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Mercredi 16 septembre 2026, retrouvez Alexandre Baradez (Chef analyste, IG) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:00Générique
00:07...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés chaque jour.
00:13Vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:17Vous pouvez nous retrouver en rattrapage, en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:27Au sommaire de cette édition ce midi,
00:30les yeux des investisseurs sont rivés vers la réserve fédérale américaine
00:33qui doit rendre sa décision monétaire ce soir.
00:36La banque centrale devrait remonter ses taux, même si Donald Trump pousse pour le contraire.
00:41Les investisseurs vont évidemment scruter la prise de parole de Kevin Warsh
00:45pour voir comment il justifie le vote.
00:48On attend également avec impatience les nouvelles projections économiques.
00:52Une hausse des taux qui est pricée à plus de 90% au moment où on parle quasiment à l
00:57'unanimité.
00:58Et la Fed devrait remettre ses taux directeurs dans une fourchette entre 3,75 et 4% ce soir.
01:08Kevin Warsh qui répète depuis des semaines que l'inflation descend trop lentement.
01:13Cela fait d'ailleurs plus de 5 ans qu'elle dépasse la cible de 2%.
01:17Pour lui, les conditions financières ne sont pas encore assez strictes et les chiffres de vendredi sur les prix à
01:25la consommation ont enfoncé le clou.
01:27Tout pousse vers cette nouvelle hausse des taux.
01:30Réponse ce soir évidemment à 20h en heure française.
01:33On en parle avec notre invité dans un instant.
01:37D'autres décisions monétaires sont attendues au cours de cette semaine.
01:40On attend la Banque d'Angleterre demain et puis la Banque du Japon vendredi.
01:45Des décisions monétaires attendues dans un contexte de remontée des taux à l'échelle mondiale sur les marchés obligataires.
01:51Côté britannique, justement, le rendement à 10 ans se stabilise ce matin autour de 5,40%.
01:58On a pris connaissance de l'inflation britannique pour le mois d'août qui progresse comme prévu.
02:03Mais il n'y a pas d'impact à prévoir sur le statu quo qui devrait avoir lieu demain pour
02:09la Banque d'Angleterre.
02:11Le rendement américain à 10 ans, côté américain, donc se stabilise autour de 5%.
02:18Il est légèrement sous ce seuil au moment où on parle.
02:22Sur la partie courte, le rendement à 2 ans américain se détend un peu autour de 4,65%.
02:28En Europe, le rendement allemand à 10 ans se détend également légèrement pour évoluer entre 3,50 et 3,55%.
02:37Néanmoins, le spread franco-allemand, le spread avec le rendement français à 10 ans,
02:42donc flirte toujours avec les 100 points de base des tensions obligataires alimentées par les craintes d'inflation liées au
02:50conflit au Moyen-Orient.
02:52Les cours du pétrole, d'ailleurs, se replient légèrement ce matin après leur envolé des derniers jours,
02:57mais restent ancrés au-dessus des 100 dollars contre 60 dollars, on le rappelle, avant le début du conflit.
03:04Également, elle a eu ce midi la proposition faite ce matin par Ursula von der Leyen dans son discours au
03:10Parlement européen.
03:11L'Union européenne veut ouvrir la porte au Canada pour en faire son tout premier membre associé,
03:16afin de renforcer leur lien en lui accordant un statut inédit.
03:21C'est une vraie première dans l'histoire du bloc.
03:23L'idée, c'est de créer un partenariat stratégique géant, défense, intelligence artificielle, minercritique et énergie.
03:31Alors, pourquoi maintenant ? C'est dans le contexte de tensions commerciales entre Washington et Ottawa,
03:37et puis évidemment dans ce contexte d'instabilité mondiale.
03:41Le premier ministre canadien, Marc Carnet, était à Strasbourg ce matin.
03:46Si ce rapprochement stratégique aboutit, on verra ce que ça pourra changer concrètement pour les entreprises et pour les marchés.
04:04Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la journée, les enjeux de la semaine également.
04:11Alexandre Baradez, chef analyste chez IG. Bonjour Alexandre.
04:15Bonjour Pauline, bonjour à tous.
04:16Alors, le sujet du moment depuis quelques jours, c'est évidemment ces taux obligataires.
04:21Je le rappelais en introduction, le rendement américain à 10 ans est au plus haut depuis 2007 à plus de
04:265% depuis quelques jours.
