- il y a 3 heures
Jeudi 10 septembre 2026, retrouvez Thomas Tronel (Directeur des investissements, Otea Capital) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:17Vous pouvez nous retrouver en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous retrouver en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:27Au sommaire de cette édition, ce midi, les indices européens évoluent sans tendance marquée
00:33après leur repli d'hier à 2% pour le CAC 40 en France
00:37alors que la Banque Centrale Européenne rendra sa décision monétaire à 14h15
00:42suivie évidemment de la conférence de presse de Christine Lagarde à 14h45 cet après-midi.
00:48Une hausse des taux d'un quart de point ne fait aucun doute aujourd'hui.
00:52La BCE ramènera ainsi son taux de dépôt à 2,50%.
00:57Il s'agit de la partie haute de la fourchette que la BCE estime comme politique monétaire neutre.
01:04La question qu'on se pose aussi, c'est de savoir s'il s'agit d'une hausse des taux
01:08assurancielles
01:09ou bien s'il y en aura d'autres d'ici la fin d'année, d'ici le mois de
01:13décembre.
01:14C'est pour ça que les marchés resteront attentifs évidemment à la communication de Christine Lagarde
01:18qui donnera peut-être des précisions justement sur la perspective monétaire.
01:24Et puis comme toutes les deux réunions de la Banque Centrale Européenne,
01:28l'institution fera part de ses prévisions macroéconomiques en termes d'inflation et en termes de croissance.
01:35On regardera ça évidemment.
01:37Une inflation justement qu'on continue à surveiller de part et d'autre de l'Atlantique.
01:42Une inflation alimentée, on le sait, par le conflit au Moyen-Orient et par évidemment les prix du pétrole.
01:49Le baril de Brent a repassé hier le seuil psychologique de 100 dollars
01:53et se maintient au-delà de ce seuil autour de 102 dollars au moment où on se parle.
01:59Et le WTI américain se rapproche aussi des 100 dollars puisqu'il progresse autour de 97 dollars assez précisément à
02:08la mi-journée.
02:10Il est clair que dans ce contexte de tension géopolitique, les décisions monétaires des banques centrales sont un peu compliquées.
02:20Bon, on n'a aucun doute sur la décision monétaire de la BCE.
02:23Un peu plus quand même sur celle de la réserve fédérale à venir la semaine prochaine.
02:29Vous l'aurez compris, donc la tension est maximale au Moyen-Orient.
02:33Un petit point de situation.
02:34L'Iran se dit prêt à une guerre plus intense et menace le détroit d'Hormuz face au blocus américain.
02:41L'Iran qui refuse donc de céder et menace d'intensifier ses frappes si son territoire est attaqué.
02:47Tout ça alimente les craintes de plus fortes et plus longues perturbations.
02:51On en parle dans un instant avec notre invité en plateau.
02:55Un mot aussi des taux longs qui continuent de se tendre avec un 10 ans américain qui s'établit supérieur
03:02à 4,85%.
03:05Aujourd'hui, le rendement allemand de même échéance s'établit autour de 3,45% du côté des entreprises.
03:12Oracle publiera ce soir ses comptes après la clôture des marchés.
03:16Des résultats très attendus, notamment parce que le titre a lourdement décroché de ses sommets en raison d'une véritable
03:22crise de trésorerie.
03:24Oracle brûle un cash massif pour financer la construction de ses data centers.
03:30Les résultats d'Adobe sont également à la une ce soir.
03:33Tandis qu'hier soir, Apple a fait sa traditionnelle keynote du mois de septembre lors de laquelle l'iPhone pliable,
03:41par exemple, a été présenté à un prix allant de 2 000 euros, de plus de 2 000 euros à
03:46environ 3 000 euros.
03:48Enfin, le comité scientifique d'Euronext annoncera ce soir les résultats trimestriels de la revue des indices de la famille
03:55CAC.
03:55On verra donc si des valeurs vont entrer ou sortir des principaux indices.
04:10Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les tendances de la mi-journée, les enjeux aussi de la
04:18semaine.
04:18Thomas Tronel, vous êtes directeur des investissements chez OTA Capital. Bonjour.
04:22Bonjour Pauline.
04:23Eh bien, commençons avec la Banque Centrale Européenne.
04:26C'est le rendez-vous du jour, enfin un des rendez-vous du jour, parce qu'on attend aussi les
04:30PPI américains.
04:32En tout cas, du côté de la zone euro, c'est le rendez-vous du jour.
04:35On attend cette décision donc à 14h15.
