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  • il y a 7 semaines
Les informés de franceinfo du vendredi 9 janvier 2026

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00:00Et bienvenue dans les informés de France Info, 20 minutes, 25 minutes même pour décrypter toute l'actualité politique du moment.
00:14Bonjour Renaud Delis. Bonjour Andréa.
00:16Et je salue nos deux informés. Bonjour Valéry Hacot, vous êtes chef du service économie de libération.
00:22Je salue également Jean-Jérôme Bertolus. Bonjour Jean-Jérôme.
00:25Bonjour Andréa.
00:25Éditorialiste politique à France Info Télé. Notre premier débat, évidemment Renaud Delis, on a tous vu ses tracteurs dans Paris, hier au pied de la tour Eiffel et de l'Arc de Triomphe très précisément.
00:39La France a voté contre ou va voter contre le Mercosur. On peut se demander si le choix d'Emmanuel Macron était entre l'isolement en Europe ou ne pas créer de crise politique.
00:50Et bien vous avez tout dit Adrien. Emmanuel Macron a annoncé cette position de la France hier.
00:56Aujourd'hui, la France lors du Conseil européen votera contre le traité signé par l'Union européenne avec les quatre pays sud-américains du Mercosur.
01:03Ce qui ne devrait pas empêcher le traité d'être adopté, ratifié définitivement, puisque la France n'a pas réussi à constituer une minorité de blocage.
01:12Cette position, donc, elle isole en quelque sorte la France au sein de l'Union européenne.
01:17Peut-elle pour autant calmer la colère des agriculteurs ?
01:22Ça n'est pas évident au regard de cette réaction de Luc Smesser qui est vice-président de l'AFNSEA, le principal syndicat agricole.
01:31Enfin, le président est clair, mais c'est trop tard.
01:36Notre président, aujourd'hui, a compris que ce traité va signer.
01:39Aujourd'hui, on n'est pas capable d'aller trouver des alliés, puisque même l'Italie vient de nous lâcher.
01:44C'est grave, parce que derrière, c'est un président de la République qui n'a pas de vision pour son agriculture.
01:51Emmanuel Macron étant, nouvelle fois, très affaibli.
01:54Alors, pourquoi le chef d'État s'est-il résolu à prendre cette position ?
01:57Lui, dont on connaît les engagements européens, est-ce que cette position, elle est vraiment liée au contenu de ce traité
02:03qui a fait l'objet, et qui fait toujours l'objet d'ailleurs, d'un débat, de critique, d'une contestation virulente ?
02:09Ou est-ce qu'elle tient peut-être à des considérations de politique intérieure, d'une part, peut-être la vient du gouvernement,
02:13et puis aussi, donc, cette fameuse colère paysanne qui, visiblement, ne se calme pas au lendemain de l'annonce de cette prise de position ?
02:20J'avais cru lire, Valéria Coq, que c'était quasi inédit que la France refuse ce type de traité au niveau européen,
02:28qu'un État fondateur ne faisait pas ça.
02:30On imagine que ce n'est pas Emmanuel Macron qui est devenu eurosceptique tout d'un coup ?
02:33Non, c'est Emmanuel Macron qui se retrouve face à une situation politique intérieure inextricable pour lui.
02:39C'est-à-dire qu'effectivement, c'est tout à fait inédit que la France, pays fondateur de l'Union européenne, vote contre un traité de libre-échange.
02:48Mais là où il s'est retrouvé un petit peu bloqué, Emmanuel Macron, c'est qu'il est effectivement face à une crise qui prend beaucoup d'ampleur.
02:56On l'a vu hier dans Paris, puisque tout ça se déroule au même moment que la crise de la dermatose.
03:02Donc, c'est évidemment pas simple.
03:04Ce qu'il faut voir, c'est qu'il a essayé.
03:06Je ne sais pas si vous vous rappelez, en novembre, quand il y a eu l'ouverture de la COP, il était au Brésil.
03:11Et au Brésil, il a dit qu'il y avait des aspects positifs dans le Mercosur.
03:14Donc, ça a fait un tollé. Il a dû corriger le tir deux jours plus tard pour dire, bon, non, en fin de compte, ce n'est pas possible.
03:20Donc, là, ils ont beaucoup hésité à l'Élysée sur quel pied...
