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  • il y a 20 heures

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00:00Bonjour Camille, bonjour Benjamin, et bonjour François-Xavier Bellamy, député européen, vice-président des Républicains en tant qu'homme politique
00:06de droite et catholique assumé.
00:08Votre regard ce matin nous intéresse avec la venue du peuple et en 14 en France en ce moment.
00:14Est-ce que vous allez assister d'abord à la messe géante qu'il donne cet après-midi, place de
00:17la Concorde à Paris ?
00:18Oui, j'y serai. J'étais hier soir au Stade de France et je crois que tout le monde sent
00:23d'ailleurs, croyant comme non-croyant, catholique ou non,
00:27tous les Français sentent que quelque chose se passe avec la visite de ce pape, quelque chose qui nous rappelle
00:32que d'abord nous avons des racines,
00:35que notre pays, et cela appartient à tout le monde encore une fois, quelle que soit notre confession ou notre
00:40histoire, notre pays vient de quelque part
00:43et qu'il peut puiser dans ses racines la sève pour préparer l'avenir. C'est ce que j'ai
00:46vraiment senti hier au Stade de France, il y a un moment extrêmement marquant.
00:49Vous y allez en tant que fidèle cet après-midi ou en tant qu'homme politique d'abord ?
00:52Les deux, d'abord on ne se divise pas. Je suis engagé en politique, je suis croyant, vous l'avez
00:58dit, c'est quelque chose que j'ai toujours assumé.
01:01En même temps, évidemment, la vie politique n'est pas le lieu pour dérouler un programme confessionnel.
01:07Elle est d'abord le lieu pour servir le bien commun et on peut d'ailleurs être catholique et engagé
01:12dans des formations politiques différentes.
01:14C'est la beauté de cette liberté dont le pape a parlé hier.
01:17Alors vous ne serez pas le seul politique à être présent à cette messe géante cet après-midi.
01:22Ils sont attendus Marine Le Pen, Jordan Bardella, Bruno Retailleau, Gabriel Attal et Édouard Philippe également.
01:28Est-ce que c'est the place to be, l'endroit où il faut être quand on est candidat à
01:34la présidentielle ?
01:35C'est beau d'abord, encore une fois, de voir que des gens de sensibilité différente sont d'une certaine
01:41façon rassemblés par le pape.
01:43Et vous savez, moi ça m'a beaucoup marqué.
01:44Est-ce que vous y voyez une pointe d'opportunisme politique ?
01:48Olivier Faure, par exemple, a dénoncé ces candidats qui vont à la pêche aux voies.
01:52Non mais, vous savez, ce qui est un peu décalé dans cette réflexion, c'est que moi ce qui me
01:56marque depuis que le pape est arrivé en France,
01:58c'est justement que dans notre pays tellement tendu, tellement divisé, tellement conflictuel parfois,
02:06il nous permet de prendre un peu de hauteur et de montrer que quelque chose nous unit.
02:10Et ça n'est pas rien.
02:12Alors oui, c'est vrai, on peut sourire, vous l'avez dit, beaucoup de ceux qui viendront à la messe
02:16aujourd'hui attaquent ou peuvent attaquer
02:20ou ont pu m'attaquer, moi, parce que je suis trop catholique à leur goût.
02:24Donc je regarde avec le sourire le fait qu'aujourd'hui, ils viennent à la messe, ils viennent écouter ce
02:29pape.
02:29Mais c'est fondamentalement une bonne nouvelle.
02:31Et encore une fois, je crois que tous les Français qui nous écoutent ce matin, et je le redis qu
02:35'on soit croyant ou non,
02:36sentent qu'à travers ce moment-là, nous pouvons trouver au moins un moment pour l'unité, pour dépasser nos
02:43querelles.
02:44Et c'est en soi déjà un très beau signe d'espérance.
02:47Le président Emmanuel Macron qui lui se pose aussi en garant de l'unité de la nation,
02:50il n'y sera pas à cette messe place de la Concorde cet après-midi.
02:54C'est au nom de la laïcité qu'il n'y va pas, quand certains s'étonnent d'ailleurs que
02:58cette grande messe se déroule dans un lieu public,
03:01place de la Concorde, dans la rue.
03:03Je ne crois pas que ce soit au nom de la laïcité, puisqu'il avait été à la messe que
03:08le pape François avait célébrée à Marseille il y a quelques années de cela.
