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  • il y a 13 minutes
Ce vendredi 11 septembre, Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine et rapporteur du budget à l'Assemblée nationale, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de politique.
00:06Bonjour Philippe Juvin, vous êtes rapporteur général du budget, député LRD Hauts-de-Seine, chef des urgences de l'hôpital
00:11Pompidou.
00:12L'INSEE a publié sa note hier, une note assez pessimiste, où elle abaisse la prévision de la croissance française
00:19de 0,7 à 0,4%.
00:21Ça veut dire qu'il va falloir trouver plus de 30 milliards pour boucler le budget ?
00:26On considère que si on veut que le déficit ne s'aggrave pas, ne s'aggrave pas, pas qu'il
00:33baisse, qu'il ne s'aggrave pas, il faut trouver entre 30 et 35 milliards, ce qui est évidemment considérable.
00:38Vous pensez qu'il faut couper où ?
00:39Il y a deux manières quand vous avez un déficit, soit vous augmentez vos recettes, soit vous baissez vos dépenses.
00:44Pour augmenter les recettes, il y a plusieurs façons, mais la plus commune c'est d'augmenter les impôts.
00:48Là, les impôts sont déjà au maximum, donc on ne va pas les augmenter.
00:52Puis ça taperait le pouvoir d'achat des Français, ça taperait la compétitivité des entreprises.
00:56Et puis il y a une deuxième manière, c'est évidemment de baisser la dépense.
01:01Où faut-il ? Pas partout, puisqu'on fête.
01:04Mais partout aveuglément ?
01:05Non, évidemment pas aveuglément, mais il y a deux choses.
01:09Il faut avoir en tête les grandes masses.
01:11Où sont les grandes masses ? C'est quoi la grande dépense publique ?
01:13Ce sont les dépenses de retraite.
01:15Si on avait une dépense de retraite depuis 1995 égale à la dépense de retraite des Allemands, qui sont plus
01:22nombreux que nous, nous aurions un endettement deux fois moins important.
01:25Alors les Allemands, ils travaillent plus longtemps ?
01:27Oui, bien sûr.
01:27Il n'y a pas de secret.
01:29Pour baisser la dépense liée à la retraite, c'est quoi la grosse manière d'agir ?
01:37Eh bien c'est de travailler plus longtemps, de travailler 65, 66, 67, 68 ans.
01:42Pas de sous-indexer les pensions ?
01:44Ça en fait partie. Je pense que...
01:46Donc vous, vous êtes pour ponctionner par exemple les retraités aisés ?
01:49Je ne suis pas pour ponctionner tout le monde, je suis pour l'équité.
01:52Cette année, madame, nous allons emprunter plus de 300 milliards.
01:56Et je trouve, comment le dire, que ce que nous faisons, ou plutôt ce que nous ne faisons pas, est,
02:01c'est très vulgaire, mais dégueulasse, dégueulasse, pour tous ceux qui sont les jeunes générations, et même les enfants à
02:08naître.
02:08On va leur laisser une situation absolument gravissime.
02:13Donc, pour baisser la dépense du premier poste, qui sont les retraites, il faut travailler plus longtemps, il faut le
02:18dire.
02:19Vous allez déposer un amendement en ce sens ?
02:21Oui, pour suspendre la suspension de la réforme des retraites.
02:24Pour rétablir la réforme borne, quoi.
02:25Et je ne me fais pas trop d'illusions, il n'y a pas de majorité, on n'y arrivera
02:27pas, mais je veux témoigner des choses.
02:29Ensuite, la deuxième dépense importante, c'est la santé.
02:32Comment on peut faire sur la santé ?
02:33C'est beaucoup plus compliqué, parce que la population vieillit, etc.
02:36Mais il y a quand même un sujet qu'on ne met jamais sur la table, parce que tout le
02:40monde a la trouille.
02:42C'est que, moi, je suis médecin, vous l'avez rappelé, je sais où me faire opérer.
02:46Pas vous.
02:46Mais surtout, je sais où ne pas me faire opérer.
02:49Vous, vous savez pas.
02:51Mais vous vous dites qu'il faut fermer les petits hôpitaux.
02:53Non, pas les petits hôpitaux, des petits hôpitaux, ou des petites structures, en tout cas, ou même peut-être des
02:58grandes qui ne travaillent pas suffisamment.
02:59Mais il ne faut pas se faire opérer là-bas, c'est trop dangereux ?
03:00Parce qu'il y a des établissements où on n'est pas bien soigné.
03:03La Cour des comptes, si les gens ne me croient pas, qu'ils aillent voir le rapport de la Cour
03:07des comptes en avril ou mai dernier sur le cancer de l'ovaire.
03:10C'est une maladie qui est importante, qui est grave.
