réintroduire
06:46en cours d'année.
06:47Il y a aussi cette fameuse disposition
06:48dite de l'entonnoir.
06:50On ne peut pas rajouter,
06:51ajouter des mesures
06:53qui n'ont rien à voir
06:53avec ce qui avait été débattu avant,
06:55parce que nous sommes
06:55en deuxième lecture à l'Assemblée.
06:57Donc, concrètement,
06:58est-ce qu'on n'a pas perdu du temps ?
06:59Est-ce que ce n'est pas dommage
07:00de ne pas s'être mis d'accord
07:01sur la première version ?
07:02Parce que ce qu'on a aujourd'hui
07:03est plus compliqué à aborder.
07:05Donc, vous vouliez quoi ?
07:05Vous vouliez qu'on accepte
07:06un budget de stérilité ?
07:08Non, je dis juste qu'aujourd'hui,
07:09il y a 2 milliards de plus
07:11à trouver que dans la première lecture.
07:13On ne peut pas demander
07:13à l'opposition,
07:15pour avoir à tout prix un budget,
07:16de voter un mauvais budget
07:17pour le pays,
07:17parce que c'est ça
07:18qu'on nous propose.
07:19Mais celui-ci,
07:19semble-t-il plus mauvais
07:21que ce qu'il aurait pu être ?
07:22Exactement,
07:22mais il était déjà très mauvais.
07:23Donc, il ne correspond ni
07:25aux grandes préoccupations de l'heure,
07:26c'est-à-dire
07:27aux nécessités d'investissement massif.
07:27Parfois, la politique,
07:28c'est aussi éviter le pire.
07:29Comment ?
07:30Parfois, la politique,
07:30c'est aussi éviter le pire
07:31et pas seulement rechercher le meilleur.
07:33Oui, mais le pire,
07:34c'est ce qu'on nous présente.
07:35Le pire, c'est la politique
07:35qui sévit depuis 2017,
07:37qui amène le pays
07:38à la désindustrialisation,
07:40qui relance en ce moment le chômage,
07:41qui a augmenté le taux de breveté.
07:42Enfin, je ne veux pas vous faire la liste,
07:44mais qui contredit
07:45la propagande du gouvernement.
07:46On a l'impression
07:47que tout va bien au niveau économique.
07:48Non, tout ne va pas bien
07:48et les Français en souffrent
07:49tous les jours
07:50avec leur pouvoir d'achat.
07:51Donc, tout ça,
07:52on nous propose
07:52de le continuer avec ce budget.
07:54On ne va pas demander à l'opposition,
07:55qui en plus est arrivée en tête
07:57en juillet 2024
07:58sur un tout autre programme,
07:59de dire,
08:00bah oui,
08:00on va vous laisser faire.
08:01Bon, on est dans une situation
08:03d'ailleurs où le gouvernement
08:04a beaucoup de responsabilités.
08:06Parce que vous parliez
08:06de la loi spéciale.
08:07Il a appliqué,
08:08pour bien comprendre
08:09la loi spéciale,
08:09pour que les gens nous écoutent,
08:10c'est le fait de dupliquer
08:12le budget voté en 2025,
08:13possiblement,
08:14sur l'année suivante.
08:15Les Espagnols font ça
08:16depuis trois ans.
08:17Je n'ai pas l'impression
08:17que d'un point de vue économique,
08:19ça aille si mal que ça en Espagne.
08:20Alors, je ne dis pas
08:21que c'est un objectif,
08:23mais en tout cas,
08:24ça peut permettre
08:25de tenir quelques mois.
08:26Pour qu'on ne tienne pas
08:27quelques mois
08:28et que le gouvernement
08:28mette une espèce de pression
08:30en disant,
08:30vous voyez bien,
08:31on ne peut pas faire,
08:31on ne peut pas payer
08:32ma prime réneuve,
08:33on ne peut pas fournir
08:34des munitions.
08:35On ne peut pas faire les aides
08:35aux agriculteurs, par exemple.
08:36Mais on ne peut pas.
08:37Tout ça, il faut.
08:38Tout ça, il faut.
08:39Parce que vous pouvez très bien
08:40appliquer une loi spéciale
08:41qui duplique les budgets
08:43et non pas qu'il y ait
08:44une version minimaliste.