04:29À quel moment, Alexandre, ça devient inquiétant pour les marchés ?
04:32Et est-ce que le vrai sujet, c'est ce rendement à 10 ans à 5% ?
04:37Ou est-ce que ce n'est pas plus aussi le rendement à 2 ans à 4,70% hier
04:42?
04:42Qu'est-ce qu'on regarde aujourd'hui ?
04:44On regarde effectivement toute la courbe de taux aux Etats-Unis et vous le dites très bien, les taux sont
04:49concentrés autour des 5% et c'est des repères qu'on n'avait pas vus depuis la crise des
04:54subprimes pour certaines maturités.
04:56Donc c'est vrai que c'est un niveau de taux qui est quand même assez frappant et qu'on
04:59a partout, encore une fois, ces taux très élevés aux Etats-Unis.
05:01Mais on a aussi des taux en Europe, la France n'a jamais eu un taux 10 ans aussi élevé
05:06là aussi depuis la crise des subprimes.
05:08Et c'est vrai qu'on a face à ça un marché à action quand on regarde les marchés américains
05:14qui sont quand même plus résilients que ce qu'on voit en Europe.
05:16Un SP500 par exemple, il est à moins de 3% de son sommet historique avec des taux qui eux
05:22atteignent des niveaux pas vus depuis des décennies.
05:24Et sachant que ces taux qui se redressent, on voit bien que le gros catalyseur de ce redressement de taux,
05:30c'est clairement les prix d'énergie.
05:31Encore une fois, regardez avant le début de la guerre en Iran, donc fin février avant que le conflit n
05:36'intervienne, on était légèrement sous les 4% pour le taux à 10 ans.
05:40Donc on passe de moins, enfin légèrement en dessous de 4% à plus de 5% brièvement, uniquement avec
05:45ces effets induits de flambées des prix d'énergie qui se transmettent à l'inflation, qui poussent la Fed à
05:50réagir.
05:51Mais mon sentiment aussi, c'est que le marché, en quelque sorte, réclame des hausses de taux à la Fed.
05:57Parce que justement, ce qui fait que les taux sont partis aussi hauts, c'est qu'on a eu ce
06:01flou toujours entretenu par Kevin Walsh sur est-ce que nous allons bouger ou pas les taux.
06:05Et le marché, lui, le marché obligataire, les FedFunds et autres, tous ces produits financiers, ont le sentiment que la
06:12position actuelle de la Fed et son degré de restriction monétaire n'est pas suffisant à ce stade pour être
06:19bien certain que l'inflation revienne à 2%.
06:21Donc finalement, plus la Fed tarde à envoyer des messages de durcissement des conditions financières, et bien plus le marché
06:27considère que le risque d'un redémarrage, d'une réaccélération d'une inflation est présent.
06:32Et donc, c'est peut-être effectivement pour couper le feu que la Fed va devoir relever ces taux ce
06:35soir et les probabilités vont dans ce sens.
06:38Oui, c'est sûr. Je le disais, on est à plus de 90%, 92% au moment où on parle
06:42de hausse des taux ce soir, pricé par le marché.
06:46Selon vous, est-ce qu'il y a urgence vraiment à les monter dès maintenant ces taux ? Parce qu
06:50'on sait que Kevin Warch ne pourrait potentiellement pas les monter lors des élections de mi-mandat,
06:57parce qu'historiquement, cette période n'est pas vraiment propice à des hausses des taux, mais il aurait aussi pu
07:01les monter au mois de décembre, par exemple.
07:04Oui, il peut, mais là, la question, c'est qu'il est déjà en pause depuis quelques mois, qu'on
07:11rappelle que, par exemple, en début d'année sur les marchés,
07:14souvenez-vous, c'était la question, c'était combien de baisses de taux à la fois la fin du mandat
07:19de Jérôme Powell et le mandat de son successeur
07:22allaient pouvoir mettre au niveau de la politique monétaire. Le sujet en début d'année, c'était combien de baisses
07:27de taux, vous voyez ?
07:28Et donc, la guerre en Iran a ramené un élément et qui vient se greffer aussi aux questions commerciales toujours
07:34existantes.
07:35En fait, il y a toujours une inflation qui arrive des questions commerciales et des droits d'eau à un
07:39autre,
07:39et la guerre en Iran est venue ajouter une surcouche d'inflation, une réaccélération de l'inflation.
07:44Donc, le risque d'attendre décembre, c'est qu'effectivement, les taux s'emballent complètement.
