- il y a 7 semaines
Vendredi 11 septembre 2026, retrouvez Clarisse Maillet (Directrice Générale, Aerometal) dans FACE À THOMAS HUGUES, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:02Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, c'est un nouveau rendez-vous que l'on vous propose sur Bsmart for
00:12Change.
00:12Il est consacré aux chefs d'entreprise, aux décideurs économiques, à celles et ceux qui donnent l'impulsion au quotidien
00:18à l'activité de notre pays.
00:2128 minutes d'entretien face à face, ça s'appelle face à Thomas Hugues, pardon pour le côté égotique de
00:26ce titre.
00:27On va découvrir leur stratégie face aux grands défis du siècle, savoir aussi ce qu'ils attendent de cette élection
00:34présidentielle.
00:35Pour inaugurer cette nouvelle émission, mon invité c'est Clarisse Maillet, la directrice générale d'Aerométal,
00:41les enjeux de souveraineté industrielle au cœur de ce premier numéro.
00:50Face à Thomas Hugues, c'est donc votre nouveau rendez-vous sur Bsmart for Change.
00:55Et j'ai le plaisir d'accueillir pour ce premier numéro Clarisse Maillet, bonjour.
00:58Bonjour Thomas.
00:59Merci d'essuyer les plâtres, en quelque sorte.
01:02Vous dirigez Aerométal depuis 2008, aux côtés de David Belleuil, le fils du fondateur de l'entreprise Jean-Pierre Belleuil.
01:09Aerométal, que vous définissez comme l'horloger du recyclage, bien qu'on commence par cette expression.
01:15Pourquoi cette expression ?
01:16Pourquoi l'horloger du recyclage ? Parce que nous travaillons à la main.
01:19Donc nous recyclons et nous valorisons les métaux critiques et stratégiques.
01:24Donc critiques parce qu'ils sont rares dans la croûte terrestre et stratégiques parce qu'ils rentrent dans des secteurs
01:28de pointe
01:29comme l'aéronautique, le médical, l'armement, la défense.
01:33Et donc quand nos concurrents style Paprec travaillent à la grue, nous nous travaillons avec les mains et les yeux
01:42des collaborateurs
01:43qui vont venir trier unitairement chaque pièce.
01:45Oui, parce que l'horloger c'est, moi je pense tout de suite à la précision, la mécanique de précision.
01:50Donc c'est une mécanique de précision tout en étant industrielle quand même.
01:54Donc il y a peut-être là une contradiction apparente.
01:59Ce n'est pas une contradiction ?
02:00Non, ce n'est pas une contradiction parce que nous sommes effectivement dans un secteur industriel
02:05qui répond à des normes industrielles.
02:07Mais nous nous engageons à livrer les métaux triés unitairement.
02:12Donc pour qu'il n'y ait aucune erreur dans les tris et pour que l'alliage qui a été
02:17demandé par le fondeur,
02:19puisque nos clients sont les fonderies et les fonderies sous vide,
02:22elles, elles ont besoin de lots qui sont qualifiés et certifiés.
02:27Et nous ne pouvons certifier et qualifier ces lots que par du tri unitaire très pointilleux, donc très précis.
02:35Si je dis de l'artisanat industriel, est-ce qu'il y a un peu de ça ?
02:38Alors c'était vrai. C'était vrai jusqu'en 2025, jusqu'à notre déménagement,
02:45puisque avant nous étions sur 4000 mètres carrés et c'était effectivement de l'artisanat.
02:52Nous n'étions pas sur un lean industriel.
02:55Et puis 2025, alors ça c'est le Covid, puisque dans chaque crise il y a une opportunité.
03:01Donc la crise Covid nous a donné l'opportunité de développer une autre usine.
03:07Et donc cette usine, on va chercher à s'industrialiser et donc à maîtriser toute un lean de production.
03:15Oui, alors on y reviendra sur cette usine parce que son histoire est intéressante.
03:18Vous êtes également présidente des entrepreneurs de Saône-et-Loire
03:22et présidente de la section Industrie pour les entrepreneurs, l'ancienne CPME.
03:27Mais on y reviendra là-dessus. Alors effectivement, vous venez d'employer cette formule.
03:30Vous disiez sur notre antenne en janvier dernier, derrière chaque crise,
03:33il y a forcément une opportunité à nous d'aller la chercher, à nous de la trouver.
03:39Alors on peut dire que vous, on est servi depuis six ans, on enchaîne les crises.
