- il y a 6 semaines
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?
Catégorie
📺
TVTranscription
00:02BFM Business avec la Tribune et R&Cosmos présente
00:08R&Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:13Bonjour et bienvenue dans R&Défense.
00:15Cette semaine, l'Europe et la France veulent montrer leurs muscles dans le spatial.
00:20Parce que oui, dans quelques jours, c'est le fameux grand sommet spatial qui doit se dérouler à Paris, les
00:249 et 10 septembre.
00:25120 pays sont représentés, mais seront-ils tous là ?
00:28Parce que oui, le président américain, Donald Trump, a fait pression sur ces industriels pour qu'ils ne viennent pas.
00:33Ce sera quand même aussi l'occasion d'évoquer d'autres sujets.
00:37La défense dans le spatial, un bouclier spatial européen, la régulation, la souveraineté.
00:42Notre invité, c'est Philippe Baptiste, le ministre de la Recherche, de l'Enseignement supérieur et bien sûr du spatial.
00:47Spatial toujours dans le décryptage avec Léo Barnier de la rédaction d'Air et Cosmos.
00:52Puisqu'avant de vouloir réguler le spatial mondial, il faut peut-être s'accorder entre Européens.
00:56On verra ça avec lui. Il nous rejoindra tout à l'heure.
00:58Enfin, dans Signeaux faibles, vous saurez tout sur le frein-filet nouvelle génération.
01:03Mais de quoi il parle là ?
01:05Le frein-filet, vous allez voir, c'est une PME française qui a notamment mis des systèmes qui permettent d
01:09'empêcher les vis de se desserrer.
01:11C'est des technologies qui équipent les moteurs d'avion du monde entier.
01:15On écoutera un extrait de l'interview de Damien Marc, le patron de JPB Systèmes.
01:19Ce sera à la fin de l'émission.
01:26Philippe Baptiste, bonjour.
01:27Bonjour.
01:28Vous êtes le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et du Spatial.
01:31Et c'est à ce titre qu'on vous reçoit cette semaine dans Air et Défense.
01:34Merci beaucoup d'être avec nous.
01:35À mes côtés, comme chaque semaine, Michel Cabirol, rédacteur en chef du pôle aérospatial, défense, transport à la Tribune.
01:41Bonjour Michel.
01:42Bonjour Jean-Baptiste.
01:43Philippe Baptiste, on vous reçoit parce que dans quelques jours, la semaine prochaine, mercredi et jeudi prochains,
01:48la France et l'Europe vont montrer leurs muscles puisque c'est ce grand sommet spatial sous le haut patronage
01:55du chef de l'État,
01:56notamment, où on attend 120 représentants des États qui vont donc se réunir au Grand Palais pour parler des grandes
02:03questions spatiales,
02:04régulation, science, etc.
02:05On va en parler.
02:07Juste un mot quand même.
02:08Jeudi, on attend 120 représentants.
02:10On a une petite polémique ces dernières heures avec quelques articles qui nous expliquent que Donald Trump aurait fait pression
02:17sur quelques industriels américains
02:19pour qu'ils ne viennent pas à ce sommet spatial.
02:21Est-ce que c'est le cas ou pas du tout ?
02:23Alors, j'ai évidemment lu ces articles avec un peu de surprise.
02:29Évidemment, je ne peux pas vous confirmer la véracité de ces faits ou pas.
02:35Ce qui est sûr et ce que j'ai immédiatement dit, c'est que nos partenaires américains,
02:41que ce soit l'administration américaine, que ce soit les agences spatiales, la NASA, la NOAA,
02:49que ce soit évidemment les scientifiques et les industriels, sont tous les bienvenus.
02:54Et d'ailleurs, les industriels, les scientifiques seront là, ils seront là massivement.
02:59Il y aura tous les gros industriels américains qui seront là, certains d'entre eux très très bien représentés.
03:06Et je suis assez confiant sur le fait que, vous savez, l'un des volets de ce sommet spatial,
03:11et ce n'est pas le seul, c'est aussi le fait que le spatial, c'est aussi aujourd'hui
03:14un business qui est extrêmement important
03:15et où il y a énormément de questions de contrats, etc.
03:18Alors justement, Philippe Baptiste, il y aura plein d'annonces, compris avec les entreprises américaines, évidemment.
03:22Un sommet spatial, pour quoi faire ?
03:24Alors, en fait, c'est pour regarder de manière un peu holistique, en regardant vraiment tous les aspects du spatial.
03:31Et le spatial, aujourd'hui, il est présent dans nos vies.
03:34Je pense que les téléspectateurs doivent le savoir.
03:37C'est vraiment aujourd'hui, quand vous écoutez votre radio,
03:41quand vous regardez votre système de navigation sur votre voiture,
03:48à tout moment, le spatial est présent.
03:51C'est vrai aussi pour les prévisions météo, c'est vrai aussi, évidemment, je ne parle même pas aussi des
03:56systèmes d'alerte en cas d'événements climatiques majeurs, etc.
04:00Enfin, le spatial est vraiment partout, il est au cœur de nos vies.
04:02Et derrière, ça veut dire aussi qu'il y a un impact sur des sujets économiques extrêmement forts.
04:08Donc le sommet, il va vraiment regarder toutes ces questions-là, des questions économiques, des questions scientifiques,
04:13des questions aussi de défense, parce qu'évidemment, le spatial de défense, c'est vraiment un enjeu absolument majeur.
04:20Et puis, on va aussi beaucoup regarder la manière dont le spatial, aussi, en Europe, se vit, se construit.