07:49Si le marché n'est déjà pas convaincu actuellement, là, au moins on se parle, que la Fed a une
07:53politique suffisamment restrictive,
07:55attendre trois mois de plus décembre pour placer cette hausse de taux,
07:58vous courez le risque d'avoir des taux qui s'emballent complètement.
08:01Je ne dis pas d'avoir un crac obligataire, mais d'avoir effectivement un vrai risque sur les taux qui
08:05ont dû grimper.
08:05Oui, et puis vous le disiez justement, le sujet il y a quelques mois, c'était combien de baisses des
08:09taux,
08:09mais là, au final, c'est plutôt combien de hausses des taux.
08:12Est-ce qu'on va avoir une hausse des taux en septembre, une hausse qu'on pourrait qualifier d'assurancielle,
08:17ou est-ce qu'on va partir pour un cycle de hausses des taux pour la Réserve fédérale ?
08:22Alors, on n'a pas de boule de cristal, évidemment, et tout dépendra des tensions inflationnistes liées au conflit au
08:28Moyen-Orient,
08:29de la durée du conflit, de la durée du prix du baril au-delà de 100 dollars aussi, qui pèsent
08:34sur l'inflation.
08:36Mais c'est peut-être ça la question, combien de hausses des taux pour la Fed,
08:39sachant que Christine Lagarde, la semaine dernière, a aussi durci le ton,
08:43et a laissé entendre qu'il y en aurait d'autres, en tout cas en Europe, par exemple.
08:47Oui, alors, il faut quand même, avant de faire des projections de,
08:49est-ce qu'on repart sur un cycle vraiment de hausse de taux ?
08:52Rappelons quand même que quand la Fed avait vraiment durci le ton post-Covid,
08:56vous avez une inflation américaine globale, pas sous-jacente, mais globale,
08:59qui flirtait avec les 10%, et il y avait réellement cette fameuse boucle prix-salaire qui s'était mise en
09:04place.
09:05Ça veut dire que les prix, l'inflation, grimpant dans tous les pans de l'activité économique américaine,
09:10les entreprises n'avaient pas d'autre choix aussi que de relever les salaires en parallèle.
09:13Et c'était par rapport à ça, par rapport à ce cycle-là, que les taux avaient été très très
09:18largement durcis.
09:18Donc on voit qu'aujourd'hui, il n'y a pas ce phénomène de salaire qui s'emballe aux Etats
09:22-Unis.
09:23Le dernier rapport sur l'emploi a montré qu'on a des croissances de salaire en annuel,
09:26un peu de 3%, c'est presque ce qu'on avait comme rythme avant la crise Covid par exemple,
09:32et c'est assez loin de 5 ou 6% de croissance de salaire annuel qu'on avait au point
09:35chaud post-Covid.
09:36Donc on n'a pas cet effet-là pour l'instant sur les prix,
09:38et surtout les niveaux d'inflation, on est sur l'inflation globale, CPI, à 3,4%,
09:44ce n'est pas les 8 ou 9% et même presque 10% qu'on avait post-Covid.
09:47Donc je ne crois pas qu'on parte pour un nouveau cycle,
09:50mais en revanche, considérer qu'il y a le risque d'avoir une voire deux hausses de taux,
09:55ça, ça me semble possible, et d'ailleurs c'est un peu ce que le marché price.
09:57Regardez les probabilités pour décembre, on voit ces probabilités de marché via les futures sur les FedFunds,
10:02on est aux autour de 50% de probabilité de marché pour décembre d'avoir une deuxième hausse de taux.
10:06Donc le marché a un peu au-delà de 90%.
10:10Disons que, oui pour la BCE par exemple, le marché pendant des jours et des jours avant la réunion,
10:15il était à 99% de probabilité d'une hausse de taux de la BCE.
10:19C'était le signe qu'ils étaient absolument convaincus que la BCE allait monter ces taux.
10:22Pour la Fed, il y a eu une vraie volatilité des anticipations.
10:25Entre fin août et cette première partie de septembre,
10:28on est monté parfois à 70% de probabilité, on est retourné à 40%.
10:33C'est ça, à 90% on se dit, la hausse aura lieu ce soir,
10:36sinon il va créer un sentiment de marché qui va être un peu particulier,
10:39parce que le marché qui croit à 90% qu'il y a une hausse,
10:41s'il n'a pas cette hausse, je pense que la letto peut vraiment s'emballer très rapidement.
