- il y a 19 minutes
Jeudi 10 septembre 2026, retrouvez Bruno Grandjean (Président du directoire, REDEX) et Vincent Vicard (Directeur adjoint, Institut français d’économie) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de Smart Eco,
00:13l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie à retrouver tous les jours sur
00:18notre antenne
00:19mais aussi sur notre site bismart.fr et toutes nos plateformes d'écoute au sommaire aujourd'hui.
00:24Nous allons parler d'industrie et surtout de réindustrialisation, Redex.
00:27Il investit 7 millions d'euros pour accompagner la croissance de son activité.
00:32Le fabricant de machines outils produit 100% de ses machines en Europe
00:36mais doit composer avec l'étention commerciale et les difficultés de recrutement.
00:41Bruno Grandjean sera notre invité dans l'actualité du dirigeant.
00:44Mais alors que certaines entreprises investissent et recrutent,
00:48la production manufacturière française, elle, continue de reculer après plusieurs années de politique de réindustrialisation.
00:56Pourquoi la France peine-t-elle encore à produire davantage ?
01:00Peut-elle encore rattraper son retard face à la concurrence internationale ?
01:04C'est notre débat éco et pour en parler, nous serons avec Vincent Vicard,
01:09adjoint au directeur de l'Institut français d'économie.
01:12Il nous rejoindra pour ce débat.
01:13C'est parti pour Smart Eco.
01:19Rédex, fabricant de machines outils dédiées au travail des métaux,
01:23vient d'engager un plan d'investissement de 7 millions d'euros
01:26pour répondre à l'accélération de son activité.
01:29Pour comprendre ce développement, je suis ravie d'accueillir Bruno Grandjean.
01:32Bonjour.
01:33Bonjour.
01:33Vous êtes CEO de Rédex.
01:35Et tout d'abord, je regardais un petit peu vos actualités.
01:39On voit affiché sur votre site Fabriquin produit 100% de ces machines en Europe.
01:45Je me demandais déjà, ça c'est quelque chose qui est présent de tout temps,
01:50de tout temps de l'entreprise.
01:51Est-ce que ça a été difficile à maintenir cette activité européenne ?
01:54Pas vraiment, parce que c'est quelque chose qui n'est pas connu du grand public.
01:58Mais le B2B, les machines, les équipements, les logiciels qu'on va retrouver dans les usines,
02:04c'est une spécialité européenne.
02:06D'ailleurs, on parle souvent du décrochage de l'Europe dans les logiciels,
02:10mais les logiciels de gestion sont beaucoup européens, SAP.
02:15Les logiciels de conception sont beaucoup européens, je pense à Dassault Systèmes.
02:20Donc, on va retrouver beaucoup de machines européennes.
02:22Quand Elon Musk a besoin d'innover dans sa Tesla, il veut faire une structure en aluminium,
02:29eh bien, il consulte des Européens pour lui faire ses machines.
02:32On a nous-mêmes été consultés, d'ailleurs aussi pour les fusées, pour SpaceX.
02:35Donc, ça reste une spécialité européenne.
02:38Et l'Europe est une marque qui marche bien dans le B2B, dans les machines, dans les équipements.
02:44Et donc là, vous avez lancé ce plan d'investissement, cette million d'euros.
02:47C'est un plan que vous avez décidé parce que le carnet de commandes est plein de votre côté ?
02:53Oui, le carnet de commandes est bien garni, mais on a également d'énormes problèmes de recrutement.
02:58Et donc, on est obligé, contraint, de faire énormément de productivité.
03:02Et donc, ce programme d'investissement, c'est aussi une réponse à des problèmes de recrutement.
03:08D'accord.
03:09Alors, comment est-ce que vous allez l'appliquer d'abord, avant de parler recrutement ?
03:13Quelle est la vision de ce plan ?
03:14Bon, il y a plusieurs volets dans ce plan.
03:16Il y a du logiciel, d'ailleurs, parce qu'on suit évidemment toute cette révolution autour de l'intelligence artificielle,
03:23mais même d'une manière générale de la numérisation, de la cybersécurité aussi, un sujet très important.
03:28On a eu une attaque, d'ailleurs, dernièrement sur notre système d'information.
03:31On a toutes nos données techniques, qui sont vraiment le savoir-faire, le métier de l'entreprise, qui sont stockés
03:36sur des serveurs.
03:37Donc, un volet informatique assez important, puis un volet bâtiment et machine, des machines plus robotisées,
03:43des machines plus performantes, plus précises, suivent les tendances technologiques, toujours restées à la pointe,
03:48pour justement vendre du made in Europe, de la précision que demandent nos clients à travers le monde,
03:54puisqu'on est présent, par exemple, là, on est en train de livrer une très grosse machine pour la Chine.
03:57Il y a encore des choses que ne sait pas faire la Chine et qu'elle achète en Europe, et
04:01notamment chez Redex.
04:02Oui, parce que qu'est-ce qui tire ce volume de commandes ?
04:07Derrière, ce qu'on va retrouver, c'est la mondialisation, et contrairement à ce que l'on voit,
04:11les flux de marchandises, la mondialisation continue à fonctionner.
04:15Bien entendu, il y a des difficultés dans le détroit d'Hormuz, il y a des difficultés géopolitiques.
04:19On a même eu, nous, un laminoir, une grosse machine qui était bloquée dans un bateau de l'autre côté
04:24du détroit d'Hormuz,
04:25donc bloquée pendant plusieurs semaines avant d'aller en Inde, mais la mondialisation, elle fonctionne toujours,
04:31les flux de marchandises continuent, et donc il y a toujours énormément d'investissements.
