- il y a 12 minutes
Avec Annie Genevard, Ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoz.
00:068h30 à l'écoute de Sud Radio, l'heure du grand entretien politique.
00:11Aujourd'hui Jacques, vous recevez Annie Gennevard, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire.
00:18Annie Gennevard, bonjour.
00:19Bonjour Jacques Cardoz.
00:20Aucun mot pour les agriculteurs hier de la part du Premier ministre et des ministres, c'est un oubli ?
00:25Non, pas du tout. Je crois qu'il faut bien prendre la mesure de ce que le gouvernement vient d
00:30'annoncer pour les agriculteurs.
00:32Il se trouve que j'avais annoncé avant la réunion d'hier la prolongation du guichet GNR,
00:40donc l'aide pour le gasoil non routier qu'utilisent les agriculteurs, jusqu'à la fin de l'année. Donc
00:46l'annonce était faite.
00:47Sur le GNR, précisément, un certain nombre d'agriculteurs réclament une augmentation, comme ça a été obtenu par les pêcheurs,
00:56de 15 centimes à 30 centimes.
00:58Est-ce que c'est envisageable ?
00:59Alors, je viens d'annoncer, il y a quelques jours, un plan massif d'aide et de soutien aux agriculteurs
01:06dans très grande difficulté.
01:07Vous le savez, après l'été qu'ils ont passé, donc maintenant ce plan d'un milliard 3.
01:12Moi, un milliard 3, c'est un plan très significatif et qui traduit vraiment le soutien du gouvernement à nos
01:20agriculteurs.
01:21Mon souci, maintenant, c'est qu'il soit déployé le plus vite possible pour que cet argent arrive sur le
01:26compte des agriculteurs.
01:27On va en parler dans un instant.
01:28Fait nouveau ce matin sur Sud Radio, le président du syndicat des céréaliers de France a annoncé des chiffres catastrophiques
01:35pour les moissons.
01:366 milliards et demi de pertes pour le global, soit un coût de 900 euros par hectare.
01:40Les céréaliers vous demandent une aide de 450 euros par hectare.
01:45Qu'est-ce que vous leur répondez ?
01:46Je leur réponds comme je le réponds à toutes les filières.
01:49Beaucoup ont souffert.
01:50Le maraîchage de plein champ a beaucoup souffert.
01:53Les betteraves, les producteurs de betteraves souffrent beaucoup.
01:57Les céréaliers également.
01:59Et donc, je reçois toutes ces filières.
02:02On regarde chacune d'entre elles pour évaluer la situation, pour voir ce que déclenchera l'assurance, parce que beaucoup
02:10sont assurés.
02:12Et il n'y a pas que l'argent de l'État, il y a aussi l'argent des assurances,
02:15il y a aussi l'implication des banques, il y a l'implication des collectivités territoriales.
02:19Donc, on regarde la situation et on essaie d'apporter des aides au plus près des besoins.
02:26Vous confirmez ces chiffres, 6 milliards et demi d'euros de pertes pour le global.
02:31C'est considérable et ça fait 4 années.
02:33Ça suit une trajectoire qui est très mauvaise.
02:35Est-ce que vous confirmez ces chiffres ?
02:37Il faut qu'on travaille avec eux, qu'on voit les choses.
02:40Moi, je n'ai aucune raison de ne pas faire confiance dans l'évaluation qu'ils font.
02:46Et c'est vrai, la situation des céréaliers qui jusqu'alors était épargnée est durement touchée par deux phénomènes.
02:53D'abord, la sécheresse qui a empêché les cultures de lever convenablement.
02:58Et puis, la canicule durable et l'effondrement des cours mondiaux.
03:03Parce que pour leur malheur, les prix ne sont pas fixés pays par pays.
03:07Ce sont des cours mondiaux et les cours se sont depuis plusieurs années maintenant très considérablement affaiblis.
03:13Donc, on fera tout ce qu'on pura pour les épauler.
03:18Et surtout, dans le plan d'un milliard 3 que je viens d'annoncer et auquel il faut ajouter encore
03:24une fois l'argent de l'assurant,
03:27l'argent des assurances, les efforts que feront les banques, les collectivités territoriales.
03:33Ce qu'il faut, c'est leur donner les moyens de relancer la production.
03:36Qu'ils aient les moyens de semer, de planter, d'irriguer, de mettre des engrais.
03:41Le président du syndicat des céréaliers nous disait que 10% environ des céréaliers sont touchés.
03:45Certains ne pourront pas se relever.
03:47C'est pour eux que vous pourriez envisager des aides ?
03:49C'est tout particulièrement pour ceux-là que nous avons déployé ce plan d'urgence parce que rien ne serait
03:58pire que d'arrêter de produire.
