- il y a 1 semaine
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00:00La politique et ce tout dernier sondage Ipsos-BVA, très intéressant à plusieurs titres, je voulais qu'on le regarde
00:06ensemble.
00:06Marine Le Pen, très largement en tête à 34,5%, suivie d'Edouard Philippe, crédité 19%, dans le cas où
00:17il serait le seul candidat du Bloc central.
00:19Et cette précision a son importance, on va le voir, on en parle avec Jade Saab, porte-parole et secrétaire
00:25nationale de Renaissance.
00:26Vous êtes dans l'équipe de Gabriel Attal, bonjour et bienvenue à vos côtés Amandine Attalaya.
00:31Rebonjour à Amandine, on est avec Laurence Saillet, ancienne députée européenne Les Républicains.
00:36Bonsoir avec Hugo Capelli et Thierry Arnault, nos journalistes politiques.
00:42Jade Saab, je récapitule, en l'état, si Edouard Philippe est le seul candidat du Bloc central, il atteint les
00:4919% et se qualifie pour le second tour.
00:51Si Gabriel Attal maintient en revanche sa candidature, là c'est Jean-Luc Mélenchon qui se qualifie pour le second
00:57tour.
00:58Vous avez la pression un peu là ?
01:00Nous serons rassemblés avant le premier tour.
01:01Gabriel Attal s'y a engagé, il était à l'initiative du comité de liaison qui se réunit régulièrement, qui
01:06va se réunir d'ailleurs le 9 septembre prochain.
01:08Donc nous, nous l'avons toujours dit, nous serons rassemblés parce que nous ne ferons pas risquer au pays un
01:12duel mortifère entre la France insoumise et le Rassemblement national.
01:15Mais une fois qu'on a dit ça...
01:16Comment vous allez vous rassembler alors ?
01:18C'est le comité de liaison qui a pour objectif de trouver les modalités de ce rassemblement.
01:23Gabriel Attal a dit qu'il était ouvert à tout.
01:24Il a proposé la primaire, il a proposé les sondages, on discute de toutes les possibilités.
01:28Et donc si vous voulez, on sera rassemblés.
01:30Maintenant, pardon de dire aussi qu'être rassemblés pour faire barrage, ça ne suffit pas.
01:33Il faut aussi mettre des idées dans le débat.
01:36C'est la raison pour laquelle nous, nous mettons des idées, nous faisons campagne.
01:39Gabriel Attal a fait plus de 20 déplacements cet été.
01:41Il a des priorités, école, salaire, frontières, intelligence artificielle, dette écologique, dette budgétaire.
01:47Donc sur le rassemblement, nous y travaillons.
01:49Il n'y a pas un risque justement, Jadzab, de mettre trop d'idées dans le débat.
01:52Peut-être à force, ça va trop vous différencier aussi d'Edouard Philippe.
01:55Et donc à la fin, un rassemblement impossible.
01:57Est-ce que vous allez trouver trop de divergences devant vous ?
01:59Trop d'idées dans le débat ?
02:00Écoutez, on était là en 2022 et on a tous et toutes regretté qu'il n'y ait pas eu
02:05de véritable campagne présidentielle
02:06parce que la guerre en Ukraine, parce que le président se représentait.
02:09Donc on ne peut pas aujourd'hui dire, ah ben non, il y a trop d'idées dans le débat.
02:12Il s'est passé beaucoup de choses ces dix dernières années.
02:14La guerre en Ukraine, la crise agricole, les gilets jaunes, l'intelligence artificielle.
02:18Le monde a changé.
02:19Donc je pense que les gens, les Françaises et les Français veulent qu'on leur parle du fond.
02:22Évidemment, ça n'empêche pas de dire comment on se rassemble.
02:24Mais pardon de dire que nous, nous souhaitons avant tout parler du fond.
02:27Croyez-vous à ce rassemblement ?
02:30Moi, je suis désespérée.
02:32Vraiment, je vous le dis parce que je fais partie de ceux qui ne veulent pas un duel RN-LFI.
02:37Et malheureusement, j'ai l'impression qu'on y va, quoi.
02:40Parce que la politique, c'est une question de dynamique.
