00:04On vient de le voir, la pénurie de dermatologues oblige à repenser le parcours de soins.
00:08Alors pourquoi ne pas utiliser davantage les professionnels de santé qui se trouvent déjà au plus près des patients ?
00:13C'est le pari de Pictaderm, une solution qui permet à des pharmaciens de solliciter à distance l'expertise d
00:19'un médecin,
00:19notamment à partir de photographies d'une lésion cutanée.
00:23Je reçois pour en parler John Jaffar, CEO de Pictaderm.
00:26John, bonjour et bienvenue dans Santé Futur.
00:29Pourquoi avoir choisi la pharmacie comme point d'entrée ?
00:32C'est assez simple, c'est que la pharmacie est déjà la porte d'entrée du soin en dermatologie pour
00:36beaucoup de patients.
00:37Donc en fait les pharmaciens reçoivent en moyenne plus d'un patient par jour pour des problèmes de peau qu
00:42'ils ne peuvent pas prendre en charge
00:43et donc qui renvoient soit vers les urgences qui sont déjà encombrées, soit vers des médecins généralistes qui sont eux
00:47également encombrés
00:48puisque les patients viennent les voir eux.
00:50Donc les patients sont déjà là, mais les pharmaciens n'avaient pas avant l'arrivée de Pictaderm de solution pour
00:54les prendre en charge.
00:54Et donc vous êtes venu avec un dermoscope. Est-ce que vous pouvez nous montrer justement en direct comment est
01:01-ce que ça fonctionne ?
01:02Exactement. Alors le dermoscope en fait ça va être une des deux parties qu'on va adresser chez Pictaderm.
01:09Donc pour tout ce qui va concerner les lésions pigmentées, les grains de beauté, en fait c'est une petite
01:13loupe avec une lumière polarisée
01:14que vont utiliser les dermatologues au cabinet également. C'est un dispositif médical et qui va permettre en fait de
01:19zoomer sur votre peau
01:21avec une polarisation de la lumière qui permet de voir finement la lésion.
01:24Donc c'est à fixer sur l'objectif du téléphone ?
01:26Exactement. Celui-ci est portable, il est miniature en fait et donc le pharmacien va venir le clipser sur son
01:31téléphone
01:31et va le coller, donc après l'avoir allumé, va le coller sur votre peau, ce qui va permettre en
01:37fait d'avoir une image
01:38dermoscopique de la lésion pour rendre un avis médical sûr.
01:40Et donc pour ce faire, les pharmaciens doivent avoir un partenariat déjà établi avec un médecin en particulier.
01:49Comment est-ce que ça fonctionne ?
01:50Pas du tout. En fait, en s'inscrivant sur Pictaderm, ils ont accès à notre réseau médical, donc nous on
01:54a construit un réseau médical
01:55qui est sur tout le territoire, qui va être composé de médecins généralistes qui sont formés en dermatologie
02:00via des diplômes universitaires ou de dermatologues. Et donc en fonction de la complexité de la demande,
02:04ça va être l'un ou l'autre de ces médecins qui va répondre, mais le pharmacien a juste à
02:06envoyer sa demande
02:07et nous derrière, c'est notre réseau médical qui va prendre le relais.
02:10Et donc vous annoncez une réponse généralement rapide, parfois dans la journée ou plus tard sous 48 heures.
02:15Qu'est-ce que ça peut changer pour un patient ?
02:17Alors exactement, la réponse est rapide, donc c'est maximum 48 heures et un délai d'attente médian de 2
02:22heures.
02:22Et en réalité, ce que ça va changer, c'est tout simplement l'angoisse psychologique,
02:26puisqu'aujourd'hui on a des délais d'attente qui sont extrêmement longs pour avoir un diagnostic sur une pathologie
02:31de peau,
02:31plusieurs mois, et donc là on arrive à avoir un avis, une ordonnance quand c'est nécessaire,
02:36et sur une lésion pigmentée, un avis soit rassurant, soit une prise en charge effective dans les 48 heures.
02:42Donc on n'est pas du tout sur le même impact psychologique d'angoisse face à l'attente de ce
02:45diagnostic.
02:45Et donc ce sont les pharmaciens qui doivent s'outiller ? Quel intérêt pour eux finalement ?
02:51En fait les pharmaciens, ils ont un intérêt simple, c'est de pouvoir prendre en charge leurs patients.
02:55Tout simplement, ils sont professionnels de santé aujourd'hui avec de plus en plus de responsabilités,
02:59donc on a les pharmaciens qui aujourd'hui réalisent des trodes pour les cystites, pour les angines,
03:04qui vont réaliser des entretiens de santé, donc il y a vraiment une volonté pour la profession de pharmacien d
03:09'aller plus vers la santé,
03:10et donc là ça répond exactement à un souci qui est prendre en charge les patients pour la dermatologie.
03:15Et c'est un outil qui leur coûte cher ?
03:17Alors ça c'est un outil qui revient à 300 euros, le dermatoscope,
03:20et effectivement ensuite il y a un abonnement sur la plateforme Pictaderm en fonction de la pharmacie,
03:26mais qui est quand même tout à fait modeste pour le gain qui arrive aux patients.
03:30Et il faut savoir que le dermatoscope n'est pas la seule possibilité sur Pictaderm,
03:34puisqu'on a aussi tout un gros volet qui est sur les maladies de peau,
03:37où il n'y a pas besoin d'hermoscopie, mais qui va concerner l'eczéma, etc.
03:40Donc des pathologies qui sont plus courantes, on va dire, et moins spécialisées.
03:45Et aujourd'hui vous êtes présent dans combien de pharmacies ?
03:47Aujourd'hui on a environ 1000 pharmacies, partout sur le territoire,
03:51qui couvrent, oui, on a également Mayotte et la Guadeloupe, donc on s'étend.
03:57Et où s'arrête donc la télé-expertise ?
03:59Est-ce que Pictaderm a vocation à remplacer une consultation chez le dermatologue ?
04:03Je suis volontairement provocatrice, mais...
04:05Jamais. On s'inscrit vraiment dans le parcours de soins.
04:08Donc nous, le but de la télé-expertise, ça va être d'obtenir un avis pour des pathologies de premier
04:13recours,
04:14donc pour désengorger les cabinets de dermatologues pour tout ce qui va être eczéma, zona, pétigo,
04:19et pour les lésions pigmentées, donc tout ce qui va être suspect d'être cancérologiste,
04:22ça va être de s'inscrire dans le parcours de soins.
04:23Donc vous avez un rendez-vous chez un dermatologue, on vous dit d'attendre deux ans,
04:26mais au bout d'un an vous avez une lésion qui évolue,
04:28vous pouvez avoir un avis sur cette lésion.
04:30ou si vous n'avez pas de facteur de risque, ça ne sert à rien d'aller entre guillemets voir
04:34un dermatologue pour une seule lésion,
04:36et donc là on vous permet de vous rassurer sur cette lésion-là.
04:38Et ensuite, si cette lésion est catégorisée comme suspecte, ça c'est quelque chose de très fort chez Pictaderm,
04:43si elle est classée comme suspecte par nos médecins,
04:45on s'engage à positionner un rendez-vous pour vous chez un médecin qui pourra la prendre en charge physiquement,
04:49parce que c'est la seule option pour une lésion qui est suspecte d'être cancéreuse.
04:53Merci beaucoup, merci John Jaffar, CEO de Pictaderm,
04:56merci à Camille Rewal qui produit cette émission,
04:59merci à vous de nous avoir suivis.
05:01Sous-titrage Société Radio-Canada