04:27Et avec des questions, il y aura une espèce de European chapter,
04:31c'est-à-dire de moments qui sera vraiment pour les Européens spécifiquement pendant ce sommet,
04:37où on va parler de nos grands programmes, de nos grands projets, que ce soit Iris Square,
04:42le grand programme de télécommunications en orbite basse sécurisé pour l'Europe,
04:48et beaucoup pour l'Europe de la sécurité et de la défense aussi,
04:51mais aussi sur des questions comme l'exploration.
04:54Donc vraiment, on va regarder tous les sujets, et il y aura tous les grands acteurs du spatial autour de
04:58la table, là,
04:59parce que c'est aussi un sommet, enfin vraiment multilatéral,
05:03parce que le spatial, aujourd'hui, ce n'est pas un seul acteur, ce n'est pas un seul acteur.
05:09Évidemment, on entend parler de M. Musk tous les jours,
05:11et il fait des choses qui sont absolument extraordinaires, avec des capitaux colossaux, etc.
05:15Mais vous savez, les puissances qu'il lance aujourd'hui dans l'espace,
05:19des satellites, qui utilisent des lanceurs, etc., il y en a beaucoup.
05:23La Chine est un acteur majeur, l'Europe est un acteur important,
05:26il y a d'autres acteurs émergents aujourd'hui, et on a besoin de se parler,
05:29c'est un enjeu essentiel, on a besoin de se parler,
05:32simplement pour se mettre d'accord sur des règles, sur des règles simples.
05:35Comment est-ce qu'on fait pour gérer les problèmes de collision en orbite ?
05:39Comment est-ce qu'on fait pour gérer les fréquences de régulation ?
05:42Alors, justement, vous avez commencé à l'évoquer,
05:45vous avez dit qu'il y aura peut-être et certainement,
05:49ou certainement d'ailleurs, des contrats qui vont être annoncés,
05:52des projets en coopération qui vont être annoncés.
05:54Est-ce que, sans dévoiler évidemment les annonces,
05:56est-ce qu'on peut s'attendre à une flopée de signatures de contrats ?
06:03Oui, mais bien sûr, mais je ne peux pas.
06:05Le temps des annonces sera le temps du sommet, évidemment.
06:08Mais oui, je suis très content.
06:10Et donc, avec l'ensemble des acteurs, l'ensemble des pays ?
06:13Oui, il y aura énormément de très belles annonces, bien sûr,
06:17et donc je suis vraiment confiant,
06:19ce sera un moment de business qui sera vraiment réussi.
06:21D'accord, alors il y a un sujet qui agace terriblement les États-Unis,
06:25c'est la régulation, et notamment la régulation au niveau international du trafic spatial.
06:32Qu'est-ce que vous dites aux Américains, justement,
06:35pour que cette régulation qui est nécessaire pour éviter effectivement le fameux effet Kessler,
06:41qu'est-ce que vous dites aux Américains pour qu'ils viennent à la table des négociations ?
06:45Mais je crois que vous avez, dans votre question, vous avez tout dit.
06:48Ça veut dire que ce n'est pas simplement cette idée de dire qu'on a un sujet de régulation
06:55du trafic.
06:56Ce n'est pas simplement la passion européenne ou la perversion européenne de la régulation.
07:02Ce n'est pas ça.
07:03C'est simplement un phénomène qui est physique.
07:06C'est-à-dire que simplement, on a aujourd'hui, en orbite basse en particulier,
07:10énormément d'objets qui circulent au-dessus de nos têtes.
07:12Si vous ne mettez pas en place un certain nombre de règles qui permettent justement de réguler le trafic,
07:18eh bien derrière, on va avoir, on multiplie les difficultés qui augmentent de manière extrêmement forte aujourd'hui.
07:27Donc on a besoin de se mettre d'accord.
07:28Et on a besoin de se mettre d'accord avec tous les acteurs.
07:30Et pour dire les choses très clairement, ça veut dire qu'on a besoin de mettre autour de la table
07:34à la fois nos amis américains, mais aussi nos partenaires chinois.
07:38Et c'est vrai que la France a une place toute particulière,
07:40puisque je pense qu'on est le seul pays au monde aujourd'hui,
07:43on a travaillé avec toutes les puissances spatiales.
07:45Notre agence spatiale, le CNES, a travaillé évidemment avec tous les partenaires européens,
07:49mais elle a travaillé aussi avec nos partenaires américains,
07:52avec nos partenaires indiens, nos partenaires japonais, nos partenaires chinois, etc.
07:55Et donc c'est vrai que je pense qu'on a un rôle ici où on peut justement penser cette...
08:00Enfin mettre tout le monde sur la table, ça fait partie des éléments du sommet.
08:03D'accord, mais justement, les États-Unis, comme la Chine d'ailleurs,
08:06envoient beaucoup de satellites dans l'espace.
08:09Et il n'y avait pas de régulation jusqu'ici,
08:11donc ils ne vont pas laisser leur place aux autres.
08:13C'est un premier point.
08:15Et deuxième point, l'espace, c'est quand même très...
08:19Il y a beaucoup de militaires, il y a beaucoup de défense dans l'espace.
08:23Et donc, qui dit militaire, dit on ne va pas se conformer à certaines règles.
08:30Tout ce que vous dites est vrai, mais les choses changent.
08:35En fait, si vous regardez aujourd'hui le nombre de satellites, la croissance du nombre de satellites,
08:40et donc la croissance du nombre de conflits possibles, d'interactions possibles entre des satellites
08:46ou entre des morceaux qui sont inertes et puis des satellites, elle devient très forte.
08:50Et ça va devenir ingérable à un moment ou à un autre.
08:53Donc on a besoin de se mettre d'accord.
08:55Et ce n'est pas une question...
08:56J'ai envie de dire que c'est...
08:57Aborder ça comme une question de confrontation en termes de puissance des uns et des autres
09:04me semble assez absurde.
