Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 minutes
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On va continuer à parler politique avec nos duellistes du samedi, Yves Tréhard face à Céline Géraud.
00:06Ce soir, bonsoir à tous les deux. Céline Géraud, visage bien connu du public, championne de judo, journaliste et désormais
00:14responsable de la communication de Gabriel Attal,
00:19l'une des porte-parole de sa campagne. Bonsoir Yves Tréhard.
00:23Ma première question quand même, d'abord, qu'est-ce que vous êtes allé faire dans cette galère ?
00:27J'avais envie de tester. Bonsoir Julie, bonsoir Yves.
00:30Bonsoir Céline.
00:31J'avais envie de tester. On m'avait dit que la politique était un sport de combat. C'était ma
00:34famille. Je me suis dit j'ai envie de savoir.
00:37Et je ne suis pas déçue. Et puis ça faisait 30 ans que je commentais l'actualité, que je posais
00:42des questions.
00:42Je me suis dit c'est le moment maintenant de répondre et d'assumer tes réponses.
00:46Alors vous menez une campagne très active, peut-être même la plus active du bloc central.
00:51Il n'y a pas un jour qui passe sans qu'on voit Gabriel Attal dans une foire, un congrès,
00:57un bistrot.
00:58Et pourtant ça ne décolle pas. On va voir les sondages ensemble.
01:02On voit Edouard Philippe à 14,5. Gabriel Attal très loin derrière, moitié moins, un peu plus de 7%.
01:09Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Pourquoi ça ne décolle pas ?
01:12C'est surtout que ça vient de commencer. Vous savez un combat au judo ça dure 4 minutes, 5 minutes,
01:17peut-être 8 avec les arrêts de combat.
01:19Et là on est au début du combat. Donc vous voulez qu'on refasse l'histoire des élections de 1995,
01:242002, 2007.
01:26Vous avez vu ce qui s'est passé. Ceux qui étaient en tête des sondages au début de la campagne
01:29ne sont pas ceux qui ont gagné.
01:31Mais ce n'est pas difficile de se présenter comme le candidat de la rupture quand on a été le
01:36Premier ministre d'Emmanuel Macron ?
01:37Est-ce que ce n'est pas ça aussi qui l'empêche de décoller ?
01:40Je ne pense pas. Au contraire.
01:42Oui, je pense que c'est ça. Il y a quand même... Bon moi je félicite mon ancienne consœur. C
01:47'est comme ça qu'il faut vous appeler.
01:50Non mais il faut s'engager. Moi je trouve ça magnifique qu'il y ait des gens qui s'engagent
01:53dans leur vie.
01:54En plus c'est prendre un risque quand même parce que vous avez un métier, vous avez une réputation, vous
01:59avez un passé, vous avez représenté la France.
02:02Absolument.
02:05Mais non, alors le problème de Gabriel Attal qui est un super communicant, il faut le dire.
02:09Mais peut-être que cette communication, les Français, en ont ras-le-bol.
02:13Je ne suis pas d'accord.
02:14Parce qu'elles se voient beaucoup. Elles se voient peut-être trop.
02:17Néanmoins, je vais vous dire par exemple, ça dépend des clientèles électorales aussi.
02:21Si vous prenez le débat qui a eu lieu au MEDEF face au grand patron, de l'avis quasi général,
02:29que ce soit les observateurs non impliqués ou ceux qui sont vraiment engagés au patronat,
02:36on dit tous que c'était Attal qui avait été le meilleur. Pourquoi ? Parce qu'il a été spontané,
02:41parce qu'il était naturel.
02:43Parce que c'était le seul à répondre aux entrepreneurs.
02:46Très vite, ça revient au galop, parce que c'est un homme de communication, Gabriel Attal.
02:50Et quand on voit son histoire de bistrot, ça fait sourire.
02:54L'opération 1000 bistrots qui a été vue des millions de fois, beaucoup moquée aussi.
02:59Je vous ai ressorti le petit clip. Allez-y, allez-y, allez-y.
03:01Je termine en disant simplement, il souffre, évidemment qu'il souffre, d'être un héritier, même s'il ne le
03:07veut pas.
03:08Et Dieu sait si avec le président de la République, il y a de la friture sur la ligne, mais
03:16aux yeux du public, c'est un héritier, nécessairement.
