00:00Thierry Paul Vallette, c'est l'idée que l'État s'en mettrait plein les poches.
00:03Oui, ça c'est une idée qui est assez populiste.
00:06Et puis il faut comprendre que là on est quand même...
00:08Vous ne partagez pas cette idée ?
00:09Non, pas du tout.
00:11Et moi je vais vous faire un aveu.
00:12Je ne suis plus un militant, maintenant j'analyse les mouvements sociaux,
00:15je suis passé à autre chose.
00:16Mais moi je ne suis pas à prendre un retour du mouvement des Gilets jaunes.
00:19Je n'ai certainement pas envie de revivre ce qu'on a vécu en novembre 2018.
00:24On a vu le carnage que ça a été et l'impasse politique, sociale et citoyenne que ça a été.
00:28Je n'ai pas envie de le revivre.
00:30Et si vraiment ce mouvement devait revenir, ce serait dramatique, pire, voire même des morts.
00:36Moi je ne veux pas ça.
00:38Il y a une élection présidentielle qui...
00:39Pourquoi ça serait encore pire selon vous ?
00:41Parce qu'aujourd'hui la société s'est cristallisée encore plus qu'il y a 8 ans.
00:46On le voit sur les réseaux sociaux, on l'a vu d'un point de vue...
00:49On le voit au niveau des partis, on le voit au niveau des gens qui sont désabusés.
00:53Il y a une colère qui est sociale, une colère citoyenne qui est réelle.
00:56Thierry Paul Vallette, comment est-ce que vous expliquez évidemment là ?
00:58La colère sociale ne suit pas une progression linéaire en fonction des prix à la pompe.
01:02Mais néanmoins quand on regarde les prix à la pompe tels qu'ils étaient affichés au début du mouvement des
01:07Gilets jaunes,
01:07on était sur 1,60.
01:09Le lit de 100 clours, aujourd'hui on est à 2,20 euros.
01:12Comment se fait-il qu'avec des sommets comme ça qui sont atteints à la pompe, il n'y ait
01:16pas cette étincelle ?
01:17C'est très simple.
01:18La grille de lecture n'est pas la même.
01:20A l'époque du mouvement des Gilets jaunes, ça a été l'étincelle.
01:22Mais c'est un mouvement qui venait aussi de loin la crise des territoires.
01:26C'est un mouvement qui était aussi focalisé sur la personne d'Emmanuel Macron.
01:29Emmanuel Macron, dans un an, il n'est plus là, il va partir.
01:31On est dans une situation géopolitique qui est complètement différente.
01:34On a vu le conflit avec l'Ukraine, le conflit avec l'Iran aussi.
01:38Et puis j'ai envie de vous dire, les Français, ils en sont conscients.
01:41Pour autant, les Français, même s'ils sont en colère, ils ne veulent pas que la France soit à feu
01:46et à sac comme elle l'a été en 2018.
01:48Et pourtant, j'ai une perte de responsabilité, j'y étais.
01:50Même si j'incarnais la France, j'ai envie de dire, paradigme.
01:52Aujourd'hui, vous n'êtes plus Gilets jaunes ?
01:54Ah non, pas du tout.
01:55J'ai été militant pendant plusieurs années.
01:57Oui, j'ai appris beaucoup.
01:59Il y a encore beaucoup à apprendre.
02:00Mais simplement, aujourd'hui, maintenant, mon énergie, je la mets ailleurs.
02:03Je la mets dans les analyses et pas que.
02:06Et puis, ça a été très dur, le mouvement des Gilets jaunes.
02:09On en a tous bavés physiquement et pas que, que ce soit du côté des manifestants et du côté aussi
02:14des policiers.
02:15Bon, sauf qu'entre eux, il y a eu la violence et puis il y a eu les casseurs.
02:18Puis quand on parle du mouvement des Gilets jaunes, les Gilets jaunes, j'ai envie de vous dire, mais lesquels
02:21Gilets jaunes ?
02:21Ceux de la première heure qui étaient sur les ronds-points à la fleur au fusil ?
02:25Ou ceux qui, une semaine après, venaient prendre des coudres ?
02:27Et moi, quand je vois les appels sur les réseaux sociaux, on descend dans la rue, on va tous en
02:32découdre aux armes citoyens, à bas la police, etc.
02:36Non, on n'est pas d'une révolte citoyenne.
02:37Là, on est dans une insurrection.
02:39Ça n'a jamais été mes idéaux et moi, en tant que militant, je n'ai jamais combattu comme ça.
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