09:05On a réussi à se mettre d'accord sur des règles pour le trafic aérien
09:10qui, sauf erreur de ma part, sont partagées par tous les pays du monde.
09:13Ça ne veut pas dire pour autant qu'en faisant ça,
09:15on a renoncé à une souveraineté de X et de Y et de Z.
09:18Il faut être capable de faire la même chose pour le trafic spatial.
09:22Est-ce que malgré tout, on ne va pas se mettre de nouveau dans notre sac à dos
09:26des briques qui vont nous alourdir ?
09:28L'Europe veut réguler pour l'intelligence artificielle, par exemple.
09:31On voit tous les problèmes que ça peut poser, justement,
09:34même si on comprend le noble but de la régulation.
09:36Et il est évident quand on voit ce qui se passe au-dessus de nos têtes, effectivement.
09:39Mais en termes de distorsion de concurrence, ça ne va pas poser un problème
09:41face aux États-Unis, face à la Chine ?
09:43Non, parce que, encore une fois, je pense que, là, pour le coup,
09:46l'approche est vraiment très pragmatique.
09:48C'est-à-dire que ce n'est pas une régulation
09:52qui permettrait de se conformer à je ne sais quelle éthique, etc.
09:56C'est simplement, on a un problème qui est un problème physique.
10:00Si elle ne touche que certains industriels européens
10:02et pas des industriels américains ou chinois.
10:04Mais de toute façon, ça n'a pas de sens.
10:04Il faut que tout le monde se mette d'accord.
10:06Donc, il faut que tout le monde se mette d'accord.
10:07Bon, voilà.
10:08Puis après, c'est vrai qu'il y a d'autres petites tensions aussi
10:10sur la question de la régulation des fréquences,
10:12sur des choses comme ça.
10:13Bien sûr, évidemment.
10:14Mais donc, il faut qu'on soit capable d'en parler.
10:16Ça fait partie des objets du sommet.
10:17Et je pense qu'on va arriver, en tout cas,
10:19on a beaucoup de nos partenaires aujourd'hui
10:20où on a des divisions très alignées.
10:22Je suis convaincu sur le fait qu'on aura des déclarations
10:24qui seront massivement suivies.
10:26Justement, sur la guerre des fréquences spatiales,
10:29il y a deux sujets.
10:30Il y a le sujet entre les États.
10:31Il y a le sujet entre les États et les grands acteurs privés
10:35qui squattent un peu l'orbite Léo.
10:40Donc, est-ce que les grands acteurs qui sont concernés,
10:44et évidemment, on parle de SpaceX,
10:48seront là justement pour discuter de cette problématique ?
10:53De toute façon, des discussions, oui, il y en a aujourd'hui.
10:55Il y a des discussions qui sont des discussions nombreuses,
10:58y compris avec SpaceX et la Commission
11:00et les acteurs nationaux aussi aujourd'hui.
11:04Ce qui est sûr, c'est que le spatial et les fréquences,
11:07ce n'est pas le Far West, d'accord ?
11:09Ce n'est pas le premier qui s'installe,
11:10qui utilise et qui fait ce qu'il veut.
11:12Je veux dire, ce n'est pas comme ça que ça doit marcher.
11:14Et donc, évidemment, on a aussi des acteurs européens.
11:17On a un programme qui s'appelle Iris Square en particulier.
11:19On a E-Telsat, qui est un acteur qui est important aussi
11:22pour la souveraineté européenne.
11:25Et donc, il n'est évidemment pas question derrière
11:27d'abandonner pour nous, Européens,
11:30cette question des fréquences,
11:31simplement au bon vouloir d'une personne dans le monde.
11:33Donc, évidemment, ce n'est pas comme ça que ça doit se passer.
11:35Et donc, il faut qu'on se mette d'accord.
11:37Et on va y arriver.
11:38Vous prononcez Iris Square.
11:40Parlons-en justement.
11:41Où est-ce qu'on en est de ce programme ?
11:42Il y a eu pas mal d'avancées, je crois, cet été.
11:44Je crois même que, d'une certaine manière,
11:46on a réussi à appâter les Allemands dans le programme
11:49en promettant à OHB un beau contrat.
11:51Où est-ce qu'on en est de manière très concrète aujourd'hui ?
11:53Moi, je constate qu'il y avait beaucoup d'oiseaux de Meuzogur
11:58qui nous expliquaient qu'Ariane 6 ne volerait jamais.
12:00Puis après, on a entendu qu'Iris Square ne se ferait jamais.
12:03Moi, je suis content de voir qu'effectivement,
12:06à la fois, Ariane 6 vole et vole très, très bien.
12:09Je me rappelle que tous les vols ont été des succès absolument incroyables.
12:14et je touche du bois pour que ça continue.
12:16Mais que le programme Iris Square,
12:18c'est vrai que ça a été très challengé,
12:19c'est vrai que c'est très discuté, etc.
12:21Mais la première phase a été lancée aujourd'hui.
12:24Et on n'est pas au bout, évidemment.
12:27Il faudra continuer.
12:28Il y a encore des discussions techniques.
12:29Il faut aussi qu'on discute peut-être encore avec nos partenaires,
12:32que les industriels discutent entre eux
12:33pour que la charge de travail se répartisse bien en Europe.
12:37D'accord ?
12:37Ça, c'est important.
12:38Et je pense en particulier à nos partenaires italiens
12:40qui doivent jouer un rôle important,
12:42je pense, dans Iris Square aussi.
12:45Donc voilà, il faut vraiment qu'on arrive à travailler là-dessus.
12:47Mais je suis quand même confiant.
12:48Le programme est lancé.
12:49Je voudrais quand même rappeler et souligner encore une fois
12:52que c'était quand même...