03:44On va prendre l'exemple de la crise Covid.
03:47Qu'est-ce que ça a changé pour vous ?
03:49D'abord, quel choc ça a été ? Et comment vous en avez fait une opportunité ?
03:53Alors la crise Covid, avant la crise Covid, nous travaillions à 40% de notre chiffre d'affaires
03:59était réalisé avec le secteur de l'aéronautique.
04:02Lors de la crise Covid, l'aéronautique a fermé.
04:05Donc par contre, le président de la République avait bien annoncé
04:09que l'industrie devait et pouvait continuer de travailler.
04:13Donc c'est le choix que nous avons fait.
04:14Donc nous avons fait le choix de ne pas prendre de PGE,
04:17de ne pas prendre de chômage partiel, puisque nous avons fait le choix d'être vraiment éthiques
04:25et vraiment de rentrer dans le national.
04:29Et à ce moment-là, nous avons décidé de continuer de travailler,
04:34de maintenir les salaires, malgré que nous ayons mis les collaborateurs à 50%,
04:38puisque l'objectif c'est qu'ils ne se croisent pas dans les locaux.
04:42Et donc nous avons été des marchés, les entreprises qui, elles, avaient perdu leurs recycleurs,
04:49puisqu'ils avaient fait le choix de prendre les PGE et de faire le chômage partiel.
04:54Donc nous, nous avons maintenu notre activité.
04:56Et en allant travailler, en allant sonner, on a repris notre bâton de pèlerin,
05:00on a refait toutes les entreprises, les grands groupes.
05:03Et à ce moment-là, nous avons maintenu presque notre chiffre d'affaires,
05:06puisque nous faisions 12,5 millions de chiffre d'affaires avant Covid.
05:10Et puis, pendant le Covid, nous avons fait 11,5 millions.
05:13Ça veut dire que vous ne dépendez plus d'un seul secteur aujourd'hui ?
05:16Non. Aujourd'hui, nous avons saisi cette opportunité d'aller chercher d'autres secteurs d'activité.
05:23Donc nous avons développé le secteur du nucléaire, puisque lui est revenu en force,
05:28le secteur de la défense, le secteur du médical.
05:32Et donc ces trois secteurs nous ont permis de combler l'absence de chiffre d'affaires dans l'aéronautique.
05:38Sauf que, post-Covid, l'aéronautique revient.
05:40Et à ce moment-là, nous, on n'a plus de place.
05:43Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
05:44Il faut créer une usine.
05:44Il faut créer une usine.
05:46On y revient dans un instant.
05:47Votre plus gros client aujourd'hui, c'est qui ?
05:49Alors, notre plus gros client aujourd'hui, c'est un petit peu en train de changer,
05:54puisque ce qui était vrai hier n'est plus vrai aujourd'hui.
05:59Notre entreprise, on a pris l'habitude de s'adapter, puisque c'est vraiment les termes aujourd'hui des entreprises,
06:06c'est la résilience et l'adaptabilité.
06:08Donc aujourd'hui, nous travaillons, nous développons le nucléaire vraiment à fond.
06:14Et nous avons quand même le secteur de l'aéronautique qui représente une part de notre chiffre d'affaires assez
06:20conséquente.
06:21Mais on est loin des 40% ?
06:22On est loin des 40%.
06:24C'est quoi le...
06:24Aujourd'hui, on est descendu un petit peu en dessous de 30%.
06:28Et puis, on essaye de développer le nucléaire à 20%.
06:33La défense, c'est encore tout petit chez nous, c'est un peu moins de 10%.
06:38Mais l'objectif, c'est de...
06:40Alors, nous, notre stratégie, c'est de travailler différents métaux,
06:44puisque nous travaillons les bases nickel, chrome, cobalt, tungstène, molybden et bien d'autres.
06:50Et à chaque fois, les cours varient énormément.
06:55Donc aujourd'hui, nous avons un titane qui est assez faible, mais nous avons un tungstène qui est très haut.
06:59Et ça peut changer.
07:01Alors, peut-être pas dans l'année, mais ça peut changer l'année prochaine.
07:05Donc, notre objectif, c'est de conjuguer, de résoudre notre équation entre les différentes bases de métal
07:11et les différents secteurs d'activité.
07:15Et alors, le médical, alors moi, je suis un béotien, donc j'assume de poser cette question
07:21qui va certainement faire hurler les spécialistes, mais il a besoin de métaux rares ou de métaux critiques ?
