00:0023 sur BFM Business et sur RMC Live, vous allez voir, ils sont très chauds pour la rentrée de Marc
00:03Fiorentino.
00:04C'est face à le Chypre, dans un tout-ci-t'un-cent. Bonjour messieurs.
00:07Bonjour.
00:08Voilà, bienvenue. Le Sénat a publié hier un rapport où il tacle le poids et l'instabilité des prélèvements obligatoires
00:14sur les entreprises.
00:15Il fait des préconisations à un plan pluriannuel en matière de fiscalité, suppression des impôts de production,
00:20création de la TVA sociale pour baisser les charges qui pèsent sur les salaires.
00:23Marc Fiorentino, ce rapport arrive en pleine construction du budget.
00:27Est-ce qu'il va peser ou est-ce que ce sont les marchés qui jouent un rôle de lanceur
00:31d'alerte ?
00:31Je pense qu'on doit être les seuls à s'intéresser à ce rapport. Je pense qu'il va finir
00:34dans une armoire comme les autres.
00:37Ça fait quand même 30 ans qu'on se prend de la stabilité.
00:39Non mais je suis fasciné même que vous en parliez.
00:41On vient en nouveau sous le soleil, il y a la baisse des prélèvements obligatoires.
00:43Un rapport du Sénat sur le coût du travail, c'est-à-dire que c'est un non-événement.
00:48Il faut dire que ça fait partie de ce type de rapport et du type d'activité que mènent des
00:54gens comme Emmanuel Lechypre,
00:56des économistes, donc des gens qui sont déconnectés de la réalité.
01:00Et en fait, ce sont des choses qui ne servent évidemment à rien, comme tout le travail des économistes.
01:06Peut-être pour mettre un peu de pression pour la subtaxe d'IS avant la présentation du budget ?
01:09Non mais évidemment, on peut trouver des...
01:12Mais c'est surtout, ça les occupe parce qu'ils sont quand même payés.
01:14Donc il faut quand même qu'ils soient payés pour faire quelque chose, comme les économistes, faire des prévisions, revenir
01:19dessus.
01:19Non, la réalité, c'est que les seules personnes qui travaillent, c'est les investisseurs, les marchés.
01:24C'est eux les juges de paix ?
01:26C'est plus que les juges de paix, en fait.
01:28Si vous voulez, quand un économiste ou un politique change d'avis à peu près tous les trois mois et
01:33dit une chose et son contraire,
01:34il n'y a absolument aucune sanction.
01:36Quand un investisseur se trompe, par exemple, ça a été mon cas, moi je pensais que les taux allaient baisser,
01:42et puis finalement, ils continuent à monter.
01:44Je perds de l'argent.
01:45Je perds de l'argent pour moi, je perds de l'argent pour mes clients.
01:48Donc on est sanctionnés nous-mêmes.
01:50Donc aujourd'hui, la différence entre des gens qui parlent pour ne rien dire,
01:54qui changent d'avis, mais qui peuvent changer d'avis parce que ça n'a aucun impact.
01:57Et les marchés, les marchés sur les marchés, il y a une sanction.
02:01Et donc aujourd'hui, le juge de paix, c'est plus que le juge de paix,
02:04c'est les gens qui vous disent aujourd'hui, on le voit bien d'ailleurs,
02:08si vous avez vu le sondage que vous commentez largement sur les Français et la dette,
02:12si les Français s'intéressent à la dette aujourd'hui et disent qu'il faut réduire la dette...
02:17Ils sont pour réduire la dette.
02:18Vous avez bien compris que c'est parce que...
02:19Ils veulent surtout qu'on baisse les dépenses publiques.
02:21C'est pas parce qu'il y a des économistes qui ont sorti une nouvelle analyse
02:24ou un prix Nobel d'économie qui a sorti une nouvelle analyse sur l'évolution des taux d'intérêt.
02:30C'est parce qu'en première page de tous les journaux,
02:33on leur dit que le taux d'emprunt de la France sur les marchés,
02:37sur les marchés, est au plus haut.
02:40Alors Emmanuel Schubert, vous n'êtes pas d'accord ?
