00:00Good Morning Market sur BFM Business.
00:04Oui, on va regarder un petit peu ce titre Airbus qui ne fait pas grand-chose depuis le début de
00:08l'année,
00:08voire même depuis fin juillet.
00:10Fin juillet, le groupe avait revu à la hausse ses prévisions pour 2029 et au-delà.
00:15Le titre était en hausse et puis depuis, c'est un petit peu dégonflé.
00:18Bonjour Damien Dirix.
00:19Bonjour Etienne.
00:20Damien Dirix, vous êtes gérant chez Exxon Asset Management.
00:23Oui, on va prendre 5-6 minutes pour regarder un petit peu le potentiel boursier d'Airbus
00:28qui, c'est vrai, sur le papier, a du potentiel sur le fait que vous avez un groupe qui se
00:34mouille sur du rachat d'actions,
00:36sur son cash flow, sur également sa marge opérationnelle pour 2029 et au-delà.
00:40Mais comme je le disais en préambule, le marché est sceptique.
00:43Alors, est-ce qu'il est vraiment sceptique ?
00:45C'est-à-dire qu'on est dans un environnement qui est un peu compliqué,
00:48comme mes camarades passaient dans l'expliquer.
00:51Moi, je trouve qu'il s'est passé quand même quelque chose d'assez important à Farnborough, effectivement.
00:56Donc, à Farnborough, comme vous l'avez dit tout à l'heure, Airbus est engagé.
01:01C'est quelque chose qu'ils n'avaient pas fait depuis très longtemps,
01:03depuis avant le Covid, en fait.
01:05Donc, on est à plus de 6 ans maintenant,
01:07où ils prennent des engagements chiffrés.
01:09C'est quelque chose qui était attendu depuis très longtemps par le marché.
01:12Ils l'ont enfin fait.
01:13Et moi, je pense que c'est un signal assez marquant pour la société,
01:17parce qu'en fait, on a eu pendant, je vous dis depuis le Covid,
01:22on a eu une série de mauvaises nouvelles finalement dans un business qui est florissant quand même.
01:28La demande est toujours très forte.
01:29Vous le voyez, même avec les prix du fuel qu'on voit aujourd'hui,
01:33la demande de vol, de trafic aérien, effectivement, il a un petit peu ralenti,
01:38mais on reste quand même à des niveaux très élevés.
01:41Il y a quand même 100 millions de gens qui sont dans un avion par jour autour du globe.
01:47Et bon, cette demande est là.
01:50Malheureusement, en fait, Airbus a du mal, et Boeing aussi,
01:54ont du mal à pouvoir la faire suivre.
01:57Pourquoi ? Parce qu'on a eu une supply chain qui a été complètement cassée par le Covid.
02:02Puis, alors qu'elle était en train de redémarrer,
02:04l'inflation a mis une deuxième couche à toute cette supply chain
02:09qui s'est retrouvée prise à la gorge par les hausses de coup.
02:14Et pour terminer, on a eu des gros problèmes d'approvisionnement
02:18de ce qui compte un peu quand même pour un avion, c'est le moteur.
02:21On a eu un souci quand même assez important chez Pratt & Whitney du GTF.
02:26Il y a quand même toujours une grosse partie de la flotte aujourd'hui
02:30de ces avions équipés en GTF qui sont au sol, parce qu'il faut les réparer.
02:35Et donc, on a eu un problème dans l'approvisionnement,
02:37ce qui fait qu'effectivement, Airbus n'a pas pu délivrer la croissance
02:40qu'il espérait pouvoir délivrer.
02:41On a depuis longtemps, je parle de ça avant le Covid,
02:44on avait en tête 70 avions livrés par mois.
02:47Au Covid, on était à 58.
02:49Pour vous faire très simple, c'est très simple,
02:522019, c'est le pic de livraison d'Airbus.
02:56863 avions.
02:57L'année dernière, on en a livré 793.
03:00Donc, vous voyez, toutes ces années qui sont passées,
03:02on n'a toujours pas réussi à retrouver le pic.
03:03Et ils vivent 1000 appareils pour 2030.
03:05Et là, ça y est, ils prennent l'engagement.
03:07Ce qui me paraît important, c'est qu'en fait,
03:10les nuages sont en train de partir.
03:13Si vous voulez, on a enfin une éclaircie qui arrive.
03:17Et comme cette éclaircie, ils sont capables de nous dire aujourd'hui,
03:20on pense qu'on va pouvoir faire les 70 avions,
03:23entre 70 et 75 à fin 2027,
03:27Airbus A320.
03:28Les A350, on va doubler,
03:30on va passer à 12 par mois d'ici 2028.
03:33Et donc, on peut prendre cet engagement aujourd'hui.
03:36L'année dernière, on a fait 7 milliards d'euros des résultats.
03:39C'est ce qu'ils faisaient en 2019 aussi.
03:42Et là, on va accélérer très nettement,
03:44puisqu'on va arriver à 12 milliards,
03:45entre 12 et 13.
03:46C'est quand même, il faut le noter,
03:47c'est quand même 20% de croissance par an
03:49des bénéfices d'ici 2029 en 3 ans.
03:51Dans des moments troubles, comme en ce moment,
03:53le marché, les investisseurs, les gérants, comme vous,
03:55aiment bien avoir des titres où il y a de la visibilité.
03:58Là, sur le papier, il y a de la visibilité.
04:00Il y a énormément de visibilité.