12:54Initialement, ce programme était quand même une vision
12:55portée par Thierry Breton,
12:57qui l'a portée avec beaucoup de vigueur,
12:59qui a été beaucoup critiquée sur ce sujet-là.
13:02Mais programme qui a été repris après par la nouvelle équipe,
13:05par le commissaire Kubinus,
13:06qui lui aussi l'a portée avec énergie.
13:10Et donc, je suis très heureux de voir
13:12qu'aujourd'hui, ce programme, oui, il est lancé.
13:14La répartition de la charge de travail,
13:16ça reste encore une difficulté ?
13:18On pense au SCAF, par exemple.
13:19Mais bien sûr.
13:20Je veux dire, c'est tout le charme
13:24des grands programmes industriels européens
13:28où à la fois, je pense qu'il y a une conscience politique
13:30qui est de plus en plus forte aujourd'hui
13:32sur qu'il faut qu'on soit capable d'être autonome,
13:35qu'il faut qu'on soit capable de mieux travailler entre nous.
13:37Et puis après, il y a la réalisation concrète
13:39où, évidemment, chacun veut être sûr
13:41qu'on va récupérer, que chaque boulon sera fait,
13:45si possible, dans sa circonscription électorale.
13:49Donc, évidemment, c'est toujours compliqué.
13:51Ça peut mener parfois à des difficultés,
13:54des difficultés majeures.
13:56Je pense qu'il faut qu'on soit capable
13:57de trouver des systèmes
13:59qui donnent beaucoup d'autonomie aux industriels
14:02et ne pas ramener ça en permanence
14:04à des débats ou des débats politiques entre États.
14:07Parce que ça, je pense que c'est délétère.
14:09Ça, je l'ai vraiment vécu
14:11quand je dirigeais l'Agence spatiale française.
14:13Je l'ai vraiment vu.
14:14Il faut qu'on soit capable
14:15de donner la main aux industriels.
14:17Et je pense que sur Erie Square,
14:18c'est bien ça qui est fait, justement, aujourd'hui.
14:20Et je suis persuadé qu'en fait,
14:21de manière très pragmatique,
14:23les industriels, ils vont trouver des solutions.
14:24Est-ce que l'organisation de ce sommet spatial
14:29organisé par la France
14:30dort un peu l'idée d'un déclassement de la France
14:33dans le spatial ?
14:34Est-ce que c'est le cas ?
14:36Et est-ce que vous avez trouvé la France
14:40à laisser la place à l'Allemagne
14:43pour cette coprésidence et cette co-organisation ?
14:45Oui, c'est vrai que c'est un sommet
14:48qui a été initié par le président de la République,
14:51mais vraiment une coprésidence
14:53avec nos partenaires allemands.
14:55Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas
14:56notre lot de difficultés.
14:57On le sait tous.
14:58Il y a des programmes qui sont difficiles
15:00avec nos partenaires allemands, etc.
15:02Mais on sait aussi profondément,
15:04je crois vraiment que c'est partagé,
15:06que la solution, elle est entre la France,
15:09l'Allemagne, l'Italie, évidemment,
15:12mais aussi avec l'Espagne,
15:13aussi avec la Grande-Bretagne, etc.
15:14Mais je pense que vraiment,
15:16les trois pays en sont vraiment aujourd'hui
15:18profondément conscients.
15:20Donc voilà, moi je suis plutôt optimiste
15:22sur cette dynamique aujourd'hui
15:24et l'organisation se passe bien.
15:25Nos amis allemands sont massivement présents.
15:27Il y aura au moins deux ministres importants
15:30qui seront là,
15:31énormément de tables rondes
15:32où on aura des partenaires allemands
15:34qui seront là,
15:35des industriels allemands évidemment aussi
15:37et puis quelques belles annonces aussi
15:38de programmes franco-allemands
15:41qui seront annoncés.
15:42Michel évoquait tout à l'heure la défense.
15:44Il y a un volet de défense important.
15:46La commissaire européenne,
15:47von der Leyen, doit d'ailleurs sans doute
15:48annoncer un European Shield of Space,
15:51un bouclier spatial européen.
15:53Ça nous amène vers où ce type de projet ?
15:55Ça montre deux choses.
15:57Ça montre que, oui,
15:59le spatial, c'est aujourd'hui un enjeu majeur
16:01pour notre défense et notre sécurité.
16:03C'est-à-dire qu'on en a besoin
16:05à la fois pour comprendre
16:06ce qui est en train de se passer
16:08à nos frontières
16:09ou dans des pays
16:10qui ne sont pas des pays
16:11et des pays qui sont des pays amicaux.
16:12On en a besoin pour communiquer
16:14de manière sécurisée
16:18entre les différents alliés
16:19et puis on en a besoin aussi
16:22évidemment pour s'assurer
16:23que nos assets spatiaux
16:25sont en sécurité.
16:26Donc c'est-à-dire quelque part,
16:27il y a aussi une dimension
16:28aujourd'hui de défense
16:30et de sécurité,
16:30de guerre dans l'espace malheureusement
16:32dont il faut se protéger.
16:33Donc ces enjeux,
16:34ils sont majeurs.
16:35Ils sont aujourd'hui, je crois,
16:36vraiment portés par la Commission européenne.
16:40Effectivement,
16:40la présidente Ursula von der Leyen
16:42sera là au sommet spatial
16:44et je pense qu'effectivement,
16:46on l'attend sur un certain nombre
16:47de grands sujets
16:48qui seront présentés lors du sommet.
16:50Donc je crois qu'il y a un réveil de l'Europe,
16:52qu'il y a un réveil qui est fort aujourd'hui.
16:54Et puis,
16:55et je voudrais dire,
16:56dans l'Europe du spatial aujourd'hui,
16:59on peut toujours critiquer,
17:00et c'est vrai que l'Europe
17:02n'investit pas assez dans le spatial
17:05si on compare à ce qui se passe
17:06aux Etats-Unis et en Chine.