03:19La campagne 1000 bistrots, j'imagine que vous l'avez mise en place, vous aussi, en tant que porte-parole.
03:26On a ressorti un extrait de cette opération 1000 bistrots, donc regardez.
03:32– S'il vous plaît, je voulais vous parler de notre entrée.
03:34Tout au long du mois de septembre, on organise l'opération 1000 bistrots.
03:38C'est 1000 rassemblements dans des cafés, dans des bistrots, dans nos villes, dans nos villages, dans nos quartiers,
03:43à 5 autour d'une table, ou parfois à 10, parfois à 100, parfois plus.
03:46Avec une idée très simple, prendre le temps de se parler.
03:50– 1000 bistrots, la France Insomésie, c'est une promotion de l'alcoolisme.
03:54L'ancienne sportive approuve cette opération ?
03:57– Complètement. On ne voit que la bière, alors qu'il y a quand même une table.
04:00Et le principe, c'est de se mettre autour de la table.
04:03Et qui n'a jamais bu une petite bière bien fraîche à la sortie du bureau,
04:08me jette la première pierre, nous jette la première pierre.
04:10C'est convivial, alors oui, il y a de l'accordéon, oui, c'est bien léché, etc.
04:14Mais on est proche des gens.
04:15Et je vous rappelle quand même, pour info, que le 22 mai,
04:17quand il a annoncé officiellement qu'il était candidat,
04:20c'était à Mur-de-Barret, un petit village de 700 habitants en Aveyron.
04:24Il n'était pas sur un plateau télévision, dans un studio bien feutré à 20h.
04:27Il a choisi d'être au contact des gens.
04:29Et depuis le début, sa campagne, justement, c'est ça.
04:31C'est du terrain, c'est d'être sur le terrain avec les vrais gens,
04:34pour convaincre et pour rassembler.
04:36Pas convaincu, justement, Yves Tréard ?
04:38Oui, non mais d'être avec les vrais gens, c'est vrai qu'il a l'image d'un homme,
04:43d'un Parisien, d'être sorti de l'école Alsacienne et tout.
04:47Mais on se souvient de lui, Premier ministre, première crise,
04:50il va sur les bottes de foin.
04:53Il est courageux.
04:53Il avait d'ailleurs surpris tout le monde.
04:55Il est courageux.
04:56Vous pouvez lui reprocher ce que vous voulez, mais il est courageux.
04:57Tout ça, ça ne marche plus.
04:58Le problème, si vous voulez...
04:59Pourquoi ça ne marche plus ?
05:00Pourquoi ça ne marche plus ?
05:01Parce qu'on est dans un temps très particulier,
05:04où les Français sont dans un esprit dégagiste,
05:08mais comme vous ne pouvez pas vous imaginer.
05:10Et c'est pour ça que je trouve assez courageux...
05:11Parce qu'on est au bout d'un système.
05:13C'est pour ça que je trouve assez courageux de vous engager,
05:16si vous me permettez l'expression, derrière un cheval,
05:19dont les chances sont quand même assez limitées.
05:22On en reparlera dans quelques mois.
05:24Ceux qui sont dans le bloc central,
05:26que ce soit Rotaillot, que ce soit Attal, que ce soit Philippe,
05:30ils ont des bonnes idées.
05:32Ils ont des idées de campagne.
05:33Ils ont des idées de réforme.
05:34Ils ont des idées pour essayer...
05:36Le seul qui renverse la table, c'est lui.
05:37Le seul qui ressemble vraiment en profondeur, c'est lui.
05:39Vous n'allez pas me dire le contraire, mais ils sont inaudibles.
05:41Ils sont inaudibles parce que les seuls qu'on écoute
05:43qui ont eu un discours hyper radical,
05:47démago au possible...
05:48Mais j'entendais M. Roussel, là.
05:50Qui entend M. Roussel ?
05:51Personne.
05:52Les gens ne veulent pas...
05:53Alors attendez, la réponse de Céline Géraud.
05:53Est-ce qu'il y a des propositions totalement fantaisistes ?
05:55Là, nous, on est sur une réforme totalement profonde, institutionnelle.
06:01Revoir la Constitution de 1958.
