00:00La Banque Centrale Européenne a relevé ses taux de 25 points de base et pour la suite,
00:03est-ce que la probabilité de nouvelle hausse de taux a augmenté à l'issue de cette réunion ?
00:06Yannick Lopez avec nous au FI Investime. Bonjour Yannick.
00:09Bonjour.
00:10Je suis ravie de vous retrouver, est-ce que vous estimez après avoir écouté Christine Lagarde
00:12que la probabilité d'autres hausses de taux, de nouvelles hausses de taux ces prochains mois a augmenté ?
00:18Oui, en tout cas le marché, le price comme ça, enfin le taux un an dans un an, il est
00:27à 3,25,
00:27qui prend 13 centimes, donc environ 50% d'une hausse, la moitié d'une hausse.
00:32Donc là le marché, depuis la conférence de presse, il rajoute une demi-hausse dans ce qu'il avait déjà
00:38dans la courbe.
00:39Donc ça veut dire que pour le marché, le taux entre guillemets terminal dans ce cycle de resserrement monétaire de
00:46la BCE,
00:47c'est pour l'instant, à l'heure où on se parle, 3,25.
00:50Donc ça veut dire qu'il reste trois hausses à faire en plus de celles qu'on vient d'avoir
00:53là aujourd'hui.
00:54– Alors vu de France, on se dit que ça va éteindre le peu de croissance qu'il y a
00:57en Europe,
00:58sauf qu'au contraire, Christine Lagarde explique que l'une des raisons pour lesquelles la BCE relève ses prévisions d
01:02'inflation,
01:02c'est que la BCE est surprise par la capacité de résistance plus forte que prévue de l'économie européenne.
01:07Nous Français, ça ne nous parle pas parce qu'on n'a quasiment pas de croissance,
01:09mais d'autres pays en Europe ont pas mal de croissance en ce moment.
01:12Est-ce que oui, l'économie européenne pourra digérer ses potentielles trois nouvelles hausses de taux, d'après vous ?
01:19– C'est vrai que la BCE a été surprise, et le marché aussi, par le chiffre de croissance du
01:24deuxième trimestre.
01:25Après, il faut le relativiser, ce chiffre de croissance à cette surprise.
01:28La surprise, le marché l'attendait à plus 0,4, finalement le PIB est sorti à plus 0,6,
01:34mais en fait, la surprise vient en totalité de l'Irlande, et vous savez que l'Irlande, c'est un
01:41tout petit pays,
01:41mais qui a une volatilité ahurissante sur son PIB, et qui peut parfois créer comme ça des mouvements très importants
01:48sur le PIB de la zone euro.
01:49Donc oui, il y a eu une surprise, donc mécaniquement, la croissance en 2026, elle est révisée à la hausse,
01:57mais globalement, ce n'est pas très homogène, donc il faut quand même prendre un peu de recul,
02:01mais vous avez raison, elle a signifié que les risques sur la croissance sont à la baisse.
02:08C'est à peu près le seul élément un peu colombe d'Oviche de sa conférence de presse.
02:13La risque de croissance, c'est à la baisse, mais ils sont surpris, effectivement, de la résilience de cette économie,
02:20malgré des taux qui sont en très forte hausse.
02:24Et donc, comme elle a rappelé que le mandat de la BCE, c'est maintenir, ancrer les anticipations d'investigation
02:31à 2%,
02:31ça justifie l'orcement monétaire.
02:33Quel taux monte le plus ? Alors d'abord, tous les taux en Europe progressent,
02:36avec donc peut-être d'autres hausses de taux à venir de la BCE,
02:38mais surtout le taux français qui progresse, mais nettement plus que les autres cet après-midi.
02:42Yannick, le 10 ans français à l'instant est à 4,42.
02:454,42, ça va à la vitesse de l'éclair, franchement.
02:47Et l'écart de taux avec l'Allemagne, on est à 92, là, à l'instant, 92 points d'écart
02:52de taux,
02:52le spread entre la France et l'Allemagne, à mesure qu'on entre dans la présidentielle.
02:57À votre avis, dans ce spread, il y a une part de primes de risque politique importante
03:01liée à la présidentielle, ou pas encore ?
03:03On n'a encore rien vu en termes de primes de risque politique.