03:59Alors, ce plan d'aide, où en est-on exactement ? Combien d'éleveurs d'exploitation sont en difficulté aujourd
04:04'hui ?
04:05Est-ce que déjà vous revoyez vos chiffres à la hausse ? Vous avez dit entre 30 et 35 000
04:10début septembre.
04:12Où en est-on aujourd'hui ?
04:13Alors, j'ai pris la décision, en accord avec le Premier ministre, de décider d'un plan global,
04:20mais d'un déploiement dans les territoires à la main des préfets, en lien avec les représentants des agriculteurs.
04:27Alors, ça n'aurait aucun sens que la ministre dise, ben voilà, dans tel département, il faut faire comme ci,
04:34comme ça.
04:34Ce sont les forces locales qui connaissent le mieux les situations et qui ont la charge de déployer.
04:40Et on en est où du calendrier actuellement ?
04:43Eh bien, les choses se passent aussi rapidement que possible pour un certain nombre de dispositifs.
04:53Je vais vous le dire, je pense qu'il faut aller plus vite encore.
04:56Et c'est la raison pour laquelle je demande à mon administration d'être vraiment très réactive,
05:02notamment pour le déploiement des aides sur le GNR, où il y a encore du retard.
05:07Et voilà, l'administration doit se mettre au diapason de l'urgence de la situation des agriculteurs.
05:13Qu'est-ce que vous souhaitez quand vous dites que ça doit être plus rapide ? Quel est votre souhait
05:16à vous ?
05:17Je pense que dès le début du mois d'octobre, ils doivent voir sur leur compte bancaire les premières aides
05:23arrivées.
05:24Donc concrètement, dès le début du mois d'octobre, les premières aides doivent arriver ?
05:29C'est ce que j'ai demandé aux préfets, c'est ce que j'ai demandé aux administrations territorialisées,
05:34c'est ce que j'ai demandé à la DGFIP, à la Direction Générale des Finances Publiques,
05:39voilà, avec mon collègue David Amiel, et nous y travaillons.
05:43Parce que le problème est là, pour beaucoup, c'est un problème de trésorerie également.
05:47C'est un problème de trésorerie, c'est la question de pouvoir relancer la production.
05:52On a commencé les semis là, donc il faut qu'ils aient des semences, il faut qu'ils aient des
05:58engrais,
05:59il faut qu'ils aient de quoi faire leur récolte en 2027.
06:05C'est extrêmement important.
06:06Et puis au-delà de ça, Jacques Cardo, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce qu'ils
06:11ont vécu les a durement éprouvés,
06:13bien sûr dans leur trésorerie, mais je dirais dans leur mental, dans leur morale.
06:18C'est une épreuve terrible pour eux-mêmes de voir le travail d'une année qui est perdue,
06:23au point qu'ils s'interrogent sur le sens même de leur activité.
06:27Et c'est la raison pour laquelle la première chose que j'ai dite à tous les préfets de France,
06:31je leur ai dit, votre première préoccupation, c'est d'être attentif à l'état psychologique de la profession.
06:38J'ai mis en place une cellule sécheresse dans tous les départements,
06:42j'ai activé tous les dispositifs sentinelles,
06:45parce qu'il faut qu'on soit attentif aux signaux faibles de la souffrance qu'ils éprouvent,
06:51et de pouvoir les épauler.
06:52Rien ne serait pire que de les laisser à la solitude de leur épreuve.
06:55Oui.
06:56À ce propos, je rebondis sur ce que vous nous avez dit,
06:58parce que ce matin, le président des céréaliers nous disait quelque chose à propos des normes,
07:02et qu'il demandait également pour le basculement lorsqu'on veut passer au bio,
07:06que ça puisse aller plus vite, parce que vous le dites,
07:08un certain nombre aujourd'hui d'agriculteurs se posent des questions,
07:11s'interrogent sur le sens,
07:12et veulent peut-être basculer sur un autre type de production.
07:16Ils prenaient l'exemple de deux autres pays
07:18qui vont trois ou quatre fois plus vite que nous,
07:20un an ou quatre ans, je crois, au Brésil,
07:22et huit ans chez nous.
07:24Alors, je ne sais pas exactement ce que recouvrent ces chiffres,
07:27en tout cas, ce que je peux vous dire,
07:29c'est que ce que nous avons vécu cet été,
07:31ce que les agriculteurs ont subi,
07:34nous oblige à accélérer
07:39la transition,
07:39les transitions climatiques et environnementales.
07:42C'est indispensable.
07:43Et là, il faut qu'on se mette autour de la table
07:45pour savoir quoi cultiver,
07:46où cultiver, comment cultiver.