03:14Eh bien, ils ont montré que dans la majorité des hôpitaux français, le cancer de l'ovaire était mal opéré.
03:19Pourquoi ? Parce que les gens en opèrent peu.
03:21Mais il n'y aura pas plus de déserts médicaux ?
03:23Mais vous préférez, quand vous avez une maladie grave, vous préférez faire une demi-heure ou trois quarts d'heure
03:29de voiture et être bien soigné,
03:30ou vous voulez avoir tout en bas de chez vous ?
03:33Il faut aussi un moment que les hommes politiques comprennent que, encore une fois, je suis médecin,
03:39quand les gens m'appellent, par exemple, tout le monde dans mon portable, les journalistes, les hommes politiques,
03:44quand ils m'appellent en disant « Donne-moi un conseil, je voudrais un chirurgien pour être opéré de tel
03:50ou tel »,
03:50ils ne me disent pas « Je veux un chirurgien », ils me disent « Je veux un bon chirurgien
03:53».
03:53Donc la question, elle n'est pas tant de désert médical, c'est la qualité du soin qui est donnée.
03:57Eh bien là, ça va être long à mettre en route, mais on l'a fait pour les maternités depuis
04:0115 ans,
04:02il faut le faire pour toutes les pathologies.
04:03Alors ça ne fera pas des économies comme ça, mais ça en fera évidemment, au service de la qualité des
04:08soins.
04:08Il faut aussi aller regarder du côté des arrêts maladie, c'est ce que fait le gouvernement là.
04:12Oui, mais bien sûr, il a raison, mais il faut regarder partout.
04:15Si je vous parle des retraites et de la santé, c'est que ce sont les deux grandes masses.
04:18Mais il y a tout le reste.
04:19Je veux dire, les agences de l'État, les voitures de fonction, les sous-secrétariats.
04:25Mais c'est le salaire des ministres. C'est symbolique, non ?
04:28Oui, on est dans le symbole.
04:30Mais il faut le faire quand même ?
04:31Je pense qu'il faut par exemple regarder les agences de l'État.
04:34Moi, je suis frappé d'une chose dans les agences de l'État.
04:36On a une multiplicité des intervenants.
04:39Je regardais le commerce extérieur, c'est très important.
04:41Et on a un ministre fourricier qui fait bien le job.
04:43Il faut qu'on exporte.
04:44Il ne reste pas moins qu'il y a au moins cinq ou six structures qui prétendent, entre guillemets, aider
04:49les entreprises françaises.
04:51Donc on les fusionne ?
04:52Il faut mettre de l'ordre là-dedans.
04:53Pour rationaliser ?
04:54Les chefs d'entreprise eux-mêmes me disent, mais en fait, on ne sait pas à qui s'adresser.
04:57Il y a mille guichets.
04:59Quand vous cherchez une formation ou un emploi, mais en fait, la commune s'en occupe, le département s'en
05:05occupe, l'intercommunalité s'en occupe, la région s'en occupe, l'État s'en occupe.
05:08Mais quel argent jeté par les fenêtres ?
05:10En fait, je veux dire, on manque d'argent, mais en réalité, on le jette par les fenêtres.
05:15Est-ce que les collectivités locales, elles doivent faire un effort ?
05:17Ah, certainement.
05:19Certainement.
05:19Moi, j'ai commencé ma vie politique il y a 25 ans.
05:22Et à l'époque, on me disait, il y a trop de strates.
05:24À l'époque, il y avait la commune, le département de la région.
05:27Oui, commune, département, région. On me disait, c'est trop.
05:3125 ans plus tard, on est passé de 3 à 5.
05:34La commune, les intercommunalités, le département, la région, les métropoles et l'État, bien sûr.
05:38Évidemment, il faut simplifier tout ça.
05:41Je veux dire qu'il faut arrêter aussi de dire qu'on va faire.
05:44Il faut faire.
05:46Mais vous les voyez, là, les économies dans le budget de l'État ?
05:48Pas encore. Alors, je n'ai pas encore la copie.
05:49Vous êtes rapporteur général du budget, vous avez des billes à nous donner ?
05:52Je n'ai pas la copie du gouvernement.
05:54Je sais que le président du ministre est en train de faire ses arbitrages.
05:56En tout cas, je vous le dis et je le dis à tous ceux qui m'écoutent.
06:00Il faut baisser la dépense, dépenser moins.
06:03Il faut travailler plus.
06:04Si on ne travaille pas plus, on ne produira pas plus.
06:06Il faut produire des richesses.
06:08Puis, il faut simplifier.
06:09Mais ça, c'est valable pour ce budget ?
06:11Ou ce sera un projet présidentiel pour 2027 ?
06:13Parce qu'il n'y aura pas de majorité sur ce budget.
