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À Ceuta, enclave espagnole aux portes du Maroc, l’arrivée de près de 80.000 migrants marocains et subsahariens fin juillet a bouleversé le quotidien de la ville. Plages occupées, camps de fortune, violences, inquiétude des femmes, colère d’habitants qui se sentent abandonnés… Notre enquête donne à voir une réalité rarement montrée, au plus près de ceux qui la vivent. Migrants, bénévoles, élus et experts témoignent d’une frontière sous pression et d’une crise qui dépasse largement Ceuta. Car derrière cette enclave espagnole se dessine aussi une route migratoire qui, à travers l’Espagne, conduit jusqu’en France.
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00:04Raciste.
00:05Voilà comment certains désignent ces Espagnols qui descendent dans la rue.
00:11Ils protestent contre des groupes d'envahisseurs, comme ils les appellent.
00:16Fin juillet, près de 80 000 clandestins marocains et subsahariens
00:20ont franchi la frontière de Ceuta,
00:22cette enclave espagnole et donc européenne au nord du Maroc.
00:26Entre les deux, l'armée et la police.
00:30Véritable porte de l'Europe, Ceuta constitue l'une des seules frontières terrestres
00:35entre l'Afrique et l'Union européenne.
00:37Les arrivées régulières et massives de migrants y provoquent une forte pression
00:41et attisent la colère des habitants.
00:44Avec des conséquences, comme ce migrant gisant au sol après une bagarre.
00:49Il est plongé dans le coma, les pompiers de Ceuta sont sur le front.
00:53Ces derniers jours, ils ont dû s'occuper de nombreuses femmes violées.
00:58Ici, deux peurs se font face.
01:00Celles de ceux qui sont passés illégalement
01:02et celles des Espagnols qui se sentent submergés.
01:05C'est la faute du gouvernement espagnol.
01:07Pendant plusieurs jours, nous avons parcouru Ceuta avec notre équipe,
01:11de jour comme de nuit.
01:13Nous avons écouté les clandestins, nous avons suivi les habitants
01:16et nous avons vu la colère monter, voire même germer les prémices d'une guerre locale.
01:22Comment une frontière européenne a-t-elle pu céder aussi brutalement et rapidement ?
01:26Quelles conséquences pour la France, voisine de l'Espagne ?
01:29Et jusqu'où ira la réaction ?
01:31Immersion au cœur d'une enclave dont les habitants lèvent le drapeau
01:35contre une véritable crise migratoire.
01:40Ceuta est une enclave de 19 km² de territoire espagnol sur le continent africain.
01:46Elle accueille environ 84 000 habitants et près de 8 km de frontière avec le Maroc.
01:51C'est aussi l'une des rares portes terrestres entre l'Europe et l'Afrique.
01:55Sur le papier, la ligne de démarcation est surveillée.
01:58Mais dans les faits, cette ligne est sous pression.
02:03Au 15 août dernier, l'Etat espagnol estimait à 5 000 les entrées irrégulières par voie terrestre à Ceuta depuis
02:09le début de l'année.
02:10C'est près de trois fois plus qu'un an plus tôt.
02:12Mais ce bilan officiel exclut encore les 30 et 31 juillet, les deux journées au cœur de la crise.
02:21Ces jours-là, la frontière est submergée.
02:24Les migrants se dispersent dans la ville.
02:26Les plages deviennent des campements.
02:29Les entrepôts des refuges.
02:30Et l'armée est appelée en renfort.
02:33Pour Nicolas Pouvromonti, qui dirige l'Observatoire de l'immigration et de la démographie,
02:37c'est ce nombre record d'entrées qui, cette fois, a changé la donne.
02:40La ruée migratoire vers Ceuta qu'on a vue à la fin du mois de juillet,
02:44elle a surpris à peu près tout le monde.
02:45On sait maintenant qu'il y a eu quasiment 80 000 migrants
02:48qui sont arrivés dans l'enclave en l'espace d'un peu plus de 24 heures.
02:5180 000 personnes, c'est autant que la population habituelle de résidents de Ceuta.
02:55Il y avait évidemment eu des épisodes de crise migratoire par le passé.
02:58Mais celui-là est particulièrement aigu.
03:00Et il a aussi un rôle de révélateur de la vulnérabilité des frontières européennes.
03:06On a là, notamment dans ce qui s'est passé à Ceuta, un résultat de ce qu'on appelle le
03:09principe de non-refoulement.
03:11Puisque quelques jours avant l'arrivée massive de ces migrants à Ceuta,
03:15le tribunal suprême espagnol avait très fortement limité, voire interdit, le refoulement des migrants arrivés par la mer.
03:22Aujourd'hui, c'est une faiblesse majeure.
03:24Ça s'apparente à une obligation de laisser entrer, en quelque sorte.
03:27Ça veut dire au niveau européen global qu'on ne peut pas empêcher quelqu'un qui franchit régulièrement une frontière
03:32de le faire s'il souhaite déposer une demande.
03:34Sachant qu'après cette obligation de laisser entrer arrive l'état de l'espace Schengen,
03:38qui est une obligation de laisser circuler, Ceuta, ça a été finalement le révélateur de tout ça à la fois.