04:35Aujourd'hui, beaucoup en Inde, toujours un peu en Chine.
04:38Les États-Unis, qui se sont réveillés depuis le plan Biden, l'IRA, beaucoup d'investissements aux États-Unis.
04:45Donc, le Brésil, qui est aussi un marché dynamique actuellement.
04:49Donc, on est tiré, on est au cœur de la mondialisation, on est dans un territoire, on est en province,
04:53dans le Gatinet,
04:54mais on a vraiment la tête dans la mondialisation.
04:58Cette semaine, on a des visiteurs américains, on a des Chinois, on a vraiment, aujourd'hui,
05:04la situation française est très anxiogène, mais quand on regarde globalement,
05:08l'activité est très soutenue dans de nombreux domaines.
05:10Vous avez parlé de cybersécurité, est-ce que l'industrie est dans un tournant aujourd'hui ?
05:15Il faut que l'industrie française se mette à niveau en ce moment ?
05:19Oui, il y a une vulnérabilité terrible.
05:21Avant, c'était des grands sites qui étaient attaqués, c'était pour des raisons assez souvent de géopolitique.
05:28On parle beaucoup de l'influence de la Russie ou d'attaques destinées à déstabiliser des organisations.
05:34Mais aujourd'hui, des PME, des ETI, des groupes de toute taille peuvent être attaqués.
05:39Et donc, nous, on s'est rendu compte qu'on était relativement vulnérables,
05:43d'où le volet cybersécurité de ce plan d'investissement,
05:46avec aussi beaucoup de formation, beaucoup de sensibilisation.
05:49On est en train de mettre les clés USB dehors,
05:52on est en train d'avoir une politique de sécurité beaucoup plus musclée que ce qu'on a pu faire
05:56dans le passé.
05:56Et c'est un élément de compétitivité majeure.
05:59On peut risquer sa peau, à un moment, on peut avoir...
06:01On a failli perdre des données techniques, des programmes de nos machines,
06:06les données techniques, les plans.
06:07On a vraiment... On s'est un peu fait peur, il y a à peu près six mois.
06:12Et donc, désormais, on a décidé d'investir dans ce domaine.
06:15Et vous avez parlé des États-Unis, les droits de douane,
06:18et notamment sur l'acier et l'aluminium, ça, ça doit vous toucher particulièrement ?
06:21Oui et non, parce que dans nos métiers, les États-Unis...
06:24On parle toujours des États-Unis comme une puissance technologique.
06:27C'est très clair, dans certains domaines, il y a une force de frappe qui n'existe nulle part ailleurs.
06:31Mais dans beaucoup de métiers, notamment les machines, les équipements,
06:35l'Europe reste une référence.
06:37Et donc, quand vos autres concurrents sont italiens, sont allemands,
06:40finalement, les droits de douane s'appliquent à tout le monde.
06:43Et il y a beaucoup aujourd'hui de trésorerie,
06:46il y a beaucoup de niveaux d'investissement qui doivent se faire avec des équipements européens
06:50si les Américains veulent revenir dans la course.
06:52Donc, on est un petit ASML, si je peux m'exprimer ainsi.
06:55On a besoin de nous. Et donc, finalement, les droits de douane,
06:58on trouve des arrangements avec les clients.
07:00Et vous avez parlé tout à l'heure de recrutement, de besoin en recrutement.
07:04Vous recrutez 20 postes, une vingtaine de postes ?
07:07Oui, on a énormément de postes ouverts.
07:09Quelle est votre difficulté à ce niveau-là ?
07:10La difficulté, c'est que les métiers de l'industrie ont été beaucoup dévalorisés.
07:16Nous, on avait des liens très privilégiés avec des lycées techniques
07:19qui, aujourd'hui, ne sont plus capables de fournir des personnes ayant les bases,
07:24les bases de connaissances scientifiques, technologiques nécessaires.
07:29Et en plus, on a dissuadé, je pense, les jeunes d'aller dans nos métiers
07:31en expliquant que les métiers manuels, finalement,
07:34parce que nos métiers, même les ingénieurs mettent la main à la pâte,
07:37ce n'étaient pas des métiers d'avenir.
07:39Et donc, aujourd'hui, des problèmes énormes pour recruter
07:42des opérateurs qualifiés sur nos machines,
07:44des personnes capables de faire des mises en service à travers le monde, etc.
07:47Beaucoup de postes, aujourd'hui...
07:49Et vous ne trouvez pas les compétences, du coup, en France ?
07:52Localement, on les trouvera.
07:53Vous êtes obligés d'aller recruter des gens européens, par exemple ?
07:56Par exemple, notre directeur technique,
07:58un de nos directeurs techniques, selon les différents métiers,
08:01est d'origine libanaise.
08:03On ne trouve plus, en France, suffisamment de personnes
08:07à la fois qualifiées et motivées,
08:09parce que l'industrie, c'est évidemment des salaires supérieurs à la moyenne,
08:13c'est des métiers passionnants, c'est des métiers de long terme,
08:16mais ce sont des métiers exigeants, qui nécessitent une implication,
08:20qui nécessitent de vraiment apprendre un métier.
08:22Et donc, aujourd'hui, c'est vraiment une pénurie
08:26qui touche, je crois, toutes les entreprises
08:27et qui est la première limite qu'elle touche en termes de développement.
08:31Aujourd'hui, c'est évidemment la fiscalité,
08:35c'est évidemment des problèmes réglementaires,
08:37des problèmes de complexité administrative,
08:40mais les recrutements et les formations professionnelles,
08:43c'est la première raison, aujourd'hui,
08:47le premier handicap de l'industrie française.