03:25C'est sur votre abstention ou votre contre.
03:27Ou votre contre. Et puis, ils ont décidé que, bon, pour essayer de calmer une colère agricole, avec en plus un salon de l'agriculture qui va ouvrir en février, on allait carrément sur votre contre.
03:37Enfin, c'est quand même une opposition un pas cher, parce que ça ne va absolument rien changer, sauf si le seul truc qu'on pourrait faire, c'est que la France, par le biais du Parlement, en tout cas que les députés, demandent la saisie de la Cour de justice européenne.
03:48Mais ça, c'est encore...
03:49On va revenir là-dessus. Malgré tout, Jean-Jérôme Bertolus, on sait qu'Emmanuel Macron, il se présente depuis dix ans à peu près comme Européen fervent, convaincu, qui est plutôt libéral, ouvert au libre-échange, etc.
04:04Est-ce que, quand même, ce vote contre ne risque pas d'apporter des difficultés pour la France sur la scène européenne ?
04:15Des difficultés supplémentaires, vous voulez dire, par rapport, effectivement, à la situation financière de la France, qui est observée partout en Europe ?
04:26Oui, vous avez tout à fait raison. C'est-à-dire qu'on a un président libre-échangeiste pour le commerce international, qui avait dit en 2018 qu'il était favorable, finalement, au traité du Mercosur,
04:39qui a un peu fassayé, on va dire, dans ses opinions, ou du moins dans l'expression de ses opinions.
04:46Et donc, oui, ça l'affaiblit. D'une part, parce que, comme Valérie vient de le rappeler, c'est un pays fondateur.
04:55Ce qui est assez étonnant, d'ailleurs, c'est que le Premier ministre ait dit, justement, le vote contre en tant que pays fondateur pour montrer le cap de l'Europe.
05:01Mais le cap de l'Europe, on voit bien qu'il n'est pas derrière la France aujourd'hui.
05:06Donc, oui, il va être affaibli au plan européen. Il est affaibli au plan français.
05:09Je ne suis pas sûr que ça augmente la colère des agriculteurs, parce qu'elle va se déplacer à Bruxelles.
05:15Mais, en revanche, l'unanimité contre le Mercosur en France, que ce soit dans les rangs des manifestants qu'on a laissés venir un petit peu à Paris,
05:25parce qu'on les craint, et cette crainte montre aussi l'impuissance de l'État, que ce soit aussi dans la classe politique,
05:32montre un président complètement affaibli, qui vote contre, finalement, en disant...
05:37Sous contrainte, pratiquement.
05:38Mais oui, sous contrainte, un traité d'un autre temps.
05:40Ah bon ! Au moment où, effectivement, Emmanuel Macron dit que l'Europe doit avoir une autonomie stratégique,
05:46au moment où l'Europe est prise en étau entre la Russie, les États-Unis...
05:51Et au moment où on parle de l'influence de la Chine en Amérique du Sud, par ailleurs.
05:54Absolument. C'est vraiment... C'est l'acmé, on va dire, de début, de la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron.
06:03Renaud Delis.
06:04La raison pour laquelle Emmanuel Macron a choisi le vote contre ce traité,
06:09cet accord de libre-échange, elle est très claire, au-delà même de la colère des agriculteurs,
06:13dont le gouvernement ne sait pas trop bien, effectivement, comment l'apaiser,
06:17comment faire rentrer, en quelque sorte, le dentifrice dans le tube.
06:19On sait que c'est toujours extrêmement compliqué.
06:21C'est pour sauver la tête de Sébastien Lecornu qu'il a pris cette position.
06:23C'est-à-dire, c'est pour éviter que le gouvernement ne tombe à l'occasion du dépôt de motion de censure.
06:28On a vu qu'à l'Assemblée nationale comme au Sénat, l'ensemble des groupes politiques avaient voté des résolutions
06:32contre l'approbation du traité de Mercosur, et que LR, en particulier, par la voix de Bruno Rotaillot,
06:37annonçait déjà que, de toute façon, a priori, les députés LR allaient voter la censure,
06:41si jamais il y en avait une, si la France votait en faveur du Mercosur.
