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Jeudi 17 septembre 2026, retrouvez Lionel Spizzichino (Associé, Willkie Farr & Gallagher LLP), Eric De Bettignies (Senior Partner – Fondateur, ADVANCY) et Baréma Bocoum (Managing Director, Head of EMEA, INTERPATH) dans DEALMAKERS SHOW, une émission présentée par Mathieu Meffre.
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00:00...
00:15Bonjour à tous, vous êtes sur Bsmart, nous vous retrouvons pour ce DealMaker Show spécial en direct du sommet Restructuration
00:20et Transformation.
00:21Une nouvelle édition de cet événement majeur évidemment sur la place du restructuring,
00:25de ces situations complexes, de ces grandes transformations que vivent nos PME, nos ETI et nos grands groupes.
00:30Alors on vient de terminer la plénière d'ouverture avec trois personnes qui sont évidemment,
00:34qu'on ne présente plus dans ce secteur du restructuring.
00:37On a l'avocat, on a l'expert du chiffre, on a le stratège.
00:40Le stratège pour revenir dessus, Eric de Bettigny à ma droite, senior partner fondateur d'Advancy.
00:45Bonjour Eric.
00:46Bonjour Mathieu, ravi d'être avec toi aujourd'hui.
00:48Mais pareil, merci, merci pour ta présence.
00:50Tout à ma gauche, Lionel Spizzikino, associé au sein de Wilkifar et Gallagher.
00:54Vous êtes le patron du restructuring.
00:56Merci d'être avec nous Lionel.
00:58Avec plaisir, bonjour Mathieu.
00:59Et Barrema Boku, managing director head of IMEA au sein d'Interpass,
01:04qui va avoir la lourde tâche de nous parler un peu chiffre, en tout cas d'avoir ce rôle-là
01:08aujourd'hui.
01:09Bonjour Mathieu.
01:09Puisque c'est bien votre métier.
01:11Alors vous sortez de cette plénière en fait sur la thématique de réindustrialisation et de souveraineté.
01:18Bon, évidemment, la souveraineté avec tout ce qui se passe aujourd'hui, que ce soit en termes géopolitiques et également
01:25en termes de filière critique,
01:27fait remonter le sujet industriel.
01:29D'ailleurs, BPI France, le gouvernement ne s'y sont pas trompés.
01:32On a un objectif de réindustrialisation qui a été réaffirmé.
01:3435 milliards investis par BPI France dans la filière industrielle par an sur les prochaines années.
01:40On essaye, on essaye, on essaye.
01:41J'ai une première question pour vous.
01:43Est-ce qu'on peut, enfin, quelle est la place du politique dans ce sujet ?
01:47Puisque finalement, le privé est là, il doit se restructurer.
01:52Le politique, quand on parle de souveraineté, est là aussi, puisqu'il est censé nous établir une ligne directrice.
01:59On peut y arriver sans le politique et vu qu'on est en année d'élection, comment ça va se
02:03passer ?
02:04On ne peut pas y arriver sans le politique, parce que tu l'as noté, on est dans un moment
02:09de fragmentation géopolitique.
02:11L'économie est un enjeu géopolitique pour les sociétés.
02:17Et il y a une compétition entre plusieurs blocs.
02:21Il y a le bloc des pays européens.
02:24Donc c'est 18 000 milliards de PIB, 450 millions de consommateurs.
02:31C'est très attractif.
02:33C'est un marché très attractif.
02:34Et pour ce marché-là, on est en compétition avec les Chinois,
02:38qui ont énormément progressé au niveau d'innovation,
02:42et qui ont un coût énergétique 50% plus faible que nous,
02:44et un coût humain qui est aussi plus faible.
02:48Et on a une compétition avec le marché américain,
02:52qui est de plus en plus protecteur sur son marché,
02:54et qui a un coût de l'énergie deux fois moins cher que le nôtre.
02:57Donc on est en compétition.
02:59Pour ça, aucune entreprise n'arrivera à le faire tout seul.
03:02Il faut des filières industrielles pour l'industrie de demain.
03:05Et ces filières industrielles,
03:07elles sont d'abord pilotées par une politique industrielle.
03:12Et donc une politique industrielle, ça se réfléchit à l'aune,
03:16non pas de la nation, mais de l'Union européenne.
03:18Et donc lorsqu'on parle de souveraineté,
03:20il ne faut pas confondre souveraineté et autarcie,
03:23il ne faut pas confondre souveraineté et fermeture.
03:26La souveraineté de la France passe plus par la souveraineté européenne
03:30que par une souveraineté nationale.
03:32Maintenant, c'est vrai que la France a des atouts particuliers
03:35sur son mix énergétique, etc.
03:37Mais aujourd'hui, on pense qu'il y a beaucoup d'atouts
03:39pour la France et pour l'Europe.
03:41Mais il y a besoin d'avoir de la lucidité
03:43par rapport aux grands concurrents géopolitiques,
03:46et d'avoir une vitesse dans la mise en place des actions,
03:50qui est beaucoup plus forte.
03:51Mais les actions sont claires, elles sont identifiées,
03:53elles sont dans le rapport de Rari.
03:54Il y a besoin de 750 à 800 milliards d'investissements par an
03:58sur les prochaines années.
04:00Ça fait beaucoup, même si les pays mettent 35 milliards.
