00:00On va aller retrouver Sophie Dupont. Bonjour Sophie.
00:04On sait que ce début de campagne est particulièrement compliqué pour le tandem Marine Le Pen-Jordan Bardella.
00:10Est-ce qu'il existe encore ce tandem et est-ce qu'il n'y a pas une volonté en
00:14ce jour de rentrée pour Marine Le Pen de reprendre les rênes de son parti ?
00:21Ce tandem en tout cas il est réuni derrière moi dans ce palais des congrès que vous voyez.
00:25Et où sont actuellement Marine Le Pen, Jordan Bardella et les députés du Rassemblement national ?
00:30C'est Jordan Bardella qui a introduit d'ailleurs ce séminaire qui se déroule à huis clos.
00:34Ensuite la parole a été donnée à Marine Le Pen.
00:37Il n'y a aucune caméra à l'intérieur de la part de journalistes mais le RN qui a fait
00:41fuiter à dessein à l'attention du gouvernement.
00:43Un message de Marine Le Pen directement, la présidente du groupe RN à l'Assemblée, à Sébastien Lecornu sur le
00:49budget.
00:50Marine Le Pen qui propose à Sébastien Lecornu, qui tend la main à Sébastien Lecornu pour aboutir à un budget
00:56tout en fixant sa ligne rouge.
00:58Pas de hausse d'impôt.
00:59Marine Le Pen qui préfère, elle le dit, un budget opérationnel imparfait plutôt qu'une loi spéciale.
01:04Alors c'est un peu technique mais le raisonnement de Marine Le Pen c'est que si elle arrive à
01:07l'Elysée, une loi spéciale, elle ne pourra pas la modifier alors qu'un budget si.
01:11Marine Le Pen qui d'une certaine manière prépare aussi ses électeurs à ne pas censurer éventuellement ce gouvernement de
01:18Sébastien Lecornu dans les prochaines semaines à l'Assemblée.
01:21Elle est arrivée en toute discrétion Marine Le Pen, on n'a aucune image de son arrivée, elle est arrivée
01:25par l'arrière de ce bâtiment.
01:27Elle semble vouloir réserver sa parole demain.
01:29Ça sera sa rentrée politique à Hénin avec un discours demain après-midi où on nous promet qu'elle va
01:34préempter une thématique qu'elle n'a pas encore préemptée juste là,
01:37qui concerne une préoccupation particulière des Français, donc son discours qui va être très attendu sur le fond mais aussi
01:44sur la forme
01:44parce que pour cette rentrée il y aura Jordan Bardella à ses côtés et vous l'avez dit, Julie, ce
01:48tandem parfois il a pu sembler un peu cacophonique ces dernières semaines.
01:52Jordan Bardella affirme de plus en plus sa sensibilité qui peut parfois être différente de celle de Marine Le Pen
01:57sur le sujet des retraites,
01:58sur le sujet de l'interdiction du port du voile notamment dans l'espace public.
02:02Ils seront tous les deux ensemble demain mais elle seule parlera et forcément ce ticket sera très scruté alors que
02:08certains dans le camp de Marine Le Pen
02:09même reconnaissent que Jordan Bardella cherche encore sa place dans cette campagne et qu'il tâtonne pour l'instant.
02:15Merci beaucoup Sophie Dupont avec Zénaba Diallo en direct depuis les rentrées parlementaires du Touquet.
02:21Vous souhaitiez réagir ? Elle tend la main Marine Le Pen à Sébastien Lecornu sur la question du budget ?
02:26C'est drôle parce que Marine Le Pen tend la main à Sébastien Lecornu pour ne pas le censurer et
02:29elle se réunit au Touquet là où Emmanuel Macron vit.
02:31Donc je trouve qu'il y a une belle symbiote de l'extra-droite et pour le moment des Macronistes.
02:35J'espère qu'elle n'ira pas jusqu'au bout mais c'est le baiser de la mort que veut
02:38faire Madame Le Pen au macroniste.
02:39C'est si tu deal avec moi alors ton budget passera mais s'il deal de nouveau ensemble parce qu
02:44'il y a déjà eu comme on a pu entendre Madame Berger
02:46expliquer sur un plateau télé que le grand remplacement était une théorie tout à fait entendable.
02:49C'est très dangereux ça.
02:51Moi ça me fait penser au plutôt Hitler que le Fonds populaire.
02:53Et moi j'appelle les macronistes et les républicains qui sont en tout cas celles et ceux qui se disent
02:56républicains de ne pas dealer avec l'extra-moire.
02:59Oui mais là c'est le fond populaire de ne pas dealer avec le cornu aussi.
03:01Moi je suis pour dealer avec le cornu s'il prend des mesures de justice fiscale.
03:06J'étais très étonné de sa lettre aux entreprises que je salue sur un point.
03:09Il propose la participation des salariés dans le conseil d'administration.
03:12Pardon mais le PS a déjà dit qu'il censurerait le budget.
03:18Moi je pense qu'il faut faire attention à ce qu'on dit.