02:43C'est-à-dire qu'il y a des candidats qui prennent une dynamique.
02:46C'est le cas de Jean-Luc Mélenchon parce qu'il y a une incarnation, un programme.
02:51Il est le candidat, il amène avec lui les troupes.
02:53Il n'y a pas de dynamique aujourd'hui globale si on rassemble le bloc central.
02:57Aucun des trois candidats explose, même si Édouard Philippe est quand même bien en avance.
03:02Ça, on ne peut pas dire le contraire.
03:03Il est bien en avance.
03:05Donc qu'est-ce qui va se passer ?
03:06Là, nous sommes en septembre.
03:07La tension va être prise, notamment sur la primaire de la gauche.
03:11Donc chacun va jouer dans son petit couloir les petits chevaux.
03:13Chacun, en se différenciant, effectivement, et c'est ce que vous évoquiez, sur des lignes différentes,
03:20en s'envoyant quelques pics, contrairement à ce qu'on dit, voilà.
03:23On a vu ce que ça a donné à Paris.
03:25La droite a perdu Paris au municipal, parce qu'il y a eu des ralliements de dernière minute, etc.
03:32Mais donc, il faut quoi ?
03:34Il faut créer du lien, il faut créer de l'attachement.
03:36Et là, aujourd'hui, alors qu'il y a trois candidats sur le bloc central qui nous expliquent que,
03:41enfin, comité de liaison, pardon de vous dire que quoi ?
03:44Qui est le troisième candidat du bloc central ?
03:45Le bloc central droite.
03:47Ah oui, d'accord.
03:47D'accord ?
03:48Parce que si vous ne voulez pas de ralliement avec Retailleau, il faut le dire tout de suite.
03:50Parce que ça aussi, vous n'êtes pas clair.
03:52Moi, j'y comprends rien.
03:53Le comité de liaison, le comité de liaison Laurent Selye, aujourd'hui, c'est sans les républicains, ce comité de
03:58liaison.
03:58Mais alors, moi, je vais vous poser justement la question.
03:59C'est parce qu'il n'a pas envie d'y aller, Bruno Retailleau, parce qu'il n'est pas
04:02invité.
04:02Je vais vous poser la question, vraiment, je ne sais pas si vous pourrez me répondre,
04:05et je sais que M. Attal est tout à l'heure interviewé par Sonia Mabrouk.
04:09Est-ce que si Bruno Retailleau se rallie à Édouard Philippe,
04:13est-ce que vous, vous accepterez aussi de rentrer dans ce rassemblement ?
04:18Nous, on accepte de travailler avec tous les gens qui portent nos valeurs et qui défendent les mêmes projets que
04:21nous.
04:21Donc, ça sera à M. Retailleau de clarifier sa position, qui parfois est le proche du rassemblement national.
04:25Alors, sa position, pardon, est-ce qu'elle est si claire ?
04:28On va l'écouter, Bruno Retailleau, c'était tout à l'heure dans Midi BFM.
04:32Très clairement, vous nous dites, jamais je ne me retirerai pour Édouard Philippe.
04:36J'irai jusqu'à la victoire, je viens de vous le dire, je ne sais plus comment vous le dire,
04:40avec quelle langue vous le dire.
04:41Non, mais vous ne vous retirerez pas pour Édouard Philippe.
04:45J'irai au deuxième tour de l'élection présidentielle, c'est une autre façon de me dire ce que je
04:49viens de vous dire.
04:51J'irai jusqu'au bout, est-ce qu'il est prêt, lui aussi, à se retirer, s'il semble que
04:55la dynamique n'est pas de son côté ?
04:56Vous savez, tous ceux qui feront perdre la droite à cette élection, je peux vous dire, ils pourront, excusez-moi,
05:02arrêter la politique définitivement.
05:04Oui, mais il va faire quoi ? Alors, comment vous l'interprétez ? Est-ce qu'il est prêt à
05:07rallier un Édouard Philippe ?
05:08À cette étape, je comprends qu'ils disent, j'irai jusqu'au bout. Néanmoins, ça ne devrait pas empêcher, si
05:13vous voulez, que les gens fixent des modalités.