04:04Ça fait beaucoup.
04:05Mais la bonne nouvelle, c'est que ce n'est pas de l'investissement
04:08qui va venir de l'État.
04:09L'État, ce sera une petite partie.
04:10Mais l'État met en place les normes,
04:12met en place la politique industrielle.
04:14La politique industrielle, c'est quoi ?
04:16Ce n'est pas seulement des usines, c'est des réseaux,
04:18c'est de l'infrastructure, c'est tout un tas d'écosystèmes autour.
04:20Et donc, pour organiser ça, il faut organiser ça avec 27 pays.
04:24Mais il y a besoin d'avoir ce pilotage de l'État
04:27pour avoir une politique volontariste.
04:29Et ensuite, le fléchage de l'épargne pour le financer.
04:32Sur le besoin, on est d'accord,
04:33mais on voit quand même des dissonances sur le marché,
04:36tous ces patrons de PME industrielles,
04:37sur les réseaux sociaux, sur les plateaux,
04:41des boîtes qui font du blanc au hasard,
04:43qui n'ont pas réussi à trouver repreneurs sur le moment
04:45où c'était compliqué.
04:46Quand je dis du blanc, c'est évidemment l'électroménager.
04:48Et donc, Éric De Bettini,
04:50sur ce sujet justement du politique qu'évoquait Barrema,
04:53est-ce qu'on va assez loin par rapport notamment
04:55à ces autres géographies où,
04:56quand il faut se mettre en ordre de marche,
04:58en général, on a un consensus imposé plus fort ?
05:02On a besoin d'un État malin, d'un État pertinent,
05:04d'un État assez fort, sans être dirigiste.
05:06Et c'est là toute la nuance.
05:07Un État politique avec un grand P,
05:09ne voulant pas dire respectant l'opinion publique à la lettre.
05:12Il faut avoir 5 ans d'avance minimum.
05:14Je vous rappelle que,
05:15pourquoi est-ce qu'on a de la sidérurgie et de la chimie en France ?
05:19Parce qu'en 1955,
05:21le plan de la France a décidé
05:24que les industries lourdes seraient près des ports,
05:26à Dunkerque et à Foss,
05:28et qu'il fallait du nucléaire pour de l'énergie souveraine,
05:30durable, pas chère.
05:31En 1955.
05:3370 ans après, on s'en félicite.
05:36Donc il ne faut pas un État qui se dise,
05:37cette semaine, que dit l'opinion publique,
05:40il faut un État qui se dise,
05:41de quoi j'ai besoin dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans.
05:44Le rôle de l'État, il est fondamental pour cela,
05:46pour orienter.
05:47Il est fondamental pour participer à un petit niveau.
05:50Tu l'as dit Mathieu, 35 milliards.
05:52Tu l'as dit Barrema, 800 milliards.
05:54Le compte n'y est pas.
05:54Dans les 800 milliards totaux d'investissement en Draghi,
05:57il en faut au moins 200 par la France.
05:59L'État va en mettre 30, 35.
06:015, dont peut-être 5 ou 10 qui vont être pour sauver des industries
06:04qui en ont besoin,
06:05ou ce qu'on va appeler tout à l'heure le restructuring pansement.
06:08Indispensable, mais pas tout à fait stratégique.
06:10Donc il faut que le privé contribue largement à tout ça.
06:13Il faut que les créanciers s'y mettent.
06:15Il faut que les actionnaires s'y mettent.
06:17Il va falloir que l'ensemble de la nation,
06:20et là-dessus on a des petites discussions avec Barrema
06:23sur est-ce que c'est la nation France ou la nation Europe.
06:25On en reparlera tout à l'heure.
06:27Non mais, tu as raison.
06:29La temporalité, c'est ce qui est important.
06:31C'est-à-dire que la temporalité n'est pas les mêmes
06:33pour les différents acteurs dans le restructuring.
06:35On le voit, l'État, en tout cas le gouvernement,
06:37et les gouvernements successifs ont une temporalité
06:39parfois beaucoup plus courte
06:40parce qu'il faut trouver une solution rapidement
06:41en attendant la suite.
06:43Les investisseurs financiers ou les actionnaires
06:44ont une temporalité sur le retour.
06:46Les salariés ont une temporalité pour leur emploi.
06:48Et donc ce n'est pas les mêmes temporalités.
06:50Et ces temporalités viennent se heurter.
06:52Mais il y a une question de courage aussi,
06:55et de courage politique.
06:56C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
06:57alors qu'on rentre dans une période, on le sait,
06:58de campagne et donc d'élection l'année prochaine,
07:00on n'entend aucun politique de dire
07:03que cette souveraineté dont on parle,
07:04elle va avoir un coût.
07:05Et ce coût, il faut le répercuter sur quelqu'un.
07:07Est-ce que ce coût, il le répercute sur le consommateur ?
07:10Est-ce que sur le coût, on le répercute
07:12sur celui qui paie des impôts ?
07:13Est-ce qu'on le répercute sur les salariés ?
07:16Et donc tout ça a un coût sur lequel il faut réfléchir.
07:18Et vous parliez du blanc et d'industrie qu'on laisse,
07:23mais il va falloir faire un choix.