06:45Donc, c'est très clairement pour des considérations de politique antérieure,
06:48ce qui en dit long, évidemment, sur la situation de faiblesse de l'exécutif,
06:51en termes de politique antérieure, on le voit bien,
06:54parce que c'est vrai qu'il prend à contre-pied ses propres engagements
06:56et, en quelque sorte, sa propre identité idéologique,
07:01pour sauver le gouvernement, et espérer que le gouvernement finisse par obtenir un budget
07:05dans les jours et dans les semaines qui viennent.
07:07Ce qui est vrai, c'est que cette à votre faiblesse contribue un peu plus à détricoter le macronisme,
07:11en quelque sorte, on a vu à quel point le chef de l'État a, on va dire, mal vécu,
07:14le fait de la suspension de la réforme des retraites,
07:16c'est un autre pan qui contribue à détricoter l'identité du macronisme,
07:19dès lors qu'un chef de l'État européen et libéral, comme vous le disiez,
07:23est contraint de prendre cette position pour des considérations de politique intérieure.
07:26Donc c'est, encore une fois, une situation de faiblesse de politique intérieure qui l'incite.
07:30Et un tout dernier point, il faut quand même noter que dans ce débat,
07:32qui a pris un tour complètement irrationnel autour de ce traité,
07:36ça a été un extraordinaire, et ça n'est pas terminé d'ailleurs,
07:39concours d'hypocrisie collective générale,
07:42avec des records d'irresponsabilité des uns et des autres qui ont été battus.
07:45C'est-à-dire que des responsables politiques qui sont, sur le fond, plutôt favorables à ce traité,
07:49considérant qu'il y a des tas de pompes très positifs,
07:51notamment pour nos produits industriels, nos services,
07:55et même certaines filières agricoles comme le vin ou le lait par exemple,
07:58se sont bien gardés de le dire, justement pour ne pas fâcher les paysans
08:02et pour surfer sur le mécontentement global.
08:04Les organisations syndicales agricoles elles-mêmes,
08:06et certains représentants de ces filières qui pourraient être favorisés
08:10par ce traité de Mercosur, ne l'ont absolument pas défendu.
08:14Et dans ce concours d'irresponsabilité et d'hypocrisie,
08:17le chef de l'État a pris sa part, très clairement.
08:19Voilà qui rappelle un peu l'accord CETA d'ailleurs, avec le Canada à l'époque.
08:23Dont on sait, huit ans après, que le bilan du CETA,
08:25l'accord CETA, est très positif pour l'agriculture.
08:28Et c'est ça qui est dingue d'ailleurs, cet accord sur le Mercosur,
08:32c'est qu'il y a quand même un vrai problème de communication,
08:35d'emballage et de vente du Mercosur.
08:37C'est-à-dire que, comme dit Renaud, pour des raisons purement politiques,
08:40effectivement, l'exécutif, on leur a même posé la question,
08:43d'essayer de voir un petit peu qu'est-ce qu'il y avait par exemple de positif dans le Mercosur,
08:46en ce moment, ils ne répondent pas, parce qu'ils ne veulent absolument pas
08:48que ce soit mis en avant.
08:51Alors que, pardonnez-moi Valéria Co,
08:53là encore, de ce que j'ai lu, c'est que la France, en réalité,
08:56aurait obtenu beaucoup, beaucoup de choses de la part de la Commission.
08:59Oui, parce que, déjà, il y a eu des choses qui ont été obtenues
09:02pour les agriculteurs, effectivement, avec une clause de sauvegarde
09:06qui permet d'éviter qu'il y ait trop d'importations massives,
09:10si jamais, pour certains produits agricoles,
09:13on bloque quand ça devient trop important.
09:15Donc ça, ce n'était pas négligeable.
09:17Et puis surtout, c'est plutôt pas mal pour pas mal de secteurs,
09:20notamment, comme le rappelait Renaud,
09:22la viticulture, les produits laitiers,
09:24pour les machines-outils, pour l'automobile, pour l'aéronautique.
09:28C'est aussi une ouverture de marché.
09:29Ce qu'il faut voir, c'est que le Mercosur,
09:32il y a eu un moment d'accélération au niveau européen,
09:34c'était après l'élection de Donald Trump,
09:36au moment de l'affaiblissement de la France aussi,
09:38quand il y a eu la dissolution.