07:26Parce qu'autant le nucléaire, l'aéronautique, la défense, je comprends, ça me semble naturel.
07:32Mais alors, le médical ?
07:32Alors, le médical, c'est dans les prothèses.
07:35Voilà, dans les prothèses, vous avez des prothèses avec des alliages base nickel ou des alliages base cobalt.
07:41Donc, ces alliages, alors nous, il y a énormément de rebuts dans le médical,
07:44puisque c'est une pièce, c'est un produit qui rentre dans le corps humain.
07:49Donc, quand on produit une prothèse, il y a différents types de fabrication.
07:54Mais la première, on va faire un peu d'emboutissage, donc il va y avoir des ébavures,
07:59un peu comme le gaufrier, je donne l'exemple du gaufrier, quand on met la pâte,
08:02il y a effectivement des coulures, c'est ce qu'on appelle les ébavures, que nous allons recycler.
08:06Et ensuite, on va venir usiner la pièce, donc il y aura des copeaux que nous allons récupérer
08:12et réinjecter dans l'économie circulaire.
08:15Et puis, la prothèse, une fois qu'elle est fabriquée, elle va passer des contrôles qualité.
08:19Et comme elle rentre dans le corps humain, il y a énormément de prothèses qui sont rebutées.
08:25Donc, on va également les récupérer.
08:28Et donc, l'intérêt, c'est que cette prothèse ne se retrouve pas sur un marché parallèle,
08:33d'où le service rendu par Aérometal.
08:37Il y a plusieurs niveaux de service.
08:40Quelques chiffres clés autour d'Aérometal, fondés en 1993, donc par Jean-Pierre Belleuil,
08:4616 millions de chiffres d'affaires annoncés, 25 collaborateurs.
08:50Ils sont toujours bons, ces chiffres sont en train d'évoluer ?
08:53Alors, aujourd'hui, ils sont toujours bons.
08:55Nous sommes 25.
08:57Quand nous avons déménagé, nous étions 14.
09:00Donc, on pensait embaucher 7 personnes.
09:02On a été au-delà de nos prévisions.
09:04Parce que, quand on se transforme, quand on innove, il y a des postes qui se créent d'eux-mêmes.
09:11Par exemple, la maintenance.
09:13Nous avions, nous sous-traitions notre maintenance.
09:15Aujourd'hui, nous avons un poste de maintenance à part entière.
09:19Il y a la gestion de production.
09:21Étant donné qu'on a mis un lien de production en place, il faut bien le tenir.
09:26Il faut que quelqu'un puisse gérer les chiffres et puisse faire les prévisions.
09:30Donc, il y a des postes, la logistique.
09:33La logistique, avant, était tenue par les commerciaux.
09:36Aujourd'hui, ce n'est plus possible.
09:37Donc, on a été au-delà.
09:38Et vous allez continuer comme ça, de créer de l'emploi ?
09:40C'est quoi les objectifs 2027 d'Aérométal ?
09:43Alors, les objectifs 2027, c'est d'aller vers l'IA.
09:47Donc, d'aller vers la gestion de la data dans un premier temps.
09:50Et cette gestion de la data, elle va être à tous les niveaux de la société.
09:55Puisqu'elle va être au niveau commercial, au niveau des normes.
09:58Puisque nous sommes certifiés ISO 9001, 14001 pour l'environnement, EN 9100 pour l'aéronautique et 19443 pour le nucléaire.
10:09Donc, toutes ces normes, elles demandent énormément de data et de suivi.
10:13Quand vous fiez aujourd'hui ?
10:15Tableau Excel.
10:16Ah oui, vous en êtes encore au Tableau Excel.
10:18Donc, il y a urgence à passer à l'IA ?
10:19Il y a urgence.
10:20Il y a urgence.
10:21Donc, on a démarré il y a un an.
10:24Aujourd'hui, on a demain matin une présentation d'un ERP qui devrait pouvoir répondre à nos attentes.
10:32L'objectif, c'est de capter l'IA dès l'offre d'achat.
10:38Puisque nous, notre base d'activité, c'est l'achat des métaux.
10:43Donc, dès l'offre d'achat, on capte l'information pour pouvoir la suivre.
10:48Parce que nous devons assurer une traçabilité documentaire et une traçabilité produit.
10:52Donc, capter cette data pour pouvoir l'intégrer à chaque niveau du process de fabrication.
