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  • il y a 10 minutes
Un surcoût de construction pouvant atteindre 40 % : voilà le défi que doivent relever les Outre-mer pour bâtir durable. À l'occasion de Batimat 2026, le Forum de la construction durable en Outre-mer réunit dirigeants et décideurs pour explorer les solutions : filières locales de matériaux, économie circulaire, adaptation au climat tropical. FEDOM, Business France et l'INEC dessinent les contours d'un secteur qui veut devenir producteur d'innovation plutôt que simple exécutant.

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Transcription
00:03L'Outre-mer devient-elle le laboratoire de la construction durable ?
00:08On en parle à l'occasion du Forum de la Construction Durable en Outre-mer,
00:11officiellement lancé à Batimat, qui s'ouvre le 28 septembre.
00:15Paris Expo porte de Versailles l'objectif, et ce dont on va parler maintenant,
00:20mieux faire circuler les solutions, les retours d'expérience entre les territoires du ultramarin,
00:24l'Hexagone, et l'international.
00:26Jacques et Françoise de Palmas, bonjour.
00:28Bonjour.
00:28Bienvenue, vous êtes secrétaire générale de la FEDOM, la Fédération des entreprises d'outre-mer.
00:34Yohann Romeau, bonjour.
00:35Bonjour.
00:36Bienvenue à vous aussi, vous êtes directeur du réseau Outre-mer de Business France.
00:39Et Aline Desneug, bonjour.
00:41Bonjour.
00:41Bienvenue, directrice générale adjointe de l'INEC, l'Institut National de l'Économie Circulaire.
00:46La FEDOM, pour commencer, Françoise de Palmas, vous représentez combien d'entreprises ?
00:52Alors, la FEDOM, c'est un réseau, donc c'est difficile de spécifier exactement le nombre d'entreprises,
00:59mais en fait, la FEDOM, qui est donc une association loi 1901, créée en 1986,
01:08regroupe toutes les organisations, la majorité des organisations socioprofessionnelles et patronales des 11 territoires ultramarins,
01:15DROMCOM, dans le langage des ultramarins, et donc ajoute à cela un certain nombre d'entreprises
01:26qui adhèrent en direct, et pour l'essentiel, ce sont des grands groupes qui ont des activités dans tous les
01:34territoires,
01:35plus des groupes patrimoniaux locaux, qui, indépendamment de leur adhésion aux structures professionnelles locales,
01:47abondent la représentativité de la FEDOM en y adhérant directement.
01:53Donc, si on compte tous les adhérents de tous les MEDEF, tous les adhérents de toutes les...
01:59Voilà, de toutes les...
02:01Et on va parler ensemble de ces enjeux de construction durable.
02:06Business France, Yann Ramon, en quelques mots, et peut-être aussi l'action de Business France en Outre-mer, spécifiquement.
02:13Alors, Business France, en quelques mots, c'est un opérateur de l'État, trois métiers.
02:17Un premier métier qui est d'accompagner les entreprises françaises vers l'extérieur,
02:20donc dans leur développement à l'international.
02:23Un second métier qui est au contraire d'aller chercher des investisseurs étrangers
02:26pour qu'ils viennent apporter de la valeur ajoutée sur le territoire national.
02:30Et de manière transverse, on est aussi le gestionnaire d'un dispositif de ressources humaines
02:34qui permet de projeter des talents français à l'étranger,
02:38qui est le VIE volontariat international en entreprise.
02:41Et donc, vous développez ces missions-là pour les territoires de l'Ontre-mer ?
02:45Alors, on développe effectivement ces missions-là sur l'ensemble des DROMCOM, pour reprendre...
02:52Alors ça veut dire quoi ? Il y a d'ailleurs DROMCOM.
02:54DROMCOM, c'est département et région d'outre-mer et COM collectivité d'outre-mer.
03:00C'est bon, c'est assez simple, on a compris.
03:02C'est selon le statut organique.
03:05On a bien compris.
03:06Donc nous avons des partenariats sur les cinq DROM et les deux COM principales du Pacifique,
03:14avec l'ensemble des collectivités au gouvernement sur ces territoires-là,
03:18avec les chambres de commerce s'agissant du volet export,
03:21et avec les agences régionales de développement sur le sujet de l'attractivité.
03:26Alors, l'INEC, Institut National de l'Économie Circulaire,
03:29qui a organisé en juin dernier les premières assises de l'économie circulaire,
03:33justement dans les Outre-mer,
03:35avec quelle ambition ces premières assises ?
03:38Alors, l'objectif de l'INEC, c'est d'accélérer le développement de l'économie circulaire.
03:42On est le think-tank de référence sur tout ce qui est économie de matière.