09:41Ursula von der Leyen, qui était plutôt favorable au truc,
09:43et allait très vite, parce qu'il y avait les droits de douane
09:45qui avaient été imposés par les Etats-Unis.
09:47Donc, qu'est-ce que doit faire l'Union européenne ?
09:48C'est trouver d'autres partenaires pour faire des échanges commerciaux.
09:51Donc, d'où le Mercosur, d'où ce qui a été signé,
09:53il n'y a pas très très longtemps, avec l'Indonésie aussi,
09:55un accord qui a été signé à une vitesse record,
09:57parce qu'on a tout intérêt, dans ce contexte international,
10:00économique, à chercher d'autres partenaires.
10:02Jean-Jérôme Bertolus, la question que l'on peut se poser,
10:04alors qu'on voit ce matin, effectivement,
10:06que les tracteurs sont désormais en train de se replier
10:09sur le périphérique parisien,
10:10qu'il y a encore quelques blocages à certaines portes de Paris.
10:14La question, c'est maintenant, il va se passer quoi ?
10:16Parce que vous avez quand même toute une...
10:18On imagine un certain nombre d'agriculteurs
10:19qui, à tort ou à raison,
10:21s'estiment avoir été mal traités
10:24par l'adoption très proche et très probable de cet accord.
10:28Ils ont l'impression que la France n'a rien obtenu.
10:30Enfin, la crise va se poursuivre.
10:34Oui, la crise va se poursuivre,
10:36d'autant plus, Adrien,
10:37que la crise, en fait, elle n'est pas...
10:39On va dire, elle est...
10:41Multifactorielle.
10:43Pardon ?
10:43Elle est multifactorielle.
10:44Oui, elle est liée lointainement au Mercosur.
10:46Pour l'instant, effectivement, c'est une menace,
10:48ressentie comme ça par les agriculteurs,
10:50mais c'est tout à fait virtuel.
10:52La vraie crise, elle est européenne,
10:54avec un modèle français,
10:57d'abord qui n'a pas de modèle,
10:58un modèle qui hésite entre l'agriculture un petit peu rurale,
11:03avec, on va dire, dans une certaine forme humaine,
11:07avec un modèle industriel,
11:08mais qui ne se cherche encore,
11:10qui n'est pas vraiment un modèle industriel comme on le connaît.
11:12Et avec beaucoup d'opposition lorsqu'il s'agit d'aller sur des gros projets.
11:15Avec beaucoup d'opposition, voilà.
11:17Et donc, on a, comment dire,
11:20une agriculture qui se cherche un peu,
11:23et qui se fait tailler des croupières,
11:26peut-être en attendant, effectivement,
11:28les pays du Mercosur,
11:29par nos voisins,
11:30par l'Allemagne,
11:31sur tout ce qui est la viande et le porc en particulier.
11:36Le fromage, l'Allemagne exporte plus de fromage.
11:37Le fromage, oui.
11:39L'Espagne et l'Italie,
11:40enfin, il n'y a qu'à faire ses courses pour se rendre compte
11:43qu'il n'y a plus que des fruits et des légumes espagnols et italiens.
11:46Donc, on voit que la crise va se poursuivre.
11:48Et encore d'un mot,
11:49la seule chose,
11:50et Renaud l'a dit,
11:52oui, ça sauve le soldat le cornu.
11:53Parce que quand même,
11:54une partie de la grogne très forte des agriculteurs,
11:58et on sait que les politiques ont toujours du mal avec les agriculteurs,
12:01parce que quelques centaines d'agriculteurs peuvent bloquer le pays,
12:03c'est ce qui s'est passé ces derniers jours,
12:05eh bien, ça va plutôt se déporter à Bruxelles.
12:08J'en veux pour preuve le mot d'ordre de la FNSEA le 20 janvier à Bruxelles.
12:12C'est vrai que le problème...
12:14Renaud Délis.
12:14Juste un mot pour le problème de fonds de l'agriculture,
12:17mais Jean-Jean-Berthus vient de le dire aujourd'hui,
12:19l'agriculture française,
12:19c'est un problème de compétitivité.
12:21On regarde un certain nombre de nos concurrents
12:22sur plusieurs productions que vous avez évoquées.