08:49On en est arrivé, nous, à créer une école de production
08:52où des jeunes sont formés par leur père,
08:55par ceux qui ont fait les mêmes études, finalement,
08:58quelques décennies auparavant,
09:01et qui apprennent progressivement les métiers de l'industrie.
09:05J'imagine que le classement PISA ne vous a pas réjoui dans ce sens.
09:08Non, clairement.
09:09Beaucoup, Bruno Grandjean, vous restez avec nous.
09:10Merci.
09:11Tout de suite, on va ouvrir le débat aux nombreux défis,
09:14dont les compétences de l'industrie pour la réindustrialisation.
09:22La production manufacturière en France a de nouveau nettement baissé en juillet.
09:27Selon l'INSEE, sur les trois derniers mois,
09:29elle recule de 0,4% sur un an,
09:32mais la production de l'industrie au sens large,
09:34elle progresse de 0,8%.
09:36Que racontent vraiment ces chiffres ?
09:38Je suis ravie d'être toujours avec Bruno Grandjean,
09:41CEO de Rédex.
09:42Merci d'être encore avec nous.
09:43Rejoint par Vincent Vicard,
09:45vous êtes directeur adjoint maintenant à l'Institut français d'économie,
09:49donc cette fusion du CEPI et de l'OFCE.
09:51Et vous êtes aussi auteur de
09:52« Faut-il réindustrialiser la France ? »
09:54aux presses universitaires de France,
09:56écrit en 2024.
09:57Merci à tous les deux d'être avec nous.
09:59Je me tourne vers vous, Vincent Vicard.
10:01Est-ce que vous suivez ces chiffres ?
10:03C'est vrai que c'est des chiffres qui sont mensuels.
10:05Est-ce que c'est important de les suivre de manière mensuelle ?
10:08Qu'est-ce que vous dit ces chiffres régulièrement ?
10:11Pour le coup, les chiffres aujourd'hui,
10:13ils nous donnent une image un peu mitigée,
10:16parce qu'on a effectivement une baisse de la production industrielle
10:18sur les trois derniers mois.
10:19Elle avait augmenté au début de l'année,
10:21donc on est plutôt sur l'année au niveau qui est assez similaire
10:23à celui de l'année dernière.
10:25Et puis on a d'autres indicateurs sur le climat des affaires,
10:28ce qu'anticipent les chefs d'entreprise,
10:29qui sont plutôt orientés à la hausse.
10:31Donc voilà, c'est un petit peu...
10:33On est dans une situation où on a une faible baisse
10:35dans les chiffres durs,
10:37et puis dans les enquêtes de conjoncture,
10:39c'est plutôt positif.
10:41Mais voilà, c'est des chiffres qu'il faut suivre,
10:43mais pour l'industrie,
10:45les questions industrielles, c'est des questions de long terme.
10:47Et donc c'est des questions qu'il faut vraiment voir à long terme.
10:51Et donc voilà, ce qu'il faut voir,
10:52c'est quelle est la situation de l'industrie aujourd'hui
10:54par rapport à ce qu'elle était avant la crise du Covid.
10:57Et de ce point de vue-là, pour le coup,
10:59on a une situation qui est assez contrastée aussi.
11:01On a une production industrielle qui est toujours en repli
11:04par rapport à la période avant Covid.
11:06Et puis on a des indicateurs sur l'emploi
11:10qui sont plutôt positifs.
11:12On a plus d'emplois,
11:1250 000 emplois de plus dans l'industrie manufacturière.
11:15Donc voilà, c'est mitigé.
11:17Et je pense que c'est aussi ça qu'il faut regarder,
11:20c'est à l'intérieur de l'industrie,
11:21il y a des situations très différentes.
11:23Et c'est ça qui est vraiment...
11:24Et Mambia, tout détaillé, tout ça, Bruno Grangeon,
11:26c'est des indicateurs que vous regardez ou pas ?
11:28En tant que chef d'entreprise,
11:29on les regarde, ces chiffres de l'Insee ou pas ?
11:31Je regarde, mais sur le long terme.
11:32Parce que sur un mois, deux mois, trois mois,
11:34on sait qu'on est tellement dépendant d'Airbus,
11:35d'ailleurs, qu'on se demande si ce n'est pas les chiffres d'Airbus
11:37qu'on lit à chaque fois,
11:39ou d'un paquebot livré par les chantiers de l'Atlantique.
11:42Mais on regarde surtout sur la longue durée
11:44et on voit qu'à chaque crise, malheureusement,
11:46il y a une marche vers le bas.
11:46C'est ça, un peu, le drame.
11:49Justement, Vincent, sur quelle différence entre les secteurs ?
11:53Qu'est-ce qui tire quoi ?
11:54J'aimerais régime qu'il y a une grande disparité
11:56au sein de cette progression.
11:59Oui, il y a une grande disparité.
12:00Alors, il y a des industries qui sont structurellement,
12:02en France, en difficulté.
12:04Et ça, c'est l'automobile.
12:06On en parle beaucoup aujourd'hui, l'automobile.
12:07Mais en fait, c'est un secteur qui est en difficulté
12:09depuis le début des années 2000.
12:10On a eu beaucoup de délocalisation par Renault,
12:13par Peugeot, par Citroën au début des années 2000.
12:15Et puis, l'emploi, il a baissé.
12:16Donc, on en parle aujourd'hui beaucoup
12:17avec le passage aux véhicules électriques,
12:19avec la concurrence chinoise.