17:08Je veux dire,
17:09j'ai toujours dit,
17:10et ce n'est pas demain,
17:12je ne vais pas changer d'avis aujourd'hui,
17:13donc je plaide en permanence pour ça.
17:16Je pense qu'il faut qu'on augmente
17:17nos investissements
17:18parce que c'est crucial pour notre défense,
17:20pour la science,
17:21pour la sécurité,
17:22et puis c'est des marchés
17:24qui sont en croissance.
17:24Donc il n'y a pas à réfléchir,
17:26il faut qu'on investisse massivement.
17:28Mais je crois que
17:30cette perception aujourd'hui,
17:32elle est partagée
17:33par la plupart des pays européens.
17:35Et là aussi,
17:36on est bientôt
17:37pas très loin des annonces
17:39pour les prochains budgets européens.
17:41Je suis convaincu
17:43que le spatial aura une place
17:44qui sera beaucoup,
17:45beaucoup plus importante
17:46que celle qu'il avait précédemment.
17:47Donc voilà,
17:48je pense qu'on est à des moments,
17:50ce moment,
17:50c'est un moment politique aussi
17:51pour l'Europe,
17:52qui démontre en organisant
17:54à Paris
17:54ce sommet spatial international,
17:56que c'est un acteur
17:57qui est impliqué,
17:59qui est fort,
17:59qui est motivé.
18:00La France est quand même
18:01la locomotive spatiale de l'Europe,
18:03on peut en dire ce qu'on veut,
18:04mais si vous regardez
18:05l'empreinte industrielle,
18:06si vous regardez
18:07les budgets consolidés,
18:08etc.,
18:08la France reste un acteur
18:09absolument majeur aujourd'hui,
18:11enfin plus que l'acteur majeur
18:12en Europe aujourd'hui.
18:14Et donc,
18:14on y croit
18:15et on continue.
18:16Justement,
18:16sur la hausse des crédits
18:18pour le spatial,
18:19il y a un signe très positif,
18:21c'est dans le cadre financier,
18:23le prochain cadre financier
18:24de l'Union européenne,
18:262028-2034,
18:28on parle de 60 milliards d'euros
18:30sur la période
18:31versus 17 milliards,
18:33ce qui est considérable.
18:35Pour vous,
18:3660 milliards,
18:37c'est le bon niveau
18:37ou il faut aller un peu plus loin ?
18:39Si vous regardez aujourd'hui
18:42les investissements américains
18:45dans le spatial,
18:48défense,
18:49science,
18:51lanceurs,
18:52tout compris,
18:52etc.,
18:53investissements publics,
18:54qu'on ne doit pas être loin
18:55de 70 milliards,
18:5770 ou 80 milliards de dollars
18:59par an.
19:00Par an.
19:01Par an.
19:02Donc,
19:03si on compare aujourd'hui,
19:05aujourd'hui,
19:06l'Europe,
19:07l'Europe est à peu près
19:09à 6 ou 7 fois moins.
19:11Donc,
19:11c'est à peu près ça
19:11les ordres de grandeur.
19:13Donc,
19:13il faut essayer de...
19:14Je ne suis pas en train de dire
19:15qu'il faut copier les États-Unis.
19:18Je crois que ce n'est pas ça,
19:19le sujet,
19:20mais je pense que ça donne
19:21quand même des ordres de grandeur
19:22sur les investissements
19:23qu'on doit faire.
19:25Est-ce qu'on peut rester
19:26des acteurs crédibles
19:27du spatial
19:29en dépensant
19:2910 fois moins
19:30que les États-Unis
19:31sur cette question ?
19:32La réponse est non.
19:32Donc,
19:33je pense qu'il faut
19:33qu'on réinvestisse.
19:34Le montant de réinvestissement
19:36qui est là,
19:36il est significatif.
19:38Il faut encore...
19:38Pour l'instant,
19:39effectivement,
19:40c'est des bruits
19:40qu'on entend.
19:41Moi,
19:41j'ai envie d'entendre
19:42ce que va nous dire
19:43la présidente Van der Leyen
19:44sur le sujet.
19:45Et puis après,
19:45il faudra que tout ça
19:46soit adopté
19:47par les différents États.
19:48Donc,
19:48on n'est pas encore
19:49au bout du chemin.
19:50C'est un élément.
19:51Il y a aussi
19:51des politiques nationales
19:52qui sont aussi
19:53des éléments
19:54où il y a des bonnes nouvelles.
19:55Les investissements allemands
19:56dans le spatial,
19:57ce sont des bonnes nouvelles
19:58pour l'Europe.
19:59Et ce sont des bonnes nouvelles
20:00pour nos industriels français aussi.
20:02Donc,
20:03il faut y aller.
20:04Je pense qu'il y a
20:04un réveil de l'Europe
20:05sur le spatial.
20:06On a des atouts
20:07qui sont des atouts forts.
20:08C'est notre science,
20:09c'est nos ingénieurs,
20:10c'est Ariane,
20:11c'est nos satellitiers
20:13qui sont là,
20:14qui sont forts,
20:15c'est la diversité européenne aussi.
20:16Donc,
20:17on a notre place.
20:17Il faut qu'on continue.
20:19Il y a un sujet
20:19qui intéresse très fortement
20:21le président de la République,
20:22Emmanuel Macron,
20:23l'exploration spatiale.
20:25Est-ce que pendant le sommet,
20:26il y aura un fil rouge
20:28sur la vision européenne,
20:30sur l'exploration spatiale,
20:31qui est un peu
20:32le parent pauvre jusqu'ici
20:34des politiques européennes ?