08:44Le gouvernement a fait
08:45une version minimaliste
08:46de la loi spéciale.
08:48Il n'y a aucun texte...
08:49Qui était sur quelques articles.
08:50On pourrait faire une loi
08:51plus importante que ça.
08:53Bien sûr,
08:53on pourrait faire une loi spéciale
08:54qui permet d'utiliser
08:55tous les crédits votés en 2025
08:57et pas seulement,
08:58en gros,
08:58ce que fait le gouvernement,
08:59les crédits pour payer
09:00les fonctionnaires.
09:01Il n'y a rien qui est...
09:01Vous la voteriez,
09:02cette loi spéciale ?
09:03Vous la voteriez,
09:04cette loi spéciale ?
09:04On la votait,
09:04de toute façon,
09:05je vous ferme ma...
09:05Mais vous la voteriez
09:06si c'est une loi spéciale
09:07un peu plus étendue,
09:08on va dire ?
09:09Il aurait surtout fallu
09:10l'appliquer comme ça.
09:11Mais le gouvernement,
09:12de ce que je comprends,
09:13par exemple,
09:13ne nous propose pas
09:14un budget de l'an dernier
09:16qui serait rectifié à l'inflation.
09:17Il propose toujours
09:18des budgets
09:19de plus d'austérité.
09:20Il aurait eu l'occasion
09:21de dire
09:21on va faire un compromis,
09:22on va essayer
09:23de faire un budget minimaliste
09:24mais qui ne fait pas
09:25autant de coûts budgétaires
09:26qui ne fait pas
09:26les coûts budgétaires prévus,
09:27par exemple,
09:28par rapport aux années précédentes.
09:30Il ne l'a pas fait.
09:30Pourquoi ?
09:31Parce qu'ils veulent
09:32continuer à imposer
09:33leur politique.
09:34Éric Ocral,
09:35vous dites finalement
09:35la loi spéciale,
09:36ce n'est pas si grave.
09:37Si on en croit
09:37les chiffres de Bercy,
09:38pour 2026,
09:39on va avoir un déficit
09:40de 5,4 voire 5,5% du PIB.
09:43Ce n'est pas que je vais
09:43la loi spéciale pour l'instant.
09:44C'est là où on est
09:45avec le budget.
09:46C'est le résultat
09:46d'une impasse budgétaire.
09:49Là, les 5,4%
09:50que vous parlez
09:51que Bercy évoque,
09:52c'est là où on est
09:53le budget sorti du Sénat
09:54parce que le Sénat,
09:55comme il a fait
09:56des cadeaux fiscaux
09:56encore aux plus riches en plus,
09:58il a réussi
09:59à augmenter les déficits.
10:00Pour vous,
10:00ce n'est pas si grave
10:01est-ce que vous vous accordez
10:05sur l'objectif
10:06de réduction
10:06en dessous
10:07des 5% évoqués ?
10:09Vous savez,
10:10nous, on a fait
10:10un contre-budget
10:12où on a été chercher
10:13150 milliards
10:14de recettes nouvelles
10:15en plus,
10:16uniquement sur les ultra-riches
10:17et les très grandes entreprises
10:18et ça a baissé
10:19le déficit
10:20en dessous de 5%.
10:21Donc, nous,
10:22on dit qu'on peut le faire
10:23mais il est hors de question
10:24de baisser le déficit
10:26sur le dos des Français
10:27pour payer les cadeaux fiscaux
10:28aux plus riches.
10:29C'est exactement
10:30ce qu'on nous fait
10:30depuis des années
10:31et ça a un effet.
10:32C'est que quand vous faites
10:33payer ça aux Français,
10:34vous avez un effet récessif
10:36sur le pouvoir d'achat.
10:37Or, vous le savez,
10:38le pouvoir d'achat,
10:39la consommation intérieure,
10:40c'est ce qui tient
10:40l'économie française.
10:42Donc, qu'on nous ne demande pas...
10:43Un peu moins ces derniers temps,
10:44quand même, là.
10:45Justement, oui.
10:46Du fait de la politique monnaie,
10:47vous avez raison.
10:48Mais ce que je veux dire
10:48c'est que traditionnellement,
10:50la structuration
10:50de l'économie française
10:51repose beaucoup
10:52sur la consommation intérieure.