12:22Mais ce n'est absolument pas un problème
12:23qui est lié uniquement à ces transformations.
12:27Donc, il y a un sujet sur l'industrie automobile
12:28qui est en train de se réinventer
12:31avec la vallée de la batterie,
12:34autour de Dunkerque, etc.
12:35Donc, des secteurs qui émergent,
12:36qui ont des problématiques,
12:37qui ont des problématiques de concurrence
12:39avec des acteurs étrangers,
12:40notamment chinois, mais pas seulement.
12:42Et puis, qui ont des problématiques aussi
12:44des aides publiques.
12:48Et notamment, on a besoin d'aides publiques
12:49pour crédibiliser un marché,
12:52structurer un marché.
12:53Et ça, c'est quelque chose
12:54qui est particulièrement difficile
12:55pour ces entreprises.
12:57Parce qu'on a de l'incertitude politique.
13:00Et quelles vont être les aides à l'achat,
13:01par exemple, pour les véhicules électriques
13:02l'année prochaine ?
13:03Personne ne le sait.
13:05Quelles vont être les aides
13:06pour les producteurs de batteries
13:08qui sont en train de monter en compétences ?
13:11L'automobile, est-ce que c'est vraiment...
13:14C'est juste qu'ils sont en restructuration.
13:16Donc, est-ce que c'est inquiétant
13:18dans la mesure où ça peut être pérenne,
13:20cette baisse de la place
13:21de l'automobile dans l'industrie ?
13:23Ou justement, comme on sait
13:24que c'est de toute façon
13:25un secteur qui est extrêmement
13:26en train de se structurer,
13:27on sait qu'après, peut-être,
13:28des emplois perdus avant,
13:30vont pouvoir se retrouver
13:30grâce à l'automobile électrique, etc.
13:33C'est toute la question.
13:34Est-ce qu'on va réussir cette transition ?
13:36Est-ce qu'on va réussir à...
13:37Alors, on perd des emplois.
13:39On est à un niveau assez bas d'emplois
13:41par rapport à la moyenne historique.
13:42On est peut-être au creux de la vague ?
13:43On est peut-être au creux.
13:44Il y a tout un écosystème
13:45qui se structure dans le nord de la France
13:47avec Renault, Peugeot aussi.
13:49Voilà, des fournisseurs
13:51qui commencent à se mettre en place.
13:52On a un enjeu sur les batteries
13:54qui est fondamental.
13:55Et là, on a vraiment
13:58un écart qui s'est creusé
13:59avec les acteurs chinois
14:00qui sont à la frontière de la technologie.
14:02Donc là, on a vraiment des enjeux
14:03sur la batterie
14:04qui sont des enjeux de rattrapage.
14:05Sur le secteur automobile,
14:07on a plutôt des acteurs
14:08qui étaient dominants il y a six ans
14:09qui se sont fait rattraper.
14:11Donc la question maintenant,
14:12c'est comment eux-mêmes
14:13se restructurent et rattrapent
14:14et notamment arrivent
14:16à faire cette transition
14:17vers le véhicule électrique,
14:18ce qu'ont réussi
14:19les constructeurs chinois.
14:21Puis il y a d'autres secteurs
14:22qui sont, voilà,
14:25qui sont pour le coup
14:26qui vont très bien.
14:27On a évoqué Airbus,
14:28l'aéronautique,
14:30la Défense,
14:30qui a des carnets de commandes
14:32qui se remplissent.
14:32Donc la question,
14:33c'est plutôt la montée en cadence.
14:36On a des secteurs comme le luxe
14:38qui créent, voilà,
14:39on a des ateliers qui se créent
14:41qui sont assez dynamiques.
14:43Et puis d'autres secteurs
14:44qui sont un peu, pour le coup,
14:47voilà,
14:48ni en déclin,
14:49ni en...
14:51stabilisés.
14:51Voilà, plutôt stabilisés
14:52comme la pharmacie,
14:55voilà, la chimie.
14:55Il y a des questions
14:56qui se posent sur la chimie
14:57notamment vis-à-vis
14:57du coût de l'énergie.
15:00Mais voilà,
15:00qui sont des secteurs
15:01qui ne sont pas en expansion
15:03mais qui sont des secteurs
15:04qui restent importants en France.
15:05Et sur le cœur productif,
15:07disons vision assez large,
15:09vous êtes inquiet aujourd'hui
15:10de l'industrie française ?
15:13Alors, je ne suis pas inquiet.
15:14La question, c'est difficile
15:16d'avoir une vision complète.
15:19Il y a des enjeux,
15:20des enjeux qui sont fondamentaux.
15:21La concurrence de la Chine
15:22pour certains segments,
15:24c'est une concurrence
15:24qui est importante,
15:25pas sur tous les segments.
15:26Ça a été rappelé,
15:27l'Europe, la France et l'Europe
15:29restent des puissances industrielles.
15:31Donc, il y a des enjeux
15:31de ce point de vue-là.
15:32Il y a des enjeux
15:33pour l'industrie
15:33qui vont se présenter
15:35à court terme
15:36avec les élections présidentielles.
15:38Quelle va être l'incertitude
15:40qui pèse aujourd'hui ?
15:41Comment on va faire ?
15:42Quel va être le contexte
15:43dans lequel l'industrie
15:44va évoluer ?
15:45On sait qu'il y a
15:46un déficit budgétaire
15:48qui va être mis
15:49à contribution pour...
15:51Tout le monde va être
15:51mis à contribution
15:52étant donné l'ampleur
15:53du déficit budgétaire.