03:46Et donc, notre enjeu avec nos 150 adhérents,
03:50qui regroupent à la fois des collectivités, des entreprises, des fédérations professionnelles,
03:54des académiques, des institutionnels, vraiment un périmètre très large.
03:57Le but, c'est de trouver des solutions, des leviers,
04:00pour accélérer cette économie circulaire dans les Outre-mer.
04:02On a lancé un nouveau cycle de réflexion, il y a un peu plus d'un an,
04:07autour de cette question, de lever un peu tous les enjeux de l'économie circulaire,
04:11qui sont nombreux, que ce soit tous les enjeux de créer du développement économique,
04:17de créer de l'emploi, tous les enjeux environnementaux, bien sûr,
04:19qui sont liés à l'économie circulaire,
04:21et comment, en fait, on peut porter des solutions,
04:24plutôt à l'échelle institutionnelle, à l'échelle économique, pour développer...
04:28Et alors, le bilan de ces assises ?
04:30Alors, le bilan était très positif,
04:32c'est qu'on a identifié de nombreuses initiatives
04:35qui étaient déjà présentes dans les Outre-mer.
04:37Donc, ce qui est important de retenir, c'est que l'expertise est déjà présente,
04:40il y a déjà des solutions qui sont en train d'être innovées.
04:43L'enjeu, c'est de trouver les bons accompagnements pour passer à l'échelle,
04:48pour passer de l'expérimentation à la solution concrète et la filière territoriale.
04:53Et donc, pour ça, on a plein de leviers qu'on a levés,
04:56notamment pendant ces assises.
04:58Et donc, ce forum de la construction durable en Outre-mer,
05:03c'est à l'occasion de BATIMAT ?
05:05Pourquoi il fallait le créer ? Expliquez-nous.
05:07Alors, ce forum est le résultat d'une étude,
05:12d'assises, des assises de l'économie, de la construction durable en Outre-mer,
05:19qui ont été développées par l'AQC, Agence Qualité des Constructions,
05:24qui avait, dans un précédent exercice,
05:28développé un programme qui s'appelait Pacte,
05:30et qui avait permis de comprendre,
05:33et de visualiser et surtout de documenter toute l'expertise des territoires ultramarins
05:42en matière de construction durable, d'innovation,
05:47d'utilisation de matériaux biosourcés,
05:50d'adaptation normative.
05:54Il y avait un retard, il y avait plutôt un terreau qui était là,
05:58et il fallait le faire grandir ?
05:59C'est exactement ça.
06:00En fait, il existait déjà, dans les différents territoires,
06:04des initiatives prises à la Réunion depuis 2004,
06:09avec la création...
06:10C'est tôt, par rapport à d'autres régions.
06:12Oui, avec la création d'une marque de qualité
06:15qui permettait de reconnaître l'adaptation particulière
06:22d'un certain nombre de matériaux aux conditions climatiques locales,
06:30corrosion, pluviométrie, thermique, exposition aux UV, etc.
06:36La Réunion avait développé toute une expertise en la matière,
06:39et avait donc une petite longueur d'avance.
06:44Et tout ça a été repris dans le cadre du programme Pacte,
06:50mené par l'AQC,
06:51où on a justement prolongé cette action-là,
06:58qui était le fait d'un certain nombre d'acteurs,
07:00mais déjà réunis en filière,
07:02par une association avec le Bintec.
07:06Alors, il y a trop de sigles, vous nous perdez un peu.
07:08C'est quoi l'objectif ? Allons au but.
07:10L'objectif, c'est de construire au plus près
07:16des conditions locales, climatiques,
07:20de production de matériaux,
07:22et de valorisation d'expérience des acteurs locaux.
07:25On parle souvent, Yohann Romot,
07:27des outils, alors ça peut être vrai d'autres territoires d'ailleurs,
07:30on va peut-être se focaliser sur les contraintes particulières,
07:34mais ces contraintes, elles peuvent permettre aussi
07:35d'inventer des solutions.
07:37Est-ce qu'il ne faut pas retourner la logique, d'une certaine façon ?
07:40Des solutions qu'on peut développer ailleurs en France,
07:43ailleurs en Outre-mer, ailleurs dans le monde.
07:44Qui dit contrainte, dit forcément innovation,
07:46ça doit être développé.
07:48Et pour nous, qui dit innovation, dit potentiel d'exportation.
07:52Et c'est effectivement quelque chose qu'on a pu constater
07:54d'ores et déjà, effectivement, dans un premier temps,
07:58plutôt à La Réunion, mais aujourd'hui,
08:00on le voit sur quasiment l'ensemble des territoires.
08:02Et il y a beaucoup d'innovations qui, aujourd'hui,
08:05peuvent s'adresser à la fois au bassin régional de proximité.