12:24Ce problème de fonds,
12:25il n'est pas lié au Mercosur lui-même
12:26qui ne changeait pas grand-chose,
12:28qui même ne changeait rien à cette question-là.
12:30Ça, c'est un problème de compétitivité
12:31qui se pose de longue date
12:32et qui continue de s'aggraver pour l'agriculture française.
12:36La colère des paysans,
12:38elle va se déplacer du côté de Bruxelles,
12:40on le disait, avec ce paradoxe.
12:41On est sûr de ça, pardonnez-moi ?
12:43Il y a déjà un appel à une manifestation.
12:44C'est vrai que ça va se jouer au Parlement européen,
12:45d'une part, en tout cas,
12:47et puis au niveau encore de la Commission,
12:48voire d'éventuels recours juridiques.
12:50Mais hier, par exemple,
12:50on a entendu des syndicalistes,
12:52des militants de la coordination rurale,
12:54ceux qui malmenaient,
12:55notamment, il y a Elbron-Pivet,
12:57on a entendu des cris Frexit, Frexit,
12:59donc on voit bien qu'il y a une crise européenne,
13:00avec ce paradoxe absolu,
13:01mais je parlais d'une crise irrationnelle tout à l'heure,
13:03c'est que Frexit,
13:04ça veut dire plus d'agriculture française,
13:05ça veut dire plus de PAC,
13:06plus de politique agricole commune.
13:07Ce qui est d'ailleurs une des choses
13:09qu'avait obtenu Emmanuel Macron,
13:10c'est-à-dire, en tout cas,
13:11un des premiers engagements sur le budget de la PAC.
13:14Donc, c'est là qu'on touche vraiment l'absurde.
13:17Un tout dernier point,
13:17quand je pointais l'irresponsabilité collective,
13:20dont, encore une fois,
13:22le chef de taille a pris sa part,
13:23mais les oppositions et les syndicats aussi,
13:25ils voulaient sauver Sébastien Lecornu de la censure,
13:29on l'a dit, le chef de l'État,
13:30en prenant cette position.
13:31Ce qui n'empêche pas le Rassemblement National,
13:33par la voix de Jordan Bardella,
13:34d'annoncer déjà le dépôt d'une motion de censure,
13:37parce que cette décision d'Emmanuel Macron,
13:39selon Jordan Bardella,
13:40le président du Rassemblement National,
13:41elle est aussi tardive qu'hypocrite.
13:44Alors, en termes d'hypocrisie,
13:44il faudrait que le Rassemblement National regarde
13:46pourquoi est-ce que le traité du Mercosur
13:48va être ratifié.
13:49C'est à cause de l'Italie,
13:50à cause de Giorgia Meloni,
13:51puisque l'Italie, finalement,
13:52a lâché la France.
13:53C'est donc à cause de l'allié de Marine Le Pen
13:55et de Jordan Bardella
13:56que le traité du Mercosur
13:57va être ratifié dans les heures qui viennent.
13:59Effectivement, il faut rester avec nous,
14:01on se retrouve dans quelques secondes.
14:03Nous allons parler de l'international.
14:05À présent, que faire face à l'impérialisme
14:08de Donald Trump ?
14:09C'est juste après l'info en une minute,
14:119h20, voici Diane Ferschit.
14:13Quatre personnes légèrement blessées dans la Manche
14:15et le Pas-de-Calais,
14:16380 000 foyers privés de courant,
14:18principalement en Normandie.
14:19Le bilan de la tempête Boretti,
14:20qui a atteint un record historique
14:22avec une rafale à 216 kmh dans la Manche.
14:26Ce matin, les Landes et les Pyrénées Atlantiques
14:28restent en vigilance orange aux vents violents.
14:31Emmanuel Macron en Suisse
14:32pour l'hommage aux victimes de Grand Montana.
14:34Cérémonie de recueillement prévue
14:36à partir de 14h dans le canton du Valais.
14:38Une minute de silence sera observée
14:40dans toute la Suisse,
14:419 jours après l'incendie,
14:42dans un bar qui a fait 40 morts,
14:43dont 9 Français,
14:44ainsi que 116 blessés.
