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  • il y a 2 minutes
Avec Agnès Buzyn, ancienne Ministre de la Santé et présidente de l'Institut Evidences

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##L_INVITE_POLITIQUE-2026-07-10##

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News
Transcription
00:01Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze.
00:07L'invité politique dans le studio de Sud Radio, c'est Agnès Buzyn.
00:11Agnès Buzyn, vous avez été ancienne ministre de la Santé et des Solidarités.
00:15Aujourd'hui, vous êtes vice-présidente du think tank Evidence, dédiée à la science dans la société.
00:20Bonjour et soyez la bienvenue, Agnès Buzyn, à notre micro.
00:23Bonjour.
00:23Toute la France se souvient de vous durant la crise du Covid.
00:26La vaccination, on s'en souvient, a beaucoup fait parler.
00:28Et peut-être que ça fait partie de vos motivations aujourd'hui pour justement essayer de replacer la science au
00:35cœur du débat.
00:35On a hâte de connaître votre actualité.
00:38Pourquoi vous êtes placé peut-être ces derniers temps en deuxième ligne,
00:42plus dans la réflexion et moins dans la première ligne de la politique ?
00:46Pourquoi ce choix ?
00:47D'abord, c'est important d'avoir le temps de réfléchir.
00:49Quand on fait de la politique, on répond à l'urgence du moment.
00:52On le voit bien, on court derrière des crises, on court derrière des décisions.
00:56Et je pense que c'est important, surtout si on veut construire le prochain quinquennat,
01:00de réfléchir aux grandes décisions qu'il va falloir prendre pour améliorer la situation du pays.
01:06Donc j'ai eu besoin de ce temps de la réflexion depuis quelques années.
01:09Et ce think tank que j'ai créé, qui s'appelle Evidence,
01:13tient à rappeler qu'il est important de tenir compte de la science,
01:17des évidences scientifiques dans les décisions publiques que nous allons prendre
01:22et que l'idéologie ne peut pas remplacer à un moment le réel.
01:25Parce qu'elle est en danger, cette science ? C'est quelque chose que vous ressentez ?
01:28La science est en danger partout.
01:30On le voit évidemment avec le mouvement MAGA américain
01:33et la destruction assez systématique des grandes thématiques scientifiques du moment,
01:38notamment le changement climatique.
01:39Et la science, elle est en danger.
01:41L'obscurantisme revient parce qu'on prône le bon sens populaire.
01:46C'est aussi une façon de dire que les élites scientifiques nous ont menti.
01:50Le progrès n'est pas au rendez-vous de ce qu'on espérait.
01:52C'est vrai, le progrès n'a pas tenu toutes ses promesses.
01:54La science n'a pas tenu toutes ses promesses.
01:56Pour autant, nous en avons impérativement besoin pour régler les problèmes du moment,
02:01notamment l'adaptation au changement climatique,
02:05trouver des énergies décarbonées qui soient sans risque.
02:09Tout cela, ce sont des questions profondément scientifiques.
02:12Justement, puisque vous parlez du climat,
02:14vous diriez qu'on n'a pas assez écouté les scientifiques qui alertaient sur le climat.
02:19Mais en même temps, ce que peuvent penser un certain nombre de gens,
02:22c'est peut-être qu'on n'a pas pris les bonnes directions en matière de climat,
02:26qu'on n'a pas répondu suffisamment.
02:28On l'a vu récemment, notamment avec la polémique sur les climatisations.
02:32Oui, il y a un phénomène qui me frappe.
02:36C'est qu'on a tous entendu parler du changement climatique
02:38et maintenant, c'est rentré dans nos consciences depuis une vingtaine d'années.
02:43Mais avec un discours qui était
02:44« La France va prendre 2 degrés, 3 degrés, 4 degrés en moyenne »
02:48avec cette idée que Paris aurait le climat de Séville ou de Rome.
02:54Et en fait, ça ne rend pas bien compte de la réalité de ce que nous allons vivre.
02:58On a minimisé ?
02:59Non, on a parlé de moyens.
03:01On a mal expliqué.
03:02On a parlé de moyens.
03:03Quand je dis « on », je ne suis pas membre du GIEF ni météorographe.
03:06Mais en réalité, on nous a laissé penser qu'on allait tout bêtement se réchauffer d'un ou deux degrés.
03:12La réalité, c'est que nous allons vivre des phénomènes extrêmes,
03:17extrêmement, extrêmement divergents de la moyenne.