03:44Pour les autorités, c'est une crise migratoire.
03:46Pour de nombreux habitants, le mot est bien plus brutal.
03:49Il parle d'une véritable invasion.
03:54Parce qu'ici, la crise ne se lie pas sur un tableau.
03:57Elle se voit depuis la fenêtre.
04:01Pour comprendre cette pression, il faut écouter ceux qui traversent.
04:06À l'Omakolmenar, ils attendent.
04:09Ils viennent du Maroc, d'Algérie et de plus loin encore.
04:13Leurs parcours diffèrent, mais leurs objectifs se ressemblent.
04:16Entrer en Europe.
04:17Je cherche à mieux laver.
04:20Parce qu'au Maroc, il n'y a pas de travail, juste le bagarre, juste les problèmes en Maroc.
04:27À France, à Paris, à Espagne, pas de problème.
04:32Parce que les papiers, ils le mangent.
04:36Vous attendez des papiers, là ?
04:38Après, Inchallah, à travail, à l'école, voilà.
04:4226 jours, ici.
04:44Ça fait 26 jours que vous êtes ici ?
04:46Vous êtes venu par la mer ?
04:47Oui. Bienvenue ici, mon frère.
04:50Il est français. Il y a 7 ans, il y a 7 ans à France.
04:53L'État marocain, il est espagnol, il a dit à les gens, vous pouvez rentrer.
04:58Et maintenant, l'armée frappe des jeunes et la police frappe des jeunes.
05:03À la fin, les gens qui ont rentré, nous nous disent, pourquoi vous traversez ?
05:06C'est la frontière. Elle était fermée.
05:09Et personne ne passe maintenant.
05:10On n'est pas de terroristes, on est des gens comme tout le monde.
05:13Au Maroc, il n'y a pas d'avenir pour eux.
05:16C'est le gouvernement espagnol qui vous a dit de rentrer ou c'est le Maroc qui vous a dit
05:19d'y aller ?
05:20Les deux. Ils sont d'accord, les deux pour rentrer.
05:23C'est les deux qui m'ont laissé se passer.
05:25Tout le monde se bagarre parce qu'il n'y a pas d'agoua, il n'y a pas de
05:27l'eau,
05:28il n'y a pas à manger, il n'y a pas de toilette, il n'y a pas de
05:31douche, rien.
05:34Certains fuient la misère, d'autres cherchent du travail.
05:37Beaucoup veulent rejoindre la péninsule.
05:39Ceuta n'est qu'une première étape.
05:41À partir du moment où vous avez mis le pied à Ceuta,
05:44il existe beaucoup de façons de rejoindre l'Espagne continentale et le continent européen.
05:50D'abord, si vous êtes un demandeur d'asile,
05:51le tribunal suprême espagnol a dit à plusieurs reprises que les demandeurs d'asile
05:56enregistrés formellement avaient le droit de circuler librement dans toute l'Espagne,
05:59y compris quand ils étaient à Ceuta et Melilla.
06:02Si vous êtes un mineur non accompagné, on va aussi vous prendre en charge.
06:05À l'heure où je vous parle, il y a un demi-millier de mineurs non accompagnés
06:08qui ont été amenés de Ceuta vers l'Espagne péninsulaire.
06:13Et puis enfin, si vous n'êtes ni un demandeur d'asile, ni un mineur non accompagné,
06:16vous pouvez simplement franchir le bras de mer entre Ceuta et le reste de l'Espagne
06:21sur un jet ski ou sur un petit bateau.
06:23Vous voyez, le détroit de Gibraltar, c'est 14 km de largeur.
06:26C'est-à-dire que c'est deux fois moins large que le détroit de Calais, par exemple,
06:30qui a été emprunté l'an dernier par 40 000 migrants, essentiellement sur des petits bateaux.
06:33Et donc, on voit que si les décisions espagnoles politiques et judiciaires ont produit cet effet,
06:41c'est d'abord parce que l'Espagne est une porte d'entrée vers une Europe très ouverte.
06:45Je veux rejoindre l'Espagne. J'ai des projets là-bas.
06:49Quel type de projet ?
06:51Je veux trouver du travail. Je suis designer graphique.
06:55Je fais de la vidéo et de la photographie. Je n'ai pas de travail au Maroc.
07:01En plus, le salaire n'est pas bon.
07:05Ils critiquent le Maroc. Ils acclament l'Espagne.
07:09Je ne suis pas très fier d'être marocain.
07:12On quitte le Maroc car nous n'avons ni rêve, ni travail, ni futur.
07:19On le fut comme tout le monde.
07:22Najwa El Haïté, avocate franco-marocaine, connaît bien le pays que fuit ces jeunes hommes.
07:26Une fuite qui trouve son origine, selon elle, dans une fracture sociale qu'elle nous explique.
07:31Vous avez une partie de la jeunesse marocaine qui se sent abandonnée,
07:37qui ne retrouve pas d'emploi et qui vive dans la précarité.