14:46Les gérants du bar, un couple de Français,
14:48vont à nouveau être entendus
14:49dans les prochaines heures par la justice suisse.
14:53Invité de France Info,
14:54ce matin, la ministre de la Santé
14:55propose aux syndicats de médecins libéraux
14:57de les recevoir demain
14:59pour échanger sur leurs revendications.
15:01Les médecins libéraux sont en grève
15:02depuis lundi,
15:03mouvement qui doit durer 10 jours.
15:05Paris appelle les autorités iraniennes
15:07à la plus grande retenue
15:08alors que des manifestations sont en cours
15:10dans le pays contre le pouvoir.
15:1245 manifestants ont été tués
15:14selon le bilan d'une ONG
15:15de défense des droits humains en Iran
15:17où il n'y a plus Internet.
15:19France Info
15:23Les informés
15:26Adrien Beck
15:27Renaud Vélie
15:29Et toujours avec Valérie Hacot,
15:32chef du service Économie de Libération,
15:34Jean-Jérôme Bertolus,
15:35éditorialiste politique France Info Télé.
15:37Notre deuxième débat,
15:40Renaud, nous amène à nous demander
15:41que peut Emmanuel Macron face à Donald Trump ?
15:44Et dans ce désordre international,
15:45ce désordre mondial qu'on connaît
15:46qui s'accélère au fil des jours,
15:48le coup de force de Donald Trump au Venezuela,
15:51ses menaces sur le Groenland et d'autres,
15:54Emmanuel Macron hausse le ton
15:55contre les orientations de la diplomatie américaine
15:58et contre Donald Trump.
15:59Le chef de l'État a profité hier
16:01de son discours annuel devant les ambassadeurs
16:03pour dénoncer ses choix,
16:06en quelque sorte,
16:06ses fauteurs de troubles internationaux
16:08que sont devenus les États-Unis à ses yeux.
16:11Les États-Unis sont une puissance établie
16:13mais qui se détourne progressivement
16:14de certains de ses alliés
16:16et s'affranchit de règles internationales
16:18qu'elles promouvaient encore récemment.
16:20Nous, nous refusons le nouveau colonialisme
16:23et le nouvel impérialisme.
16:24Mais nous, nous refusons aussi
16:26la vassalisation et le défaitisme.
16:28Nous évoluons dans un monde de grande puissance
16:30avec une vraie tentation de se partager le monde.
16:33Emmanuel Macron de plaider pour ce qu'il appelle
16:36un multilatéralisme efficace.
16:39Mais alors, comment faire, au-delà des mots,
16:41quand on voit, par exemple, que Donald Trump
16:42vient d'annoncer le retrait des États-Unis
16:44de plusieurs dizaines d'instances internationales
16:46et de nombreuses instances onusiennes, justement ?
16:49Comment faire pour essayer de ressusciter
16:50ce multilatéralisme,
16:51quand plus que jamais,
16:53avec l'attitude des États-Unis,
16:54mais aussi, bien sûr, celle de Vladimir Poutine,
16:56la guerre en Ukraine
16:56et d'autres conflits à travers le monde,
16:59on voit que c'est la loi du plus fort
17:00qui semble être en train de remplacer
17:02ce fameux multilatéralisme.
17:04Valérie Ako, est-ce qu'Emmanuel Macron,
17:05pour poser la question simplement,
17:07prêche dans le désert ?
17:08Disons que, oui, là, ça va être un petit peu compliqué,
17:11d'autant qu'Emmanuel Macron,
17:12il a été difficile à suivre cette semaine.
17:14Je ne sais pas si vous vous rappelez, samedi...
17:16Vous avez parlé du Venezuela, peut-être ?
17:17Tout à fait, je vais parler du Venezuela,
17:19où, effectivement, la première réaction d'Emmanuel Macron,
17:21qui prend quand même 9 heures à réagir
17:23entre l'annonce de la capture de Maduro
17:24et le communiqué d'Elysée,
17:27commence par dire que,
17:28on a libéré, si je le fais schématique,
17:30on a libéré le peuple vénézuélien d'un dictateur
17:33et il va falloir qu'on travaille une transition pacifique
17:35sans un mot pour qualifier, effectivement,
17:40l'attitude des États-Unis
17:42au contraire à tout le droit international.