03:19Et c'est cela que nous vivons aujourd'hui.
03:21Ce n'est pas tant une moyenne à un degré de plus
03:23que des crises, notamment des canicules,
03:27qui vont défier notre capacité de résistance.
03:30Et donc, je pense que ça induit dans les esprits
03:34le fait qu'on allait pouvoir s'adapter à un rythme à peu près normal.
03:38Là, on se rend compte que l'adaptation, elle est urgente.
03:41Et face à des défis de canicules extrêmes,
03:45nous ne sommes pas effectivement préparés.
03:47Autre phénomène, juste pour terminer sur l'assurance,
03:49autre phénomène.
03:50Et c'est vrai de tous les phénomènes naturels.
03:53On a toujours l'impression que ça va être progressif.
03:56Or, souvent, l'aggravation des phénomènes
03:59suit une courbe exponentielle.
04:00C'est-à-dire qu'à un moment, ça s'accélère.
04:03Et c'est ce que nous vivons aujourd'hui.
04:04Donc, ce sentiment, quand on voit une canicule,
04:07deux canicules, trois canicules,
04:09après les périodes d'inondations terribles qu'on a connues cet hiver,
04:12vous dites au contraire, ça s'accélère.
04:14C'est le signe qu'on est au début de quelque chose
04:16qui va aller plus fort.
04:17Mais pour être plus précis sur ce que vous nous dites,
04:22est-ce qu'on n'a pas tendance à confondre deux débats ?
04:24Le débat global du dérèglement climatique
04:28et la question pratique, en fait,
04:30qui sont presque deux questions distinctes.
04:33C'est peut-être aussi ça, l'effort qui doit être fait.
04:35Je dis « on » parce que c'est aussi les médias,
04:37mais évidemment les politiques.
04:38En fait, on a opposé deux choses
04:41qu'il faut absolument faire de façon concomitante,
04:43qui est réduire nos gaz à effet de serre
04:45contre l'adaptation au changement climatique.
04:47On est tous d'accord qu'il faut réduire les gaz à effet de serre.
04:50La France est plutôt une très bonne élève.
04:52Continuons dans cette voie.
04:53On a une énergie décarbonée.
04:54Continuons.
04:55Mais on a nié le fait qu'il fallait s'adapter plus vite et plus fort.
04:59Et ça, je pense que c'est maintenant une urgence
05:01que tout le monde conçoit.
05:02Est-ce que ce sont les idéologues écologistes
05:04qui se sont trompés
05:05ou est-ce que ce sont les climato-sceptiques
05:06qui sont en cause ?
05:07Je pense que les idéologues sont partout
05:09et je pense que malheureusement,
05:12c'est pour ça que je reviens toujours à la science,
05:14la science, elle ne sert aucune idéologie.
05:16Elle n'est ni de droite ni de gauche.
05:17Elle décrit le réel.
05:18Et j'ai envie simplement que collectivement,
05:20la France s'attache à la réalité
05:23et n'écoute pas des discours simplistes
05:26qu'on entend des deux côtés
05:27et qui, quelque part, apportent des solutions
05:31totalement limitées par rapport aux défis
05:33qui sont devant nous.
05:34Est-ce que la configuration politique actuelle
05:36vous fait craindre précisément
05:38un éloignement de la science
05:41face à ces décisions politiques
05:43et aux arbitrages qui sont nécessaires ?
05:45Oui, c'est pour ça que je me bats.
05:47C'est pour ça qu'on a créé ce think tank
05:48pour rappeler que si nous voulons prendre
05:51les bonnes décisions pour ce qui va nous arriver demain,
05:53c'est-à-dire avec un changement climatique inéluctable,
05:56avec une géopolitique internationale
05:58de plus en plus violente, inéluctable aussi,
06:02comme un invariant de ce que nous allons vivre,
06:04nous avons intérêt, pour prendre les bonnes décisions,
06:07à s'appuyer sur la réalité et à créer,
06:10et vraiment c'est mon combat aujourd'hui,
06:12une société de résilience.
06:14C'est-à-dire qu'on doit tous s'organiser,
06:16on doit tous se sentir acteurs.
06:18L'État ne pourra pas tout,
06:19l'État ne peut pas tout.
06:21Il faut que les entreprises se mobilisent,
06:22il faut que les citoyens se mobilisent.
06:24On voit bien en cas de canicule...