07:48Il faut de l'eau.
07:49C'est l'objet de la loi d'urgence qu'on vient de voter.
07:52Mais concrètement, ça veut dire aussi des mesures
07:53qui pourraient être prises pour accélérer ces transitions ?
07:55Bien sûr, il y a, après ce plan d'urgence d'un milliard trois,
07:59qui sera probablement d'ailleurs supérieur,
08:02il faut un plan de relance.
08:04C'est à l'étude.
08:05Ça pourrait donc être au-delà d'un milliard trois
08:07que vous aviez déjà annoncé.
08:08C'est possible.
08:09En tout cas, il faut que, dans la foulée,
08:12un plan de relance
08:13pour donner des perspectives et de l'espoir
08:15au monde agricole qui en a infiniment besoin.
08:17Alors, vous receviez hier, avec le Premier ministre,
08:21la coordination rurale qui prévient
08:22que les manifestations des agriculteurs
08:25reprendront dans les prochaines semaines
08:27pour exprimer la colère, la colère globale.
08:30Si ces derniers n'étaient pas écoutés,
08:33ils parlent d'une quatrième année de mobilisation.
08:35Est-ce que vous avez réussi à les apaiser ?
08:37Quelles sont leurs demandes ?
08:38Écoutez, d'abord, avec le Premier ministre,
08:41nous recevons tous les syndicats.
08:42Nous avons bientôt achevé.
08:44Le dernier syndicat sera reçu aujourd'hui.
08:48Et, bien sûr, on est à l'écoute.
08:51Hier, nous avons reçu la coordination rurale.
08:56Le dialogue a été tout à fait paisible et constructif.
09:00On a émis des hypothèses qu'on a partagées avec eux.
09:04S'agissant de leur proposition de creuser des réserves d'eau,
09:10je les ai mis en garde.
09:12J'aurais dit, ne faites pas ça.
09:13N'amenez pas les agriculteurs à se mettre en défaut avec la loi.
09:16On précise, Madame la ministre,
09:18qu'ils disent vouloir creuser pour constituer des réserves en eau.
09:22Et ils vont jusqu'à ce terme.
09:24Que ce soit légal ou pas,
09:25on va appeler tous les paysans français à creuser.
09:27Qu'est-ce que vous leur dites ?
09:28Je leur dis que cet été a révélé
09:30que la question du stockage de l'eau est devenue une évidence.
09:34C'est devenu une évidence.
09:35Et de ce point de vue-là,
09:37tous nous l'ont dit,
09:37tous les syndicats nous l'ont dit,
09:39il faut pouvoir se préparer.
09:41Alors, la France irrigue très peu par rapport à d'autres pays.
09:45Il faut qu'elle irrigue davantage.
09:46Il faut qu'elle stocke au moment où l'eau est abondante.
09:48Pas n'importe comment.
09:50De façon intelligente.
09:52Appropriée à la situation hydrologique des territoires.
09:54Mais il faut stocker de l'eau.
09:56Maintenant, je crois que la question est entendue.
10:00Simplement,
10:00on vient de voter une loi d'urgence
10:02qui propose de doubler le stockage de l'eau agricole.
10:05Alors, je dis aux agriculteurs de la coordination rurale,
10:08ne vous mettez pas en défaut vis-à-vis de la loi.
10:10C'est vous qui seriez convoqués ensuite au tribunal et condamnés.
10:13Ce n'est pas comme ça qu'il faut procéder.
10:15En revanche,
10:16il faut que tous les territoires qui disent
10:18on a besoin de stockage de l'eau,
10:20proposent des projets,
10:22travaillent avec les préfets à des projets.
10:23Comment ?
10:24Eh bien,
10:26il faut qu'ils se mettent ensemble
10:28avec les chambres d'agriculture,
10:31avec les organisations de producteurs,
10:34avec les organisations syndicales
10:36et dire,
10:36ben voilà,
10:37à tel endroit,
10:38c'est une réserve collinaire
10:40qui peut être appropriée.
10:41À tel endroit,
10:42c'est une réutilisation des eaux usées.
10:44À tel endroit,
10:45c'est une réhabilitation.
10:46Il y a des solutions qu'on n'utilise pas aujourd'hui
10:48parce que ce n'est pas la première fois que vous dites
10:50on érigue mal ou on érigue peu,
10:51en tous les cas, en France.
10:53Mais il faut...
10:54L'État...
10:55Il y a du travail à faire,
10:56on peut faire mieux.
10:56Mais bien entendu,
10:58on peut faire mieux
10:58et tout en préservant le milieu naturel.
11:02Il faut que les projets émanent des territoires.
11:06On est en France un peu contradictoire.