10:58Mais est-ce que ça veut dire que vous allez moins embaucher ?
11:00Non, non.
11:01Alors, j'ai l'exemple que je donne parce qu'il a fallu également embarquer tous mes collaborateurs.
11:08Donc, comment on a fait ?
11:08On a fait comme pour le bâtiment.
11:10On les a mis autour de la table.
11:11On leur a expliqué qu'est-ce qu'allait nous apporter l'IA.
11:15Comment on allait la mettre en place.
11:16Et l'exemple que je leur ai donné, c'est nous mettons à disposition des bacs, des géoboxes.
11:22Pour pouvoir mettre les copeaux dans les usines.
11:25Et ces géoboxes, pour pouvoir les rendre aux fournisseurs, il faut qu'ils soient propres.
11:30Donc, avant, j'avais une personne qui s'appelle Laurent.
11:33Et Laurent lavait au Karcher les géoboxes.
11:36Donc, il est habillé en K-Way, de pied en cap.
11:40Et avec le développement de la société, on a demandé à Laurent de réfléchir à une machine qui allait automatiser
11:46le lavage.
11:47Donc, il a réfléchi à cette machine avec mon associé, le responsable des tournures.
11:52Et aujourd'hui, Laurent lave toujours des bacs.
11:54Sauf qu'il n'est plus en K-Way, il n'est plus dans l'eau.
11:57Mais il a juste à mettre les bacs dans la machine et à les ressortir.
12:01Et pendant que la machine fait son travail, Laurent trie.
12:04Donc, on est venu upgrader un collaborateur en lui permettant d'accéder à du tri.
12:09Donc, une évolution salariale et une évolution professionnelle.
12:13Oui, parce que vous faites participer vos salariés.
12:15C'était le cas aussi pour la création de cette nouvelle usine.
12:18Mais alors, justement, ça m'intéresse d'avoir leur réaction.
12:20Quand vous vous dites, moi, allez, ok, on se met tous autour de la table.
12:23On va parler d'intelligence artificielle chez Aérométal.
12:26Leur première réaction, c'est quoi ?
12:28C'est la crainte ?
12:29Oui, c'est la crainte.
12:30La première, ça a été la crainte.
12:31On va perdre notre job.
12:31On va perdre notre job.
12:33Vous allez mettre du tri automatique.
12:35Vous n'allez plus avoir besoin de nous.
12:37Que va devenir mon poste de travail ?
12:40Donc, l'objectif, c'était de leur expliquer ce que c'était que les tâches à non-valeur ajoutée.
12:46Et on a mis l'accent sur les tâches à non-valeur ajoutée.
12:49En leur disant, comme Laurent, la tâche à non-valeur ajoutée, c'est effectivement être dans le caouet et puis
12:57laver des bacs.
12:59Et l'objectif, on a enlevé Laurent de cette tâche à non-valeur ajoutée et on l'a mis sur
13:03une tâche de trieur qui rapporte plus à la société que le lavage de bacs.
13:08Oui, mais on a des machines, notamment avec l'IA, de plus en plus précises, parce que vous nous disiez
13:13pour commencer que vous ne travaillez pas contrairement à vos concurrents à la grue, mais à la main.
13:18Cette main humaine, la main artificielle, elle va presque pouvoir la remplacer, non ?
13:23On fait des recherches, on n'y est pas.
13:25On n'y est pas parce que nous sommes dans le recyclage et que nous récupérons des pièces de toute
13:31forme physique.
13:31Et si toutes les pièces étaient identiques, nous pourrions effectivement mettre en place un système de tri automatique.
13:40Aujourd'hui, nous travaillons avec une start-up de la région, donc du Creusot, qui s'appelle Vassoria.
13:47C'est une start-up qui nous aide à mettre en place, parce qu'il y a effectivement des pièces
13:52qui sont énergivores à trier et qui n'ont pas grande valeur ajoutée que ce soit l'humain qui le
13:59fasse.
13:59Donc nous essayons de mettre en place un tri automatique, mais encore une fois, le collaborateur nous aide parce que
14:06c'est un tri qui est très fastidieux et on ne peut pas rester plus d'une heure sur ce
14:11tri.
14:12Comment ça s'est passé là pour quand on dit on va construire une nouvelle usine, c'est déjà une
14:15bonne nouvelle dans une entreprise, ça veut dire que l'entreprise va bien.