03:13Pour le reste, qu'une messe soit célébrée dans l'espace public, c'est précisément le signe que notre pays
03:18vit la laïcité comme une liberté.
03:20La laïcité n'est pas une contrainte, un empêchement, ce n'est pas quelque chose qui devrait faire disparaître ce
03:25que nous sommes de l'espace public.
03:27C'est au contraire une manière de rendre à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire, la
03:34liberté de conscience.
03:35Ce qui vaut pour toutes les religions, on pourrait imaginer un tel événement pour la religion musulmane, par exemple, dans
03:41la rue.
03:41Vous pensez que ce serait accueilli de la même manière dans notre pays ?
03:44Ce n'est pas tout à fait une prière de rue. On accueille le pape qui est le chef de
03:48l'église catholique, qui est aussi un chef d'État.
03:52Et moi, je suis frappé, vous savez, de voir qu'au contraire, j'ai le sentiment que cette visite n
03:57'a pas donné lieu à ces polémiques d'arrière-garde auxquelles on s'était parfois habitués.
04:01Au contraire, encore une fois, c'est un vrai moment d'unité.
04:03J'étais dans les rues de Paris hier quand le pape passait.
04:06J'ai croisé des gens, sans aucun doute, de sensibilité, mais qui étaient très heureux de ce moment-là.
04:12Une vraie ferveur hier.
04:13François-Xavier Bellamy, vous parlez de laïcité.
04:16Le pape s'est exprimé d'ailleurs à ce sujet.
04:18Il a beaucoup parlé, d'ailleurs on le disait prudent, il s'est montré plutôt offensif politiquement, vous nous direz
04:23votre point de vue.
04:24Il s'est donc exprimé depuis l'Élysée, aux côtés du président de la République.
04:27Et le pape a évoqué la laïcité à la française et semblait viser la proposition de Marine Le Pen d
04:34'interdire le voile dans l'espace public.
04:36On l'écoute.
04:37Je voudrais rappeler qu'une société authentiquement libre n'impose pas l'uniformité,
04:46mais protège la diversité des consciences en prévenant les dérives autoritaires.
04:54Une juste laïcité ne consiste donc pas à exclure la religion des espaces publics ou des éducations.
05:05François-Xavier Bellamy, est-ce que vous êtes d'accord avec le pape ?
05:07Il ne faut pas exclure une religion de l'espace public, dit-il.
05:11Mais bien sûr, mais je ne crois pas du tout que le pape prenne part à nos débats nationaux.
05:15Il rappelle ce que c'est que la laïcité.
05:17Et c'est finalement la parole que le pape et tous les papes avant lui ont toujours tenu.
05:23La laïcité, je le disais à l'instant, n'est pas le fait de tenter de faire disparaître la religion
05:28de l'espace public.
05:29Non, c'est que tous les citoyens français soient égaux.
05:32Mais vous n'y voyez pas, dans ce qu'on vient d'entendre de la part du pape François,
05:36une référence à la proposition de Marine Le Pen, qui est revenue dans le débat public,
05:41d'interdire le voile dans l'espace public.
05:43Moi, je ne soutiens pas cette idée parce que je pense que de toute façon, elle n'est pas applicable.
05:48Et surtout qu'elle ne correspond pas, en effet, à ce qui fait l'identité profonde de notre pays.
05:53Vous savez, pour moi, la parole qu'on pourrait porter,
05:56et c'est précisément une parole qui tient aussi à la singularité de l'histoire de la France,
06:01qui est liée à l'histoire du christianisme, qui a été la religion de la liberté de conscience.
06:05Cette parole, elle consiste à dire, parce que vous êtes en France, vous pouvez pratiquer votre religion.
06:10Et parce que vous êtes en France, vous pouvez être chrétien, ne pas l'être, vous pouvez être musulman.
06:14C'est une erreur politique de Marine Le Pen de vouloir interdire le voile dans l'espace public.
06:18Je termine juste ça.
06:19C'est une grande chance parce qu'il y a beaucoup de pays musulmans dans lesquels on n'a pas
06:22forcément le droit d'être chrétien.
06:23Donc c'est aussi la singularité de notre pays de défendre cette liberté.
06:26En revanche, parce que vous êtes en France, vous n'avez pas le droit de mettre en cause cette liberté
06:32qui nous réunit,
06:32cette liberté de conscience.
06:33Et ça, c'est le danger de la montée de l'islamisme.