05:16Ce qui manque, c'est les modalités. On veut savoir, on veut savoir quand les décisions seront prises.
05:22Parce que quand on nous dit entre novembre et février, excusez-moi, mais ça n'a aucun sens, et comment
05:26?
05:27Parce que l'histoire des sondages, personne n'y comprend rien.
05:29On y travaille, croyez que nous sommes les premiers à avoir dit...
05:31Vous avez une responsabilité immense.
05:34Mais on le sait, on la mesure cette responsabilité.
05:37Vous croisez des électeurs de droite aujourd'hui en France, je ne fais pas tout le tour de la France,
05:40et les gens que je vois, ce n'est pas toute la France et pas tous les Français.
05:43Mais en tout cas, personne ne comprend, si vous voulez, cette situation totalement d'instabilité.
05:48Il faut du temps pour créer du lien avec les électeurs et le pays.
05:51Vous croyez qu'en février, tout le monde va se dire, ok, t'es un peu plus haut que moi
05:55?
05:55Bon voilà, il y a les comptes de campagne, vous savez la difficulté aussi de mettre ensemble les comptes de
05:59campagne.
06:00Moi, je pense que c'est franchement irresponsable.
06:02Autant la gauche, ce n'est pas formidable, mais au moins, ils ont des modalités.
06:06Qu'aujourd'hui, en septembre, vous n'ayez toujours pas défini les modalités d'un rassemblement,
06:12c'est mettre la droite et le centre en difficulté et amener la France dans le mur.
06:16Mais donc vous accusez également votre propre parti, vous êtes une ancienne d'LR.
06:20Moi, je ne suis pas en tant qu'LR, on est bien d'accord, donc ça me laisse justement une
06:23grande liberté de parole.
06:24Mais bien sûr, je pense que là, la responsabilité, c'est d'ores et déjà de se mettre autour d
06:28'une table, vraiment.
06:29Mais c'est ce qu'on fait.
06:30Mais comité de liaison, monsieur...
06:32Ça fait trois mois qu'on se réunit, le prochain comité va se réunir.
06:34Pour rien faire.
06:35Attendez, posez la question à ceux qui sont autour de la table.
06:37Nous, nous avons dit, Gabriel Attal a dit, et je pense qu'il le redira tout à l'heure,
06:40nous sommes ouverts à toutes les possibilités.
06:41Les sondages, la primaire, Gabriel Attal a dit qu'il n'était pas opposé à la primaire.
06:45Je crois savoir que d'autres autour de la table...
06:46Parce que, pardon, pardon, je vous montre ce deuxième sondage Ipsos-VBA sorti aujourd'hui.
06:51Dans le cas où Gabriel Attal se présente lui aussi, il est quand même...
06:57Alors, il met Édouard Philippe en difficulté, derrière Jean-Luc Mélenchon, ce qu'on disait.
07:00Il est très loin derrière.
07:02Est-ce qu'il n'est pas temps, déjà, d'en tirer les conclusions et de se dire,
07:05bon, effectivement, je ne suis pas le favori dans le camp central,
07:09je me rallie directement à Édouard Philippe pour lui donner une vraie dynamique ?
07:12Bon, à l'automne 2021, dont les sondages, qui devait être président de la République, c'était Valérie Pécresse.
07:17Et M. Zemmour allait être au second tour.
07:19Je ne vous rappelle pas le score et de l'un et de l'autre.
07:21Moi, je crois que les sondages, il faut les prendre pour ce qu'ils sont.
07:23C'est une photographie authentée.
07:25Là, pardon, mais le cas dans lequel il y a deux candidats du Bloc central, c'est de la politique
07:29fiction.
07:29Parce que nous l'avons dit, et Gabriel Attal le premier, nous serons unis avant le premier tour.
07:33Et donc là, effectivement...
07:34Mais Édouard Philippe, il n'a pas envie de participer à une primaire, si ?
07:37Ah, mais poser la question à Édouard Philippe.
07:38En tout cas, nous...
07:43Nous serons rassemblés. Et nous souhaitons tout faire pour être rassemblés.
07:46Et la meilleure façon de le faire, c'est sur la base d'un projet.