06:03Renverser la table, véritablement.
06:05Vous croyez que vous allez faire rêver les gens en révisant la Constitution ?
06:08Non, ça c'est le fond.
06:09Mais vous me dites que c'est que des...
06:12Aujourd'hui, je vais vous dire, les Français ne sont pas complètement dans la campagne.
06:14Quand vous voulez leur poser la question, moi j'étais à Lille le week-end dernier,
06:16je suis allée sur le terrain, lors des mille bistrots, je les ai vus.
06:19La plupart du temps, ils ne connaissent pas les candidats.
06:22Ils se disent, ah ouais, ils ont d'autres problématiques.
06:24Le pouvoir d'achat, vous en parlez beaucoup.
06:25Mais vous dites qu'il est le seul à retourner à table.
06:27Mais alors, quelle est la différence entre un Gabriel Attal et un Édouard Philippe ?
06:30Eh bien, par exemple, ils n'ont pas la même vision.
06:32C'est-à-dire, sur la réforme des retraites, vous l'avez vu,
06:34il propose justement de supprimer l'âge légal de départ à la retraite.
06:37Il veut réformer l'assurance chômage.
06:39Il avait commencé à le faire.
06:40Il veut aller sur les salaires.
06:41Puisque plutôt que d'aller essayer de discuter,
06:44faut-il réduire les taxes sur les carburants ?
06:46Lui, il se dit, augmentons le pouvoir d'achat des Français
06:48et travaillons à la base en rapprochant le salaire net du salaire brut.
06:53C'est-à-dire, droit au brut.
06:54– Mais qui va être contre ça ?
06:56Tout le monde est pour ça.
06:57– Non, mais tout le monde est pour ça, il faut faire un effort.
06:59– Même Mme Le Pen, même M. Mélenchon.
07:01Tout le monde est pour ça.
07:02Le problème, si vous voulez, c'est qu'il y a des musulmans.
07:05– Non, mais c'est le seul à faire vraiment du neuf.
07:06Les autres font du neuf avec de l'ancien.
07:08– Mais vous savez très bien que ce n'est pas vrai.
07:09Ils font tous du neuf avec de l'ancien.
07:13Mais si, les retraites, ça fait combien de temps qu'on en parle ?
07:15Les salaires, le pouvoir d'achat s'éteint.
07:18Ce qu'il faudrait qu'ils nous disent,
07:19regardez, une mesure, s'il était courageux.
07:22« Je supprime l'impôt sur les successions.
07:25Je supprime l'impôt sur la fortune. »
07:29Là, il ferait œuvre d'originalité.
07:31Mais en étant Michel Michou, il est départ.
07:35– Les meilleurs économistes vous le disent,
07:37aujourd'hui, on est sur des propositions court-termises.
07:39C'est-à-dire que Jean Tirole, que j'écoutais encore
07:41chez vos confrères d'RTL, qui disait, en gros,
07:43on déplace les transats alors qu'on est sur le Titanic.
07:46– Mais oui, c'est pour ça.
07:48– Mais son projet de réforme, effectivement, il est sur 10 ans.
07:51C'est-à-dire redevenir la première puissance d'Europe dans 10 ans.
07:54Ce n'est pas en mettant des pansements sur des jambes de bois, là, tout de suite.
07:57Alors là, oui, vous allez régaler, vous allez faire plaisir aux gens tout de suite.
08:01– Si vous supprimez les droits de succession, alors là, vous voyez à long terme.
08:04– Bien sûr, mais le salaire, c'est quand même le cœur du métier, le cœur du problème.
08:08Le salaire médian, aujourd'hui, des 2200 euros, il propose 250 euros en moyenne.
08:13C'est l'équivalent d'un troisième mois pour ces salaires médians,
08:15justement en réduisant les cotisations sociales.
08:18C'est-à-dire que ça n'impacte pas les entreprises, on revoit l'assurance chômage,
08:22on gèle les prestations sociales pendant un an, sauf pour les petites retraites.
08:25– Il faut qu'il aille plus loin que ça ?
08:27Il faut carrément qu'il supprime la mesure écologique sur le prix de l'essence.
08:33Il faut qu'il supprime, effectivement, qu'il augmente le reste à charge sur les médicaments.
08:40Là, ça paraît difficile.
