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  • il y a 9 minutes
Ce mardi 15 septembre, François Sorel a reçu Luc Julia, expert en produits connectés, Cédric Ingrand, directeur général de Heavyweight Studio, et Frédéric Simottel, journaliste BFM Business, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:06Tech & Co, la quotidienne, avec ce soir pour débriefer l'actu du beau monde, mesdames, messieurs.
00:12On s'est offert les meilleurs, rien que pour vous.
00:14Cédric Ingrand est là, salut Cédric.
00:16Salut François.
00:17Ça vient du cœur en plus, tu le sais.
00:19Je le sais.
00:19C'est même pas, tu vois, la flagornerie comme on dit.
00:22Tu es directeur général de Heavyweight Studio et tu as été journaliste pour LCI et TF1
00:29pendant de très nombreuses années et ta spécialité c'était la tech.
00:33Et forcément tu t'intéresses toujours à ça et forcément tu as toujours le nez dedans comme nous tous.
00:37Je ne peux pas arrêter d'être journaliste, c'est plus une nature qu'un métier.
00:40Et quand tu aimes la tech ?
00:41Et la tech est un truc qui...
00:42C'est pour toujours.
00:43J'ai 8 ans donc ça risque de ne pas changer.
00:45Nous avons aussi Luc Julia qui est là en visio.
00:47Salut mon Luc.
00:49Bonjour messieurs.
00:50Ravi de te voir Luc et merci d'être là pour cette rentrée.
00:54Luc Julia, expert en produits connectés, l'un des co-créateurs de Siri.
00:59Il a travaillé chez Apple, il a travaillé chez Samsung, il a travaillé chez Renault
01:03et il a une vraie connaissance de tous ces sujets.
01:06Eh bien on va débattre là-dessus avec toi Luc.
01:09Et puis Frédéric Simotel, bien entendu, notre fidèle...
01:13Salut François.
01:14On va dire, je veux dire, faire de la tech.
01:17Moi tu peux flagorner sans cesse.
01:19Oui, oui, oui, c'est vrai.
01:19J'adore ça.
01:20Lui il est payé, donc il n'y a pas besoin de faire des temps.
01:23Il est payé, mais je pensais qu'il était bénévole.
01:26Frédéric Simotel, journaliste donc à BFM Business.
01:30Bon, écoutez, voilà, du beau monde pour parler d'un sujet qu'on a évoqué hier longuement
01:35mais on avait envie d'y revenir parce que c'est vrai que depuis quelques jours
01:39il y a cette petite musique qui monte concernant la dangerosité de l'IA,
01:45la fin de l'humanité si on va, on va dire dans les extrêmes.
01:4910% de chance pour que ça tourne mal si on revient un peu au milieu.
01:54Et puis après, il y a ceux qui disent que ce n'est pas la peine de s'exciter.
01:57Il ne faut pas paniquer.
01:59Tout va bien se passer.
02:00Il faudrait peut-être aussi que les politiques prennent aussi en compte tout cela.
02:03D'ailleurs, c'est amusant parce qu'on se rend compte que finalement, il y a deux camps, Fred.
02:08Il y a le camp des Altman, des Amodei, des Musk qui, eux, disent qu'il faut faire attention.
02:14Ils nous mettent en garde.
02:15Et puis, de l'autre côté, vous avez ceux qui sont, on va dire, plus tempérés.
02:20Notamment, pas mal de Français.
02:22Yann Lequin, Laurence Devilliers qui a pris la parole il n'y a pas longtemps sur ce sujet.
02:26Oui, puis on s'emballe un peu vite pour dramatiser tout ça.
02:29Alors qu'on voit, il y a le côté un peu pompier-pyroman, dramatiser à tout prix le danger de
02:34leur propre produit.
02:37Pour montrer à leurs investisseurs, regardez, nos produits sont tellement puissants qu'ils pourraient détruire le monde.
02:42Donc là, on est un peu...
02:43Et puis, on assiste quand même à des scènes incroyables.
02:47Si vous n'avez pas eu l'occasion d'avoir ça, allez sur YouTube.
02:50Alors, après l'émission, regardez, Jensen Wang, Donald Trump.
02:53On va en parler.
02:53Jensen Wang est sur une conférence et tout d'un coup, il est en train de dire oui, on fait
02:57attention, on ralentit l'IA.
02:59Coup de téléphone, on lui amène son téléphone.
03:01Il le met sur haut-parleur.
03:02C'est Trump qui l'appelle, qui est genre, mais non, il faut foncer.
03:05Ouais.
03:06Non, mais c'est quand même incroyable.
03:08Bon alors, Cédric, j'imagine qu'il y a plein de choses à dire, mais on va peut-être donner
03:10la parole pour débuter à Luc.
03:13Parce que je crois connaître un petit peu la vision de Luc sur ce sujet.
03:18Vu comme tu es tranquille sur ton canapé, tu n'as pas l'air d'être hyper paniqué, Luc.
03:22Ça va, non ? J'ai l'impression.
03:24Ouais, ça va aller.
03:25Je pense que ça va bien se passer.
03:27Ça ne veut pas dire que ce qu'on peut faire avec des IA n'est pas dangereux.
03:31Mais c'est nous, c'est notre faute.
03:32Tout ce qu'on peut faire avec des IA, c'est notre faute.
03:34Ce n'est pas la faute de l'IA. L'IA elle-même n'a pas de conscience à rien.
03:37Enfin, elle, elle ne peut rien.
03:38Donc, c'est qu'un outil et l'outil, ça dépend comment on l'utilise.
03:41Là, ce qui me fait marrer avec cet épisode aujourd'hui, c'est que c'est encore un éternel recommencement.
03:46C'est-à-dire que c'est exactement ce qui s'est passé en février 2019.
03:48Alors, en 2019, ce n'était pas la mode encore, les IA génératifs.
03:51Mais si vous vous rappelez, et peut-être vous vous en rappelez, en février 2019, OpenAI ne sortait pas justement
03:57de chez IPT 2.0.
03:59Parce qu'il disait, on a fait un truc, c'est trop dangereux, on ne va jamais release parce que
04:03c'est trop dangereux pour l'humanité.
04:05Bon, évidemment, quelques mois plus tard, ils l'ont sorti.
04:08Et puis, ça vous rappelle aussi certainement ce qui s'est passé en mars 2023.
04:13Donc, ça, cette fois-ci, c'était Musk qui disait, oh là là, il faut faire une pause, il faut
04:17s'arrêter parce que, là là, c'était parce que lui, il fallait qu'il rattrape les autres.
04:21Là, on est un peu dans le même schéma.
04:24C'est-à-dire qu'on a nos quatre grands qui dominent le monde ou qui croient qu'ils dominent
04:28le monde ou qui pensent qu'ils sont en train de peut-être se faire rattraper par les chinois.
04:32Et donc, ils disent, les gars, ça serait bien de faire une petite pause tant qu'on est les meilleurs,
04:36là.
04:37Et donc, comme vient de dire Frédéric, on est les meilleurs, on est les plus forts.
04:42Regardez, vous pouvez investir chez nous.
04:44Et en plus de ça, c'est la période des IPO, les offres publiques, les introductions publiques, je ne sais
04:50pas comment dire en français.
04:51Bon, bref.
04:52Oui, les entrées en bourse.
04:53Les entrées en bourse.
04:55Et ces entrées en bourse, évidemment, Altman s'est précipité sur le fait qu'on allait faire une petite pause,
05:00là, pour dire, bah oui, on va faire une pause.
05:02Du coup, je vais aussi poser mon IPO parce qu'en fait, il n'a pas le choix.
05:05Il n'a pas de business model, il ne fait pas d'argent.
05:07Donc, il vaut mieux qu'il appose son IPO, sinon ça va être un gros échec.
05:11Oui, mais quand même, jouer sur l'extinction de l'humanité, sur ces 10% de probabilité que ça tourne
05:16mal, quand même, est-ce que ce n'est pas dangereux de la part de ces, on va dire, ces
05:21personnalités de la tech d'avoir ce discours-là ?
05:24C'est très anxiogène, quand même.
05:26Ça ne veut rien dire.
05:2710%, déjà, ça sort d'où ?
05:29C'est des trucs aux doigts mouillés.
05:30Ça ne veut strictement rien dire.
05:31Ils ont envoyé deux gars, là, Coxon, et puis un autre gars, après, pour faire des pompiers pyromanes, pour dire,
05:38oh là là, attention, comme Hinton, elle a été renvoyée il y a quelques temps, pour dire, attention, ils y
05:43ont une conscience.
05:44Voilà, bon, de temps en temps, on a des gars qui sont envoyés comme ça pour montrer, encore une fois,
05:49comme l'a dit Frédéric, on est les plus forts, on est les meilleurs, regardez ce qu'on fait, c
05:52'est incroyable, ça peut tout faire, même jusqu'à détruire l'humanité.
05:55Bon, voilà, il faut se calmer.
05:57Cédric.
05:58Alors, pour moi, c'est intéressant, parce que je me suis, pendant tout le week-end, demandé, mais de quel
06:02côté de la controverse, je pense, je penche.
06:05Évidemment, on sait que, de toute façon, quand, particulièrement, Saint-Alpin ouvre la bouche, c'est un truc qu'il
06:11est en train de dire, soit pour plaire à la personne à qui il est en train de parler, soit
06:15dans son propre intérêt pur.