07:48Dans le cas où cette dynamique reste la même, c'est-à-dire un Gabriel Attal loin derrière,
07:52si Édouard Philippe dit, pardon, mais moi, je ne veux pas participer à une primaire,
07:55puisque, vous me le confirmez, ce n'est pas du tout d'actualité,
07:58Gabriel Attal, là, pourra dire, bon, je me retire quand même au profit du candidat qui rassemble le plus.
08:03Nous prendrons nos responsabilités, comme nous l'avons toujours fait, avec un mot d'ordre.
08:05Nous serons unis avant le premier tour.
08:07Pourquoi il ne veut pas, Édouard Philippe ?
08:08Parce que vous ne m'avez toujours pas répondu à ça.
08:11Personne ne pose cette question avec Retailleau.
08:12Vous avez entendu que M. Retailleau ne souhaite pas travailler avec nous.
08:15Donc, c'est à lui qu'il faut poser la question, pas à nous.
08:18C'est vrai qu'il a redit aujourd'hui, Bruno Retailleau, dans l'interview,
08:20et Amandine y a participé, qu'il n'imaginait pas un des deux candidats du Bloc central
08:24l'emporter en mai prochain.
08:27On l'a entendu, j'irai jusqu'au bout, jusqu'à la victoire.
08:30Pourquoi Édouard Philippe, lui, ne veut pas ?
08:32Pourquoi ce jusqu'au boutisme de la part de Retailleau ?
08:36Pourquoi Édouard Philippe, lui, refuse, malgré sa dynamique ?
08:39Ce sont deux cas différents.
08:40Édouard Philippe, parce qu'il pense qu'une primaire, ça n'est pas le bon moyen de décider,
08:45que ça affaiblit, que c'est aussi l'occasion de se disputer frontalement aux yeux de tous,
08:49et que ce n'est pas comme ça qu'on lance quelqu'un.
08:51Il pense, lui, qu'il sera devant, et que, vous savez, il s'est toujours présenté en rempart,
08:55c'est ça son argument, face à Jean-Luc Mélenchon ou face à Marine Le Pen.
08:58Il n'y a pas d'évidence aujourd'hui, Édouard Philippe, franchement,
09:01ce n'est pas un candidat qui a une force incroyable au mois de septembre.
09:04Mais il est en train de creuser l'écart avec Gabriel Attal,
09:08et donc il compte sur le fait que Gabriel Attal se rallie en bonne entente et avant Noël,
09:14si on veut faire un calendrier, qu'en tout cas au mois de janvier ou plus tard,
09:18ce soit réglé.
09:19Bruno Retailleau, c'est autre chose pour l'instant.
09:22Il persiste un peu dans sa fenêtre et dans son couloir sur l'idée d'y aller tout seul.
09:27Mais il est dans le déni, Bruno Retailleau.
09:29Il est très bas pour l'instant dans les sondages.
09:30Jamais il n'a dépassé les 10%.
09:32Donc ça rappelle, là aussi, la campagne municipale de Paris.
09:35Vous savez, jusqu'au bout, Sarah Knafo avait dit
09:37« Jamais, jamais, jamais, je me retirais ».
09:39À un moment donné, face à l'évidence, on plie.
09:41Il est dans le déni, Bruno Retailleau.
09:42Pourquoi ça ne prend pas ?
09:44Ça ne décolle pas, sa campagne ?
09:45Moi, je ne veux pas, si vous voulez, accabler les uns ou les autres.
09:49Parce que j'essaie, justement, quand on a envie que les gens se rassemblent,
09:52il faut essayer de ne pas trop…
09:55Il n'y a pas que ça comme histoire.
09:57C'est que, par exemple, dans un sondage la semaine dernière,
09:59David Nisner était à 4 avec Bruno Retailleau.
10:03Je crois qu'il était à 6,5 dans la même dosage.
10:06Donc, vous allez ajouter, en fait, au problème existant.
10:09C'est pour ça que plus le temps passe, plus les choses s'aggravent.
10:12Des candidatures qui vont aussi augmenter.
10:15Parce que 4 points, ce n'est pas rien.
10:17Il est passé devant Éric Zemmour, qui était à 3.
10:20Donc, vous voyez, le problème…
10:21Moi, je vois la stratégie de l'enlisement, en fait.