08:44– Il y a d'autres mesures qui seront annoncées dans les semaines qui arrivent, évidemment,
08:47mais ce qui est sûr, c'est qu'il a les moyens de s'annoncer.
08:50– La grande difficulté que vous avez aussi, il ne faut pas le nier, mais ça va se décanter,
08:53c'est que sur ce bloc central, je dirais, il y a trois personnes.
08:58Et encore, moi, j'ajouterais Glucksmann dedans, parce que même s'il est à gauche, je pense que…
09:03– Vous mettez qui ? Gabriel Attal, Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann ?
09:06– Oui, Édouard Philippe, Bruno Rotaillot, et éventuellement aussi Raphaël Glucksmann,
09:10si tant est qu'il reste dans le paysage.
09:13Mais tout ça va se décanter, c'est-à-dire que je pense que, sincèrement,
09:18au début de l'année prochaine, ils ne seront pas autant.
09:21Ils ne seront pas autant, parce que sinon, c'est allé au casse-pipe.
09:23– Pourquoi avoir refusé la proposition d'Édouard Philippe
09:26de commencer à discuter ensemble d'un rassemblement du centre-droit ?
09:31– Parce que la campagne commence.
09:32Enfin, c'est étonnant de vouloir dire, voilà, on se rallie
09:36alors que le combat vient de commencer.
09:38Il faut peut-être laisser aux gens, enfin aux Français,
09:41l'idée de décider, de savoir ce qu'on propose.
09:43– Je pense que c'est un réflexe de peur, c'est-à-dire de ne pas vouloir se rallier.
09:47– De la part d'Édouard Philippe.
09:48– Il y a eu un coup de pression, effectivement, de la part d'Édouard Philippe.
09:50Mais il se parle, je vous rappelle que le comité de liaison,
09:52c'est Gabriel Attal qui l'a mis en place.
09:54– Et il est toujours effectif ?
09:56– Absolument, ils se sont vus ce mercredi.
09:58– Ah oui, il n'y a pas Bruno Retailleau, vous avez raison de le rappeler.
10:01– Mais il ne serait pas opportun, justement, d'orchestrer,
10:04de mettre en scène un rapprochement dès maintenant ?
10:05– Non, parce qu'on est en campagne, on démarre, on présente notre projet.
10:08C'est un peu comme une grande famille, vous avez des cousinades,
10:10on est chacun un peu dans notre couloir de nage, on avance et à un moment donné, voilà.
10:13– Mais il faut que vous saviez plus clair que ça,
10:15parce que vous demandez à n'importe qui dehors, parmi les Français,
10:21ils vous diront quelle est la différence entre Gabriel Attal et Édouard Philippe ?
10:24Quelle est la différence entre Gabriel Attal et Bruno Retailleau ?
10:27Mais ils ne savent pas répondre.
10:28– Mais justement, parce que la campagne débute.
10:30– Mais non, attendez, ils sont en campagne depuis qu'ils ont quitté Matignon,
10:33et l'un et l'autre.
10:34– Gabriel Attal est en campagne depuis trois mois et demi,
10:36et Édouard Philippe, ça fait trois ans.
10:38– À qui vous allez faire croire ça ?
10:39– Donc, quand on commence comme ça, on laisse lui le temps d'installer,
10:42on est sur le terrain, tous les jours, on convainc les Français,
10:44on leur explique, voilà.
10:46– Donc la stratégie, c'est deux campagnes en parallèle,
10:49et potentiellement, au début de l'année prochaine, on se rassemble,
10:52et potentiellement, on accepte de se mettre derrière le candidat
10:54qui est plus rassembleur dans les sondages.
10:56– Gabriel Attal a toujours dit qu'il était ouvert à une primaire,
10:57il discute, évidemment, s'il y a une primaire, évidemment il ira.
11:00– Édouard Philippe est contre.
11:01– Voilà, aujourd'hui, lui est pour.
11:03C'est justement la différence entre les deux,
11:05c'est que Gabriel Attal, il est pour, en général, il est optimiste,
11:08il ne se met pas contre une institution, le Conseil constitutionnel.
11:11Quand le Conseil constitutionnel a retoqué son projet
11:13d'interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans,
11:16est-ce qu'il s'est offusqué ?
