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  • il y a 7 minutes
Ce jeudi 10 septembre, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé le relèvement des taux de la BCE de 5 points de base, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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00:01BFM Bourses, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Antoine, on va retrouver Oudkar Sulek dans un instant, notre envoyée spéciale à Berlin.
00:09Elle a assisté à la conférence de presse de Christine Lagarde.
00:11La BCE a donc relevé ses taux. Comment le marché réagit-il cet après-midi ?
00:15Alors, pas de gros changement de paradigme du côté des marchés européens.
00:19On était à la baisse depuis le début de la journée.
00:22Légère baisse pour le CAC 40. Là, une baisse un petit peu plus franche, 0,37%, 8126 points.
00:27On est en repli d'1,15% sur l'Euronext Tech Leaders et une baisse un petit peu plus
00:31franche du côté de l'Eurostock 50,
00:33moins 0,57%, moins 0,6% pour le DAX à Francfort.
00:37A noter quand même l'Ibex à Madrid qui surnage et qui gagne 0,01%.
00:41Les plus fortes hausses du moment, sur le CAC 40 Orange, gagnent 1,5% à 15,45%.
00:46Euronext plus 1,07% à 160,80€.
00:49Et puis, le secteur bancaire qui bénéficie de la fermeté et de la hausse des taux sur le marché obligataire.
00:54Société Générale, plus 0,9%, 74,18€.
00:58A la baisse, naturellement, des valeurs de croissance ou liées au cycle.
01:02STMicro, moins 2,85% à 43,36.
01:05On a ArcelorMittal, moins 2,77% à 64,58.
01:08Et à noter, EssilorLossotica, moins 2,65%, 145,05.
01:12Aude, c'est à Berlin qu'on vous retrouve.
01:14D'habitude, c'est à Francfort.
01:15Vous savez qu'une fois par an, la réunion, la conférence de presse de Christine Lagarde sont délocalisées.
01:20Cette fois, c'est à domicile, c'est à Berlin.
01:21On reste quand même en Allemagne.
01:23Aude, vous avez donc assisté à cette conférence de presse de Christine Lagarde.
01:26La BCE relève ses taux comme prévu.
01:28Mais est-ce qu'on a appris d'autres éléments à l'issue de sa conférence de presse ?
01:33Eh bien, à propos de cette décision de relever les taux de 25 points de base,
01:37elle a quand même lâché cette expression.
01:38C'est un no-brainer.
01:39C'est-à-dire, c'est vraiment évident comme décision.
01:42C'était d'ailleurs unanime.
01:43C'est ce qu'elle a précisé.
01:46Alors, pourquoi c'était unanime ?
01:47L'inflation va être plus élevée plus longtemps.
01:51C'est ce qu'on a quand même compris aujourd'hui au vu des prévisions aussi
01:55qui sont sorties de la part du staff de la BCE, 3% cette année.
01:59Et ça a été relevé, cette prévision, pour l'année prochaine à 2,5% en 2027
02:04et 2,1% en 2028.
02:07La croissance, elle, elle est plus résiliente que ce qui avait été prévu,
02:10notamment en début d'année, et ce, malgré le conflit au Moyen-Orient.
02:15Donc, du côté de la balance des risques, que regarde la BCE,
02:19ça donne plus de risques sur l'inflation, un peu moins sur la croissance.
02:24Vous avez donc la justification de cette hausse de taux.
02:28Il y a de la croissance, il y a de la place pour agir.
02:31Donc, on n'hésite pas à taper sur cette inflation dont on n'est pas encore sûr
02:36qu'elle se propage à l'économie.
02:38D'ailleurs, il n'y a pas encore d'effet de second rang, à préciser Christine Lagarde.
02:43Mais on n'est pas sûr, justement, qu'elle ne dure pas plus longtemps que ça.
02:49Et puis aussi, il y a eu un commentaire sur les taux élevés,
02:54les taux longs élevés que l'on connaît en ce moment,
02:56et notamment le spread France-Allemagne.