07:41Alors vous avez ces jeunes qui ont décidé de franchir la frontière marocaine
07:48pour retrouver une vie meilleure au sein de l'Union européenne et plus précisément en Espagne
07:56parce que l'Europe apparaît encore pour ces jeunes comme un Eldorado
08:00économique où ils peuvent trouver un emploi, fonder une famille,
08:06mais aussi nourrir leurs proches parce que les devises aussi sont importantes au Maroc.
08:10Car oui, une fois entré, il faut nourrir, soigner, identifier, héberger.
08:16Derrière chaque repas, c'est une véritable logistique.
08:18Et derrière chaque fil, un service public sous tension, comme pour cette association qui distribue quelques denrées.
08:25Ici, nous donnons à manger aux migrants, à ceux qui viennent du Maroc.
08:31Tous ceux qui viennent pour manger, prendre une douche ou obtenir des vêtements.
08:36Nous les aidons autant que nous le pouvons.
08:41Beaucoup viennent tous les jours.
08:44On distribue du midi au soir, près de 1000 personnes, parfois 2000.
08:49Ça dépend.
08:51Les femmes, elles viennent aussi, mais nous ne les laissons pas attendre.
08:54Elles viennent, nous leur donnons à manger et elles repartent.
09:00Parmi les migrants, il y a aussi des femmes, souvent plus vulnérables.
09:03Pour les protéger, des camps spécifiques ont été montés pour elles,
09:07comme nous l'explique Abdallah, bénévole dans un de ses abris de fortune.
09:10C'est un camp de Ceuta, on est dans le centre-ville de Ceuta.
09:14Et en fait, on a concentré toutes les femmes qui étaient là.
09:17Toutes les femmes immigrées, les femmes seules, les femmes avec des enfants,
09:20des femmes enceintes, des femmes avec des enfants en bas âge,
09:23comme des femmes avec des enfants un peu plus grands.
09:25Et un très gentil monsieur avec sa famille, il a dû créer une association pour accueillir ces femmes.
09:30Et en parallèle, nous aussi, on s'écurait ces femmes.
09:34Et en contrepartie, on peut dormir ici, tranquillement.
09:39Et il nous offre à manger et les soins aussi.
09:44Il y a eu des 5-6 jours où il n'y avait pas de femmes qui arrivaient.
09:46Et au début, c'était 5-6 femmes, 10 femmes, une vingtaine, une trentaine, une cinquantaine.
09:50Jusqu'à qu'aujourd'hui, ils sont 350.
09:52Et en fait, ça a évolué, ça a évolué.
09:55En fait, on dirait que les gens sortent des buissons.
09:59Et il y a notamment plein, plein, plein de femmes en situation de précarité.
10:05Il y a des femmes qui se sont fait violer dans les montagnes, qui se sont fait violer dans des
10:07rues.
10:10Et c'est pas une situation sûre, en fait, pour elles.
10:13Et je pense que c'est elles qui souffrent le plus dans cette situation, dans ces conditions d'immigration.
10:17En effet, la police locale dénombre pas moins d'un à deux viols par jour.
10:21Quand officiellement, c'est une quinzaine qui est évoquée.
10:24Des chiffres qui provoquent l'émoi des habitants de Ceuta.
10:26Les filles qui sont venues, elles doivent être protégées.
10:30Il y a, à partir qu'elles sont venues, il y a une violation ou deux tous les jours.
10:35Elles-mêmes, elles-mêmes, elles violent ces filles.
10:37Vous savez comment ça ?
10:39Parce que c'est Ombé, c'est à la police.
10:42Demandez à la police.
10:43Tout le monde le sait.
10:45Tout le monde le sait parce que la police est ici, elle a dit une ou deux violations tous les
10:52jours.
10:53Les petites filles qui sont ménores, elles sont prostituées pour manger et pour protection.
11:02Ça, tout le monde le sait, tout le monde le sait.
11:05Et on est obligé, les petites filles, elles veulent être à côté de la police.
11:12Parce qu'elles ont peur.
11:13Elles ont peur de deux, non des espagnols, deux.
11:19L'autre jour, en entrant au parking, trois aussi, ils ont envié les sacs presque tous les jours.
11:26Alors, on ne peut pas sortir seul.
11:28On a peur.
11:29Les histoires individuelles peuvent émouvoir.
11:32Mais elles n'effacent pas la question collective.
11:34Combien une ville aussi petite peut-elle absorber de clandestins ?
11:38Et pourquoi le devrait-elle ?
11:40Les migrants ne restent pas aux abords de la frontière.
11:43Ils se dispersent dans toute la ville.
11:45Et à Ceuta, impossible de les répartir sur un vaste territoire.
11:49Il n'y a que 19 km² sans arrière-pays.
11:53Contrairement à la France, où les migrants sont disséminés sur tout le territoire.
11:56Ici, la crise se concentre dans une seule ville.
12:07Les plages ont changé d'usage.
12:11Les quartiers, eux, ont changé de rythme.
12:13Et les habitants changent avec lui, comme cette femme qui s'est équipée.
12:17J'ai peur parce que...
12:19Enfin, en réalité, je ne sors pas seule.
