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  • il y a 6 semaines
Ce vendredi 4 septembre, le dernier rapport sénatorial taclant le poids et l'instabilité des prélèvements obligatoires sur les entreprises et le mouvement des marchés ont été analysés par Emmanuel Lechypre et Marc Fiorentino dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:0023 sur BFM Business et sur RMC Live, vous allez voir, ils sont très chauds pour la rentrée de Marc
00:03Fiorentino.
00:04C'est face à le Chypre, dans un tout-ci-t'un-cent. Bonjour messieurs.
00:07Bonjour.
00:08Voilà, bienvenue. Le Sénat a publié hier un rapport où il tacle le poids et l'instabilité des prélèvements obligatoires
00:14sur les entreprises.
00:15Il fait des préconisations à un plan pluriannuel en matière de fiscalité, suppression des impôts de production,
00:20création de la TVA sociale pour baisser les charges qui pèsent sur les salaires.
00:23Marc Fiorentino, ce rapport arrive en pleine construction du budget.
00:27Est-ce qu'il va peser ou est-ce que ce sont les marchés qui jouent un rôle de lanceur
00:31d'alerte ?
00:31Je pense qu'on doit être les seuls à s'intéresser à ce rapport. Je pense qu'il va finir
00:34dans une armoire comme les autres.
00:37Ça fait quand même 30 ans qu'on se prend de la stabilité.
00:39Non mais je suis fasciné même que vous en parliez.
00:41On vient en nouveau sous le soleil, il y a la baisse des prélèvements obligatoires.
00:43Un rapport du Sénat sur le coût du travail, c'est-à-dire que c'est un non-événement.
00:48Il faut dire que ça fait partie de ce type de rapport et du type d'activité que mènent des
00:54gens comme Emmanuel Lechypre,
00:56des économistes, donc des gens qui sont déconnectés de la réalité.
01:00Et en fait, ce sont des choses qui ne servent évidemment à rien, comme tout le travail des économistes.
01:06Peut-être pour mettre un peu de pression pour la subtaxe d'IS avant la présentation du budget ?
01:09Non mais évidemment, on peut trouver des...
01:12Mais c'est surtout, ça les occupe parce qu'ils sont quand même payés.
01:14Donc il faut quand même qu'ils soient payés pour faire quelque chose, comme les économistes, faire des prévisions, revenir
01:19dessus.
01:19Non, la réalité, c'est que les seules personnes qui travaillent, c'est les investisseurs, les marchés.
01:24C'est eux les juges de paix ?
01:26C'est plus que les juges de paix, en fait.
01:28Si vous voulez, quand un économiste ou un politique change d'avis à peu près tous les trois mois et
01:33dit une chose et son contraire,
01:34il n'y a absolument aucune sanction.
01:36Quand un investisseur se trompe, par exemple, ça a été mon cas, moi je pensais que les taux allaient baisser,
01:42et puis finalement, ils continuent à monter.
01:44Je perds de l'argent.
01:45Je perds de l'argent pour moi, je perds de l'argent pour mes clients.
01:48Donc on est sanctionnés nous-mêmes.
01:50Donc aujourd'hui, la différence entre des gens qui parlent pour ne rien dire,
01:54qui changent d'avis, mais qui peuvent changer d'avis parce que ça n'a aucun impact.
01:57Et les marchés, les marchés sur les marchés, il y a une sanction.
02:01Et donc aujourd'hui, le juge de paix, c'est plus que le juge de paix,
02:04c'est les gens qui vous disent aujourd'hui, on le voit bien d'ailleurs,
02:08si vous avez vu le sondage que vous commentez largement sur les Français et la dette,
02:12si les Français s'intéressent à la dette aujourd'hui et disent qu'il faut réduire la dette...
02:17Ils sont pour réduire la dette.
02:18Vous avez bien compris que c'est parce que...
02:19Ils veulent surtout qu'on baisse les dépenses publiques.
02:21C'est pas parce qu'il y a des économistes qui ont sorti une nouvelle analyse
02:24ou un prix Nobel d'économie qui a sorti une nouvelle analyse sur l'évolution des taux d'intérêt.