14:19Mais sauf que vous étiez alors peut-être une quinzaine à ce moment-là, mais de collaborateurs autour de la
14:23table, tout le monde a son idée. Comment ça s'est passé ?
14:26Alors, le déclic, c'est de voir qu'ils se disputaient dans l'atelier. Parce que comme on était en
14:31manque de place avec l'arrivée des lots d'aéronautiques,
14:35ils faisaient de la place et puis le collègue venait, prenait la place, donc ils se chapardaient un petit peu.
14:42Donc je les ai mis dans l'atelier parce que la salle de réunion était trop petite, parce qu'on
14:48était déjà en croissance.
14:49Donc je leur ai dit, voilà, je vais vous donner six semaines pour me dessiner votre usine idéale.
14:55Donc vous ne mettez pas tous ensemble, parce qu'effectivement vous allez vous disputer.
15:00Alors ils ont ouvert des gros yeux en disant usine idéale, pourquoi ?
15:03Parce que vous voyez bien qu'on manque de place et si on veut continuer le développement d'aérométal,
15:07il faut absolument qu'on se développe sur un site qui sera approprié à nos processus.
15:14Et donc ils ont été très intelligents, puisqu'ils se sont mis à trois uniquement.
15:19Donc le responsable logistique, le responsable des chutes, le responsable des tournures.
15:23Et ils ont commencé par dessiner leur poste de travail.
15:26Alors ils ont mesuré leur poste de travail et ils les ont dessinés sur un papier blanc,
15:30qu'ils ont ensuite découpé et qu'ils ont collé, puisque je leur avais quand même imposé un lien,
15:36c'est-à-dire il y a une entrée, il y a un process, il y a un stockage, il
15:40y a une sortie.
15:41Et ils ont mis ça sur des grands calendriers bancaires que les banques nous donnent en fin d'année.
15:48Et quand je leur ai demandé s'ils étaient prêts, ils m'ont dit oui.
15:51Et donc on s'est mis autour de la table avec les trois personnes qui avaient dessiné et mon associé.
15:57Et puis on a remodifié deux, trois petites choses, parce qu'il y a les contraintes environnementales,
16:03les contraintes réglementaires.
16:05Donc là c'était ma partie à moi de leur dire, ok, vous voulez l'exemple, c'est par exemple,
16:10que les géobox ne peuvent pas être mis à côté des tournures de titane.
16:15Pour des raisons d'incendie, on ne peut pas, voilà, il y a des choses qu'on doit respecter.
16:23Donc je l'aurais quelque peu modifié.
16:25On a fait venir un premier architecte qui nous a dit que ce n'était pas comme ça qu'on
16:29travaillait.
16:30Donc je lui ai dit merci, au revoir.
16:33Et puis le deuxième architecte, lui, a pris des photos.
16:35Un peu plus ouvert d'esprit.
16:36Voilà, il nous a dit, ah bien, le travail est bien démarré.
16:41Et quand il est revenu nous présenter le projet, c'était 20 000 mètres carrés, 20 millions d'investissements.
16:48Donc là je leur ai dit, ce n'est pas possible, puisqu'à l'époque on faisait 12 millions de
16:51chiffres d'affaires.
16:52Et donc c'était une femme, elle est revenue, elle a passé une journée avec eux,
16:56a remesuré les postes de travail.
16:58Et aujourd'hui, le projet, c'est 9 500 mètres carrés, et ça a demandé 9,5 millions d'investissements.
17:04Est-ce que la dimension environnementale, on en a déjà parlé ensemble dans cette émission,
17:08vous étiez venu dans Smart Impact, mais elle vient d'abord de vous.
17:13C'est-à-dire que par exemple, vous avez fait le choix du photovoltaïque,
17:16vous avez des projets de centrales à hydrogène, etc.
17:17C'est vous qui avez impulsé ça ?
17:19Ou alors vos salariés aussi se sont dit, tiens, mais si on imagine l'usine idéale,
17:24il faut aussi qu'elle soit le plus autonome possible ?
17:26Alors, c'était une volonté de la direction, c'était ma volonté.
17:31Pourquoi ? Parce que suite à la crise sanitaire, encore une fois, une difficulté, une opportunité,
17:37nous avons mis en place un plan de continuité d'activité, qui est demandé par les grands groupes.
17:42Donc ce PCA, encore une fois, on s'est mis autour de la table,
17:45et on a réfléchi comment on pouvait gagner en autonomie, en autonomie énergétique, en autonomie hydrique,
17:51puisque j'ai deux machines qui demandent une utilisation d'eau.