15:54Donc, quelle va être
15:55la contribution des entreprises ?
15:56Et je pense,
15:57un vrai sujet,
15:58à l'intérieur des entreprises,
15:59est-ce que l'industrie
16:00va être mise à contribution
16:02plutôt que les autres entreprises ?
16:03Parce que souvent,
16:04on a tendance
16:05à utiliser l'industrie
16:07pour obtenir
16:08des mesures fiscales
16:09en faveur des entreprises
16:10qui touchent finalement
16:11assez peu les entreprises.
16:12C'est ce qui a été le cas
16:13pour le crédit impôt
16:14compétitivité emploi
16:15qui a assez peu bénéficié
16:16à l'industrie
16:17alors qu'il y avait compétitivité
16:19et que la compétitivité
16:20touche beaucoup l'industrie
16:21quand même.
16:22Bruno,
16:22la production de biens
16:23d'investissement,
16:24elle recule de 1,7%
16:25sur ces trois derniers mois
16:27mais vous,
16:27vous fabriquez justement
16:28ces outils
16:29et vous faites ce plan
16:30d'investissement
16:31dont on a parlé tout à l'heure.
16:31Nous, on essaie d'être
16:32un peu atypique.
16:33Vous avez l'impression
16:33d'être un peu à contre-courant
16:34de tout ça ?
16:35Oui, on ressent
16:37tout ce qui a été dit.
16:38Bien entendu,
16:39la pression asiatique,
16:40la montée en gamme
16:41de l'Asie
16:42est spectaculaire,
16:43de la Chine notamment.
16:44Les machines,
16:45justement,
16:45c'était un domaine
16:46réservé européen.
16:47Maintenant,
16:47les Chinois font
16:48des bonnes machines.
16:49Ils ne font pas encore
16:49des machines aussi bonnes
16:50que celles qu'on fait
16:51chez Redex
16:51mais ils font des bonnes machines,
16:53ils montent en gamme
16:54et il y a vraiment
16:55un grand problème
16:57avec la Chine.
16:5855% de l'acier mondial,
17:00vous vous rendez compte,
17:01dans un seul pays.
17:02Ils sont dans une démarche
17:04parfois un peu prédatrice.
17:06Il y a près de 30%
17:07des entreprises chinoises
17:08qui sont déficitaires,
17:09qui sont tenues
17:12finalement vivantes
17:12grâce à des subventions.
17:14Et nous,
17:14comme ça a été dit également,
17:16en France tout particulièrement,
17:18on est capable
17:19de surtaxer l'industrie
17:20qui est le secteur exposé,
17:22qui est la partie importante
17:24pour la souveraineté,
17:24qui est la partie
17:25la plus fragile,
17:26qui est en concurrence
17:27avec des étrangers.
17:27Je pense notamment
17:28à la CVE
17:29qui est une aberration économique.
17:30On taxe la valeur ajoutée.
17:31La valeur ajoutée,
17:32ce sont les usines.
17:33Donc c'est l'industrie
17:33et on taxe la valeur ajoutée
17:35en France.
17:36Ça ferait rire
17:36un Italien ou un Allemand.
17:39Donc on a vraiment
17:40des fragilités
17:41et qui n'ont pas été traitées.
17:43Et ce qui est scandaleux
17:43pour moi,
17:44c'est qu'on parle
17:44de l'industrie finalement
17:45depuis très longtemps.
17:46Le CICE a été quand même
17:48un geste favorable,
17:49mais pratiquement le seul
17:50et pas suffisant.
17:51Mais tout le monde
17:52ne parle que d'industrie.
17:54La réalité de terrain
17:55est très différente.
17:56Et même les gigafactories,
17:58même les batteries.
17:59Moi, j'ai eu la chance,
18:00si je puis dire,
18:01enfin je crois que c'est
18:01plutôt une malchance,
18:02de visiter une des gigafactories.
18:04Je n'ai jamais vu ça.
18:05Des process qui ne fonctionnent pas,
18:06des machines importées,
18:08des ingénieurs asiatiques.
18:09Donc, c'est de l'affichage.
18:12Il n'y a pas eu de démarche
18:14véritablement pro-industrie
18:15à part le modeste CICE
18:19de 2012,
18:19si ma mémoire est bonne.
18:21Novembre 2012,
18:21le rapport gallois,
18:22ça a dû démarrer en 2013.
18:24Mais comme c'était
18:24avec un décalage de deux ans,
18:25d'ailleurs,
18:26ça a commencé à produire
18:26des effets qu'en 2015.
18:28Mais parce que vous diriez
18:28que la parole des industriels
18:30n'est pas entendue
18:31par le pouvoir paru.
18:31Non.
18:32Comme vous dites,
18:33on en parle souvent,
18:34la réindustrialisation,
18:35ce n'est pas un terme
18:35qui échappe aux médias.
18:35C'est assez amusant
18:36parce que j'étais d'ailleurs
18:37sur un plateau
18:38où j'étais le seul industriel.
18:39J'avais presque l'impression
18:40de gêner un peu.
18:41Mais l'industrie,
18:43tout le monde en parle,
18:44mais personne n'en fait.
18:45Et d'ailleurs,
18:45le poids de l'industrie
18:46est très faible
18:47dans les médias
18:48et dans le débat public.
18:50En Allemagne,
18:51le chancelier
18:52va interroger
18:54les industriels
18:55sur les mesures à faire.
18:56Il va être très proche
18:57du Mittelstand.
18:58Il va venir chaque année
18:59à leur réunion annuelle.
19:00En France,
19:01on va au Salon de l'Agriculture.