12:23Je travaille.
12:24Je suis infirmière et je travaille dans un centre médical.
12:30Je dois donc me rendre à domicile pour soigner des patients.
12:34et il m'est arrivé...
12:37Enfin, j'avais besoin que quelqu'un m'accompagne à certains endroits
12:42parce qu'on ne peut pas aller dans certaines rues seule lorsqu'on est une femme.
12:48et je dois garder ceci sur moi en permanence, même quand je travaille.
12:58Nous en avons toutes.
12:59Nous en avons toutes.
13:01Je n'avais jamais eu besoin de quelque chose comme ça de toute ma vie.
13:05Et donc, oui, nous avons peur.
13:07D'ailleurs, l'autre jour, je marchais dans une rue du centre-ville
13:12et j'ai vu six migrants, l'un d'eux portait une ceinture qui était comme ceci
13:21et la partie métallique pendait.
13:23Il était donc clairement prêt à, je ne sais pas, à frapper quelqu'un.
13:30Heureusement, j'étais avec ma collègue.
13:32Nous, nous nous déplaçons ensemble parce que nous ne voulons plus y aller seuls.
13:35Il m'est arrivé aussi de devoir y aller seuls, donc oui.
13:39Oui, ces femmes ont peur.
13:40Et c'est précisément la crainte de cette sénatrice
13:43qui s'inquiète des conséquences de l'immigration pour les femmes.
13:46Les femmes sont des victimes faciles.
13:49Qu'elles aient ou pas des jeunes enfants ou des enfants moins jeunes,
13:52elles veulent d'abord protéger leurs enfants
13:54et de toute façon, devant des marées humaines
13:56ou devant des groupes d'hommes dans les conditions que vous connaissez comme moi,
14:02je ne crois pas qu'elles puissent faire grand-chose.
14:04Et je ne suis même pas sûre que les forces de police locales
14:07aient les moyens de les séparer et de les protéger.
14:10Et en effet, pour certaines femmes, la peur s'installe.
14:13Elles évitent des lieux. Elles modifient leurs horaires.
14:17Certaines achètent de quoi se défendre.
14:19Vivre dans la peur n'est pas une statistique.
14:21Ici, c'est déjà une conséquence.
14:23Et parmi ces conséquences, c'est trop nombreuses agressions sexuelles
14:28que déplore également notre avocate.
14:29Alors, ce qui est à regretter, c'est le viol de ces femmes qui ont décidé de quitter le Maroc
14:36pour une vie meilleure en Europe et en Espagne.
14:41Ce qui est terrible, c'est que c'est un drame.
14:44C'est un drame parce qu'on parle de plusieurs viols commis sur des mineurs.
14:49Il n'y a pas que des femmes adultes qui ont subi ces viols-là.
14:55Et par contre, on ne peut pas dire que le Royaume du Maroc, c'est l'Afghanistan.
15:00Oui, il y a des progrès à faire en termes d'égalité en matière d'éducation.
15:06C'est extrêmement important puisque toutes les petites filles ne vont pas à l'école.
15:10Et je pense notamment aux petites filles qui sont éloignées du milieu scolaire
15:14et qui vivent dans les campagnes.
15:16Donc là, il y a une vraie difficulté de scolarisation de ces petites filles.
15:22Donc il y a un véritable effort à faire dans ce domaine.
15:25Mais on ne peut pas dire que les Marocains sont violents vis-à-vis de leurs femmes.
15:31Ces femmes marocaines pensaient fuir leur pays pour une vie meilleure à Ceuta.
15:36Finalement, l'enfer les a poursuivis.
15:38Nous avons souhaité évoquer ce sujet avec le député conservateur de l'Assemblée de Ceuta,
15:43Rafa Peignalvert.
15:44Pour lui, ne pas savoir qui on accueille relève de l'irresponsable.
15:48Des cas de viols entre migrants ont été signalés.
15:51Les femmes qui étaient probablement venues elles aussi chercher une vie meilleure.
15:55Et les autres migrants, voilà ce qui arrive lorsque rien n'est encadré.
15:59Lorsqu'on ne prend aucune précaution.
16:01Et lorsque l'on ne sait pas qui est entré.
16:04Il est évident que si près de 100 000 personnes entrent dans une ville, il est impossible que ces 100
16:10000 personnes soient toutes de bonnes personnes.
16:13Je crois que la police enquête sur ces affaires et bien entendu, les femmes qui ont souffert recevront tout le
16:19soutien nécessaire.
16:20Mais par la suite, bien entendu, elles devront retourner dans leur pays.
16:24J'ignore si elles sont mineures ou majeures.
16:26Si elles sont mineures, il faudra leur accorder une intention particulière.
16:30À mesure que l'état tarde, la confiance recule et une autre force apparaît.
16:35La colère intolérable des habitants.
16:38Cette colère a un visage.
16:40Celui de Juan Antonio.
16:42Influenceur qui depuis fin juillet montre quotidiennement la réalité de Ceuta à ses plus de 40 000 abonnés.
16:50À Ceuta, il documente tout et il refuse la normalisation.