11:17Non, il a dit, ok, on va revoir notre copie, le représenter,
11:20et voilà, on ne va pas se mettre en butée.
11:21Je pense que le problème aujourd'hui, c'est que la plupart des candidats,
11:24en tout cas à l'extrême gauche comme à l'extrême droite,
11:26on se cherche des coupables, les riches, les étrangers,
11:29nous on cherche des solutions.
11:30Et les solutions, elles existent.
11:32Et c'est tout l'enjeu, justement, de cette campagne,
11:33et c'est pour ça qu'on y va.
11:34– Et est-ce que s'en prendre à Édouard Philippe,
11:36c'est vraiment la solution, la bonne stratégie ?
11:39Gabriel Attal a profité d'une maladresse d'Édouard Philippe,
11:44hier, sur son souhait d'instaurer une période de transition de 4 mois,
11:47après le scrutin présidentiel.
11:49On écoute Gabriel Attal hier.
11:52– Moi, je considère que la France, elle n'a plus une minute à perdre.
11:55Regardez depuis 2024 l'immobilisme dans lequel on est.
11:58Et pendant ce temps-là, la Chine, les États-Unis, les autres puissances,
12:01ils réforment, ils investissent, ils y vont.
12:04Il faut que ça bouge et il faut que ça bouge tout de suite.
12:06Donc moi, dès la première minute, si les Français me font qu'en France
12:08et que je deviens président de la République,
12:10dès la première minute, évidemment, je serai dans l'action
12:12pour prendre des mesures que j'ai commencé à évoquer sur l'économie,
12:15sur l'école, sur l'agriculture.
12:17On est ici avec des agriculteurs.
12:18Il n'y a pas une minute à perdre.
12:20– Est-ce qu'il ne ferait pas mieux de s'en prendre ?
12:22Parce que là, il est en train de dire, en gros,
12:23Édouard Philippe, il a un poil dans la main.
12:24Moi, je ne perds pas une minute, il y a tellement de choses à faire.
12:26– Il n'a pas dit qu'il avait un poil dans la main.
12:27– C'est un petit peu le sous-entendu.
12:27– Il a dit, c'est deux styles, deux approches,
12:29voilà, deux styles, deux ambiances.
12:30Édouard Philippe, le contexte, quand vous regardez bien l'extrait,
12:33parce qu'il ne l'avait pas vu à ce moment-là,
12:34Gabriel Attal, l'extrait, il a repris d'ailleurs,
12:37lors d'un autre micro-tendu un peu plus tard,
12:39en disant, je n'ai pas vu l'extrait,
12:41mais il semblerait que, sorti du contexte,
12:42il disait, je prendrai ce temps de repos, entre guillemets,
12:45pour discuter avec les partenaires sociaux
12:47et préparer véritablement…
12:48– Gabriel Attal a raison, Édouard Philippe,
12:49alors ça a été gonflé, mais il a fait une maladresse totale.
12:54– Et c'est pour ça que je vous dis que cette campagne,
12:55et c'est pour ça que j'ai accepté aussi ce challenge,
12:57parce que c'est rock'n'roll et qu'il se passe toujours quelque chose,
12:59la preuve, finalement, le candidat qui arrivera au bout,
13:02c'est à la fois le meilleur, celui qui aura le meilleur projet,
13:04mais c'est aussi celui qui ne fera le moins d'erreurs.
13:05– Il y a toujours eu des systèmes, et c'est pour ça
13:09que cette campagne est totalement indécise,
13:11et c'est pour ça qu'aujourd'hui, ce rallier n'a pas…
13:13– Édouard Philippe fait penser à Raymond Barre en 1988,
13:18je suis désolé, mais j'étais déjà de service à l'époque.
13:20– J'étais née déjà aussi.
13:22– Il ne sert à rien de courir, le principal, c'est d'arriver à temps,
13:29et bon, la fontaine, et c'est ce qu'avait dit Raymond Barre à l'époque,
13:33en 1987, je me souviens, pendant la campagne,
13:35juste avant 1988, et Moralité, il est arrivé troisième,
13:39alors qu'il était en tête dans tous les sondages.
13:41– Et Chirac, on s'en souvient aussi, voilà,
13:43c'est lui qui gagne à l'arrivée, avec sa convivialité.