02:41D'abord, si les gens de marché étaient brillants, intelligents et clairvoyants,
02:44ça se saurait.
02:45Et on ne serait pas dans la panade économique dans laquelle on est aujourd'hui.
02:48Alors quand même, sur ce mot, sur le rapport, effectivement,
02:51un rapport qui nous dévoile que ce qui perturbe le plus,
02:53c'est l'instabilité réglementaire et fiscale.
02:57Moi, je m'en rappelle, prenez l'exemple de la...
02:59Ça m'avait marqué la présidentielle de 2012.
03:01Il y avait une association de patrons, celle de Denis Jacques,
03:03qui avait parrainé la croissance, qui avait demandé au patron
03:04« Qu'est-ce que vous attendez comme mesure de politique économique ? »
03:07Il y en a 80% qui avaient répondu « Surtout, on ne veut rien, qu'il ne fasse rien
03:10».
03:10Donc ça, ce n'est pas nouveau.
03:11Mais ça pose la question, effectivement, d'où peut venir la force de rappel.
03:15Et alors là, s'il y a bien quelqu'un qui ne joue pas son rôle de force de rappel,
03:19c'est quand même les marchés financiers.
03:20Et alors notamment les marchés obligataires.
03:22Parce qu'il faut se rappeler quand même des discours qu'on entendait,
03:25notamment au moment de la création de l'euro.
03:27On nous avait dit « Vous verrez, on aura une monnaie unique.
03:30Et maintenant, plus personne ne pourra faire de bêtises sur le plan budgétaire.
03:33Parce que dès qu'il y aura des déficits excessifs,
03:36les marchés vont sanctionner, etc. »
03:38La réalité, c'est que les marchés ont laissé toutes les dérives budgétaires
03:40se faire sans la moindre clairvoyance dans le plus grand aveuglement.
03:44Je rappelle quand même qu'en 2008, juste avant la crise financière,
03:47la Grèce empruntait, allez, quoi, 30 points de base,
03:50à 0,3 point de pourcentage de taux d'intérêt,
03:52au-dessus des taux allemands.
03:53Donc, il n'y a jamais eu de force de rappel exercée par les marchés.
03:57Et c'est même pire que ça.
03:58La situation des finances publiques ne serait pas...
04:00Vous le laissez parler comme ça, vous le laissez continuer ?
04:02La situation, et je termine là-dessus,
04:03la situation des finances publiques ne serait pas aussi catastrophique
04:06si les États n'avaient pas dû venir au secours des marchés
04:09et de toutes leurs bêtises.
04:11Puisque je rappelle que la crise de 2008,
04:13on prend 25 points de dette publique en moyenne.
04:15C'est vrai que la crise de 2008, mais puis Antinot,
04:17c'est quand même une crise des marchés.
04:18Ils ne sont pas clairvoyants.
04:19et qui ne sont pas capables de jouer le rôle de lanceur d'alète,
04:22c'est bien les marchés.
04:23Alors, bon, c'est très intéressant.
04:25Et c'est normal, il défend sa corporation,
04:27parce que sinon, il n'y a aucune justification à leurs rémunérations
04:29qui sont beaucoup trop élevées.
04:31Aujourd'hui, on est sur des constatations économiques, historiques.
04:36C'est-à-dire que vous avez aujourd'hui la Grèce,
04:39vous avez des économistes qui font des papiers sur la Grèce,
04:42sur le miracle portugais, sur l'Espagne.
04:46Qu'est-ce qui serait passé en Grèce, en Espagne et au Portugal
04:49si les marchés n'avaient pas sanctionné la Grèce, le Portugal et l'Espagne ?
04:54Si on n'avait pas monté les taux d'intérêt à des niveaux qui étaient tels
04:58que de toute façon, il fallait prendre des mesures qui étaient des mesures radicales.
05:02C'est-à-dire que j'ose dire aujourd'hui que ce sont les marchés qui ont sauvé la Grèce.
05:07Ce sont les marchés qui ont sauvé le Portugal.
05:09Ce sont les marchés qui ont sauvé l'Espagne.