06:25On a vu par exemple sur la canicule
06:26à quel point ça touche les gens, mais partout,
06:28c'est-à-dire que le ferroviaire,
06:30on le voit, est déréglé,
06:31on voit que dans les entreprises...
06:33J'entendais ce matin un restaurateur dire
06:35il fait 32 degrés dans ma cuisine à 6h du matin.
06:38Comment on va faire pour répondre ?
06:39Et c'est là où je reviens à la question
06:41que je vous posais tout à l'heure.
06:42Il y a d'un côté le discours global
06:44sur le réchauffement, le dérèglement climatique
06:47et les questions internationales.
06:48Et c'est là où il peut y avoir peut-être
06:50un peu moins d'idéologie,
06:51parce qu'évidemment que la Chine, l'Inde
06:53et les États-Unis ont plus d'impact que nous.
06:55Et puis de l'autre côté,
06:56il y a toute la question pratique
06:57et elle, elle intéresse directement les Français.
06:59Comment on fait pour répondre à ça ?
07:01Alors, on se retrousse les manches.
07:02J'ai envie de dire que nous allons avoir besoin
07:05de beaucoup d'argent.
07:07La transition écologique,
07:09la transition face à ces défis...
07:10On ne fait pas assez en la matière aujourd'hui ?
07:12Mais nous avons, nous le savons tous,
07:14une dette abyssale.
07:16Nous consommons quasiment tous nos moyens
07:18et nous n'investissons pas assez
07:20sur nos enfants, sur l'avenir,
07:22sur les infrastructures.
07:24On voit comment la SNCF souffre.
07:26On voit à quel point les réseaux EDF
07:28sont en souffrance.
07:29On voit bien qu'on doit investir
07:31dans l'adaptation au changement climatique.
07:34Ça nécessite des moyens.
07:35On ne peut pas prôner
07:37que nous allons être plus préparés
07:39tout en prenant la retraite à 60 ans.
07:42Je pense que les deux sont incompatibles.
07:44Nous allons avoir besoin
07:45de travailler collectivement plus
07:47et créer de la richesse.
07:48Je crois savoir à qui vous faites allusion.
07:50Vous faites allusion à Marine Le Pen ?
07:51Je fais allusion à tous ceux
07:53qui ont choisi ce combat-là
07:54à l'Assemblée ces dernières années.
07:56qui me semble, surtout en étant
08:01ancienne ministre de la Santé,
08:02en voyant que nous avons gagné quand même
08:0316 ans d'espérance de vie
08:06en l'espace de deux générations,
08:07nous ne pouvons pas concevoir
08:09la façon dont nous vivons
08:11de la même façon que nos parents
08:12qui mourraient à 65 ans.
08:14Nous mourrons à 85 ans en moyenne.
08:16Il faut nous préparer
08:18à ce changement démographique,
08:19à ce changement climatique
08:21et c'est très important
08:21de réfléchir collectivement
08:23à adapter notre société,
08:26notamment à être plus souverain.
08:28Et je tiens aussi à ce mot.
08:29La souveraineté, ça veut dire quoi ?
08:31Ne pas dépendre des autres.
08:33On l'a vu pendant le Covid.
08:34Vous avez parlé du Covid tout à l'heure.
08:35Moi, j'ai réalisé pendant le Covid,
08:37au moment où je commandais des masques,
08:38que tous les masques du monde
08:40étaient fabriqués à Wuhan
08:41et que Wuhan était fermé du monde.
08:43Là, vous comprenez
08:43ce que ça veut dire la dépendance.
08:45Eh bien, la dépendance,
08:46nous l'avons avec les médicaments.
08:47Nous commençons à l'avoir
08:48en agriculture,
08:50avec de plus en plus d'importations
08:51et de moins en moins d'exportations.
08:53Mais là, vous parlez de souveraineté
08:54en disant, voilà, il en faut plus.
08:56Sauf que dans la réalité,
08:57étape après étape,
08:58on ne la voit pas venir,
08:59cette souveraineté.
09:00Et c'est pour ça que je pense
09:02qu'il faut remettre ce sujet
09:05de la résilience de la société,
09:07de la création d'une société
09:09plus souveraine, moins dépendante,
09:11au cœur du débat public.
09:13Or, les débats que nous avons
09:14aujourd'hui sont des débats
09:15souvent culturels, identitaires,
09:18qui, à mon avis,
09:19ne sont pas le cœur
09:20de nos problèmes aujourd'hui.