02:58Alors, vous savez, Christine Lagarde ne commande pas les spreads,
03:02mais elle a quand même précisé que c'était une donnée que la BCE regardait.
03:07Vous restez avec nous, Aude, parce qu'on parlera aussi de l'avenir de Christine Lagarde
03:10dans une poignée de secondes.
03:11Juste avant, on entend autour de vous l'ambiance, d'ailleurs.
03:14Voilà, la conférence de presse est terminée.
03:15On commence à démonter tout ça.
03:17Est-ce que les hausses de taux vont démonter la croissance européenne ?
03:21Gilles, quand vous avez donc vu cette hausse de taux d'aujourd'hui,
03:24qui était déjà attendue, mais aussi le fait que la BCE laisse les portes ouvertes
03:27à d'autres hausses de taux, est-ce que vous vous dites
03:29qu'on est, pour la croissance européenne, peut-être sur une pente amenée
03:32à être encore plus fragilisée pour la suite ?
03:34Alors, attention, parce qu'on laisse effectivement la porte ouverte
03:37pour d'autres hausses de taux, ça s'était très attendu,
03:39mais j'ai trouvé que Christine Lagarde avait fait un excellent travail
03:42en justement, en ne validant pas les attentes de marché.
03:47On lui a posé la question à plusieurs autres pays,
03:49est-ce que le marché price aujourd'hui,
03:51qui est vraiment un nombre très important de hausses supplémentaires de taux,
03:54est-ce que ça vous paraît correct ?
03:56Et elle a vraiment absolument évité de répondre à cette question-là,
04:00en maintenant cette idée que la BCE prendra des décisions
04:03à chaque réunion de son comité, avec les données dépendantes.
04:07Donc il n'a pas, de ce point de vue-là,
04:09il n'y a pas de biais au quiche clair
04:11dans ce qui a été dit par Christine Lagarde sur le futur.
04:15Maintenant, sur l'impact sur la croissance.
04:18Moi, j'ai envie de distinguer deux choses.
04:19La zone euro en moyenne et ce qui se passe en France.
04:23Du côté de la zone euro en moyenne,
04:25ça a été très bien dit par Christine Lagarde,
04:27pour l'instant, on a une résistance,
04:29parfaitement inattendue d'ailleurs, de la croissance européenne.
04:33Et alors même qu'effectivement,
04:34on a un niveau des taux d'intérêt au-delà même du taux de la BCE,
04:37mais également des taux longs, qui devient problématique,
04:39quand on s'intéresse par exemple aux flux de crédit aux entreprises,
04:43pour l'instant, on est toujours en accélération
04:45et non pas en décélération.
04:47Il y a une accélération à la distribution de crédit dans la zone euro.
04:50En tout cas, la dernière donnée, c'est celle du mois de juillet.
04:52Donc effectivement, la BCE peut très bien considérer qu'à ce stade,
04:56cette hausse de taux aux 25 points de base
04:58n'a pas d'impact terriblement toxique pour la croissance européenne.
05:02Le problème, ce sont les pays fragiles,
05:04les pays moins robustes,
05:05qui aujourd'hui sont déjà en décalage conjoncturel
05:08par rapport à la moyenne de la zone euro.
05:10Et la France en fait partie.
05:11Et je pense que quand on lit la politique monétaire de la BCE vue de Paris,
05:16on est un tout petit peu biaisé parce que notre situation conjoncturelle,
05:20effectivement, elle, n'appelle pas du tout à des hausses de taux.
05:23Mais voilà, la moyenne de la zone euro, pour l'instant,
05:25se porte trop bien pour l'éviter.
05:27– Et effectivement, et quel pays en Europe voit ces taux
05:29le plus progresser à l'issue de cette réunion de la BCE ?
05:31– C'est la France, encore une fois.
05:33C'est en France que le taux souverain progresse le plus en zone euro.
05:35On est à 4,39, quasiment 4,40.
05:37Antoine en parlait sur le 10 ans français.
05:38L'écart de taux, Gilles, avec l'Allemagne, atteint 90 points de base.