11:08On veut laisser l'initiative au terrain
11:11et en même temps,
11:12quand on laisse l'initiative au terrain,
11:14on dit,
11:14mais l'État doit dire.
11:16Non,
11:16l'État ne peut pas dire
11:17à tel endroit,
11:18il faudra faire ci,
11:18à tel endroit,
11:19il faudra faire ça.
11:19Elles vont se faire ces réunions très vite
11:21parce qu'il y a urgence.
11:23On le voit avec ces sécheresses.
11:24Elles sont permanentes.
11:25Elles sont permanentes dans les territoires
11:27avec les services déconcentrés de l'État.
11:28Et souvent,
11:29les gens nous disent,
11:29les interlocuteurs,
11:30pardon de vous couper,
11:31Madame la Ministre,
11:31mais ils nous disent,
11:32ça n'avance pas assez vite.
11:33Mais pour que ça avance,
11:35il faut des projets.
11:36Les engagements financiers sont là.
11:38Ils ne demandent qu'à être déployés.
11:39Le Premier ministre a doublé
11:41le fonds hydraulique
11:43qui permet d'amorcer
11:45le financement
11:47de projets de stockage.
11:48Ça fait deux ans
11:49que nous finançons,
11:51que nous co-finançons
11:53des projets de stockage.
11:54Donc voilà,
11:55il y a un appel à projet,
11:56il faut y répondre.
11:57Alors,
11:57le plan d'urgence,
11:59vous nous l'avez annoncé ce matin,
12:00il pourrait être supérieur
12:01au 1,3 milliards.
12:03Je rappelle que la FNSEA a dit
12:05précisément,
12:06le compte n'y est pas
12:07et que la coordination rurale
12:09dit qu'on est loin des pertes.
12:14Est-ce que...
12:15De combien pourrait être
12:17cette réévaluation ?
12:18Non, mais tout ça se discute
12:20au fur et à mesure
12:21où nous remontent
12:22les données du terrain.
12:24Ce que je veux dire,
12:25pour le dissiper peut-être
12:26un malentendu,
12:28des pertes,
12:29il y en a,
12:29elles sont importantes.
12:30L'État ne peut pas
12:32compenser toutes les pertes
12:33de production
12:33et je crois d'ailleurs
12:34que c'est un message
12:36qui est entendu
12:36par les agriculteurs.
12:39C'est comme quand
12:39une entreprise perd un marché,
12:41elle ne va pas voir l'État
12:42pour dire
12:43vous devez compenser
12:43la perte d'un marché.
12:45La perte de production,
12:46c'est une réalité,
12:47évidemment,
12:49elle ne doit pas
12:50décourager les agriculteurs
12:52de continuer leur activité
12:53et de relancer la production.
12:55C'est la raison pour laquelle
12:56on allège les charges,
12:58on aide pour financer
13:00les engrais,
13:02on prend en charge
13:03une partie
13:04des cotisations sociales,
13:05on met à la main
13:08des territoires
13:09un fonds de réarmement
13:10pour acheter des semences,
13:11parce qu'il y a des agriculteurs
13:13qui n'ont pas de quoi
13:14acheter des semences,
13:15qui n'ont pas acheté
13:15de quoi acheter des engrais.
13:17Vous voyez,
13:17c'est du concret,
13:19mais on ne pourra pas,
13:20l'État ne pourra pas
13:23apporter,
13:23faire comme si
13:26la saison de production
13:27avait été normale.
13:28combler toutes les pertes
13:29en tous les cas.
13:30Annie Gennevard,
13:31sur les assurances,
13:32on sait que 9 éleveurs
13:34sur 10 ne sont pas assurés,
13:35que 8 agriculteurs
13:36sur 10 ne sont pas assurés.
13:38Faut-il rendre l'assurance
13:39obligatoire
13:39pour certaines filières ?
13:41C'est une question,
13:41en tout cas,
13:42qui doit être débattue.
13:44Et du reste,
13:45au niveau...
13:46votre opinion à vous ?
13:47Moi,
13:47je me pose la question,
13:48parce que vous voyez,
13:49quand les assureurs me disent
13:50que les agriculteurs
13:53sont passés
13:54à côté de 2 à 3 milliards
13:56d'indemnisations
13:58assurantielles,
13:59je me dis,
14:00c'est du gâchis.
14:02Et donc,
14:03je leur ai dit aussi,
14:04pourquoi est-ce que
14:04vous n'arrivez pas
14:05à vendre vos produits
14:06d'assurance ?
14:07L'État prend en charge
14:0870% de la cotisation
14:11d'assurance.
14:1270%.