19:03C'est totalement différent.
19:04L'industrie n'est pas entendue.
19:06Est-ce que vous pouvez me citer
19:06un grand industriel ?
19:07Il y en a très peu
19:08qui interviennent
19:09dans le débat public.
19:09Vous entendez parfois
19:10un peu Éric Trappier.
19:11Mais c'est un des rares,
19:13un des très rares.
19:14Vous avez très peu
19:14de véritables industriels
19:16qui s'impliquent
19:16dans le débat public
19:17et qui ont une influence.
19:18On a reçu Pierre Gattaz.
19:19Les taxes de production,
19:21si l'industrie
19:22était vraiment un lobby,
19:24comme on le dit,
19:24ça ferait longtemps
19:25qu'elles auraient sauté.
19:26Et parce que depuis 2017,
19:27je repense
19:28au France Relance,
19:29France 2030,
19:31territoire d'industrie,
19:32etc.
19:32Ça, c'est quoi pour vous ?
19:34Je vous pose la question
19:35peut-être à tous les deux.
19:36Ça, ce n'est pas des plans
19:37qui ont un impact
19:38sur l'industrie ?
19:39Alors, il y a eu des choses
19:40effectivement
19:41qui ont été faites
19:41au nom de l'industrie.
19:43Après, est-ce que c'est vraiment
19:44des mesures qui sont
19:45en faveur de l'industrie ?
19:46Voilà, si vous reprenez
19:47depuis 2012,
19:48on a eu le CICE,
19:49alors qu'il y a un peu
19:50l'industrie,
19:51mais pas assez peu
19:52l'industrie finalement,
19:53étant donné le coût.
19:54On a eu le plan de relance,
19:58on a eu la baisse
19:59de l'impôt sur les sociétés,
20:00la baisse de la CVAE
20:02quand même
20:02pour 10 milliards d'euros.
20:04On a eu un certain
20:05nombre de mesures,
20:06maintenant le crédit
20:07pour l'industrie verte.
20:09Donc, on a un certain
20:10nombre de mesures,
20:11mais la plupart,
20:11elles ne sont pas ciblées
20:12sur l'industrie en fait.
20:13La baisse de l'IS,
20:14elle bénéficie assez peu
20:16à l'industrie.
20:17Voilà, le crédit impôt
20:19pour les industries vertes,
20:20effectivement,
20:21elle bénéficie à l'industrie.
20:22Donc, on parle
20:23beaucoup d'industrie,
20:23et moi je trouve que finalement
20:25tout le monde a le mot
20:26réindustrialisation à la bouche.
20:28Quand tout le monde
20:28est d'accord sur quelque chose,
20:30c'est louche
20:31sur tout le spectre politique.
20:33Et donc en fait,
20:34tout le monde est d'accord
20:34sur un grand objectif
20:36de réindustrialiser,
20:37mais on ne sait pas vraiment
20:37ce que ça veut dire
20:38et on n'est pas capable
20:39de faire les choix
20:43pour justement donner les moyens
20:44aux entreprises
20:45et aux territoires
20:47d'aller vers cette réindustrialisation.
20:49Je donne un exemple
20:50par exemple
20:50sur la suppression
20:52de la CVAE.
20:53La suppression de la CVAE,
20:54effectivement,
20:55ça bénéficie plus
20:56à l'industrie,
20:57mais par contre,
20:58ça prive les territoires
20:59de ressources.
21:01Il y a un lien
21:02entre la mise,
21:04ce que vont faire
21:05les territoires
21:06et ce qu'ils vont en retirer.
21:07Et je pense que ce lien,
21:08il est aussi important.
21:09Il faut le penser aussi.
21:11Comment les territoires,
21:12les collectivités
21:13ont des intérêts
21:14à attirer de l'industrie
21:14ou pas à attirer de l'industrie.
21:16Parce qu'aujourd'hui,
21:17pour un territoire,
21:18quand vous attirez de l'industrie,
21:19vous attirez de l'activité,
21:20mais finalement,
21:21assez peu d'emplois.
21:22Et ça,
21:23je pense que c'est quelque chose
21:24qu'il faut garder en tête.
21:25Il peut y avoir des arbitrages
21:26par rapport
21:27à des centres logistiques
21:28ou des choses comme ça
21:29qui vont se faire
21:31plutôt en faveur
21:32des centres logistiques
21:32que de l'industrie.
21:33Donc,
21:34on a besoin
21:34d'une action publique
21:36sur la formation.
21:37On a besoin
21:38d'une action publique
21:40aussi pour aider
21:41les entreprises
21:41et donner des perspectives.
21:43Et ça,
21:43on le fait assez peu
21:44parce qu'il y a des choix
21:45à faire.
21:45Il y a des choix
21:46à faire en faveur
21:47de l'industrie,
21:47donc en défaveur
21:48d'autres types
21:49d'investissement.
21:50C'est ça,
21:50parce que,
21:50par exemple,
21:51je reprends cette actualité
21:52de Schneider Electric
21:53qui a annoncé
21:54sa réorganisation
21:55pour renforcer
21:56sa compétitivité,
21:57mais du coup,
21:57au détriment d'emplois.
21:59Ça,
21:59c'est pareil,
22:00c'est des arbitrages
22:01à faire pour l'industrie,
22:02mais du coup,
22:03moins d'emplois.
22:03Comment est-ce que
22:03vous voyez ça ?
22:05Alors là,
22:06je pense que la question
22:07de Schneider Electric,
22:08elle est très territoriale.