20:38Alors,
20:38je vous confirme déjà
20:39qu'on aura plein d'astronautes
20:40qui seront là
20:42et qui auront leur voix
20:45au débat,
20:46évidemment.
20:47Donc,
20:48oui,
20:48évidemment,
20:49la question de l'exploration,
20:50elle est importante.
20:51C'est l'exploration.
20:52Quand on parle d'exploration,
20:53il y a évidemment
20:54l'exploration robotique,
20:57une exploration très scientifique
20:58pour comprendre
21:01la géologie des planètes,
21:03pour comprendre,
21:04pour se poser des questions
21:05sur la présence
21:06de tel ou tel matériau,
21:07de tel ou tel corps
21:08sur telle planète,
21:09pour comprendre
21:09des questions aussi
21:10d'exploration
21:11qui nous permettent aussi
21:11de poser des questions
21:13autour de l'astrophysique
21:14qui sont très fondamentales.
21:15Mais il y a aussi
21:16l'exploration,
21:17celle qu'on voit,
21:18celle qui est incarnée
21:20autour de...
21:21c'est les sorties
21:22de Sophie Adnaud
21:24extravéhiculaire,
21:25c'est Thomas Pesquet,
21:26c'est tous les astronautes
21:27qui nous font aussi rêver.
21:29Est-ce qu'on pourra parler
21:30d'Europe puissance
21:31dans l'exploration spatiale ?
21:32On va en parler.
21:34Moi, je plaide
21:35pour une chose simple
21:36et ça, je peux vous dire
21:37très clairement
21:37parce que je plaide
21:38pour ça depuis très longtemps.
21:40Je crois qu'il faut
21:41qu'on ait une discussion
21:43à un niveau politique
21:45des chefs d'État
21:45à savoir ce que veut faire
21:46l'Europe sur le sujet.
21:48Ce sera un des sujets
21:48qui sera abordé
21:49dans le chapitre européen
21:50du sommet.
21:52Et j'ai demandé
21:54au président,
21:55au directeur
21:55de l'Agence spatiale européenne
21:56de préparer quelque part
21:57un peu différentes options
21:59des menus
22:00et puis pour dire
22:01qu'est-ce qu'on veut faire
22:03à court terme ?
22:04Aujourd'hui,
22:04on travaille très étroitement
22:05avec les États-Unis
22:06et je pense qu'honnêtement
22:07à très court terme,
22:08on ne va pas changer
22:08demain matin,
22:10mais est-ce qu'on a vraiment
22:12envie d'être plus autonome
22:13sur ces questions-là
22:15à moyen, long terme ?
22:17Et qu'est-ce que ça veut dire ?
22:18Et j'ai envie de dire
22:19que c'est le menu,
22:20on va présenter un peu
22:21le menu au chef d'État.
22:23Mais vous savez,
22:23dans un menu,
22:24il y a deux choses.
22:25Il y a le menu
22:26avec les différents menus
22:27puis il y a la colonne
22:28à droite
22:28avec les prix.
22:32Donc il faut un peu
22:33présenter les deux
22:34pour qu'on ait conscience...
22:35On a souvent des surprises.
22:36Mais oui, voilà,
22:37exactement.
22:37Donc il faut que le menu
22:38soit bon
22:38et qu'il soit abordable.
22:39C'est le rôle
22:41de Joseph H. Barber
22:42pendant le sommet,
22:46c'est aussi
22:46de présenter ses menus
22:48aux chefs d'État
22:49pour quelque part
22:50avoir un peu
22:50une orientation politique
22:51de ce que veut faire l'Europe.
22:52Et puis une fois
22:53qu'on aura cette orientation politique,
22:55peut-être que l'orientation politique
22:56sera dire on ne fait rien.
22:58Peut-être que ce sera dire
22:58on fait beaucoup de choses.
23:00Mais une fois que ce sera fait,
23:01ça nous permettra
23:02de construire des programmes.
23:03Mais il ne faut pas se tromper,
23:04il ne faut pas faire les choses
23:04dans l'autre sens.
23:05Ne construisons pas
23:06des programmes techniques
23:07sans avoir une vision politique avant.
23:08Mais ça serait classe
23:09d'avoir un drapeau européen
23:12sur le sol lunaire.
23:14Je vous confirme.
23:15Je vous confirme.
23:17Allez, à table,
23:17vous parlez de menu.
23:18Merci beaucoup
23:19d'avoir été avec nous,
23:20Philippe Baptiste,
23:21de la recherche,
23:22de l'enseignement supérieur
23:23et du spatial.
23:24Et donc rendez-vous
23:25dans quelques jours,
23:26dans quelques heures maintenant
23:27pour suivre ce sommet spatial
23:28à Paris au Grand Palais.
23:29Merci beaucoup.
23:30Merci à vous.
23:31Tout de suite,
23:31c'est l'heure du décryptage.
23:33Air et Défense,
23:34le décryptage.
23:37C'est l'heure du décryptage
23:39avec Léo Barnier.
23:40Bonjour Léo.
23:41Bonjour Jean-Baptiste.
23:42Merci beaucoup d'être avec nous.
23:43Vous êtes rédacteur en chef
23:44à la rédaction d'Air et Cosmos.
23:46D'ailleurs, je vous montre
23:47la une d'Air et Cosmos
23:48cette semaine.
23:49La France rêve encore
23:50d'une Europe puissance.
23:51Parce que oui,
23:52on va encore parler
23:53de spatial et de sommet spatial.
23:549 et 10 septembre,
23:55on en a parlé avec le ministre Baptiste,
23:58tient le sommet international
23:59sur l'espace.
24:00Très honnêtement Léo,
24:01est-ce que vraiment,
24:02alors on a entendu
24:03l'avis du ministre,
24:04on en attendra quelque chose.