03:20Ce sont les mots d'Olivier Faure.
03:21Oui ce sont les mots d'Olivier Faure.
03:22Que vous soutenez.
03:22Non mais Olivier Faure il est candidat à l'élection présidentielle.
03:25Non je ne soutiens pas Olivier Faure il est candidat à l'élection.
03:27Moi je soutiens les gens.
03:28Je soutiens les gens qui veulent voir leur vie s'améliorer.
03:30Et si demain les socialistes permettent comme ils l'ont fait avec la suspension de la réforme des retraites d
03:37'améliorer un peu la vie des gens.
03:39Ce sera déjà une victoire et la politique c'est ça.
03:41C'est toujours une contradiction immense avec notre idéal et ce que l'on peut faire.
03:44C'est pour ça que j'admire les politiques.
03:45Parce que parfois ils doivent prendre des décisions difficiles qui vont parfois non pas contre leur camp mais qui ne
03:49sont pas évidentes.
03:49Mais qui permettent d'améliorer la vie des gens.
03:51Si demain le PS est dans cette situation alors il devra le faire.
03:53Ce qu'on comprend de la stratégie de Marine Le Pen c'est qu'elle est arrivée à la conclusion
03:57que censurer le gouvernement,
04:00faire tomber le gouvernement le cornu à ce stade ça n'est pas dans son intérêt.
04:04et que mieux vaut effectivement que le budget passe, qu'on aille de manière à peu près ordonnée à l
04:11'élection présidentielle.
04:13Et à ce moment-là elle l'abordera dans de meilleures conditions sans doute de son point de vue
04:18que si elle était celle par qui le gouvernement est tombé avec toutes les répercussions,
04:22tout le bazar pour parler poliment politique que ça pourrait créer.
04:26Il y a aussi pour Marine Le Pen un enjeu de crédibilité dans cette élection présidentielle
04:31et dans cette aventure qui la conduit vers le deuxième tour.
04:35Il faut qu'elle apparaisse comme une future présidente de la République,
04:38quelqu'un qui agit de manière responsable,
04:40qui ne provoque pas le chaos dans le pays à des fins politiciennes.
04:44Et tout ça évidemment ça rentre en ligne de compte dans son calcul.
04:46On s'aperçoit que Mélenchon a changé de ton.
04:48Marine Le Pen cherche à se respectabiliser.
04:51C'est une espèce de course comme ça.
04:53Plus respectable que moi, tu meurs.
04:55– Mais c'est dur pour Le Pen de se faire respectabiliser
04:57alors qu'elle a été condamnée pour 4 millions d'euros d'argent public détourné,
05:00il faut le rappeler.
05:01– Et pourtant ça prend dans les sondages
05:04et cet aspect-là, l'aspect judiciaire, n'imprime pas du tout.
05:10Mais sur cet aspect-là, la volonté d'apparaître plus responsable,
05:13y compris sur les questions du budget,
05:15alors que même au PS on appelle à censurer.
05:19– Marine Le Pen effectivement essaie d'apparaître plus responsable.
05:22Deuxièmement, ce qui n'est pas si ézé que ça à faire comprendre à ses électeurs,
05:26il y a quand même une grande partie de ses électeurs
05:27qui veulent à tout prix faire tomber le macronisme
05:29et qui donc disent, voilà, il faut faire tomber le budget 49-3.
05:32Donc on vote la censure, il faut que le gouvernement tombe.
05:34Bon, Marine Le Pen essaie d'expliquer, d'une part,
05:37d'abord elle n'a pas pris sa décision.
05:39Je vais voir ce qu'on va négocier en coulisses,
05:41je vais voir quelle est la copie qui sort.
05:43– C'est logique de ne pas donner la carotte sans avoir le bâton à l'avant.
05:47– Évidemment, oui.
05:48– Mais donc elle ne ferme pas la discussion.
05:50Pourquoi ? Aussi, il y a une raison pragmatique.
05:52C'est que si Marine Le Pen arrive à l'Élysée,
05:54mieux vaut que quelqu'un ait nettoyé un petit peu les écuries d'eau,
05:57je l'ai savant.
05:58C'est-à-dire, si la dette s'envole et que le budget n'est pas voté,
06:00que c'est la catastrophe et qu'elle débarque à l'Élysée,
06:02c'est à elle de voter, enfin pas à elle,
06:03mais à son futur premier ministre de voter un prochain budget.
06:07Et la situation est dix fois pire.
06:08Bon, ce n'est pas dans son intérêt du tout.
06:10Quant à Sébastien Lecornu, il faut comprendre qu'une fois que la gauche,
06:13la France en Suisse joue le même jeu depuis un an,
06:15depuis deux ans, depuis trois ans,
06:20la dernière disait, mieux vaut un budget amendé par le Parti Socialiste
06:23que pas de budget du tout.
06:24Et aujourd'hui, le Parti Socialiste dit exactement l'inverse,
06:27c'est-à-dire mieux vaut pas de budget qu'un mauvais budget.
06:30Donc mieux vaut pas de budget du tout.