22:09C'est-à-dire qu'il y a
22:10des territoires
22:10qui, effectivement,
22:11vont perdre
22:11cette réorganisation
22:12et d'autres territoires
22:13qui vont voir
22:14leur activité
22:14plutôt grossir.
22:16Mais moi,
22:16je pense que l'industrie,
22:17ce n'est pas une question
22:18d'emploi d'abord.
22:19C'est une question
22:19sûrement de souveraineté
22:22économique
22:22qui est importante.
22:23C'est une question
22:24de pouvoir faire les choix
22:25plus tard
22:26de ce qu'on veut faire,
22:27technologique.
22:28C'est une question
22:28dans la transition écologique.
22:30Mais aujourd'hui,
22:32ça a été dit tout à l'heure,
22:33l'industrie,
22:33c'est une part faible
22:34de la valeur ajoutée.
22:35C'est un peu plus
22:36de 10% de l'emploi.
22:38Même si on a
22:39une réindustrialisation
22:39qui est ambitieuse,
22:41on n'aura pas
22:41beaucoup d'emplois
22:42qui seront créés.
22:42Donc la question
22:43qui se pose,
22:44et d'ailleurs la question
22:44aujourd'hui,
22:45c'est d'abord
22:45de trouver des employés
22:46et notamment,
22:47on va avoir des gens
22:48qui vont partir à la retraite
22:49et donc c'est plutôt
22:49de les remplacer.
22:51Donc c'est moins
22:52une question d'emploi
22:53qu'une question vraiment
22:53de comment on crée
22:55cette nouvelle industrie
22:55qui va favoriser
22:57la souveraineté,
22:57faire qu'on est moins
22:58dépendant du reste du monde
22:59sur certains produits
23:00et pas tous.
23:01Et ça,
23:01il faut le choisir.
23:02Il faut faire ces choix-là
23:03et dire que la santé,
23:04ce n'est pas la même chose
23:05que le textile,
23:06par exemple.
23:07Et donc si on veut
23:07mettre du soutien public,
23:08il faut sûrement
23:09plus le faire
23:10dans la santé
23:10et certains segments
23:12de la santé
23:12ou de la défense
23:14que dans d'autres industries
23:15qui sont différentes
23:16ou des services.
23:18Voilà.
23:18On s'est réjouis
23:19il n'y a pas longtemps
23:19d'un investissement
23:21dans un parc de loisirs.
23:24Voilà.
23:25Est-ce que c'est vraiment
23:25le type d'investissement
23:26qu'on veut attirer ?
23:27La priorité,
23:27justement,
23:28Bruno Grangellon,
23:28sur cette politique industrielle
23:30ciblée,
23:30ça c'est pour vous
23:31une des...
23:32Moi je suis un peu inquiet
23:34de la politique industrielle
23:35du terme déjà.
23:36Enfin,
23:37si l'État s'occupait déjà
23:38de ce qui est
23:39de son ressort,
23:40c'est-à-dire la défense,
23:41ça c'est éminemment
23:41l'État qui achète
23:42les armements,
23:43c'est pas les particuliers.
23:45Si l'État s'occupait
23:46de l'énergie déjà
23:47et des quelques autres
23:49compétences régaliennes,
23:50moi ça me semblerait suffisant.
23:51L'exemple des gigafactories,
23:54pas développé,
23:55mais je trouve,
23:55je pense que c'est
23:57un véritable scandale
23:57d'ailleurs
23:58qui va sortir,
23:59un gâchis d'argent public,
24:00on a joué à l'industrie,
24:02il faut faire très attention.
24:03Vous savez,
24:03les Allemands disent souvent
24:04la politique industrielle
24:05en France,
24:06c'est Énarque plus Subvention.
24:07C'est malheureusement
24:08assez vrai.
24:09Parce qu'on a voulu faire
24:09les gros titres,
24:11les textiles,
24:12la technologie,
24:13etc.
24:14Ce sont des usines
24:15dont le principal produit
24:16est le ruban d'inauguration,
24:18qui ont été inaugurés
24:1925 fois
24:20et dont la production
24:21est marginale aujourd'hui.
24:22Les batteries sont importées
24:23en très grande partie
24:24et ce qui va fonctionner,
24:25c'est malheureux à dire,
24:26mais ce sont des usines
24:27d'origine asiatique.
24:30Et là,
24:31à nous de les copier,
24:33à nous de s'en inspirer,
24:35à nous d'apprendre.
24:36Mais il n'y a pas
24:36le début du commencement
24:37de ce type de démarche
24:39en France.
24:40Oui, parce que c'est-à-dire
24:40que même si nous,
24:41on progressait
24:43en politique industrielle
24:44interne,
24:45le décrochage
24:46par rapport
24:46aux pays étrangers,
24:48Chine notamment,
24:49s'accroît.
24:50Je vais vous donner
24:50un autre exemple.
24:51Les cinq derniers présidents
24:52chinois sont tous ingénieurs.
24:54En France,
24:55même les ministres
24:55de l'industrie
24:56ne sont pas ingénieurs.
24:57Enfin, on part de très loin.
24:58Aujourd'hui,
24:58il y a une méconnaissance
24:59totale de l'industrie.
25:01Donc, la politique industrielle,
25:02je pense que les politiques
25:04doivent s'en éloigner
25:06au plus possible.
25:07C'est ce qu'ils peuvent
25:08faire de mieux
25:08pour l'industrie.
25:09Et par contre,
25:10faire en sorte,
25:10et là aussi,
25:11c'est du régalien,
25:12que la formation professionnelle,
25:13elle fonctionne,
25:14ça, c'est du domaine
25:15de la politique industrielle
25:16réelle.
