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  • il y a 6 semaines
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.

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00:00Mais d'abord, l'affaire Emile et cette information BFM TV, les résultats des prélèvements ADN sont tombés
00:05et aucun ne correspond à se retrouver sur l'événement de l'enfant.
00:09Son six prélèvement, on le rappelle, avait été réalisé sur des habitants du hameau,
00:12sur des personnes susceptibles d'avoir été présentes au moment de la disparition du petit garçon.
00:17Mais aucun ADN n'a donc matché.
00:19On va tout de suite aller retrouver au hameau du Haut-Vernay, Alexis Puyette, notre correspondant.
00:23Comment réagissent les habitants, Alexis ?
00:28Écoutez, on a senti un peu de lassitude, ces habitants.
00:31Ils ne sont pas très surpris.
00:32En fait, beaucoup nous ont dit qu'ils n'attendaient pas grand-chose de cette campagne de prélèvement.
00:37On les avait vus au mois de mars, ces habitants.
00:40Ils disaient pourtant que c'était nécessaire, qu'ils allaient se plier à cette campagne de prélèvement.
00:46Mais on a l'impression que l'espoir s'est tari depuis.
00:50La vérité est ailleurs.
00:51Voilà ce que nous a dit tout à l'heure un habitant.
00:54Donc, ces habitants qui, dans l'ensemble, n'ont pas trop envie de parler aux journalistes, il faut bien le
00:59dire.
01:00Alors, cette campagne de prélèvement, elle a été demandée par les deux juges d'instruction aux enquêteurs.
01:06Au total, donc, 106 prélèvements, vous l'avez dit, des habitants ici du Haut-Vernay.
01:11Ils sont quelques dizaines, mais aussi des vacanciers, des gens qui passaient par là.
01:17Et ces prélèvements, ils ont été réalisés à la gendarmerie de Seine-les-Alpes, à quelques kilomètres d'ici, ou
01:23alors au domicile.
01:25Et ils ont été envoyés à un laboratoire bordelais.
01:29Le rapport d'expertise a été rendu.
01:31Et donc, vous l'avez dit, ça n'a pas matché.
01:34Les 106 prélèvements n'ont pas matché.
01:36L'objectif, c'était vraiment de comparer ces prélèvements avec les traces d'ADN qui ont été retrouvées sur les
01:42vêtements du petit Émile.
01:43C'était en mars 2024.
01:44Donc, malheureusement, ça n'a rien donné.
01:47On se souvient que ça avait suscité l'espoir des avocats de la famille du petit Émile pour que l
01:52'enquête avance.
01:53Mais du côté des habitants, il y a un peu de lassitude, comme je vous le disais.
01:58Alors, du coup, il ne va pas y avoir d'investigation complémentaire.
02:01Mais ça ne veut pas du tout dire que l'enquête s'arrête là.
02:04L'enquête, elle continue.
02:05La cellule Émile, comme on l'appelle, elle est toujours active.
02:08Et la piste intrafamiliale reste toujours sur la table.
02:12Eh oui, merci beaucoup, Alexis, avec Victor Labec.
02:15Comment l'interpréter, effectivement ?
02:16L'enquête va-t-elle désormais se concentrer sur les membres de la famille du petit Émile ?
02:21On va en parler avec nos invités.
02:22Jacques Morel, ancien général de gendarmerie, ancien patron de la section de recherche de Versailles.
02:27Merci d'avoir accepté notre invitation.
02:28Vincent Delamorandière, avocat pénaliste au Barreau de Paris.
02:31On est également avec Valentin Doyen, journaliste spécialiste de l'affaire Émile.
02:35Avec Alexandra González, grand reporter du service Police-Justice.
02:38Et on va resituer un petit peu les choses avec vous, Chloé Giraud.
02:41On va revenir avec vous sur les différents points marquants de cette enquête depuis trois ans maintenant.
02:46Tout à fait, puisque tout commence le 8 juillet 2023, date à partir de laquelle le visage de ce petit
02:53garçon, Émile, deux ans et demi, va devenir connu dans toute la France.
02:57Il est alors en vacances chez ses grands-parents dans le hameau du Auvergnet.
03:00On est dans les Alpes de Haute-Provence lorsqu'il disparaît.
03:04De vastes opérations de recherche vont alors être menées à la fois par des gendarmes, mais aussi par des bénévoles,
03:10sans résultat.
03:12Premier rebondissement dans cette affaire, plus de huit mois plus tard, le 30 mars 2024, lorsque des ossements sont découverts
03:20par une randonneuse sur un chemin à environ deux kilomètres du hameau.