24:05Est-ce que selon vous
24:06et les personnes
24:07que vous avez interrogées,
24:08vous allez nous dire qui,
24:10est-ce qu'il faut attendre
24:11des choses concrètes ?
24:12Quel est l'objectif
24:12un peu de ce grand sommet
24:13de cette réunion ?
24:14Bien sûr,
24:14surtout que c'est vraiment
24:15quand Emmanuel Macron
24:16a lancé ce sommet spatial
24:18il y a un an,
24:18c'était vraiment
24:19pour quoi faire ?
24:20Alors pour répondre
24:20à cette question,
24:21on a eu le général Adam,
24:25donc Philippe Adam
24:25qui est secrétaire général
24:27du sommet spatial,
24:28donc en interview exclusive
24:29dans Air et Cosmos.
24:31Et lui,
24:31ce qu'il nous explique,
24:32c'est que dans un environnement
24:33spatial,
24:33donc de plus en plus contraint
24:35avec de plus en plus
24:36de lancements,
24:36de satellites,
24:37voilà,
24:38et d'acteurs,
24:39voilà,
24:39il affiche la volonté
24:40de la France
24:41d'aller vers une,
24:41de pousser pour une régulation
24:43internationale.
24:44Voilà,
24:44pour lui,
24:44c'est devenu nécessaire,
24:45voire urgent,
24:46pour gérer certains risques
24:47que génère cette activité
24:49débordante
24:49et pour aussi désamorcer
24:51les tensions
24:51que cela peut engendrer.
24:53Voilà,
24:53donc pour ça,
24:54la France a mis
24:55trois priorités
24:55à l'agenda,
24:56c'est d'abord
24:57une coordination internationale
24:58du trafic spatial
24:59pour éviter notamment
25:01les risques de collision
25:02dans l'espace
25:03qui peuvent en plus
25:03générer des effets en chaîne
25:04et là,
25:05avec de plus en plus
25:05de satellites,
25:06avec les constellations,
25:07tout ça,
25:07ça devient urgent.
25:09Puis,
25:10le partage des fréquences
25:11satellites
25:11qui sont une ressource limitée
25:12et sur ça,
25:13sur ce point-là,
25:14le général Adam
25:15fait le parallèle
25:16avec les terres rares,
25:17avec le pétrole
25:17pour montrer
25:18qu'il y a vraiment
25:19un enjeu
25:19et que ça peut de fait
25:21générer des tensions
25:23et notamment
25:24entre Américains
25:25et Européens.
25:25On voit que,
25:26voilà,
25:27la Commission européenne,
25:28si vous lui bougez
25:28sur le sujet,
25:29il faut une régulation
25:31pour la France,
25:32du moins.
25:33Et enfin,
25:34il y a le partage
25:34des données scientifiques
25:35d'origine spatiale,
25:36dont le volume explose.
25:37mais voilà,
25:38ils veulent que,
25:39la France veut
25:40qu'on continue
25:41à avoir des échanges
25:42pour la communauté scientifique,
25:44mais avec certaines règles
25:46et surtout éviter
25:47le détournement des usages.
25:48Pourquoi, Léo,
25:49la France,
25:50finalement,
25:51s'est donnée cette mission,
25:52alors qu'il existe,
25:54j'allais dire,
25:55pléthore,
25:55en tout cas,
25:55beaucoup d'organisations
25:56internationales,
25:57à commencer par les Nations Unies ?
25:59Je crois qu'il y a une volonté
26:01d'accélérer,
26:01notamment,
26:02effectivement,
26:02les Nations Unies,
26:03il y a des associations
26:05internationales,
26:06l'UTI notamment,
26:08mais on trouve
26:08que c'est assez lent.
26:10Et donc,
26:11il y a ça derrière,
26:12mais aussi une volonté
26:13de faire de l'Europe
26:13une véritable puissance spatiale.
26:15On parlait
26:17avec le ministre
26:17d'Europe Puissance,
26:19qui est vraiment
26:20que l'Europe
26:21soit capable
26:21aussi de s'asseoir
26:22à la table
26:22avec la Chine,
26:24les États-Unis,
26:25bien sûr,
26:25la Russie
26:26et les grands acteurs
26:27du spatial,
26:28du New Space,
26:29et puis,
26:30ça imposait aussi
26:30sa vision,
26:32de défendre
26:32ses intérêts économiques,
26:33géopolitiques.
26:35Mais le problème,
26:35c'est que cette vision
26:36est quand même
26:37très française
26:38et elle n'est pas
26:39forcément partagée
26:40par tous les partenaires
26:41européens.
26:42Et en plus...
26:42Déjà,
26:43réussir à rassembler
26:44les Européens.
26:45Oui,
26:45ce n'est pas évident.
26:46Après,
26:47ce sommet a été mis
26:48pour cela
26:48sous co-présidence
26:50franco-allemande.
26:51Mais bon,
26:51ça reste à Paris,
26:52une initiative française.
26:53Il faut voir aussi
26:54comment l'Allemagne
26:55va aller dans le sens
26:56de la France
26:57sur ces questions-là,
26:58surtout qu'en plus,
26:58on est dans un contexte
26:59de compétition européenne
27:00assez forte,
27:01que ce soit la compétition
27:02sur les futurs lanceurs
27:04européens
27:05ou encore
27:06dans le cadre
27:06de la constitution
27:07du futur budget européen
27:08où chacun voudra
27:09un peu mettre sa pièce,
27:10voudra défendre
27:11ses propres intérêts.
27:12Léo Barnier,
27:13rédacteur en chef
27:14de la rédaction
27:15d'Aricosmos,
27:15un grand merci.
27:16On se retrouve
27:16la semaine prochaine
27:17et tout de suite,
27:18c'est l'heure
27:18des signaux faibles.