14:13Donc,
14:14il faut identifier
14:16les freins à l'assurance,
14:18mais l'assurance,
14:19c'est la meilleure façon
14:20de dérisquer
14:21l'activité agricole
14:23et les aléas climatiques.
14:23Vous ne seriez pas
14:24contre le fait
14:24de la rendre obligatoire
14:25en tous les cas ?
14:26En tout cas,
14:26pour les productions
14:27les plus de valeur,
14:30celles qui font perdre
14:31aux agriculteurs
14:32beaucoup de revenus,
14:34la question mérite
14:35d'être posée.
14:36Aujourd'hui,
14:368 agriculteurs sur 10
14:37ne sont pas assurés.
14:38Annie Gennevard,
14:39ministre de l'Agriculture
14:40est notre invitée.
14:41Dans la deuxième partie
14:42de cet entretien,
14:43vous nous parlerez,
14:45une auditrice nous appellera
14:46pour nous parler
14:47du fait d'acheter français
14:49à bas prix,
14:50elle a du mal.
14:51On parlera aussi
14:52du match,
14:52un peu de politique,
14:53du match Attal-Philippe.
14:54Et puis,
14:55dans vos 3 minutes
14:56pour convaincre,
14:57Madame la ministre,
14:57vous avez choisi
14:58d'aborder la question
14:58de la prochaine PAC
14:59en jeu majeur à venir
15:01dans quelques secondes.
15:02A tout de suite.
15:04Le Grand Matin Sud Radio,
15:067h10h,
15:07Jacques Cardoze.
15:08Annie Gennevard,
15:09ministre de l'Agriculture
15:10est notre invitée
15:10sur Sud Radio ce matin.
15:12Dans quelques secondes,
15:13vous réagirez à la question
15:14d'un auditeur
15:15sur la cherté
15:16de notre alimentation.
15:17Puis,
15:17au match que se livre
15:19Gabriel Attal et Edouard Philippe
15:21dans le hashtag
15:21de Benjamin Glees.
15:22Mais tout d'abord,
15:23Madame la ministre,
15:24dans vos 3 minutes
15:24pour convaincre,
15:25vous souhaitez aborder
15:25la question de la prochaine
15:27et de la négociation
15:28de la prochaine PAC.
15:29Pourquoi elle est essentielle ?
15:30Elle est essentielle
15:32parce que, d'abord,
15:33c'est une politique utile,
15:36utile aux Français.
15:37Elle garantit du revenu
15:39pour les agriculteurs.
15:40Elle les aide
15:41dans leur investissement,
15:42dans la transition climatique
15:44et environnementale.
15:45Et c'est ce qui permet
15:46d'apporter,
15:47dans l'assiette de chaque Français,
15:48une alimentation de qualité.
15:50Ils peuvent espérer plus ?
15:51Alors,
15:52il faut déjà espérer autant.
15:54Et notre combat,
15:55mon premier combat,
15:56celui du Premier ministre,
15:57du Président de la République,
15:58c'est de faire en sorte
16:00que cette politique agricole
16:02commune demeure.
16:03C'est la première politique
16:05de l'Union Européenne.
16:06Vous savez,
16:07il est de bon ton,
16:09souvent,
16:09de critiquer l'Union Européenne.
16:12Mais la politique agricole,
16:14c'est une politique fondamentale
16:15si nous voulons conserver,
16:16en Europe,
16:18de la production alimentaire
16:19et de la souveraineté alimentaire.
16:20Parce que sinon,
16:21nous serons dépendants.
16:22Alors,
16:22il y a le budget
16:25que vous pourriez obtenir,
16:26mais ensuite,
16:27il y a la répartition.
16:29Actuellement,
16:29dans l'agriculture,
16:30on a un peu le sentiment
16:31qu'il y a deux poids,
16:31deux mesures.
16:32Aujourd'hui,
16:32les gros sont
16:33les plus gros bénéficiaires.
16:34Vous allez me dire,
16:35c'est mathématique,
16:35mais ce n'est pas forcément
16:37ceux qui, proportionnellement,
16:38en ont le plus besoin.
16:39Bon, d'abord,
16:41je pense que ça n'est pas exact.
16:42Mais je voudrais vous parler
16:44de la prochaine PAC,
16:45puisque là,
16:45on est en train de négocier
16:46la PAC qui va courir
16:48de 2028 à 2034.
16:50C'est un enjeu fondamental.
16:52Et moi,
16:53je veux dire
16:54que
16:56aussi bien
16:56le Président de la République
16:57que le Premier Ministre,
16:58on dit,
16:59pas un euro
16:59ne manquera
17:00à la politique agricole
17:02commune en France.
17:04C'est quand même
17:0445 milliards
17:06sur la période
17:07qui sont en jeu.