17:56Donc pour l'autonomie énergétique, c'est assez facile,
18:01panneau photovoltaïque, ombrières sur le parking,
18:04sauf qu'aujourd'hui, on ne la stocke pas.
18:06L'objectif, c'est d'aller vers un stockage d'énergie pour pouvoir la restituer
18:12et on peut aller encore plus loin, mutualiser,
18:15puisque nous sommes sur la zone Saône-et-Or à Chalons-sur-Saône.
18:19Donc cette zone, c'est une zone qui est récente,
18:22puisqu'elle est née de la fin de Kodak.
18:25Donc aujourd'hui, on a multitude d'entreprises de tous secteurs qui se sont implantés.
18:29Qui pourraient être intéressés par l'électricité que vous allez produire.
18:33Parce qu'aujourd'hui, ça vous arrive de la revendre à perte, c'est ça ?
18:36C'est encore vrai, ça ?
18:37Alors parfois, on paye pour la revendre.
18:40Parfois, on paye pour revendre.
18:43Dans une année de fonctionnement.
18:45On pensait que nous, ça ne nous arriverait pas,
18:46parce qu'on pensait qu'on allait être autonome d'avril à octobre.
18:51Le problème, c'est qu'en décembre, on a reçu une facture
18:54parce qu'on injectait de l'électricité dans le circuit.
18:58Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, on produit,
19:01avec la nouvelle génération de panneaux photovoltaïques,
19:04on arrive à produire de janvier à décembre.
19:06Et puis de avril à octobre.
19:08Donc il faut absolument...
19:08Donc il faut trouver des débouchés pour cette électricité.
19:10Voilà, il faut trouver des débouchés.
19:11Et puis on est quand même dans l'ère de la décarbonation,
19:15de l'électrification.
19:16Donc il faut vraiment qu'on charge des solutions.
19:17Et sur l'eau, parce que là, on enchaîne les canicules,
19:20l'épisode de sécheresse, vous avez réduit votre consommation d'eau ?
19:25Non.
19:25Pour la consommation d'eau, dès le départ, on voulait vraiment une autonomie hydrique.
19:31Donc on a mis en place deux grandes cuves de 25 000 litres de récupération.
19:36Puisque 9 500 m², on a de quoi récupérer de l'eau.
19:39Donc on a deux cuves.
19:41Il y a une cuve qui sert à laver ces fameux bacs.
19:43Donc là, c'est juste une filtration de l'eau de pluie.
19:46Et on a de la découpe jet d'eau, qui utilise de l'eau.
19:50Et l'objectif, c'était de ne pas avoir d'impact sur l'environnement
19:53et de ne pas utiliser d'eau potable dans l'atelier.
19:56Alors je passe les petites cuves pour les eaux grises, des toilettes.
20:01Ça pour moi, c'est la base.
20:03Toute entreprise qui se construit aujourd'hui,
20:06on pense toutes à mettre de l'eau de pluie pour les eaux grises.
20:09Mais pour la découpe jet d'eau,
20:12cette machine ne pouvait pas utiliser l'eau de pluie telle qu'elle.
20:15Donc j'ai demandé à la personne qui nous livrait cette machine
20:19de trouver une entreprise qui puisse traiter l'eau de pluie
20:24pour pouvoir la réintégrer dans la découpe jet d'eau.
20:28Mais ça, c'est des coûts supplémentaires.
20:30Ça nuit à la rentabilité d'Aérométal ?
20:32Alors, je ne pense pas.
20:34On pourrait penser que ça nuit à la rentabilité.
20:37Pour moi, c'est avoir vraiment une longueur d'avance.
20:42De se dire, demain, canicule,
20:45si j'ai de l'eau potable et qu'on est restreint,
20:47je ne pourrais pas travailler.
20:48Alors oui, c'est un investissement.
20:50C'est un investissement qui, à mon avis,
20:52payera sur le très long terme et déjà sur le moyen terme.
20:55Oui, parce que des arrêtés de restrictions d'eau,
20:57on en voit déjà dans toutes les régions.
20:59Même celles qu'on ne supposait pas être concernées.
21:02Donc, c'est vraiment rentrer dans le plan de continuité d'activité.
21:05Et l'entreprise me proposait une entreprise allemande
21:08pour développer cette usine à eau,
21:10puisque ce n'est pas une usine à gaz, mais une usine à eau.