06:36Et ça, c'est une réalité à laquelle on ne peut pas ne pas se confronter.
06:37Donc pour répondre à ma question, est-ce que c'est une erreur politique de la part de Marine Le
06:41Pen
06:41de vouloir interdire le voile dans l'espace public ?
06:44Oui, je le crois.
06:45Parce que d'ailleurs, elle ne parle pas que du voile.
06:46On n'interdirait pas que le voile.
06:48On interdirait aussi, elle l'avait dit par le passé, il faudrait demander à nos concitoyens de confession juive
06:52de ne plus porter de kippa, à nos concitoyens catholiques de ne pas porter de poids.
06:57Mais c'était ce que disait Marine Le Pen.
06:58Et moi, je crois que c'est une erreur, en effet.
07:00Mais je ne crois pas du tout que le pape ait voulu parler spécifiquement de cela.
07:04Il a voulu dire, et je pense que c'est important, et encore une fois, n'essayons pas de tout
07:07traduire dans nos querelles du moment, il a voulu dire que, au fond, dans la vie d'une
07:11société, on ne peut pas ignorer cette quête de sens que j'ai entendue chez les 80 000
07:16jeunes qui étaient hier au Stade de France.
07:17Ce désir de trouver quelque chose dans nos vies qui soit autre chose que de l'ordre du
07:21pur matériel et du pur horizontal.
07:23Il s'est aussi exprimé hier le pape à l'Elysée sur des sujets bioéthiques, notamment
07:28sur la question de la fin de vie, alors que la France vient d'adopter il y a quelques
07:31mois une loi qui donne aux personnes un droit à l'aide à mourir.
07:37Une sortie comme un avertissement un peu à la France.
07:39Il a défendu le droit à la vie et a dénoncé une offre de mort programmée.
07:45Est-ce que vous vous retrouvez dans cette vision du pape ? Et est-ce que vous qui défendez
07:48Bruno, qui soutenez Bruno Retailleau pour l'élection présidentielle, vous imaginez
07:52que s'il est élu on puisse revenir dessus, sur cette loi, sur ce droit à l'aide à
07:56mourir ?
07:56Moi je me retrouve bien sûr dans ce que le pape a dit avec beaucoup de force sur ce
08:00sujet.
08:01Le grand danger de cette loi c'est qu'elle est une loi d'abandon et que ceux qui
08:05sont les plus vulnérables et les plus fragiles dans notre pays seront les premiers à subir
08:10les conséquences de cette offre de mort programmée, pour reprendre l'expression du pape,
08:15qui n'est pas un soin, qui n'est pas une manière de soigner.
08:17Et donc politiquement vous aimeriez revenir dessus ?
08:20Ce que Bruno Retailleau a dit, il l'a d'ailleurs déjà exprimé, c'est que s'il est élu,
08:26il proposera aux Français, au terme de cette période d'expérimentation de la loi que
08:31nous aurons déjà vécue, de trancher par référendum sur cette question.
08:35Nous aurons vu cette loi entrer en action, nous aurons vu ce qu'elle produit.
08:38Et vous savez, ce n'est pas pour rien si, ce n'est pas seulement le pape, si une écrasante
08:42majorité des soignants et notamment de ceux qui travaillent en soins palliatifs alertaient
08:45sur le danger que représente la mort administrée, dans un moment où nous le savons, par ailleurs,
08:50notre système de santé est en très grande difficulté.
08:53Il y a aussi beaucoup de catholiques et de prêtres qui défendent cette aide à mourir, par exemple.
08:57Ça existe aussi dans les pratiquants ?
08:59Alors, de catholiques et de prêtres, je ne sais pas du tout. Il faudrait que vous me les citiez.
09:04Mais moi, vous savez, ce qui m'intéresse, ce n'est pas d'abord de savoir qui pense quoi.
09:11À la fin, encore une fois, c'est d'abord une question de liberté de conscience.
09:14Ce qui m'intéresse, c'est que notre pays tout entier puisse retrouver le sens de son engagement
09:19au service des plus fragiles. Et ça, c'est ce que le pape a redit d'une manière extrêmement forte.
09:24Et j'étais frappé. Je n'étais pas à l'Elysée. J'ai préféré être avec tous ces jeunes qui
09:28étaient hier au Stade de France
09:29et tout à l'heure à la messe avec ces centaines de milliers de Français qui viendront participer à ce
09:33grand événement.