07:24Parce qu'aujourd'hui, effectivement,
07:26tant au niveau de l'Union européenne
07:27qu'au niveau des États,
07:28on n'a pas les moyens de soutenir
07:30toutes les entreprises dans tous les secteurs.
07:32Donc il faut faire un choix
07:33dans des secteurs où on peut être performant
07:35et dans des secteurs où on peut effectivement
07:36avoir un avantage compétitif au niveau européen.
07:39Et le blanc, malheureusement, dont vous parliez,
07:41oui, il y a des pays en dehors de l'Europe
07:43qui le font pour beaucoup moins cher.
07:44Donc c'est très compliqué de se dire
07:46on va sauvegarder ces entreprises
07:47et à la fois, effectivement, en local,
07:49avec les territoires, etc.
07:50Ils veulent sauver ces emplois,
07:52ils veulent sauver ces entreprises
07:53et on peut le comprendre.
07:54Mais il y a un moment où il va falloir faire des choix
07:56car aujourd'hui, sinon,
07:57on n'aura pas les moyens de nos ambitions.
07:59C'est intéressant de choisir, justement,
08:01on parle de secteur à choisir
08:03et j'imagine que c'est ce que tu voulais nous dire, Mathieu.
08:05Quel secteur faut-il choisir ?
08:06Quel secteur ne faut-il pas choisir ?
08:08Il est évident que tout le monde dit aujourd'hui
08:09sécurité, défense, c'est un secteur stratégique.
08:13Pour nous, il faut aller encore un cran plus loin.
08:16Un petit exemple, un exemple concret
08:18pour bien sentir ce que ça veut dire.
08:20Le rafale, l'aéronautique,
08:22c'est évident que c'est stratégique pour nous.
08:24Le rafale, c'est quoi ?
08:25C'est un radar de l'électronique.
08:27Il faut maîtriser la chaîne électronique.
08:29Il ne faut pas avoir des composants chinois dedans
08:30qui peuvent être coupés à distance en plus,
08:32qui couperaient notre radar.
08:34Ça, c'est des investissements colossaux en France
08:35pour rattraper les semi-conducteurs.
08:38Est-ce que pour autant, on a besoin de...
08:40Je dirais, je prends un exemple réel ou pas.
08:43Faut-il mettre des plantations d'EVA
08:45pour que les caoutchoucs de nos pneus soient faits en France ?
08:48La réponse est non.
08:49Donc même dans le secteur stratégique défense,
08:51il faut faire des choix.
08:52Quels sont les composants qui sont stratégiques ?
08:54Quels sont les composants qui ne le seront pas ?
08:56Donc notre travail collectif, c'est de se dire
08:59redéveloppons-nous, sécurisons, poussons les secteurs stratégiques
09:03au sens, on peut en citer, alimentaire, sécurité, santé,
09:09data center aussi.
09:11Et dans ces secteurs, identifions les composants
09:13dont on a vraiment stratégiquement et critiquement besoin.
09:16tout ce qui n'est pas dedans, économisons notre argent.
09:20On n'en a pas beaucoup.
09:21Moi, j'abonde à 1000% avec ce que tu dis, Eric.
09:25Je pense qu'il faut...
09:26Tu as parlé de souveraineté.
09:27Il faut définir ce que c'est que la souveraineté.
09:29La souveraineté, ce n'est pas de produire tout,
09:32tout le temps, partout.
09:33Ce n'est pas ça la souveraineté.
09:35La souveraineté, c'est pouvoir comprendre
09:38ce qui est vraiment essentiel,
09:39de ce qui est accessoire,
09:40qu'est-ce qui est vraiment critique
09:41pour le développement économique en France et en Europe.
09:46Où est-ce qu'on est dépendant par rapport à ces sujets critiques
09:49et comment est-ce qu'on se crée des alternatives.
09:51Ce n'est pas comment est-ce qu'on crée tout en France,
09:53c'est comment est-ce qu'on se crée des alternatives
09:55pour limiter cette dépendance.
09:57Mais on est dans une économie interconnectée.
10:00Il y a des points forts et des points faibles
10:03pour tous les grands acteurs géopolitiques.
10:06Mais il faut comprendre qu'aujourd'hui,
10:09on a des acteurs qui sont effectivement en compétition.
10:11On est dans une compétition féroce
10:13parce que la Chine a avancé très fort
10:15et que les États-Unis se sentent menacés
10:18et en fait sont beaucoup plus agressifs.
10:21Et donc nous, on est au milieu.
10:23Et je pense qu'il y a une lucidité maintenant en Europe.
10:25Il y a un temps de l'action qui doit être beaucoup plus fort.
10:28Mais on a une contrainte supplémentaire en Europe
10:31qui est qu'il faut trouver la bonne articulation entre les 27
10:35qui n'ont pas forcément des intérêts alignés.
10:37Et donc la France a un mix énergétique plus favorable que les Allemands.
10:42Les Allemands ont vu beaucoup plus d'usines fermées que nous.
10:46Nous, on a un gain net d'usines en réalité.
10:50Et on est sur des segments comme l'aérospatiale,
10:52comme la défense, où on est très fort
10:54et qui sont des secteurs d'avenir.
10:56Les Allemands ont beaucoup investi sur la chimie,
11:00sur le verre, sur certaines industries.
11:02On a parlé du blanc, qui sont vraiment le cœur de l'économie allemande.