08:09Quand on prend La Réunion, bien entendu,
08:12on pense à l'océan-aux-îles de l'océan Indien,
08:14mais également à l'Afrique de l'Est.
08:16Ça peut se faire d'ailleurs en partenariat
08:17avec d'autres partenaires de l'océan Indien,
08:19je pense à nos amis de l'île Maurice, par exemple,
08:23très présents sur l'Afrique de l'Est
08:24et qui peuvent être des plateformes
08:25pour les entreprises réunionnaises.
08:27Du côté des Antilles, là aussi,
08:30le bassin Caraïbe est assez intéressant,
08:33mais ça va jusque sur toute la bande intertropicale.
08:36Et on a aujourd'hui un prisme fort
08:38entre les Antilles et l'Afrique de l'Ouest, par exemple.
08:42On a des entreprises spécialisées
08:44dans les solutions anti-sismiques, anti-cycloniques
08:47qui sont aujourd'hui installées en Afrique de l'Ouest.
08:52D'ailleurs, pas que les Antilles,
08:53on a même des réunionnais qui, de l'Afrique de l'Est,
08:55sont aussi aujourd'hui présents en Afrique de l'Ouest.
08:58Je pense à des architectes,
09:00des bureaux d'études, par exemple,
09:02des paysagistes aussi,
09:04puisque des murs végétalisés, par exemple,
09:07c'est aussi des solutions qui sont développées
09:09à la Réunion et ailleurs.
09:10Est-ce qu'il y a des solutions à l'Inde de Snek
09:12qui existent déjà ou qui existent déjà depuis longtemps
09:14dans certains territoires d'outre-mer
09:15qui sont en train de s'aimper,
09:19notamment dans d'autres régions françaises ?
09:20Alors oui, tout à fait.
09:22On a une vraie expertise qui est en train de se développer
09:25sur certains sujets.
09:26Je pense notamment à la brique de terre cuite.
09:28On a déjà parlé sur notre antenne dans d'autres émissions.
09:32À Mayotte et en Guyane.
09:34On voit aussi des solutions
09:36qui vont avoir tendance à se développer aussi
09:39du fait des contraintes qui sont rencontrées,
09:41des défis qui sont à relever
09:43et qui peuvent tout à fait influencer aussi
09:46les pratiques en hexagone.
09:48Donc, on a tout intérêt à encourager les initiatives
09:52pour avoir vraiment ce développement de solutions.
09:55Est-ce que, si on parle des déchets,
09:56parce que si on parle d'économie circulaire,
09:58la logique, c'est de transformer des déchets
09:59en valeur et en ressources.
10:03Est-ce qu'il y a dans les outre-mer
10:04d'identifier des enjeux spécifiques
10:06de gestion des déchets du bâtiment ?
10:08Oui, tout à fait.
10:10Du fait des situations insulaires,
10:13sauf pour la Guyane,
10:15mais on va de toute façon retrouver des problématiques.
10:17On a un enjeu de collecte déjà,
10:19de comment on a les sites adaptés
10:22pour recevoir les déchets du bâtiment.
10:25C'est des démarches qui sont en cours en ce moment,
10:28notamment dans le cadre de la responsabilité
10:30élargée du producteur,
10:31d'avoir des points d'apport
10:33qui sont clairement identifiés
10:34des acteurs économiques.
10:36L'enjeu étant d'éviter les dépôts sauvages
10:38qui vont avoir un impact sur l'environnement
10:41et sur la santé globalement des habitants.
10:43Le deuxième enjeu,
10:45ça va être vraiment le traitement.
10:46Une fois qu'on a collecté ces déchets,
10:47qu'est-ce qu'on en fait ?
10:48Aujourd'hui, concrètement,
10:49on a encore beaucoup de déchets
10:50qui sont exportés vers l'Hexagone
10:52pour être traités sur l'Hexagone.
10:54Mais est-ce qu'il y a vraiment un sens
10:55à traverser l'océan à ces déchets,
10:58faire 8 000, 10 000 kilomètres
10:59pour traiter des déchets ?
11:00Donc se pose la question
11:01d'avoir des structures industrielles
11:03qui sont en capacité de traiter
11:05ces gisements,
11:07mais avec les complexités
11:09d'avoir suffisamment de gisements,
11:10d'avoir du foncier aussi.
11:12Donc c'est du foncier
11:13qui va être en concurrence
11:14avec la construction de logements,
11:15par exemple.
11:16Et donc il y a tout cet enjeu
11:18de comment on construit
11:19ces structures de traitement des déchets
11:21dans les autres domaines.
11:22Alors je voudrais quand même,
11:22on parle de bâtiments,
11:24le secteur n'est pas vraiment
11:27dans la meilleure période
11:28de ces dernières décennies,
11:30c'est le moins de le dire.