04:38Une hausse des taux est largement pricée et attendue par le marché.
04:42Mais on va suivre la conférence de presse de Christine Lagarde.
04:44Qu'est-ce qu'on attend, Thomas, de cette communication de la BCE ?
04:48Alors effectivement, cet après-midi, on a beaucoup de choses à regarder.
04:50On va tous scruter avec attention nos différents postes Bloomberg, suivre effectivement ce discours de Christine Lagarde.
04:59Ça a été mentionné, vraiment, il n'y aura pas de surprise.
05:01On est sur une hausse qui va être de 25 points de base et qui a été annoncée, finalement, tout
05:08au long de l'été.
05:08Déjà, on avait Christine Lagarde qui, fin juillet, avait dit, s'il y a l'inflation qui persiste, on aura
05:13une hausse des taux.
05:13Ça a été repris par différents membres du directoire de la BCE, fin août, début septembre, suivi de chiffres d
05:21'inflation qui, pour le coup, étaient en hausse.
05:25Donc, c'est quasiment sûr, c'est acté, c'est complètement pricé par les marchés.
05:29Aujourd'hui, on n'aura vraiment pas de surprise sur ça.
05:33Et le rationnel est bien en place.
05:34C'est-à-dire qu'on a une inflation, on pourra en discuter, finalement, de ce rationnel, mais l'inflation
05:40totale, elle est en hausse, elle a surpris à la hausse, 3,3%.
05:43Derrière, on a des pressions inflationnistes qui sont toujours là, avec l'énergie, on en parlait aussi en introduction, qui
05:48sont bien présentes.
05:49On a des chiffres de croissance qui ont été plutôt résilients, qui ont été bien orientés, qui ont même été
05:54revus à la hausse.
05:56À la hausse, la semaine dernière, 0,6%.
05:580,6%, que des bonnes nouvelles.
06:00Donc, en fait, ça laisse des marges de manœuvre.
06:01Alors, ça aussi, on pourra le discuter, savoir quelles sont les composantes de la croissance qui sont bien orientées,
06:08pour savoir est-ce que ça va continuer d'être le cas sur la fin d'année, ce qui pourra
06:11peut-être nous donner des indications sur le futur de la BCE.
06:13Mais en tout cas, tous ces éléments, combinés au fait que la Banque centrale ne veut pas d'effet de
06:17second tour sur l'inflation,
06:18parce que c'est vraiment ça le sujet, c'est pas forcément l'inflation globale, l'inflation totale,
06:22c'est les risques d'inflation de second tour, les effets de second tour sur l'inflation.
06:27On n'en voit pas trop actuellement, mais c'est le risque que veut éviter la Banque centrale.
06:30Donc, le rationnel est là, il y aura une hausse des taux.
06:33La seule chose qu'on attend et sur laquelle on a peut-être un petit peu d'incertitude, c'est
06:36le discours.
06:37C'est la tonalité qu'on pourra déceler au travers du discours de Christine Lagarde cet après-midi.
06:41Peu de doute sur le fait que Christine Lagarde sera toujours data-dependent,
06:46qu'elle regardera donc les données pour ajuster évidemment sa trajectoire de politique monétaire.
06:51Vous le disiez, l'inflation qui est en hausse à 3,3%.
06:54On rappelle que la cible de la BCE, c'est 2%.
06:57Et donc, vous parliez aussi de la croissance.
07:00Alors, je veux bien qu'on revienne là-dessus.
07:02Quels sont les composantes de la croissance dont vous parliez, qu'il faut regarder ?
07:06Ce qui a bien marché, en fait, ce qui explique que la croissance a plutôt été bien hantée,
07:10a surpris à la hausse et quand même été révisée à la hausse ces derniers temps,
07:13c'est plutôt la composante des exportations.
07:17C'est cette composante-là qui a bien marché, qui a soutenu le reste de la croissance.
07:21On voit que les investissements, eux, ont plutôt ralenti.
07:24Donc, il n'y a pas vraiment de point positif de ce côté-là.
07:27La consommation des ménages, la demande intérieure, elle est plutôt à tonne.
07:31Alors, elle est certes en positif, plus 0,2%, mais on reste relativement faible.
07:35Et finalement, c'est cette composante, on le voit avec les prix de l'énergie qui explosent,
07:38la consommation des ménages pourrait ralentir.
07:40On sait qu'en Europe, on est quand même dépendant de cette partie énergétique.
07:45Ça peut impacter très fortement la consommation des ménages, les prix.