05:11Et notre seul espoir, notre seul espoir aujourd'hui pour la France,
05:15il ne vient pas des politiques, il ne vient pas des économistes, il vient des marchés.
05:19C'est-à-dire que notre seul espoir aujourd'hui, et d'ailleurs je suis...
05:22C'est notre boussole, c'est ce que vous dites.
05:24Non mais c'est plus que ça.
05:25Là ils nous disent quoi ? Qu'on est en crise de la dette ?
05:27Qu'on arrive vers une crise de la dette ?
05:28Mais attendez, vous avez bien remarqué que pour la première fois,
05:33en début de campagne présidentielle, l'économie est un des sujets qui est le plus abordé.
05:39Mais c'est grâce à quoi ?
05:40C'est grâce au fait que nous mettons la pression, nous, hommes de marché et femmes de marché,
05:45nous mettons la pression au quotidien sur les taux d'intérêt français,
05:49pour dire attention, vous ne pouvez pas faire n'importe quoi.
05:53quand Jean-Luc Mélenchon raconte n'importe quoi sur l'annulation de la dette
05:57et est repris par Olivier Faure du Parti Socialiste,
06:00quand même du côté à droite, on nous explique qu'on peut raser gratis
06:05et que le libéralisme sauvage, ça peut fonctionner en France,
06:08ce qui est complètement aberrant.
06:09Vous pouvez nous parler de la Grèce qui a bien annulé une partie de la dette ?
06:11Ah non, on l'a renégocié, ça n'a rien à voir.
06:14On ne peut pas parler d'annulation.
06:16L'annulation de la dette, à partir du moment où on n'est pas en crise,
06:19c'est un autre sujet qu'on peut aborder évidemment et qui est très important.
06:22Donc aujourd'hui, nous, ce qu'on fait, le travail que nous faisons,
06:26hommes et femmes de marché, c'est de dire aux politiques français,
06:30vous ne pouvez pas faire n'importe quoi.
06:33C'est-à-dire qu'on ne peut pas raser gratis.
06:34D'ailleurs, vous avez vu que dans les programmes aujourd'hui,
06:36vous n'entendez plus de cadeaux.
06:38Quand même.
06:39On n'a pas commencé d'habitude les campagnes électorales,
06:42c'est toujours je vais distribuer ça, je vais faire des ailes.
06:44Les gens sur la retraite, vous sentez qu'il y a un peu de flou,
06:47un peu partout, les gens qui nous expliquaient qu'on pouvait revenir à 60 ans.
06:50Pourquoi ? C'est grâce à nous, ce n'est pas grâce aux économistes.
06:53Alors c'est vrai qu'on voit ce taux d'endettement quand même qui inquiète
06:56au-delà du gouvernement parce que ça enchérit quand même la charge de la dette.
06:59Oui, mais ce qu'on voit, c'est d'abord que, un, ça concerne tous les pays aujourd'hui,
07:04que, deux, il y a quand même, encore une fois,
07:07moi ce qui me choque, c'est qu'effectivement, il y a toujours,
07:09il y a toujours une sanction des marchés, mais qui arrive.
07:12Ah, mais c'est bien que tu le reconnaisses.
07:15Ce que je veux dire, c'est que ça ne joue pas le rôle de force de rappel.
07:18C'est-à-dire qu'une force de rappel, c'est quelqu'un qui vous empêche de faire des bêtises
07:21quand vous allez en faire.
07:22Là, les marchés, ils laissent absolument faire toutes les conneries
07:25jusqu'au jour où ils se réveillent et ils se rendent compte que finalement,
07:28c'est catastrophique.
07:29Bon, et là, dans ce coup, il n'y a plus personne.
07:31C'est la crise, etc.
07:32Et c'est ce qu'on fait aux Etats-Unis.
07:33Regarde aux Etats-Unis, c'est le même principe.
07:36L'endettement n'a jamais été aussi élevé, Marc.
07:39Mais ce n'est pas ça qui convient à être beaucoup plus raisonnable
07:42sur la gestion de ces finances publiques.