10:53Quand vous attaquez
10:54le pouvoir d'achat
10:55en baissant les budgets
10:56des ministères,
10:56dont, par exemple,
10:57les commandes publiques
10:58qui peuvent être faites par eux
10:59en faisant en sorte
11:00d'avoir une année blanche
11:02sur toutes les prestations
11:03et autres,
11:04eh bien, vous attaquez
11:04le pouvoir d'achat.
11:05Donc, c'est une politique
11:05qui est non seulement injuste,
11:07inégale,
11:08mais qui, d'un point de vue économique,
11:09est imbécile, j'allais dire.
11:11Eric Coquerel,
11:11vous restez avec nous.
11:12On se retrouve dans quelques secondes
11:13pour parler notamment
11:14de l'actualité internationale.
11:16D'abord, l'info en une minute,
11:179h moins le quart.
11:18Diane Ferchit.
11:20Et les Etats-Unis
11:21se tiennent prêts
11:21à aider l'Iran.
11:22C'est en tout cas
11:22ce qu'affirme le président américain
11:24Donald Trump.
11:25L'Iran aspire, selon lui,
11:26à la liberté.
11:27Les manifestations
11:28contre le régime
11:29se poursuivent
11:29depuis deux semaines
11:30dans le pays.
11:30Cela fait plus de deux jours
11:32qu'Internet est coupé
11:33dans l'ensemble de l'Iran.
11:35En Savoie,
11:36800 personnes
11:36qui cherchaient à rejoindre
11:37le domaine skiable
11:38des Trois-Vallées
11:39ont dû être mises à l'abri
11:40dans des centres d'hébergement
11:42au cours de la nuit.
11:43Des automobilistes
11:44qui se sont retrouvés coincés
11:45dans des bouchons
11:46provoqués par des chutes de neige
11:47et attention aux avalanches
11:49dans les Alpes.
11:50Trois skieurs
11:50sont morts hier
11:51de Haval d'Isère 1 à Arèche,
11:53Beaufort ou Trois
11:54évoluaient en hors-piste.
11:56Vont-ils bloquer
11:57le port du Havre ?
11:58C'est en tout cas
11:58l'objectif des agriculteurs.
11:59Ils sont près de 300
12:00sur place
12:01avec des tracteurs.
12:02Ils veulent, disent-ils,
12:03contrôler la provenance
12:04des produits
12:05après l'aval donné par Roussel
12:06à l'accord
12:07avec les pays
12:08du Mercosur.
12:09Il était le fondateur
12:10du groupe de rock californien
12:11Grateful Dead.
12:12On a appris la mort
12:13du guitariste Bob Weir.
12:15C'était une des icônes
12:16de la contre-culture américaine
12:17des années 60.
12:19Bob Weir avait 78 ans.
12:21France Info
12:24Le 830 France Info
12:27Adrien Bec
12:28Camille Vigogne-Lecouat
12:30Et nous sommes toujours
12:32avec Éric Coquerel,
12:33député insoumis
12:34de Seine-Saint-Denis.
12:35On voulait vous parler
12:36d'international,
12:37d'Iran particulièrement,
12:38où les manifestations
12:38populaires continuent,
12:40prennent de l'ampleur
12:40malgré la répression violente,
12:42malgré la coupure d'Internet.
12:43Est-ce que vous soutenez
12:44les manifestants ?
12:45Pleinement, oui.
12:46Il faut en parler beaucoup
12:47parce que là,
12:47il y a huit clots.
12:48Et j'entendais
12:48certains de vos confrères
12:50sur une radio du service public
12:51il y a quelques minutes
12:52qui parlaient malheureusement
12:53de très certainement
12:54une répression plus forte encore
12:56que lors du dernier mouvement.
12:57Donc bien évidemment,
12:58on les soutient entièrement.
12:59C'est-à-dire,
13:00à la fois,
13:01ils ont des revendications sociales
13:02sur la liberté
13:03face à une théocratie iranienne
13:06que l'on connaît.
13:08Ils disent aussi autre chose.
13:09Enfin, en tout cas,
13:10les représentants, on va dire,
13:11de la gauche iranienne en France
13:13font passer un message.
13:15C'est qu'ils ne veulent pas
13:15être récupérés
13:16par des puissances étrangères
13:18type Donald Trump,
13:19un pénaliste et autres.