11:08Et qui sont des secteurs sur lesquels les Chinois ont énormément d'avance
11:13et en plus un coût énergétique beaucoup plus faible.
11:15Et une surcapacité aujourd'hui,
11:17qui fait qu'aujourd'hui, on est en difficulté dans certains points de l'Europe.
11:22Donc on a besoin de trouver cette harmonie en Europe,
11:25parce que la souveraineté se construit en Europe.
11:28C'est l'Europe qui est puissant et qui est le second marché le plus important au monde.
11:33Mais individuellement, lorsqu'on prend les pays,
11:36c'est très compliqué d'avoir une souveraineté en dehors de l'intérêt européen.
11:40Et donc je pense qu'on est effectivement en période d'élection.
11:43Il faut vraiment que tout le monde comprenne
11:45qui a un intérêt très fort à s'aligner ensemble,
11:49parce que face au bloc chinois et face au bloc américain,
11:53il n'y a aucun pays européen tout seul,
11:56y compris l'Allemagne, qui est la plus grosse économie,
12:00qui est capable de résister.
12:01C'est vraiment la force de l'Union Européenne
12:04et des Britanniques aussi qui sont sortis de l'Union Européenne,
12:08mais qui voient qu'ils ont un intérêt aligné aussi avec nous aujourd'hui,
12:12de vraiment harmoniser cette politique industrielle
12:15et pouvoir flécher leur épargne.
12:17Et je rajoute sur l'Allemagne l'industrie automobile,
12:20mais on l'a aussi en France,
12:20qui est une industrie effectivement qui souffre par rapport aux Chinois.
12:23Mais en fait, on est, je pense, à un tournant aujourd'hui
12:25de ce que l'on veut faire au sein de l'Union Européenne.
12:27Parce que d'un côté, je pense que l'Union Européenne,
12:29la DG Comp, etc.,
12:31ils ont compris qu'il fallait cette souveraineté européenne
12:33et qu'il fallait travailler sur cette souveraineté européenne.
12:35Et d'un autre côté, dans chaque pays, on le voit,
12:37il y a une montée du protectionnisme,
12:39il y a une montée de l'individualisme.
12:40Et donc, il va falloir faire vivre tout cela ensemble.
12:42Et il y a une montée aussi des opinions publiques.
12:45Tu parlais du nucléaire tout à l'heure.
12:47La réalité pour laquelle l'Allemagne a décidé d'arrêter le nucléaire,
12:50c'est, et on le disait lors du panel tout à l'heure,
12:52c'est parce que ce qui s'est passé à Fukushima,
12:54or en fait, ce n'était pas un problème de nucléaire,
12:56c'était totalement différent.
12:58Mais ils ont arrêté sous la pression des opinions publiques.
13:00Et nous, en France, on a décidé de fermer Fessenheim
13:01sur la pression du peuple.
13:06Et donc, en fait, il y a ce sujet-là pour l'Union Européenne,
13:08qui est de dire, il faut avoir cette souveraineté européenne
13:11et ne pas que chaque pays se replie sur soi-même.
13:13Et c'est vrai que, typiquement, la DG compte avec les aides d'État.
13:17Les aides d'État, ça a été un pro, à mon sens en tout cas,
13:20et je me suis beaucoup battu sur cette problématique,
13:23qui est que ça empêchait de faire des champions européens.
13:25On l'avait vu dans l'aérien au moment du Covid,
13:27ou quand Air France a bénéficié d'un certain nombre d'aides,
13:30on nous a interdit de faire du M&A, etc.
13:32Or, ça nous créait des problèmes face à la concurrence étrangère.
13:35La concurrence étrangère, c'était qui ?
13:37C'était les compagnies du Golfe qui ne payaient pas leur pétrole,
13:39et les compagnies low-cost qui ne respectaient pas les lois salariales, etc.
13:43Et donc, aujourd'hui, même la DG compte et même ce net d'État,
13:46il y a maintenant des assouplissements qui sont faits
13:47pour créer ces champions européens.
13:49Et je pense qu'heureusement qu'ils ont commencé à comprendre,
13:51parce que c'est essentiel par rapport à nos concurrents.
13:52C'est la fin de la toute puissance du mot concurrence
13:56par rapport à un petit peu de pragmatisme nécessaire, obligatoire, crucial pour les années à venir.
14:02Moi, je suis assez optimiste sur le côté Europe,
14:04contrairement à ce qu'on peut peut-être penser,
14:06malgré les tendances ultra-nationalistes du moment,
14:09et on espère qu'elles ne vont pas tout faire voler en éclats.
14:13Pourquoi ?
14:13Pour un élément très structurel,
14:15l'Allemagne, après avoir été assez hautaine et refusé tout le protectionnisme,
14:18au motif qu'ils avaient une balance commerciale très excédentaire,
14:21et que du protectionnisme allait leur faire en retour fermer leur marché extérieur,
14:26dont la Chine,
14:27l'Allemagne, elle est à moins 9% sur les 5 dernières années d'industrialisation,
14:31quand la France est à plus 3, il faut s'en rappeler.
14:33L'Allemagne, elle commence à avoir des vrais revers sur le plan automobile,
14:36qui est un poumon énorme pour elle.
14:37Elle vend beaucoup, beaucoup moins de voitures en Chine qu'elle n'en a vendues.
