00:01Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:30Vient du ciel et des satellites.
00:32C'est ce que est en train de mettre en place Univiti.
00:35Et nous allons en parler avec mon invité Charles Delphieux.
00:37Bonsoir Charles.
00:38Bonsoir François.
00:39Évidemment vous êtes présent ici lors de ce sommet de l'espace.
00:43Vous êtes président et fondateur d'Univiti.
00:45Vous avez un profil intéressant.
00:47Vous êtes ingénieur des ponts et chaussées.
00:49Vous avez passé une bonne partie de votre carrière à la Banque mondiale.
00:51Vous avez travaillé sur des grandes infrastructures.
00:53L'accès aux services essentiels aussi.
00:55Et puis en 2022, vous vous êtes dit, il y a des endroits où il n'y a pas de
00:58réseau.
00:59Il faut trouver une solution.
01:00Et vous avez eu cette idée de mettre de la 5G dans l'espace.
01:04Avec au départ Constellation Technologie.
01:06Que vous avez aussi rebaptisé là récemment Univiti.
01:10Vous avez levé pas mal d'argent.
01:1227 millions d'euros c'était en avril dernier.
01:14Vous étiez venu d'ailleurs sur le plateau de Tech & Co pour nous en parler.
01:17Alors racontez-nous votre aventure.
01:19L'idée c'est de pouvoir connecter nos téléphones à la 5G.
01:23Mais avec des satellites qui sont dans l'espace c'est ça ?
01:26Absolument absolument.
01:27On est convaincu François qu'on est en train de connaître une vraie révolution.
01:31Révolution dans le secteur des télécommunications.
01:32Là je ne vous parle pas des télécommunications spatiales.
01:34Je vous parle du secteur des télécommunications dans son ensemble.
01:37Cette révolution c'est quoi ?
01:38C'est que pour la première fois dans l'histoire des télécommunications,
01:41on peut désormais accéder à la connectivité depuis l'espace.
01:45A un prix et à une qualité de service qui se rapproche toujours un peu plus de la connectivité terrestre.
01:50Et ça, ça ouvre des perspectives de marché évidemment, mais aussi des perspectives de qualité de service et d'expérience
01:57utilisateur
01:58qui était encore inenvisageable il y a quelques années.
02:00Finalement, ce qu'on est en train de dire c'est que demain, vous habitez dans une zone blanche,
02:05vous habitez au milieu du désert, vous travaillez au milieu du désert, sur les mers, dans les airs.
02:10Vous pourrez demain, désormais un petit peu aujourd'hui, accéder à Internet avec une expérience, un débit,
02:18une latence qui se rapproche des réseaux terrestres, fibre et cellulaire de télécommunications des réseaux terrestres.
02:24Charles, mais ça existe déjà, on voit qu'Apple depuis quelques années propose alors de manière assez limitée
02:29quand même un service de connectivité par satellite pour des, on va dire, des services d'urgence au départ.
02:35Petit à petit, ils montent en puissance avec Global Star pour qu'on puisse avoir des SMS, etc.
02:40On sait que Starlink aussi travaille sur cette nouvelle génération de satellites
02:44qui nous permettra de nous connecter depuis le téléphone.
02:49Ça existe déjà, donc qu'est-ce qu'il y a de neuf chez vous ?
02:52Tout à fait. Écoutez, déjà, vous avez cité deux grands acteurs, très puissants, bien connus du grand public
02:57qui ont, comme vous l'avez noté, la particularité des acteurs américains.
03:03Donc déjà, un premier élément de différenciation, c'est l'origine géographique, la localisation de notre IP,
03:09la localisation de l'ingénierie que nous développons en France et en Europe.
03:15Un autre élément de différenciation important, c'est notre modèle d'affaires.
03:21Notre modèle d'affaires consiste à placer les opérateurs de télécommunications,
03:24je parle des opérateurs de télécommunications terrestres, que nous connaissons tous en France, en Europe et dans le reste du
03:28monde,
03:29au cœur de notre projet.
03:31Nous voulons être les partenaires des opérateurs de télécommunications
03:34et leur permettre, demain, à ces opérateurs de télécommunications terrestres,
03:37d'offrir cette connectivité spatiale, comme ils le font aujourd'hui, à travers les réseaux terrestres.