06:16Alors, et en fait, j'ai fini le week-end en me disant, peut-être que, finalement, il faut qu
06:23'on soit un peu multitâche, et que les deux réalités peuvent exister parallèlement.
06:27C'est-à-dire qu'évidemment, quand ils se regardaient, nos outils sont tellement puissants qu'on pourrait détruire l
06:31'humanité, c'est un peu comme un boxeur qui te dit, mes poings sont des armes, tu vois ce que
06:34je veux dire.
06:35C'est quand même un peu du marketing.
06:37Mais dans le même temps, vous parliez hier sur ce plateau de, comment il s'appelle, ce jeune ingénieur qui
06:42a passé six semaines chez Anthropique, et qui a dit, ah non, si c'est comme ça, je m'en
06:45vais.
06:45Et tu as raison de dire, jeune ingénieur, parce que tout le monde dit, ce chercheur, il a 27 ans,
06:48il n'a jamais rien publié, il n'est pas chercheur, c'est un ingénieur, voilà.
06:52Et un peu comme je disais hier, un peu le côté exalté de certains jeunes.
06:55On va dire qu'il a plus d'exaltation peut-être que d'expérience, mais peu importe.
06:58Et là, quand même, on voit des choses qui viennent de gens qui sont plus accomplis, qui travaillent là-dessus
07:02depuis 15 ans, chez Microsoft, puis chez OpenAI, etc.
07:05Et qui te disent quand même des choses intéressantes sur le fait qu'on va laisser s'échapper la capacité
07:12à évaluer ses propres modèles.
07:14D'ailleurs, au fur et à mesure où on va laisser l'IA l'éco-développé, finalement.
07:19Parce qu'il y a tout à parier que GPT-9 aura été fait avec GPT-8, tu vois ce
07:23que je veux dire.
07:23Donc il y a quand même une question de ce qu'ils appellent tous l'alignement.
07:28Après, je ne suis pas sûr que quelqu'un ait vraiment la solution.
07:30Parce qu'en fait, pendant ce temps-là, et c'est là que l'autre bout du débat peut être
07:35vrai aussi,
07:36c'est-à-dire que leur intérêt aujourd'hui, c'est d'appuyer sur pause, d'abord pour des raisons
07:40financières.
07:40Et Luc a raison parce que le moment n'est pas forcément le plus idéal pour se lancer en bourse.
07:46Et puis, parce qu'évidemment, ils voient la concurrence assez terrible pour eux des modèles open-way chinois,
07:53qui sont parfois un peu moins bien, mais surtout largement moins chers.
07:58Donc il y a un problème de logique économique.
08:00– Et l'écart entre les modèles américains et chinois se réduit de moins en moins.
08:05– Absolument.
08:06Et donc là, cette pause, elle pourrait servir aussi à ce que Yann Lequin, par exemple,
08:09appelle faire un peu de capture réglementaire pour arriver à mettre des bâtons réglementaires
08:16dans les roues de cette concurrence.
08:17Parce que la réglementation, ce n'est jamais un problème quand tu vaux 500 milliards.
08:21C'est un problème quand tu n'en vaux qu'un.
08:24Et là, c'est intéressant parce que tout à coup, à qui est-ce que ça nuit ?
08:27Eh bien, à Jensen Wang.
08:28Parce que Jensen Wang, lui, il faut se souvenir qu'il a lâché quoi ?
08:3110 ou 15% des bénéfices de ces dernières puces
08:36pour que Trump lui permette de les exporter en Asie en général et en Chine en particulier.
08:41Enfin, c'est quand même très compliqué.
08:43Parce que tu parles de Jensen Wang, il ne fait pas que des puces.
08:45Jensen Wang, c'est devenu l'argentier, c'est devenu la bande centrale de l'IA.
08:48Donc, c'est lui qui distribue de l'argent à des gens qui vont lui racheter ces puces.
08:53Ou des crédits de cartes, des crédits de GPU, quoi.
08:57Exactement.
08:58Et donc, on voit qu'on est sur un débat assez compliqué
09:00et qui, en tout cas, les mobilise.
09:02Parce qu'on a vu, de fait, tu vois, Trump qui appelle Jensen Wang sur scène d'une conférence.
09:06On a vu que Sam Altman était allé voir Trump.
09:08Un truc qui est monté toute pièce.
09:10On n'en sait rien parce que Trump, il répond au téléphone, mais il appelle aussi.
09:15Et comme par hasard, ça arrivait quand Jensen était sur scène.
09:20Il le met directement, sans savoir ce que va lui dire l'autre,
09:22il le met directement sur son micro.
09:24Tu vois, ça devait dire, je vais appeler, je vais dire ça.
09:26Ok, allez, vas-y, appelle-le.
09:27Oui, mais dans le même temps, on a vu Sam Altman aller voir Trump en backstage
09:30dans l'espèce de simili convention républicaine à Dallas.
09:34C'est quand même, on sent que ça les mobilise.
09:37Alors, pour quelles raisons intrinsèques ?
09:39Ça, c'est un petit peu plus compliqué.
09:40Mais je pense que les deux réalités peuvent cohabiter.
09:42Mais est-ce que malgré tout, Luc, après Fred, évidemment, tu prendras la parole,
09:47mais est-ce que malgré tout, Luc, tout ça est un petit peu comme une espèce de séisme
09:51qui doit quand même ouvrir les yeux un peu à tout le monde,
09:54peut-être ralentir sur certains modèles ou même réguler
09:59et essayer de fixer des garde-fous ?
10:02C'est d'ailleurs ce qu'a proposé Satya Nadella chez Microsoft.
10:06C'est lui, il a dit un code de bonne conduite.
10:08Un code de bonne conduite, c'est ça.
10:10Bon, ce qui est sûr, c'est qu'enfin, on ouvre les yeux sur les capacités extraordinaires de ces outils.
10:16C'est-à-dire que ces outils ont des capacités extraordinaires
10:18et nous pouvons, nous, parce qu'on tient le manche des outils,
10:22faire des choses absolument très bonnes ou très mauvaises avec ces outils.
10:26Et donc, on s'ouvre les yeux, on est en train de s'ouvrir les yeux.
10:28Donc ça, c'est très bien.
10:30Par contre, la régulation, c'est une super idée.
10:33Et évidemment qu'il faut réguler à un moment ces IA,
10:35parce qu'évidemment qu'on peut les utiliser à bon et à mauvais escient.
10:38Le problème de la régulation et de la pause en particulier,
10:41c'est que la pause ne peut pas marcher
10:42parce qu'il y aura toujours quelqu'un à quelque part qui ne pose en bas.
10:45Ça, il faut bien en être persuadé.
10:47Oui, bien sûr.
10:47Les Cinois, les Nord-Coréens ou je ne sais qui ne feront pas la pause.
10:51D'accord ?
10:51Donc, par contre, la régulation, elle va arriver quand on commence à comprendre.
10:55Et là, on commence juste à comprendre que les IA sont puissantes.
10:58On nous a raconté des balis verbes beaucoup pendant longtemps.
11:01On nous a raconté que ça faisait papa, maman, etc.
11:03Très bien.
11:04Bon, on s'est rendu compte que ce n'est pas si facile que ça.
11:06Mais maintenant, on se rend compte que quand c'est bien utilisé
11:09et qu'on s'est utilisé correctement,
11:11quand c'est utilisé, je veux dire, d'une manière dont on les comprend,
11:15on peut à ce moment-là faire des trucs super bien et des trucs super mal.
11:19Et donc, effectivement, ça va amener à un moment donné de la régulation.
11:21– Alors, toi qui baignes là-dedans, ce qu'on dit, c'est totalement de la science-fiction,
11:27l'extinction de l'humanité à cause de l'IA.
11:30Est-ce que c'est quelque chose qui pourrait arriver un jour, à ton avis ?
11:32Ou est-ce que c'est véritablement…
11:36Voilà, on est dans un film.
11:38– Tu peux imaginer programmer des IA pour aller dire,
11:41d'aller éteindre, d'aller couper ou polluer toutes les eaux du monde,
11:45aller faire en sorte qu'on n'ait plus d'énergie.
11:48On peut imaginer plein de trucs qui vont casser des systèmes.
11:51Et ça, on le voit très bien aujourd'hui en cybersécurité,
11:54on est capable de casser des systèmes.
11:55Donc, évidemment, les IA nous permettent de faire ça,
11:57parce que les IA nous permettent de faire les choses plus vite
12:00par rapport à ce qu'on faisait avant.
12:02Parce que la cybersécurité, c'est une course.
12:05Et évidemment, quand j'ai l'outil IA avec moi, je peux faire plus pour me défendre,
12:10je peux faire plus aussi pour attaquer.
12:12Donc, évidemment, si tu veux, par ricochet ou par des coups à trois bancs de billard,
12:19je peux certainement éteindre l'humanité.
12:21Mais ça veut dire simplement que je peux faire des grosses bêtises
12:24en coupant encore une fois l'énergie ou je ne sais quoi pour faire en sorte.
12:27Mais on ne peut pas imaginer le scénario à la Terminator
12:31où on va avoir des robots ou des machines qui vont se mettre à prendre des mitraillettes
12:36et qui vont se mettre à tuer les gens.
12:38D'accord ?
12:39Enfin, encore ça, c'est possible avec des drones et des choses comme ça.