14:40Donc elle commence à comprendre, elle aussi,
14:42qu'une politique européenne, finalement, elle peut y avoir intérêt.
14:48Et le couple franco-allemand,
14:49qui pour nous tous, je pense, est un moteur énorme ou pas de la souveraineté européenne,
14:54finalement, il redevient, il va redevenir aligné.
14:57La chimie allemande dépend de la chimie française et l'électricité française.
15:01L'automobile allemande, elle dépend de l'unité européenne,
15:06de ne pas se laisser attraper par des batteries chinoises dumpées.
15:11On estime que l'économie chinoise dépense 4% de son PIB
15:14pour sponsoriser son industrie à l'export.
15:18C'est considérable.
15:214% alors qu'ils consomment la moitié de leur production,
15:24ça veut dire 8% sur ce qu'ils exportent.
15:26À chaque fois qu'ils exportent quelque chose,
15:28ils ont quasiment 10% de baisse de prix,
15:32faite par l'État.
15:33Alors qu'en plus, à la base, ils ont des facteurs de coût plus petits.
15:36Je vous rappelle, je vais vous donner un exemple chimique intéressant.
15:41Dans l'alimentation animale, l'énergie joue un rôle fondamental
15:44et c'est la vapeur.
15:46Je prends un exemple d'un produit qui coûte 1000 euros la tonne.
15:51La Chine, le produit pour 80 euros de vapeur, donc d'énergie,
15:56quand nous, nous mettons 250, 270,
15:58on a 200 euros de non-compétitivité juste sur l'énergie,
16:03sur un produit qui s'échange à 50 euros près.
16:05Vous prenez ou vous ne prenez pas le marché.
16:07Donc l'Europe doit être unie contre ça.
16:09Ce n'est pas de l'autarcie,
16:11ce n'est pas se cacher derrière son petit doigt,
16:13ce n'est pas de la protection,
16:14c'est simplement du réalisme économique.
16:17S'il y a du dumping d'un côté,
16:19on ne peut pas se laisser faire.
16:21Réalité, réalisme, pragmatisme, priorité.
16:24On a bien couvert le sujet pour cette première partie
16:26et je vous en remercie.
16:27Revenons un peu sur la France.
16:29J'entendais pendant la plénière le sujet intéressant,
16:33restructuring pansement,
16:34restructuring stratégique finalement,
16:36de faire basculer notre industrie vers l'avenir.
16:38Qu'est-ce que vous voulez dire de ce côté-là, Eric ?
16:40Et puis, je crois qu'on a les outils au côté juridique,
16:45on le sait, on le répète chaque année,
16:47on a plutôt une boîte à outils qui est efficace.
16:49Et du coup, qu'est-ce qui va être particulièrement important
16:52pour faire cette bascule,
16:54plutôt que de reculer à nouveau pour mieux sauter demain ?
16:57Je crois qu'on est tous les trois très alignés sur cela.
17:00Restructuring stratégique plutôt que restructuring pansement.
17:02Restructuring pansement, durant le Covid,
17:04une société va aller en faillite
17:08et il y a une petite aide, une petite béquille
17:10qui lui permet de passer les six mois difficiles
17:12et de retrouver son business d'avant.
17:14C'est tout à fait légitime.
17:16Restructuring, si l'aide continue à être présente
17:19cinq ans après et qu'elle distord la concurrence
17:22et que les concurrents ne peuvent plus payer leur capital
17:24et que les concurrents ne peuvent plus faire ce que tu disais, Lionel,
17:27faire des acquisitions externes,
17:29le pansement est devenu finalement une entrave.
17:34Et donc finalement, notre travail,
17:35c'est de bien séparer ce qui est restructuring pansement
17:38de ce qui est restructuring stratégique.
17:40Un exemple très concret,
17:42on aime beaucoup illustrer des grandes stratégies
17:44par des exemples précis.
17:46Un fabricant de climatisation qui est en faillite
17:48parce que la construction depuis trois ans en Europe
17:50est en berne et ce n'est pas une nouveauté.
17:53Il y a eu le post-Covid revenge
17:54et depuis, toute la construction européenne est à l'arrêt
17:57ou en tout cas, gros ralentissement.
18:01Le restructuring stratégique, c'est de dire
18:03vos capacités de refroidissement,
18:05mettez-les au service des data centers.
18:07Je vous rappelle un chiffre,
18:08il y a mille milliards d'euros
18:10dans les prévisions d'investissement
18:12à trois ans des fabricants d'IA,
18:15des fabricants de data centers américains.
18:17C'est une véritable aubaine.
18:18Il y a ceux qui le savent
18:19et ceux qui ne le savent pas encore.
18:21Le restructuring stratégique, c'est de dire
18:23quelles sont nos compétences.
18:24Tu as parlé, Barrema,
18:25de 450 millions de consommateurs
18:28et surtout 18 000 milliards de PNB.
18:30Quelles sont nos compétences
18:31au sein de ces 18 000 milliards ?
18:32Comment est-ce qu'elles peuvent être
18:33extrêmement agressives, conquérantes ?
18:36C'est ça, notre travail.
18:37Pour cette bascule, il y a également
18:39ceux qui ne faut pas...
18:40Au-delà des nouveaux investissements
18:41qui arrivent, il y a également
18:43ce qui existe.
18:45Et il y a ce sujet de la transmission
18:46dans l'industrie qui est important.
