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  • il y a 12 minutes
Mercredi 16 septembre 2026, retrouvez Alexandre Baradez (Chef analyste, IG) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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00:10Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la journée, les enjeux de la semaine également,
00:17Alexandre Baradez, chef analyste chez IG. Bonjour Alexandre.
00:21Bonjour Pauline, bonjour à tous.
00:22Alors le sujet du moment depuis quelques jours c'est évidemment ces taux obligataires.
00:27Je le rappelais en introduction, le rendement américain à 10 ans est au plus haut depuis 2007 à plus de
00:325% depuis quelques jours.
00:35À quel moment, Alexandre, ça devient inquiétant pour les marchés ?
00:38Et est-ce que le vrai sujet c'est ce rendement à 10 ans à 5% ou est-ce
00:44que c'est pas plus aussi le rendement à 2 ans à 4,70% hier ?
00:48Qu'est-ce qu'on regarde aujourd'hui ?
00:50On regarde effectivement toute la courbe de taux aux Etats-Unis et vous le dites très bien,
00:54les taux sont concentrés autour des 5% et c'est des repères qu'on n'avait pas vus depuis
00:59la crise des subprimes pour certaines maturités.
01:02Donc c'est vrai que c'est un niveau de taux qui est quand même assez frappant et qu'on
01:05a partout.
01:05Encore une fois, c'est des taux très élevés aux Etats-Unis mais on a aussi des taux en Europe.
01:10La France n'a jamais eu un taux 10 ans aussi élevé là aussi depuis la crise des subprimes.
01:15Et c'est vrai qu'on a face à ça un marché action quand on regarde les marchés américains qui
01:20sont quand même plus résilients que ce qu'on voit en Europe.
01:22Un SP500 par exemple, il est à moins de 3% de son sommet historique avec des taux qui eux
01:28atteignent des niveaux pas vus depuis des décennies.
01:30Et sachant que ces taux qui se redressent, on voit bien que le gros catalyseur de ce redressement de taux,
01:36c'est clairement les prix de l'énergie.
01:37Encore une fois, regardez avant le début de la guerre en Iran, donc fin février avant que le conflit n
01:42'intervienne,
01:42on était légèrement sous les 4% pour le taux à 10 ans.
01:45Donc on passe de moins, enfin légèrement en dessous de 4% à plus de 5% brièvement,
01:50uniquement avec ces effets induits de flamber des prix d'énergie qui se transmettent à l'inflation, qui poussent la
01:56Fed à réagir.
01:57Mais mon sentiment aussi, c'est que le marché, en quelque sorte, réclame des hausses de taux à la Fed.
02:03Parce que justement, ce qui fait que les taux sont partis aussi haut, c'est qu'on a eu ce
02:07flou toujours entretenu par Kevin Worsche
02:08sur est-ce que nous allons bouger au paléto ? Et le marché, lui, le marché obligataire, les Fed Funds
02:13et autres,
02:13tous ces produits financiers ont le sentiment que la position actuelle de la Fed et son degré de restriction monétaire
02:22n'est pas suffisant à ce stade pour être bien certain que l'inflation revienne à 2%.
02:26Donc finalement, plus la Fed tarde à envoyer des messages de durcissement des conditions financières,
02:32plus le marché considère que le risque d'un redémarrage, d'une réaccélération d'inflation est présent.
02:37Et donc, c'est peut-être effectivement pour couper le feu que la Fed va devoir relever ses taux ce
02:41soir
02:42et les probabilités vont dans ce sens.
02:43Oui, c'est sûr. Je le disais, on est à plus de 90%, 92% au moment où on parle
02:48de hausse des taux ce soir
02:50pricée par le marché. Selon vous, est-ce qu'il y a urgence vraiment à les monter dès maintenant ces
02:55taux ?
02:55Parce qu'on sait que Kevin Worsche ne pourrait potentiellement pas les monter lors des élections de mi-mandat
03:02parce que historiquement, cette période n'est pas vraiment propice à des hausses des taux.
03:06Mais il aurait aussi pu les monter au mois de décembre, par exemple.
03:10Oui, il peut. Mais là, la question, c'est qu'il est déjà en poste depuis quelques mois,
03:16qu'on rappelle que, par exemple, en début d'année sur les marchés,
03:20souvenez-vous, la question, c'était combien de baisses de taux
03:23à la fois la fin du mandat de Jérôme Powell et le mandat de son successeur
03:28allaient pouvoir mettre au niveau de la politique monétaire ?
03:31Le sujet, en début d'année, c'était combien de baisses de taux, vous voyez ?