02:30C'est parce qu'en première page de tous les journaux,
02:33on leur dit que le taux d'emprunt de la France sur les marchés,
02:37sur les marchés, est au plus haut.
02:40Alors Emmanuel Schubert, vous n'êtes pas d'accord ?
02:41D'abord, si les gens de marché étaient brillants, intelligents et clairvoyants,
02:44ça se saurait.
02:45Et on ne serait pas dans la panade économique dans laquelle on est aujourd'hui.
02:48Alors quand même, sur ce mot, sur le rapport, effectivement,
02:51un rapport qui nous dévoile que ce qui perturbe le plus,
02:53c'est l'instabilité réglementaire et fiscale.
02:57Moi, je m'en rappelle, prenez l'exemple de la...
02:59Ça m'avait marqué la présidentielle de 2012.
03:01Il y avait une association de patrons, celle de Denis Jacques,
03:03qui avait parrainé la croissance, qui avait demandé au patron
03:04« Qu'est-ce que vous attendez comme mesure de politique économique ? »
03:07Il y en a 80% qui avaient répondu « Surtout, on ne veut rien, qu'il ne fasse rien
03:10».
03:10Donc ça, ce n'est pas nouveau.
03:11Mais ça pose la question, effectivement, d'où peut venir la force de rappel.
03:15Et alors là, s'il y a bien quelqu'un qui ne joue pas son rôle de force de rappel,
03:19c'est quand même les marchés financiers.
03:20Et alors notamment les marchés obligataires.
03:22Parce qu'il faut se rappeler quand même des discours qu'on entendait,
03:25notamment au moment de la création de l'euro.
03:27On nous avait dit « Vous verrez, on aura une monnaie unique.
03:30Et maintenant, plus personne ne pourra faire de bêtises sur le plan budgétaire.
03:33Parce que dès qu'il y aura des déficits excessifs,
03:36les marchés vont sanctionner, etc. »
03:38La réalité, c'est que les marchés ont laissé toutes les dérives budgétaires
03:40se faire sans la moindre clairvoyance dans le plus grand aveuglement.
03:44Je rappelle quand même qu'en 2008, juste avant la crise financière,
03:47la Grèce empruntait, allez, quoi, 30 points de base,
03:50à 0,3 point de pourcentage de taux d'intérêt,
03:52au-dessus des taux allemands.
03:53Donc, il n'y a jamais eu de force de rappel exercée par les marchés.
03:57Et c'est même pire que ça.
03:58La situation des finances publiques ne serait pas...
04:00Vous le laissez parler comme ça, vous le laissez continuer ?
04:02La situation, et je termine là-dessus,
04:03la situation des finances publiques ne serait pas aussi catastrophique
04:06si les États n'avaient pas dû venir au secours des marchés
04:09et de toutes leurs bêtises.
04:11Puisque je rappelle que la crise de 2008,
04:13on prend 25 points de dette publique en moyenne.
04:15C'est vrai que la crise de 2008, mais puis Antinot,
04:17c'est quand même une crise des marchés.
04:18Ils ne sont pas clairvoyants.
04:19et qui ne sont pas capables de jouer le rôle de lanceur d'alète,
04:22c'est bien les marchés.
04:23Alors, bon, c'est très intéressant.
04:25Et c'est normal, il défend sa corporation,
04:27parce que sinon, il n'y a aucune justification à leurs rémunérations
04:29qui sont beaucoup trop élevées.
04:31Aujourd'hui, on est sur des constatations économiques, historiques.
04:36C'est-à-dire que vous avez aujourd'hui la Grèce,
04:39vous avez des économistes qui font des papiers sur la Grèce,
04:42sur le miracle portugais, sur l'Espagne.
04:46Qu'est-ce qui serait passé en Grèce, en Espagne et au Portugal
04:49si les marchés n'avaient pas sanctionné la Grèce, le Portugal et l'Espagne ?
04:54Si on n'avait pas monté les taux d'intérêt à des niveaux qui étaient tels
04:58que de toute façon, il fallait prendre des mesures qui étaient des mesures radicales.
05:02C'est-à-dire que j'ose dire aujourd'hui que ce sont les marchés qui ont sauvé la Grèce.