07:44On disait l'Italie et l'Espagne tout à l'heure,
07:46mais la réalité, c'est qu'en Europe, parce qu'il y a eu des taux très bas,
07:50on a permis à ces pays, encore une fois, de faire n'importe quoi.
07:53Pourquoi il y a eu un temps de vêtements qui a autant augmenté ?
07:55C'est que quand vous aviez des taux dans toutes les années 2010,
07:59quand vous aviez des taux nuls, que l'argent ne valait rien,
08:02parce que le temps ne valait rien, que le risque ne valait plus rien,
08:04on a laissé progresser des taux d'endettement considérables.
08:08Donc là, encore une fois, les marchés n'ont pas joué leur rôle de fortement.
08:11Mais c'est là que tu te trompes complètement, c'est intéressant,
08:13parce que tu donnes un argument qui va dans mon sens.
08:15C'est-à-dire que moi, je pense que la Banque Centrale Européenne
08:18a maintenu des taux d'intérêt trop bas pendant trop longtemps,
08:21des taux d'intérêt à court terme.
08:23Il faut expliquer aux gens, les taux d'intérêt à court terme,
08:25ils sont fixés par les banques centrales.
08:27Les taux d'intérêt à long terme, ils sont fixés par l'offre et la demande et par les marchés.
08:31Oui, les économistes, les membres de la Banque Centrale ont maintenu les taux d'intérêt trop bas
08:37et on a eu la catastrophe qu'on a eue, ça a été le même cas aux États-Unis.
08:41Les marchés n'ont jamais dit ça.
08:43Les marchés ont toujours dit qu'il faut avoir une prime de risque,
08:46une prime de risque pour les entreprises, une prime de risque pour les pays les plus compliqués.
08:50Et aujourd'hui, ce qu'on dit, on dit des choses qui sont très claires.
08:53On dit que la France est beaucoup plus risquée par rapport à l'Allemagne,
08:56la France est aujourd'hui le malade de la zone euro
09:00et c'est comme ça qu'on sanctionne avec une prime qui est beaucoup plus élevée.
09:04Aux États-Unis, prenant l'exemple des États-Unis, parce qu'on parle que de la France...
09:07Mais hier, ils ont acheté de la dette.
09:08Oui, mais à quel ton ?
09:09Oui, à un tonnerre, mais ils ont tous suscrits.
09:11Non, mais le fait de dire personne ne pense que la France va faire faillite.
09:17Personne ne pense que la France va sortir de la zone euro.
09:20Personne ne pense que l'Allemagne va laisser tomber la France.
09:23On est toujours le passager clandestin de la zone euro avec le nantissement et la garantie de l'Allemagne.
09:29On n'est pas idiots.
09:30On sait que ça va être ce sujet-là.
09:32Par contre, ça ne va pas être à n'importe quel prix et dans n'importe quelles conditions.
09:37D'ailleurs, l'impact que ça a eu, c'est quand même très intéressant.
09:39Sur la dernière hausse de la guerre en Iran,
09:41on voit quand même que les packages d'aide du gouvernement étaient extrêmement limités.
09:46En période normale, si on avait été il y a deux ans ou trois ans,
09:50on aurait fait n'importe quoi, des boucliers tarifaires, des aides.
09:54On n'a pas fait ça aujourd'hui et c'est grâce à nous, ce n'est pas grâce à
09:57eux.
09:57Et c'est le dernier mot, mais vous reviendrez.
09:59Non, parce que ce qu'on a dit, on s'est concentré sur les marchés obligataires,
10:03mais sur les marchés d'action, la réalité est exactement la même.
10:07Les bulles qu'on a laissées se gonfler sans aucune limite.
10:12C'est le principe d'un marché, c'est le principe d'un marché.
10:14Oui, mais c'est là où on peut...
10:15Mais je vais t'expliquer ce que c'est là.
10:15Et on ne voudrait pas être d'accord.
10:17Non, non, non, on voudrait continuer.
10:19Non, non, on n'a pas terminé, je ne suis pas d'accord.
10:21C'est la fin, c'est la fin.
10:22Non, on veut continuer.
10:24Stop ! Merci à tous les deux.