03:42Un opérateur terrestre, c'est quoi aujourd'hui ? Il a des clients, il a du spectre de radiofréquence,
03:48il a accès aux régulateurs nationaux, il a des licences pour opérer du service dans un pays.
03:53Mais pour, demain, opérer des services de connectivité spatiale, il lui manque un accès à une infrastructure,
03:59qui est une infrastructure spatiale.
04:01Et c'est nous qui apportons ce chénon manquant pour permettre aux opérateurs TECOM terrestres
04:05d'offrir aussi à leurs clients cette connectivité spatiale.
04:07Et cette infrastructure, parce que nous parlons d'une constellation qui pourrait compter jusqu'à plusieurs milliers de satellites,
04:12c'est une constellation, une infrastructure qui est partagée auprès des différents opérateurs de télécommunications à travers le monde.
04:19C'est-à-dire que moi, client final, je bénéficierai de vos services, mais avec toujours mon logo orange,
04:26Wig, Free, bon, j'allais dire SFR, SFR, ça va être un peu plus compliqué, mais voilà.
04:31Donc, il y aura, en fait, la continuité de service sera assurée par vous, mais je ne le saurai, je
04:36ne le verrai pas.
04:37Exactement, c'est le principe, on appelle ça parfois le principe d'une marque blanche.
04:40Oui.
04:41C'est exactement ce que nous faisons.
04:43Et donc, j'insiste sur ce modèle d'affaires, le fait de placer l'opérateur télécommunications
04:47comme partenaire client au cœur de la chaîne de valeur,
04:50à la différence de certains acteurs américains que vous avez cités,
04:55qui ont montré jusqu'à présent leur vélité de commercialiser un service directement auprès de l'utilisateur final,
05:03sur les parties et les entreprises, et ainsi de devenir, d'une certaine manière,
05:07les premiers opérateurs de télécommunications globaux en concurrence avec nos clients partenaires
05:13que sont opérateurs terrestres.
05:14Alors, vous êtes, c'est votre métier, mais ça va généraliser.
05:16On peut imaginer que dans quelques temps, Starlink va lancer son offre, en fait,
05:20de connectivité via le téléphone.
05:23C'est obligatoire.
05:24On voit qu'Apple, aujourd'hui, aux Etats-Unis, passe, je crois, par T-Mobile.
05:29Je crois, il n'y a pas...
05:30Par T-Mobile, il s'est associé initialement, en tout cas, avec Starlink.
05:33Avec Starlink, voilà.
05:34Mais on peut imaginer que demain, Starlink squeeze, en fait, les opérateurs télécoms
05:38et propose son offre directement.
05:40Absolument.
05:41Alors, on n'est pas dans le secret des modèles d'affaires de SpaceX,
05:44mais les signaux récents laissent penser qu'on va pleinement dans cette direction.
05:49Un signal fort qui a marqué la communauté et le secteur de l'industrie télécom,
05:54c'est l'achat à prix d'or de fréquences spatiales et terrestres par SpaceX.
06:01Tiens, en parlant de fréquences, vous avez sans doute lu cette information très intéressante
06:05des opérateurs européens.
06:07Je crois qu'il y a Vodafone, il y a Orange, Dutch Telecom et un quatrième, je ne sais plus
06:12lequel.
06:13Telefonica.
06:14Telefonica, qui ont décidé, en fait, de s'intéresser aux fréquences de gigahertz.
06:21Pour, justement, cette connectivité satellite, c'est plutôt un bon signe pour vous ?
06:25Est-ce que ça veut dire peut-être que demain, les opérateurs télécoms vont s'associer
06:29pour lancer leur propre réseau de connectivité satellite ?
06:33Alors, on voit ça comme un très bon signe.
06:35Vous mentionnez la bande des 2 gigahertz.
06:37Cette bande, elle a notamment l'intérêt de pouvoir connecter directement des téléphones portables
06:40avec les satellites.
06:41Elle présente toutes les bonnes caractéristiques pour connecter directement les téléphones.
06:44Et demain, offrir un service qui pourrait se rapprocher du moyen ou du haut débit
06:48vers ces téléphones portables.
06:50Et la Commission européenne, récemment, a pris une décision politiquement courageuse
06:56de vouloir réserver une partie de ce spectre pour des acteurs européens.
07:02Il s'agit désormais de formaliser les droits pour pouvoir utiliser ce spectre.
07:08Et le principe que des opérateurs de télécommunications européens mettent en commun leur force pour
07:13accéder à ce spectre a beaucoup de sens.