11:33et quand on parle bâtiment,
11:35on était au salon de l'immobilier
11:37bas carbone il n'y a pas très très longtemps,
11:38on parle de coût forcément.
11:41Et alors je pense,
11:42alors là vous allez,
11:43j'imagine,
11:44pouvoir m'expliquer ça,
11:46souvent dans les territoires
11:47d'outre-mer,
11:48on dit que le coût du bâtiment
11:49est encore un peu plus cher.
11:50Alors comment on concilie
11:51ce coût du bâtiment
11:52et des enjeux environnementaux aujourd'hui ?
11:55On n'a pas tendance
11:56à les mettre de côté
11:57les enjeux environnementaux ?
11:58Non, je ne pense pas.
12:01En revanche,
12:04la topographie des lieux
12:06a un impact sérieux
12:08sur le coût de construction.
12:10Quand vous construisez
12:12sur des pentes importantes,
12:15c'est un enjeu.
12:16Quand vous construisez
12:18dans un environnement
12:20cyclonique ou sismique,
12:22parce que ce n'est pas la même chose
12:23d'un bassin à l'autre,
12:25ça a des conséquences importantes
12:27sur la nature de la construction.
12:30Et quand vous construisez
12:33en essayant de favoriser
12:37les nouvelles manières de faire,
12:41ça suppose que des efforts
12:44soient faits en matière
12:45d'innovation et de recherche,
12:47que des laboratoires locaux
12:49puissent valoriser
12:52ou en tout cas obtenir
12:54des capacités
12:55de certifier
12:57des matériaux locaux,
12:58etc.
12:59Donc c'est toute une chaîne
13:03qui est constitutive
13:05de frais de construction.
13:07Oui, mais quand un secteur
13:07est en crise,
13:08quand le coût du bâtiment
13:09est déjà plus élevé,
13:10est-ce qu'on n'abandonne pas
13:10les enjeux environnementaux ?
13:12Je ne pense pas
13:13qu'on ait l'intention
13:14de les abandonner.
13:15Je ne dis pas que c'est une intention,
13:16c'est un principe de réalité.
13:17Pour certaines entreprises,
13:18on ne peut pas.
13:18Oui, mais en fait,
13:20il y a aussi des solutions
13:22qui sont apportées
13:22par les contraintes.
13:24Si on parle notamment
13:27de la transposition possible
13:29des innovations
13:30qui sont faites en Outre-mer
13:31ou des expérimentations
13:32qui sont faites en Outre-mer,
13:34tout ce qui a trait,
13:35par exemple,
13:35à la ventilation naturelle
13:37est quelque chose
13:38qui peut nous dispenser
13:40de climatiser à outrance
13:43et de mettre des ventilateurs
13:45qui brassent de l'air chaud.
13:46Donc, il n'y a effectivement
13:50pas du tout
13:51la volonté
13:53de mettre de côté
13:54les enjeux environnementaux,
13:55mais au contraire,
13:56d'exploiter l'expertise
13:58et l'agilité
13:59que les territoires ultramarins
14:02ont acquis en la matière
14:03pour valoriser
14:08cette capacité
14:09à générer des solutions.
14:10C'est tellement vrai
14:11qu'il y a une dizaine d'années
14:14de ça, un grand organisme
14:18scientifique et technique
14:20de Métropole
14:21était venu à La Réunion
14:24pour s'inspirer
14:26des réflexions
14:27qui étaient menées
14:28dans un institut technique
14:31pour anticiper
14:34ce qui allait devoir se faire,
14:36notamment dans la partie
14:38sud de la France,
14:40eu égard au changement climatique.
14:42Donc, non,
14:43on ne les met pas de côté.
14:44Bon, voilà une bonne nouvelle.
14:45Est-ce que c'est plus difficile
14:47de convaincre,
14:48vous parliez des entreprises
14:48par exemple
14:49de l'arc antillais,
14:51caraïbe,
14:52qui peut avoir
14:52un débouché
14:53vers le continent américain
14:55avec une période politique
14:56où on a un président américain
14:58qui se pose
14:59en grand chef mondial
15:01des climato-sceptiques.
15:02Est-ce que c'est plus difficile
15:03de convaincre
15:03sur ce marché-là aujourd'hui
15:04avec des solutions environnementales ?
15:06Alors, j'évoquais plutôt
15:07la piste africaine
15:08parce qu'effectivement,
15:09aujourd'hui,
15:10je ne saurais identifier
15:12une entreprise antillais
15:13qui exporte dans ce domaine-là
15:16sur les Etats-Unis.
15:18Non, non,
15:18on est plutôt
15:18sur le côté Afrique
15:20ou Caraïbes.
15:22Est-ce qu'il y a
15:22des vicissitudes politiques ?