06:32Une fois que vous avez les trois quarts du nouveau Front Populaire
06:34qui dit, nous on ne votera pas le budget.
06:35Une fois que vous avez le centre qui dit,
06:37nous franchement, Sébastien Lecornu nous a pas très bien traités pendant un an,
06:40je suis pas sûr non plus de voter son budget.
06:42Et que vous avez seulement le Rassemblement National
06:44qui dit, moi je suis prêt à discuter,
06:45évidemment vous tournez vers le Rassemblement National.
06:46– Edwige Diaz est avec nous, députée de Gironde,
06:49vice-présidente du Rassemblement National en direct
06:51depuis les rentrées parlementaires du Touquet.
06:54Bonjour Edwige Diaz.
06:56Sur la question du budget, on vient de l'entendre,
06:59vous êtes prêts à travailler avec Sébastien Lecornu ?
07:04– Alors c'est pas tout à fait ce que Marine Le Pen a indiqué.
07:08Elle a dit qu'elle répondait à sa main tendue,
07:11c'est-à-dire de travailler avec les uns et les autres.
07:14Mais vous nous connaissez, vous connaissez surtout notre cohérence.
07:19Et donc cette année, comme les autres années,
07:22nous allons lui indiquer quelles sont évidemment nos lignes rouges.
07:27Mais vous savez, il les connaît, ce sont les mêmes que l'année dernière.
07:30C'est-à-dire, il ne faut pas aggraver la dégradation du pouvoir d'achat des Français.
07:36Et nous disons aussi à M. Lecornu, pour faire écho à la lettre
07:40qu'il a envoyée au président de groupe cet été.
07:45– Attendez, vous m'avez coupée là, du coup.
07:47– Oui, pardonnez-moi, il y a un écoulage.
07:49– Parce que c'est quand même très important, surtout que c'est une réponse en écho.
07:52Oui, ah oui, pardon.
07:53Sébastien Lecornu a envoyé cet été un courrier au président de groupe
07:58en disant qu'il fallait voter un budget qui n'engage pas l'avenir de la France.
08:02Et c'est précisément ce qu'il a fait, pourtant, depuis ces dernières années.
08:06Vous voyez la programmation pluriannuelle de l'énergie 3.
08:10Eh bien, c'est une réforme, quelque part, qui va engager la France
08:14sur plusieurs dizaines, voire centaines de milliards d'euros pendant des années.
08:20Pourquoi ? Et voire même des décennies.
08:21Pourquoi est-ce que M. Lecornu a fait ça ?
08:23Pourquoi en matière de politique migratoire,
08:25pourquoi continue-t-il à engager la France sur une trajectoire pendant des années ?
08:30Pourquoi, au niveau de l'Union européenne,
08:33eh bien, ces amis de la Commission européenne,
08:35eux, veulent presser l'adoption du prochain cadre pluriannuel financier jusqu'en 2032.
08:42Et donc, en fait, ils veulent voter ça d'ici le mois de décembre,
08:45qu'on laisse les Français décider l'année prochaine, au moment de l'élection présidentielle.
08:50Il va malgré tout falloir faire des sacrifices sur la question du budget.
08:53L'État des finances publiques, j'imagine, ne vous a pas échappé.
08:57Quel sacrifice va-t-il devoir, va-t-il, il va falloir faire accepter aux Français dans ce cadre économique
09:05très compliqué ?
09:08Mais il n'y a pas de question de sacrifice, en fait.
09:11Sacrifice, c'est un terme qui est adapté au paradigme macroniste.
09:16Nous, nous avons toute une série de propositions que nous répétons année après année
09:21qui ne sont pas mises en place et qui ne coûtent trop rien aux Français.
09:24Vous voyez, par exemple, la diminution de ce qu'on donne à l'Union européenne chaque année.
09:30Eh bien, ça n'enlèvera rien aux Français.
09:32La restriction de l'immigration, ça n'enlèvera rien aux Français.
09:36La diminution du millefeuille administratif et, par exemple, des agences de l'État.
09:40Ça non plus, ça n'enlèvera rien aux Français.
09:43Donc pourquoi, en fait, il faut changer de paradigme ?
09:46Les macronistes ont fait la démonstration de leur incapacité à écouter les Français.
09:50Et c'est particulièrement ce qui nous distingue de ces gens qui ont conduit le pays
09:55dans la situation dramatique dans laquelle ils se trouvent aujourd'hui.
09:58Mais vous allez donc travailler avec Sébastien Lecornu pour essayer de trouver un budget.
10:04C'est pas ce qu'on a dit.
10:05Marine Le Pen qui préfère un budget même imparfait avant la présidentielle.
10:08Merci beaucoup, Edwige Diaz.
10:10On va marquer une très courte pause.
10:11On va revenir sur cette autre actualité et les derniers développements
10:14après ce déraillement spectaculaire d'un TER du côté de Rouen.
10:18La piste d'un acte malveillant est désormais privilégié.
10:20On en parle dans un instant avec nos spécialistes.
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