09:22Je ne dis pas qu'il n'y en a pas,
09:23mais je dis simplement
09:24que nous avons des problèmes
09:25massifs devant nous
09:26si nous voulons préparer
09:28la société pour nos enfants.
09:29Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé
09:32et de la Solidarité,
09:33vous nous éclairez aujourd'hui
09:34sur ce qui vous est cher,
09:36à savoir la science,
09:37et parce que c'est votre histoire,
09:40mais avec votre discours
09:42que vous donnez ce matin
09:44à l'antenne de Sud Radio,
09:45il y a un moment donné,
09:46on se dit,
09:47mais avec qui ?
09:48Qui va porter ces idées-là ?
09:50Qui allez-vous soutenir en 2027 ?
09:52Est-ce que vous avez fait votre choix ?
09:55Je soutiendrai quelqu'un
09:56de raisonnable,
09:57de notre centrale.
09:58On vous a vu
09:59pas très loin d'Edouard Philippe récemment ?
10:01Oui, j'ai été au meeting d'Edouard Philippe,
10:03je travaille avec Elisabeth Borne
10:04sur une plateforme programmatique,
10:08et évidemment,
10:09je soutiendrai tout candidat
10:12qui a un discours de vérité,
10:14et qui s'appuie sur la science
10:17pour prendre les bonnes décisions.
10:18Ce sera ça votre critère pour vous ?
10:20Ce sera ça le critère principal,
10:22revenir au réel,
10:23et arrêter de promettre aux Français
10:25des traitements radicaux,
10:27de renverser la table.
10:29Je fais souvent l'analogie
10:30avec la médecine,
10:31vous savez,
10:31la politique ça ressemble à la médecine,
10:33vous êtes face à un malade
10:34très gravement atteint,
10:35qui a plein de problèmes
10:37à résoudre au niveau du rein,
10:38du foie, du cœur,
10:39si vous lui promettez
10:40le traitement de cheval,
10:41vous êtes sûr de le tuer.
10:42Et bien c'est pas ça que je veux
10:43pour notre société aujourd'hui.
10:45Alors vous citez Edouard Philippe,
10:46Gabriel Attal,
10:47et Elisabeth Borne,
10:49lequel a votre préférence ?
10:51Je ne veux pas prendre parti aujourd'hui,
10:52je construis,
10:53je construis avec Elisabeth Borne,
10:55des propositions pour l'avenir,
10:58et nous verrons
10:58qui sera capable de les porter.
11:00Et est-ce que Elisabeth Borne,
11:02à un moment donné,
11:03dira pour qui elle souhaite
11:06concourir dans cette campagne présidentielle ?
11:09Je pense que oui,
11:11je lui laisse répondre à cette question.
11:13Moi je travaille simplement
11:14à construire un avenir pour notre jeunesse,
11:16c'est ce qui me tient le plus à cœur.
11:18Alors vous êtes,
11:19on l'a dit,
11:19ancienne ministre de la Santé et des Solidarités,
11:21et ici même à ce micro,
11:24l'IFOP nous disait hier
11:26que l'un des thèmes
11:27qui arrive le plus haut
11:29dans les préoccupations des Français,
11:31c'est la santé.
11:32Précisément,
11:34est-ce qu'aujourd'hui,
11:36la situation budgétaire
11:38nous permet d'investir
11:40dans le secteur de la santé ?
11:42Et on sait que le besoin est énorme,
11:44malheureusement,
11:44c'est une question fondamentale,
11:46malheureusement,
11:47on le sait,
11:48le gouvernement a du mal
11:49à boucler son budget,
11:50il cherche encore 9 milliards
11:51pour la rentrée.
11:52Oui,
11:52alors il faudrait une émission
11:53très très longue
11:54pour expliquer
11:55comment transformer
11:56le système de santé
11:57pour le rendre
11:57un peu plus efficace,
11:58parce qu'il y a beaucoup
11:59de dépenses inutiles en réalité,
12:01et puis il y a un enjeu majeur,
12:03c'est celui de la prévention.
12:04Dans la prévention,
12:05il y a quelque chose
12:06qui tient beaucoup à cœur aux Français,
12:07c'est la santé environnementale.
12:09On le voit aujourd'hui,
12:10notre façon de vivre,
12:11nos milieux de vie
12:12vont avoir un impact
12:14sur notre santé,
12:15et nous avons évidemment
12:17beaucoup d'arbitrage à faire
12:19sur les questions
12:20de santé et environnement,
12:22tout en créant,
12:23je l'ai dit,
12:23une société résiliente,
12:25capable d'être souveraine.