17:07Mais les négociations,
17:08il ne faut que commencer.
17:09Mais les négociations,
17:10elles se conduisent en ce moment.
17:12Chaque mois,
17:12je suis à Bruxelles.
17:14Chaque mois,
17:14je parle de la PAC
17:15et de la nécessité
17:16de conserver un budget,
17:17parce que
17:18c'est un budget
17:19qui est essentiel
17:20pour produire
17:22de l'alimentation
17:23et de la souveraineté alimentaire
17:24en France.
17:25Est-ce que vous avez
17:25bon espoir
17:26d'obtenir ce que vous souhaitez ?
17:27Écoutez,
17:28en tout cas,
17:28je me bats
17:29avec acharnement
17:30et je pense
17:32que nous sommes
17:33nombreux
17:33en Europe,
17:35mais il y a aussi
17:36des pays
17:36qui voudraient
17:37diminuer
17:38cette PAC,
17:40qui voudraient
17:40la rendre
17:41moins commune,
17:42qui voudraient
17:43diminuer
17:44la politique
17:46agricole commune.
17:47C'est par exemple
17:47la déclaration
17:48de l'Allemagne,
17:48c'est un danger
17:49majeur
17:50pour notre agriculture.
17:51Donc moi,
17:52je veux que ça soit,
17:53ça demeure une priorité,
17:54qu'elle demeure commune,
17:56parce que si elle n'est pas
17:57commune,
17:57ça veut dire que
17:58les pays de l'Union Européenne
17:59vont être en compétition
18:00les uns avec les autres
18:01et ça,
18:02ça n'est pas possible.
18:03Et puis,
18:04je pense qu'on demande
18:05beaucoup à nos agriculteurs.
18:06On leur demande
18:07de produire,
18:08on leur demande
18:08d'investir,
18:09on leur demande
18:09de renouveler
18:10leurs pratiques,
18:11de renouveler
18:12les générations.
18:13Si on ne les épaule pas,
18:14avec les épisodes
18:16comme celui
18:17que nous venons
18:17de connaître
18:18cet été,
18:19on va
18:19achever
18:20de les décourager.
18:21Donc le combat du moment,
18:22c'est la politique agricole
18:24commune
18:24et c'est un enjeu
18:25capital de l'Union Européenne.
18:27Alors Alny Gennevard,
18:28pour nos auditeurs,
18:30il y a aussi la question,
18:31évidemment,
18:32de ce qu'il y a
18:32dans notre assiette.
18:33On va écouter
18:33ce que Cynthia
18:35a à vous dire.
18:36Bonjour Madame Gennevard,
18:38Cynthia de Narbonne.
18:39Ma question
18:40est la suivante.
18:41Je suis maman
18:42de trois enfants
18:43et j'aimerais pouvoir
18:44acheter de bons produits
18:45chez nos agriculteurs,
18:47nous serons de prix.
18:48Que proposez-vous
18:49pour rendre accessibles
18:50les produits
18:51de notre terroir ?
18:52Merci à vous
18:53pour votre réponse.
18:55Alors,
18:55bonjour Cynthia.
18:57D'abord,
18:58je voudrais vous dire
18:59que vous êtes
19:01maman de trois enfants,
19:02vous avez envie
19:03qu'il puisse avoir
19:04une alimentation
19:05de qualité
19:06et je voudrais
19:07vous en féliciter,
19:08vous en remercier
19:09parce que
19:10c'est précisément
19:11ce que peut produire
19:12notre agriculture.
19:13l'agriculture française
19:15est de grande qualité
19:16et il faut
19:18qu'elle puisse
19:19effectivement
19:20être rémunérée
19:21à un juste prix,
19:22à un juste prix.
19:23Alors,
19:23comment on fait ?
19:24Et donc,
19:25là,
19:25c'est toute une chaîne
19:26qui doit se mobiliser
19:27pour ça.
19:28Et dès le début
19:29de la crise,
19:30j'ai dit
19:30à la grande distribution,
19:32faites effort
19:33pour mettre en avant
19:34les produits français.
19:36Ils ne le font pas.
19:37je ne serai pas
19:38aussi catégorique
19:40que vous.
19:40En tout cas,
19:41ils doivent le faire
19:42parce que le jour
19:43où nos producteurs
19:45seront trop fragilisés
19:46pour produire,
19:47c'est eux
19:48qui seront en difficulté
19:49pour vendre.
19:50Donc,
19:50mettre en avant
19:51les produits français
19:51et les mettre
19:53en vente
19:54à un juste prix.
19:55Et c'est ça
19:57qu'il faut travailler.