18:47Parce qu'effectivement, on a ces...
18:49Alors les chiffres varient,
18:51mais on a ces 300, 350 000 entreprises
18:53qui vont chercher repreneurs.
18:55Évidemment, un peu les mêmes chiffres
18:58que pour les procédures.
18:5995 % d'entre elles seront avec des salariés,
19:02des boîtes de moins de 20 salariés,
19:03admettons.
19:04Mais c'est aussi ça, la souveraineté
19:06des territoires.
19:07Et il faut les transmettre, ces boîtes.
19:10Et pour autant, vous le disiez,
19:12l'anticipation n'est pas encore,
19:14on va dire, le maître mot
19:15chez les patronnes et patrons d'entreprise
19:17qui se retrouvent dans ces situations-là
19:18et qui pourraient passer
19:20plutôt par la voie de l'amiable
19:22d'une reprise intéressante, intelligente,
19:24plutôt que se retrouver au tribunal
19:25dans un redressement judiciaire.
19:27Qu'est-ce qu'on fait pour, un,
19:30faire de la France une nation de repreneurs,
19:32et de véritablement aller sur le sujet
19:35de l'anticipation
19:35et provoquer un vrai électrochoc
19:38du côté des patronnes et des patrons en place ?
19:40Non, mais sur le sujet de l'anticipation,
19:43un dirigeant d'entreprise,
19:45quand on les accompagne
19:45et dans leur vie d'entrepreneur,
19:47ils ont toujours passé des pleins
19:49et des multiples crises.
19:51Et donc, le jour où il y a une crise
19:52qu'ils ne vont pas arriver à passer,
19:54logiquement, ils attendent le dernier moment
19:56parce qu'ils considèrent que,
19:57souvent, un dirigeant,
19:58c'est quelqu'un qui est seul quand même
19:59et qui prend les décisions seul,
20:01sinon, il ne serait pas dirigeant d'entreprise.
20:02Et donc, il pense s'en sortir.
20:04Et donc, c'est vrai que l'anticipation,
20:06c'est le moment où il faut qu'on arrive
20:07à le convaincre, de dire,
20:08cette fois-ci, tu vas avoir besoin d'aide
20:10et tu vas avoir besoin d'aide avec une équipe.
20:12Parce qu'en fait, dans nos métiers
20:14de transformation, de restructuration, etc.,
20:18on travaille en équipe.
20:19Là, tu as une partie de l'équipe,
20:20c'est-à-dire celui qui fait la stratégie,
20:21celui qui fait les chiffres,
20:22celui qui fait, entre guillemets, les lettres,
20:23mais tu as aussi les banquiers d'affaires,
20:25tu as les administrateurs judiciaires, etc.
20:28Et on arrive en équipe pour trouver une solution.
20:30Et en fait, c'est vrai que pour un dirigeant d'entreprise,
20:32se faire aider comme ça, c'est compliqué.
20:33Et puis, dans les territoires,
20:35parce que tu en parlais,
20:36aller dans un tribunal de commerce,
20:38même si les procédures sont confidentielles,
20:40c'est compliqué parce qu'il se dit,
20:41ça va se savoir,
20:42le gars qui est président du tribunal de commerce,
20:44je le vois tous les jours.
20:45Et donc, c'est évidemment extrêmement compliqué.
20:48Mais c'est essentiel d'anticiper.
20:49Et c'est vrai qu'en France,
20:50on peut avoir un aspect cocorico là-dessus.
20:53C'est nous qui avons inventé les procédures amiables.
20:56Ces procédures amiables,
20:57elles sont copiées maintenant à travers l'Europe,
20:59voire au-delà,
20:59parce que ça fonctionne,
21:01parce que les procédures amiables,
21:02c'est confidentiel,
21:03parce qu'on a un cadre
21:04et parce qu'on trouve des solutions.
21:06Et donc, c'est vrai qu'on peut être très fier
21:07de ces procédures qui fonctionnent
21:08et qui, quand tu regardes les statistiques,
21:10ont un degré très fort
21:11de solution positive pour l'entreprise.
21:13Et ça, je trouve essentiel.
21:16Paréma, vous,
21:17vous êtes avec Interpass aux premières loges
21:19pour identifier quand ça n'a pas passé ?
21:21Absolument.
21:22Et j'aimerais déplacer un peu plus le sujet
21:27du sujet de reprise
21:29au sujet de modèle économique.
21:31En fait, le restructuring d'antan,
21:34c'était...
21:37L'entreprise est malade.
21:39On met effectivement un pansement.
21:41On essaye de résoudre de façon douce
21:43le problématique de la dette.
21:45On repousse un peu avec le temps
21:47et on se donne le temps pour trouver une solution
21:49et pour avoir de meilleures perspectives
21:51pour l'entreprise.
21:52Aujourd'hui, ça ne marche plus.
21:53Le pansement, on le met sur les jambes cassées.
21:55Ça ne résout pas le problème.
21:57Et donc, on a besoin...
21:58Moi, quand je rentre dans une entreprise,
22:00face à un dirigeant, face à un board,
22:02la question fondamentale que je me pose,
22:04et je pense que tout l'écosystème
22:05du restructuring qui est autour de l'entreprise
22:07se pose, c'est quelle est la place
22:09de cette entreprise dans le monde ?