27:25Vous ne connaissez certainement pas
27:27JPB Système,
27:28pourtant vous devriez.
27:29Cette PME française
27:30a notamment développé
27:31une technologie
27:32qui permet de remplacer
27:32le traditionnel frein-filet.
27:34Ce petit produit
27:35qu'on applique sur les vis
27:36pour qu'elle ne se dévisse pas,
27:37notamment à bord des avions
27:38qui souvent tremblent beaucoup,
27:40ont beaucoup de vibrations.
27:41Avec ses innovations,
27:42la PME équipe déjà
27:43les moteurs d'avions
27:43dans le monde entier.
27:44Écoutez un extrait
27:46de l'interview
27:47de Damien Marc,
27:48qui est le PDG
27:48de JPB Système,
27:49qui a été l'invité
27:49de BFM Business
27:50cette semaine.
27:52Moi, c'est une boîte
27:53que j'ai reprise en 2009.
27:54C'était tout petit,
27:54on était trois personnes
27:56et on avait un seul client,
27:57c'était Safran
27:58et on équipait
27:58les bouchons d'endoscope
27:59de ces moteurs d'avions.
28:00Les bouchons d'endoscope,
28:01c'est des bouchons
28:02qui sont démontés fréquemment
28:03pour aller inspecter
28:04à l'intérieur du moteur
28:05à l'état des aubes.
28:06Et ces bouchons,
28:07pour ne pas qu'ils se démontent,
28:08ils étaient fils freinés,
28:09ce qu'on appelle,
28:09on mettait un fil de fer
28:10torsadé pour les tenir
28:11et ça prenait énormément
28:12de temps en maintenance
28:13et on pouvait les oublier.
28:15Et donc,
28:15mon père avait déposé
28:16un premier brevet
28:17sur un bouchon d'endoscope
28:18auto-freiné
28:19qui aujourd'hui équipe
28:20tous les moteurs du monde,
28:22que ce soit Safran,
28:23Rolls-Royce,
28:23Pratt & Whitney,
28:24General Electric.
28:25Donc voilà comment on a commencé,
28:26voilà l'élan que moi j'ai repris
28:27et on a depuis déposé
28:29de nombreuses innovations,
28:30une vingtaine
28:30qu'on équipe
28:32d'abord chez les motoristes.
28:33C'est un mécanisme
28:34à l'intérieur,
28:35auto-freinant,
28:36ce qu'on appelle
28:36et qui est complètement certifié
28:37et qui résiste
28:38aux plus grandes vibrations
28:39qu'on a dérivé maintenant
28:40sur les raccords de canalisation,
28:42sur tout un tas de monde
28:42qui vont intéresser
28:43d'autres industries.
28:44Dans quoi par exemple ?
28:45Donnez-nous des cas d'usage
28:46très concrets.
28:47Par exemple,
28:48les moteurs Pratt & Whitney
28:49qui équipent aujourd'hui
28:50une partie des A320 Neo
28:53sont équipés à 100%
28:55de raccords de canalisation JPV.
28:56Parce qu'il y a beaucoup
28:57de vibrations ?
28:58Oui, tout le kérosène,
28:59tout le fuel,
28:59tout le SkyDroll,
29:00tous les produits
29:01qui passent dedans,
29:01c'est des raccords JPV System
29:04qui équipent ces moteurs.
29:05On est passé de 3 personnes
29:06à un peu plus de 200,
29:08on est presque 250 personnes.
29:09Aujourd'hui,
29:09très vite,
29:10en 10 ans,
29:10c'est une croissance assez folle
29:11et on a intégré
29:12tous les métiers
29:13de l'industrie,
29:14à commencer par les machines,
29:15etc.
29:16Et donc très vite,
29:17j'ai eu des problèmes
29:17de productivité,
29:19des problèmes de recrutement
29:20et donc on a mis
29:21beaucoup de robots,
29:21beaucoup de tech
29:22dans l'industrie.
29:23Moi, je suis ingénieur
29:23électronique, informatique
29:24à la base,
29:25plutôt qu'industriel.
29:26Et donc on a tellement
29:28modernisé l'atelier
29:29que ça a donné envie
29:29à des gens
29:30d'avoir la même chose
29:30et donc on a créé
29:31une boîte qui s'appelle
29:32Kiprod
29:32et qui fait des objets connectés.
29:34Donc je suis venu
29:34avec un boîtier là ici.
29:35C'est un boîtier,
29:35on aimante ça
29:36à n'importe quelle machine
29:37de production,
29:39machine de l'industrie
29:40en général
29:41et en moins de 5 minutes,
29:42en fait,
29:43le boîtier auto-apprend
29:44ce qui se passe
29:44dans la machine
29:45et est capable de vous dire
29:46si la machine produit ou pas,
29:47si elle s'est arrêtée,
29:48calculer des temps de cycle.
29:49C'est le shazam de l'industrie
29:50pour faire simple.
29:51Damien Marc,
29:52le patron de JPB System
29:53qui a été l'invité
29:53de la matinale
29:54de BFM Business
29:55cette semaine.
29:56Vous pouvez réécouter
29:56son interview d'ailleurs
29:57sur le site internet
29:59de BFM
29:59à bfmbusiness.com.
30:00Vous pouvez retrouver aussi
30:01R et Défense
30:02sur notre chaîne YouTube
30:04BFM Business
30:04et aussi bien entendu
30:05sur le site bfmbusiness.com.
30:07C'est la fin de cette émission
30:08pour cette semaine.
30:09Rendez-vous la semaine prochaine.
30:10On sera au Grand Palais
30:11à l'occasion du Sommet
30:12International de l'Espace.
30:13A la semaine prochaine.
30:16R et Défense
30:17sur BFM Business.