15:24Vous voyez ce que je veux dire ?
15:25C'est-à-dire,
15:25est-ce que les entreprises
15:26que vous essayez
15:28de promouvoir
15:28à l'international,
15:29elles sont confrontées à ça ?
15:31Non.
15:32Un changement de majorité
15:34dans tel ou tel pays,
15:35des majorités plus ou moins
15:36sensibles aux questions environnementales.
15:38Pas réellement.
15:39La problématique
15:40à laquelle elles vont pouvoir
15:40être confrontées,
15:41c'est quand elles se positionnent
15:42sur des appels d'offres publiques
15:44ou sur des marchés financés
15:46par des grands bailleurs internationaux
15:47où il va y avoir
15:48la contrainte de la norme.
15:49Et on a effectivement
15:51des voisins importants,
15:52par exemple,
15:53pour se projeter dans le Pacifique
15:55cette fois-ci,
15:55avec l'Australie
15:57qui va avoir tendance
15:58effectivement
15:59à vouloir imposer
15:59ces normes
16:00sur l'ensemble
16:01des appels d'offres
16:03dans la zone Pacifique.
16:04Donc là,
16:05c'est à nous
16:05de mener
16:06un travail
16:08important
16:08pour convaincre
16:09l'ensemble
16:10de ces autorités
16:11que finalement,
16:12on peut avoir
16:12une longueur d'avance,
16:13que finalement,
16:14ces solutions,
16:14même si elles sont plus chères
16:16au départ,
16:17vont avoir
16:18des apports majeurs
16:20et permettront
16:20des économies in fine.
16:22Et alors,
16:22si on parle
16:23à l'inverse
16:24de la commande publique
16:26française
16:27ou même européenne,
16:28est-ce qu'il y a
16:29un réflexe outre-mer ?
16:30Mais alors,
16:31c'est justement
16:31tout l'enjeu des assises.
16:33Vous allez aussi
16:33travailler sur cette dimension
16:34de commande publique.
16:35Comment on peut avoir
16:37à la fois
16:37un réflexe outre-mer
16:39dans toutes nos politiques publiques,
16:41d'intégrer la dimension,
16:43les spécificités
16:44des territoires d'outre-mer
16:45qui même entre eux
16:46sont très variés
16:47dans les politiques publiques
16:48et à l'inverse,
16:49d'avoir ce réflexe
16:50économie circulaire
16:51dans toutes les politiques publiques
16:53qui vont concerner
16:54les outre-mer
16:55pour s'assurer
16:56qu'on ait
16:57maximisation
16:57de la valorisation
16:59de matières secondaires
17:00quand on parle
17:01des outre-mer.
17:02Donc il y a vraiment
17:03ces deux leviers
17:04que nous,
17:05on a identifiés.
17:06Et effectivement,
17:07la commande publique,
17:08c'est un levier très intéressant
17:09pour l'économie circulaire.
17:11Ça permet de valoriser
17:12de manière prioritaire
17:13des solutions
17:14qui font appel
17:15à l'économie circulaire
17:16et donc de trouver
17:17des solutions
17:18pour encourager
17:19ces initiatives
17:20dont on parlait précédemment.
17:22Est-ce que les territoires
17:24d'outre-mer
17:26collaborent entre eux ?
17:27Vous nous disiez tout à l'heure
17:28qu'on ne va pas faire
17:28faire 7-8 000 kilomètres
17:31à un déchet.
17:32Alors, c'est vrai aussi,
17:34je ne vais pas envoyer
17:35un déchet de Guadeloupe
17:37à la Réunion,
17:38mais comment ils collaborent
17:39entre eux ?
17:39Où est-ce qu'on peut
17:40améliorer cette collaboration ?
17:41Alors, c'est ça
17:41qu'on en parlait tout à l'heure.
17:42Il y a des enjeux
17:43de réflexion
17:44à l'échelle des bassins
17:45qui permettraient
17:45d'atteindre
17:46les gisements cibles
17:48pour avoir des structures
17:49industrielles
17:50qui soient rentables.
17:51Donc ça, c'est un premier levier.
17:53Et puis, il y a l'enjeu
17:53de l'expertise
17:54dont on a déjà parlé aussi.
17:56On se rend compte
17:57qu'on rencontre
17:57les mêmes problématiques
17:59sur certains territoires
18:00avec toujours des variantes,
18:01mais on a globalement
18:02des problèmes de fonds
18:03qui sont similaires.
18:04Et donc, il y a un enjeu
18:05de connecter
18:05ces expertises ultramarines
18:08pour trouver
18:08des solutions communes,
18:10mutualiser aussi les moyens
18:11parce qu'on a effectivement
18:12ce besoin d'investissement
18:13dans ces innovations
18:15et parvenir
18:16à des solutions globales
18:17qui permettent aussi
18:18de développer
18:19l'expertise
18:19dans les territoires.