03:06Comment vous voyez évoluer encore, au fur et à mesure qu'on ira dans cette campagne,
03:10cet écart de taux entre nos deux pays ?
03:13Alors déjà, vous avez raison, l'écart de rendement entre la France et l'Allemagne,
03:17il s'écarte de 2 centimes aujourd'hui.
03:18Le Bund allemand, c'est plus 5, l'OAT, c'est plus 7,
03:21mais l'Italie, c'est plus 7, l'Espagne, c'est plus 7, la Belgique, c'est plus 7,
03:24le Portugal, c'est plus 7.
03:25Donc en gros, c'est l'Allemagne qui fait un peu office de meilleur élève
03:29avec, entre guillemets, seulement plus 5.
03:32Mais vous avez raison, le spread France-Allemagne,
03:34il s'écarte depuis maintenant quelques semaines,
03:37et oui, vous avez raison, ça intègre une prime de risque
03:40qui, pour l'instant, n'est pas exacerbée, mais qui est continue.
03:46Après, il faut quand même avoir en tête que le marché obligataire,
03:49depuis des semaines, depuis août notamment,
03:53est extrêmement creux, très très creux.
03:55Il y a extrêmement peu de volume,
03:58et en fait, le marché obligataire, les taux d'intérêt
04:00que vous commentez, que j'observe tous les jours à la hausse,
04:05est essentiellement tiré par les dérivés.
04:08Les investisseurs finaux sont très peu présents aujourd'hui,
04:11parce que l'incertitude, elle est énorme, vraiment énorme.
04:15Donc, pour l'instant, ça se fait, on va dire,
04:18ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas une défiance des investisseurs finaux,
04:23les asset managers, les assureurs, etc.
04:25C'est plus les hedge funds qui jouent sur les dérivés,
04:30et face à la faible résistance qu'il y a aujourd'hui,
04:33le peu d'appétit à acheteurs sur le marché obligataire,
04:35parce qu'on a l'impression qu'on essaye de choper un couteau qui tombe,
04:39et bien, effectivement, le spread s'écarte continuellement.
04:42Il y a de l'idiosyncratique en France,
04:44effectivement, c'est indéniable.
04:48Et sur une annulation de la dette française contractée auprès de la BCE,
04:51la proposition de Luc Mélenchon, Christine Lagarde lui a répondu
04:54en disant que ce serait, je cite Christine Lagarde,
04:56une violation pure et simple du traité de l'UE.
04:58Voilà, Yannick, elle a dit le droit, tout simplement.
05:01– Oui, oui, oui, bon, après, attention à cela.
05:08Ce n'est pas de la politique ce que je vais faire,
05:09c'est juste un simple constat, il faut faire attention aux mots,
05:13et M. Mélenchon a évoqué mettre au congélateur.
05:18Ça veut dire quoi ? Je n'en sais rien, je ne suis pas dans sa tête.
05:23Mais la Grèce, on l'a mis au congélateur, quelque part, sa dette.
05:27C'est-à-dire qu'en fait, l'Union européenne s'est mise d'accord avec la Grèce
05:32pour qu'en échange de très fortes réformes, très très fortes réformes,
05:36qui ont fortement pesé sur la croissance grecque,
05:39elles étendent les maturités à très très très très très long terme,
05:4230, 40, 50 ans, et donc comme ça, donnent de l'air à la Grèce
05:48sur son programme de remboursement de dette.
05:51Moi, je ne sais pas ce que pense M. Mélenchon,
05:53mais en tout cas, ça a été fait, effectivement.
05:55On peut jouer sur les mots en disant « ça a été mis au congélateur pendant 30 ans ».
05:59Donc moi, je ne sais pas ce que ça veut dire.
06:01Effectivement, si c'est une annulation qu'il a en tête, ce n'est pas légal.
06:05Ça contrevient au traité, c'est évident, Mme Lagarde l'a rappelé tout à l'heure.
06:10S'il a en tête, il s'imagine que la France, s'il arrive au pouvoir,
06:14pourra négocier une mise au congélateur pendant 30 ans.
06:17Je n'y crois pas une seconde, mais je ne sais pas ce qu'il pense.
06:20Et puis à quel prix ? Parce que les Grecs ont dû faire d'énormes concessions.
06:24Merci beaucoup Yannick de nous avoir accompagné au FIF Invest AM.
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