12:26Donc je voudrais
12:27qu'on parle peut-être
12:29de ces enjeux,
12:30parce que là encore,
12:32on est souvent extrêmement inquiet
12:34sur tous les risques subis,
12:36on ne prend pas suffisamment
12:38en compte les risques
12:39que nous prenons pour notre santé,
12:40qui sont des risques choisis,
12:41de comportement,
12:42et donc il va falloir
12:43que tous,
12:44on s'interroge
12:45sur comment nous vivons
12:46pour rester en bonne santé
12:48le plus longtemps possible.
12:49Agnès Buzyn,
12:50une question,
12:51parce que c'est l'actualité,
12:52selon toute vraisemblance,
12:53l'Assemblée nationale
12:55adoptera en dernière lecture
12:56le texte sur la fin de vie
12:58qui a beaucoup fait parler,
12:59on sait que l'Assemblée
13:00et le Sénat
13:00se sont pas mal opposés,
13:02Gérard Larcher menace
13:03de saisir le Conseil constitutionnel
13:04si le gouvernement
13:05ne reporte pas
13:06le vote de vendredi
13:07et on a appris
13:08dans la soirée
13:09qu'Emmanuel Macron
13:10aurait demandé
13:11au contraire
13:12à donner un petit coup
13:13d'accélérateur
13:14alors que,
13:14semble-t-il,
13:16le Premier ministre,
13:17lui,
13:17aimerait qu'on prenne son temps.
13:18Sur ce point,
13:19où vous situez-vous ?
13:21Moi, j'ai toujours été
13:22extrêmement prudente
13:23sur la loi fin de vie.
13:25J'ai été radicalement opposée
13:27pendant très longtemps.
13:29Après, j'entends
13:30cette demande sociétale
13:32de gens qui ne voient pas
13:34que nous avions déjà une loi
13:36qui s'appelle
13:36Clès-Leonetti,
13:37qui était insuffisamment appliquée.
13:39On aurait pu faire bouger
13:41un peu la loi Clès-Leonetti
13:43pour qu'elle puisse prendre en compte
13:44un certain nombre de pathologies
13:46comme les maladies neurodégénératives.
13:48C'est vrai que la loi
13:49sur la fin de vie,
13:50pour moi,
13:51elle m'inquiète
13:52en ce sens
13:53qu'elle peut faire
13:53une forme de pression implicite
13:57sur les personnes
13:58les plus vulnérables.
13:59Et donc,
13:59ça va dépendre
14:00de comment elle sort du Parlement.
14:01Quelle va être
14:02la version finale ?
14:03Pour le moment,
14:04certains parlent
14:04d'un deux poids,
14:05deux mesures,
14:05pardon de vous couper,
14:06face à la mort,
14:07entre ceux qui ont les moyens
14:08de choisir leur fin de vie
14:09et les autres
14:10qui iraient vers une mort au rabais
14:12que permettrait ce texte.
14:13Est-ce que vous êtes d'accord
14:13avec ça ?
14:14Je n'ai pas suivi
14:15les dernières discussions
14:16donc je ne peux pas
14:16me prononcer.
14:17En tous les cas,
14:18il faudra vraiment voir
14:19dans les détails
14:20comment cette loi
14:21s'appliquera
14:22et il faudra être certain
14:24que les personnes
14:26les plus vulnérables
14:27qui ont l'impression
14:28qu'elles sont des poids
14:28pour leur famille
14:29ne soient pas amenées
14:30quelque part
14:31à choisir cette option.
14:32C'est ce qui m'inquiète le plus.
14:34Merci infiniment Agnès Buzyn
14:35d'avoir été l'invité
14:36de Sud Radio.
14:37Malheureusement,
14:37les minutes passent très très vite.
14:38J'aurais aimé rester avec vous
14:40encore longtemps
14:40mais ça n'est pas possible.
14:42Il est 8h35,
14:43je vous souhaite
14:43une excellente journée
14:44puis vous reviendrez.
14:45Merci, avec plaisir.
14:46Voilà, très très bonne journée
14:48à vous en tous les cas.
14:49On se retrouve
14:49dans un instant
14:50avec Frédéric Dhabi
14:51pour analyser
14:52la situation politique
14:53et Noémie Allioua.
14:54C'est le grand débrief.
14:55A tout de suite
14:55sur Sud Radio.
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