18:20Il y a un autre enjeu,
18:21Françoise de Palmos,
18:22qui est évidemment
18:22très important,
18:23c'est l'enjeu
18:23de la souveraineté
18:24ou de la dépendance
18:26aux importations.
18:27Là aussi,
18:27les solutions
18:28dont on parle
18:29d'économie circulaire,
18:32ils permettent
18:32de réduire
18:33cette dépendance ?
18:35Alors, ça passe
18:36par un sujet
18:38important
18:38dont on vient
18:39de parler,
18:40Johans,
18:41qui est l'équivalence
18:42des normes.
18:42Il ne faut pas oublier
18:43que nous sommes
18:44des territoires européens
18:46et qu'effectivement,
18:50le réflexe ultramarin,
18:51il doit être partagé
18:52à la plus grande échelle
18:54et notamment
18:55au niveau
18:55de l'Union européenne.
18:56Il semble
18:57qu'elle en ait pris,
18:59qu'elle l'ait pris
18:59en considération
19:00dans le cadre
19:01de la dernière stratégie
19:02de communication
19:03sur les rupes
19:04qui est parue
19:05le 10 septembre
19:06où, effectivement,
19:07le principe
19:08de réfléchir
19:10à intégrer
19:12directement
19:12les conséquences
19:13d'un article
19:14du traité
19:15fondateur
19:16de l'Union européenne
19:17qui est l'article 349
19:18permet de faire
19:20des dérogations
19:21pour les territoires
19:22ultramarins.
19:24Il semble
19:24qu'ils aient l'intention
19:25aujourd'hui à Bruxelles
19:26de l'exploiter davantage.
19:28Parce que le problème,
19:29c'est que
19:29si on...
19:32Vous parliez
19:33tout à l'heure
19:33du...
19:34On avait parlé
19:35du marquage CE,
19:36donc du fait
19:37qu'un certain
19:38des produits
19:39importés
19:40dans nos territoires
19:41puissent être dispensés
19:42du marquage CE
19:43et remplacés
19:46par un marquage rupes
19:47qui est quelque part...
19:49Rupes, pardon.
19:49Rupes,
19:49région ultra-périphérique.
19:51Merci beaucoup.
19:52Voilà.
19:52Parce qu'il y a 99%
19:53de nos spectateurs
19:54qui ne savaient pas
19:55ce que c'était.
19:55Toujours expliquer les sigles.
19:57Les rupes,
19:58c'est les...
19:58Donc,
19:59tous les territoires
20:00ultramarins français
20:00plus Madère,
20:02les Açores
20:02et les Canaries.
20:04Merci beaucoup.
20:04Et donc,
20:05le principe
20:07d'exemption
20:08du marquage CE,
20:09donc,
20:10c'est une estampille
20:11qui dit que
20:11c'est bien conforme
20:13à un certain nombre
20:13de caractéristiques
20:15de production,
20:17nos territoires
20:17pourraient en être
20:18exemptés
20:19au motif
20:21que ce sont
20:22des territoires
20:23qui sont à proximité
20:24de bassins
20:25de production
20:26de matériaux
20:27qu'ils pourraient
20:27importer
20:28à des tarifs
20:29peut-être
20:30plus fermes
20:32faibles.
20:33En revanche,
20:34ça suppose
20:34qu'il y ait
20:35une logistique
20:36adaptée,
20:36donc des frais
20:37de transport,
20:38des compagnies,
20:38etc.,
20:39qui soient...
20:40Voilà.
20:41Ça suppose également
20:42que ça ne vienne pas
20:44détruire une production locale
20:47des dits matériaux
20:48qui a mis longtemps
20:49à se construire
20:50et qui,
20:51elle,
20:51a fait l'effort
20:52d'investir
20:54dans des dispositifs
20:55de qualité
20:56et de normalisation
20:58aux normes européennes.
21:00et ça suppose aussi
21:01que les politiques
21:02européennes
21:03ne se percutent pas
21:04les unes
21:04entre les autres.
21:05Donc là,
21:06l'Union européenne
21:07a décidé
21:07qu'elle pouvait
21:08autoriser
21:09un assouplissement
21:10de ce marquage.
21:12En même temps,
21:13elle a oublié,
21:15dans le cadre
21:15de ce qu'on appelle
21:16le MACF,
21:19mise...
21:20mécanisme
21:21d'ajustement carbone
21:22aux frontières.
21:23Donc,
21:24c'est une taxation
21:25des produits
21:25qui rentrent
21:26dans l'Europe
21:27moyennant
21:29une taxe.
21:30Ça vient
21:31en totale
21:33opposition.