05:42Alors qu'on est qu'au tout début de la campagne présidentielle,
05:45qu'on voit fleurir des propositions, par exemple,
05:47brûler la dette contractée par la France auprès de la BCE.
05:49Là-dessus, Christine Lagarde a répondu.
05:51Elle a dit tout à l'heure, dans cette conférence de presse,
05:53qu'une annulation de la dette française détenue par la BCE
05:55serait une violation pure et simple du traité.
05:59– Elle a dit le droit.
06:02Elle a répété ce qu'il y a dans l'article 123 du traité européen.
06:07Mais sur la question générale des taux d'intérêt à long terme,
06:12je crois que ce qui est en train de se passer,
06:14il ne faut pas se tromper, la cause immédiate de tout cela
06:18trouve son épicentre aux États-Unis, pas en France.
06:21La France ajoute son propre bruit, entre guillemets,
06:24à cause d'un calendrier électoral très particulier.
06:26Mais pour moi, la cause fondamentale de ce qui se passe aujourd'hui
06:29sur les marchés obligataires et qui touche de manière disproportionnée
06:31les signatures un peu fragiles, c'est ce qui se passe aux États-Unis.
06:35Et un point extrêmement important, c'est ce qui s'est passé hier,
06:38c'est l'échec de la manœuvre de Scott Bessent
06:41pour essayer de réduire les taux d'intérêt à très long terme
06:44avec des mesures d'achat.
06:45Son annonce a déçu le marché.
06:47Et tant qu'on aura cette pression forte du marché obligataire américain,
06:50ça va être très compliqué pour les signatures moins robustes
06:53comme la signature française.
06:54Juste un mot là-dessus, justement, le fait que le Trésor américain,
06:56même s'il augmente ses opérations de rachat d'obligations,
06:59ne parvienne plus à apaiser ce marché obligataire.
07:01On est presque à 5% sur le 10 ans.
07:03C'est très inquiétant ou pas ?
07:04Parce que ces dernières années, l'ingénierie financière
07:06avait permis de passer outre l'aggravation du déficit.
07:09Là, ça a l'air de peut-être un peu moins marcher, Gilles.
07:12Oui, mais pour moi, il y a une distinction absolue entre l'ingénierie financière
07:16quand elle vient d'une banque centrale, qui peut utiliser le caractère parfaitement
07:20infini de son bilan, et l'ingénierie financière pratiquée par un État souverain
07:25sans soutien de sa banque centrale.
07:27Ce que le Trésor américain essaye de faire, c'est, je mets davantage de dettes à court terme
07:31pour en acheter à long terme.
07:33Mais ça n'est pas du tout la même chose que ce que la Fed pouvait faire
07:36lorsqu'elle monétisait quasiment directement ses achats de dettes publiques.
07:41Et ça, le marché le sait bien.
07:43Et dans ces cas-là, la seule chose qui permet de ramener le calme,
07:47c'est une orientation budgétaire plus claire.
07:50Or, la difficulté qui se pose aujourd'hui aux États-Unis,
07:52elle n'est pas si différente de la difficulté française,
07:56c'est qu'il n'y a pas la configuration politique nécessaire
07:59pour amener une consolidation budgétaire qui rassure vraiment le marché
08:04sur l'offre future de titres publics américains.
08:07Oui, 10 Américains qui se tendent encore.
08:09On parlera aussi dans un instant de la proposition de Donald Trump
08:12à deux mois et demi de terme.
08:13Il propose aux électeurs 5 000 dollars, 5 000 dollars par Américain
08:16si les Républicains gardent le Congrès.
08:19Oui, oui, 5 000 dollars chacun, c'est beaucoup.
08:21On en reparlera dans un instant.
08:22Vous nous direz ce que vous en pensez juste avant,
08:24puisqu'on rebondit sur l'actu de l'après-midi quand même.
08:26Donc la BCE qui relève ses taux, qui laisse la porte ouverte à d'autres hausses de taux,
08:29Aude, Christine Lagarde est restée très énigmatique aussi sur le reste,
08:34pas que sur les trajectoires de taux.
08:38Non, c'est vrai.