09:34Mais ce qui m'a frappé, c'est de voir tant de ces politiques qui se sont battues pendant des
09:38mois
09:38pour faire advenir cette loi, qui se sont d'une certaine manière acharnées sur le calendrier parlementaire
09:43au premier rang desquels le président de la République et qui étaient là pour écouter le pape,
09:47pour reprendre l'expression d'Emmanuel Macron. Je crois qu'on a besoin de cohérence.
09:51On a besoin de retrouver cette cohérence. Et quand le pape vient nous dire effectivement
09:53que défendre la dignité de toute personne, et notamment des plus fragiles,
09:58c'est ne pas considérer que tuer puisse être un soin,
10:01je pense que ça vaut le coup en effet que sa parole soit écoutée.
10:04Et je suis sûr que notre pays tout entier, lui, il entendra ce message.
10:07François-Xavier Bellamy, pour compléter, vous nous dites donc si Bruno Retailleau devient président en mai prochain,
10:12vous proposez un référendum. Est-ce que vous proposez aussi une suspension de l'application de cette loi
10:18en attendant le référendum ? Est-ce que ça fait partie de vos propositions ?
10:22Mais ce qui est important, c'est que le pays puisse trancher.
10:24Vous savez, cette loi, elle a été l'objet d'une forme, je le disais, d'acharnement dans le calendrier
10:31parlementaire.
10:31C'est une longue discussion qui a commencé avec une convention citoyenne, c'est depuis longtemps,
10:36les parlementaires et les citoyens français réfléchissent à cette loi.
10:39Oui, mais le fait est qu'à la fin, on est resté dans une situation où nos deux chambres parlementaires
10:45n'ont pas voté la même chose,
10:47où d'une certaine manière, on a un débat qui est resté inabouti,
10:51parce qu'à chaque lecture à l'Assemblée, le nombre de parlementaires qui soutenaient cette loi n'a cessé de
10:56se réduire.
10:56C'est bien le signe que, si on posait la question aux Français, je suis sûr qu'ils seraient capables
11:01d'une réponse
11:01dont la maturité, sans aucun doute, étonnerait notre vie politique tout entière.
11:07François-Xavier Benhamy, vice-président des Républicains et député européen, vous restez avec nous.
11:11On va continuer à évoquer la visite du pape dans un instant, juste après l'info, en une minute à
11:158h45.
11:16Antoine Jeffin.
11:19La cour d'assises de Paris condamne Loïc Lepriole et Romain Bouvier, respectivement,
11:23à 26 et 19 ans de réclusion criminelle reconnue coupable de meurtre et tentative de meurtre,
11:30cette nuit de mars 2022, où l'ancien rugbyman argentin Federico Martín Arambo avait été abattu
11:36après une bagarre dans un bar parisien.
11:38Les condamnés ont 10 jours pour faire appel.
11:41600 000 fidèles attendent place de la Concorde, cet après-midi,
11:45pour la messe donnée par le pape Léon XIV, en face de l'Assemblée nationale.
11:49Hier, le souverain pontife a été accueilli par 80 000 jeunes catholiques au Stade de France pour une veillée.
11:55L'EPR de Flamanville, le réacteur nucléaire le plus puissant du pays, s'arrête ce matin.
12:00Pour un an, EDF va faire des travaux de maintenance sur place pour remplacer l'énorme couvercle d'acier
12:05qui recouvre la cuve du réacteur.
12:08Et puis une victoire avec un léger accro pour les débuts de Zinedine Zidane à la tête de l'équipe
12:12de France de football.
12:13Les Bleus ont battu la Turquie 1 à 0 pour leur entrée en lice en Ligue des Nations.
12:17Hier soir, but de Kylian Mbappé, sorti dans la foulée, blessé au genou.
12:21Kylian Mbappé qui quitte le rassemblement de l'équipe de France de football.
12:27France Info
12:29Le 8.30 France Info, Camille Girard, Benjamin Recouvreur.
12:34François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et député européen.
12:38Vous êtes notre invité ce matin du 8.30 France Info en cette deuxième journée de visite du pape Léon
12:44XIV.
12:44Un nouveau pape qui s'est montré assez politique.
12:46Hier, on vient de parler des différents messages qu'il avait pu passer sur des questions de société.
12:51Et cette question, ce pape, est-il de gauche ou de droite ?
12:54En tout cas, il plaît, vous allez l'entendre, à Jean-Luc Mélenchon.