04:01Et pourtant, le titre est à zéro depuis le 1er janvier.
04:04Sur un an, on est à plus 6.
04:06Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui,
04:08ce titre, il n'arrive pas à décoller,
04:11sans mauvais jeu de mots.
04:12Mais quand vous regardez Safran,
04:14moi j'entends souvent dire,
04:14oui, Safran, c'est cher, ça monte,
04:16mais il y a de la visibilité.
04:17Là, j'ai envie de vous dire, il y a de la visibilité aussi.
04:18Pourquoi, par exemple, ça ne fonctionne pas ?
04:20Eh bien, parce que justement,
04:21cette visibilité n'a pas pu être convertie en croissance.
04:24Encore une fois, on n'a pas réussi à dépasser aujourd'hui
04:27les chiffres que l'on avait en 2019.
04:30Nombre de sociétés aujourd'hui que vous couvrez,
04:32dont vous parlez tous les jours,
04:33où on est largement au-dessus de ce qu'on faisait avant le Covid.
04:36Aujourd'hui, malheureusement,
04:38à cause de tout ce qu'on s'est dit avant,
04:40Airbus était à la peine de pouvoir suivre cette demande qui est là.
04:43Il n'y a aucun doute.
04:44Donc c'est ça qui est très intéressant pour un gérant, effectivement.
04:47C'est ce carnet de commandes qui est gigantesque.
04:49Aujourd'hui, vous voulez un nouvel avion,
04:51vous voulez aller commander chez Airbus.
04:52Là, on va parler au-delà de 2030.
04:54Mais il faut livrer en temps et en heure.
04:56Il faut livrer en temps et en heure.
04:57Je vous rappelle, il faut assembler
04:59entre 2 et 3 millions de pièces par avion.
05:02Donc c'est une machine extrêmement complexe,
05:05extrêmement bien huilée.
05:07Justement, nos amis d'Airbus ont voulu jouer la croissance
05:11et ont dit, nous, on vise quand même
05:13entre 70 et 75 avions par mois.
05:15Je parle toujours des A320.
05:17Et là, ça veut dire qu'il faut qu'on ait des gens pour les faire.
05:21On va croître.
05:21On est à 58 par mois aujourd'hui.
05:23Monter à 70, c'est 29% de plus.
05:25Il faut des gens pour le faire.
05:26On a mis 1 milliard d'euros sur la table
05:29de coûts, de surcoûts finalement,
05:32en avance de phase, avant cette croissance.
05:34Donc on va avoir une accélération des résultats
05:36qui devrait arriver avec ces livraisons.
05:37Et on voit, on a eu un difficile premier trimestre,
05:40et on voit une accélération en ce moment
05:42des livraisons et un deuxième semestre
05:45qui devrait le confirmer.
05:46Ce qui a plombé la rentabilité ces derniers mois,
05:49c'est également l'activité spatiale chez Airbus.
05:53Est-ce que là-dessus, vous êtes un peu plus confiant ?
05:56Est-ce que vous vous dites, bon,
05:56ils vont améliorer les choses
05:57ou au pire, ils vont se délaisser de cette activité ?
06:00Alors, ce qui est très intéressant,
06:02c'est qu'aujourd'hui,
06:06ce secteur de l'aérospatiale,
06:08il est au cœur de l'innovation depuis toujours.
06:11On fête aujourd'hui, cette année,
06:13les 50 ans du Concorde,
06:16enfin du premier vol du Concorde.
06:18Les gens qui ont une calvitie plus connaissante
06:20comme moi s'en souviendront.
06:22En fait, c'est l'ancêtre aujourd'hui d'Airbus,
06:27c'est Sud Aviation,
06:28c'est ceux qui ont créé le Concorde.
06:29Et en même temps, c'est la création d'Ariane.
06:31Et Ariane, aujourd'hui,
06:33on a un projet qui est extrêmement intéressant
06:35qui s'appelle Bromo.
06:36Alors, il est en cours d'inspection par l'Union Européenne.
06:40C'est une fusion à trois
06:42entre Leonardo, Thales et Airbus
06:44qui vont potentiellement mettre en commun
06:47leurs activités spatiales de satellite.
06:50Et on voyait bien qu'aujourd'hui,
06:52la course mondiale,
06:53je parle de la Chine,
06:54je parle des États-Unis
06:55et de la puissance des Starlink
06:56et autres grands joueurs,
06:58ça se joue là.
06:59La défense, ça se joue là aussi.
07:01Et donc, on a un projet extrêmement intéressant
07:03et extrêmement créateur de valeur
07:06qui pourrait voir le jour.
07:07Encore une fois,
07:08on attend d'ici cet automne
07:10la validation par...
07:12Sans dégrader trop la rentabilité ?
07:14Absolument pas.
07:15Justement, au contraire,
07:16puisqu'on était sur des activités
07:17où en fait,
07:18chacun dans son coin,
07:19Thales,
07:19Leonardo et Airbus
07:20font exactement la même R&D
07:23pour finir avec
07:24à se battre tous les trois
07:26sur le même marché.
07:27Merci Damien Dirix
07:29de nous avoir fait un focus
07:29ce matin sur Airbus.
07:31On l'a compris,
07:32vous êtes donc convaincu
07:33de ce plan stratégique
07:34qui a été dévoilé
07:35il y a un peu plus d'un mois.
07:37Maintenant,
07:37je rappelle que vous êtes
07:38gérant chez Exxan Asset Management.