03:24Chemin qui avait pourtant été fouillé auparavant.
03:27Des vêtements du petit garçon sont aussi retrouvés portant des traces d'ADN.
03:32ADN qui n'appartient pourtant pas à un membre de la famille d'Émile.
03:36Et pourtant, les enquêteurs n'écartent pas cette piste familiale.
03:39Oui, et pour cause, coup de théâtre à peu près un an plus tard, un peu moins d'un an
03:44plus tard.
03:45Le 25 mars 2025, quatre membres de la famille d'Émile vont être placés en garde à vue.
03:50Il s'agit de ses deux grands-parents, Philippe et Anne Vedovini, mais aussi deux de leurs enfants, un oncle
03:56et une tante du petit garçon, placés en garde à vue pour homicide volontaire et recel de cadavres.
04:02Leurs domiciles sont perquisitionnés, mais ils sont finalement libérés sans poursuite.
04:07Enfin, dernier rebondissement dans cette affaire, on l'évoquait il y a quelques instants, en mars dernier.
04:12Donc, le lancement de cette vaste campagne de prélèvements ADN, 106 prélèvements, qui n'ont donc donné aucun résultat.
04:21Aucun de ces ADN n'a matché avec ceux retrouvés sur les vêtements de l'enfant, trois ans après la
04:26disparition d'Émile.
04:27Le mystère reste donc en 6.
04:28Merci beaucoup, Chloé.
04:30Alexandra González, sur qui ces 106 prélèvements avaient été effectués ?
04:35Sur des personnes qui se trouvaient au Auvergne ou Auvergne au moment de la disparition.
04:41Donc, il y a à la fois des habitants de ces deux hameaux, mais il y a aussi des personnes
04:46qui étaient là de passage, des randonneurs, des touristes,
04:49des proches qui venaient rendre visite à des habitants de ces deux lieux.
04:54Et toutes ces personnes qui donc avaient été recensées par la gendarmerie, par les enquêteurs de la section de recherche
05:00de Marseille,
05:01ont vu leur ADN prélevé, ont vu leur ADN comparé à cet ADN mystère retrouvé sur les vêtements du petit
05:08Émile.
05:09Et le résultat est donc tombé.
05:11Il n'y a aucune correspondance entre l'ADN des personnes qui étaient présentes au moment de la disparition,
05:17et en tout cas recensées par les enquêteurs, et cet ADN retrouvé sur Émile.
05:22Ça veut dire qu'il y a toujours aujourd'hui une personne qui n'a pas été identifiée par les
05:28enquêteurs,
05:28qui n'est pas dans le cercle familial, qui n'est pas dans ces 106 personnes recensées,
05:33et qui à un moment donné a touché ses vêtements d'Émile,
05:38et donc est considéré comme un suspect potentiel à l'origine de sa disparition.
05:44Maître de la Morandière.
05:45Oui, l'ADN c'est une preuve qui fonctionne à retardement.
05:49C'est-à-dire qu'il y a un ADN qui est qualifié d'ADN mystère,
05:52mais il faut qu'il matche avec un autre ADN.
05:54Si la personne dont c'est l'ADN n'a jamais été poursuivie,
05:58s'il n'a jamais été placé en garde à vue, s'il n'a jamais eu de prélèvement,
06:01son ADN n'est pas répertorié.
06:03Mais ça peut intervenir dans un an, dans cinq ans, dans dix ans,
06:07s'il est placé en garde à vue par exemple pour un fait mineur,
06:10un vol de téléphone portable ou n'importe quoi.
06:13Cet ADN peut matcher et là ça peut réouvrir l'enquête.
06:16Il peut y avoir une autre hypothèse,
06:17c'est-à-dire qu'on sait encore que les bases de données d'ADN
06:23ne communiquent pas au niveau européen.
06:25Peut-être qu'il peut y avoir un changement de législation
06:28et on peut ouvrir la communication européenne des bases de données sur les ADN
06:34et là peut-être que ça peut réouvrir l'enquête ou la faire réavancer.
06:38Donc là ça veut quand même dire qu'il y a un ADN qui a été retrouvé
06:43sur les vêtements du petit Émile qui n'est pas identifié
06:47et ce serait lui, ce serait cette personne-là qui serait directement soupçonnée.
06:54On peut le supposer, si vous voulez, il y a toujours dans ce dossier
06:58où on travaille un peu sur l'aspect criminel,
07:00il y a toujours cette puiste accidentelle qui peut ne pas être écartée définitivement.