16:55Ici, on est aux entrepôts de Tararal.
16:57C'est une zone dans laquelle vivraient actuellement, je dirais, 2 000 ou 3 000 personnes livrées à elles-mêmes.
17:08Aucune autorité n'est présente pour surveiller ce qu'elles font.
17:12Et chaque jour, ces personnes se battent, provoquent constamment des affrontements.
17:17Vous pouvez entendre qu'elles sont en train de se battre entre elles.
17:21Il n'y a aucune autorité ici.
17:26Ils s'entretuent, ils se battent entre eux.
17:29C'est une honte que cette situation continue ici.
17:32Là, on est toujours dans un quartier de Ceuta.
17:35Là.
17:38Vous pouvez entendre qu'ils se battent entre eux.
17:42Ici, les gens vendent du tabac, tu vois ?
17:45Et ce n'est évidemment pas légal.
17:50Moi, si je voulais vendre dans un lieu public, alors que je suis espagnol, et la police interviendrait, tu vois
17:55?
17:59Et ici, il y a des gens, des groupes, qui vendent du tabac.
18:02Mais c'est illégal.
18:05Il faut que tu filmes tout.
18:07Même si les gens disent non, pas de problème.
18:09Il faut filmer.
18:12Ici, pas de discours officiel.
18:13Juan montre les groupes installés dans la zone industrielle.
18:17Leur passage et les traces laissées derrière eux.
18:21Les migrants sont toujours là, comme vous pouvez le voir.
18:24La plage est occupée.
18:26Et pourtant, aujourd'hui, on est déjà le 28 août.
18:29C'est ça la réalité qu'on vit à Ceuta, alors qu'il s'est passé un mois déjà.
18:34Ces gens sont toujours ici, et continuent à jeter leurs déchets sur la plage.
18:37Comme vous pouvez le constater, les déchets, les déchets, regardez.
18:41Filment les déchets.
18:42Ils jettent leurs déchets partout.
18:47Vous voyez les chaussures là-bas ?
18:50Ils abandonnent leurs déchets et ils tallent les arbres.
18:53Regardez, ils ont taillé cet arbre.
18:59C'est ça la réalité.
19:01Ils allument des feux là-bas.
19:03Et nous supportons cette situation, comme nous le pouvons.
19:06Comme vous pouvez le voir, ces gens ne semblent pas avoir l'intention de partir.
19:09Nous venons ici pour filmer librement.
19:10C'est un espace public, et eux, ils nous insultent.
19:13Ils essayent de nous chasser.
19:14Et bien non, ici, c'est l'Espagne.
19:16Et si nous voulons filmer, nous filmerons bien sûr.
19:18Et les fans, elles ne peuvent pas sortir dans la rue.
19:20Ici, il y a de l'incertitude et de l'insécurité.
19:24Son langage est dur, mais les images qu'il désigne sont bien là.
19:33Raciste ! Raciste ! Raciste ! Raciste ! Raciste ! Raciste ! Raciste ! Raciste !
19:38Je comprends, hein ! Je suis étranger pour toi, mais je ne suis pas con, je comprends !
19:42Allez, on se casse !
19:44Voilà la réalité que nous vivons tous les jours à Ceuta.
19:48A Playa Benitez, l'accusation rencontre ce qu'elle vise.
19:53Juan parle d'invasion, les migrants parlent de survie.
19:56Nous sommes tous ici dans la même situation.
19:58Nous voulons de problèmes avec personne.
20:01Il y a des gens bien ici, qui ne veulent pas, qui cherchent juste une vie meilleure.
20:05L'autre jour, à la plage, ils m'ont jeté des pierres. Ils m'ont tous insulté.
20:10C'est la politique de l'Espagne envers le Maroc.
20:13On veut juste une vie meilleure.
20:16Mais moi, je m'en mode de la politique.
20:18Tout ce que je sais, c'est qu'une personne qui franchit une frontière de cette manière
20:22est déjà en train de commettre un délit.
20:24C'est aussi simple que cela, parce que moi, je ne franchis aucune frontière comme ça.
20:28Imagine entrer aux Etats-Unis de cette façon.
20:3180 000 personnes ont franchi la frontière.
20:35Mais il n'en reste pas 80 000. Il en reste 10 000 tout au plus.
20:39Mais on ne sait pas qui sont ces 10 000.
20:40J'en ai rencontré un qui avait été condamné à 10 ans de prison au Maroc.
20:44Et en attendant, c'est nous qui devons subir.
20:46Et nous ne pouvons plus sortir.
20:48Ma mère ne peut pas sortir dans la rue.
20:49Ma soeur ne peut pas aller se promener le soir.
20:52Les gens, ils sont toujours ivres.
20:54Il y a aussi des personnes qui vendent de la drogue.
20:57Et si la police vient me demander qui vend de la drogue, je peux lui dire.
21:00Il y en a d'autres qui vendent du tabac, du hashish, des médicaments et de la drogue.
21:06Ce sont des migrants ?
21:08Oui, bien sûr.
21:10Écoute, je comprends que tu cherches à gagner ta vie, c'est même tout à fait légitime.