03:34Et donc, la guerre en Iran a ramené un élément et qui vient se greffer aussi aux questions commerciales toujours
03:40existantes.
03:41En fait, il y a toujours une inflation qui arrive des questions commerciales et des droits d'eau à notre.
03:45Et la guerre en Iran est venue ajouter une surcouche d'inflation, une réaccélération d'inflation.
03:50Donc, le risque d'attendre décembre, c'est qu'effectivement, les taux s'emballent complètement.
03:55Si le marché n'est déjà pas convaincu actuellement, là où on se parle, que la Fed a une politique
03:59suffisamment restrictive,
04:01attendre trois mois de plus décembre pour placer cette hausse de taux,
04:04vous courrez le risque d'avoir des taux qui s'emballent complètement.
04:07Je ne dis pas d'avoir un crac obligataire, mais d'avoir effectivement un vrai risque sur les taux qui
04:11ont dû grimper.
04:11Oui, et puis vous le disiez justement, le sujet il y a quelques mois, c'était combien de baisses des
04:15taux.
04:15Mais là, au final, c'est plutôt combien de hausses des taux.
04:18Est-ce qu'on va avoir une hausse des taux en septembre, une hausse qu'on pourrait qualifier d'assurancielle
04:23?
04:23Ou est-ce qu'on va partir pour un cycle de hausse des taux pour la réserve fédérale ?
04:28Alors, on n'a pas de boule de cristal, évidemment, et tout dépendra des tensions inflationnistes liées au conflit au
04:34Moyen-Orient,
04:35de la durée du conflit, de la durée du prix du baril au-delà de 100 dollars aussi, qui pèsent
04:40sur l'inflation.
04:42Mais c'est peut-être ça la question.
04:43Combien de hausses des taux pour la Fed, sachant que Christine Lagarde, la semaine dernière, a aussi durci le ton,
04:49et a laissé entendre qu'il y en aurait d'autres, en tout cas en Europe, par exemple ?
04:53Oui, alors, il faut quand même, avant de faire des projections de, est-ce qu'on repart sur un cycle
04:57vraiment d'hausses de taux,
04:58rappelons quand même que quand la Fed avait vraiment durci le ton post-Covid, vous avez une inflation américaine globale,
05:04pas sous-jacente, mais globale, qui flirtait avec les 10%, et il y avait réellement cette fameuse boucle prix-salaire
05:10qui s'était mise en place.
05:11Ça veut dire que les prix, l'inflation, grimpant dans tous les pans de l'activité économique américaine,
05:16les entreprises n'avaient pas d'autre choix aussi que de relever les salaires en parallèle.
05:19Et c'était par rapport à ça, par rapport à ce cycle-là, que les taux avaient été très très
05:23largement durcis.
05:24Donc on voit qu'aujourd'hui, il n'y a pas ce phénomène de salaire qui s'emballe aux Etats
05:28-Unis.
05:29Le dernier rapport sur l'emploi a montré qu'on a des croissances de salaire en annuel, un peu de
05:333%,
05:34c'est presque ce qu'on avait comme rythme avant la crise Covid, par exemple,
05:38et c'est assez loin de 5 ou 6% de croissance de salaire annuel qu'on avait au point
05:41chaud post-Covid.
05:42Donc on n'a pas cet effet-là pour l'instant sur les prix, et surtout les niveaux d'inflation.
05:46On est sur l'inflation globale, CPI, à 3,4%.
05:49Ce n'est pas les 8 ou 9% et même presque 10% qu'on avait post-Covid.
05:53Donc je ne crois pas qu'on parte pour un nouveau cycle.
05:56Mais en revanche, considérer qu'il y a le risque d'avoir une voire deux hausses de taux,
06:01ça, ça me semble possible.
06:02Et d'ailleurs, c'est un peu ce que le marché price.
06:03Regardez les probabilités pour décembre.
06:05On voit ces probabilités de marché via les futures sur les FedFunds.
06:07On est aux autour de 50% de probabilité de marché pour décembre d'avoir une deuxième hausse de taux.
06:13Donc le marché a un peu au-delà de 90%.
06:16Disons que, oui pour la BCE par exemple, le marché pendant des jours et des jours avant la réunion,
06:21il était à 99% de probabilité d'une hausse de taux de la BCE.
06:25C'était le signe qu'ils étaient absolument convaincus que la BCE allait monter ses taux.
06:28Pour la Fed, il y a eu une vraie volatilité des anticipations.
06:31Entre fin août et cette fin à partir de septembre, on est monté parfois à 70% de probabilité,
06:36on est retombé à 40%, puis après les gros...