12:41Mais, enfin, je veux dire, il faut remettre les pieds sur terre et ne pas être dans la science-fiction.
12:49D'accord ?
12:50C'est possible de faire des grosses bêtises.
12:52On peut certainement, si on veut vraiment tuer l'humanité,
12:56guetterie de l'humanité, je ne sais plus comment on dit,
13:00mais il y aura des gens aussi qui vont empêcher d'appuyer sur les boutons.
13:03– Parce que, ce qui est intéressant et ce que disent en fait tous ces patrons de l'IA aujourd
13:08'hui,
13:08c'est qu'ils ont peur que ça leur échappe
13:10et que finalement, l'IA dans une espèce de volonté de perfection
13:17en se disant que finalement l'humain n'est qu'un petit détritu qui ne sert à rien
13:21pourrait prendre l'initiative d'éteindre la race humaine.
13:26Mais quand tu dis tout ce que tu viens de dire,
13:29ça serait une décision humaine,
13:31ça ne serait pas l'IA en fait qui prendrait cette décision ?
13:34– L'IA est une autre image.
13:35Les IA aujourd'hui se sont basées sur des modèles.
13:37Ces modèles, ce sont des datas, des données qui existent,
13:40des données de l'humanité, d'accord ?
13:42Et donc, ces IA sont aussi imparfaites que nous, d'accord ?
13:46Donc, elles sont biaisées, elles sont tout ce qu'on veut
13:47et évidemment, on peut prendre des sous-ensembles qui sont encore plus biaisées, etc.
13:50C'est ce qu'on voit avec Grock et avec d'autres.
13:52Donc, ces IA, elles sont imparfaites et on peut les détourner.
13:56Par exemple, l'histoire de ce qui s'est passé au mois de juillet,
13:58de l'attaque de OpenAI de GIMFACE,
14:05à la fin de la fin, on s'est rendu compte que,
14:08quand c'est sorti le carcan dans lequel c'est censé être,
14:11c'était une erreur humaine.
14:12Mais c'était une erreur humaine qui était dans le modèle
14:18qui était fait par les humains.
14:19Parce que, encore une fois, les modèles ne sont que la réflexion
14:22de l'humanité, de nous-mêmes.
14:24Et donc, évidemment, on a toujours l'opportunité d'appuyer sur le bouton.
14:30L'IA ne va pas décider à un moment de faire quelque chose toute seule.
14:33L'IA ne décide de rien.
14:35Il y a quelque part dans la chaîne un début.
14:37Et le début, c'est nous.
14:39Alors oui, avec des idéages antiques,
14:40ça peut être difficile de trouver exactement où est l'humain.
14:42Enfin, la première, la genèse.
14:45Oui, on va dire le point de départ.
14:48Le point de départ, c'est peut-être un peu difficile de trouver
14:50parce qu'on peut orchestrer plein d'agents
14:53qui vont faire plein de choses et qui s'alimentent eux-mêmes.
14:56Mais au début, tous ces agents ont été créés par des humains
14:59avec des données qui viennent des humains.
15:01Et il y a quelqu'un qui a dit,
15:03je veux que mon orchestration se passe comme ça.
15:05Et après, on peut faire du random aussi.
15:08Et faire du random, ce serait la plus grosse bêtise qu'on peut faire du hasard.
15:11On dit, fais ce que tu veux.
15:13Et là, fais ce que tu veux.
15:14Là, on est débile, ils ont fait ça.
15:16Mais on peut le faire.
15:17Yann Lequin qui a une très bonne expression.
15:19Il dit, c'est comme si on avait dit à un pilote automatique d'un avion,
15:23écoute, va écraser l'avion.
15:24Et puis, en même temps, on débranche des systèmes de sécurité anti-crash.
15:29Il dit, c'est exactement ça.
15:30Et juste deux choses.
15:31La première, quand on revient sur l'humanité va disparaître,
15:35on voit, il y a beaucoup de gens qui aiment bien donner une échéance.
15:38Voilà, 2040, l'humanité, mais sans aucune rigueur scientifique derrière.
15:42Et là, il n'y a aucune rigueur scientifique derrière.
15:44Deuxième chose, quand on parlait de régulation,
15:46moi, pour moi, aussi, ce qui se passe avec OpenAI et tout ça,
15:49c'est pour dire, regardez, nous, on est irremplaçables aujourd'hui.
15:53On sera les seuls capables de maîtriser tout ça.
15:57Et donc, il faut faire une régulation.
15:58Mais attention à notre taille.
16:01Exactement, et tu sais, ce qui a dit Coxon, c'est très intéressant,
16:06parce qu'il a dit, il faut réguler, il faut avoir une régulation.
16:09C'est ce qu'a dit après le gars qui l'a repris au bon et qui a dit la
16:12même chose.
16:13Mais il a dit aussi, ça va être du temps à mettre en place la structure de régulation.
16:18Et donc, en attendant, il faudrait que ce soit nous quatre, les gros, qui régulons.
16:24Oui, et ça serait pratique.
16:26Oui, c'est pratique.
16:27Mais avant tout, tu l'as dit à un moment, c'est aussi, enfin avant tout,
16:30parmi les arguments, c'est aussi pour écarter les modèles chinois.
16:34Évidemment.
16:35Ils sont en train d'avancer.
16:36On voit beaucoup d'entreprises qui commencent à les trouver hyper intéressants,
16:39qui les mettent, GingFace.
16:41Et pour l'histoire, je reviens juste un instant sur l'histoire de GingFace,
16:43parce que c'est très intéressant.
16:44Toute l'attaque d'OpenAI, enfin d'OpenAI, c'était pas OpenAI qui voulait attaquer GingFace,
16:48mais de ces agents qui se sont un peu échappés de leur bac à sable pour aller sur GingFace,
16:52tout ça est très documenté.
16:54Et on voit qu'en fait, si les ingénieurs qui avaient un peu lancé tout ça,
16:58avaient mieux contrôlé, avaient suivi les travaux qu'ils avaient eux-mêmes lancés,
17:02ils auraient vu que les agents étaient en train de bifurquer, de faire des bêtises.
17:06Donc, il leur a arrêté.
17:07Donc, ils ne l'ont pas fait de façon...
17:09Enfin voilà, il y a eu ce manque, quand même ce manque criant de contrôle.
17:14Oui, mais il y a eu quand même une initiative de la part,
17:16des initiatives de la part de Césia, visiblement,
17:18qui se sont concertées, je ne sais pas si tu...
17:21Et après, on donnera la parole à Cédric.
17:23Ces initiatives dont tu parles, elles sont intrinsèquées dans les modèles.
17:27Parce qu'on a demandé à Césia d'utiliser des modèles de piratage.
17:31D'accord ?
17:32Et donc, elles ont utilisé des trucs, des méthodes qu'on avait déjà utilisées dans le passé.
17:35Et elles ont utilisé, elles peuvent en essayer plein en même temps.
17:38Et puis, elles vont se disséminer à une vitesse folle.
17:41Et donc, elles peuvent utiliser, effectivement, ces méthodes à l'infini.
17:45Oui, donc c'est des initiatives, mais pilotées par l'humain, finalement.
17:48En tout cas, elles étaient dans une espèce de carcan.
17:52Au départ, tu pilotes.
17:53Il y a quelqu'un qui appuie sur le bouton.
17:54C'est obligé.
17:56Cédric, ce qui est intéressant, c'est quand même que c'est l'appel des braves, tout à coup.
18:00C'est-à-dire que tu as Sam Altman, Dario Amodei et Elon Musk,
18:03qui, tout à coup, sont d'accord sur quelque chose.
18:04C'est signe, quand même, qu'on est à un moment chargé.
18:07Oui, il y a un truc bizarre, quand même.
18:08Il n'y a pas à un moment chargé dans la marge de l'humanité.
18:09C'est un code de bonne conduite, mais qui se met légèrement,
18:11qui fait un pas de côté par rapport à eux.
18:13Oui, enfin, il s'envoie même des messages pour dire,
18:16je suis d'accord avec ça et ça.
18:17Déjà, c'est quand même énorme.
18:19Mais après, il faut quand même arriver à gagner en cohérence.
18:21Parce que le même Sam Altman, qui demande tout à coup qu'il y ait de la régulation,
18:26le même, il fait du lobbying à Bruxelles
18:28pour arriver à adoucir l'AI Act européen.
18:32Donc, il y a une question de cohérence de discours, déjà.
18:35Silence assourdissant des acteurs européens, enfin, de l'Europe.
18:38Alors, Mistral a lancé un petit message à ce qu'on disait tout à l'heure,
18:41en disant, écoutez, laissez-nous travailler.
18:43Tout ça, c'est un peu tout ce qu'on dit là.
18:45C'est un peu ce bullshit américain.
18:47Sur la régulation, je vous invite à regarder aussi un article.
18:49C'est Lina Khan, vous savez, c'est l'ex-présidente de la FTC,
18:52qui a dit, mais elle a rappelé que les autorités disposent déjà
18:55des outils juridiques nécessaires pour poursuivre les entreprises et leurs PDG
19:00en cas de mise sur le marché de produits dangereux.
19:03Elle dit, ça existe déjà, ça.
19:04C'est même quelque chose qu'elle utilisait en 1934
19:07contre un fabricant qui lui-même utilisait des outils de concurrence déloyale,
19:13qui faisaient des démarches à la limite de la légalité.