19:58Arie Gennevar,
19:59on vient d'apprendre
19:59que la consommation
20:01de bio
20:02reprenait des couleurs
20:03en 2025.
20:04Les chiffres sont bons ?
20:06Les chiffres sont bons.
20:07D'ailleurs,
20:08aujourd'hui,
20:09c'est la journée
20:10européenne du bio
20:11et en vous quittant,
20:13je vais rejoindre
20:13les producteurs de bio.
20:16C'est une très bonne nouvelle.
20:18C'est une très bonne nouvelle
20:19parce que c'est une part
20:21importante de la politique
20:22que je conduis
20:23et que je soutiens.
20:25On a besoin
20:26d'une production
20:27diversifiée
20:28et le bio
20:30reprend des couleurs.
20:32C'est une bonne nouvelle
20:33et c'est à encourager.
20:34Allez,
20:34on passe à la politique
20:35avec vous,
20:36Benjamin Glaze.
20:37On en parle
20:38sur les réseaux sociaux.
20:39Edouard Philippe
20:39et Gabriel Attal
20:40qui règlent leurs comptes
20:41depuis quelques jours
20:42et ils s'envoient
20:43à chacun leur tour
20:43des pics.
20:44La dernière en date,
20:45elle nous vient
20:45du maire du Havre
20:46alors que Gabriel Attal
20:47se vante d'être
20:48meilleur que lui
20:49en campagne politique.
20:50Edouard Philippe
20:51lui répond dans un livre
20:52publié aujourd'hui
20:52par deux journalistes.
20:53Je le cite
20:54amusant
20:55mais aussi très très immature.
20:56Il parle de Gabriel Attal.
20:57Dire je suis meilleur
20:58en campagne que lui,
20:59ça veut dire quoi ?
21:00Il a gagné quelle campagne ?
21:01Il répond lui-même
21:02trois campagnes législatives
21:04dans les Hauts-de-Seine
21:05avec l'étiquette macroniste.
21:06Voilà pour cette citation.
21:09Au rang des petites piques,
21:09on avait aussi celle-ci
21:11de Gabriel Attal
21:12ce week-end.
21:13Il parlait bien
21:13d'Edouard Philippe.
21:14S'il y a une chose
21:15qui m'interpelle aujourd'hui
21:16ou qui me déçoit,
21:17c'est que pour beaucoup,
21:19la campagne
21:19semble ne pas avoir démarré.
21:20Beaucoup cherchent
21:21à endormir cette campagne
21:22pour gérer
21:22une avance
21:23sondagière
21:24en se disant finalement
21:26plus la campagne
21:27démarre tardivement,
21:28plus je peux gérer
21:29une avance
21:29que j'ai aujourd'hui.
21:30Moi, je cherche à réveiller
21:31cette campagne
21:32en mettant surtout
21:32des idées dans le débat
21:33sur la question des sondages.
21:35Si on se replonge
21:36il y a un an,
21:36il n'y avait pas de match possible
21:37dans le bloc central.
21:39Le sentiment qui était donné,
21:40c'est qu'il y avait
21:40un seul candidat
21:42naturel,
21:43en avance,
21:43légitime,
21:44qui était par ailleurs
21:44candidat depuis plusieurs années.
21:46Aujourd'hui,
21:46ça n'est plus le cas.
21:47Aujourd'hui,
21:47il n'y a plus de favoris.
21:48Il faut arrêter
21:49les enfantillages
21:50ou pas,
21:50Agne et Genevard ?
21:52Je crois.
21:52Moi, j'ai connu
21:55ces épisodes
21:55dans ma famille politique
21:57et je vois bien
21:58que pour l'emporter,
22:00il faut davantage
22:01attaquer l'autre
22:02que de faire valoir
22:03ses propres atouts.
22:05J'invite chacun,
22:07moi, je ne suis pas
22:08l'arbitre des élégances
22:09entre Edouard Philippe
22:11et Gabriel Attal,
22:12mais que chacun
22:13se rappelle quand même
22:14l'enjeu fondamental
22:17devant lequel est notre pays,
22:18c'est-à-dire
22:19d'éviter un deuxième tour
22:20que nous ne voulons pas.
22:22Donc que chacun,
22:23pour l'intérêt de la France,
22:26évite ce scénario catastrophe.
22:29Chacun dans le bloc central
22:30dit, nous ne voulons
22:31surtout pas
22:32d'un deuxième tour
22:33Mélenchon-Le Pen,
22:35mais il faut pour ça
22:36s'en donner les moyens
22:37et s'attaquer l'un l'autre.
22:39Derrière Bruno Retailleau,
22:40c'est votre choix,
22:41à vous.
22:41Moi, vous savez
22:43quelle est ma famille politique.