13:20Pourquoi ?
13:21Parce que, d'une part,
13:22ils ne se reconnaissent pas dans...
13:24Ce n'est pas parce qu'ils combattent
13:26la théocratie iranienne
13:27qu'ils se reconnaissent
13:28dans ce qui est en train de faire Trump.
13:29Mais surtout, ça les desserre.
13:30Parce qu'évidemment,
13:31le régime iranien s'appuie là-dessus
13:33pour dire, en réalité,
13:34ces manifestants sont au service
13:36d'Israël, etc.
13:37Donc, ça, c'est un message
13:39qu'il passe
13:40et je crois qu'il est important.
13:41Donc, plein et entier soutien
13:43à ces manifestants.
13:45Et j'espère qu'il faut vraiment,
13:47comme le huis clos est installé,
13:48il faut en parler encore plus.
13:49On doit souhaiter que ce régime
13:51finisse par tomber.
13:52Bien sûr.
13:53Pour autant, il y a eu,
13:56dans l'alliance bolivarienne,
13:58alors je sais, vous allez dire,
13:59on vous en parle à chaque fois,
14:00mais l'alliance bolivarienne
14:01pour laquelle plaidait
14:02Jean-Luc Mélenchon,
14:03l'Iran faisait non pas partie.
14:04Non, non, l'alliance bolivarienne,
14:05c'est absolument pas ça,
14:06l'alliance bolivarienne.
14:06Non, elle faisait pas partie,
14:07mais était un État observateur.
14:08Non, mais l'alliance bolivarienne
14:09n'incluait pas l'Iran.
14:10Ça, vous parlez,
14:11c'était l'Alba au moment de Chavez
14:14sur certains pays d'Amérique latine
14:16qui étaient à gauche
14:16et nous, on considérait que la France
14:18étant aussi, quelque part,
14:20un pays d'Amérique latine
14:21par la Guyane,
14:22par les Caribes,
14:23aurait pu faire partie
14:24de cette alliance.
14:24Mais ça n'avait aucun rapport
14:25avec l'Iran
14:26et ça n'avait même aucun rapport
14:27avec l'origine aujourd'hui
14:29de M. Maduro,
14:30c'était l'Utend Chavez.
14:31Donc, ça n'a aucun rapport.
14:32Bien évidemment,
14:33je reviens à votre question,
14:34bien évidemment,
14:34on souhaite,
14:35mais ce n'est pas nouveau.
14:36Si vous regardez tous les écrits
14:37de nos responsables et dirigeants
14:39vis-à-vis de la théocratie islamiste
14:41en Iran,
14:42nous avons toujours été opposés
14:44fondamentalement
14:45à cette théocratie,
14:46donc ce n'est pas quelque chose
14:47de nouveau.
14:47Vous vous dites
14:48que c'est une théocratie islamiste,
14:49mais dans votre parti,
14:51certains ont mis surtout en avant
14:52des motifs de pouvoir d'achat,
14:54de vie chère,
14:54qu'on entend dans les manifestations.
14:55Non, non, pas du tout.
14:56Je vais vous citer
14:57Laurence Rossignol,
14:58sénatrice socialiste,
15:00qui a eu une sortie,
15:01justement, à ce sujet-là
15:02et qui vous a reproché
15:02de ne pas mentionner
15:04cette nature même du régime
15:06en disant que c'était
15:07un crachat sur la tombe
15:08des centaines de jeunes filles
15:09et de garçons militants
15:10pendus, violés,
15:11disparus dans les prisons
15:11de la dictature islamiste
15:13et des mollas.
15:14C'est une attaque
15:14qui vient de la gauche.
15:16Comment vous réagissez ?
15:17Écoutez,
15:18c'est une attaque surtout
15:19qui vient de gens
15:20qui sont très printemps républicains
15:22et je leur conseille
15:23de ne pas parler
15:24au nom des manifestants
15:25et au nom de ceux
15:26qui se soulèvent.
15:27Ils ne parlent pas
15:27au nom des manifestants.
15:28Ils critiquent votre opposition.
15:33Et critiquent les filles.
15:34C'est vrai que le moment
15:35est de critiquer les filles
15:36quand il faudrait au contraire
15:38afficher une solidarité
15:39unitaire par rapport à l'Iran.