22:10Quel problème elle vient résoudre ?
22:12Les problèmes d'aujourd'hui
22:13et les problèmes de demain,
22:14pas les problèmes du passé.
22:16Et donc, on ne peut pas,
22:20malgré toute la volonté qu'on peut avoir
22:22et toute l'empathie qu'on peut avoir
22:25vis-à-vis des salariés,
22:27préserver à tout prix un tissu industriel
22:29sur un modèle économique passé,
22:31ça ne marchera pas.
22:31On déplace juste le coût dans le temps,
22:34le coût humain,
22:35le coût financier dans le temps,
22:36et tout le monde finit par perdre
22:37beaucoup plus gros.
22:38On a besoin, au contraire,
22:40d'accompagner les entreprises
22:41et d'accompagner les salariés
22:42dans la transformation,
22:43d'accompagner l'entreprise
22:44sur son modèle économique,
22:45c'est ce qu'Eric fait très bien.
22:47On se pose des bonnes questions,
22:49on se dit, ok,
22:50quelles sont les parties qui fonctionnent
22:51par rapport aux concurrents,
22:53par rapport au marché d'aujourd'hui
22:54et par rapport au marché de demain,
22:56comment est-ce qu'on adapte ?
22:57Et ensuite, il y a des décisions
22:58difficiles à prendre.
22:59Et il y a la question
23:00de qui les finance,
23:01qui a un intérêt dans l'entreprise.
23:03Et donc, tout ça se déroule
23:04pendant une restructuration.
23:05Et donc, on a besoin aujourd'hui
23:07d'être lucide face à une fracture,
23:09ne pas mettre un plansement,
23:10pour mettre la telle au bon niveau,
23:13mettre le plâtre au bon niveau
23:15pour guérir la jambe,
23:16pour que l'acteur puisse se remettre
23:18à courir,
23:18parce que la compétition,
23:19comme on disait avant,
23:21elle est rude,
23:22dans un marché avec une fragmentation
23:23géopolitique qui est de plus en plus aiguisée.
23:26Et donc, l'Europe a des atouts.
23:29La décarbonation, c'est un des atouts.
23:30On n'a pas d'énergie,
23:31on a besoin de mettre des nouvelles normes
23:33sur la décarbonation.
23:34Encore faut-il faire un produit,
23:36un produit marketing,
23:37un produit de ce qu'on s'impose.
23:40Je veux dire,
23:41a priori,
23:41si on vit bien,
23:42on respire bien,
23:43on mange bien,
23:44on s'habille bien,
23:45dans un endroit plein d'histoires,
23:49encore faut-il en faire un produit.
23:50Oui.
23:51Voilà.
23:51Pourquoi la tomate française
23:52ne s'exporte pas à 14,90 le kilo ?
23:55Non.
23:56Ce que je veux dire,
23:56dans la décarbonation,
23:57pourquoi on met des normes
23:58sur la décarbonation ?
24:00C'est parce qu'on est des gens bien
24:01et qu'on pense à l'environnement,
24:02mais aussi,
24:03c'est surtout parce qu'on n'a pas accès
24:04à l'énergie bon marché
24:06de la même manière
24:07que nos concurrents stratégiques.
24:08Et donc,
24:08on a besoin de préserver l'industrie
24:11en ayant en même temps
24:14quelque chose de positif
24:15pour l'environnement,
24:16mais c'est un besoin fondamental
24:17aujourd'hui pour l'Europe
24:18pour se protéger.
24:19Mais pour revenir à nos métiers
24:21du restructuring
24:22et à comment nous,
24:23on accompagne les entreprises,
24:24c'est vraiment mettre au cœur
24:26des discussions
24:27sur le problème fondamental
24:28qui est est-ce que l'entreprise,
24:30est-ce que les dirigeants
24:32ont une idée
24:35sur la bascule
24:37du modèle économique
24:38dans le monde du futur ?
24:40On n'a jamais eu autant
24:41d'innovation que maintenant.
24:42On a un monde
24:43qui est complètement différent.
24:44Il faut s'adapter
24:45de plus en plus rapidement.
24:46Est-ce que l'entreprise
24:47a les atouts pour s'adapter ?
24:48Si elle les a,
24:50on l'accompagne pour ça.
24:51Les financiers l'accompagnent.
24:53À nous d'aller convaincre
24:54les pouvoirs publics,
24:55les créanciers,
24:56les actionnaires
24:57de mettre les bonnes démarches
24:58pour que l'entreprise
25:00puisse guérir
25:01et s'épanouir.
25:04Mais en revanche,
25:05lorsque une entreprise
25:06n'a pas ses atouts,
25:07on a besoin au contraire
25:08de l'accompagner
25:09dans la restructuration
25:11qui sera beaucoup plus difficile.
25:14Mais Lionel a posé le sujet
25:15de l'anticipation.
25:17On a les procédures
25:18pour l'anticipation.
25:19Mais aujourd'hui,
25:20il faut se constater
25:21qu'il y a trois quarts
25:22des entreprises défaillantes
25:23qui vont à liquidation.
25:24Ça, c'est un échec.
25:25On a besoin de prendre
25:26les sujets bien en amont,
25:28de vraiment réfléchir
25:29aux sujets de transformation
25:30qu'au sujet curatif
25:31lorsque c'est trop tard
25:32et lorsqu'il n'y a plus rien
25:33à sauver.