22:44Tout à fait.
22:45Ce sont les Républicains.
22:47Les Républicains ont un candidat.
22:49Je dis simplement
22:49que...
22:49Que vous soutenez du coup
22:51pour être clair.
22:52dont j'ai dit
22:53qu'il était notre candidat
22:54et que je le reconnais
22:56comme tel.
22:56mais je dis aussi
22:58qu'il faudra
22:59le moment venu
23:00se donner les moyens
23:01d'éviter ce duel
23:02dont nous ne voulons pas.
23:03Comment ?
23:03Parce que le PSC a pris de l'avance.
23:05Ils sont en plan
23:06dans leur primaire.
23:07La France Insoumise et Rennes,
23:08ils ont leurs candidats.
23:10Le bloc central
23:11et la droite
23:12sont divisés.
23:13Comment les départager ?
23:15Il y a une double question.
23:15Il y a une question
23:16de temporalité.
23:17Jusqu'où il faut aller
23:18dans le temps
23:18pour ne pas aller trop loin
23:20et rendre les choses irrémédiables ?
23:22Ça, c'est la première chose.
23:23Autrement dit,
23:24il faudra le moment venu,
23:26je le crois,
23:27j'en suis persuadé,
23:28un seul candidat.
23:30Et ça,
23:31il ne faut pas
23:31que le choix arrive trop tard
23:32parce que ça ne marchera pas.
23:35Les gens n'y croiront pas.
23:36Primaire ?
23:37Pas primaire ?
23:38Pourquoi pas primaire ?
23:39Et la deuxième condition,
23:41c'est qu'il ne se soit pas étripé
23:43au point de ne plus pouvoir
23:44se rassembler.
23:44Là, on a plutôt le sentiment
23:45que Gabriel Attal
23:46ne veut pas lâcher l'affaire,
23:47si vous me permettez l'expression.
23:48Mais personne ne veut lâcher l'affaire
23:49à ce stade.
23:50Personne ne veut lâcher l'affaire
23:51parce que chacun joue sa carte.
23:53Et c'est le jeu démocratique.
23:55Bon, la démocratie,
23:56c'est aussi une compétition.
23:57Mais une compétition
23:59qui doit être saine
24:00et respectueuse.
24:00À quel moment
24:01il faudra arrêter les comptes ?
24:03Moi, je pense que certains disent...
24:07Je vois que la date ne cesse pas
24:09d'être reportée.
24:10On disait novembre.
24:11Ensuite, on a dit janvier.
24:13Certaines voix parlent de février.
24:15C'est bien tard.
24:16Moi, j'ai vu que des choix tardifs
24:19emportaient toujours des campagnes
24:22qui n'aboutissent pas
24:23comme on le souhaiterait.
24:24La division créera un problème
24:26et le risque de ne pas être au second droit.
24:28Il faut...
24:29La démocratie se nourrit du débat.
24:31C'est normal.
24:32Et que chacun fasse valoir ses atouts,
24:35c'est normal.
24:37Mais tout ce qui va du côté
24:39de l'attaque personnelle,
24:41de la mise en cause,
24:43laisse forcément des traces
24:44et empêche le rassemblement.
24:45Alors, il ne parle que de sondage.
24:46Ça va jouer, finalement,
24:48sur les sondages ?
24:48C'est très compliqué
24:49de les partager.
24:50Vous savez,
24:51pour avoir fait quand même
24:53un certain nombre
24:53de campagnes électorales
24:55et de les avoir souvent remportées,
24:57je sais trop bien
24:58qu'une campagne,
24:59c'est d'abord une dynamique.
25:01Soit vous prenez la vague,
25:03soit vous prenez le toboggan.
25:05Donc, il y a des moments
25:06où vous sentez que la dynamique
25:08est de votre côté ?
25:09Et là ?
25:09Eh bien, là...
25:11Vous sentez le toboggan ?
25:12Non, je ne sens pas le toboggan
25:13pour aucun d'entre eux.
25:15Je pense que ça,
25:15pour le coup,
25:16c'est trop tôt pour le dire.
25:17Et puis, les Français,
25:19je l'espère,
25:20vont s'intéresser au programme
25:21que proposent les candidats.
25:24Ben, écoutez,
25:25on verra ça dans les prochains jours,
25:26dans les prochaines semaines,
25:28les prochains mois.
25:28Et vous reviendrez, bien entendu.
25:29Merci infiniment,
25:30Annie Gennevard,
25:31d'avoir été notre invité ce matin.
25:34Très belle journée,
25:35donc consacrée au bio,
25:36aujourd'hui,
25:37et à vos prochains rendez-vous,
25:39bien sûr,
25:39dans le monde agricole.
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