10:24Vous allez avoir ça.
10:25Et autre risque, là, on va un peu plus sur la gauche,
10:29c'est que, selon le gagnant de la primaire de gauche,
10:31on n'est pas du tout sûr que le gagnant de la primaire de gauche
10:34ne va pas se rallier à Jean-Luc Mélenchon.
10:36Si c'est Ségolène Royal qui gagnait la primaire,
10:38je sais que ce n'est pas aujourd'hui l'hypothèse la plus favorable.
10:41Mais très clairement, quand on l'a interrogée ces derniers jours…
10:45– Raphaël Luxman est clair sur ce point.
10:46– Oui, enfin, Raphaël Luxman.
10:48Le seul que je crois, c'est Gage, M. Jérôme Gage.
10:50Lui, je sais qu'il ne se ralliera jamais à Mélenchon.
10:52Les autres, je n'ai plus grand doute.
10:54Donc, ça veut dire quoi ?
10:55Ça veut dire qu'imaginer que la primaire de la gauche
10:59mette comme candidat un candidat compatible avec Jean-Luc Mélenchon…
11:02– Je parle là-dessus, pardon, mais pourquoi vous ne croyez pas
11:04en cette volonté de Raphaël Luxman de couper avec…
11:08– Je crois qu'il a la volonté, mais je crois qu'il n'a pas la force.
11:10C'est-à-dire, je pense qu'il n'a pas la force politique
11:12pour vraiment résister à une menace d'un RN qui montrait,
11:18il nous dira, oh là là, la menace RN est tellement grande,
11:21vous comprenez, il faut sauver la France, je rallie.
11:24Je ne sais pas pourquoi, je pense que Jérôme Gage…
11:26– C'est un ressenti personnel.
11:28– Oui, enfin, je ne vais vous dire pas seulement,
11:30parce qu'il n'a pas été aussi réfractaire à Jean-Luc Mélenchon
11:33pendant les législatives.
11:34Jérôme Gage a fait ses preuves, effectivement, il n'a pas rallié.
11:37Mais juste pour vous redire ça, si le candidat qui sortira
11:41gagnant de la gauche, de la primaire, se rallie à Jean-Luc Mélenchon,
11:45là, la droite qui aura fait toutes ses petites fantaisies
11:48avec toutes ses hésitations et ses oui, oui, non, non,
11:50je peux vous dire que ça va très, très mal se passer.
11:53C'est pour ça qu'il faut se dépêcher et créer cette dynamique
11:55pour être dans un élan qui permettra évidemment
11:58d'empêcher ce deuxième tour à Jean-Luc Mélenchon,
12:00puisqu'on sait que Marine Le Pen le sera certainement.
12:03Bruno Retailleau, qui tout à l'heure dans BFM Politique
12:08a tenté d'envoyer des pics au Rassemblement National,
12:12des pics à répétition, a repris ce nouveau terme.
12:14La débardélisation du Rassemblement National est en cours,
12:18dit-il. On écoute le patron des Républicains.
12:21L'histoire du Rassemblement National, avant le Front National,
12:26c'est un clan, c'est un clan familial.
12:28Marine Le Pen est en train d'installer ses nièces, son beau-frère, etc.
12:33Et sans doute que la débardélisation du parti a déjà commencé,
12:38vraisemblablement. Le départ de M. François Durvik était censé apporter
12:42justement un peu de crédibilité économique.
12:44C'est l'histoire du Rassemblement National.
12:46Et ça fait partie d'ailleurs des raisons pour lesquelles
12:48il y a un plafond de verre.
12:50Et c'est aussi pour ça que j'appelle moi les électeurs
12:52du Rassemblement National à venir me soutenir.
12:55Sauf que force est de constater, Thierry Arnault,
12:57que dans les sondages, il n'y a que très peu d'impact
13:00lié à de possibles fractures au sein de l'IRN.
13:05Vous pourriez même dire aucun impact du tout.
13:06En l'État, en tout cas.
13:07En l'État, effectivement. Elle est toujours dans le même étiage,
13:1234, 35, 36% dans les sondages.