13:46– Édouard Philippe, en disant ça, en disant,
13:48on y va piano, piano, il a tort, parce que c'est une course de vitesse,
13:53il faut imprimer…
13:54– Je dirais que c'est un 3 000 mètre steeple avec la rivière,
13:57avec les obstacles, il y a pas mal de pièges.
13:59– Bien sûr, mais là, c'est du gâteau, si vous permettez l'expression,
14:03pour tous ses adversaires, Édouard Philippe, en disant ça,
14:06il sait très bien que c'est très impopulaire dans la population.
14:08– Vous êtes d'accord que ça va dans le sens de ce que je vous dis ?
14:10Que la campagne est tellement indécise,
14:14il peut se passer tellement de choses,
14:16voilà, que tout est possible, et que Gabriel Attal fait campagne.
14:19– Si Édouard Philippe maintient jusqu'au bout son rejet d'effectuer une primaire,
14:24mais que malgré tout, dans les sondages, il est devant,
14:26est-ce que là, vous pensez que Gabriel Attal acceptera,
14:28se dira, pour ne pas qu'il y ait un duel RN-LFI, il faut que je me retire ?
14:34– Ça, c'est de la politique fiction, j'en ai fait beaucoup,
14:36donc j'ai été à votre place, et cette question, je l'ai posée aussi.
14:38Donc, on verra, ce que je veux dire, c'est que je ne vais pas vous dire aujourd'hui,
14:41alors que le combat, pardon, de faire une référence au judo permanente,
14:43ne vient que de commencer, ce qui va se passer quand on sera à la fin.
14:47Je vais vous dire, j'étais championne du monde à 7 secondes de la fin,
14:51je fais juste une petite référence, et je me venais le combat,
14:53et j'ai eu une petite seconde d'inattention, et l'Anglaise en a profité,
14:56m'a mis au tapis, je n'ai pas été championne du monde, j'ai été 10 championnes du monde.
14:58– 10 championnes, c'est déjà pas mal.
15:00– Oui, mais finalement, on ne retient que la championne du monde, voilà.
15:03– Alors, là où je vous comprends, il ne faut rien lâcher jusqu'à la dernière seconde.
15:05– Je vous comprends, c'est que cet esprit sportif, effectivement,
15:09il doit nous inspirer, c'est très bien, sauf que,
15:12si on regarde bien quand même les sondages,
15:15Édouard Philippe a au moins 5 points d'avance sur Gabriel Attal,
15:20et qu'il a au moins 8 à 9 points d'avance sur Bruno Rotaillot.
15:24Alors, les sondages, ce n'est pas non plus le reflet complet,
15:28et puis ce n'est pas prédictif un sondage, c'est aujourd'hui.
15:31Néanmoins, aujourd'hui, on a tort de dire qu'ils sont dans un mouchoir de poche
15:36les uns et les autres, Édouard Philippe est très largement devant,
15:39je suis désolé, mais c'est vrai que la campagne ne fait que commencer.
15:42– C'est dans 8 mois, il peut faire c'est tellement de choses.
15:44– Mais à mon avis, c'est au mois de janvier, là, il va falloir que les choix soient faits.
15:49– On verra, parce que là, je vous rappelle que cet été,
15:51Gabriel Attal n'a pas pris de vacances, il a tenu le cerceau en feu tout l'été,
15:54il était sur tous les terrains, en contact des Français, il a continué,
15:57il a, comme je vous dis, lancé sa campagne sur le terrain,
15:59dans un village de l'Aveyron, voilà.
16:01Et toute sa campagne sera teintée, justement, par ses actions auprès des Français.
16:04– On reproche tellement souvent aux politiques d'être déconnectés,
16:08d'être dans leur bureau, voilà.
16:09– Je ne connais pas de candidats à la présidentielle,
16:13à part peut-être M. Retailleau, qui se soit reculé,
16:16et qui se soit retiré pendant l'été quand même.
16:18Ils étaient quand même assez présents.
16:19– Oui, non, quand je dis ça, je veux dire, il a fait campagne.