07:48Et donc, on peut se poser des questions finalement sur le prochain next step de la Banque centrale européenne.
07:56Oui, on se demande s'il y aura d'autres hausses des taux potentiellement d'ici la fin d'année
07:59ou, comme je le disais, est-ce que ce sera plus une hausse des taux assurancielles ?
08:03C'est peut-être ça aussi la question.
08:04C'est surtout ça la question.
08:06On va analyser dans le discours de Mme Lagarde, quelle est son analyse, à elle, de cette croissance ?
08:12Quelles sont évidemment les perspectives ?
08:14Si elle insiste énormément sur la résilience et la bonne tenue de la croissance européenne,
08:19on pourrait se dire que ça laisse des marges à la Banque centrale pour avoir une deuxième hausse des taux.
08:24Il faut quand même faire attention.
08:25Il y a un point important aussi sur l'inflation.
08:28On a une hausse de l'inflation globale, mais si on regarde plus en détail,
08:31l'inflation de cœur, l'inflation sous-jacente, elle ralentit.
08:34Ah bah bien sûr !
08:35Elle ralentit.
08:36Les effets de second tour qu'on veut absolument éviter, pour l'instant, on n'en voit absolument pas la
08:40couleur,
08:40que ce soit au niveau des salaires, que ce soit sur la composante des services,
08:44on a une inflation qui diminue.
08:46Donc, évidemment, c'est des effets de second tour, donc ça arrive plus tard,
08:49mais aujourd'hui, on n'en voit toujours pas la couleur.
08:51On a du mal à voir les effets de second tour se matérialiser.
08:55Donc, on pourrait aussi penser que la Banque centrale pourrait attendre
08:58ou se laisser le temps de voir vraiment si ces effets de second tour,
09:02notamment sur la partie salariale, commencent à se mettre en place.
09:05Est-ce qu'on a un petit frémissement pour peut-être amener un tour de vis supplémentaire ?
09:08C'est ça, on rappelle que l'inflation sous-jacente, vous l'avez dit,
09:12elle, elle reste assez stable.
09:13L'inflation sous-jacente, c'est hors alimentation et énergie.
09:16Donc, on voit bien qu'en fait, l'inflation, elle est tirée par, justement, ce que vous disiez,
09:19par l'énergie uniquement.
09:20L'énergie uniquement, en tout cas aujourd'hui.
09:22Eh bien, parlons de l'énergie.
09:24Alors, on va parler du gaz, mais d'abord, peut-être quand même un mot de ce pétrole.
09:27Le pétrole qui renoue avec le seuil des 100 dollars depuis hier.
09:32Le risque, déjà, est-ce que c'est un vrai risque pour les marchés ?
09:35Mais le risque, ce serait peut-être plutôt que le pétrole s'installe sur la longueur,
09:41sur ce seuil, ou au-delà de ce seuil d'ailleurs.
09:43Et effectivement, déjà, c'est un seuil qui est vraiment psychologique.
09:46Il y a deux questions.
09:47C'est vraiment déjà l'effet psychologique de ce seuil de 100 dollars.
09:51Et puis après, est-ce que sur le long terme, on peut se permettre d'avoir un prix du pétrole
09:55aussi élevé ?
09:56Déjà, pour revenir sur ce 100 dollars, on est plutôt habitué, ces derniers temps, à s'en approcher ou à
10:02le franchir.
10:02La dernière fois, c'était déjà en juillet, on l'avait déjà franchi.
10:05Là, effectivement, on a l'air de s'y installer peut-être sur le plus long terme, pour plusieurs raisons.
10:12Alors déjà, parce qu'on a un regain des tensions.
10:14On a eu des frappes en début de semaine sur ces tankers iraniens par l'armée américaine.
10:18Ça, c'est le premier élément.
10:19On a des menaces et des tensions de plus en plus présentes sur cette petite île de Karg,
10:23où on a des infrastructures iraniennes très importantes, notamment pour l'exportation du pétrole.
10:28Donc ça, c'est vraiment cœur.
10:30Et les menaces qu'on peut voir de l'administration Trump sur cette petite île,
10:32ça amène un petit peu de pression haussière sur le pétrole.
10:36On a des tensions aussi qui se matérialisent sur un autre détroit.
10:39On voit les tensions entre le Yémen et l'Arabie saoudite qui amènent des tensions sur ce petit étroit
10:44au large entre le Yémen et Djibouti.
10:46Et donc des tensions en plus, en fait, qui s'accumulent avec le détroit d'or.