19:17Elle dit, aujourd'hui, lorsqu'on force ses concurrents à adopter des méthodes
19:20qui réprouvent moralement pour ne pas être distancés,
19:23cette logique s'applique parfaitement à tout ça.
19:26Je suis d'accord avec Lina Khan.
19:27Le meilleur moyen de réguler quoi que ce soit dans le numérique,
19:31que ce soit de l'IA, que ce soit les réseaux sociaux aussi,
19:33c'est tout à coup qu'il y ait un CEO qui sort avec des menottes au poignet.
19:37Parce que là, tout à coup, pour l'instant,
19:39on n'a que des pénalités qui sont financières.
19:41Alors tu dis, voilà, on a pris 500 millions à Meta.
19:45OK. Le lendemain, c'est oublié.
19:47C'était l'argent qui était dans les coustants du canapé.
19:51Et donc, je suis d'accord à Lina Khan là-dessus.
19:53Après, dire qu'on peut avoir un levier réglementaire de 1934...
19:59Je comprends le truc, mais surtout, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
20:01Dans le procédé de jurisprudence, ça marche comme ça.
20:04Après, je pense, et je reviens sur ce que disait Luc dès le départ,
20:06ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas...
20:09Tout ça, c'est plutôt pas mal aussi.
20:10Ça va faire avancer le débat sur la régulation.
20:13Tout le monde va s'y intéresser un peu plus.
20:15Les entreprises, quand elles vont voir ces acteurs-là,
20:18vont vous dire, attendez, moi, il faut que ce soit bien délimité.
20:21Il faut que tout ça soit bien clair.
20:24Donc là, c'est bien.
20:25Ça va amener ça.
20:26Maintenant, le faire comme ça, en tirant son aide d'alarme,
20:29en disant, si on ne fait rien, ils vont tous nous dire...
20:30Enfin, on est dans Terminator, Matrix, tout ce que l'on veut.
20:34Voilà, c'est un peu...
20:35Après, voilà, on en parle.
20:37La question, c'est de savoir comment tu régules.
20:39Quand tu regardes de grands marchés qui peuvent avoir de grands effets,
20:42je pense à l'automobile, par exemple.
20:44Évidemment, au début, tu avais un marché foisonnant de l'automobile.
20:46Tout le monde faisait des voitures.
20:47Il y avait des accidents.
20:48Bon, c'était regrettable.
20:49Et puis, un jour, on s'est mis à réguler comment...
20:51Enfin, on s'est mis à imposer aux constructeurs de faire des crash-tests,
20:55de suivre des normes, etc.
20:57La question, c'est quelle voie de régulation on va ?
20:59Est-ce que c'est juste une régulation de la responsabilité ?
21:01Où on dit à ces labos, vous sortez des trucs.
21:04S'ils font des trucs qui partent de travers, c'est pour vous.
21:07C'est compliqué en termes de responsabilité.
21:09Ou alors, est-ce qu'on régule a priori ?
21:10Il y a beaucoup de gens qui, on l'a vu même pour les moteurs de recherche,
21:13pour les réseaux sociaux, demandent à ce qu'on valide le code au fur et à mesure.
21:16Et ça, on sait, je vois Luc qui se coulent la tête.
21:19Ben oui, on sait que ça, ça ne marche pas.
21:21On ne peut pas, tu ne peux pas dire...
21:24Même le code de ton moteur de recherche favori, il a changé cinq fois depuis hier.
21:28On ne peut pas faire des barrières réglementaires,
21:31comme on le faisait pour des produits industriels
21:33qui ont, si tu veux, un temps entre la conception, la fabrication, etc.
21:37Où là, tu peux prévoir ce temps-là.
21:38Ce temps-là, il n'existe pas en technologie.
21:40– Luc, est-ce que tu es inquiet concernant l'avenir ?
21:43On a bien compris que tu...
21:44Voilà, on ne va pas être...
21:45L'humanité ne va pas s'éteindre tout de suite.
21:47Mais malgré tout, est-ce qu'il y a des signes qui t'inquiètent ?
21:51– Tu sais, moi, je dis la même chose depuis des années,
21:53et tu le sais très bien, je te le répète sur ton plateau tout le temps.
21:57Je ne suis pas inquiet.
21:58Moi, je suis plus inquiet par le fait que l'humain ne s'éduque pas
22:02à l'utilisation de ces outils que de l'outil lui-même.
22:06D'accord ?
22:07Je pense qu'il y a un minimum d'éducation qui nous permet justement
22:11de faire les bons choix de réglementation, par exemple de régulation.
22:17Il faut être éduqué pour réguler.
22:19Et le problème qu'on a aujourd'hui, c'est que ces IA,
22:21étant super faciles d'utilisation, étant donné qu'il n'y a pas d'interface,
22:24globalement, puisque ces IA génératives, je leur parle en anglorel,
22:28et tout le monde peut les utiliser.
22:29Et donc, le fait que tout le monde puisse les utiliser,
22:31ça veut dire qu'elles sont trop accessibles.
22:33Et du coup, elles sont accessibles sans aucune éducation.
22:36Et ça, c'est mon problème.
22:37Mon problème, c'est un problème d'éducation,
22:38ce n'est pas un problème de l'IA ou des autres outils technologiques.
22:41Et puis, peut-être aussi, il faudrait avoir quand même des initiatives politiques
22:45sur ce sujet, parce que c'est vrai que les politiques sont complètement,
22:50je trouve, moins à la traîne sur ces sujets-là.
22:52Ce n'est pas une grande nouveauté de dire que des politiques sont à la traîne
22:55de la technologie, tu sais.
22:56Ça s'est arrangé avec le temps.
22:58Mais je te rappelle que le président qui est aujourd'hui président de la France
23:02est le premier président qui a eu un PC sur son bureau en France.
23:05Oui, oui, oui, c'est clair, c'est clair.
23:06On avance.
23:08Bon, ben voilà ce qu'on pouvait dire, en tout cas, sur cette saga qui se poursuit.
23:12Mais c'est vrai que le message a un petit peu changé par rapport à hier,
23:16si vous étiez avec nous hier.
23:19On le lançait déjà un peu hier, mais on voit quand même tout le stratagème
23:23qui a été mis en place, même si, Cédric, voilà, tempère tout cela.
23:28Non, mais le fait que la peur serve les intérêts à Maltmann
23:30ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir peur.
23:32Non, non, non, c'est clair, c'est sûr.
23:37Voilà, 19h31 sur BFM Business, très belle soirée, merci d'être avec nous,
23:41merci de nous avoir choisis, vous le savez, chaque soir, on est là,
23:4419h20h30, on parle tech dans Tech & Co,
23:47avec, évidemment, ce soir, Cédric Ingrand qui est avec nous,
23:51nous avons aussi Luc Julia qui est en visio, Frédéric Simotel,
23:55et on va s'attaquer quand même à un gros morceau, c'est le cas de dire,
23:58puisque, on va parler de trucks, vous savez, ces gros camions qui,
24:03eh bien, existent déjà aux Etats-Unis, les camions électriques de Tesla existent déjà,
24:08eh bien, ils arrivent en Europe, et ça arrive à Hanovre,
24:12puisque c'est à Hanovre que Tesla a décidé de mettre en rodage un petit peu son semi,
24:19il s'appelle comme ça, 550 km d'autonomie, la recharge jusqu'à 800 kW,
24:25c'est un joli bébé quand même,
24:28on peut le dire, je ne sais pas, Frédéric, si tu veux t'en acheter un tout de suite ou
24:31non ?
24:33J'attendrai de voir l'intérieur, la cabine et tout ça.
24:37Exactement.
24:37Mais oui, ce qui est amusant, c'est qu'on le voit en photo,
24:40si vous nous regardez en télé, ça ressemble à un semi-remort classique,
24:43mais la cabine est beaucoup plus moderne.
24:47Eh bien, justement, on va en savoir un petit peu plus avec ce reportage
24:49à Hanovre de Julien Bonnet avec Jean-David Duarte et Justine Vasson,
24:53et après, on revient sur ce plateau.
24:55Elon Musk parlait déjà de son semi en 2017.
24:58Cette année, il est enfin produit à grande échelle dans le Nevada,
25:02et aujourd'hui, voilà donc dévoilé sa version européenne,
25:059000 kg à vide, 550 km d'autonomie,
25:09trois moteurs électriques installés sur les essieux arrière,
25:11le premier camion 100% électrique de Tesla est reconnaissable par son long-né,
25:16un profil aérodynamique futuriste que Tesla a pu finalement conserver pour l'Europe.
25:20La réglementation autorise maintenant un allongement des cabines pour les véhicules zéro émission.
25:25Le constructeur n'a pas encore donné de prix pour son semi-européen,
25:29mais il devrait s'avérer très compétitif,
25:32de quoi faire trembler les fabricants européens historiques,
25:35qui voient aussi la concurrence chinoise frapper à leurs portes.
25:38BYD, par exemple, est sur le créneau.
25:40Ces nouveaux entrants pourraient s'accaparer 30% de parts de marché en Europe d'ici à 2030.
25:47Voilà, est-ce que Elon Musk va réussir son pari à rendre électrique, en fait, le transport routier ?
25:55D'abord, il arrive sur un marché où il y a déjà des plaintives.
25:58Mercedes en fait, Volvo en fait.
26:01C'est vrai qu'il a été annoncé depuis tellement longtemps que...