25:17Faire en sorte
25:18que les impôts de production,
25:19la fiscalité soient
25:20dans la moyenne européenne,
25:22ça, c'est de la vraie
25:22politique industrielle.
25:23Tout le reste,
25:24c'est quand même beaucoup
25:25et ça, pour moi,
25:26c'est un scandale
25:27et c'est dramatique
25:27parce que je préférais presque
25:28qu'on ignore l'industrie
25:29ou même qu'on la méprise.
25:31Mais aujourd'hui,
25:31tout le monde l'aime,
25:32mais personne ne s'en occupe
25:33réellement.
25:34Priorité, du coup,
25:35pour cette année présidentielle
25:372027,
25:38ce serait pour vous ?
25:39Formation professionnelle.
25:40La formation professionnelle
25:42doit être vue.
25:43Vous savez,
25:44quand Bérégovoy
25:45était ministre de l'économie,
25:46il avait commencé à Justeur.
25:47Quand Monori
25:48avait commencé garagiste,
25:50il faut qu'en France,
25:51il y ait des passerelles.
25:52On puisse commencer
25:52dans un métier manuel,
25:53grandir
25:54et occuper tous les postes.
25:56Et donc,
25:57valoriser la formation professionnelle,
25:58c'est ce qui fait
25:59le succès de la Suisse,
26:00de l'Allemagne,
26:01de l'Italie.
26:02Et c'est là
26:02qu'il faut faire porter
26:03l'effort maximum.
26:05Vincent,
26:05vous diriez la même chose ?
26:07Moi, je dirais,
26:07je suis moins critique
26:08de la politique industrielle
26:10pour le coup.
26:11Il y a peut-être un sujet,
26:12enfin, il y a sûrement un sujet
26:13de comment on fait
26:13de la politique industrielle
26:14et notamment en France,
26:15est-ce qu'on a les compétences
26:16pour le faire ?
26:16Et ça, je pense que
26:17ça ne veut pas dire
26:18une implication du politique
26:19au jour le jour
26:19dans la politique industrielle.
26:24que ce soit la Chine,
26:25que ce soit la Corée du Sud,
26:26que ce soit le Japon,
26:26Taïwan,
26:27ils ont mis en place
26:28des politiques industrielles,
26:29ils ont fait des choix forts.
26:30Et je pense que c'est ça
26:31qu'il faut.
26:31On a besoin de choix forts
26:33et de choix qui proviennent
26:37d'une analyse,
26:38d'une analyse qui associe
26:40les professionnels,
26:41bien sûr,
26:41les entreprises,
26:42mais qui associe aussi l'État
26:45et avec des compétences
26:46à l'intérieur de l'État.
26:47Et ça, c'est sûrement
26:47quelque chose qu'on a perdu,
26:49qu'on avait à l'époque
26:49et qu'il faut reconstruire.
26:50Et donc, je pense,
26:51c'est avoir cette vision
26:52de long terme et se dire
26:54la gouvernance
26:55d'une politique industrielle
26:56en France et en Europe
26:58avec nos partenaires européens.
26:59C'est vrai que vous parlez
27:00de choix forts,
27:02courageux,
27:03dans une tribune
27:04que vous publiez au Monde.
27:06Ce serait quoi, du coup,
27:07le courage ?
27:08Il faudra avoir le courage
27:09de faire quoi ?
27:09Le courage de dire
27:10qu'il y a des secteurs
27:11qu'on veut aider,
27:12il y a des secteurs
27:12qui peuvent très bien
27:13fonctionner tout seuls,
27:14mais dans lesquels
27:16on n'a pas vocation
27:17à aller avoir une politique
27:18de soutien pour ces secteurs.
27:20Mais il y a des secteurs
27:21qu'on veut aider.
27:22Alors, on a évoqué la défense,
27:23on a évoqué, par exemple,
27:24toutes les nouvelles industries vertes.
27:26On sépare la vie défense,
27:27l'industrie verte ?
27:28L'industrie verte,
27:29tout à fait, oui.
27:30C'est des secteurs,
27:31l'aérospatial,
27:32où il y a des sujets,
27:33il y a sûrement des sujets
27:34sur le quantique
27:35qui sont plus dans
27:36les technologies de rupture.
27:38Voilà, il y a des sujets
27:39comme ça,
27:39sur lesquels il faut investir.
27:41Et puis, il y a d'autres sujets
27:42sur lesquels,
27:43pour le coup,
27:44il n'y a pas besoin
27:45d'une intervention publique.
27:46Et puis,
27:47quand on veut aider l'industrie,
27:49on ne veut pas forcément
27:50aider toutes les entreprises.
27:51Et là, il y a un sujet
27:52à comment on trouve
27:53les outils
27:54pour cibler les industries.
27:56Vincent Vicar,
27:56merci beaucoup
27:57d'avoir été avec nous.
27:58Je rappelle que vous êtes
27:58directeur adjoint
28:00à l'Institut français d'économie,
28:01auteur de
28:02Faut-il réindustrialiser la France ?
28:04Bruno Grandjean,
28:05merci beaucoup.
28:05CEO de Redex,
28:06merci à tous les deux
28:07d'avoir participé à ce débat.
28:09Et merci à vous toutes et tous
28:10de nous avoir suivis.
28:11C'était Smartéco.
28:12Sous-titrage Société Radio-Canada
28:16Sous-titrage Société Radio-Canada
28:19Sous-titrage Société Radio-Canada
28:20Sous-titrage Société Radio-Canada
28:21...
28:21...
Commentaires