13:15Il faudrait un cataclysme politique pour que Marine Le Pen,
13:18à ce stade, ne soit pas au deuxième tour d'élection présidentielle.
13:21Sa présence à ce deuxième tour, aujourd'hui, c'est une évidence.
13:25Alors vous voyez bien que Bruno Retailleau,
13:27il se sent un peu cornerisé.
13:29Il voit bien que sa campagne ne décolle pas.
13:30Et donc il considère que son positionnement politique
13:34étant ce qu'il est, son image politique,
13:35ses positions étant ce qu'elles sont,
13:38il a moyen d'aller chercher un peu
13:40ceux qui se commenceraient à douter
13:42de la crédibilité du Rassemblement national.
13:44Et c'est pour ça que ce message, qu'on vient d'entendre,
13:46il est à la fois clair et très calibré.
13:48C'est à ceux-là, ceux qui sont tentés par un vote
13:51pour le Front national, qui ne sont pas nécessairement convaincus,
13:54qui se disent finalement que ce parti a quand même
13:56un problème de crédibilité, c'est à ceux-là
13:58qu'il s'adresse pour essayer d'élargir un petit peu son socle,
14:00dont il voit bien aujourd'hui, quoi qu'il en dise,
14:03qu'il est très étroit et qu'il n'est pas crédible.
14:06Mais on voit bien au fond,
14:08en écoutant la conversation qu'on avait depuis le début,
14:11c'est quand même assez fascinant de voir
14:14qu'il y a deux candidats en position de force
14:17avec un projet politique clair qu'on approuve ou on désapprouve,
14:20Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
14:22Et tout le reste, au fond, leur argument principal,
14:26il est pour l'instant de dire aux Français,
14:28je suis celui qui peut empêcher un deuxième tour
14:30entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
14:33Et le sujet, il est quand même un peu là,
14:35c'est-à-dire qu'à un moment donné,
14:36il va falloir rentrer dans cette campagne
14:37en étant capable d'importer un message fort, clair,
14:41qui dise autre chose que ça.
14:43Alors moi, je ne suis pas tout à fait d'accord.
14:44Pardon, je n'imagine bien.
14:45Je crois que nous, justement, c'est ce que je vous ai dit au début,
14:47il faut être rassemblés,
14:48mais proposer comme seul projet le barrage, ça ne marche pas.
14:51C'est la raison pour laquelle on fait campagne,
14:53on met des idées dans le fond.
14:54Nous, nous souhaitons avec Gaber Lattal
14:55que la France redevienne la première puissance économique d'ici 10 ans.
14:57Est-ce qu'il vous différencie réellement d'Edouard Philippe ?
14:59Je suis en train de vous dire, nous, nous ne sommes pas là.
15:01Il ne veut pas ça, lui, Edouard Philippe ?
15:02Nous, nous ne sommes pas là pour refaire l'UMP d'il y a 20 ans
15:04avec les gens d'il y a 20 ans.
15:05Nous, nous ne sommes pas là pour être de droite ou de droite.
15:08Nous, nous sommes pour le dépassement.
15:09Nous croyons au dépassement des clivages.
15:12Nous, nous ne sommes pas pour des réformes paramétriques.
15:13Par exemple, nous ne disons pas la retraite 60,
15:15soit 15 ans, 67.
15:16Nous, nous disons qu'il faut changer le système.
15:19Et donc, c'est des différences aussi,
15:20de style évidemment entre deux hommes,
15:22qui ont heureusement beaucoup de choses en commun,
15:23mais qui ont des différences quand même.
15:25On pense que le système a changé.
15:26On n'est pas pour des réformes paramétriques.
15:28On n'est pas pour refaire l'UMP d'il y a 20 ans.
15:31Et donc, je crois que ça, les gens, il faut qu'ils l'entendent.
15:32Mais nous, ce qu'on dit, pardon, pour répondre à ça,
15:34c'est quoi notre projet ?
15:35Refaire de la France la première puissance économique dans 10 ans.
15:38Des endettés, 0% de déficit dans 10 ans.
15:40Le meilleur système scolaire,
15:42la meilleure éducation pour les jeunes
15:44qui entrent aujourd'hui dans l'école d'ici 10 ans.