26:04On l'avait oublié.
26:04On l'avait un peu oublié.
26:05C'est un peu le problème de Musk, tellement longtemps qu'il a annoncé le Roadster
26:10que ça y est, le 1er octobre, paraît-il.
26:13Moi, j'aime bien la cabine, ce truc où tout à coup,
26:15ça règle en plus les problèmes de vente avec volant à droite, volant à gauche.
26:19Le volant est au milieu, donc au moins, ça a le mérite de la simple discipline.
26:22Ça fait une grande cabine, ça a l'air chouette.
26:25Ce que ça va changer d'abord, c'est que tu vas pouvoir faire à terme du transport en convoi.
26:31C'est-à-dire qu'il y aura un conducteur dans le premier camion,
26:33et puis il y en a deux, trois ou quatre qui suivront derrière.
26:36C'est des trucs qui vont quand même avoir de très, très larges impacts.
26:38C'est-à-dire que ceux qui sont derrière n'auront pas de pilote ?
26:40Oui, évidemment.
26:42Si tu peux le faire avec une voiture, pourquoi pas le faire avec un camion ?
26:47Mais le sujet le disait bien, il manque quand même une variable de l'équation, c'est le prix.
26:51Quand il l'avait annoncé en 2017, Musk disait 150 000 dollars.
26:55Aujourd'hui, la version grande capacité est plutôt à 290 000 aux Etats-Unis.
27:00Mais là aussi, de toute façon, c'est une équation économique que les transporteurs savent très bien faire.
27:04Ils savent très bien ce que ça va coûter au kilomètre.
27:07Oui, parce que c'est du leasing en plus la plupart du temps, tous ces véhicules.
27:10Oui, mais peu importe.
27:11En fait, tu calcules un coût au kilomètre, un coût au kilo transporté.
27:14Et c'est ça qui va te donner à la fois l'impact pour les transporteurs,
27:17et puis l'impact au final pour le consommateur.
27:19Parce que si tu as reçu quelque chose dans ta boîte OLED ce matin,
27:23ou si ça t'a été livré, c'est que c'est passé dans un ou plusieurs camions.
27:25Et donc, ça peut avoir un impact sur des produits de grande consommation au final.
27:30Non, c'est intéressant.
27:31Après, on n'est qu'au début de l'histoire.
27:33Je crois qu'il y a quoi ?
27:33Il y a 730 bornes pour camions en Europe aujourd'hui.
27:37Pour que ça se développe, on estime qu'il en faudrait 35 000.
27:39Donc voilà, ça aussi, ça a un coût.
27:42Ça s'accélère largement.
27:43Parce que comme tu disais, il arrive quand même sur un marché bien implanté.
27:48Je crois que Volvo Trucks, c'est 1 000 camions électriques vendus en Europe depuis 2020.
27:53Mercedes-Benz, c'est 500 camions.
27:55Renault Trucks, qui appartient à Volvo, c'est 200 camions E-Tech.
28:00Oui, donc pour l'instant, c'est anecdotique.
28:01Mais c'est en train d'augmenter.
28:03C'est-à-dire notamment tout ce qu'on entend aujourd'hui,
28:05les histoires de pétrole plus cher et tout ça.
28:07Le camion est plus cher.
28:08Les camions sont 2 à 3 fois plus chers, 250 000 à 300 000 euros.
28:11La maintenance, par contre, on y gagne, évidemment.
28:14On donne une rentabilité à peu près qui est à peu près identique, à 6-8 ans.
28:18Parce qu'évidemment, c'est le nombre de fois où l'on roule.
28:20Après, on verra l'histoire des chauffeurs autonomie.
28:22Mais voilà, après, ce n'est pas la même chose qu'un marché du particulier.
28:27C'est-à-dire que là, toute la logistique, c'est des gens qui se connaissent parfaitement,
28:32qui connaissent les filières, à la fois pour le financement, à la fois pour la maintenance,
28:36à la fois pour la distribution.
28:37Enfin, tout ça, c'est assez...
28:39En Europe, et puis c'est aux mains des Suédois, des Allemands et tout ça.
28:43Alors, on pourra dire, c'était la même chose pour les voitures.
28:46Oui, les camions, c'est un autre univers.
28:48Donc, pour moi, ça va être un peu plus compliqué.
28:49Il faut vraiment qu'il arrive vite avec ses chargeurs, ses superchargeurs.
28:52Parce que c'est peut-être ça qui fera un peu le déclic.
28:55Après, les superchargeurs sont compatibles, non ?
28:57Avec ses véhicules.
28:58Oui, mais c'est pas assez puissant.
29:00Vu la capacité des batteries, il faut des chargeurs à 800 kg, voire même à 1 MW.
29:05Ça nécessite donc des travaux de structure qui sont monstrueux.
29:09Tu sais, que tu vas sur des pompes d'autoroute,
29:12t'as les pompes pour voiture et puis les pompes pour camion.
29:13Elles n'ont pas le même débit.
29:15Il y a une raison à cela.
29:16En plus, c'est 2 à 3 tonnes de batterie que tu tramales aussi, en plus.
29:19On 36 tonnes, déjà 33 tonnes.
29:21T'as intérêt à avoir de bons freins, quand même.
29:24Luc ?
29:25Alors, ton point de vue là-dessus ?
29:27Tu sais, j'ai pas grand-chose à dire.
29:29Je pense qu'entre Frédéric et Cédric, ils ont à peu près tout dit.
29:33C'est un nouveau marché, c'est quelque chose, c'est une question économique.
29:36Ça a mis 10 ans à arriver par rapport à son annonce.
29:39Son annonce, évidemment, il y avait aussi la partie autonome.
29:42Il n'y a plus de la partie autonome pour l'instant.
29:47Donc, bon, voilà, c'est rigolo.
29:49C'est vrai que le volant du milieu, j'aime bien.
29:51J'aurais bien aimé qu'en Europe, il y ait aussi la cabine derrière et la couchette.
29:54Mais sinon, c'est pas grave.
29:57Alors, deuxième actualité liée à tout ça, on s'est dit avec Frédéric qu'on allait vous faire une spéciale
30:02transport routier.
30:03C'est rare, hein, dans Takenco, mais là, il y avait des trucs à raconter.
30:05Je ne sais pas si vous connaissez la boîte qui s'appelle Enride, qui est une entreprise suédoise, qui a
30:10été fondée à Stockholm il y a une dizaine d'années,
30:12et qui est spécialisée justement dans le transport routier électrique et autonome.
30:15Et là, ils viennent de passer un accord, un partenariat avec Lidl.
30:20Et là, alors, on va vous montrer des images si vous êtes avec nous à la télé.
30:24C'est vraiment étonnant et ça fait même un peu peur.
30:26C'est-à-dire qu'il n'y a plus de cabine.
30:29En fait, le camion s'autopilote.
30:33C'est-à-dire que...
30:34On dirait un gros camion poubelle.
30:36Voilà.
30:37Parce que visiblement, il a cette...
30:38Mais il n'a pas de cabine, en fait.
30:39Mais il n'a pas de cabine.
30:40Il n'a pas de cabine.
30:41Alors, il a un avant, quand même.
30:42Il a un avant, parce que j'imagine qu'il y a les capteurs, etc., etc.
30:45C'est assez impressionnant.
30:48Et donc, pour l'instant, ce sont des expérimentations.
30:51C'est quand même une autonomie de niveau 4.
30:55Et donc, voilà, ça va être un petit peu lâché dans la nature en Allemagne.
30:59Partenariat, donc, avec Enride et Lidl.
31:02Alors, Lidl dit un truc intéressant.
31:05Ils disent, aujourd'hui, on a un vrai problème.
31:06C'est la pénurie de chauffeurs routiers.
31:08Et là, ça règle quand même ce problème, effectivement.
31:13Mais ça ne peut pas aller à un point B comme ça n'importe où.
31:17Donc, pour l'instant, ça va être, on va dire, des trajets qui vont être maîtrisés,
31:21qui seront toujours les mêmes.
31:22Des choses assez techniques, finalement.
31:25Mais, ça y est, c'est parti, quoi.
31:27Je ne sais pas ce que vous en pensez, Cédric.
31:28Ou sur les derniers kilomètres.
31:29Je parle beaucoup sur les derniers kilomètres.
31:30Oui, exactement.
31:31Parce que ça peut emporter une quinzaine de palettes, ce qui est quand même plutôt pas mal.
31:34C'est pas mal.
31:35Et alors, c'est vrai que pour l'instant, en tout cas, apparemment,
31:37il y a quand même un opérateur au bout qui peut, un peu comme pour les taxis autonomes,
31:40qui peut reprendre la main, qui peut...
31:42Parce qu'en fait, je pense que ce n'est pas tant le dernier kilomètre qui est un problème
31:45que les derniers 50 mètres pour savoir à quel endroit, du cas de livraison, tu te mets.
31:49Enfin, tu vois ce que je veux dire.
31:51Mais, oui, ça, c'est des choses qui sont appelées à se développer de manière presque mécanique.
31:56Parce qu'en plus, c'est des choses qui peuvent faire plusieurs rotations par 24 heures,
31:59qui peuvent...
32:00Ça peut changer la façon dont aussi tu réapprovisionnes tes magasins.
32:04Tu peux le faire...
32:05Réorganisation de tout le circuit logistique.