06:38C'est ça, à 90% on se dit, la hausse aura lieu ce soir, sinon il va créer un
06:43sentiment de marché
06:43qui va être un peu particulier parce que le marché qui croit à 90% qu'il y a une
06:46hausse,
06:47s'il n'a pas cette hausse, je pense que la létho peut vraiment s'emballer très rapidement.
06:50Oui, pas trop de doutes en tout cas pour ce soir et surtout ce qu'on va regarder, Alexandre,
06:56c'est la communication que Kevin Warch va faire à l'issue de la décision monétaire.
07:01Qu'est-ce qu'on attend de cette communication, sachant qu'on rappelle évidemment qu'il n'est pas le
07:06seul à voter,
07:07qu'il y a plusieurs personnes qui vont voter et que la communication de la Réserve fédérale
07:12dépendra aussi peut-être du nombre de votes pour ou contre.
07:18Oui, selon moi, il devrait surfer sur la même tonalité que nous avons eue à Jackson Hall
07:23lors de cette réunion des banquiers centraux aux Etats-Unis fin août.
07:27Je pense à peu près la même tonalité parce que depuis cette intervention à Jackson Hall,
07:31il n'y a pas eu de signaux d'amélioration particulier.
07:33Le marché de l'emploi, lui, on l'a vu sur le dernier rapport, est toujours solide,
07:36donc il n'y a pas de fragilité du côté de l'emploi.
07:38Et sur l'inflation, on a vu les derniers chiffres, alors c'était en ligne avec le consensus,
07:42mais il y a quand même eu cette inflation core CPI qui est vraiment la partie sous-jacente
07:45et qui est la plus préoccupante pour les banques centrales.
07:47Qui d'un mois à l'autre a quand même grimpé un peu plus qu'attendu.
07:51Donc on ne peut pas attendre un discours moins au quiche,
07:53un peu moins faucon que ce que nous avions à Jackson Hall.
07:56Et je pense qu'il devrait laisser la porte ouverte, effectivement,
07:59s'il relève bientôt ce soir, à peut-être d'autres interventions d'ici la fin de l'année,
08:03tant que la Fed n'a pas la conviction qu'on va bien vers les 2%.
08:06Et ce qui me fait dire qu'il y a peut-être une hausse de taux, effectivement, dans les cartons.
08:09On verra, en comptant, on n'a pas de boule de cristal,
08:11mais vous avez aussi des membres de l'administration américaine,
08:14comme Kevin Assett, qui est le conseiller économique à la Maison-Blanche.
08:17On se demande s'il n'a pas laissé passer déjà des informations
08:19quand il dit que lui-même et Donald Trump respecteront la décision de la Fed.
08:24Il a dit qu'il votait contre s'il était au bord de la Fed quand même,
08:29mais qu'il respecterait, lui et Donald Trump, la décision de Kevin Walsh.
08:34Et oui, parce que même Donald Trump va être un peu dans un corner
08:36si Kevin Walsh est la Fed.
08:39Rappelons-le, Kevin Walsh ne décide pas seul, évidemment.
08:41Il y a un conseil qui décide et qui vote par rapport à cette décision sur les taux.
08:44Mais c'est vrai que Donald Trump, on ne l'imagine pas tomber à bras raccourcis
08:48sur Kevin Walsh s'il remonte tout ce soir, parce que ce serait se désavouer lui-même.
08:52Donc il va dire que c'est un mal nécessaire, c'est encore l'inflation qu'on a arrêtée de
08:56Biden.
08:56Vous voyez, il tournera le truc pour indiquer que ce n'est pas sa faute à lui
08:59et que Kevin Walsh n'avait pas le choix.
09:01Mais ces petites phrases de Kevin Assett, moi, me donne l'impression qu'effectivement,
09:05ils sont déjà au courant que la Fed va le faire
09:06et qu'ils se préparent à peut-être aménager un peu leur communication
09:10parce que forcément, les journalistes vont leur demander
09:14pourquoi Kevin Walsh a relevé les taux
09:16et finalement, est-ce que Donald Trump est satisfait avec ça ?
09:19Bien sûr. Réponse ce soir à 20h en France.
09:22En tout cas, Alexandre, on va rester attentif à tout ce qu'on a dit,
09:25la communication de Kevin Walsh à l'issue de la décision monétaire
09:28et puis évidemment, les nouvelles projections économiques
09:31à l'issue de cette décision monétaire.
09:34Merci beaucoup Alexandre Baradez, chef analyste chez IG.
09:38Merci de nous avoir accompagnés ce midi
09:40et puis merci à vous de nous avoir suivis.
09:42On se retrouve ce soir à 17h30 en direct sur Bsmart.
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