12:58Le pape est le bienvenu en France, je tiens à le dire.
13:01Et j'exprime du respect pour le leadership spirituel qu'il incarne.
13:07Le précédent, comme celui-ci, pour l'instant, on produit des textes qui nous intéressent.
13:12Laudato Si est un grand texte, dont de multiples pages, je pourrais les reprendre sans vous dire qu'il les
13:18a écrits.
13:19Fratelli Tutti devrait un peu éclairer les croyants de droite pour leur dire,
13:24dites-donc, de temps en temps, il faut quand même appliquer ce à quoi vous croyez.
13:27Alors, peut-être que des choses sont en train de bouger dans les conceptions des uns et des autres.
13:31Je vous voyais sourire, François et Xavier Bellamy.
13:34D'abord, deux précisions pour nos auditeurs.
13:36Laudato Si et Fratelli Tutti sont deux textes du pape François.
13:41Un sur l'écologie et d'autre sur le besoin de fraternité au-delà des frontières.
13:46Qu'est-ce que vous répondez à Jean-Luc Mélenchon ?
13:48Les croyants de droite n'écoutent pas assez fidèlement la parole du pape.
13:51Non, mais d'abord, le pape, il est au-dessus de la droite et de la gauche.
13:55Et justement, n'en faisons pas un objet de querelle politique, ce serait complètement absurde.
13:59Et c'est très beau de voir que, de ce point de vue-là, ça se réalise dans le fait
14:02que Jean-Luc Mélenchon,
14:03comme quelqu'un comme moi, sont heureux d'accueillir le pape aujourd'hui.
14:07Son prédécesseur, le pape François, avait créé des tensions politiques.
14:11Une partie de la classe politique pouvait le critiquer à droite et à l'extrême droite.
14:15Mais ensuite, ce qui compte, c'est que tous ceux qui se disent heureux de l'entendre
14:19puissent vraiment écouter son message jusqu'au bout.
14:21Hier soir, au Stade de France, on a vécu ce moment magnifique de rappel de l'histoire de notre pays,
14:27de toutes ces figures qui ont fait la générosité de la France à travers les siècles,
14:33son engagement, son témoignage aussi à travers le monde.
14:37Et le pape a rappelé d'ailleurs à quel point les saints français,
14:40à quel point la France, à travers ses grandes figures,
14:42avait contribué à éclairer le principe de la dignité humaine.
14:45Moi, je ne crois pas qu'il faille mettre un terme à cette histoire en imposant une nouvelle France.
14:49Je pense que la France a des racines.
14:51Je pense à Jean-Luc Mélenchon et au programme de Jean-Luc Mélenchon.
14:53Je pense que la France a des racines.
14:54Je pense que la France a une histoire.
14:56Mais cette histoire, ce n'est pas seulement du passé.
14:58C'est à travers ces racines que nous pourrons puiser la sève pour pouvoir éclairer notre avenir.
15:02Et c'est ce que j'ai vécu hier.
15:04Et en sentant cette ferveur des jeunes qui étaient présents au Stade de France,
15:08je ne peux que me dire quelque chose est en train de se passer.
15:10Et la France, la France, pas la nouvelle France, la France tout court, la France, c'est pas fini.
15:14Vous parlez de dignité humaine, François-Xavier Bellamy.
15:17Il en est souvent en question quand on parle de la question des migrants, des exilés
15:19et cette crise de l'accueil que traverse aussi l'Europe.
15:22Ce matin, il est dans un centre consacré à l'accueil et l'intégration de personnes exilées,
15:26le pape François, dans le 18e arrondissement de Paris.
15:29Est-ce que vous avez une divergence avec lui sur le sort réservé justement aux migrants,
15:34sur la politique migratoire en Europe ?
15:36Aucune divergence.
15:37Le pape vient alerter sur la situation de vulnérabilité immense
15:41qui est causée par le désordre de l'immigration dans notre monde.
15:46Et je partage évidemment cette alerte.
15:49Si je me bats au Parlement européen contre l'immigration illégale,
15:52c'est précisément parce que cette immigration illégale
15:55et les réseaux de passeurs qui l'organisent font des morts tous les jours.
15:58François-Xavier Bellamy, sur ce durcissement justement de la réglementation européenne,
16:03dont vous êtes un des artisans en effet,
16:05le pape Léon XIV était en déplacement en juin en Espagne
16:09et il s'est exprimé justement sur ce durcissement.
