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  • il y a 23 minutes
Ce jeudi 10 septembre, Yannick Lopez, directeur des gestions Taux et Solutions de Trésorerie chez OFI Invest, s'est penché sur la hausse des taux de la BCE, la réaction de l'économie américaine à d'éventuelles trois autres hausses de taux de la BCE, et le rejet de toute annulation de la dette française par C. Lagarde, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00La Banque Centrale Européenne a relevé ses taux de 25 points de base et pour la suite,
00:03est-ce que la probabilité de nouvelle hausse de taux a augmenté à l'issue de cette réunion ?
00:06Yannick Lopez avec nous au FI Investime. Bonjour Yannick.
00:09Bonjour.
00:10Je suis ravie de vous retrouver, est-ce que vous estimez après avoir écouté Christine Lagarde
00:12que la probabilité d'autres hausses de taux, de nouvelles hausses de taux ces prochains mois a augmenté ?
00:18Oui, en tout cas le marché, le price comme ça, enfin le taux un an dans un an, il est
00:27à 3,25,
00:27qui prend 13 centimes, donc environ 50% d'une hausse, la moitié d'une hausse.
00:32Donc là le marché, depuis la conférence de presse, il rajoute une demi-hausse dans ce qu'il avait déjà
00:38dans la courbe.
00:39Donc ça veut dire que pour le marché, le taux entre guillemets terminal dans ce cycle de resserrement monétaire de
00:46la BCE,
00:47c'est pour l'instant, à l'heure où on se parle, 3,25.
00:50Donc ça veut dire qu'il reste trois hausses à faire en plus de celles qu'on vient d'avoir
00:53là aujourd'hui.
00:54– Alors vu de France, on se dit que ça va éteindre le peu de croissance qu'il y a
00:57en Europe,
00:58sauf qu'au contraire, Christine Lagarde explique que l'une des raisons pour lesquelles la BCE relève ses prévisions d
01:02'inflation,
01:02c'est que la BCE est surprise par la capacité de résistance plus forte que prévue de l'économie européenne.
01:07Nous Français, ça ne nous parle pas parce qu'on n'a quasiment pas de croissance,
01:09mais d'autres pays en Europe ont pas mal de croissance en ce moment.
01:12Est-ce que oui, l'économie européenne pourra digérer ses potentielles trois nouvelles hausses de taux, d'après vous ?
01:19– C'est vrai que la BCE a été surprise, et le marché aussi, par le chiffre de croissance du
01:24deuxième trimestre.
01:25Après, il faut le relativiser, ce chiffre de croissance à cette surprise.
01:28La surprise, le marché l'attendait à plus 0,4, finalement le PIB est sorti à plus 0,6,
01:34mais en fait, la surprise vient en totalité de l'Irlande, et vous savez que l'Irlande, c'est un
01:41tout petit pays,
01:41mais qui a une volatilité ahurissante sur son PIB, et qui peut parfois créer comme ça des mouvements très importants
01:48sur le PIB de la zone euro.
01:49Donc oui, il y a eu une surprise, donc mécaniquement, la croissance en 2026, elle est révisée à la hausse,
01:57mais globalement, ce n'est pas très homogène, donc il faut quand même prendre un peu de recul,
02:01mais vous avez raison, elle a signifié que les risques sur la croissance sont à la baisse.
02:08C'est à peu près le seul élément un peu colombe d'Oviche de sa conférence de presse.
02:13La risque de croissance, c'est à la baisse, mais ils sont surpris, effectivement, de la résilience de cette économie,
02:20malgré des taux qui sont en très forte hausse.
02:24Et donc, comme elle a rappelé que le mandat de la BCE, c'est maintenir, ancrer les anticipations d'investigation
02:31à 2%,
02:31ça justifie l'orcement monétaire.
02:33Quel taux monte le plus ? Alors d'abord, tous les taux en Europe progressent,
02:36avec donc peut-être d'autres hausses de taux à venir de la BCE,
02:38mais surtout le taux français qui progresse, mais nettement plus que les autres cet après-midi.
02:42Yannick, le 10 ans français à l'instant est à 4,42.
02:454,42, ça va à la vitesse de l'éclair, franchement.
02:47Et l'écart de taux avec l'Allemagne, on est à 92, là, à l'instant, 92 points d'écart
02:52de taux,
02:52le spread entre la France et l'Allemagne, à mesure qu'on entre dans la présidentielle.