21:13Et en tant que présidente des entrepreneurs,
21:16je leur ai dit, non, on va d'abord faire la Saône-et-Loire
21:19s'il n'y a pas région, s'il n'y a pas France.
21:21Et on a trouvé une entreprise en nord de la France
21:23qui a développé cette petite usine à eau
21:26qui nous permet de ne pas consommer d'eau potable dans l'atelier.
21:30Oui, puisque vous êtes, je le rappelle, présidente des entrepreneurs de Saône-et-Loire
21:33et présidente de la section industrie
21:35pour les entrepreneurs au niveau national.
21:38Vous travaillez d'ailleurs à un livre blanc sur la relance industrielle.
21:42Là, on va parler un peu de cette échéance présidentielle.
21:46Qu'est-ce que...
21:47Pour vous, les mesures prioritaires pour réindustrialiser la France, c'est quoi ?
21:51Alors, il y en a plusieurs.
21:52Donc, comment on a fait également pour construire ce livre blanc ?
21:55Puisque toutes ces mesures, elles sortent vraiment d'une réflexion.
21:59Nous avons mis autour de la table le monde académique,
22:03nos fédérations et nos unions territoriales.
22:06Les entrepreneurs, c'est 350 000 adhérents sur le national.
22:11Et c'est 126 fédérations qui adhèrent et 116 unions territoriales.
22:17Donc, on a vraiment tout le spectre.
22:22On a un spectre très large.
22:23Donc, nous avons commencé par faire une enquête.
22:26Quelles étaient leurs priorités pour la réindustrialisation ?
22:30Puisque dans les 126 fédérations qui adhèrent,
22:32j'en ai 36 qui sont uniquement industrielles.
22:36Donc, ça va de l'agroalimentaire en passant par la métallurgie,
22:39par la céramique, par l'acier, par la métallurgie.
22:43Oui, je l'ai cité lui et même.
22:45On a vraiment tout type d'industrie.
22:48Et ce qu'il en est ressorti de cette enquête,
22:50c'est qu'il y avait 10 priorités.
22:53Alors, nous, nous avons classé en 5 priorités court terme,
22:565 priorités long terme.
22:58Parmi ces priorités, rien de nouveau sous le soleil,
23:01le foncier, la formation, la finance,
23:07l'énergie, l'IA, l'attractivité, le made in France.
23:12Voilà, c'est vraiment des choses qui sont connues.
23:15Et l'objectif...
23:16C'est marrant, je n'entends pas le mot simplification.
23:19Simplification administrative.
23:21Oui, elles sont aussi dans les priorités.
23:24Parce que l'une des raisons pour lesquelles la réindustrialisation patine,
23:28c'est souvent les délais qui sont demandés
23:30pour cocher toutes les cases administratives
23:34avant de pouvoir passer de l'idée à la première pierre, même.
23:37Oui, oui, complètement.
23:38Et donc, ça a été également travaillé.
23:42Aujourd'hui, on voit arriver des solutions.
23:46On voit des choses se mettre en place.
23:48Donc, nous, on avait demandé...
23:50L'objectif aussi de nos demandes,
23:52c'est qu'elles soient réalisables.
23:54Puisque demander...
23:55On peut tous demander la Lune, mais c'est impossible.
23:57Qu'elles soient réalisables, qu'elles soient mesurables
23:59et qu'elles coûtent le moins possible.
24:02Donc, par exemple, pour le foncier,
24:04les TPE-PME ont besoin de foncier des sites clés en main.
24:08Pourquoi ?
24:09Ça rentre aussi dans la simplification administrative.
24:12Car les sites clés en main, moi, j'ai pu en bénéficier.
24:14J'ai gagné un an dans la temporalité de mon projet.
24:19Je suis arrivée sur un site clé en main
24:21où les études avaient été réalisées.
24:23Donc, les études archéologiques, les études de terrain.
24:25On avait de l'électricité, on avait de l'eau.
24:29Donc, c'est toutes des études
24:31pour lesquelles je n'ai pas la compétence,
24:33je n'ai pas la connaissance.
24:34Par contre, elles avaient été réalisées par le PCI,
24:38le Grand Chalon,
24:39qui, lui, a des services, a les connexions.
24:43Donc, la simplification administrative passe par là.
24:45Donc, ça, c'est aux régions, aux communautés de communes
24:48d'anticiper, de préparer le terrain, c'est ça ?