32:07Oui, voilà.
32:08Là, aujourd'hui, tu vois des très gros camions qui viennent moins souvent.
32:11Tu peux en avoir des plus petits qui vont venir plus souvent.
32:13Enfin, bref, ça peut avoir plein d'intérêts.
32:16Et clairement, c'est la marge de l'histoire.
32:18On a regardé avec François parce qu'on a essayé de fouiller un peu Enride.
32:22Alors, ils ont des accords avec Daftruck.
32:25Ils ont des accords avec Tesla aux États-Unis.
32:29Avec Scania, qui est une des marques du groupe Volkswagen.
32:33Voilà.
32:33Donc, la construction, visiblement, des camions serait avec ces entreprises-là.
32:37Et puis, derrière, ils mettent tout leur système.
32:40Mais c'est vrai que c'est...
32:41Ce qui est intéressant, c'est ce que tu disais.
32:43C'est qu'il y a l'aspect technologique.
32:45Alors, aller avec Lidl aussi, ce n'est pas anodin.
32:47Parce que Lidl est une grande entreprise d'innovation.
32:50Bien sûr.
32:50Il voudrait bien être le AWS européen.
32:53Il a investi un maximum des milliards dans le cloud, dans des centres de données.
32:57Donc, là aussi, comme AWS, l'un va servir l'autre.
33:03Mais c'est ça.
33:03Il ne faut pas juste voir ça comme une nouvelle forme de livraison.
33:06Parce qu'il va y avoir toute une réorganisation de la logistique.
33:10Et j'espère que tout le monde pense à ça aussi aujourd'hui.
33:12Parce que ça peut arriver assez vite, quand même.
33:16Alors, Luc, je ne sais pas si c'est un sujet aussi qui t'inspire.
33:18Parce que là, c'est un petit peu différent.
33:20Donc là, on est sur l'autonomie.
33:22C'est quand même assez maîtrisé.
33:23D'après ce que j'ai compris, en plus, c'est presque une expérimentation.
33:26C'est-à-dire que pendant quatre mois, il y aura des trajets courts qui seront faits avec ce véhicule
33:32pour déplacer à peu près 3000 palettes, pour voir ce que ça donne.
33:36Mais malgré tout, voilà, là, on passe à une nouvelle ère, quand même.
33:43Oui, enfin, c'est une nouvelle ère.
33:44Mais en même temps, c'est du niveau 4, comme tu disais tout à l'heure.
33:47Et le niveau 4, on l'a depuis longtemps maintenant, avec les taxis autonomes,
33:51avec ce qu'on voit à San Francisco et dans d'autres villes en Chine
33:56avec tous ces taxis, ces robotaxis dont on parle depuis maintenant deux ans, deux, trois ans.
34:02D'accord ? Donc, le niveau 4 est intéressant.
34:04Il demande d'avoir un opérateur, comme disait Cédric.
34:07Donc, il y a effectivement un opérateur, quelque part, qui n'est pas dans la cabine.
34:11Les cabines, d'ailleurs, n'existent plus.
34:12Ce n'est plus la peine qu'elles existent.
34:13Malgré la polémique qu'il y a en ce moment avec les Tesla, les Tesla robotaxis aux États-Unis,
34:18où il n'y a plus de volants et donc ça embête des gens.
34:20Mais si vous vous rappelez, vous avez certainement joué et utilisé les OUX à CES l'année dernière,
34:26enfin cette année.
34:27Et les OUX, ils n'ont pas de cabine non plus.
34:29Donc, c'est l'impression que la polémique, c'est le derrière et le derrière, c'est le derrière.
34:33Contrairement aux WEMO, qui, elles, ont toujours un volant qui tourne, en fait.
34:37Et d'ailleurs, c'est un mot parce que tu parlais du CES, les WEMO arrivent à Las Vegas, là.
34:41Ça y est, ils ouvrent Las Vegas.
34:43Ce qui est intéressant, c'est que toutes ces voitures, elles utilisent des technologies
34:45qui sont héritées de ce qu'on a vu sur les taxis autonomes.
34:48Moi, je regardais, il y avait, sur ce camion, il y a neuf caméras extérieures,
34:52six radars, quatre LIDA.
34:53Et c'est un truc qui, jusque-là, était un obstacle à son arrivée dans la voiture personnelle
34:57parce que ça a quand même un coût.
34:59Ce coût-là, sur un camion, il est presque totalement effacé.
35:01C'est presque totalement accessoire.
35:03Luc, tu termines ce que tu étais en train de dire.
35:06Oui, je dis juste que cette technologie, en fait, n'est pas étonnante, d'accord ?
35:09Parce que le niveau 4 est quand même maîtrisé depuis un petit moment.
35:12Ça a du sens de faire des trajets, des trajets courts,
35:15le dernier kilomètre dont vous parliez avec ce genre de véhicules.
35:20Ça va être exceptionnellement utile.
35:22Et effectivement, ça va changer la façon dont on va pouvoir approvisionner les villes,
35:27surtout, et ces derniers kilomètres.
35:29Donc, très intéressant.
35:33Et je pense que ça va être des problèmes de régulation.
35:36On a vu qu'en France, maintenant, on autorise les véhicules autonomes au niveau 4.
35:43Petit à petit, ça va arriver dans tous les pays d'Europe.
35:45Et Stellantis, d'ailleurs, a annoncé aujourd'hui même ses ambitions dans l'évraison autonome
35:51avec un constructeur chinois qui s'appelle Yuki Ai Robotics,
35:54qui est une des filiales de Yubi Robotics, alors, oui, c'est ça, une filiale de Ubitech.
36:01Ubitech, qu'on a vu au CES aussi, qui fait des robots humanoïdes,
36:04qu'on fait avec Fox Money, tout ça.
36:06Eh bien là, ils ont appelé leur véhicule le BOW, c'est Box on Wheels,
36:10donc une boîte sur roues, ça vient de dire ce que ça veut dire.
36:13Et Stellantis, donc, est en train de travailler avec eux,
36:15un prototype de livraison autonome.
36:16Il a l'air un peu moins grand que celui-ci, quand on le regarde en image,
36:20mais on voit que, voilà, tout le monde se lance.
36:22Et moi, tout d'un coup, j'ai un petit déclic quand on regardait ça.
36:26Je me souviens que la première fois où on parlait des véhicules autonomes,
36:29il y a quelques années déjà, le temps passe,
36:32mais moi, je me dis toujours, ça marchera avant dans la livraison,
36:35enfin, dans tout ce qui est transport.
36:38Oui, avant les humains.
36:40Avant les humains, parce que, voilà, et on pourra en reparler
36:42avec l'île de France, qui veut aussi dire que ça.
36:44Oui, on va en parler tout de suite.
36:45Et ça paraît tellement évident aujourd'hui d'avoir ce type d'engin électrique,
36:51autonome, pour le dernier culmètre, pour tout ça,
36:54que, voilà, ils arrivent.
36:55Et rappelons quand même, le grand bénéfice de tout ça,
36:57c'est la diminution de tout ce qui est émanation de CO2, etc.
37:01Zéro émission à l'usage, oui.
37:02Enfin, voilà, on oublie de le dire, mais c'est évident aujourd'hui.
37:05Mais évidemment, quand le parc de ces véhicules électriques sera conséquent,
37:09ça fera autant moins de gros camions qui polluent, malgré tout.
37:12Même s'ils ont fait des gros efforts de dépollution.
37:17Justement, on parle de, maintenant, après avoir parlé du transport de marchandises,
37:21on va parler du transport d'humains,
37:23avec cette initiative intéressante d'Île-de-France Mobilité.
37:26Alors, Île-de-France Mobilité, vous savez, c'est quand même un gros mammouth.
37:30Voilà, ils s'occupent des transports à Paris et dans la région parisienne.
37:35Et ce qui est intéressant, c'est qu'ils ont annoncé,
37:38et bien vouloir mettre en circulation, dès 2028, des navettes autonomes.
37:45Alors, les premiers terrains sont à Paris-Saclay, à Saint-Quentin-en-Yvelines,
37:50et Versailles-Grand-Parc.
37:51Et donc là, ça serait, voilà, des minibus, après ce que j'ai compris, Fred,
37:55entre 8 et 12 places, sur des lignes peu fréquentées,
37:59notamment pour des gens qui travaillent en horaire à décaler.
38:01Alors, ça peut être des aéroports, Rungis, les hôpitaux, etc.
38:06Et alors, ce qu'il y a d'intéressant, et c'est pour ça qu'on passe quand même une
38:10étape,
38:10c'est que ça serait compatible avec le pass Navigo.
38:13C'est-à-dire que n'importe qui, finalement, pourrait dans sa, comment dirais-je,
38:17dans son scénario de transport, prendre un jour ou l'autre ses navettes
38:21pour terminer, en fait, aller à l'hôpital, aller à Rungis, par exemple, etc.
38:27Alors, ça n'irait pas n'importe où, c'est-à-dire que ça serait toujours...
38:30Oui, on ne peut pas encore la commander avec son mobile.
38:33Voilà, ça serait toujours d'un point A, un point B,
38:35parce que c'est ce que fait, finalement, déjà, en fait, les bus, les métros et les tramways, finalement.
38:41Ils partent toujours d'un point A, un point B.