08:39Sur son futur à la tête de la BCE, on n'en a pas appris davantage.
08:43On ne sait pas si elle va finir son mandat qui termine en octobre 2027
08:48ou si elle va démissionner plus tôt.
08:51Les spéculations, en tout cas, n'ont pas été démenties.
08:54On ne sait pas si la rumeur de la voir partir pour prendre la direction du World Economic Forum est
09:01fausse.
09:01En tout cas, elle ne l'a pas dit comme ça.
09:04S'il y a quelque chose à dire, vous en serez les premiers informés, nous a-t-elle dit,
09:09donc aux journalistes, après ses petits-enfants, ça évidemment.
09:12Alors la question lui a quand même été posée par le biais de la promotion de son livre,
09:17parce que vous savez qu'elle va sortir son autobiographie en janvier prochain.
09:21Le journaliste lui a posé la question de savoir comment elle allait faire ses opérations marketing dans les librairies.
09:27Elle a dit qu'elle allait poser des jours de congés ou qu'elle allait faire pendant ses week-ends,
09:32et donc pas pendant son temps pour la BCE.
09:35Et puis on était à Berlin aujourd'hui pour cette réunion délocalisée.
09:39Et vous savez que la politique était quand même très présente,
09:43avec un Land d'ailleurs qui est en campagne, qui va voter le 20 septembre.
09:47L'élection aussi qui a eu lieu dimanche dernier en Saxe-Alpes.
09:49Évidemment, la campagne présidentielle en France,
09:53même si les deux coutumes pendant ces réunions de la BCE de ne pas commenter directement la politique,
09:59il en a été question, et notamment sur cette question de l'annulation de la dette,
10:05la dette française mesure évidemment de Jean-Luc Mélenchon, sans le citer donc.
10:10Mais Christine Lagarde a quand même fait une démonstration assez claire
10:15sur le fait qu'elle n'était pas tellement d'accord avec ça.
10:19Techniquement, légalement et financièrement, ce n'est pas une bonne idée selon elle.
10:22Voilà, exactement. Sur l'avenir de Christine Lagarde, Gilles,
10:25voilà, si elle partait avant la fin de son mandat, ce serait très grave.
10:29Surtout, comment est-ce qu'on doit envisager la suite pour la BCE ?
10:32Il y a toujours un rapport de force entre les différents pays, France, Allemagne,
10:35mais pas que. Quelles sont les pistes qu'on peut avoir pour être prêts, quoi,
10:38le jour où elle nous annoncera partir ?
10:40Elle l'aura dit avant à ses petits-enfants, mais ensuite on sera les premiers informés.
10:44Je crois que la discussion sur ces successions, elle interviendra de toute manière en amont.
10:49C'est un jeu extrêmement compliqué, la nomination du patron de la BCE,
10:54parce que c'est toujours un package.
10:56On s'intéresse aux postes de la BCE, on s'intéresse aux futurs postes de la Commission européenne,
11:00on s'intéresse à certains postes au FMI.
11:02Donc c'est une discussion de toute manière qui a déjà commencé.
11:06On sait qu'il y a des candidats déclarés, plus ou moins clairement,
11:11Clasnot, l'ancien gouverneur néerlandais,
11:14Pablo Hernández de Kos, l'ancien gouverneur espagnol,
11:17actuel patron de la BRI,
11:19et Joachim Nagel, qui est potentiellement candidat, le patron de la Bouba.
11:26Moi, c'est vraiment une question qui ne m'inquiète pas, entre guillemets.
11:29Les gouvernants européens ont l'habitude de gérer ce genre de choses.
11:34Je pense qu'elles vont se régler, en fait, assez en amont,
11:38et qu'au moment, si Christine Lagarde devait décider,
11:41comme c'est son droit absolu, de quitter la BCE avant la fin de son mandat,
11:46je suis persuadé que la succession aura déjà été réglée.
11:52C'est un ballet, quand même, une chorégraphie assez éprouvée, maintenant.
11:56C'est un ballet, quand même, une chorégraphie assez éprouvée.
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