15:41Donc, chacun est responsable
15:42de ses actes,
15:43y compris de diviser
15:44un mouvement de solidarité.
15:45Non, je vous le dis,
15:46ce que nous avons dit
15:47à l'époque,
15:48au début,
15:49et tous vos journalistes
15:50pourront en témoigner,
15:51c'est que ce qui est monté
15:51du bazar au départ,
15:53c'était des revendications sociales.
15:54Ils le disaient eux-mêmes.
15:55Donc, on appuie
15:56les revendications sociales.
15:57Dire qu'on appuie
16:00un mouvement
16:00qui exprime
16:01des revendications sociales
16:02ne veut pas dire
16:03qu'on oublie
16:04la part du mouvement
16:05qui s'est au bout
16:06de quelques jours additionnée,
16:08qui est celui traditionnel
16:09pour la liberté en Iran,
16:11pour le droit des femmes,
16:12etc.
16:12Donc, tout ça,
16:13c'est de la mauvaise politique
16:14et de la récompération.
16:15Également,
16:16dans l'actualité internationale,
16:17vous l'avez évoqué brièvement,
16:19Éric Coquerel,
16:21l'autre actualité chaude,
16:22c'est évidemment
16:23le Venezuela.
16:24Nicolas Maduro,
16:25qui, à ses dernières heures,
16:26dit depuis sa prison
16:27new-yorkaise
16:28qu'il va bien.
16:29Et Jean-Luc Mélenchon
16:31qui exige la libération
16:32et le retour de Nicolas Maduro
16:33libre au Venezuela.
16:35Est-ce que vous pensez comme lui ?
16:36Je vais vous répondre juste.
16:37Je ne voudrais pas oublier
16:38un autre peuple
16:39dans cette région du monde
16:40qui continue à être massacré
16:41et terrorisé,
16:42qui est le peuple palestinien
16:43à qui, aujourd'hui,
16:44les Israéliens
16:45ont enlevé
16:46les organisations humanitaires
16:49très importantes
16:49du monde.
16:50qui continuent à aller à Gaza
16:51de façon à être sûr
16:53de continuer le génocide
16:54comme il est.
16:55Donc, je crois
16:56qu'il ne faut pas non plus
16:57les oublier.
16:58Sur la question
16:59de Trump
17:02et de ce qui est en train
17:03de se passer,
17:03on voit bien que
17:04ça déborde très largement
17:06le cas de Nicolas Maduro
17:08ou de Venezuela.
17:09C'est le fait que
17:11les Américains,
17:12aujourd'hui,
17:13veulent de nouveau
17:14instaurer ce qu'on appelle
17:15la doctrine Monroe.
17:16Oui, mais ça,
17:17Éric Coquerel,
17:17ma question était plus précise.
17:19C'était,
17:19est-ce que Nicolas Maduro
17:20doit revenir au Venezuela ?
17:21Oui, bien sûr, c'est normal
17:22qu'il doit revenir au Venezuela.
17:23À partir du moment
17:23où on kidnappe
17:25un dirigeant
17:25d'un gouvernement
17:27en dehors de tout droit
17:28international,
17:29par la force,
17:30etc.
17:30Mais il doit revenir
17:31comme président ?
17:32Vous m'écoutez,
17:34je dis que oui,
17:35on doit revenir
17:36sur un kidnapping
17:37qui est absolument
17:38scandaleux
17:39et contraire
17:39au droit international.
17:40Après,
17:40c'est au peuple,
17:42j'allais dire,
17:42c'est au peuple
17:43vénézuélien
17:44de décider
17:45qui doit les diriger,
17:46y compris
17:47par les mobilisations
17:49qu'ils veulent.
17:50Je crois qu'il avait
17:51un peu décidé,
17:52le peuple vénézuélien.
17:53Vous allez m'entraîner
17:55sur quelque chose
17:56où les victimes
17:58de ce kidnapping,
18:00c'est-à-dire
18:01Nicolas Maduro,
18:02mais en tant que représentant
18:03du peuple vénézuélien...
18:03C'est une victime
18:04de Nicolas Maduro ?
18:05Du kidnapping, oui.
18:06Qu'est-ce que c'est ?
18:07C'est Trump
18:07qui est la victime
18:08dans cette affaire ?
18:08C'est peut-être
18:09le peuple vénézuélien
18:09qui est...