38:43Enfin, Luc, quand ça marche, parce que, visiblement,
38:45Luc aurait dû être avec nous sur le plateau de Tech & Co ce soir,
38:48il est en visio, parce que la ligne 8, qui est à quelques centaines de mètres ici,
38:52n'était pas autonome, ce soir, d'après ce que j'ai compris.
38:55C'est bloqué.
38:56C'est ça.
38:58Tu voulais réagir là-dessus, Luc ?
39:00C'est intéressant avec ce qui se passe.
39:02Vous vous rappelez, certainement, il y a eu plein d'expérience,
39:04sur le pont d'Osterlitz, il y a une dizaine d'années,
39:07il y avait cette petite navette qui allait d'un côté et de l'autre du pont,
39:10qui était une navette RATP, vous vous rappelez peut-être de ça,
39:12c'est une boîte autonome.
39:14Encore, elle faisait 100 mètres de distance, mais c'était rigolo,
39:18ça montrait déjà qu'il y avait quelque chose de là.
39:20Et puis, vous vous rappelez peut-être de ce qu'a fait Renault à Roland-Garros l'année dernière,
39:25où il y avait des navettes autonomes dans Roland-Garros pour déplacer des gens.
39:31Donc, d'un point A à un point B, encore une fois, on sait faire.
39:34Et ça a complètement du sens d'avoir ces petits véhicules.
39:37Vous vous rappelez à la Défense, s'il y a eu quelque chose pendant un petit moment.
39:40Donc, on avait tout ça.
39:41Alors, il y avait toujours de bonhommes à l'intérieur.
39:43Là, il n'y aura plus de bonhommes à l'intérieur,
39:44parce qu'on est capable d'avoir les capteurs et toutes les choses dont parlait Cédric tout à l'heure,
39:50les LiDAR, les radars et tout ça,
39:52qui permettent aujourd'hui de faire en sorte que ces véhicules,
39:56vu leur vitesse de déplacement, relativement sûre.
40:01D'ailleurs, je crois que si c'est les mêmes que les images que l'on voit sur scène,
40:05la Easy Mile, c'est eux aussi qui font la partie Roland-Garros.
40:08C'est vrai que c'est assez impressionnant.
40:11Mais moi, j'ai toujours en souvenir, Christophe Sapé, le patron de Navia à l'époque.
40:15Qui, évidemment, a disparu.
40:17A disparu, alors les navettes trop chères, arrivées trop tôt.
40:20Mais c'est vrai qu'avec Navia, on avait une vraie expertise quand même.
40:24Oui, et moi, je me souviens qu'il m'avait dit une fois,
40:25mais on est sur des appels d'offres face à des tramways, en Nouvelle-Zélande notamment.
40:29Ben oui, en journée, le matin, quand il y a beaucoup de monde,
40:32on en met les six navettes, enfin, ces six petits bus les uns derrière les autres.
40:36Dans la journée, on n'en met que deux parce qu'il y a moins de monde à traverser.
40:39On n'a pas à faire toute cette structure.
40:40Enfin, voilà, vous voyez toute la structure qu'il faut pour le tramway,
40:44amener du courant au-dessus, en dessous, partout,
40:46refaire des trottoirs spécifiques.
40:48Ben là, voilà, on commence à avoir cette réponse.
40:50Et je pense qu'avec le vieillissement des populations,
40:53il faut y réfléchir aussi parce qu'on va vivre sans doute,
40:57on l'espère tous vivre au-delà de 80 ans.
41:00On espère en bonne santé.
41:01Par contre, conduire, ça devient un peu plus compliqué.
41:04Et avoir ce genre de ne pas attendre les grands bus,
41:08ou aller courir à une station...
41:09L'idéal, ça serait d'avoir avec ton téléphone,
41:11pouvoir commander une navette.
41:13On y viendra, je pense qu'on y viendra.
41:15Et aujourd'hui, par contre, c'est toutes les régions qui doivent penser
41:17ce qu'elles doivent acheter pour les 20-30 ans.
41:20Fred, d'accord, mais la révolution, elle va être aussi sociale.
41:23Parce que ça veut dire qu'il n'y aura plus de chauffeurs.
41:25Ah ! Il restera des bus.
41:27Il restera des tramways, il restera des trains,
41:29il restera des métros. Là, c'est intéressant
41:31parce que le premier territoire d'expérimentation,
41:33c'est, j'ai envie de dire, au bout des lignes de train.
41:35Tu vois ce que je veux dire ?
41:36Oui, c'est le dernier kilomètre.
41:37C'est le dernier kilomètre après la dernière gare,
41:40la dernière du train de banlieue.
41:42Je vois très bien là où ça va tourner,
41:43pas loin de chez moi, dans Versailles-Grand-Parc.
41:45C'est des choses où il y a un bus le matin,
41:47un bus le soir.
41:48Si tu veux, il faut quand même avoir un peu de chance
41:50pour aller jusqu'à la gare la plus proche.
41:52Donc c'est intéressant.
41:53Du coup, moi, je suis un petit peu déçu
41:54par le manque d'ambition du projet.
41:57C'est-à-dire qu'on est en train de dire
41:58appel d'offres en 2027,
42:00première navette en 2028,
42:0220 navettes en 2029,
42:0420 millions d'euros,
42:05ce n'est pas une révolution.
42:07Je sais qu'évidemment, avant ça,
42:08on parle d'IA ou 20 millions d'euros,
42:10c'est rien.
42:12Mais ils ont tellement peur,
42:13parce que pour moi, la fiabilité technologique,
42:15on l'a.
42:17On pourra avoir différentes concurrences
42:19pour jouer sur les pieds et tout ça.
42:20Mais je pense qu'ils ont tellement peur
42:21de l'acceptation sociale,
42:23à la fois...
42:24Je pense à la fois...
42:25Les gens qui vont l'emprunter,
42:26mais je pense que l'emprunter,
42:27enfin, l'essayer, c'est l'adopter.
42:28Mais c'est tout ce que disait François.
42:30C'est les chauffeurs qui vont dire
42:31« Ben oui, nous, on devient quoi ? »
42:33Et bon, voilà, peu à peu si on leur dit ça.
42:34Mais cette transition va prendre du temps.
42:37Oui.
42:38Enfin, je ne sais pas si vous vous souvenez,
42:39quand les Uber sont arrivés,
42:40notamment à Paris,
42:42ça a été...
42:43Les métros autonomes.
42:45Une vraie révolution.
42:46Les taxis, arrêtaient les Uber,
42:48enfin, ça a été terrible.
42:49Et on va vivre ça.
42:50Et il faut un temps long, malgré tout,
42:52pour que la transition se fasse, non, Luc ?
42:53Est-ce que...
42:54On parlait de ces petites navettes,
42:56mais je sais que tu ne crois pas
42:58aux véhicules autonomes
42:59qui rouleraient dans Paris.
43:03Ça va arriver ou pas ?
43:05Non, attention.
43:06Moi, je crois aux véhicules autonomes
43:07niveau 4.
43:08J'ai toujours dit,
43:09donc faisons attention,
43:11c'est niveau 5 qui n'existera jamais.
43:13Niveau 4, elle existe, elle existera.
43:15Et dans Paris ou dans les autres villes,
43:17le niveau 4 marche très bien.
43:18Et vous parlez des conducteurs.
43:20Effectivement, il n'y aura pas de conducteurs
43:22dans ces véhicules-là,
43:23mais il y aura des opérateurs.
43:25Alors, il y en aura moins,
43:26parce qu'un opérateur aura
43:27sous sa responsabilité plusieurs véhicules.
43:29D'accord ?
43:30On ne sait pas combien,
43:3010, 20, 30, 50.
43:32Mais il y aura quand même un nouveau métier
43:34qui est un métier d'opérateur à distance.
43:36Parce qu'il faudra les sortir de leur mousse
43:38de temps en temps quand ça va arriver.
43:40Parce que ça va arriver qu'il y ait des problèmes.
43:42Parce qu'on revient tout à l'heure...
43:43On peut imaginer que le rêve du patron d'Uber,
43:45c'est de ne plus avoir de chauffeur, par exemple.
43:47Et de se dire, ben voilà...
43:49Oui, mais il y aura des opérateurs.
43:50Il y aura des opérateurs.
43:51Il y aura des opérateurs, oui, oui, bien sûr.
43:52Mais ça coûtera beaucoup moins cher, je pense.
43:55D'accord, parce qu'on va diviser par 10, 20, 30, 50
43:57en fonction du nombre de véhicules
43:59qu'un opérateur peut commander
44:00par rapport à un chauffeur ou un...
44:02Oui, oui, c'est clair.
44:04Mais ce qui est sûr, c'est que, oui,
44:05ça va arriver dans toutes les villes.
44:09Et comme l'a dit Frédéric tout à l'heure,
44:11ce qu'on va voir, on va voir ces petits trains modulaires,
44:14d'avoir ces véhicules qui vont être modulés
44:18en fonction du trafic, en fonction des heures de la journée,
44:20où tu vas avoir un petit et puis six petits
44:23qui s'accrochent les uns aux autres.
44:24Et ça, ça va être intéressant,
44:26parce que ça va révolutionner aussi complètement
44:29les débits qu'on peut avoir.
44:31Là, aujourd'hui, mon exemple,
44:33où je n'ai pas pu venir vous rejoindre,
44:34j'ai essayé tous les moyens possibles.
44:36Les bus étaient complètement bloqués.