07:06Donc cet ADN qui est retrouvé quand même tardivement par rapport aux faits
07:12était d'ailleurs un peu dégradée.
07:14Donc c'est important de pouvoir dire maintenant que tous ces gens
07:18qui habitent le Haut-Vernay ou qui fréquentaient le Haut-Vernay,
07:22enfin tous ceux qui ont été recensés,
07:24on peut, comme le dit Mme Brondé,
07:26on peut avoir des gens qui sont sortis du dispositif,
07:29qui étaient là par hasard et qui n'ont pas été répertoriés
07:34parce qu'ils ont quitté la zone.
07:35Encore plus si c'est quelqu'un qui est suspecté,
07:38il n'a eu aucun intérêt à rester dans le secteur.
07:40Et d'ailleurs, pardon, est-ce qu'on sait, Alexandra,
07:43si au moment de ce prélèvement massif,
07:45ils avaient tous accepté, est-ce qu'ils avaient tous joué le jeu ?
07:47Ils avaient le droit de dire non, je n'ai pas envie qu'on prélève mon ADN ?
07:50Alors ça, ce serait une question plutôt pour mon voisin.
07:51Oui, c'est vrai. Légalement, est-ce qu'on a le droit de refuser ?
07:54Le refus de prélèvement, c'est un délit.
07:58Et je crois qu'il y a trois ans ou cinq ans encourus
08:02parce que c'est une forme d'acte d'entrave aux actes d'investigation.
08:06Et en plus, on peut forcer la personne finalement à donner son ADN
08:12parce que non seulement il va être poursuivi pour son refus,
08:15mais en plus, on peut l'obtenir par la force.
08:17Donc, un ADN mystère.
08:20Et je voulais qu'on en parle avec Valentin Doyen.
08:22Vous êtes le journaliste spécialiste de l'affaire Émile.
08:25Vous avez travaillé dessus ces trois dernières années.
08:29Est-ce que la piste familiale pour autant est écartée, Valentin ?
08:34Non, non, non. La piste familiale ne peut pas être écartée
08:37pour la simple et bonne raison qu'une seule personne peut le dire.
08:39Ça, c'est le procureur Jean-Luc Blachon.
08:41Et sa dernière prise de position à ce sujet,
08:44c'était mars 2025 à l'issue des gardes à vue.
08:47Et il a indiqué, le procureur Blachon,
08:49que la piste familiale n'était pas fermée.
08:53Et d'ailleurs, peut-elle l'être fermée ?
08:55En tout cas, les grands-parents que j'ai pu encore rencontrer aujourd'hui,
08:58qui sont toujours présents, eux, au Vernet, où je me trouve en ce moment,
09:01ont décidé d'avoir un jour une explication.
09:06Et je pense que la grand-mère d'Émile, notamment,
09:08aimerait bien en avoir le cœur net et avoir une réponse des juges d'instruction.
09:12Sont-ils considérés aujourd'hui comme des partis civils à part entière,
09:16c'est-à-dire victimes dans cette affaire,
09:18ou sont-ils des partis civils toujours suspectes aux yeux de la justice ?
09:25Et je pense qu'ils ne peuvent pas avoir la réponse.
09:28Ce qui est certain, c'est qu'il y a de nombreuses investigations
09:30qui ont été menées dans la sphère familiale,
09:32et qu'il y en a peut-être toujours pour tenter de faire manifester la vérité.
09:38Le statut de partie civile peut changer, en fait.
09:40Ce n'est pas un statut définitif.
09:42Vous avez quelqu'un qui peut être partie civile,
09:44et puis en fait, le jeu d'instruction peut lui retirer cette qualité-là,
09:47ce statut-là, s'il y a des éléments nouveaux,
09:50ou s'il considère que la constitution de partie civile
09:53ne résulte pas de la volonté de se réparer un préjudice,
09:59mais d'une stratégie judiciaire pour accéder à des informations, et voilà.
10:03– Dans cette affaire, la cellule est mise, il reste active,
10:10et il y a sans cesse, le mystère reste entier,
10:13mais il y a sans cesse des développements.
10:16On sait qu'il y a désormais des courriers anonymes qui sèment le trouble,
10:20des courriers anonymes reçus par la gendarmerie,
10:21reçus par la famille, écrits par un corbeau, c'est ça, Alexandra Gonzales,
10:26qu'on essaye d'identifier.