17:47Donc, il a corrigé le tir depuis, effectivement,
17:50lundi en Conseil des ministres
17:51et puis là, on arrive avec la conférence des ambassadeurs hier,
17:54avec, effectivement, cette position.
17:56Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron,
17:58avec ses petits bras musclés tout seul,
18:00ça va être très, très compliqué à l'heure actuelle,
18:02puisque, notamment, je ne sais pas si vous avez vu,
18:05hier encore, Donald Trump se payait sa tête
18:07dans une vidéo où on se moque comme son accent.
18:10Il acte le fait qu'on se retrouve face
18:12à des grosses puissances mondiales,
18:14la Chine, les États-Unis,
18:15qui sont, effectivement,
18:16avec une vision de se partager le monde.
18:20Je ne vois pas comment est-ce que lui,
18:22tout seul, peut réamener un multilatéralisme
18:25qui est remis en cause.
18:26Et pourtant, Jean-Jérôme Bertolus,
18:28on a l'impression, quand même,
18:29qu'Emmanuel Macron,
18:30alors, avec, peut-être,
18:32les critiques qui vont avec,
18:34mais qu'Emmanuel Macron arrive quand même
18:35à parler à Donald Trump,
18:36il y a eu cette initiative
18:40de la coalition des volontaires pour l'Ukraine
18:41et les Américains,
18:43qui semblent un peu plus arrimés,
18:45aujourd'hui, qu'ils ne l'étaient,
18:46il n'y a pas si longtemps que ça.
18:48Oui, pour des garanties de sécurité à l'Ukraine
18:51avant un éventuel accord de paix.
18:56Et à noter, d'ailleurs,
18:57que ce que disait Valéria Coe est très juste,
18:59mais c'est ce fasseillement
19:01sur un président qui ne parle pas des États-Unis,
19:04qui parle juste d'une transition démocratique
19:05pour le Venezuela,
19:07après ce coup de force incroyable des États-Unis,
19:10et puis une répartition des rôles
19:12avec, effectivement,
19:13le ministre des Affaires étrangères
19:14qui, lui, condamne.
19:15Bon, c'était à la veille de la réunion
19:17de la coalition des volontaires.
19:19C'est ça aussi...
19:19Ceci explique peut-être cela.
19:21Voilà, c'est ça aussi qu'il faut entendre.
19:24Le discours d'hier,
19:25c'est aussi une réponse au plan intérieur,
19:27quand même, il faut l'avoir noté,
19:29à Bruno Roteio,
19:31à Gabriel Attal,
19:32à Édouard Philippe,
19:33qui tous n'ont pas condamné
19:35ce qui s'est passé au Venezuela,
19:37et ont même dit,
19:38maintenant, il faut arriver,
19:39en quelque sorte,
19:40la réponse, c'est plus de puissance.
19:42Bon, je ne sais pas très bien
19:43si on peut juste avoir une incantation
19:46en matière de puissance,
19:48mais ce qui est sûr,
19:49donc c'était d'abord une...
19:50Comment dire ?
19:51Dire stop,
19:52attention, on est au colonisme,
19:54mais maintenant,
19:54il faudrait passer à l'action,
19:55parce qu'en fait,
19:56l'heure de vérité
19:57pour Emmanuel Macron,
19:59pour l'Europe,
20:00ça va être le Groenland.
20:01Or, là,
20:03qu'est-ce qu'on fait exactement ?
20:04Qu'est-ce que le cher
20:05Conseil européen
20:07d'Emmanuel Macron,
20:08c'est-à-dire le cœur de l'Europe,
20:09a fait jusqu'à présent ?
20:10Rien.
20:11Il y a eu juste des chefs d'État
20:12qui ont affirmé leur solidarité,
20:15mais ça ne va pas très loin.
20:16Il n'y a aucune force
20:18déployée au Groenland.
20:20Il n'y a aucune mesure
20:22de rétorsion quand il y a justement...
20:23Pardon, Jean-Jérôme,
20:24la France a proposé,
20:25semble-t-il,
20:25au Groenland
20:26de déployer des soldats.
20:29Le Danemark a refusé.
20:30Oui, mais on pourrait l'évoquer
20:31en Conseil européen.
20:33C'est ça qu'il faut,
20:33c'est vraiment montrer
20:35l'unité des 27.