05:07Ce sont les marchés qui ont sauvé le Portugal.
05:09Ce sont les marchés qui ont sauvé l'Espagne.
05:11Et notre seul espoir, notre seul espoir aujourd'hui pour la France,
05:15il ne vient pas des politiques, il ne vient pas des économistes, il vient des marchés.
05:19C'est-à-dire que notre seul espoir aujourd'hui, et d'ailleurs je suis...
05:22C'est notre boussole, c'est ce que vous dites.
05:24Non mais c'est plus que ça.
05:25Là ils nous disent quoi ? Qu'on est en crise de la dette ?
05:27Qu'on arrive vers une crise de la dette ?
05:28Mais attendez, vous avez bien remarqué que pour la première fois,
05:33en début de campagne présidentielle, l'économie est un des sujets qui est le plus abordé.
05:39Mais c'est grâce à quoi ?
05:40C'est grâce au fait que nous mettons la pression, nous, hommes de marché et femmes de marché,
05:45nous mettons la pression au quotidien sur les taux d'intérêt français,
05:49pour dire attention, vous ne pouvez pas faire n'importe quoi.
05:53quand Jean-Luc Mélenchon raconte n'importe quoi sur l'annulation de la dette
05:57et est repris par Olivier Faure du Parti Socialiste,
06:00quand même du côté à droite, on nous explique qu'on peut raser gratis
06:05et que le libéralisme sauvage, ça peut fonctionner en France,
06:08ce qui est complètement aberrant.
06:09Vous pouvez nous parler de la Grèce qui a bien annulé une partie de la dette ?
06:11Ah non, on l'a renégocié, ça n'a rien à voir.
06:14On ne peut pas parler d'annulation.
06:16L'annulation de la dette, à partir du moment où on n'est pas en crise,
06:19c'est un autre sujet qu'on peut aborder évidemment et qui est très important.
06:22Donc aujourd'hui, nous, ce qu'on fait, le travail que nous faisons,
06:26hommes et femmes de marché, c'est de dire aux politiques français,
06:30vous ne pouvez pas faire n'importe quoi.
06:33C'est-à-dire qu'on ne peut pas raser gratis.
06:34D'ailleurs, vous avez vu que dans les programmes aujourd'hui,
06:36vous n'entendez plus de cadeaux.
06:38Quand même.
06:39On n'a pas commencé d'habitude les campagnes électorales,
06:42c'est toujours je vais distribuer ça, je vais faire des ailes.
06:44Les gens sur la retraite, vous sentez qu'il y a un peu de flou,
06:47un peu partout, les gens qui nous expliquaient qu'on pouvait revenir à 60 ans.
06:50Pourquoi ? C'est grâce à nous, ce n'est pas grâce aux économistes.
06:53Alors c'est vrai qu'on voit ce taux d'endettement quand même qui inquiète
06:56au-delà du gouvernement parce que ça enchérit quand même la charge de la dette.
06:59Oui, mais ce qu'on voit, c'est d'abord que, un, ça concerne tous les pays aujourd'hui,
07:04que, deux, il y a quand même, encore une fois,
07:07moi ce qui me choque, c'est qu'effectivement, il y a toujours,
07:09il y a toujours une sanction des marchés, mais qui arrive.
07:12Ah, mais c'est bien que tu le reconnaisses.
07:15Ce que je veux dire, c'est que ça ne joue pas le rôle de force de rappel.
07:18C'est-à-dire qu'une force de rappel, c'est quelqu'un qui vous empêche de faire des bêtises
07:21quand vous allez en faire.
07:22Là, les marchés, ils laissent absolument faire toutes les conneries
07:25jusqu'au jour où ils se réveillent et ils se rendent compte que finalement,
07:28c'est catastrophique.
07:29Bon, et là, dans ce coup, il n'y a plus personne.
07:31C'est la crise, etc.
07:32Et c'est ce qu'on fait aux Etats-Unis.
07:33Regarde aux Etats-Unis, c'est le même principe.
07:36L'endettement n'a jamais été aussi élevé, Marc.
07:39Mais ce n'est pas ça qui convient à être beaucoup plus raisonnable
07:42sur la gestion de ces finances publiques.