10:49Là, on n'est pas sur 20 millions de barils jour, c'est 4 millions.
10:52Donc c'est plus faible, mais c'est des tensions qui s'additionnent, qui s'additionnent, qui se multiplient.
10:56On a une demande chinoise, alors structurellement, qui en baisse,
10:59mais qui l'a accélérée sur le début septembre,
11:01qui essaie de trouver des chemins alternatifs, d'autres produits pétroliers bruts.
11:04Donc il y a vraiment une dimension, on a une multiplication des risques,
11:08ce qui fait qu'effectivement, ce prix symbolique de 100 a été franchi,
11:12et peut-être de manière durable.
11:14Mais le point qui est important, dans la question, il y avait,
11:16est-ce que c'est déjà potentiellement pricé ?
11:18Est-ce que c'est durable ? Et est-ce que c'est pricé par les investisseurs ?
11:21La réponse est quand même oui, parce qu'on le voit.
11:23Je pense qu'on ne reviendra pas sur les prix avant le début de la guerre.
11:27On a un espèce de plancher à 80 qui s'est installé,
11:30donc il y a une vraie prime de risque structurelle qui s'est installée sur les marchés.
11:34Ça, c'est le premier élément.
11:34Et quand on regarde les futurs, donc le pétrole sur des échéances,
11:38soit sur la fin de l'année, soit sur la fin de l'année prochaine,
11:42pour le coup, on a aussi des prix qui sont toujours élevés.
11:44En décembre 2026, on est juste en dessous des 100 dollars.
11:47Et si je regarde à décembre 2027, on est toujours autour de 80 dollars.
11:51Oui, donc des prix qui sont quand même amenés à rester entre 80 et 100 dollars au final.
11:56Ça nous explique qu'on a des tensions qui seront toujours là,
11:58des incertitudes qui sont toujours là, et ça, c'est quand même intéressant.
12:01Donc aujourd'hui, oui, structurellement, on a une prime de risque additionnelle
12:04qui s'est mise sur le prix de l'énergie, et ça va tirer l'inflation à la hausse.
12:08Je rajouterais que ce n'est pas uniquement le prix du pétrole.
12:10Oui, parlons du gaz et des raffinés.
12:13Tout à fait.
12:14Alors, le gaz, il nous reste une minute, on va en parler rapidement.
12:17On n'aura pas le temps de parler de la Réserve fédérale, mais ce n'est pas grave.
12:20Le gaz, en Europe, c'est un vrai problème.
12:24Les cuves sont remplies à 67%, contre 80% l'année dernière,
12:28et c'est clairement inférieur au niveau qui prévalait avant tout cela.
12:34Oui, tout à fait.
12:34Le gaz, c'est vraiment un risque.
12:36Aujourd'hui, on a des prix qui augmentent très fortement,
12:39qui pourraient continuer à augmenter à l'approche de l'hiver,
12:42des niveaux de stock en Europe, mais aussi en Allemagne,
12:44qui est très dépendante d'un point de vue énergétique,
12:46qui sont même en dessous de ces 60%.
12:48On est à 55%, à priori, aujourd'hui, 53-55% sur les derniers chiffres de stock.
12:53Donc, aujourd'hui, si on a un hiver froid,
12:56alors on ne va pas faire des prévisions sur l'hiver,
12:59mais en tout cas, si on a un besoin qui augmente sur le gaz,
13:01on peut avoir des problématiques et un gaz qui augmente sur les produits finis.
13:04C'est même là où il y a une explosion, ce qu'on appelle de la marge de raffinage.
13:08Donc, pour transformer le brut qui lui-même est en accélération,
13:12les marges, elles aussi, augmentent,
13:14et on a des produits finis, des produits raffinés qui explosent,
13:17parce qu'on a moins de capacité de raffinage avec les guerres,
13:20à la fois en Iran, mais aussi en Ukraine,
13:24et parce que le coût aussi du transport augmente.
13:26Donc, en fait, ça maintient des prix à la hausse sur le pétrole,
13:29mais aussi sur toutes les autres dimensions énergétiques,
13:31et c'est un problème pour l'inflation.
13:33Merci beaucoup, Thomas.
13:34Thomas Tronel, directeur des investissements d'OTA Capital,
13:38merci de votre éclairage sur ce plateau.
13:40Merci à vous de nous avoir suivis.
13:42On se retrouve ce soir à 17h30 en direct
13:44pour décrypter la communication de la Banque Centrale Européenne.
13:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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