21:15Mais ce que je n'accepte pas, et je parle au nom des habitants de Ceuta,
21:18c'est que tant de gens entrent ici sans que nous sachions qui ils sont.
21:23Il y a des viols, de la vente de drogue, on ne peut plus utiliser les plages, elles sont couvertes
21:28de déchets.
21:29Eh, je suis en train de parler, s'il vous plaît, un peu de respect.
21:32On arrête, on s'en va.
21:33Dans ces conditions ?
21:34C'est pas possible.
21:35Ils ne nous laissent pas parler.
21:36Au revoir.
21:38La scène résume la crise que vit Ceuta.
21:40Ils sont en train de parler là, de ce qui vient de se produire.
21:44Pour eux, il y a simplement des gens bien et des gens qui se comportent mal.
21:48Mais la réalité, c'est que là, vous l'entendez, ils sont en train de nous insulter.
21:54La réalité, elle est là.
21:57Juan Antonio incarne cette colère populaire qui a germé aux portes de l'Europe.
22:01Quand le pouvoir ne nomme plus la réalité, les habitants le font eux-mêmes,
22:05avec leurs maux et parfois avec leur rage.
22:08Le 26 août, les habitants se rassemblent comme ils le font quotidiennement désormais.
22:13Les drapeaux espagnols envahissent les rues.
22:16Ici, ils ne sont pas un décor.
22:18Ils tracent une limite et rappellent à qui appartient la ville.
22:21Nous rencontrons Raphaël, un des leaders de ces manifestations.
22:25C'est une toute petite ville dont la densité démographique est l'une des plus élevées de toute l'Europe.
22:32Nous avons ici plusieurs services publics qui sont généralement toujours saturés.
22:38Et même avant l'invasion, Ceuta appelait déjà à l'aide.
22:42Car nous avons ici ce qu'on appelle le CETI.
22:46C'est un centre qui accueille les migrants arrivant ici.
22:49Leurs besoins essentiels, ils sont pris en charge dans un cadre légal.
22:53Ils y sont hébergés et nourris.
22:56Là-bas, ils sont encadrés.
23:00Mais maintenant, soudainement, on nous impose davantage de migrants, de personnes que la population de Ceuta a elle-même.
23:07Il n'y a pas de place pour tout le monde.
23:08Non, c'est impossible.
23:10Ils veulent nous retirer nos espaces publics pour les installer ici.
23:14Ils veulent transformer Ceuta en quelque chose de pire que Lampedusa.
23:19Nous ne voulons pas rester les bras croisés.
23:22Nous venons de subir une invasion dont on ignore le nombre.
23:25On estime qu'ils sont restés ici, à Ceuta.
23:28A peu près, enfin, personne ne le sait.
23:29Ni le gouvernement, ni personne ne connaît leur nombre.
23:32Mais il pourrait y en avoir.
23:33On estime qu'il y aurait entre 10 et 12 000 migrants.
23:36Et nous voulons donc que l'on trouve une solution qui ne se fasse pas à nos dépens.
23:40Parce qu'ils veulent les installer dans les complexes sportifs.
23:44Et donc, par exemple, les enfants ne pourront plus aller jouer au football ni pratiquer quoi que ce soit,
23:49car ils seront occupés.
23:51Ce n'est pas de l'immigration.
23:53C'est une invasion.
23:54C'est une attaque.
23:55C'est une attaque contre les frontières espagnoles.
23:57Une attaque hybride.
23:59Mais nous subissons ce que nous révoltons depuis la péninsule au sujet de Ceuta.
24:04Ils trompent les gens.
24:05La réalité est très différente de ce qui est raconté.
24:08Et ils nous trompent.
24:09Face à cette colère qui monte,
24:11le député Rafael Peñalvert propose une solution radicale.
24:14Expulser tous les clandestins.
24:16Je comprends cette inquiétude.
24:18Je comprends cette inquiétude,
24:20suscitée par l'entrée irrégulière de plus de 80 000 personnes envahissant notre ville,
24:24forçant la frontière,
24:25sans que nous ne sachions qui ils sont,
24:28nous ne savons pas qui est entrée,
24:30si ce sont de bonnes ou de mauvaises personnes.
24:33La seule solution, c'est qu'absolument toutes,
24:37toutes les personnes qui sont entrées,
24:39repartent par le même endroit par lequel elles sont arrivées.
24:42Je pense d'ailleurs que c'est la seule solution pour l'avenir.
24:45Parce que si nous récompensons d'une manière ou d'une autre
24:48celui qui est entré et qui part vers la péninsule ou vers l'Europe,
24:53ou encore vers la France, puisque c'est l'objectif,
24:56cela risque de provoquer un nouvel appel d'air.
24:58C'est-à-dire que demain, nous pourrions subir une nouvelle invasion
25:01parce qu'ils sauront qu'ils peuvent atteindre leur objectif.
25:04Nous savons donc clairement quelle est la solution.
25:07La seule solution viable est qu'ils repartent tous,
25:10absolument tous, qu'ils soient majeurs ou mineurs,
25:13sans exception, tous doivent retourner au Maroc.