07:44On disait l'Italie et l'Espagne tout à l'heure,
07:46mais la réalité, c'est qu'en Europe, parce qu'il y a eu des taux très bas,
07:50on a permis à ces pays, encore une fois, de faire n'importe quoi.
07:53Pourquoi il y a eu un temps de vêtements qui a autant augmenté ?
07:55C'est que quand vous aviez des taux dans toutes les années 2010,
07:59quand vous aviez des taux nuls, que l'argent ne valait rien,
08:02parce que le temps ne valait rien, que le risque ne valait plus rien,
08:04on a laissé progresser des taux d'endettement considérables.
08:08Donc là, encore une fois, les marchés n'ont pas joué leur rôle de fortement.
08:11Mais c'est là que tu te trompes complètement, c'est intéressant,
08:13parce que tu donnes un argument qui va dans mon sens.
08:15C'est-à-dire que moi, je pense que la Banque Centrale Européenne
08:18a maintenu des taux d'intérêt trop bas pendant trop longtemps,
08:21des taux d'intérêt à court terme.
08:23Il faut expliquer aux gens, les taux d'intérêt à court terme,
08:25ils sont fixés par les banques centrales.
08:27Les taux d'intérêt à long terme, ils sont fixés par l'offre et la demande et par les marchés.
08:31Oui, les économistes, les membres de la Banque Centrale ont maintenu les taux d'intérêt trop bas
08:37et on a eu la catastrophe qu'on a eue, ça a été le même cas aux États-Unis.
08:41Les marchés n'ont jamais dit ça.
08:43Les marchés ont toujours dit qu'il faut avoir une prime de risque,
08:46une prime de risque pour les entreprises, une prime de risque pour les pays les plus compliqués.
08:50Et aujourd'hui, ce qu'on dit, on dit des choses qui sont très claires.
08:53On dit que la France est beaucoup plus risquée par rapport à l'Allemagne,
08:56la France est aujourd'hui le malade de la zone euro
09:00et c'est comme ça qu'on sanctionne avec une prime qui est beaucoup plus élevée.
09:04Aux États-Unis, prenant l'exemple des États-Unis, parce qu'on parle que de la France...
09:07Mais hier, ils ont acheté de la dette.
09:08Oui, mais à quel ton ?
09:09Oui, à un tonnerre, mais ils ont tous suscrits.
09:11Non, mais le fait de dire personne ne pense que la France va faire faillite.
09:17Personne ne pense que la France va sortir de la zone euro.
09:20Personne ne pense que l'Allemagne va laisser tomber la France.
09:23On est toujours le passager clandestin de la zone euro avec le nantissement et la garantie de l'Allemagne.
09:29On n'est pas idiots.
09:30On sait que ça va être ce sujet-là.
09:32Par contre, ça ne va pas être à n'importe quel prix et dans n'importe quelles conditions.
09:37D'ailleurs, l'impact que ça a eu, c'est quand même très intéressant.
09:39Sur la dernière hausse de la guerre en Iran,
09:41on voit quand même que les packages d'aide du gouvernement étaient extrêmement limités.
09:46En période normale, si on avait été il y a deux ans ou trois ans,
09:50on aurait fait n'importe quoi, des boucliers tarifaires, des aides.
09:54On n'a pas fait ça aujourd'hui et c'est grâce à nous, ce n'est pas grâce à
09:57eux.
09:57Et c'est le dernier mot, mais vous reviendrez.
09:59Non, parce que ce qu'on a dit, on s'est concentré sur les marchés obligataires,
10:03mais sur les marchés d'action, la réalité est exactement la même.
10:07Les bulles qu'on a laissées se gonfler sans aucune limite.
10:12C'est le principe d'un marché, c'est le principe d'un marché.
10:14Oui, mais c'est là où on peut...
10:15Mais je vais t'expliquer ce que c'est là.
10:15Et on ne voudrait pas être d'accord.
10:17Non, non, non, on voudrait continuer.
10:19Non, non, on n'a pas terminé, je ne suis pas d'accord.
10:21C'est la fin, c'est la fin.
10:22Non, on veut continuer.
10:24Stop ! Merci à tous les deux.

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