18:10Monsieur Cottrell,
18:11on peut condamner
18:12l'impervention américaine
18:13tout en reconnaissant
18:15que Nicolas Maduro
18:15s'est maintenu au pouvoir
18:16par la force
18:17à l'issue d'un scrutin
18:18irrégulier en juillet 2024.
18:19Vous avez un angle
18:20d'entrer dans l'histoire
18:21qui est d'abord
18:21de condamner Nicolas Maduro
18:23et de les dirigeants
18:25vénézuéliens
18:25et non pas de condamner
18:26l'intervention américaine.
18:28Peut-être revenons
18:28au début du sujet.
18:30Vous vous considérez
18:31que c'est un président légitime ?
18:32Comment vous allez
18:33me poser la question
18:34bientôt vis-à-vis
18:35peut-être
18:36de la Colombie ?
18:37Comment vous allez
18:37me poser la question
18:38peut-être vis-à-vis
18:39de l'Union d'Extra ?
18:40Vous voyez bien.
18:42D'accord.
18:43Donc vous me poserez
18:44la question comment
18:44quand éventuellement
18:46Donald Trump
18:46interviendra
18:47par rapport à la Colombie ?
18:48Il a dit
18:48par rapport à Cuba,
18:50par rapport au Groenland.
18:51On n'en est pas là.
18:52Mais si on en est là,
18:53c'est ce que dit...
18:54Attendez, excusez-moi.
18:54On a dû...
18:55On pardonne-moi.
18:55On a dû mal à comprendre.
18:55Non, non, mais moi pardonnez-moi,
18:57je vais revenir à la question.
18:58Vous êtes en train
18:59d'entraîner la situation
19:00sur le fait de dire
19:01que l'intervention américaine...
19:04Non, il faut savoir
19:04si vous considérez
19:05Nicolas Maduro
19:06comme un président légitime.
19:07Oui, j'ai bien compris.
19:08Donc la question,
19:09ça serait derrière
19:10qui serait à poser
19:11principalement derrière
19:11un kidnapping
19:12comme on a rarement vu
19:13dans le droit international
19:15d'un dirigeant
19:16et une agression militaire
19:18qui, je vous rappelle,
19:18a fait plus de 100 morts
19:19au Venezuela.
19:20Donc la question,
19:21ça ne serait pas
19:22comment on fait face à ça,
19:23comment on s'oppose
19:24à Donald Trump
19:25dans les quelques minutes
19:26que vous me consacrez,
19:27mais comment on fait en sorte
19:28de décider
19:30si oui ou non
19:30Nicolas Maduro
19:31doit revenir au Venezuela.
19:33Excusez-moi,
19:33ça c'est une question secondaire.
19:35La question principale,
19:36c'est comment on arrête
19:37les États-Unis d'Amérique
19:38qui manifestement
19:39ont décidé
19:40de refaire de l'Amérique latine.
19:41Ce n'est peut-être pas
19:41une question secondaire
19:42pour le peuple vénézuélien
19:43en l'espèce.
19:43Oui, alors,
19:44c'est peut-être pas
19:45une question secondaire
19:46mais c'est une question
19:47qui est secondaire
19:47par rapport à ce qui est
19:48en train de se passer
19:49dans le monde,
19:49c'est-à-dire où on a
19:50plusieurs empires
19:51qui sont en train
19:51de menacer la paix internationale,
19:53qui sont en train
19:54de casser le droit international
19:55et qui menacent même désormais,
19:57parce que c'est dommage,
19:57je ne vais même pas
19:58pouvoir vous répondre là-dessus,
19:59de manière très sérieuse,
20:01une partie de l'Europe
20:02avec le Groenland.
20:03Qu'est-ce qu'on fait
20:03par rapport à ça ?
20:04On va nous dire que ce n'est pas bien.
20:05Malheureusement,
20:06notre temps est compté.
20:07On aura l'occasion
20:07d'en reparler,
20:08Évidemment Éric Coquerel,
20:08un grand merci à vous.
20:09Vous êtes député
20:10de la France Insoumise
20:11de Seine-Saint-Denis,
20:12président de la Commission
20:12des Finances
20:13de l'Assemblée Nationale.
20:14Et merci Camille Vigonne-le-Couat,
20:16le nouvel OPS.
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