24:51C'est ça, de mettre en place des sites clés en main.
24:52OK. Mais est-ce que c'est compatible avec les objectifs environnementaux,
24:58notamment le zéro artificialisation nette,
25:02qui reste un objectif, il a été, on va dire, atténué,
25:05notamment sous la pression des entrepreneurs,
25:09pas seulement, d'autres secteurs d'activité.
25:11Est-ce qu'on n'a pas là deux injonctions contradictoires ?
25:14Alors, moi, je pense qu'elles peuvent se conjuguer
25:16à partir du moment où on a tout est connu dès le départ.
25:22Pour le zéro artificialisation,
25:26on a également eu des demandes de pouvoir connecter.
25:29Alors, c'est vrai qu'on parle, nous,
25:31chez les entrepreneurs, beaucoup de territorialisation,
25:34puisque l'objectif, c'est de trouver des solutions en territoire
25:38pour les entreprises du territoire.
25:40Et ce qui était important, c'était de pouvoir aussi mutualiser
25:43dans cette territorialisation
25:46des départements, des régions limitrophes.
25:49Et c'est...
25:50Alors, nous, ce qu'on a identifié,
25:52c'est qu'il existait...
25:54L'important, c'est de connaître et d'avoir la connaissance.
25:56Et cette connaissance,
25:57elle peut passer par un site Internet
26:00qui existe déjà,
26:02qui s'appelle France Foncier Plus,
26:04qui est géré par la Banque des Territoires.
26:06Et l'objectif, la solution, pour nous,
26:09elle est là, dans notre fiche Foncier,
26:11c'est de développer ce site France Foncier Plus
26:16pour que toutes les entreprises
26:17puissent avoir accès à l'information,
26:19puissent aller chercher...
26:21On y trouve quoi ? Des friches, par exemple ?
26:22On y trouve quels sont les sites clés en main,
26:24sur quels territoires,
26:26quels sont les friches,
26:27et puis quelle est la taille des sites clés en main.
26:29Mais ça veut dire, pardon, je vous interromps,
26:31mais que parfois, on artificialise
26:33alors qu'on pourrait ne pas artificialiser
26:35parce que ces espaces existent ?
26:37Alors, ça veut dire que parfois,
26:39on a une zone...
26:40On parle également des zones humides.
26:42On a parfois une zone humide sur un territoire
26:44qui est limite trop fin à un autre.
26:47Et le territoire n'a pas besoin, forcément,
26:49de cette zone humide,
26:50mais le copain à côté en a besoin.
26:51D'accord.
26:52C'est de pouvoir échanger...
26:53Et les départements ou les régions
26:54ne parlent pas forcément suffisamment.
26:55C'est ça.
26:55De pouvoir échanger entre départements,
26:58entre régions.
26:59Aujourd'hui, ils n'ont pas l'autorisation,
27:01mais c'est de leur donner l'autorisation
27:03de pouvoir compléter un terrain,
27:08un secteur géographique
27:09avec un site clé en main
27:12et puis de déplacer la zone,
27:15la ZAN ou les zones d'humidification.
27:18Vous êtes plutôt pessimiste
27:21à l'orée de cette année présidentielle.
27:23Et puis, question subsidiaire,
27:24il nous reste 30 secondes, il faut aller vite,
27:25mais est-ce que vous pensez
27:26qu'un chef d'entreprise,
27:28vous ou les entrepreneurs en général,
27:30ils doivent dire pour qui il faut voter ?
27:32Alors, moi, je ne pense pas que nous devons...
27:35C'est difficile pour nous, entrepreneurs,
27:37de dire pour qui il faut voter
27:38puisque nous avons un panel
27:39très très large de chefs d'entreprise
27:41et que chaque chef d'entreprise
27:42est maître de son choix,
27:46comme chaque citoyen.
27:47Donc, c'est difficile pour nous
27:48de dire pour qui voter.
27:49Par contre, c'est important pour nous
27:52de dire ce dont les entreprises ont besoin.
27:56Donc, simplification,
27:58on arrête les stop and go
27:59et puis, surtout,
28:01on essaye d'obtenir vraiment une stabilité.
28:04Merci beaucoup, Clarisse Maillet.
28:07À bientôt sur Bismarck for Change.
28:09Merci à toutes et à tous
28:10de votre fidélité.
28:12Je vous retrouve très vite sur notre antenne.
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