25:16Et surtout, le plus rapidement possible.
25:18Donc il faut accueillir moins, mais accueillir mieux,
25:21et vraiment faire la différence, si vous voulez,
25:23entre cette migration sauvage et le droit d'asile.
25:29Je ne pense pas être raciste.
25:32Je n'avais encore jamais connu ce problème.
25:34Je vis ici depuis longtemps.
25:36De nombreuses cultures cohabitent ici,
25:38et je n'avais jamais eu peur avant ce fameux 30 juillet.
25:43J'ai d'ailleurs vécu à Londres, j'y ai travaillé,
25:47il y a beaucoup de cultures différentes là-bas.
25:49J'ai beaucoup d'amis originaires de nombreux pays du monde.
25:54Je ne pense donc pas être raciste.
25:57D'ailleurs, j'ai moi-même été immigrée,
25:59car je suis partie travailler à Londres dans un autre pays.
26:03Donc j'ai moi-même été immigrée.
26:06Nous sommes ici pour adresser un message
26:08à ceux qui nous regardent, à vous, en Europe et à travers toute l'Espagne.
26:12Nous souhaiterions corriger cette image donnée de nous à l'extérieur.
26:16Certains nous qualifient de xénophobes et de violents.
26:21Pourtant, cela représente une infinie minorité.
26:25Ici, on représente plutôt la majorité de ce que veut la population de Ceuta.
26:30C'est de défendre ses droits de manière pacifique.
26:36Et en parlant de droit, c'est justement le droit européen
26:39que notre expert en politique migratoire pointe du doigt.
26:42Si les décisions espagnoles, décisions politiques et décisions juridiques ont produit ces trouées vers Ceuta,
26:47c'est d'abord et avant tout parce que l'État du droit européen crée une situation asymétrique
26:53dans laquelle un pays, même très isolé, même seul contre tous,
26:58est en mesure d'imposer les conséquences de ces décisions à l'ensemble des pays de la zone.
27:02Ce qu'il faut faire d'abord et avant tout, c'est réformer l'ordre juridique européen
27:07qui fait de notre continent le plus ouvert à l'immigration irrégulière dans le monde.
27:10Deux jours plus tard, une autre marche avance vers Playa Benitez.
27:14Deux drapeaux dans une main, des fleurs dans l'autre.
27:17Un geste pacifique, mais un message ferme.
27:20Reprendre la plage, reprendre la ville.
27:22Et c'est ce que nous allons constater.
27:29Mais c'est vrai que j'ai peur pour mes filles.
27:33J'ai deux filles, l'une de 15 ans et l'autre de 17 ans,
27:37qui peuvent se sentir intimidées lorsqu'elles sortent dans la rue
27:41et voient des groupes d'hommes traîner dans les rues sans rien avoir à faire.
27:48Des groupes de cinq ou six hommes qui peuvent les intimider
27:51et leur faire peur ou leur faire quoi que ce soit.
27:54Je fais cela pour mes filles.
27:56Nous ne sommes pas violents.
27:57Ce sont eux qui sont entrés sur notre terre, qui nous ont envahis.
28:01Le jour où ils sont arrivés, ils ont tout envahi.
28:04Tous les commerces ont dû fermer.
28:06Ceuta était fermé. Ceuta n'est plus la même.
28:09Ceuta était très solidaire, très propre.
28:12Et maintenant, tout est dégoûtant à voir.
28:15Tout est sale. Ceuta n'est plus la même.
28:18Les enfants ne peuvent plus sortir dans la rue.
28:21Les enfants, la fête foraine, tout.
28:25Ils nous ont tout pris.
28:26Sur la plage ? Nous ne pouvons plus aller sur la plage.
28:29Les enfants restent enfermés à la maison.
28:31Ce n'est pas possible.
28:32C'est la faute du gouvernement espagnol.
28:35C'est la faute du gouvernement espagnol.
28:38Que ces personnes que nous ne pouvons pas prendre en charge ici,
28:42faute de ressources suffisantes, puissent trouver une solution.
28:47Je la porte pour tous Ceuta.
28:49Pour qu'ils voient que ça, ce sont nos armes.
28:53Ce sont nos armes.
28:54Que toute l'Espagne le voit.
28:56On va mettre ça en avant.
28:58Merci beaucoup.
28:59Et si nous avançons très lentement, c'est parce qu'on accomplit beaucoup de choses.
29:03Nous libérons les centres sportifs.
29:05Nous y sommes parvenus.
29:06Si les gens ne sortent pas, imaginez comment ils seraient en ce moment.
29:09Mais on n'ira pas sur le terrain de la violence.
29:11Si les choses sont paisibles, ça avance plus lentement.
29:14C'est normal.
29:15Ce que tu dois faire, c'est résister et ne pas te fatiguer.
29:19Voilà.
29:34À Madrid, la crise se gère à distance.
29:37À Ceuta, chaque hésitation se paye au coin de la rue,
29:40dans un face-à-face de plus en plus musclé.