25:34Là, c'est vraiment
25:35anticipation,
25:36réfléchir de façon
25:37un peu plus profonde
25:39sur la stratégie
25:40de l'entreprise
25:41et sur sa place
25:41dans le monde
25:42plutôt que sur le fait
25:43de préserver
25:44uniquement l'emploi
25:45parce que ça déplace
25:46le problème dans le temps.
25:47Merci.
25:48En tout cas,
25:48on continue cette année
25:49encore à vos côtés
25:50à faire passer
25:51le message anticipé.
25:53La prévention,
25:54l'amiable,
25:55ce n'est pas une fatalité.
25:56Bien au contraire,
25:57c'est vous donner
25:57des marges de manœuvre
25:58pour avancer.
25:59Il nous reste
25:59une minute 30,
26:0030 secondes chacun
26:01sur ce que vous souhaitez
26:02voir émerger
26:03comme sujet
26:04pendant l'année à venir
26:05en France
26:06avec les élections
26:08qui arrivent
26:08au soutien du restructuring
26:10de notre filière industrielle.
26:12Un dernier sujet.
26:13Eric.
26:14Moi, j'ai très envie
26:15que dans le discours public,
26:17dans le discours
26:18avec les citoyens,
26:20la nation comprenne
26:21que la nation,
26:22elle a un but,
26:23elle a un sens.
26:24Elle a un sens
26:25vers la France de demain.
26:27Ça existe.
26:28Il faut choisir ses secteurs,
26:30il faut choisir ses combats,
26:31il faut choisir ses investissements,
26:32il faut répartir,
26:34il faut allouer
26:35les moyens de l'État
26:37et il faut s'aligner
26:39collectivement
26:39et on a besoin.
26:40Tu nous fais parler chacun
26:42à notre tour.
26:42Je pense que c'est collectivement
26:43qu'il faut qu'on parle.
26:44On a besoin de Lionel
26:45pour trouver des solutions juridiques,
26:47pour amener les créanciers
26:47et les actionnaires
26:48au bon endroit.
26:49On a besoin de Baréma
26:50pour donner confiance
26:51sur tous les calculs
26:52qui sont faits.
26:53On a besoin de nous
26:53pour savoir
26:54dans quelle direction aller.
26:55On a besoin d'autres personnes aussi.
26:56Je crois que c'est plutôt
26:57un travail collectif.
26:58On a besoin que la nation entende.
27:00On a besoin de s'unir
27:01plutôt que de se diviser.
27:03Lionel.
27:03Je crois qu'effectivement,
27:04on le disait tout à l'heure,
27:05c'est ne pas se refermer
27:06sur soi-même.
27:07C'est avoir effectivement
27:07cette souveraineté européenne
27:09et ne pas se laisser tenter
27:11par des sirènes protectionnistes
27:13et retrouver le sens du collectif.
27:15Et dans nos pratiques,
27:16retrouver le sens du collectif,
27:17c'est très important
27:17pour trouver une solution globale
27:19et ensemble.
27:19On travaille en équipe,
27:21mais je trouve que ces derniers temps,
27:22les dossiers deviennent
27:23plus difficiles
27:24et plus compliqués.
27:25Et il faut retrouver ce sens
27:27du collectif
27:27et de la sauvegarde
27:28de nos entreprises
27:29et du futur.
27:30Parce que restructurer,
27:31ce n'est pas seulement
27:32s'attaquer à la dette,
27:33c'est aussi avoir un plan
27:34sur le futur
27:34et souvent pouvoir trouver
27:37de nouveaux business,
27:38de nouveaux relais de croissance.
27:39Le mot de la fin
27:40pour Baré Maboukoum ?
27:41Je pense qu'on a passé
27:42beaucoup de temps
27:43dans l'observation,
27:44dans la contemplation.
27:45C'est le temps de l'action.
27:46On sait quoi faire.
27:47Il faut passer à l'échelle,
27:49il faut passer à la vitesse supérieure.
27:50Et il y a un sujet
27:51dont on n'a pas parlé,
27:52c'est les talents.
27:53Les talents,
27:54c'est l'innovation pour demain.
27:55C'est l'énergie
27:57pour construire des entreprises,
27:59c'est l'entreprenariat.
28:00Il y a des talents
28:01et des bonnes formations
28:02partout en Europe.
28:04Ces talents s'exportent beaucoup
28:05parce qu'ils n'ont pas
28:06forcément de visibilité.
28:07On a besoin de les attirer,
28:08on a besoin d'être attractifs
28:09pour les talents,
28:10attractifs pour les entreprises
28:12et pour les investisseurs.
28:14Et je pense qu'on a tous les atouts
28:16pour vraiment construire
28:18l'Europe de demain.
28:20Vous l'avez compris,
28:21on termine cette première émission
28:24dédiée au sommet
28:25restructuration et transformation
28:26sur une note optimiste,
28:28sur une note collective,
28:29sur une note de réaction
28:30et de réactivité
28:30de la part de nos organes politiques
28:32comme de nos organes économiques.
28:34Merci infiniment pour votre présence,
28:36merci à tous les trois.
28:37A tout de suite
28:38pour la suite de vos programmes
28:39sur Bsmart for Change.
28:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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