10:45Oui, pas trop de doute en tout cas pour ce soir,
10:48et surtout ce qu'on va regarder Alexandre,
10:50c'est la communication que Kevin Warch va faire à l'issue de la décision monétaire.
10:55Qu'est-ce qu'on attend de cette communication ?
10:58Sachant qu'on rappelle évidemment qu'il n'est pas le seul à voter,
11:01qu'il y a plusieurs personnes qui vont voter,
11:04et que la communication de la Réserve fédérale dépendra aussi peut-être du nombre de votes pour ou contre.
11:12Oui, selon moi il devrait surfer sur la même tonalité que nous avons eue à Jackson Hole
11:18lors de cette réunion des banquiers centraux aux Etats-Unis fin août.
11:21Je pense à peu près à la même tonalité,
11:23parce que depuis cette intervention à Jackson Hole, il n'y a pas eu de signaux d'amélioration particulier.
11:27Le marché de l'emploi, lui, on l'a vu sur le dernier rapport, est toujours solide,
11:30donc il n'y a pas de fragilité du côté de l'emploi.
11:32Et sur l'inflation, on a vu les derniers chiffres, alors c'était en ligne avec le consensus,
11:36mais il y a quand même eu cette inflation core CPI,
11:38qui est vraiment la partie sous-jacente et qui est la plus préoccupante pour les banques centrales,
11:42qui d'un mois à l'autre a quand même grimpé un peu plus qu'attendu.
11:45Donc on ne peut pas attendre un discours moins au quiche,
11:47un peu moins faucon que ce qu'on avait à Jackson Hole.
11:51Et je pense qu'il devrait laisser la porte ouverte, effectivement,
11:53s'il relève bientôt ce soir, à peut-être d'autres interventions d'ici la fin de l'année,
11:57tant que la Fed n'a pas la conviction qu'on va bien vers les 2%.
12:00Et ce qui me fait dire qu'il y a peut-être une hausse de taux, effectivement, dans les cartons.
12:03On verra, en comptant, on n'a pas de boule de cristal,
12:05mais vous avez aussi des membres de l'administration américaine,
12:08comme Kevin Assett, qui est le conseiller économique à la Maison-Blanche.
12:11On se demande s'il n'a pas laissé passer déjà des informations
12:13quand il dit que lui-même et Donald Trump respecteront la décision de la Fed.
12:18Oui, il a dit qu'il votait contre s'il était au bord de la Fed quand même,
12:23mais qu'il respecterait, lui et Donald Trump, la décision de Kevin Walsh.
12:28Et oui, parce que même Donald Trump va être un peu dans un corner
12:30si Kevin Walsh est la Fed.
12:33Rappelons-le, Kevin Walsh ne décide pas seul, évidemment.
12:34Il y a un conseil qui décide et qui vote par rapport à cette décision sur les taux.
12:39Mais ça que Donald Trump, on ne l'imagine pas tomber à bras raccourcis sur Kevin Walsh
12:43s'il remonte le tôt ce soir, parce que ce serait se désavouer lui-même.
12:46Donc, il va dire que c'est un mal nécessaire, c'est encore l'inflation qu'on a héritée de
12:50Biden.
12:50Enfin, vous voyez, il tournera le truc pour indiquer que ce n'est pas sa faute à lui
12:53et que Kevin Walsh n'avait pas le choix.
12:55Mais ces petites phrases de Kevin Assett, moi, me donne l'impression qu'effectivement,
12:59ils sont déjà au courant que la Fed va le faire
13:00et qu'ils se préparent à peut-être aménager un peu leur communication
13:04parce que forcément, les journalistes vont leur demander
13:08pourquoi Kevin Walsh a relevé les taux
13:10et finalement, est-ce que Donald Trump est satisfait avec ça ?
13:13Bien sûr. Réponse ce soir à 20h en France.
13:16En tout cas, Alexandre, on va rester attentif à tout ce qu'on a dit,
13:19la communication de Kevin Walsh à l'issue de la décision monétaire
13:22et puis évidemment, les nouvelles projections économiques
13:26à l'issue de cette décision monétaire.
13:28Merci beaucoup Alexandre Baradez, chef analyste chez IG.
13:31Merci de nous avoir accompagnés ce midi
13:34et puis merci à vous de nous avoir suivis.
13:36On se retrouve ce soir à 17h30 en direct sur Bsmart.
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