02:57À votre avis, dans ce spread, il y a une part de primes de risque politique importante
03:01liée à la présidentielle, ou pas encore ?
03:03On n'a encore rien vu en termes de primes de risque politique.
03:06Comment vous voyez évoluer encore, au fur et à mesure qu'on ira dans cette campagne,
03:10cet écart de taux entre nos deux pays ?
03:13Alors déjà, vous avez raison, l'écart de rendement entre la France et l'Allemagne,
03:17il s'écarte de 2 centimes aujourd'hui.
03:18Le Bund allemand, c'est plus 5, l'OAT, c'est plus 7,
03:21mais l'Italie, c'est plus 7, l'Espagne, c'est plus 7, la Belgique, c'est plus 7,
03:24le Portugal, c'est plus 7.
03:25Donc en gros, c'est l'Allemagne qui fait un peu office de meilleur élève
03:29avec, entre guillemets, seulement plus 5.
03:32Mais vous avez raison, le spread France-Allemagne,
03:34il s'écarte depuis maintenant quelques semaines,
03:37et oui, vous avez raison, ça intègre une prime de risque
03:40qui, pour l'instant, n'est pas exacerbée, mais qui est continue.
03:46Après, il faut quand même avoir en tête que le marché obligataire,
03:49depuis des semaines, depuis août notamment,
03:53est extrêmement creux, très très creux.
03:55Il y a extrêmement peu de volume,
03:58et en fait, le marché obligataire, les taux d'intérêt
04:00que vous commentez, que j'observe tous les jours à la hausse,
04:05est essentiellement tiré par les dérivés.
04:08Les investisseurs finaux sont très peu présents aujourd'hui,
04:11parce que l'incertitude, elle est énorme, vraiment énorme.
04:15Donc, pour l'instant, ça se fait, on va dire,
04:18ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas une défiance des investisseurs finaux,
04:23les asset managers, les assureurs, etc.
04:25C'est plus les hedge funds qui jouent sur les dérivés,
04:30et face à la faible résistance qu'il y a aujourd'hui,
04:33le peu d'appétit à acheteurs sur le marché obligataire,
04:35parce qu'on a l'impression qu'on essaye de choper un couteau qui tombe,
04:39et bien, effectivement, le spread s'écarte continuellement.
04:42Il y a de l'idiosyncratique en France,
04:44effectivement, c'est indéniable.
04:48Et sur une annulation de la dette française contractée auprès de la BCE,
04:51la proposition de Luc Mélenchon, Christine Lagarde lui a répondu
04:54en disant que ce serait, je cite Christine Lagarde,
04:56une violation pure et simple du traité de l'UE.
04:58Voilà, Yannick, elle a dit le droit, tout simplement.
05:01– Oui, oui, oui, bon, après, attention à cela.
05:08Ce n'est pas de la politique ce que je vais faire,
05:09c'est juste un simple constat, il faut faire attention aux mots,
05:13et M. Mélenchon a évoqué mettre au congélateur.
05:18Ça veut dire quoi ? Je n'en sais rien, je ne suis pas dans sa tête.
05:23Mais la Grèce, on l'a mis au congélateur, quelque part, sa dette.
05:27C'est-à-dire qu'en fait, l'Union européenne s'est mise d'accord avec la Grèce
05:32pour qu'en échange de très fortes réformes, très très fortes réformes,
05:36qui ont fortement pesé sur la croissance grecque,
05:39elles étendent les maturités à très très très très très long terme,
05:4230, 40, 50 ans, et donc comme ça, donnent de l'air à la Grèce
05:48sur son programme de remboursement de dette.
05:51Moi, je ne sais pas ce que pense M. Mélenchon,
05:53mais en tout cas, ça a été fait, effectivement.
05:55On peut jouer sur les mots en disant « ça a été mis au congélateur pendant 30 ans ».
05:59Donc moi, je ne sais pas ce que ça veut dire.
06:01Effectivement, si c'est une annulation qu'il a en tête, ce n'est pas légal.
06:05Ça contrevient au traité, c'est évident, Mme Lagarde l'a rappelé tout à l'heure.
06:10S'il a en tête, il s'imagine que la France, s'il arrive au pouvoir,
06:14pourra négocier une mise au congélateur pendant 30 ans.
06:17Je n'y crois pas une seconde, mais je ne sais pas ce qu'il pense.
06:20Et puis à quel prix ? Parce que les Grecs ont dû faire d'énormes concessions.
06:24Merci beaucoup Yannick de nous avoir accompagné au FIF Invest AM.
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