20:36Le multilitéralisme,
20:38pardon,
20:38ça commence par l'Europe.
20:40Le Groenland,
20:41je pense que l'affaire
20:42se joue plus au niveau de l'OTAN.
20:43Et d'ailleurs,
20:43la France,
20:44par la voix d'Emmanuel Macron,
20:45a proposé à la première ministre danoise
20:47de solliciter
20:48des opérations de l'OTAN
20:50dans la région
20:51qui justement nécessiteraient
20:52des mobilisations
20:53de moyens militaires
20:54pour bien montrer à Donald Trump
20:55que non, non,
20:56le Groenland,
20:57la stratégie qu'à ses yeux,
20:59est bien défendue par l'OTAN
21:00et donc d'abord
21:00par les forces européennes
21:01et notamment danoises
21:02qui sont membres de l'OTAN.
21:03Et ça,
21:04ce serait une façon
21:04de mettre Donald Trump
21:05au pied du mur
21:05puisqu'il prétend
21:07que c'est parce que
21:08c'est un endroit stratégique
21:09au regard de la Chine
21:11ou des Russes
21:13qui sont dans la région
21:13et qu'il faut qu'ils s'en emparent.
21:14Alors qu'on sait très bien
21:15que ce n'est pas pour ça.
21:15C'est pour les ressources naturelles,
21:18l'argent éventuel,
21:19le business,
21:20comme toujours,
21:20qu'il prétend vouloir y faire.
21:21Donc, il y a des initiatives
21:22qui sont prises du côté
21:23de la France d'une part,
21:25de l'Europe d'autre part,
21:25mais je pense plus au niveau
21:26de l'OTAN, me semble-t-il,
21:28pour essayer d'arriver,
21:29pour essayer de défendre
21:30le Danemark, tout simplement.
21:32Ensuite,
21:32c'est vrai que
21:33la coalition de volontaires
21:35et ce que disait très bien
21:36Jean-Gérôme,
21:37la réunion de l'Élysée,
21:38c'est exactement ce qui explique
21:40le silence d'Emmanuel Macron
21:42sur la violation
21:43du droit international.
21:43Et sa complaisance, voilà.
21:44Voilà, temporaire,
21:45le temps d'essayer d'avoir...
21:46Mais ça en dit long aussi.
21:47La difficulté d'Emmanuel Macron
21:48comme d'autres dirigeants
21:51c'est-à-dire que ça s'apaise beaucoup
21:53sur une diplomatie
21:54qui est encore considérée
21:54largement imprévisible.
21:55On peut considérer
21:56qu'Emmanuel Macron s'est dit
21:57si je condamne l'attaque
21:59sur le Venezuela,
22:01peut-être que ça n'avancera pas
22:03la coalition de volontaires.
22:04C'est aussi pour ça
22:04qu'il ne répond pas
22:05à l'humiliation publique
22:06qu'évoquait Valéry Hacot,
22:08Donald Trump
22:10se moquant publiquement
22:12d'Emmanuel Macron,
22:13soi-disant pleurnichant
22:14devant la Chambre des représentants.
22:16Un tout petit mot, Jean-Gérôme.
22:17Vu d'un mot,
22:17ce débat absolument
22:18est fondamental,
22:20le multilatéralisme,
22:20multilatéralisme
22:21ou disons la réponse
22:22parce qu'on voit
22:23les Etats-Unis
22:24qui n'ont jamais été
22:25aussi interventionnistes
22:27dans le monde.
22:28Venezuela, Syrie,
22:29Yémen,
22:30bref,
22:31aujourd'hui,
22:31il faut une réponse quand même.
22:32Merci à vous,
22:33Jean-Gérôme Bertoluz,
22:34vous êtes éditorialiste politique
22:36France Info TV.
22:37Merci beaucoup Valéry Hacot,
22:38chef du service
22:39Économie de Libération.
22:40Et bien sûr,
22:41merci à vous,
22:42Renaud Derry.
22:43Et merci à vous, Adrien.
22:44Mais non, merci à vous.
22:45Merci à tous les autres.
22:46Les informés reviennent
22:48ce soir à 20h.
22:49Merci à tous.
22:50Merci à tous.
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