44:38La ligne 8 s'est cassée.
44:40Enfin bon, ce n'est pas possible.
44:42Il faut...
44:43Ce n'est plus possible de circuler dans Paris.
44:45C'est juste...
44:46Bon, écoutez, il nous reste cinq minutes.
44:48Je sais qu'on avait encore plein de choses
44:49à raconter là-dessus.
44:50On y reviendra.
44:51Mais j'aimerais qu'on évoque quand même
44:53le cas Micron,
44:55qui est très intéressant,
44:56parce qu'on se rend compte aujourd'hui
44:58qu'il y a énormément de boîtes
44:59qui, il y a encore quelques mois,
45:01gagnaient d'argent,
45:02mais gagnaient relativement peu d'argent.
45:05Et puis d'un coup, grâce à l'IA,
45:07le coût de la mémoire a explosé.
45:09Diverses mémoires, stockage, etc.
45:12Et ces boîtes-là se retrouvent
45:14assises sur des fortunes, véritablement.
45:17Et ça crée quand même des petites tensions,
45:18parce que ceux qui fabriquent
45:20toutes ces mémoires se disent
45:21« Mais attendez, j'aimerais bien
45:22qu'on partage un peu plus le gâteau. »
45:24On se souvient de l'anecdote,
45:25il y a quelques mois de cela,
45:26de SKNX et de Samsung,
45:29où les salariés de Samsung avaient dit
45:30« Attention, on va arrêter de bosser, les gars.
45:32Si on ne rediscute pas
45:34de la prime de plusieurs centaines
45:37de milliers de dollars
45:37que vous allez nous donner à chacun. »
45:39Et on parle de coréens
45:40qui te menacent d'arrêter de travailler,
45:41ce qui n'est pas rien.
45:42Ce qui n'est pas rien.
45:43Et Samsung a plié les Chines
45:45et a donné, je crois,
45:47plusieurs centaines de milliers de dollars
45:48à chaque salarié
45:49pour qu'il participe en fait
45:51à l'effort collectif
45:52et qu'il soit récompensé.
45:54Et bien là, maintenant, c'est Micron.
45:56Micron, c'est quand même
45:5815 000 employés à Taïwan.
46:01Et bien 80% sont syndiqués,
46:04en quelque sorte.
46:04Et là, on rentre dans une phase
46:06de discussion.
46:07Alors, il n'y a pas encore grève,
46:08mais les discussions auront lieu
46:09entre le 18 et le 21 septembre.
46:12Et si ça n'aboutit pas,
46:13ils menacent en fait
46:14d'arrêter la fabrication
46:16des DRAM et des HBM
46:18qui sont les mémoires.
46:20enfin, comment vous dire ?
46:22C'est un peu le truc
46:24label rouge
46:25que vous trouvez chez le Boucher
46:26qui est de la meilleure qualité.
46:28Voilà.
46:28Et donc, si on se retrouve sans ça,
46:30c'est compliqué.
46:31Et Jensen Yang, lui,
46:32ne va pas être content.
46:32En gros.
46:33Même s'il a besoin de RAM
46:34pour ses cartes.
46:35Mais je vois les négociations
46:36qui sont en cours.
46:37Apparemment, l'offre de Micron
46:39a été refusée.
46:40Ils proposaient
46:41des rémunérations totales
46:42équivalentes à 35
46:42à 68 mois de salaire
46:45pour ses salariés en production.
46:46Et ça, ça a été refusé.
46:47Ils demandent apparemment
46:4983 mois de salaire
46:50pour 2026.
46:52Enfin, bref.
46:52Ils demandent à ce que
46:5315% du résultat opérationnel
46:55soit signé à des primes.
46:57Mais le truc,
46:57c'est que 15% du résultat opérationnel
46:59de Micron
46:59sur un trimestre,
47:00ça fait 5 milliards de dollars
47:02de primes par trimestre.
47:04On va t'imaginer.
47:05Moi, j'aimerais bien voir
47:06l'ambiance chez Micron
47:07en ce moment.
47:07Ça va être ouf.
47:09Qu'est-ce que tu veux, chéri ?
47:10Deux maisons ?
47:11Il n'y a pas de problème.
47:11Attends deux, trois jours.
47:12On va y arriver.
47:13Et puis, Micron,
47:15tu disais des usines à Taïwan.
47:17Micron, ils ont des grosses usines
47:19et c'est une entreprise
47:21américaine.
47:22Donc, ils ont aussi
47:22des usines aux Etats-Unis.
47:24Ils sont en train de bâtir
47:25des usines en Inde.
47:26Parce que Eskinix
47:27et Samsung,
47:29c'était la Corée.
47:30Micron, là,
47:31ils sont un peu partout.
47:32Et voilà,
47:33ça peut donner des idées
47:34dans chacun de ces pays.
47:36Parce qu'en fait,
47:38Micron propose
47:38un million de dollars taïwanais.
47:40Ça fait 31 500 dollars, je crois.
47:42Ça dépend des postes.
47:42Mais ils proposent jusqu'à 68 mois
47:46de salaire pour 2026.
47:47C'est pas ça.
47:48C'est qu'eux, ils disent
47:48nous, on ne veut pas
47:49une prime exceptionnelle,
47:50les gars.
47:50Nous, on veut être intéressés
47:52aux chiffres d'affaires
47:53tous les mois,
47:54tous les trimestres.
47:55Et donc, effectivement,
47:56ce n'est pas la même histoire, Luc.
47:59Bon, c'est légitime,
48:01cette demande.
48:03Avec le poignon de dingue
48:05qu'ils font en ce moment,
48:06c'est assez légitime, oui.
48:08Et parce que, finalement,
48:09quand on réfléchit bien,
48:10c'est la spéculation,
48:10de toute façon.
48:11Donc, les employés se disent
48:14profitons-en.
48:15Et c'est un des gros fournisseurs
48:16de qui, de ASML ?
48:18En plus.
48:19Donc là, on tape dans le dur,
48:21en plus, parce que...
48:22Non, moi, ce qui me surprend
48:23toujours, mais Luc et Cédric
48:26abonderont, je pense, en France,
48:27c'est qu'on est dans une guerre
48:28autour de la rame.
48:29Oui, c'est ramageddon.
48:31On nous aurait dit ça il y a deux ans,
48:33on aurait dit, la rame, attends...
48:35Commodité.
48:35Oui, je vais dans le magasin,
48:36là-bas, du côté de Bastille,
48:38et j'en ramène trois caisses.
48:39Et aujourd'hui,
48:41on voit cette bataille
48:42complètement dingue,
48:44avec des enjeux
48:46géopolitiques,
48:47des enjeux sociaux...
48:48Mais même des enjeux
48:49de consommation,
48:49enfin, vous avez suivi,
48:51tout comme moi,
48:53les Keynote Apple,
48:55enfin, tous les produits
48:55high-tech qui sortent
48:56actuellement,
48:57les prix s'envolent.
48:59Je veux dire...
49:00Les PC vont prendre 30%.
49:01Je ne vais pas avoir l'indécence
49:02de vous rappeler
49:03le prix de l'iPhone duo
49:04pliant qui va sortir
49:06dans quelques semaines,
49:08mais c'est monstrueux.
49:10La rame chez Apple,
49:10ça a toujours été très cher.
49:12Oui.
49:12Mais si tu veux que je te raconte
49:13ma vie, c'est très simple,
49:14j'ai acheté un magnifique
49:16enclosure,
49:16tu sais,
49:17pour faire un petit
49:17RAID SSD
49:18à connecter
49:19la machine
49:20pour faire du montage.
49:21Le boîtier est génial,
49:22et là, j'ai dit,
49:22bon, il faut donc
49:23que j'achète 4 SSD
49:24de 2 Tera chacun.
49:26Et là, j'ai vu les prix
49:27et j'ai dit,
49:27bah non, on va attendre,
49:28mais on va attendre un peu.
49:30Et tout le monde te dit,
49:30non, attends pas,
49:31parce que dans 6 mois,
49:32ce sera pire.
49:32On va lancer une cagnotte.
49:33Merci.
49:34Ah oui.
49:36Une cagnotte.
49:37Litchi.
49:38Pour Cédric, un grand.
49:41Non, mais c'est dingue.
49:43Et quand on parle
49:44avec les experts,
49:45ça va durer des années.
49:47C'est ça, le truc.
49:48C'est que, voilà.
49:49C'est chouette
49:49si tu travailles chez Micron.
49:50Oui.
49:51Si tu travailles chez Micron,
49:52ça, c'est plutôt cool.
49:54Merci beaucoup, Luc,
49:54d'avoir été avec nous,
49:55malgré tout,
49:56contre vents et marées
49:57en visio.
49:57Toujours un plaisir
49:58que de t'avoir dans Tech & Co.
50:00A très bientôt.
50:02Merci à Cédric.
50:03Je t'en prie, camarade.
50:04Cédric Ingrand,
50:06directeur général
50:06de Heavyweight Studio,
50:08ancien journaliste
50:09ATF1-LCI.
50:10Et merci à toi, mon Fred.
50:11Je ne sais pas
50:11si tu es là demain.
50:12Je serai là après-demain.
50:13Voilà.
50:14Demain,
50:14il dîne avec des sommités.
50:16Vous gérerez vos pending
50:17au bureau demain.
50:18Il ne peut pas être avec nous,
50:19mais il reviendra jeudi.
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