21:34Bilan des courses,
21:35si on regarde
21:36ce principe-là,
21:37parce qu'il faut donner
21:38quelques chiffres
21:38de temps en temps,
21:40la mise en place
21:41de ce dispositif
21:42aux Antilles,
21:43notamment,
21:44c'est 30% de plus
21:46pour le coût du ciment.
21:47Et là,
21:48c'est simplement...
21:49Enfin,
21:49c'est pas simplement,
21:50c'est très complexe.
21:52Mais ce sont
21:52deux dispositions
21:54européennes
21:54qui se percutent
21:55parce qu'elles n'ont
21:56pas été anticipées.
21:58De l'intérêt
21:59de voir
22:00si la nouvelle stratégie
22:01de communication
22:03européenne
22:03en matière
22:04de régions
22:04ultra-périphériques
22:06permettra
22:06d'éviter
22:07ce genre
22:07de télescopage.
22:08Yohann Rameau,
22:09effectivement,
22:10ça vaut pour le bâtiment,
22:11ça vaut pour l'un
22:12d'autre secteur
22:13d'activité.
22:13Il y a souvent
22:14une capacité
22:16à l'Europe,
22:17de l'Europe
22:18à créer
22:19des règlements
22:19qui nous protègent,
22:20nous, citoyens,
22:21d'ailleurs,
22:21c'est l'objectif final.
22:22Est-ce que
22:23ça peut être
22:24aussi un boulet
22:26de business,
22:27notamment à l'export ?
22:31Dire le contraire
22:32serait mentir,
22:34mais encore une fois,
22:36il faut plutôt
22:37regarder le côté
22:38positif.
22:39Il faut se dire
22:40que certains
22:41réussissent,
22:42ils sont de plus en plus
22:43nombreux à sortir
22:45de leur région,
22:47ils sont aussi
22:48de plus en plus nombreux.
22:49Pourquoi ?
22:49Simplement parce que,
22:50on l'a vu,
22:51le marché local
22:52est souvent complexe
22:54et aujourd'hui,
22:55ces entreprises
22:55se doivent
22:56d'aller
22:56à l'international,
22:58se doivent
22:58de diversifier
22:59leur marché
22:59et elles ont
23:00réellement
23:01des compétences
23:03différenciantes
23:03sur lesquelles
23:04elles peuvent
23:05miser
23:06et c'est vraiment
23:07sur ce taxe-là
23:08que nous travaillons.
23:09On a beaucoup parlé
23:10d'architecture
23:11bioclimatique
23:12mais au-delà,
23:13il y a pas mal
23:14de secteurs
23:15qui gravitent.
23:17Je pense
23:17notamment
23:18à tout ce qui est
23:18efficacité énergétique.
23:20qu'on a des entreprises
23:22très intéressantes
23:23dans ces secteurs-là
23:24et j'en citerai
23:24une
23:25qui est un
23:27leader mondial
23:28en la matière
23:28qui est une entreprise
23:30polynésienne
23:31qui aujourd'hui
23:31est en capacité
23:32de climatiser
23:34des hôpitaux
23:35par exemple
23:36avec de l'eau
23:37de mer froide
23:38qu'elle va capter
23:40à distance.
23:42Et on a
23:42aujourd'hui
23:43cette entreprise
23:43dans un fleuron
23:45de l'économie bleue
23:45qui est un autre secteur
23:46important en notre mer.
23:48Aéraro.
23:49Aéraro.
23:51qui développe
23:52ce qu'on appelle
23:53le SWAC
23:55et qui est donc
23:56aujourd'hui
23:58au-delà
23:59de la Polynésie
24:01s'intéresse
24:02à de nombreux
24:02marchés
24:03et est en passe
24:04de pouvoir
24:05développer
24:05sa technologie
24:06en dehors
24:07de la Polynésie.
24:08Quels sont
24:08les principaux freins
24:09si on parle
24:09du développement
24:10de cette économie
24:11circulaire
24:12dans le bâtiment
24:13alors spécifiquement
24:13en outre-mer
24:14mais c'est
24:16les certifications
24:16on parlait
24:17de réglementation
24:18européenne
24:19c'est les volumes
24:19qu'est-ce qu'il faudrait
24:21améliorer
24:21priorité ?