16:12Il ne semble pas tout à fait d'accord avec vous.
16:15Il dit « nous ne pouvons pas dire simplement nous les renvoyons,
16:18ainsi nous nous débarrassons du problème ».
16:20Cela ne me semble pas être une réponse chrétienne.
16:23D'abord, il ne s'agit pas de traiter les personnes comme des numéros.
16:27Et bien sûr que chaque personne doit être respectée.
16:30Mais le pape a aussi rappelé,
16:32et si on veut dire son message, il faut être complet,
16:35que d'abord tous les pays ont le droit et le devoir de protéger leurs frontières.
16:39Il a fait un voyage très important dans plusieurs pays du continent africain
16:42où il a dénoncé les causes de cette immigration
16:46qui aujourd'hui, en réalité, jette sur les routes du désespoir.
16:50Toute une génération dans ce continent en particulier,
16:53Il a dénoncé la corruption, il a dénoncé le...
16:56Vous avez raison François-Xavier Bellamy,
16:58le Vatican n'est pas contre les frontières.
17:00Mais la question qui inquiète le pape,
17:03c'est jusqu'où un État peut-il aller pour les faire respecter ?
17:06Et c'est là où il y a cette question de la dignité,
17:08et c'est là où il peut y avoir des désaccords.
17:09C'est pour ça que je le redis,
17:10il ne faut pas traiter les personnes comme des numéros,
17:13dans un plan mécanique.
17:16Évidemment que chaque personne a droit d'être reconnue dans sa dignité.
17:19Mais la première protection à apporter à tous ceux qui,
17:22dans notre monde, sont aujourd'hui les plus exposés
17:24à ce risque migratoire,
17:25c'est d'abord de retrouver la maîtrise de nos frontières.
17:28Il y a trois jours, un jeune homme de 20 ans
17:31a été retrouvé mort dans la Manche.
17:34Il s'est noyé en essayant de passer vers l'Angleterre.
17:37C'est maintenant presque indifférent.
17:40On n'en parle presque plus.
17:41Moi, ça me retourne le cœur.
17:43Le pape François, justement, le prédécesseur du pape 14,
17:46avait parlé de cette mondialisation de l'indifférence.
17:49Mais il y avait aussi des tensions dans les réglementations
17:53décidées par des politiques.
17:53Mais si la Méditerranée est devenue un cimetière,
17:55si la Manche est en train de devenir un cimetière aujourd'hui,
17:58c'est d'abord parce que nous ne maîtrisons pas nos frontières.
18:01Le jour où il sera clair qu'on ne peut s'établir en Europe
18:05que quand on y est rentré légalement,
18:08ce jour-là, il n'y aura plus un mort en mer Méditerranée.
18:10Et de ce point de vue-là, je crois que le pape a raison
18:12d'alerter sur la situation des migrants.
18:14Mais notre devoir comme responsable politique...
18:17Et vous entendez la nécessité de la dignité aussi dans le message du pape ?
18:19Mais je le redis, mais l'indignité...
18:21Ce qui pose la question aussi de l'accueil.
18:22Mais pardon, mais aujourd'hui, ce matin,
18:24le pape va rencontrer une jeune femme nigériane
18:26qui a été victime d'un réseau de passeurs
18:28qui était en fait un réseau de prostitution forcée.
18:31Comme tant de jeunes femmes.
18:32Ce n'est pas très loin d'ici, de la maison de la radio.
18:34Ça se passe à quelques centaines de mètres.
18:36À Paris dans le 18e arrondissement.
18:37Se battre contre ces mafias, contre ces réseaux de passeurs,
18:40c'est notre devoir pour servir la dignité de ces personnes.
18:43Et ces pays du continent africain, aujourd'hui,
18:44dont partent tant de jeunes qui sont privés de perspectives,
18:48ces pays-là ont besoin de cette jeunesse.
18:50Se comporter comme, justement, de manière indifférente
18:53des pays qui pourraient ne pas prendre soin de leurs propres frontières
18:56et se défausser de leurs responsabilités,
18:58ce serait évidemment le contraire de l'exigence éthique
19:00que nous devons porter sur ce sujet si important.
19:02Merci François-Xavier Mélanie, député européen
19:05et vice-président des Républicains,
19:07invité du 8.30 France Info ce matin.
19:09L'info continue, restez avec nous.
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