10:28Que disent ces courriers, et pourquoi troublent-ils les enquêteurs ?
10:32– Alors, d'abord, pour revenir sur ce que vous disiez,
10:34sur le fait que l'enquête soit toujours active,
10:36effectivement, il y a six enquêteurs qui travaillent à temps plein sur ce dossier,
10:41c'est de la section de recherche de Marseille,
10:43et qui, en permanence, font des actes d'investigation
10:47qui ne sont pas forcément médiatisés,
10:49pas forcément connus d'ailleurs même des différents protagonistes du dossier,
10:53des avocats des parties civiles, etc.,
10:55mais qui continuent de tenter de découvrir à qui appartient cet ADN,
11:01ce qu'il s'est passé sur les circonstances du drame,
11:03et ce qui est arrivé à Émile, au petit Émile, ce jour-là.
11:07Donc, pour l'instant, ce n'est pas du tout une enquête cold case,
11:11si je puis dire, où il ne se passe rien,
11:12et où les enquêteurs ne savent plus quoi faire.
11:15Il y a encore des actes d'enquête qui sont vés sur les courriers anonymes
11:18qui sont reçus, et effectivement, ce sont des courriers particuliers
11:21reçus par les enquêteurs.
11:22Ils essayent pour l'instant d'identifier la provenance sur le contenu,
11:27comprendre pourquoi ces courriers sont envoyés,
11:29parce qu'en réalité, rien ne peut être laissé au hasard par les enquêteurs.
11:35Ils ne peuvent pas négliger la moindre piste,
11:37le moindre coup de fil anonyme, le moindre courrier anonyme,
11:40même si, pour la plupart de temps, il s'agit de canulars
11:44ou de gens qui jouent un peu avec les nerfs des personnes qui sont dans ce dossier.
11:48Mais tout doit être pris au sérieux,
11:50et on nous assure que tout est pris au sérieux.
11:52C'est ce qui doit être très compliqué pour les gendarmes
11:56qui reçoivent ces courriers, c'est de faire le tri,
11:59et de garder en tête que potentiellement,
12:02il faut les prendre au sérieux,
12:03puisque potentiellement, il y a un témoignage
12:05qui peut faire basculer cette enquête,
12:07qui est quasi au point mort en l'état trois ans plus tard.
12:11Parfaitement, tout est travaillé, analysé, recoupé,
12:16savoir si c'est les mêmes personnes qui écrivent,
12:19savoir si cette famille, elle avait des ennemis,
12:23des différents, avec des gens du Haut-Vernay,
12:27ou d'ailleurs, qui auraient un intérêt à venir perturber l'enquête,
12:33mettre de l'huile sur le feu, tracasser ces gens-là.
12:37Donc, tout ça est fait très sérieusement,
12:39c'est confié à l'analyse criminelle,
12:41et c'est confié à des gens qui étudient l'écriture de façon scientifique,
12:47pour savoir si c'est effectivement la même personne qui écrit,
12:50ou si c'est une foultitude.
12:54Toutes les affaires, un peu comme ça,
12:56à retentissement,
12:58suscitent des courriers.
13:01Il y a eu les courriers dans une affaire ancienne,
13:04l'affaire Grégory,
13:05où il y avait un corbeau qui s'est manifesté à plusieurs occasions,
13:09mais à chaque fois que la presse parle d'une affaire comme ça,
13:16à rebondissement,
13:18ça suscite chez des gens qui peuvent être un peu dérangés,
13:21l'envie de s'impliquer, de s'en mêler.
13:24Il y en a qui voient, vous savez,
13:27genre cartes manciennes,
13:28ou qui voient des choses,
13:31et ils essayent d'envoyer ça dans un service d'enquête.
13:34Alors, ça vient noyer les enquêtes,
13:37donc il y a des gens qui sont chargés uniquement
13:39de faire le tri de l'exploitation des courriers.
13:42Je précise qu'on n'a jamais publiquement su le contenu de ces courriers.
13:46On ne sait pas ce qu'il y a précisément dedans,
13:48mais en tous les cas,
13:50chaque courrier,
13:51mais comme vous dites,
13:52parfois ça vient noyer les enquêtes,
13:53chaque courrier est ouvert et traité par les enquêteurs,
13:57malgré la masse de travail qu'ils ont à côté.
13:59Et en tout cas,
14:00ces prélèvements ADN n'auront donc pas permis
14:01de retrouver le corbeau,
14:03si on en croit les dernières informations.
14:05Merci beaucoup à tous les trois.

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