07:15Mais au-delà du droit d'utilisation de ce spectre, reste quand même un élément majeur,
07:22un chénon manquant majeur qui est l'infrastructure qui va permettre d'utiliser ce spectre et demain
07:27d'offrir à des particuliers les entreprises européennes, mais aussi à travers le monde,
07:31ce service de connectivité compétitive vers les téléphones portables.
07:34Et c'est là où Univiti, seul ou avec des partenaires européens, souhaite se positionner
07:39et proposer cette infrastructure spatiale compétitive.
07:42Alors parlons un petit peu d'Univiti, je crois que l'effectif est de 45 personnes à peu près.
07:47Vous êtes entre Paris et Toulouse, je crois.
07:51C'est quoi le calendrier là ?
07:52Parce que maintenant, il va falloir, vous avez fait des tests, etc.
07:57Quand est-ce que vous comptez commercialement lancer ce type d'offres ?
08:02Tout à fait.
08:03Et puis, il va falloir beaucoup d'argent, accessoirement.
08:06Accessoirement.
08:07François, déjà, on est très honoré que vous nous invitiez très régulièrement
08:10pour présenter notre actualité, mais vous devez nous inviter encore plus souvent
08:13parce qu'on augmente en taille, on a dépassé le cadre des 60,
08:16on sera 65 d'ici la fin de l'année.
08:19Eh bien bravo, félicitations.
08:21Alors, on profite de l'occasion aussi pour partager une actualité importante.
08:25Vous évoquiez notre feuille de route.
08:28On a envoyé en 2025, mi-2025 à peu près un an, une charge utile,
08:32un bout de satellite dans l'espace.
08:35Et depuis deux semestres, toute l'équipe a travaillé extrêmement dur.
08:40Je tiens à reconnaître le travail formidable qu'ils ont fait
08:44pour opérer, tester le service à partir de cette première charge utile de démonstration.
08:48Et ce matin, on a eu l'occasion de communiquer sur les résultats.
08:52On a établi, c'est une première, une première mondiale.
08:54On utilisait un nouveau spike de radiofréquence en bande millimétrique,
08:57c'est en très haute fréquence, pour pouvoir démontrer la faisabilité technique
09:01de ce nouveau spike de fréquence, qui demain ouvre des perspectives d'accès au spectre.
09:04On ne s'arrête pas là.
09:05On a déjà les yeux rivés sur la suite,
09:08qui est le déploiement dans l'espace des deux premiers satellites complets,
09:10qui seront compatibles avec la très basse orbite,
09:13où on va déployer nos satellites, c'est-à-dire en dessous des stations spatiales,
09:16entre 350 et 400 kilomètres.
09:18Ces deux satellites...
09:19Qui sera l'altitude de croisière un peu de vos satellites.
09:21Absolument, c'est l'altitude visée de nos satellites.
09:24Et ces deux satellites embarquent une charge utile extrêmement sophistiquée,
09:28qui permettra à la fois de tester un service au débit,
09:31100, 200, 300 Mbps,
09:33mais aussi un service de connectivité directe des téléphones portables vers les satellites.
09:38Tout cela pour préparer la troisième et dernière étape de notre feuille de route,
09:42qui est l'industrialisation, le passage à l'échelle de notre constellation,
09:44avec un objectif de déployer le premier plan de notre constellation,
09:48qui pourrait compter plusieurs milliers de satellites en 2029.
09:51Voilà, 1 600 satellites pour la première vague, c'est ça ?
09:54Jusqu'à 3 400 satellites, après avoir une couverture optimum ?
09:58Tout à fait.
09:59Très bien.
09:59Et en réponse à une certaine part de marché, objectif de la société.
10:02Vous avez des dates à nous donner ?
10:03Vous avez des objectifs de calendrier ou pas ?
10:06Alors, on a sécurisé le tir de nos deux premiers satellites au premier semestre de 2028.
10:13Donc ça, ça a été quelque chose qui a été pleinement sécurisé.
10:16Et on a comme objectif de déployer le premier plan, c'est-à-dire la première série de satellites en
10:232029.
10:25Très bien.
10:25Ça est arrivé très vite dans le spatial.
10:27Et bien, on va suivre ça de près.
10:29Merci beaucoup Charles Delfieux, président et fondateur du Niviti.
10:33Merci.
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