16:21Ce que je veux dire, c'est qu'évidemment, ils étaient aux affaires,
16:23je ne dis pas simplement, lui, il était sur le terrain,
16:25et il était vraiment dans tous les, y compris, vous l'avez vu,
16:27avec les gens du voyage, où c'était quand même assez intense,
16:30il a quand même échangé avec des gens du voyage
16:32qui n'étaient pas très contents de le voir, voilà.
16:33Et s'il y a une valeur qui fait que je me suis engagée à ses côtés,
16:37c'est son ambition, son courage, et il y va vraiment pour gagner.
16:41Ce n'est pas juste pour dire, je rentre dans le combat et on verra.
16:43– La question du pouvoir d'achat, elle est évidemment au cœur de cette campagne.
16:47J'imagine qu'il en entend beaucoup parler lors de ses opérations bistrot.
16:50Vous avez dû entendre aujourd'hui les appels à se rassembler
16:53de la part de Fabien Roussel, il y en a pas mal sur les réseaux sociaux,
16:56on parlait du 17 octobre, il y a maintenant la date du 12 septembre
16:59qui s'ajoute, qui est suivie de très près par les renseignements territoriaux.
17:03Est-ce que vous soutenez ces mouvements ?
17:06– C'est-à-dire que la colère des agriculteurs, je l'ai vue monter quand j'étais en Dordogne,
17:10j'ai vu la colère aussi des gens qui travaillaient dans les mines,
17:13dans les charbonnages de France quand j'étais enfant.
17:14Aujourd'hui, je vois la colère de cette classe moyenne
17:18qui n'en peut plus d'avoir du mal à finir les fins de mois.
17:21Je rappelle quand même que Gabriel Attal, cet été, en avait parlé quand il était en Bretagne,
17:26il avait dit, attention, la colère est en train de monter,
17:28il faut travailler sur le pouvoir d'achat et donc sur le salaire
17:31et pas essayer, par exemple, de réduire la TVA, les charges sur le carburant,
17:38ce n'est pas la solution. Il faut vraiment travailler en profondeur.
17:40Donc oui, cette menace, elle existe.
17:42Oui, effectivement, il faut être au contact.
17:44Il y a une règle, il faut évidemment suivre ça de très près,
17:47mais vous savez, il y a une règle dans l'histoire de France.
17:49Mais vous n'appelez pas, en tout cas, à descendre dans la rue.
17:51On a entendu Fabien Roussel dire, il faut la révolution dans la rue,
17:54avant la révolution dans les urnes, vous n'êtes pas du tout sur cette ligne-là.
18:00On échange avec les Français tous les jours en ce moment,
18:03grâce au Mille Bistro, pardon, on va faire encore la promotion,
18:06et on entend cette colère, après, on n'est pas, voilà, on écoute,
18:09mais c'est vrai qu'il faut être vigilant.
18:11Le problème dans l'histoire, c'est que ce n'est jamais dans les moments les plus graves,
18:16les plus pénibles pour la population, que les manifestations ont lieu
18:20et que les révoltes, les insurrections ont lieu.
18:24Là, aujourd'hui, les gens ont vraiment du mal à boucler.
18:27Ils n'ont pas les moyens d'aller sur les ronds-points,
18:30ils n'ont pas les moyens de ne pas travailler plusieurs jours d'affilée.
18:35Il faut rappeler qu'en 2018, quand il y a eu l'augmentation des carburants,
18:39en 2018, on était à une période de relative croissance en France.
18:44On était dans une période où, économiquement,
18:47ce n'était pas le Pérou, mais ça marchait pas trop mal.
18:50Simplement, c'était cette augmentation du carburant
18:52qui a exaspéré avec certaines maladresses.
18:54On est juste après l'affaire Bardella,
18:56beaucoup de maladresses de la part de l'Élysée,
18:58et donc c'est pour ça qu'il y a eu ces manières.
19:00Mais vous verrez que c'est rarement dans les moments les plus durs
19:04que les gens ont les moyens de manifester.
19:07Merci beaucoup.
19:09Merci Céline Géraud d'être venue nous voir sur BFM TV.
19:13A bientôt.
19:13Merci Yves Tréard.
19:14Tout de suite, c'est Marc Fauvel pour Fauvel Weekend.
19:18Je vous dis bonne soirée et je vous dis à demain.
Commentaires

Recommandations