15:46Donc, on a une ambition aussi.
15:48C'est trois points sur lesquels j'imagine
15:49qu'Edouard Philippe est d'accord.
15:51Sans doute, on a un sujet.
15:53Mais pardon de dire sur les retraites aussi
15:55que c'est un sujet dont on parle beaucoup.
15:56Et je voudrais revenir aussi sur le RN.
15:58Pardon, mais quelle était la séquence qu'on vit ?
16:00C'est suite au débat, on voit les images derrière vous,
16:03au MEDEF devant les chefs d'entreprise.
16:05Le Rassemblement national n'a pas convaincu.
16:08Donc, que se passe-t-il dans les prochains jours ?
16:09On nous ressort les vieilles recettes du Rassemblement national.
16:121. Le voile.
16:132. M. Bardella qui va avec Nadiel Farage,
16:16le héros du Brexit.
16:173. On nous parle à nouveau de l'immigration
16:20et de ce texte qu'il a signé.
16:21Donc, si vous voulez, moi, je crois que le Rassemblement national
16:23n'a pas changé.
16:24Et au fur et à mesure,
16:25et c'était déjà ça au moment des législatives
16:27suite à la dissolution,
16:28au fur et à mesure que les élections se rapprochent,
16:30on voit que le ravalement de façade
16:32du Rassemblement national s'effrite
16:34et qu'on retrouve les vieilles lubies du RN.
16:36Et nous, nous serons là pour exposer ça
16:37aux Françaises et aux Français,
16:38qu'ils sachent pour qui ils votent
16:40quand ils votent RN.
16:40Sauf qu'en l'État, vous avez dû voir ce dernier sondage également,
16:44toujours mené par Ipsos.
16:47Quel candidat vous inquiète le plus ?
16:49En tout cas, la moins inquiétante aux yeux des Français,
16:51c'est Marine Le Pen.
16:53Le plus inquiétant, Éric Zemmour à égalité
16:55avec Jean-Luc Mélenchon.
16:56Bien sûr que de toute façon,
16:58ils ont réussi un petit peu à polisser l'affaire.
17:02Mais il y a plein de gens qui votent
17:03pour le RN pour plein de raisons différentes.
17:06Ils ont réussi à capter un électorat retraité,
17:09un électorat aussi chef d'entreprise,
17:12un électorat aussi jeune,
17:13même si la fille est devant par rapport à ça.
17:16Donc on ne peut plus maintenant essayer
17:19de définir précisément ce qu'est l'électorat
17:21du RN.
17:21Il est quand même très vaste et très étendu.
17:23Et contre cela, là où je suis d'accord,
17:25c'est qu'il faut un projet solide,
17:27un homme, une vision.
17:29Et le problème, notamment de M. Attal,
17:32je n'ai rien contrôlé en particulier,
17:33mais l'histoire du dépassement du clivage,
17:36ça c'est du bloubi-boulga, je vais vous dire.
17:38On a essayé, ça n'a pas marché.
17:40Ça ne veut rien dire.
17:42Redresser la France, la vision de la droite
17:44pour redresser la France,
17:45ce n'est pas la vision de la gauche.
17:46La gauche veut augmenter les impôts,
17:48la droite veut les baisser.
17:50La droite et la gauche, il y a un clivage
17:51et il existe.
17:53Mais bien sûr que si, écoutez M. Glucksmann,
17:55celui dont vous êtes le plus proche,
17:56on va dire, au niveau électoral,
17:58où là il y a le plus de porosité,
18:00vous remarquerez que quand M. Glucksmann
18:01a annoncé sa candidature,
18:03les points qu'il a pris,
18:04il les a pris à Gabriel Attal.
18:05Donc vous voyez,
18:06à force de ne pas vouloir être de droite
18:07ou de gauche,
18:08en fait, on ne comprendra rien.
18:10Aujourd'hui, je crois que les Français
18:11ont besoin de clarté.
18:13La vision de la France de la droite,
18:14ce n'est pas la vision de la France de la gauche
18:16sur l'immigration,
18:17sur l'économie
18:18et sur un tas de sujets.