24:23On a trois gros
24:24problèmes aujourd'hui
24:26trois gros sujets
24:26sur lesquels
24:27on doit travailler
24:28trois défis
24:28le premier
24:29c'est l'accès
24:30au foncier
24:30dont on l'a dit
24:32les espaces
24:33de stockage
24:33aujourd'hui
24:33sont saturés
24:34on ne peut plus
24:35en fouillir
24:35donc il y a un enjeu
24:36de trouver
24:37des solutions
24:38pour avoir
24:39ces nouvelles
24:39structures
24:40industrielles
24:41dont on a besoin
24:42le deuxième
24:43c'est que le marché
24:44est trop petit
24:46valoriser
24:46ces matériaux
24:47à l'échelle
24:48d'une île
24:49uniquement
24:49on se rend compte
24:50que d'un point
24:51de vue économique
24:51ça ne fonctionnera pas
24:52donc il y a cet enjeu
24:53de trouver des débouchés
24:54à la fois
24:55dans les bassins
24:56mais dans quelles conditions
24:58pour aller ensuite
24:59travailler avec d'autres
25:00acteurs extra-européens
25:02et le sujet
25:04du gisement
25:04trop restreint
25:05c'est-à-dire que
25:06même si on arrive
25:07à capter le gisement
25:08du territoire
25:09il y a un enjeu
25:11d'avoir suffisamment
25:13de gisements
25:13de déchets initiaux
25:15pour arriver
25:16sur des niveaux
25:17de rentabilité
25:18qui sont suffisants
25:19ça c'est le principal
25:20frein
25:21plus important
25:22que ce dont on parlait
25:23réglementation
25:24certification
25:24déjà si on arrive
25:26à régler
25:26ces trois défis
25:28et qu'on n'a plus
25:29que la norme
25:29derrière
25:29c'est déjà
25:31un grand pas
25:31mais effectivement
25:32l'enjeu des normes
25:34c'est encore
25:34un point qui est
25:35assez important
25:36pour ces développeurs
25:37de matériaux secondaires
25:39Françoise de Palmas
25:40ce que j'entends
25:41et ce que je découvre
25:42grâce à vous
25:42dans cette émission
25:44c'est à quel point
25:44les entreprises
25:46des territoires
25:47et départements
25:47d'outre-mer
25:48innovent
25:49et ont des solutions
25:50est-ce qu'elles sont
25:51encore trop souvent
25:52perçues
25:52comme des exécutantes
25:54quand on les contacte
25:56et moins
25:57comme des entreprises
25:59qui apportent
25:59des solutions
26:01alors
26:02il y a deux choses
26:03des exécutantes
26:05pour les bailleurs
26:07on arrive
26:08on arrive
26:09de l'Hexagone
26:11ou de l'international
26:11et on dit
26:12vous allez appliquer
26:13nos solutions
26:14plutôt que
26:14tiens
26:15vous en avez
26:15trouvé localement
26:17et qui peuvent
26:17s'exporter ailleurs
26:18alors
26:18c'est pas
26:19tant dans le chef
26:20c'est pas tellement
26:22dans cet ordre-là
26:23qu'il faut voir les choses
26:23si vous m'y autorisez
26:25c'est qu'effectivement
26:26aujourd'hui
26:27les bailleurs
26:28quels qu'ils soient
26:29privés au public
26:31pour garantir
26:33et pour avoir
26:34la
26:36comment dirais-je
26:38la
26:40être sûr
26:42que leurs
26:44ouvrages
26:45seront assurables
26:46il faut que
26:47les assureurs
26:49valident
26:51les procédés
26:51constructifs
26:52les méthodes
26:53etc
26:54et tout ça
26:55nécessite
26:55un certain nombre
26:56de démarches
26:58préalables
26:58d'autorisation
26:59de ce qu'on appelle
27:01les avis techniques
27:01etc
27:02et c'est vraiment
27:03tout le combat
27:04qu'on mène nous
27:04depuis un certain
27:05nombre d'années
27:06c'est que
27:08avec l'aide d'ailleurs
27:09de l'agence
27:10qualité construction
27:11qui est financée
27:13par les assureurs
27:14c'est de
27:17démontrer
27:18que
27:18l'expertise
27:19en matière
27:20de construction
27:21elle est
27:23essentiellement
27:23locale
27:24que les sachants
27:25ce sont les locaux
27:27qu'en conséquence
27:28de quoi
27:28il est important
27:30de leur donner
27:30une place
27:32fondamentale
27:32dans la chaîne
27:35d'acceptation
27:36et de
27:38oui
27:39d'accréditation
27:40pour faire court
27:41voilà
27:42et ça c'est tout
27:43le combat qu'on mène
27:44et qui est compliqué
27:45merci beaucoup
27:46à toutes
27:47à tous
27:47d'avoir participé
27:48à ce débat
27:49bon forum
27:50de la construction
27:51du bas durable
27:51en outre-mer
27:52lancé à Batimat
27:532026
27:54c'est le 28 septembre
27:55l'ouverture
27:55à Paris Expo
27:56Porte de Versailles
27:57je vous dis à bientôt
27:58sur Bsmart for Change
27:59Sous-titrage Société Radio-Canada
28:02Merci.
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