06:15Ça devrait être valable depuis 30 ans.
06:18Travailler plus, dépenser moins, simplifier.
06:19Et vous êtes pour la règle d'or, j'imagine ?
06:21Ah oui, bien sûr.
06:22La règle d'or budgétaire ?
06:23Mais il faut que la règle d'or budgétaire, pour que les gens comprennent,
06:25une règle d'or, c'est une règle qu'on se fixerait en disant
06:28qu'on ne peut pas dépasser tel ou tel déficit.
06:30C'est indispensable, mais il y a une condition, c'est qu'elle soit contraignante.
06:33Donc, la seule solution, si on veut penser à une règle d'or un peu contraignante,
06:36il faut qu'elle soit dans la Constitution.
06:38Vous pensez qu'il y aura des ordonnances, qu'on va passer par ordonnances pour faire passer ce budget ?
06:41Les gens ne vont pas comprendre de quoi on parle.
06:43Surtout, docteur Juvin, ce ne sont pas les mêmes ordonnances.
06:46Non, ce ne sont pas les mêmes ordonnances et elles ne sont pas remboursées, celles-là.
06:50Il y a plusieurs manières d'adopter un budget.
06:51Soit vous faites voter par le Parlement, mais il n'y a pas de majorité, donc on n'y arrivera
06:54pas.
06:55Soit vous dites, on ne fait rien, il n'y a pas de budget, mais du tout.
06:58Ça s'appelle une loi spéciale et on reconduit les dépenses de l'année dernière.
07:01Comme l'année dernière, comme vous le savez.
07:03Et le drame de cette affaire, c'est que du coup, il y a une indexation automatique des dépenses sociales
07:07où il faut faire des efforts.
07:08Et là, vous avez une explosion de la dépense.
07:10Il reste deux solutions principales.
07:12Ce qu'on appelle les ordonnances, c'est quoi ?
07:15Le gouvernement, dans quelques jours, va mettre sur la table son projet de loi de finances.
07:20Nous allons discuter à l'Assemblée et au Sénat durant 70 jours.
07:23Et puis au bout des 70 jours, nous ne sommes pas mis d'accord sur une copie.
07:27Le gouvernement peut dire, bon, écoutez, je vous ai assez écouté.
07:29Donc, le texte que je vous ai mis au début sur la table, c'est le budget.
07:33Au revoir, messieurs.
07:35C'est peut-être comme ça que ça va finir.
07:36Mais l'autre solution, c'est que le gouvernement prenne ses responsabilités
07:39et engage sa responsabilité, le 49-3, sur ce texte.
07:43Moi, je pense que c'est quelque chose qu'on pourrait faire
07:46parce que le gouvernement, au fond, sa priorité, ce n'est pas de durée.
07:51Enfin, moi, je ne crois pas.
07:52C'est de donner à la France un budget.
07:54Une question.
07:55Vous avez demandé à tous les candidats leur programme pour examiner la faisabilité
07:58et en discuter avec les membres de la Commission des Finances.
08:01Est-ce qu'ils ont répondu favorablement ?
08:02Est-ce que vous allez les entendre aussi ?
08:04J'ai écrit à tous les candidats à la présidentielle, déclaré.
08:07Je leur ai dit, écoutez, la situation est grave.
08:08Voilà la situation.
08:09Ne vous planquez pas.
08:10Ne me dites pas que vous ne l'avez pas vue parce que certains font comme si.
08:13Et quelles sont vos solutions ?
08:14Et j'aimerais que ces solutions, et moi, je ne les jugerai pas,
08:16je ne dirai pas que c'est bien, ce n'est pas bien.
08:18C'est la démocratie.
08:19Vous en dites oui ?
08:20Ces propositions, je les mettrai sur la table de la Commission des Finances
08:22pour que tout le monde puisse y discuter.
08:24J'ai eu quelques réponses, pas de tous,
08:27mais je pense que le premier qui va m'envoyer sa copie,
08:30j'ai eu des réponses en disant, on va t'écrire.
08:33Le premier qui envoie sa copie ?
08:35Eh bien, il va pousser les autres à le faire.
08:37Vous voyez, pourquoi je l'ai fait ?
08:39Je l'ai fait parce que j'ai peur qu'un certain nombre de candidats se planquent
08:42et ne vous disent pas les choses.
08:43La première dépense, je vous le dis, c'est la retraite.
08:45Celui qui prétend rétablir les comptes publics sans faire de réforme des retraites,
08:49en fait, vous ment.
08:50C'était le langage de vérité de Philippe Juvin ce matin.
08:52Merci à vous, député LR des Hauts-de-Seine, rapporteur général du budget.
08:55Une interview à retrouver en podcast et en replay sur l'application BFM Business.
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