29:45Je pense que la solution consiste à ce que l'Espagne elle-même soit capable de défendre Ceuta
29:50et de défendre sa frontière.
29:52Mais c'est évidemment impardonnable.
29:54C'est quelque chose que Ceuta n'oubliera jamais.
29:57C'est quelque chose que Ceuta ne pardonnera jamais au gouvernement de son pays.
30:02Et que nous, habitants de Ceuta, porterons toujours dans notre cœur.
30:07Le 27 août, Playa Benitez change de visage.
30:10Le camp est ravagé.
30:12Des abris ont brûlé.
30:13Il ne reste que des cendres.
30:16Selon plusieurs migrants présents sur place, des militaires auraient mis le feu.
30:20Une ligne a été franchie.
30:21À 4h du matin, les jeunes soldats sont venus là-bas.
30:25Ils font des choses.
30:27Voilà.
30:27Et on répare.
30:29Et là-bas, tu vas voir.
30:30Là-bas, ils vont faire la guerre.
30:33Et nous, voilà, nous sommes très tranquilles.
30:35Là, ce soir, c'est l'armée et la police qui ont détruit ou c'est des armées ?
30:38Qu'est-ce qui a détruit là ?
30:39C'est presque des militaires.
30:42Des soldats.
30:43C'est des militaires qui ont détruit votre camp.
30:45Mais je ne sais pas.
30:46Est-ce qu'il y a un soldat vrai ?
30:48Ou il fait un masque ou une combinaison de soldats, tu sais ?
30:51C'est pas les habitants qui ont chassé votre camp.
30:53Non, non, c'est pas les habitants.
30:54Les habitants, on va voir juste le gentil.
30:56Il y a des gens qui font le chargeur, tu sais.
31:01Ils me donnent un commerce.
31:03Ils me donnent à manger.
31:05Mais il y a un autre qui ne veut pas rester là-bas.
31:08Mais il y a des racistes.
31:09Je ne sais pas pourquoi ils font là-bas.
31:11Pourquoi ils font ces choses avec nous ?
31:13Moi, nous, c'est tous pauvres.
31:15C'est tous les gens qui sont assez pauvres.
31:17Ils veulent juste travailler et sauver ses parents.
31:20C'est pas tout, c'est pas tout.
31:21Je vais le répéter.
31:22C'est pas tout l'espagnol.
31:23Mais il y a des gens qui font...
31:25Comment tu vas faire avec Dieu ?
31:26Comment tu vas faire avec Dieu quand tu attrapes un homme pauvre en arrière ?
31:30Il y a beaucoup de minores.
31:33Regarde, regarde, regarde, il y a les minores.
31:36Regarde.
31:39Regarde les gens, ils font le petit déjeuner.
31:45Il prend leur petit déjeuner.
31:58Nous sommes des hommes.
32:01La violence n'efface pas la légitimité de la colère.
32:04Quand l'État ne tient plus la frontière, le conflit entre dans la ville.
32:08Quand ils ne séparent plus les groupes, les civils se font face.
32:12Et quand chacun veut imposer sa loi, la paix locale ne tient plus qu'à un fil.
32:25A Ceuta, la crise laisse déjà des blessés.
32:29Et le cimetière rappelle les morts de la route migratoire.
32:32Plusieurs ont péri noyé.
32:34Ce n'est plus une alerte, c'est un avertissement.
32:37Et c'est en ce 2 septembre, jour de Ceuta,
32:40que l'Espagne a alors connu un déferlement historique de marées humaines dans ses rues.
32:44200 mobilisations simultanées de Séville à Cadiz, en passant par Valence, ont été répertoriées,
32:50avec des dizaines de milliers d'Espagnols.
32:52Du jamais vu en terme de mobilisation, comme en témoignent ces images aériennes que nous avons pu capter.
32:58Le lendemain, des bougies recouvrent les monuments de Ceuta.
33:01Des images que l'on voit d'habitude au lendemain d'attentats.
33:06Ceuta et les Espagnols veulent retrouver le calme.
33:09Si la frontière est toujours là et a été renforcée, les lignes, elles ont bougé.
33:14Les Ceutis demandent une chose simple.
33:16Savoir qui entre, pouvoir dire non et être protégés chez eux.
33:21Demain, si l'Europe ne réagit pas comme elle le doit à la crise de Ceuta et aux leçons qu
33:25'il faut en tirer,
33:26on verra là aussi un signe d'ouverture, de faiblesse, disons-le clairement,
33:30dans lequel des millions, des dizaines de millions de personnes qui sont candidates à la migration,
33:35pour des raisons qui s'entendent, qui sont légitimes et qui ont essentiellement trait au niveau de vie,
33:40à la qualité de vie, aux conditions de vie, verront finalement une brèche qui est ouverte, une possibilité.
33:45Ceuta n'est pas une parenthèse, la crise va se poursuivre.
33:49Pour certains migrants, l'Espagne n'est qu'une étape.
33:52Leur route se poursuit vers la France.
33:54En 2025, 8 335 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés dans les seules Pyrénées-Orientales.
34:02Un peu plus de 5000 ont été réadmis vers l'Espagne.
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