18:19Et j'ai entendu M. Bayrou tout à l'heure
18:21qui expliquait qu'il voulait,
18:22dans ce cas-là...
18:23Je vais vous lire ce qu'il dit précisément
18:25sur cette volonté de rassemblement.
18:27Si tout le monde y va dans le désordre,
18:29on est fichu,
18:30il faut organiser une compétition loyale
18:32entre tous ceux qui partagent
18:33l'impératif d'écarter les extrêmes.
18:35Lui, il parle d'une primaire XXL
18:38qui irait du PS aux Républicains.
18:40Il parle de Bernard Cazeneuve,
18:42il parle de Jean-Louis Borloo,
18:43il parle d'Elisabeth Borne.
18:45C'est intéressant si cette proposition est retenue,
18:47mais jusque-là,
18:48ça n'envoie pas vraiment le jour.
18:49D'ailleurs, si on regarde un petit peu
18:50les calendriers des uns et des autres,
18:51demain, il y a Édouard Philippe
18:52qui va parler de narcotrafic.
18:53Bruno Retailleau fait sa rentrée
18:54samedi prochain,
18:56pas très loin de Paris.
18:57Et puis, vous avez un meeting
18:58de Gabriel Attal début octobre.
18:59Donc, chacun a son calendrier.
19:01Et à mon avis,
19:01cette proposition
19:02qu'on avait déjà entendue
19:03de François Bayrou,
19:04elle risque très certainement
19:05de faire pchit.
19:06Et surtout,
19:07elle part d'un...
19:08D'un bon sentiment ?
19:10Ça pose quelque chose de négatif.
19:12Puisque, encore une fois,
19:13il s'agit de rassembler des gens
19:14pour faire barrage.
19:16Donc, à partir de là,
19:16comment est-ce qu'on construit un projet ?
19:18Qu'est-ce qu'on propose aux Français ?
19:21Qu'est-ce qu'il peut y avoir commun
19:22entre Fabien Roussel
19:23et David Elinistar
19:24sur un programme présidentiel ?
19:26Vous dites la même chose
19:26quand vous dites
19:27qu'il n'y a plus de clivage
19:27droite-gauche,
19:28on veut le dépassement.
19:29C'est exactement ce qu'il dit lui.
19:30M. Bayrou a été celui
19:31le plus efficace...
19:32Non, je n'ai pas dit qu'il n'y avait plus de clivage.
19:33J'ai dit que nous,
19:33nous n'avons pas envie
19:34de faire renaître ce clivage.
19:36Moi, je pense que, pardon,
19:37et je veux répondre là-dessus,
19:38quand Gabriel Attal dit
19:39qu'on va faire le droit au brut,
19:40c'est-à-dire augmenter tous les salaires
19:42de 10 à 15 %,
19:43ça, c'est de gauche ou de droite ?
19:45Quand Gabriel Attal dit
19:46qu'on va faire sur l'immigration
19:47un principe très clair,
19:48on va favoriser l'immigration du travail
19:50à l'immigration du rassemblement familial,
19:52c'est de gauche ou c'est de droite ?
19:53Donc, pardon de vous dire
19:54que moi, je vous redis
19:55que nous, nous croyons au dépassement,
19:57nous ne sommes pas là
19:57pour faire renaître l'UMP
19:58d'il y a 20 ans.
19:59Avec les gens d'il y a 20 ans...
20:00Et ce sera le mot de là.
20:01Non, non, je ne peux rien dire.
20:02L'UMP d'il y a 20 ans,
20:03donc vous ne voulez pas
20:03de fait 13,
20:04vous ne voulez pas de couper,
20:05vous ne voulez pas de personne,
20:06ni de Bertrand,
20:07ni...
20:07Il est allé parler des culpabilés,
20:08il est allé parler de la gestion de l'eau,
20:10il est allé parler des occupations illégales
20:11de terrain, des agriculteurs,
20:13ça, pardon,
20:13c'est des sujets
20:14qui ne sont ni de gauche ni de droite.
20:15Mon petit doigt me dit
20:16qu'on aura d'autres occasions
20:17d'en parler sur ce plateau.
20:20Vous ne serez pas d'accord ce soir, effectivement.
20:21Merci beaucoup à tous les cinq.
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